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Artères ombilicales

dentelleraent et que, pour fixer l’ordre de transmission des héritages, il est nécessaire d’établir lequel des deux, de la mère ou de l’enfant, est mort le dernier, la loi tranche toujours la difficulté en faveur de la mère.

L’appareil circulatoire du fœtus diffère de celui

éruptive contractée par le fœtus, tandis que la est réfractaire à l’épidémie. Ainsi, Mauriceau ^onte qu’il fut lui-même affecté de variole pendant la vie inlra-utérine, alors que sa mère n’en fut luttais atteinte': il avait contracté cette maladie de frère qui en mourut.

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de l’adulte, non seulement par le placenta mais | aussi par certains organes supplémentaires qui ! disparaissent et s’atrophient dès que les poumons entrent en fonctions, c’est-à-dire aussitôt après la naissance. Ces organes sont :

1“ Les vaisseaux du cordon {fig. 498), comprenant la veine ombilicale qui charrie le sang rouge

Figure schématique montrant le système circulatoire du fœtus.

A. Veine cave inférieure. — B. Artère aorte. —C. Veine cave

supérieure. — D. Artère pulmonaire. — E. Canal artériel

F. Artère carotide droite. — G. ■ Artère carotide gauche. — H. Veine porte. - I. Foie. — J. Veine ombilicale — K. Canal veineux. — L. Oreillette droite du cœur. — M Placenta. — N. Ventricule droit du cœur. — 0. Trou de Botal. — P. Artères ombilicales. — Q. Poumon gauche. — R. Artère pulmonaire .

— S. Artère sous-clavière gauche. — T. Oreillette gauche du cœur. — ü. Artère sous-clavière droite. — V, Ventricule gauche du cœur. — X Artères hypogastriques. — Z. Nombril.

— A Gouttière conduisant le sang de la veine cave inférieure A dans l’oreillette T, en passant par le trou de Botal 0.

de la mère au fœtus et les deux artères ombilicales qui rapportent le sang noir du fœtus à la mère;

2“ Le canal vnneux (K, ftg. 498) qui est formé par la bifurcation de la veine ombilicale (J), à son passage dans le foie, et débouche dans la veine cave inférieure (A), laquelle remonte jusqu’à l’oreillette droite du cœur;

3” Le trou de Botal (O) qui est percé dans la cloison des oreillettes et établit, par rintermédiaire d’une gouttière membraneuse, une communication directe entre la veine cave inférieure et l’oreillette gauche;

— 4“ Le canal artériel (E) qui s’étend de l’artère pulmonaire (D) à l’aorte (B), avec laquelle il s’abouche en un point postérieur à l’origine des vaisseaux artériels de la tête et des bras.

Voici maintenant par quel mécanisme s’opère la circulation fœtale ; le sang rouge, chargé des élé¬

ments nutritifs, part du placenta (M) • il ç„-f cessivement la veine ombilicale (J) L i neux (K), remonte la veine cave inférSÏÏ passe par le trou de Botal (0), arrive danÏÏ lette gauche (T), tombe dans le ventricule dn ^ côté (V) et de là est lancé dans toS du corps par l'aorte (B); puis il retourne « centa par les arteres ombilicales (P) pour «e Xi nerer. De plus, le sans noir, qui reitard^S et des membres supérieurs par la veine cave su? rieure (G), est déversé dans l’oreillette droite (Ll' passe dans le ventricule correspondant (N) s’en gage dans l’artère pulmonaire (D), traverse le canal arteriel (E) et vient ensuite se mélanger au sang que l’aorte distribue au tronc et aux membres inférieurs : de telle sorte que ce vaisseau fournit à la tête et aux membres supérieurs du sang rouge, et au . reste du corps du sang mélangé; c’est ce ipii explique le plus grand développement de la tête et des bras par rapport au tronc et aux membres inférieurs. Gomme l’embouchure du. canal artériel (E) est peu éloignée de celle de l’artère sous-clavière gauche (S), qui se rend au bras du même côté, il s’opère à ce niveau un léger mélange des deux sangs, tandis que l’autre artère sous-clavière (U) qui préside à la nutrition du bras droit, ne charrie que du sang rouge. On a expliqué par cette particularité la supériorité du bras droit sur le bras, gauche.

