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l’air résiduel épuisé, et à remplacer celui-ci par de l’air physiologique.
D’ailleurs, nous donnerons plus loin, à propos du mode d’action de l’air comprimé, des explications complémentaires qui se trouveront mieux à leur place.
111. De l’air comprimé. — Guidé par l’influence des variations barométriques, sur l’homme sain et sur l’homme malade, un savant, Émile Tabarié, conçut en 1832 l’idée féconde d’utiliser la compression de l’air, et de l’appliquer à la thérapeutique ; son succès fut tardif. Le 7 décembre 1832, É. Tabarié déposa un premier pli cacheté à l’Institut. Le 23 juin de la même année, il dût en rappeler l’existence. En même temps, il demandait l’ouverture d’un second mémoire déposé le 9 avril précédent, et dans lequel il avait victorieusement établi l’utilité de l’air comprimé. Sur les instances de l’Institut, il fit construire deux cloches ou chambres à air, dans lesquelles les médecins et les physiologistes purent faire de longues et minutieuses expériences. En 1832 l’Académie rendant justice à Tabarié, lui accorda le prix Monthyon pour avoir le •premier employé l’air comprimé au traitement de certaines maladies de poitrine. Ainsi se trouve fixée cette question de priorité, disputée par Junod et Pravaz, les deux autres champions de l’aérothérapie, qui depuis lors, désigne particulièrement l’application de l’air comprimé à la thérapeutique.
De nombreux établissements d’aérothérapie furent installés à l’étranger. En Allemagne, à Hanovre, Stuttgard, Wiesbaden, Franckford, Johannisberg, Reichenhall et à Ems ; en Suède, à Stockholm ; en Danemark, à Altona ; en Angleterre, à Londres, à Glascow et à Ben-Rhydding ; en Italie, à Milan; en Relgique, à Rruxelles, etc. En France on compte cinq étaWissements similaires, dont deux à Paris.
MODE d’action. — La surface respiratoire de l’homme sous la pression normale est environ de 200 mètres carrés ; en vingt-quatre heures, elle reçoit près de 20,000 litres de sang, dont les globules ne sont séparés de l’air que par un épithélium aplati. Quand cette condition normale ne remplit pas son but physiologique par suite de troubles fonctionnels, c’est par la compression artificielle qu’on parvient à rétablir l’équilibre rompu.
Aussi, sans entrer dans des .considérations d’uû ordre purement scientifique, on peut dire ,que l’air comprimé agit de trois façons distinctes :
1“ Mécaniquement. — Il élargit avec lenteur et uniformément, les cavités où il pénètre, et les ramène à l’état fonctionnel normal.
2“ Ph'ysiologiquement. — Sous un volume égal il fournit avec plus d’abondance les matériaux de la transformation du sang veineux ou épuisé, en sang artériel ou ravivé, transformation déjà favorisée par l’augmentation simultanée de la surface respiratoire. Les mouvements respiratoires se ralentissent de 1 à 4 par minute. Suivant Vivenot, le pouls lui-même diminuerait proportionnellement; mais Pravaz et Bucquoy constatent au contraire une accélération du pouls.
3» Chimiquement. — Il active les combustions intra-organiques et facilite les oxydations. La température augmente.
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C’est à ces données principales que convergent toutes les théories physiologiques et toutes les déductions expérimentales relatives à Vair comprimé.
Effets. — L’air comprimé produit les phénomènes sensoriels suivants :
Tout le temps que dure la compression, l’équilibre est incessamment rompu entre les pressions successives de l’air ambiant et celle de l’air qui préexiste dans la trompe d’Eustache.
Il en résulte une sensation de tension quelquefois désagréable au début, mais qui disparaît subitement soit par un mouvement de déglutition, soit par une forte expiration, le nez et la bouche étant fermés,
I Le même phénomène se produit inversement ■pendant le temps de la décompression et occasionne une sensation peu différente.
Dans l’air comprimé, la voix change de timbre, la prononciation devient moins nette, et l’on est dans l’impossibibté de siffler.
Ces derniers effets de peu d’importance, sont dus à l’augmentation de la densité du milieu, mais l’acclimatation les fait rapidement disparaître.
On a souvent classé parmi les effets directs de l'air comprimé, le sommeil d’ailleurs bienfaisant, qui s’empare quelquefois du malade pendant la séance d’aérotbérapie. C’est à tort, selon nous ; il ne faut voir dans ce fait qu’une simple conséquence de la cessation des perturbations fonctionnelles. Un malade qui respire mal ou même suffoque et qui pour ce motif, éprouve une grande gêne ou même une anxiété pénible, lorsqu’il est couché, quand cette position ne lui est pas devenue tout à fait impossible, un tel malade dort mal ou ne dort pas.
11 est tout naturel qu’il s’abandonne au sommeil quand, sous l’influence du bain d’air comprimé, le calme lui revient.
Maladies traitées par l’air comprimé. L’àérothérapie par l’air comprimé a été appliquée au traitement d’un certain nombre de maladies.
Parmi les affections des voies respiratoires contre lesquelles cette méthode thérapeutique a le plus d’effet, nous citerons en première ligne l’emphysème pulmonaire et le catarrhe concomitant ; les angines et les laryngites catarrhales.
Il résulte des statistiques de MM. Berlin, de Montpellier, Moutard-Martin, Berthier et moi, que le traitement de l’asthme par l’air comprimé est curatif dans les cinq sixièmes des cas. Toutefois, il est bon de dire qu’on entend par guérison, la cessation complète et durable des symptômes qui préexistaient au traitement.
