‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 16 sur 206 · AGU · texte numérisé non relu

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L’acupressure est loin d’être d'une application aussi facile que le prétendait son inventeur, et, de plus, elle ne pouvait offrir la sécurité que donne la ligature ou même la torsion; aussi est-elle aujourd’hui à peu près complètement délaissée.

Elle n’est restée dans la pratique qu’à titre exceptionnel pour les cas ou des lésions artérielles rendraient difficile l’application d’un lien, ou bien lorsqu’il s’agit d’oblitérer des artères dans leur continuité. (V. Hémorrhagie^ Anévrisme.)

D'' A.-H. Marchand.

ACUPUNCTURE. — {Acus, aiguille ; punctura, piqûre.) Cette opération, qui consiste à enfoncer dans le corps humain une aiguille métallique dans un but thérapeutique, a été pratiquée de temps immémorial; c’est peut-être une des premières opérations, et cependant elle n’a été importée en Europe qu’à la fin du XVIή siècle, par un médecin de la Compagnie des Indes. Ce ne fut au début qu’une curiosité scientifique, et le premier qui en fit une application pratique fut un médecin français, Berlioz, qui, en 18i0, obtint par ce procédé la cure d’un certain nombre de maladies nerveuses. Berlioz eut plusieurs adeptes ; mais personne ne contribua plus que le professeur J. Cloquet à en vulgariser l’application..

Les Chinois, les Japonais, qui, au dire du Père Boyen, pratiquaient l’acupuncture, il y a de cela quarante siècles, se servaient d’une aiguUle d’or ou d’argent, longue, aiguë, ronde et très fine, dont le manche est en forme de limaçon pour faciliter les mouvements de rotation que nécessite son introduction. Berlioz remplaça l’or par l’acier et se servit d’une aiguille longue de 3 pouces ; quant au professeur Cloquet, il faisait usage d’une aiguille quelconque, pourvu qu’elle fût très fine.

Pour enfoncer l’aiguille, on la saisit entre le pouce et l’index, et après avoir suffisamment tendu la peau on pose la pointe au lieu d’élection et on la fait pénétrer ou par pression directe, ou bien par torsion. Le premier procédé détermine assurément moins de douleur.

Le degré d’enfoncement de l’aiguille dépend du siège de la douleur et aussi de l’épaisseur des parties sur lesquelles on opère. Quant au lieu d’élection, c’est le siège même de la douleur qui le détermine, car d’après les observations et les expériences de Cloquet, de Velpeau, de Bretonneau, de Béclard, etc., la piqûre des viscères, même les plus susceptibles, ne détermine pas d’accidents. N’a-t’on pas vu, en effet, la piqûre du cœur et des grosses artères n’être suivie que d’un léger épanchement de sang vivement tari?

Il peut arriver ce fait que l’aiguille glisse entre ies doigts de l’opérateur et se perde au sein des tissus. Le plus souvent on n’a pas à constater d’accident ; l’aiguille chemine plus ou moins loin et finit, fort innocemment, par être éliminée.

Malgré tout, il vaut mieux que les aiguilles dont on fait usage soient munies, si faire se peut, d’une petite tête en plomb, ou en ivoire par exemple.

La douleur produite est en général peu vive et parfaitement sùpportable, mais cela dépend toutefois du tempérament plus ou moins nerveux du sujet, et quelques minutes après on voit se produire une auréole érythémateuse qui enveloppe réguliè¬

rement l’aiguille et qui disparaît au bout de quel, ques heures. L’extraction, au contraire, est presque toujours douloureuse, surtout si on a enfoncé l’aiguille un peu profondément. Cette douleur est due, selon Cloquet, à l’oxydation qui se produit quelques minutes après l’introduction.

Je n’ai pas à développer les théories nombreuses qui ont été émises pour expliquer le mode d’action de l’acupuncture. Je me bornerai à dire dans quels cas on peut en retirer un réel bénéfice.

Tout d’abord, c’est le rhumatisme musculaire que l’on a poursuivi le plus souvent à coups d’aiguille, pour ainsi dire ; puis ce sont les. névralgies, la névralgie sciatique principalement, la névralgie faciale, la pleurodynie ou névralgie intercostale ; en un mot, toutes les affections chez lesquelles on voit prédominer l’élément douleur.