L’analogie fonctionnelle qui, existe entre le placenta et les poumons est encore démontrée par ce double fait physiologique : la veine .ombilicale charrie du sang rouge comme les veines pulmonaires auxquelles elle correspond, et les artères ombilicales, qui sont les analogues des artères pulmonaires, ont comme ces dernières du sang • noir.

Nous avons déjà dit qu’après la naissance, tous les organes supplémentaires s’atrophient. Quelquefois, cependant, le trou de Botal persiste et le sang reste mélangé. La peau prend alors une teinte violacée qui a fait donner à cette affection le nom de maladie bleue ou cyanose.

Sensibilité du foetus. — L’application d’un corps froid sur le ventre de la mère suffit pour réveiller la sensibilité cutanée du fœtus et provoquer des mouvements plus ou moins violents. G’est un moyen conseillé par les accoucheurs pour établir le diagnostic de l’abdomen.

La compression trop forte de l’abdomen produit le même résultat. Dans l’un et l’autre cas, ces mouvements provoqués sont l’indice d’un certain malaise et démontrent que, pendant la grossesse, il faut tenir le ventre chaudement et éviter de le comprimer.

Sécrétions du fcetus. — Les produits de sécrétion du fœtus sont peu abondants, par suite de 1 inaction de ses fonctions digestives. Vers la fin de la grossesse, 1 intestin se remplit d’une matière épaisse d’un noir verdâtre, formée d’un mélangé de bile et de mucus intestinal. L’analogie de couleur de consistance que cette matière offre avec le suc de pavot lui a fait donner le nom de méconium- Elle n est expulsée que dans les premiers jours de la naissance et les nourrices disent que l’entant « sc

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les médecins qui veulent explorer le bord inférieur de cet organe font prolonger ce temps de la respiration.

Le- rapport du foie et du poumon droit explique encore comment le pus d’un abcès hépathique peut être évacué par la bouche après avoir perforé le

vide ». Sa présence dans les eaux de l’amnios, au moment de l’accouchement, indique la mort ou, au moins, la souffrance de l’enfant.

L’urine est aussi sécrétée par le fœtus, mais en faible quantité, et elle se répand dans le liquide amniotique, avec lequel elle se mélange. La miction du fœtus est généralement contestée; elle est cependant démontrée par l’existence de l’urée dans les eaux de l’amnios et par les cas de rupture de la vessie, quand l’urèthre imperforé laisse accumuler l’urine à l’intérieur de ce réservoir.

L’enduit sébacé ou vernis caséeux, dont se couvre la surface du corps, est une sécrétion qui provient des glandes sébacées de la peau. Elle protège le fœtus contre la macération et facilite son passage au moment de l’accouchement.

Anomalies du développement de l’œuf.

Monstruosités. — Sous l’influence d’un état morbide particulier de l’œuf, ou, d’après quelques auteurs, à la suite d’une vive impression morale ressentie par la mère au début de la grossesse, le produit de la conception peut subir un arrêt de développement, de telle ou telle partie .du corps et vient au monde avec un vice de conformation indélébile, comme le ' bec-de-lièvre; le coloboma de l’iris; les piedsbots; l’hydrocéphalie; le spina-bifida; les doigts palmés, bifurqués, surnuméraires ; l’hermaphrodisme ; l’inversion de tous les organes splanchniques ; l’avortement d’un ou plusieurs membres, etc. d' g. witkowski.

FOIE. — Anatomie. — Le foie, organe sécréteur-dela bile, est la glandé la plus volumineuse et la plus pesante de l’économie. 11 occupe l’hypochondre droit et une partie de l’épigastre ; il est protégé contre les chocs extérieurs par les sept ou huit dernières côtes droites. A l’état normal, en effet, cet organe, bien que logé dans l’abdomen, ne doit pas déborder la base du thorax. Dans certaines affections, le foie peut descendre jusque dans la fosse iliaque droite. Coste a vu un foie tuberculeux qui remplissait plus de la moitié de la cavité abdominale et pesait 28 livres. Par l’usage des corsets, cet organe peut encore dé- Fig. 499.

passer le bord cartilagineux des côtes. Quel- Vue générale des viscères thoraciques et abdominaux,

quefois ce déplacement est si considérable que l. Trachée artère. — 2. Corps thyroïde. — 3. Artère pulmonaire, — quelques médecins le prennent pour une ma- Artère aorte. -5. Veine cave supérieure. - 6,6. Tronc veineux 1 A -A X + 1 A J* • ^ brachio-cephalique. — 7,7. Arteres carotides pnmitives

ladie et le traitent comme tel. Ordinaire- internes. -8. Veine sous-clavière. -9,9. Oreillette.ment le poids du foie est chez l’adulte de 2 — h. vésicule bUiaire. — 12. Colon ascendant,

kilos environ et présente, d’après Sappey,

Ai — I diaphragme et la face inférieure du poumon droit.