MM. Berlin, Franche!, Toreille, Jaccoud et bien d’autres ont cité plusieurs cas, non seulement d’amélioration, mais de guérison de phtisie pulmonaire. Cependant bon nombre de médecins discutent encore valeur réelle de cette méthode thérapeutique appliquée à cette terrible maladie.
Dans l’anémie, la chlorose, le nervosisme, les convalescences longues, etc., la guérison est la règle.
Dans le diabète et dans l’obésité, les résultats ont été constamment favorables, et tous les médecins qui s’occupent d’aérothérapie ont pu les constater. Nous avions commencé, à l’instigation et sous la
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direction de Maurice Raynaud, une série d’observations relatives à des diabétiques. Nous avons pu constater que la quantité de sucre diminuait constamment chez les diabétiques gras et que, dans certains cas même, le sucre avait complètement disparu. Pour les mêmes raisons, l’air comprimé combat l’obésité avec le même succès. Le D' Charrier a publié en 1879 dans l’Union médicale, deux observations fort concluantes de l’action favorable de l’air comprimé contre cette dernière infirmité.
Disons enfin que l’augmentation de la capacité des poumons sous l’influence de l’air comprimé a été utilisée pour donner aux chanteurs une intensité plus grande aux sons qu’ils émettent.
Mode d’adplication — L’air comprimé s’administre des deux façons suivantes : bain d'air comprimé sous la cloche-, 2" inhalation d'air comprimé avec le masque et les appareils dont le type est celui de Waldenburg, perfectionné par le docteurs Schitzler et Smester, celui de Walter-Lécuyer, etc. Ces deux modes d’application sont de valeur bien inégale.
L’appareil avec masque, de Walter-Lécuyer, représenté par la figure 50, a l’avantagé d’être portatif et de permettre de faire de l’aérothérapie cher soi.
Le bain d’air comprimé sous la cloche, ne présente aucun inconvénient et répond magistralement à toutes les exigences thérapeutiques..
Les appareils dont on se sert pour administrer le bain d’air comprimé sont de grandes chambres à air ou cloches à parois résistantes qu’on fabrique ordinairement en tôle d’acier et qui sont étanches. Les cloches ont une grandeur variable entre 8 et 20 mètres cubes et peuvent contenir une ou plusieurs personnes. On pénètre dans la cloche par une porte fermant hermétiquement. Un tuyau d’arrivée ayant son point d’émergence au fond de la cloche, et affectant la forme d’un cercle percé de trou très rapprochés et concentriques à l’appareil, permet à l’air de se distribuer de bas en haut d’une façon uniforme et sans secousse.
Un tuyau d’échappement appliqué à la partie supérieure, communique à un point de son parcours, avec un mamm'elre métallique et se termine par un robinet régulateur, à l’aide duquel on peut graduer le départ de l’air et limiter la pression dans la cloche, suivant les indications du manomètre.
Cette disposition établit dans la cloche un courant ascensionnel qui favorise l’élimination des produits de l’expiration, et qui dans tous les cas doit être, la pression une fois établie, suffisant, pour qu’à chaque inspiration le malade reçoive un air nouveau.
Des hublots adoptés aux parois, laissent pénétrer la plus grande quantité de lumière, dont le concours est nécessaire pour la guérison de l’anémie. A cet égard, il est donc extrêmement important de choisir pour les établissements aérothérapiques un local qui permette l’accès de la lumière chimique le plus long et le plus intense possible Dans tous les cas, les anémiques doivent prendre leur séance pendant que le jour éclaire et non à la lumière artificielle.
Par un sas ordinairement annexé à la cloche, il est facile d’y introduire sans troubler la pression, les divers petits objets dont le malade peut avoir besoin. L’air est comprimé dans les appareils que nous
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venons de décrire, à l’aide de pompes aspirantes et foulantes mises en mouvement par un moteur assez puissant pour obtenir le double des pressions nécessaires, afin que l’air puisse être incessamment renouvelé sans que la pression soit modifiée.
Nous appelons l’attention sur un point auquel nous avons le premier donné l’importance qu’il mérite. Il s’agit du filtrage de l’air destiné à le débarrasser complètement de ses particules mécaniques, de ses moisissures et voire de ses bactéries, pour qu’il arrive dans les alvéoles du poumon, avec toutes les qualités de l’air des montagnes et de la haute 'mer.
En résumé, suivant des indications précises, mais variables avec chaque maladie et même avec, chaque .malade, l’aérothérapie se prête à trois combinaisons :
1“ Le bain d’air comprimé ordinaire avec ses trois stades. — Com- 'pression. — (L’air arrivant en excès, met un quartd’heure environ pour atteindre la pression prescrite.) — Pression stable. — (Le malade reste une heure du une heure et demie, suivant les cas, sous la pression constante et dans un milieu sans cesse renouvelé.) — Décompression. — (Cette période qui dure un quart d’heure au moins, afin d’obvier aux inconvénients de la décompression rapide, termine la séance, dont la durée totale est normalement d’une heure et demie ou de deux heures.
Ce premier mode ne comporte que des pressions faibles, variant entre ISO et 400 millimètres.
2“ Le même bain d’air comprimé à des pressions plus élevées, variant entre 2 et 3 atmosphères, dans le but d’augmenter les combustions intraorganiques, ainsi que le prescrit, avec raison, P. Bert dans son remarquable ouvrage sur la pression barométrique.
3“ Le bain d’air comprimé avec des oscillations de pression (raréfaction relative) pour favoriser l’échange des gazi
D' Ed. Dacpley,
Auteur de plusieurs Mémoires sur l’Aérothérapie.
AFFAISSEMENT. - (V. Abattement.)