Majs plus hautes encore furent les prétentions de ceux que l’acupuncture avait séduits.

Les oculistes en ont tenté pour la conjonctivite; certains médecins pour l’anasarque, et même avec succès (Tweedale et Finch). Trousseau l’imagina pour obtenir l’adhérence entre les parois de l’abdomen et les tumeurs contenues dans sa cavité. Velpeau l’essaya contre l’anévrisme.

Quoi qu’il en soit, on n’en fait plus guère d'usage aujourd’hui, mais ce n’est pas à dire pour cela que ce soit une méthode tombée en désuétude. Les résultats heureux qu’elle a fournis déjà sont un sûr garant qu’un jour ou l’autre on y reviendra.

D' Albert Bergeron,

Ancien interne des hôpitaux,

Chef du laboratoire de clinique chirurgicale de la Faculté de médecine de Paris, à la Charité,

AGTâNOBLEPSIE. — On appelle ainsi une altération de la vue caractérisée par l’impuissance dans laquelle se trouve l’œil de distinguer la couleur bleue, (y. Daltonisme.) p. L. .

ADUUCTION. — Mouvement à la suite duquel un organe est rapproché de l’axe du corps. Ainsi les mouvements qui rapprochent les bras et les jambes du corps, ceux qui rapprochent le pouce des autres doigts et les doigts les uns des autres, sont des mouvements d’adduction. p. l.

ADDUCTEUR. — Qualification donnée à un muscle qui rapproche de son axe ou de la ligne médiane du corps un organe qui en avait été écarté. Ainsi : muscle adducteur du pouce, muscles adducteurs de la cuisse. p

ADËNITE. A la grande rigueur on devrait comprendre sous lé nom d’adénite, l’inflammation de toute espèce de glande, mais l’usage a voulu que cé terme fût réservé à l’inflammation des ganglions, lymphatiques, et encore le champ se trouve-t-il très vaste, car le nombre des ganglions est presque infini et le rôle qu ils jouent dans l’économie est essentiel. G est grâce aux travaux si remarquables du professeur Sappey, que l’on s’explique maintenant sans efforts et l’importance et la multiplicité des inflammations ganglionnaires.

Il n est,^ en fait, aucune région du corps où on ne puisse aujourdhui les observer. Partout on en ren-

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contre sous la peau, entre les muscles, sur le trajet des vaisseaux, autour des glandes, des viscères, dans toutes les cavités splanchniques. Cette multiplicité fait comprendre dès lors combien l’adénite doit être fréquente. .....

L’adénite peut être aigue ou chronique.

1» Adénite aiguë. — Les causes de l’adénite sont directes on indirectes. Les premières sont comparativement plus rares, car les ganglions se trouvent le plus souvent placés assez profondément daiisl’oi’ganisme; ils échappent aussi au traumatisme. Quant aux causes indirectes elles peuvent agir : 1“ par la propagation et l’inflammation du tissu cellulaire ou d’un organe voisin des ganglions ; 2“ par la propagation de l’inflammation des vaisseaux lymphatiques eux-mêmes {lymphangite) ; 3“ par l’introduction d’un principe irritant dans l’intérieur des ganglions.

De ces trois causes, la dernière est sans contredit la plus fréquente.

Ce qui caractérise l’adénite aiguë à sa première période, c’est la présence de petites grosseurs assez régulières, ovoïdes, extrêmement douloureuses à la pression, roulant sous le doigt et siégeant là où normalement se trouvent les ganglions lymphatiques. Souvent tout se borne à cela; mais quelquefois aussi le tissu cellulaire s’enflamme, et alors les petites grosseurs deviennent immobiles ; elles adhèrent à la peau qui, participant à son tour au travail inflammatoire, devient chaude et rouge. Comme symptômes généraux, c’est un léger frisson qui généralement ouvre la scène ; puis de la fièvre, de l’inappétence. Quant aux troubles fonctionnels, ils varient selon le siège de l’adénite et selon le volume qu’elle présente. Il est de toute évidence qu’à Faisselle ou à l’aine, dans les plis articulaires où des mouvements fréquents s’exécutedt, l’adénite doit être plus douloureuse que partout ailleurs. Aussi voit- on fré- •quemment des malades ne s’apercevoir qu’ils ont une adénite dans une autre région, au cou par exemple, gu’à une époque relativement assez éloignée du début de la maladie.