Si au lieu de suivre cette voie, les collections purulentes du foie s’ouvrent dans la cavité abdominale, elles déterminent alors une péritonite mortelle.

Un repli du péritoine, dit ligament suspenseur ou falci forme partage la face supér ieure du foie en deux lobes inégaux, un gauche et un droit. Cé ligament contribue, ainsi que son nom l’indique, à suspendre le foie ; il sert en outre à protéger la veine ombilicale qui va de l’ombilic au foie. D’autres replis, dits Ligaments triangulaires et coro-

jugulaires 10. Diaphragme.

les dimensions suivantes : Diamètre transversal, 28 centimètres ; diamètre antéro-postérieur, 20 centimètres ; diamètre vertical, 6 centimètres.

La glande hépathique présente une face supé- Riedre et une face inferieure.

La face supérieure est convexe et se moule sur l6 diaphragme qui la sépare de la base du poumon droit. C’est là ce qui rend compte de l’abaissement du foie par suite des épanchements de la plèvre droite.

Le foie s’abaisse aussi pendant l’inspiration, et

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On remarque sur le milieu de la face in du foie un sillon transversal appelée hile quel passe le canal hépatique, la veine ’i l’artère hépatique. En avant et en arrière de Ion, on voit deux petits lohes dont l’antérieur le nom de lobe carré, le postérieur celui de Spigel.

Structure du foie. — Le foie 1“ des enveloppes; 2" un tissu vaisseaux; ’’ ’

interposé à tous ces organes.

1” Enveloppe du foie. — Ces sont au nombre de deux : le péri

naires^ concourent avec le précédent, à maintenir le foie en position. On pense généralement que le tiraillement de ces ligaments est la cause de la douleur sourde que provoque le décubitus latéral gauche.

La FACE INFÉRIEURE du foie est à peu près plane ;

inférieure

> par le.

î porte et ce sila reçu de lobule

présente • propre; 30 deg 4“ des wer/v; 5“ du tissu cellulaire

Fig 500. —Foie (face inférieure).

"l. Lobe droit. - 2. Lobe gaucbe — 3. Lobe de Spigel. — 4. 1 cett Ténale du lobe droit. — S. Facette surrénale de ce lobe. 6 Factte colique de ce même lobe. — 7. Lobe carré. —8.' sien le biliaire - 9. Canal cystique..— 10 Conduits biliaires. — 11., Canal bépatique. — 12. Artère bépatiqiie. — 13. ' eine porte — 14. Une veine sus- , hépi.tique — 15-18. Veine cave inférieure. — 16. (Le trait est mal placé, il doit être dirigé vers le cordon .de la veine ombilicale ol litérée) — 17. Canal vemeux . d’Aranzi étendu de la veine porte à la veine cave inférieure 18 . Fusion du canal veineux, des véines sus-hépatiques et de la veine cave inférieure.

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donnent au tissu de cet organe l’aspect granulé qu’il présente à la coupe. Ce sont ces granulations qui croquent sous la dent lorsqu’on mange du foie de porc.

De ces lobules partent des petits canaux dits conduits biliaires, qui, par convergence successive, viennent aboutir à un canal unique, le canal fiépa- ^îq7<e. . Celui-ci débouche, sous le nom de cariai chnlédoqne, dans la seconde portion du duodénum par un orifice qui lui est commun avec le canal pancréatique. Le canal hépatique change de nom au moment où il reçoit l’embouchure d’un petit canal sinueux, dit cqstique, qui part d’une sorte d’ampoule pyriforme adhérente à la face inférieure du foie, et dans laquelle la bile s’accumule pendant l’intervalle des digestions. Cette poche a reçu le nom de <ésecule biliaire. Suivant la remarque de Glisson, l’ensemble des trois conduits cholédoque, cystique et hépatique figure assez bien la lettre Y.