AFFECTION. — Ce mot est souvent employé comme synonyme de maladie. C’est ainsi qu’on dit souvent une affection aiguë, chronique, nerveuse, catarrhale pour une maladie aiguë chronique, nerveuse, catarrhale (V. Maladie.) P- L.
AFFINAGE, AFFINEUR. — Hygiène industrielle.
— L’affinage est une industrie qui consiste à isoler et à purifier les métaux, mais plus spécialement à séparer l’or et l’argent de leur alliage avec le cuivre.
Cette séparation se fait en traitant, dans des chaudiè- .
res de platine, l’ailiage préalablement réduit en grenaille par l’acide sulfurique bouillant. Celui-ci dissout le cuivre et l’argent sans attaquer l’or. On retire l’or de la dissolution et l’argent est précipité à l’aide du cuivre métallique, ce qui donne comme produits définitifs de l’opération de l’affinage, de l’or, de l’argent et du sul-, fate de cuivre.
Mais cette opération est accompagnée de vapeurs abondantes d’acide sulfureux, formées pendant la réaction de l’acide sur l’alliage, qui entraînent encore de l’acide sulfurique, dont l’action se fait sentir d’une manière funeste, non seulement sur les ouvriers mais encore sur la végétation qui avoisine la fabrique. Aussi les ateliers d’affinage sont-ils rangés dans la première classe des établissements insalubres, dangereux^et incommodes, et le travail dans ces ateliers est interdit aux enfants par la loi du 9 mai 1874.
Hygiène professionnelle. — Les ouvriers employés à l’affinage et qu’on appelle affineurs, continuellement en contact avec des vapeurs d’acide sulfureux, sont exposés à peu près aux mêmes accidents que ceux qui sont employés dans les fabriques d’acide SMZ/’wngMe.(V. ce mot.)
Chevallier a de plus observé chez eux : 1“ que leurs dents incisives sont altérées, et il attribue cette altération à l’inspiration des vapeurs acides; 2“ qu’ils étaient atteints de coliques, lorsque les appareils condensateurs ne fonctionnent pas bien ; 3“ qu’ils sont parfois exposés aux brûlures par l’àcidc sulfurique bouillant; et il insistait dans ces cas sur l’utilité de l’application d’eau de savon sur la plaie,
Fig. 51. — Malades prenant des inhalations d’air comprimé avec le masque.
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l’alcali contenu dans cette eau de savon servant à saturer l’acide et à neutraliser son action.
D' Paul Labahthe.
affinité. — En chimie on désigne sous ce nom une force en vertu de laquelle se combinent ou tendent à se combiner des molécules de nature différente. P-
AFFIÜM. — Nom donné par les cultivateurs d’opium aux larmes laiteuses qui s’écoulent des incisions pratiquées aux capsules du pavot pourpre. Le mot le nom persan deropium.(V. O^ium).
AFFLUX.— Ce mol sert à exprimer l’arrivée dans une partie quelconque du corps, d’une quantité de bquides plus grande qu’à l’état normal. P. L.
AFFRONTEMENT. — Opération qui consiste à réunir très exactement les bords d’une plaie, soit à l’aide de bandelettes agglutinatives , diachylon, baudrnche gommée, etc., soit au moyen de serresfines (V. ce mot.), soit par des points de suture. (V. ces mots.) P. l:
AFFRONTER. ^ (V. Affrontement.)
AFFUSION. — L’affusion, comme l’ablution dont nous avons parlé plus haut, est un procédé secondaire de la méthode hydrothérapique qui consiste à verser sur le corps mis à nu une quantité assez considérable d’eau froide ou chaude.
Pour appliquer ce procédé balnéaire particulier, Wright faisait lancer sur le dos du patient le contenu d’un seau d’eau froide ; mais ce fut Currie qui étudia et généralisa cette pratique primitive, et qui fit connaître les heureuses modifications qu’on peut en attendre dans le traitement des fièvres et de cer¬
taines névroses. 11 remarqua que l’abaissement de la température produit par une affusion froide était suivi d’une réaction d’autant plus lente que l’application avait été plus prolongée. Il comprit qu’un agent capable d’abaisser la température du corps, d’agir d’une manière active sur le système nerveux, et d’exercer en même temps une action tonique sur tout l’organisme, pouvait rendre de grands services dans les maladies caractérisées par une augmentation de température, une perturbation du système nerveux et un affaiblissement des forces. Cliniquement il en établit l’efficacité dans les fièvres continues et intermittentes, dans les névroses, surtout dans celles à forme convulsive ; mais il fut frappé de ce fait que l’affusion froide, courte ou prolongée, avait toujours une action excitante qui ne pouvait convenir à tous les désordres nerveux. Aussi, après ivers essais, se décida-t-il à élever la température trouvait en présence de malade nom 1 état réclamait une action sédative directe. +.,«4 1 ■ 1° une action exci-
e, orsque 1 eau est froide et l’application courte; sédative, quand la température de l’eau et action à la fois excitante, tonique
seaative, quand on emploie de l'eau modérément iroiüe, et que l'application est prolongée ou souvent
renouvelée. L'affusion diffère de la douche par sa faible force de pression. Ses effets sont produits simplement par la température de l’eau et la durée de l’application.
Pour pratiquer l’affusion on place le malade complètement nu dans une baignoire vide, et on verse avec un seau le liquide en large nappes sur le corps du patient. La sensation n’est pas très pénible ; la percussion est presque nulle et n’est due qu’au poids de l’eau. L’effet immédiat est un sentiment d’horripilation générale avec angoisse et refroidissement ; mais le calme se rétablit vite, la chaleur revient graduellement, le pouls s’accélère, les respirations se régularisent et la peau s’humecte souvent de sueur. Le malade éprouve un sentiment général de bien-être et se sent porté au sommeil.