L’adénite aiguë se termine de trois manières : par résolution, par suppuration, par induration.

hz.. résolution arrive quand la cause est légère ; mais j’ajoute que toujours elle est lente, et longtemps après que la douleur a disparu, on sent encore que le ganglion est plus volumineux qu’à l’état normal.

La suppuration ne s’arrête pas toujours au ganglion ; quelquefois, souvent même elle se propage' au tissu cellulaire et à la peau. C’est alors qu’on constate des décollements si longs à disparaître, quelle que soit la thérapeutique que l’on emploie.

Quant à Vinduration, c’est une des terminaisons les plus fréquentes. Nous y reviendrons à propos de l’adénite chronique.

Le signe de l’adénite est la présence, en une région déterminée, d’une tumeur ronde, bosselée, douloureuse, bien nettement circonscrite, adhérente ou non à la peau.

Ces caractères suffisent pour la différencier du phlegmon et des autres tumeurs qui pourraient siéger dans la même région. D’autant plus que l’anatomie est là pour renseigner le chirurgien et i aider par le trajet des vaisseaux lymphatiques à

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déterminer non seulement l’existence de l’adénite, mais encore sa cause.

Au début c’est à un traitement antiphlogistique qu’il faut recourir. Des cataplasmes émollients seront tout d’abord. appliqués et aussi des pommades résolutives. La meilleure est la suivante :

Onguent mercuriel double. ... 40 grammes. Extrait alcoolique de belladone . 5 —

Baume du Pérou liquide . 5 —

mais, par-dessus tout, le malade gardera le repos.

Si malgré cela la tumeur progresse, il faut alors revenir aux vésicatoires qui une fois enlevés sont remplacés par un cataplasme aussi chaud que le malade pourra l’endurer. On a préconisé les ponctions multiples à l’aide d’un bistouri très fin ; c’est un procédé qui a donné de bons résultats, mais que nous ne conseillerons qu’aprèsavoir tenté des vésicatoires. Enfin, en désespoir de cause, une fois que la suppuration est franchement établie, que la fluctuation est bien nettement perçue, il faut de toute nécessité ouvrir l’abcès. 11 est préférable d’ouvrir l’abcès avec un bistouri , plutôt par incision que par ponction ; et il ne faut pas craindre d’inciser largement et profondément, car c’est le seul moyen d’éviter les décollements et la persistance d’un trajet fistuleux.

2° Adénite chronique. — L’adénite chronique est plus fréquente que l’adénite aiguë, en ce sens que si souvent elle en est le résultat fatal, dans bon nombre de cas aussi elle est chronique d’emblée.

J’ai déjà dit que l’adénite chronique était le plus souvent un des modes de terminaison de l’adénite aiguë. Dans ce cas on voit diminuer et disparaître les phénomènes inflammatoires tels que la douleur, la rougeur et la chaleur, tandis que persistent Finduration et le gonflement dont les ganglions étaient le siège. Cet état peut alors durer indéfiniment.

Si au contraire l’adénite est chronique d’emblée, alore le.début en est obscur et la marche insidieuse. Comme il n’y a pas de douleur et que la tuméfaction progresse lentement, le malade ne s’en aperçoit que lorsque le volume est devenu trop considérable ou que, par son siège au niveau d’un pli articulaire, la tumeur gêne les mouvements de la région qu’elle occupe. Rarement la tumeur est unique, et on trouve de petites grosseurs irrégulières, dures, isolées ou réunies en masse, et au niveau desquelles la peau a conservé toute sa mobilité et ses caractères normaux.

L’a.dénite chronique a une marche lente et ne détermine pas en général d’accidents sérieux. Cependant elle occasionne dans un certain nombre de cas une difibrmité plus ou moins apparente, qui nécessite l’intervention chirurgicale, et dans d’autres cas eUe peut comprimer des vaisseaux ou des organes importants, tels que la trachée, les bronches, et déterminer alors des accidents toujours sérieux et souvent mortels.

Il peut arriver aussi qu’à la suite de frottements répétés ou d’un traumatisme, il survienne une exacerbation aiguë. Alors la peau rougit, des douleurs lancinantes se manifestent, la suppuration s’établit et le pus s’écoule au dehors en laissant souvent un trajet fistuleux.

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