3“ Vaisseaux du fuie. — On rencontre dans le foie les ramifications de trois vaisseaux sanguins : l’artère hépatique, préposée, comme l'indique l’exiguïté de son calibre, à la nutrition des éléments constitutifs du foie, et non à la sécrétion de ses produits; la veine porte, qui charrie dans le foie les sucs alimentaires puisés par ses racines dans tous les viscères abdominaux concourant à la digestion, et qui fournit aux lobules hépatiques les matériaux de leur sécrétion ; enfin les veines sushépatiques, qui sont chargées de porter du centre des lobules hépatiques à la veine cave inférieure le sangmoditiéde l’artère hépatique et delaveineporte.

4“ Tissu cellulaire et graisse, ■. — Le tissu cellulaire du foie est représénté par les innombrables prolongements de la capsule de Glisson autour des lobules hépatiques, des canaux biliaires et des vaisseaux sanguins. Lorsque ce tissu s’enflamme, il produit les abcès de foie; il s’épaissit comme dans la cirrhose, ainsi qu’on l’observe surtout à la suite d’abus alcooliques, les lobules s’atrophient et compriment les ramifications de la veine porte. De là un ralentissement de la circulation abdominale et une hydropisie du ventré ou ascite, qui justifie cet aphorisme médical : « Quiconque boira trop de vin périra dans l’eau. »

Le tissu hépatique renferme toujours une grande quantité de graisse, certains états pathologiques, tels que la phthisie et les empoisonnements par le phosphore, l’arsenic et les composés de l’antimoine rendent le foie graisseux;

5“ Nerfs du foie. — Les nerfs du foie viennent du grand sympathique et du pneumo-gastriq e gauche. Le bord postérieur du foie reçoit encore <^elques filets du nerf phrénique droit, qui constitue une des branches profondes du plexus cervical : de là naît la douleur à l’épaule droite, qui se manifeste souvent dans les affections du foie.

Fonctions du foie. — La principale fonction du loie consiste dans la sécrétion delà bile. Celle-ci se fornae dans les lobules hépatiques, à l’aide des matériaux charries par le sang de la veine porte, c’est pour cela que l’oblitération ou la ligature de ce Vaisseau supprime instantanément la production du fluide biliaire. Des lobules hépatiques, la. bile s’en- 8uge dans les canaUcules biliaires qui la conduisent

dans le canal hépatique; de là elle passe dans le canal choledo'ine, puis, par une sorte de mouvement rétrograde, elle reflue par le mw.l cys/igue dans la vésicule biliaire, où elle se tient en réserve jusqu'à la prochaine digestion. La présence des aliments ou de corps étrangers, l'influence des purgatifs ou des vomitifs, un état inflammatoire aigu ou chronique, ainsi qu’on l’observe chez les grands buveurs; en un mot, toutes les causes d’irritation du duodénum provoquent, par action réflexe, la contraciion de la vésicule biliaire, qui déverse aussitôt la bile dans le canal cholédoque et de là dans 1 intestin.

Depuis les recherches de Claude Bernard, on peut attribuer au foie deux autres fonctions : la production du sucre et celle de la graisse. Mais, en raison de son volume considérable ét de la faible proportion des produits élaborés, il est probable que le foie joue dans l'économie un autre rôle que les physiologistes n’ont pu encore déterminer.

D' G. WlTKOWSKI.

Congestion du foie. — Les congestions du foie sont fréquentes, ce qui s’explique par la richesse vasculaire de cet organe, ses rapports avec le système de la veine porte et ses relations étroites avec les circulations cardiaque et pulmonaire.

La congestion du foie peut se produire sous l’influ nce de deux ordres de causes : 1“ par stase; 2° par Jhixion.

1® Stase. — Le sang séjourne dans le foie parce que son cours se trouve entravé par un obstacle situé au delà du foie; les maladies du cœur et celles du poumou sont les causes ordinaires de cette congestion passive.

2® Fluxion.. — Le sang arrive dans le foie en plus grande quantité qu’il ne convient.

La congestion par fluxion se produit donc à la suite d’excès de t ble, chez les gens dyspeptiques, comme conséquence de la suppression des hémorrhoïdes. La congestion peut encore être placée sous la dépendance de cerlai es substances dont la présence dans le sang irrite le foie ; tels sont l’alcool, le miasme paludéen et la dysenterie : aussi ces congestions s’observent-elles fréquemment daris les pays cbauds. Citons encore l’empoisonnement par le plomb ou le phosphore.