Quant on veut provoquer une réaction vers les parties inférieures, le malade place pendant l’affusion froide ses pieds dans un vase rempli d’eau chaude.
Dans certains cas d’impressionnabilité extrême des malades, on remplace l’affusion froide par une affusion tiède ou même chaude, qui dans ces cas peut calmer les accidents nerveux et parfois aussi faciliter l’éruption dans certaines fièvres éruptives.
Indications. — Dans les pays chauds les affusions sont employées pour maintenir l’équilibre des fonctions de la peau et pour combattre les fièvres continues ou intermittentes. Dans nos pays, son usage se généralise de plus en plus, et on l’a essayé contre presque tous les états pathologiques aigus avec élévation de la chaleur animale, notamment dans les fièvres graves et dans la fièvre typho'i'de. On l’emploie aussi dans les fièvres éruptives dans lesquelles elle apaise les accidents nerveux, abaisse la température et facilite l’éruption.
Les affusions froides répétées sont très utiles chez les aliénés comme moyen de traitement et parfois aussi comme moyens de répression et de discipline. Elles conviennent surtout dans la mélancolie avec stupeur, et en général dans les névroses; mais quand il existe une certaine tendance aux congestions internes, il faut les remplacer par des moyens plus efficaces. -
L un de ces moyens est le col de cygne, procédé dérivé de l’affusion, dans lequel l’eau est animée d’une légère force de percussion. Au lieu d’être versée directement, elle sort d’un tuyau recourbé d’un diamètre de 6 centimètres environ. Le malade tourne le dos à l’appareil et reçoit l’eau sur la colonne vertébrale, en exécutant des mouvements de flexion et d’extension pour que toutes les parties du dos soient successivement atteintes. La durée de 1 application varie de une à trois minutes. Il est bon de la faire suivre d’une douche générale en ayant soin d épargner la région déjà frappée par l’eau du col de cygne. Ainsi appliqué, ce procédé diminue 1 excitabilité de la moelle et rend de grands services dans l’ataxie locomotrice et quelques autres affections du système nerveux. Il agit à peu près de la même façon que les sacs à glace de Chapman.
Il est surtout utile pour les applications localisées. Appliqué notamment sur la région lombaire, il donne des résultats importants dans le traitement de la dysménorrhée, del’amenorrhée, de l’atonie vésicale, etc.
D'',beni-Bardb.
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AGE
AGACEMENT. — État nerveux spécial caractérisé par la surexcitation morale. L’impatience d’esprit, le malaise général, qui fait que l’on ne peut supporter des sensations physiques et morales que l'on subirait dans un autre moment.
Agacement des dents. — Cette sensation d’irritation est occasionnée soit par les vomissements acides qui surviennent pendant le cours de la grossesse, ou chez les individus atteints de dyspepsie de l’estomac, ou simplement causés par l’usage de fruits ou de légumes acides, tels que groseilles, pommes vertes, oseille, etc. Le meilleur moyen de faire disparaître cet agacement des dents, consiste à se gargariser avec :
Eau sucrée . 500 grammes,
Borax, . 5 à 10 grammes,
ou à manger quelques pastilles au borate de soude ou aux sels de Vichy, (V. Dentifrice.) P- E.
AGARIC. — Nom donné à plusieurs cryptogames de la famille des champignons. — (V. Champignons.)
Deux variétés sont plus particulièrement connues et usitées : ï agaric blanc et l’a^ranc àe chêne.
L’agaric blanc, agaric des pharmaciens, agaric mélèze, vit surtout sur les rhélèzes. 11 se présente sous forme de masses d’un tissu blanc spongieux privé d’écorce. 11 n’a pas d’odeur ; sa saveur d’abord douceâtre devient ensuite amère, âcre et nauséeuse. On en extrait une résine blanche insipide. L’agaric blanc n’est plus guère employé aujourd’hui comme purgatif. Plusieurs médecins le prescrivent encore quelquefois pour combattre les sueurs nocturnes des phtisiques, sous forme de poudre, à la dose de 20 à 30 centigrammes, le soir en se couchant. Le professeur Rayer prescrivait souvent la formule suivante ;
Agaric blanc. . . . 1 gramme.
' Extrait gommeux d’opium, 15 décigrammes.
Mêlez pour 6 pilules à prendre, une, puis deux par soir.
On falsifie quelquefois l’agaric blanc en poudre en y mêlant du carbonate de chaux.
L’agaric de chêne, agaric des chirurgiens, n’est autre que celui qui sert à préparer l’amadou, (V. Amadou.) D' A. L. Labarthe père.
AGE.— -Les êtres vivants, comme la nature entière, sont soumis à un travail de destruction et de reproduction incessant qui — tout en conservant pour un temps indéfini les éléments premiers, pour un temps plus ou moins long, les genres et les espèces — ne laisse aux individus pour leur évolution, qu’un fragment très limité de la durée. Le mot âge indique précisément le point de la durée où en est arrivée une existence individuelle.
Il est donc nécessaire d’avoir une unité de mesure qui se trouve naturellement ici dansl’unité de temps : jours, mois, années. Mais il s’en faut de beaucoup que les variations de l’organisme humain ~ dont je m’occupe seul ici— soient dans un rapport constant, au point de vue de leur évolution, avec le nombre des
années, servant â déterminer l’âge. Ces variations apparaissent à des époques différentes suivant la, nature des types individuels, suivant l’hérédité, les maladies, la manière de vivre, etc. Comme le fait remarquer le D' Bertillon, cet adage de la coquetterie « on n’a que l’âge qu’on paraît, » est absolument vrai. Ninon est réellement jeune et désirable, à cinquante ans, et d’autre part, on voit traîner à Londres dans les cabarets, des malheureuses qui, pour avoir vingt-cinq ans, n’en sont pas moins les vieilles femmes qu’elles paraissent.
Une division précise des âges répondant à des réalités objectives est donc tout à fait impossible, si ce n’est pour les premiers temps de la vie, où le développement et l’apparition de certains organes permettent de fixer les lignes de démarcation, C’est ce qui rend compte du nombre et des divergences des classifications proposées par les auteurs. Ainsi Solon divise la vie en dix périodes, Varron en cinq. Parmi les modernes, Linné reconnaît 12 âges, Daubenton, d, Hallé, 5 avec des subdivisions, Virey, 3 de trente ans chaque, etc. Sous l’influence des élucubrations de Pythagore, les nombres, précurseurs des idées personnifiées de Platon, ont joué aussi leur rôle: comme on avait les quatre éléments, les quatre humeurs, les quatre saisons, on a eu les quatre âges de la vie. Cette division en rapport avec celle de l’année est restée la plus populaire : elle a été consacrée par le vers charmant du poète italien Guarini, si souvent répété:
0 Primavera , Gioventu delV anno
qui complète l’assimilation.
En somme, je. le répète, rien de fixe, rien de sciem tifique dans toutes ces classifications; un seul fait reste acquis : c’est que la belle théorie de révolution se vérifie pour l’homme comme pour tout le reste. Comme ce monde sublunaire a eu un commencement, comme il a une période d’état, comme il aura une fin, comme les races, les empires passent par les mêmes phases d’accroissement, d’immobilité et de déclin — ainsi l’homme présente successivement ces trois ordres de phénomènes. La nature seule demeure dans son éternelle jeunesse, témoin impassible et inconscient de toutes ces transformations.
La vie humaine n’admet donc que trois grandes divisions : 1* La période d’accroissement ; comprenant Xenfance et l'adolescence; 2“ Xâge d'adulte ou période d’état comprenant la jeunesse et l'âge mûr; 3“ la vieillesse ou période de déclin, qui peut ellemême se décomposer parfois en vieillesse propre' ment dite et en décrépitude.
11 ne sera pas question ici de la vie intra-utérine. (Voy.^ Grossesse, Embryon, etc.); d’ailleurs, la loi est d’accord avec la raison pour faire commencer l’existence de l’individu, en tant qu’être distinct, au moment précis où il se sépare de la mère et où a Heu la première inspiration. Dans l’immense majorité des cas, l’enfant vient au monde à neuf mois : cependant, il est viable à sept mois, exceptionnellement, dans le courant même du septième mois. La taille moyenne d’un enfant venu à terme, bien conformé, est de 0,50 centimètres, son poids de 3 kilogrammes.
1 Les écarts, relativement à cette moyenne peuvent
AGE
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être considérables sans qu il y ait lieu de s en trop alarmer : tout le monde connaît le fait de Yolteire et de Fontenelle, de si chétive apparence à leur naissance, qu’on ne leur aurait pas donné deux jours à vivre et qui prolongèrent leur existence, le premier jusqu’à quatre-vingt-quatre, le second jusqu’à cent ans. D’où le public, toujours prompt à généraliser, a conclu que les enfants chétifs s’élevaient mieux que les autres, ce qui est une exagération absurde.
L’enfant détaché de la mère n’est pas encore un être indépendant. Désigné d’abord sous le nom de nouveau-né — pendant les sept à huit jours qui suivent la naissance, c’est-à-dire la chute du cordon — faible, impuissant à réagir contre l’action de ce milieu nouveau auquel il n’est pas accoutumé, il périrait infailliblement s’il n’était pas, non seulement nourri, mais encore protégé contre les influences extérieures. Cette nourriture, hâtons-nous de le dire, est si mal administrée, le plus souvent, cette protection si insuffisante , qu’une mortalité effrayante décime les nouveaux-nés, et les enfants en bas âge pendant la période de l’allaitement {première enfance, l’âge où on ne parle pas).
A quinze ou dix-huit mois environ, au moment où « le petit » cessé de teter et commence à balbutier, débute la seconde enfance. L’évolution de la première dentition, qui a commencé vers le septième mois, est alors en train de s’achever. Alors aussi se marque plus nettement ce travail de différentiation, qui est un des éléments constitutifs du progrès. Examinez l’embryon du chien et celui de l’homme entre la sixième et la huitième semaine, et vous serez frappé de la ressemblance : au point que si vous n’êtes pas comme on dit « de la partie, 3> il vous sera impossible de les distinguer. Pendant les premières semaines de l’allaitement, le petit chien et le nourrisson humain, très dissemblables quant à la forme, se rapprochent encore à ce point que tous deux sont également incapables d’exprimer leurs idées naissantes à l’aide de la parole. Pour le chien, cette impossibilité persiste : pour le petit de l’homme les choses se passent différemment. Le cerveau du nouveau-né n’est une tabula rasa, une table rase, qu’au point de vue des impressions : dépourvu de toute idée soi-disant innée, il est muni de certaines aptitudes acquises à travers la série interminable des générations. De ce nombre, est l’aptitude particulière désignée sous le nom de faculté du langage, ou qui du moins se développera comme^ telle, d’une façon lente, inconsciente, par suite d’actes reflexes consécutifs aux impressions. A l’aide de la parole, et sous l’influence incessante des excitations, le cercle des idées va tous les jours s’élargissant et l’apprenti-homme — si l’on me permet cette expression — finit par se trouver en état de comparer et de juger, c’est-à-dire de raisonner, üept ans est l’âge fixé chez presque tous les peuples civilises pour marier le début de l’âge de raison : c est 1 époque où commence la seconde dentition, fait qui a servi à préciser la date, sans avoir bien entendu aucun rapport avec l’évolution du phénomène. Alors commence la troisième période de l’enlance, celle que Quintilien et les Romains appellent puoritia, et qu’ils conduisaient jusqu’au moment où
l’enfant quittait la prætexta, la robe blanche bordée de rouge, à dix-sept ans. De fait, cette troisième période si importante pour l’instruction de l’enfant, en dépit des idées étonnantes de Rousseau sur la matière, se termine avec l’établissemant de la puberté marquant le début de Vadolescence.