La congestion du foie peut être la conséquence d’un traum tisme, de la piqûre du planchér du quatrième ventricule du cerveau; quelques auteurs ont même voulu rattacher à une congestion hépatique l’ictère parfois observé à la suite d’émotions morales.

Les deux caractères principaux d’une congestion du foie sont : t® une sensation d’embarras et de gêne dans l’hypochondre droit; 2° une augmentation de volume du foie. On peut observer aussi de l’ictère, des désordres gastro-intestinaux et même de la fièvre, mais l’inconstance de ces derniers symptômes ne permet de leur accorder qu’une importance secondaire.

{° Sensations anormales dans l’hypochondre droit.

Il est rare que la congestion hépatique détermine une douleur vériiable; elle se borne habituellement à produire une sensation d’embarras, de gêne

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et de pesanteur qui rend très désagréable la con- La lésion débute souvent dans le tissu constriction des vêtements et qui entrave le jeu du sous la forme d'îlots qui se fusionnent ni

diaphragme au point de rendre la respiration pé- Le volume du foie augmente, sa surface d - i

nible. irrégulière, bosselée. A la coupe, la tumeuTn^ '

2“ Augmentation de volume du foie. — Dans le un aspect lardacé; dure s’il s’agit d’un soûl I

cas de congestion, on constate que le foie déborde molle, vasculaire, imbibée de sucs s’il s’asi/a’ ’

notablement les fausses côtes, et avec les doigts encéphaloïde. duu

recourbés on parvient à saisir le rebord inférieur Comme tout cancer, celui du foie progresse de cet organe. en refoulant les tissus qui l’avoisinent, mais en°^

Ajoutons que l’augmentation de volume du foie les appropriant; l’artère hépatique prend un dév^^ et la gêne qu’en éprouve le patient sont des symp- loppement en rapport avec les tissus nouveau' tômes constants, mais fort variables dans leur in- qu’elle doit nourrir; ses nouvelles branches som

tensilé; ils peuvent en quelques heures se modifier délicates; se rompent souvent, et produisent des

beaucoup, soit én bien, soit en mal. hémorrhagies dans l'épaisseur de.la masse cancé-

- Symptômes inconstants. — La congestion du foie reuse.

détermine souvent un léger ictère; il est d’ailleurs Le cancer peut comprimer la veine porte, les assez difficile de savoir si cet ictère ne se rattache conduits biliaires, soit par lui-même, soit par l’in-

pas a une congestion des voies biliaires; quoi qu’il termédiaire de ganglions logés dans le hile. Ces

en soit, on pourrait l’expliquer par.la compression tumeurs se ramollissent, subissent par places des qu’exercent les vaisseaux dilatés sur les canalicules transformations graisseuses, mais s’ulcèrent rarebiliaires dont ils diminuent le calibre et entravent ment.

les fonctions. La fièvre est aussi rare dans nos cli- Il est des cas où l’on ne peut que soupçonnèr

mats qu’elle est fréquente dans les pays chauds. La l’existence d’un cancer du foie. C’est ce qui a lieu

congestion hépatique étant souvent la conséquence chez certains individus qui s’affaiblissent graduel-

d’une affection organique du cœur et des poumons, lement sans qu’un ictère, une hypertrophie du

il faut distinguer au milieu des symptômes mul- foie, une ascite, puissent permettre de localiser le tiples ce qui appartient en propre à la lésion du cancer dans le foie.

foié. Habituellement le cancer du foie se produit par

Entièrement subordonnée à l’état transitoire ou des signes locaux et généraux. Ceux-ci consistent

définitif des causes qui l’engendrent,, la congestion en une perte gr aduelle des forces, de l’amaigrisse-

du foie entraîne rarement par elle-même une fâ- ment, une teinte jaune paille très souvent masquée

cheuse issue, sauf dans les pays chauds. Lors- par l’ictère, parfois des coagulations veineuses et

qu’elle dépend d’une affection cardiaque, elle e.^t enfin le marasme.

souvent le prélude d’une cirrhose (V. Cirrhose) Les signes locaux dont l’existence n’est pas consdont l’ascite et l’amaigrissement sont les princi- tante sont : 1“ une douleur sourde dans l’hypo-

paux symptômes. chondre droit, cette- douleur devient vive lorsque

Le traitement de la congestion du foie varie sui- le péritoine s’est enflammé par voisinage ; 2" une

vant qu ellè est active ou passive. augmentation de volume du foie et des bosselures