C’est durant cette période entre sept et quinze ans, que le cerveau est le mieux disposé pour profiter de l’instruction.
Vadolescence débute avec la puberté, aux environs de l’âge de quinze ans, dans nos climats. Elle se terminerait avec l’évolution complète des organes à vingt et un ans, ou à peu prés chez la femme, vers vingt-quatre ou vingt-cinq ans chez l’homme : ce sont au moins les chiffres indiqués par Burdach, qui a traité cette question avec beaucoup de soin. D’autres prolongent cette période jusqu’à vingt-trois ans chez la femme, jusqu’à vingt-sept ans chez l’homme, et lui donnent pour limite l’apparition de la dernière molaire, dite dent de sagesse. En vérité, cette dent tardive importe peu, d’autant moins qu’elle est une véritable superfétation, et dans la grande majorité des cas, ne se montre que pour se carier aussitôt. Il faut bien entendre d’ailleurs, que toutes ces périodes rentrent les unes dans les autres et que comme on l’a dit plus haut, il n’y a pas de rapport précis entre le nombre des années et l’état des organes : tout se règle par des à peu prés. Il est certain que si l’homme cesse parfois de grandir à vingt et un ans, dans les cas ordinaires, les individus n’atteignent le maximum de leur taille que huit ou neuf ans plus tard, tandis que le développement complet, parfait des muscles et des formes ne se termine le plus souvent qu’après vingt-sept ou vingthuit ans. Or les physiologistes ont trop négligé jusqu’ici l’élément fourni par le développement de l’esprit, j’entends des facultés intellectuelles. Cela provient de ce que les médecins, considérés bien à tort comme des matérialistes, se sont laissé influencer au contraire, dans presque tous les temps par les idées régnantes touchant l’immatérialité de l’esprit, considéré comme distinct du corps. Aujourd’hui qu’on a établi de nouveau — ce qu’on savait déjà au temps d’Épicure— que l’esprit est le produit de l’âc-. tivité du cerveau, on a un point de repère tout aussi matériel et beaucoup plus important, au point de vue humain, que la soudure de l’épiphyse inférieure du fémur. On peut donc prendre comme limite de l’adolescence, l’âge de vingt et un ans fixé par la loi comme celui du développement suffisant des facultés cérébrales. Quoiqu’il en soit, c’est pendant cette dernière étape de la période d’accroissement que s’accomplit la transformation définitive qui de l’enfant fait un homme parle développement des organes de la génération, par l’établissement des règles chez la femme. On trouvera au mot puberté, les détails relatifs à cette époque si importante de la vie humaine.
h' âge adulte, période d’état ou de plein développement comprend deux phases : la jeunesse tiVâge mur. « lià jeunesse proprement dite, commence dit Cabanis, au temps où la force et la souplesse des solides, la densité, les propriétés stimulantes et là vivacité dans le mouvement des humeurs, commencent elles-mêmes à se trouver réunies et portées au
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plus haut degré. Le système nerveux et les organes musculaires sont portés alors à leur plus haut ton. Rien ne résiste à l’énergie du cœur et des vaisseaux artériels. Les différentes circulations et toutes les fonctions qui en dépendent s’exécutent avec une véhémence qui lie connaît point d’obstacle ; Aussi cet âge est-il tout à la fois celui des maladie's aiguës, des passions impétueuses et des idées hardies, animées par tous les sentiments de l’espérance. » (Rapport du physique et du moral, IV.) Voilà un tableau qui n’aurait pas besoin de signature : bien que tracé depuis plus d’un siècle, il nous offre encore- aujourd’hui, à l’aide de quelques légères modifications, l’image de la réalité. Par « les humeurs » il faut entendre le sang uniquement : d’autre part il faut invoquer surtout l’activité propre, non pas du cœur et des vaisseaux, mais des éléments anatomiques. Cette activité se marque d’une façon éclatante dans le cerveau qui, stimulé d’un côté par l’ardeur génitale et érotique, de l’autre pa.r les impressions du dehors si énergiquement perçues, arrive souvent dès cette période à son maximum d’intensité. Alexandre meurt à trente-deux ans, Raphaël, à trente-six ans, Danton, Mozart, à trente-cinq ans. Hoche,. à vingt-huit ; Shelleg, le poète immortel que l’Angleterre a raison aujourd’hui de; mettre au-dessus de Ryron, Shelleg, succombe à vingt-neuf ans. Dans un , ordre d’idées toutes différentes, mais tenant à des causes analogues, c’est pendant la jeunesse, entre vingt-cinq et trente ans, que le chiffre des crimes atteint son maximum. D’après les travaux si remarquables de Quetelet (Physique sociale), vingt-cinq ans est l’âge précis pour l’homme, trente ans pour la femme.