Dans les congestions actives, il faut suspendre les appréciables au toucher; 3® un ictère produit par

■causes irritantes, réglementer le régime, supprimer la compression des conduits biliaires ou par un ca-

l’usage de l’alcool, combattre par le sulfate de qui- tarrhe concomitant; 4“^ une ascite par gêne de la

aine [capsules de quinine Pelletier) le poison palu- circulation de la veine porte ; 5” des vomissements

déen, rappeler les hémorrhoïdes, les règles. qui peuvent être sympathiques ou résulter de la

La congestion peut être directement attaquée par compression exercée par le cyncer sur l’estomac;

les purgatifs salins, les eaux de Rubinat, de Cha- 6“ souvent des hémorrhagies dyscrasiqueS (par al-

telguyon, etc., l’usage de la rhubarbe, par l’ap- tération du sang), surtout des épistaxis. (Mon-

plication de sangsues à l’anus; le traitement par neret.)

les eaux de Bigorre, d'Heucheloup, de Fougues, de La mort arrive au bout d’un temps variable (six

Saint-Galmier (Badoit), de Vichy, etc., rend de grands mois à deux ou trois ans).

services. Le traitement se borne à soutenir les forces au

Quant aux congestions liées aux maladies du moyen des toniques; à administrer de l’eau de Vicœur, leurs indications sont entièrement subor- chy, et à calmer les douleurs par les préparations données à celles que présente cet organe. opiacées.

Inflammation et abcès du foie. — (V. Hépatite.) Kystes hydatiques du foie. — Sous les noms de

Ictère simple. — (V. ce mot.) liysteshyAatiqnts,<icéiihaiocystes,échinoC' que.i, exn-

Ictère grave. — (V. ce mot.) pioyés souvent en clinique d’une façon indifférente.

Cirrhose du foie — (V. Hépatite.) on désigne une affection parasitaire^ dont le lieu de

Cancer du foie.— Maladie fréquente de cinquante prédilection est le foie. Ces kystes qui se présentent

à soixante ans, le cancer du foie peut être primitif soùs l’aspect de poches grosses en moyenne comme

nu consécutif à d’autres manifestations cancé- des œufs de poule, transparentes, comprennent: reuses, ses causes sont inconnues. L’encé.phaloïde 1“ une enveloppe de conjonctive ou kyste adventice; et le squirrhe sont les formes habituelles ; il est 2“ une enveloppe sans structure ou kyste hydatique;

pins rare de rencontrer, au milieu de la masse can- 3“ une membrane granuleuse dont les granulations céreiise, soit des pigments noirâtres (cancer mêla- sont formées par les vers hyriaticles; 4" un contenu nique), soit des kystes (cancer alvéolaire). liquide transparent comme le ci istal de roche dont

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les principaux caractères sont l’absence d’albumin et la présence d’une grande quantité de chlorure de sodium.

Sur le pourtour du kyste, le tissu du foie est sain où légèrement congestionné.

Ces kystes peuvent offrir diverses altérations : ils peuvent s’enflammer, leur enveloppe s’épaissit et leur contenu devient lactescent; ils peuvent subir la transformation calcaire, le liquide devient caséeux, jaunâtre, analogue à du mastic, et si ce n’était la présence de quelques crochets d’hydatides , on pourrait méconnaître leur nature. Enfin, il est fréquent de voir la tumeur se rompre dans les organes du voisinage (péritoine, estomac, intestin, plèvre, poumons). On rencontre parfois des kystes multiloculaires ou alvéolaires, c’est-à-dire dont la cavité se trouve divisée en un certain nombre de loges. Enfin, chez quelques individus, on a trouvé une quantité innombrable de -kystes.

Les, échinocoques ou hydatides que l’on rencontre chez l’homme sont dépourvus d’organes sexuels; ce sont les scolex d’un tænia qu’on n’a trouvé que chez le chien. Comment s’effectue la transmission de ce ver du chien à l’homme? Il est probable que les œufs de ce tænia sont rendus par les excréments, ils se mêlent à l’eau, s’incrustent sur les végétaux, et c’est grâce à ces véhicules qu’ils sont avalés par l’homme ; l’enveloppe de l’œuf est détruite par le suc gastrique, et l’embryon, grâce à ses crochets et à ses petites dimensions, s’insinue à travers les divers tissus et s’arrête dans tel ou tel organe, surtout dans le foie, en obéissant à des lois qui nous sont inconnues.

Les kystes hydatiques sont extrêmement communs en Islande et en Australie où il existe beaucoup de chiens, ils sont assez rares en France; on peut d’ailleurs les observer à tout âge.

La marche des kystes est fort lente et ils peuvent atteindre de grandes dimensions sans que rien révèle leur présence. Cependant ils donnent lieu d’ordinaire à deux ordres de symptômes, les uns physiques, les autres fonctionnels.

Signes -physiques. — L’augmentation de volume du foie est souvent appréciable à la vue, elle peut être uniforme ou partielle : souvent c’est une saillie globuleuse qui s’avance vers l’épigastre au point de faire croire à une tumeur de l’estomac. La percussion révèle l’existence d’une matité d’étendue anormale qui démontre que le foie s’élève très haut dans la poitrine ou descend fort bas dans l’abdofflen. Parfois le doigt qui percute a la sensation d’un frémissement vibratoire comparable à celui qu’on obtient en frappant un sommier : c’est là le frémissement hydatique découvert par Briançon. Ce signe est pathognomonique, mais il est assez rare, car sa production nécessite la collision de vésicules flottant dans le liquide de la poche.

Troubles fonctionnels. — Très variables suivant le volume et le siège de l’hydatide, ils consistent en sentiment de gêne, de pesanteur plutôt qu’en •uie douleur véritable; ils consistent fréquemment en troubles digestifs résultant soit de la gêne dans la circulation de la bile, soit d’une com.pression de 1 estomac, l’ictère est assez rare : chez d’autres naaadès, c’est une dyspnée plus ou moins prononcée,

HtCTIONNAIRE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE. .

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elle a lieu lorsque le kyste développé sur la face convexe du foie entrave les mouvements du diaphragme. Un phénomène plus rare, c’est l’ascite par compression de la veine porte ou l’œdème des membres inférieurs par compression de la veine cave inférieure.

Les terminaisons des kystes hydatiques du foie sont variables :

1“ Le kyste peut rester petit et persister indéfiniment sans troubler la santé ;

2“ Il peut guérir par la mort des échinocoques, la transformation calcaire des parois et l’épaississement du contenu;

3“ Il peut s’enflammer, ce qui s’annonce par des frissons, de la fièvre, des douleurs hépatiques, en un mot par tous les symptômes d’une hépatite suppurée : l’avenir est le même ;

4“ Il peut s’ouvrir dans les organes du voisinage ; soit dans le péritoine et la plèvre ; soit, s’il s’est formé des adhérences, dans l’estomac, l’intestin, les poumons et même la veine cave inférieure, etc. Ces perforations peuvent être mortelles par péritonite, par pleurésie, ou bien elles sont le point de dépçirt de la guérison en permettant l’évacuation du kyste. Il n’est pas fort rare de voir ces kystes s’ouvrir dans les bronches et être rejetés sous forme de vomique.

Souvent avec le kyste du foie coïncident des kystes semblables dans d’autres organes.

Les moyens médicaux employés contre les kystes, tels que chlorure de sodium, iodure de potassium, kamala, n’ont donné que des résultats douteux. Lorsque le kyste détermine des accidents ou s’accroit rapidement, il faut donc agir plus activement; les procédés auxquels on peut recourir sont au nombre de trois :

1® L’ouverture du kyste par la méthode de Récamier; elle consiste à se frayer une voie vers le kyste par des cautérisations successives, afin de créer des adhérences capables de prévenir la diffusion du liquide dans le péritoine ;

2“ Les ponctions capillaires avec un appareil aspirateur; cette méthode est d’une simplicité séduisante, mais le liquide se reproduit très vite; de plus, ces ponctions favorisent peut-être sa transformation purulente ; quoi qu’il en soit, c’est à elle que nous donnons la préférence.

3° L’électricité a donné quelques bons résultats : on enfonce dans le kyste, à une petite distance l’une de l’autre, deux aiguilles dorées; elles sont mises en rapport avec une pile de Daniel de dix éléments ; le pôle positif terminé par une éponge mouillée est promené sur l’abdomen et on laisse passer le com-ant pendant dix à vingt minutes. Cette méthode a donné en Angleterre de fort bons résultats, mais le professeur Richet l’a essayé deux fois sans succès.