Inutile d’ajouter que cette exubérance intellectuelle coïncide avec le développement général et complet du corps. La taille atteint , son maximum (1“,67, chiffre moyen chez nous), à trente ans: c’est aussi vers cette époque que les formes arrivent chez l’homme à leur entière perfection, — ce qui s’est réalisé chez la femme sept à huit ans plus tôt, aux environs delà vingt et unième année. C’est en fixant les yeux sur là Vénus de Milo d’une part, de l’autre sur l’Apollon du Belvédère (quoiqu’on dise M. Sappey), que l’on pourra se rendre un compte exact des conditions de la force et de la beauté dans leur plénitude. Par la force, j’entends ici la vigueur nécessaire, caractéristique de la virilité, et non cette exagération athlétique propre aux représentations d’Hercule. C’est donc à cette période de la vie — à partir de dix-huit ans pour la femme, inais à vingtcinq ans au plus tôt pour l’honirtie — que l’un et l’autre doivent s’engager dans les liens. du mariage. A cette époque seulement, le jeune homme en tout semblable sous ce rapport au petit de l’animal sent le besoin de s’isoler . de ses parents pour devenir à son tour le centre d’une . nouvelle famille qui sera Téritablement la sienne. De même aussi pour la jeune fille : ce^n’est pas seulement une affaire de passion, d’érotisme comme on se l’imagine trop souvent : il y a chez elle un véritable besoin de maternité, résultat direct de l’hérédité physiologique, et dont le jeu de la poupée est en partie au moins l’expression inconsciente et prématurée. C’est donc à vingt-cinq et à dix-huit ans que l’homme et la femme sont dans les meilleures conditions pour la
bonne reproduction de l’espèce. Or c’est là une question capitale pour le législateur, question qu’une morale mal entendue et soi-disant chrétienne n’a pas permis de régler convenablement chez les na. tions modernes. Pour éviter les scandales résultant de l’acte naturel que l’Église flétrit très sottement, sous le nom de fornication, on permet presque partout le mariage, dès l’établissement de la puberté. Mais la vraie morale pour l’État comme pour l’individu, consiste à réaliser le bien de l’un et de l’autre: or le bien de l'État réside d’abord dans la vigueur, dans la solidité des citoyens qui le composent : c’est la condition sine qua non. Les parents trop jeunes procréent en général des enfants chétifs ; les exceptions n’infirment pas la règle. Pour ne parler que de la France, l’âge légal à partir duquel on peut contracter le mariage, devrait être dix-huit ans pour les filles et vingt-cinq ans pour les garçons.
C’est aux environs de la trente-cinquième année que la jeunesse fait place à l’d^re mur : ce chiffre, adopté par Cabanis, semble parfaitement choisi. Il faut se placer au point de vue le plus général et non à celui des adolescents, qui ne sont pas éloignés de considérer les gens de trente ans comme des vieillards. A Rome l’expression de jurenis s’appliquait même à des individus de quarante ans. De fait, ce n’est guère qu’à partir de la trente-cinquième ou de la trente-sixième année que le teint commence à se faner, les rides à s’estomper, les cheveux à grisonner. En même temps que les activités moléculaires se ralentissent, le sentiment de bien-être caractéristique de la jeunesse s’en va se perdant tous les jours. « L’homme dit excellemment Cabanis, qu’il faudrait toujours citer — l’homme commence à ne plusse croire invincible : il s’aperçoit que ses moyens sont bornés ; ses idées et ses affections ne s’élancent plus au loin avec la même hardiesse ; il n’a plus cette confiance sans bornes dans lui-même, et, par une conséquence nécessaire, bientôt il perd une grande partie de celle qu’il avait dans les autres. »
Mais pour n’être plus aussi brillant, aussi jeune, l’homme n’en consërve pas moins toute sa vigueur, et c’est avec raison que l’âge adulte — comprenant l’âge mûr aussi bien que la jeunesse — est pris comme type au point de vue physiologique aussi bien que pathologique. Il n’y a donc pas à parler ici de l’hygiène, des maladies, etc., ce serait vouloir résumer ou reproduire presque tous les articles de ce dictionnaire, faire l’étude des diverses professions, etc., j’insisterai seulement sur un fait important et mal connu : je veux parler de l’activité des facultés intellectuelles.
Chez les individus illettrés ou oisifs, chez ceux en un mot qui pour une cause ou pour une autre ne cultivent pas ces facultés, elles s’affaiblissent beaucoup plus rapidement que les facultés physiques, ou du moins la décadence est plus apparente. Chez ceux au contraire qui font, comme on dit, travailler leur intelligence, on observe le phénomène inverse, tandis que les cheveux grisonnent et se détachent des tempes, le cerveau, les cellules nerveuses, profitant du travail acquis, paraissent de plus en plus actives. Chez les hommes exceptionnel' lement doués, à la fraîcheur des idées, qui se conserve, vient se joindre la solidité, fruit de l’expérience
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Pt de l’observation. La fougue parfois moindre, est remnlacL par la puissance et la seremte, qui font le s^lime. Shakespeare compose Roméo et Juliette à vinfft-huit ans : aux environs de quarante ans, il èciit Macbeth, King Lear. Othello :\\ meurt à cinmiante ans, après avoir donné la Tempete et Cymhelini sans que dans ces chefs-d’œuvre se decele la moindre défaillance. Qui ne connaît les éphémerides merveilleuses d’Athènes,, dans les jours de gloire où les Sophocle et les Euripide mouraient octogénaires, ayant composé, chacun en moyenne, un gjj^ef-d’ œuvre par an? Or, ces faits ne sont exceptionnels qu’au point de vue du génie : les facultés cérébrales, de même que les éléments nerveux qui en sont le substratum, de même que l’organisme en général, se conservent — avec des nuances bien entendu — jusqu’à une époque assez éloignée, qu’on peut fixer aux environs de la soixantième année.
Alors seulement la vieillesse inaugure la période de déclin. Ce chiffre, comme les autres est approximatif et s’applique à la moyenne des gens bien constitués et ayant mené une vie suffisamment régulière : il peut être reculé jusqu’à soixante-trois, même jusqu’à soixante-cinq ans. Il s’agit ici de l’homme seul, qui jusqu’à cet âge, — souvent même jusqu’à soixante-dix ans— demeure partie intégrante et effective de l’espèce, susceptible de devenir père. Que dire de la femme qui vers cinquante ans, plutôt avant qu’après, cesse d’être apte à la reproduction, au moment où prend fin la ponte mensuelle de l’ovule? Il semble que cet âge véritablement critique doive être pris pour la date à partir de laquelle, commence pour elle la vieillesse. Chez l’homme, en dépit du préjugé populaire, il n’y a pas d’âge critique ; les années climatériques des vieux auteurs — la quarante-neuvième formée par 7 fois 7, la soixantetroisième, grand-climatérique, produit de 7 multiplié par 9 — n’ont d’autre base que les rêveries pythagoriciennes et cabalistiques, à propos des nombres.
Les vieillards sont souvent emportés par des affections aiguës, toujours redoutables pour eux. Dans le cas contraire ils tombent dans la décrépitude, période ultime, mais non nécessaire de la vieillesse. On les voit, parfois très rapidement, perdre leur force et leur verdeur; le teint resté rosé, devient blafard, les chairs jusqu’alors assez fermes, s’affaissent et au-dessus des joues tombantes, des rides de plus' en plus profondes, de véritables anfractuosités labourent le visage. Quand vous voyez s’effectuer cette transformation, soyez assuré que la fin est proche et que l’homme de plus en plus cloué à sa place, est sur le point d’entrer dans l’éternelle immobilité, tandis que les atomes qui le composent s’en vont concourir à la formation de nouveaux êtres. C’est la loi fatale à laquelle se résigne aisément le vieillard à présent cultivé, celui qui a su se débarrasser des vaines terreurs inventées par les ministres des religions diverses. Car il est écrit dans l’Évangile de la nature — dans l’admirable Be natura rerum de Lucrèce :
Cedit enim rerum novüate extrusa vetustas Semper et ex aliis alîud reparare necesse est,
Nec quidquam in barathrumnec Tartara decidit atra Materies opus est ut crescant postera sœcla : Dictionnaire de médecine usuelle.
Quœ tamen oninia te, vita perfuneta, sequentur.
Nee minus ergo- ante hœc, quam nunc, cecidere cadentque Sic alid ex aliis nunquam desistet oriri,.
Yitaque manctpro nulli datur, omnibus usu.
« On voit toujours aux choses nouvelles la vieillesse céder la place — et il est nécessaire que les êtres se réparent les uns par les autres.— Et rien ne tombe dans le gouffre, dans le noirTartare: — ilfaut de la matière pour que puissent se développer les générations futures — qui toutes aussi se suivront, leur vie une fois achevée. — Les êtres qui nous précédaient ont également disparu ; — et aussi, ils ne cessent pas de naître les uns des autres : — la propriété de la vie n’est donnée à personne, tous en ont l’usufruit. » (Voy. Allaitement, Dentition, Enfance, Puberté, Vieillesse, Mortalité, etc.)
A. Regnard et Paul Labarthe.
AGE CRITIQUE. — (V. Ménaupose.)
AGÉNÉSIE. — Ce mot signifie impossibilité d’engendrer. (V. Impuissance.)
AGEUSTIE. -- Affaiblissement de la faculté de percevoir les saveurs pouvant aller jusqu’à la paralysie. Ce phénomène se montre dans toutes les maladies qui recouvrent la langue d’un enduit plus ou moins épais, comme l’embarras gastro-intestinal, l’érysipèle, le diabète, etc. Certains médicaments paralysent aussi le goût, parmi lesquels : l’aconit, la belladone, l’opium et le bromure de potassium ; ce dernier exerce surtout son action sur la sensibilité du voile du palais. P. L-
AGGLUTINATIFS. — On appelait ainsi anciennement des remèdes que l’on croyait jouir de la propriété de recoller les parties divisées. Aujourd’hui, on désigne sous ce nom des substances emplastiques susceptibles d’adhérer fortement à la peau dans le but de maintenir en contact deux parties de cet organe accidentellement divisées. Les principaux agglutinatifs sont : les sparadraps, le diachylon, la baudruche gommée, les taffetas, le collodion, les papiers adhésifs, la toile de mai. (V. ces mots.)
AGITÉ. — On donne ce nom en médecine mentale aux fous de diverses sortes qui exécutent des mouvements et des actes violents et rapides, d’une manière continue ou momentanée. On est souvent obligé de mettre la camisole de force bu les entraves a ces malades, qui peuvent être dangereux pour les personnes qui les entourent et pour euxmêmes. (V. Délire aigu.) D' E. Dupouy.
AGNEAU. — L’agneau entre dans notre alimentation. La chair de cet animal, à l’âge de un à deux mois, est blanche, gluante, molle, de saveur médiocre, fort peu nourrissante et laxative. P. L.
AGNUS-CASTUS. — Arbrisseau de la famille des verbenacées, appelé aussi gatilier, vitex ou poivre aux moines, dont les fleurs en forme de longs épis d’un blanc violet étaient considérés comme l’em-