Dégénérescence amyloïde du foie. — Chez certains malades épuisés par des suppurations osseuses prolongées, par la tuberculose ou par la cachexie palustre, différents viscères, mais surtout le foie, la rate, les reins, la muqueuse intestinale, peuvent être envahis par un produit morbide désigné sous le nom de dégénérescence amyldide, en raison de sa ressemblance avec l’amidon.

Le principal caractère auquel on peut reconnaître liques hépatiques. Ces accès débutent souvent a la dégénérescence amyloïde du foie est l’augmen- ou trois heures après le repas au moment tation du volume de cet organe survenue sans dou- digestion stomacaleterminée, les aliments pénètr ^

leur chez un individu cachectique. Généralement dans le duodénum et provoquent l’évacuation ri

il n’existe ni ictère, ni ascite, et s’il se dépose un vésicule biliaire. Alors, en effet, la bile en se ■

peu de liquide dans le péritoine, cette ascite légère cipitant vers le duodénum entraîne avecelle un càlM

est consécutive à un œdème cachectique qui a déjà . et l’engage dans le conduit cystique, hépatique infiltré les membres inférieurs. En même temps on cholédoque; ce calcul, soit par son volunie soh peut observer un gonflement de la rate, une diar- par l’irrégularité de sa forme, ne progresse que

rhée incoercible, de l’albuminurie; ce sont là les difficilement et en déchirant les parois du conduit

symptômes d’une dégénérescence semblable surve- 'dans lequel il est engagé : il en résiilie une douleur

nue dans la rate, la muqueuse intestinale ou les atroce dans l’hypochondre et l’épigastre, s’irradiant

reins. vers le dos et l’épaule droile; le paiient s’agite se

Sauf certains cas de syphilis , la dégénérescence roule par terre, il peut même survenir une syn-

amyloïde a annoncé presque constamment une mort cope. Cette douleur s’accompagne de nausées et de

prochaine. vomissements aqueux ; ces vomissements se pro-

Comme traitement, la dégénérescence amyloïde duisent par action réflexe, on conçoit que d’ordine présente pas d’indications spéciales; il fautcom- naire ils ne seront pas verdâtres, puisque le calcul

battre l’état cachectique dans lequel se trouvent les s’oppose à l’arrivée de la bile dans l’intestin, L’ic-

malades. tère n’est pas constant, il .peut manquer lorsque,

Calculs du foie ; coliques hépatiques. — On donne par exemple, le calcul occupe le canal cystique', le nom de calculs du foie ou calculs biliaires, à des car dans ce cas la bile formée dans le foie "ne peut

concrétions formées dans la vésicule et les voies sans obstacle arriver dans l’intestin; en tous cas il

biliaires aux dépens de certains éléments de la n’apparaît que plusieurs heures après le début de bile. Les coliques hépatiques sont des accès de l’accès. Pendant l’accès on peut constater parfois

douleur ayant leur siège dans l’hypochondre droit une dilatation de la vésicule biliaire,

et déterminées par le passage des calculs à travers L’accès est souvent sans fièvre, les voies biliaires. Dès que le calcul est arrivé dans le duodénum.

Maladie rare dans la jeunesse, fréquente vers ce qui ordinairement a lieu au bout de quelques quarante ans et au delà, plus commune chez la heures, le malade éprouve un bien-être inexpri-

femme que chez l’homme, assez souvent observée mable qui marque la terminaison de l’accès; dans

chez les ecclésiastiques ; ses causes probables sont, des cas extrêmement rares, le calcul reste enclavé

outre l’âge : 1® une vie sédentaire ; 2° une nourriture dans les voies biliaires, la douleur diminue d’inten-

très substantielle qui augmente la proportion des site, mais elle ne disparaît pas, la teinte ictérique

éléments concrescibles de labile; 3» tout ce qui devient très foncée, la vésicule acquiert des proporpeut favoriser la stase de la bile dans la vésicule ; tions énormes, elle se dessine sous la paroi abdo-

4“ le catarrhe des voies biliaires, car la choleste- minale, le foie se congestionne et la mort peut

7-ine qui compose le plus grand nombre de ces con- s’ensuivre, ou bien la bile se fraye un passage à

crétions est maintenue en solution dans la bile côté du calcul, où encore il s’établit une ulcération

par le glycocholate de soude qui, décomposé par fistuleuse qui pourra entraîner une péritonite surai-

la sécrétion catarrhale de la muqueuse, perdrait guë, mais servira parfois à l’élimination du calcul,

son pouvoir dissolvant (Meckel). Les accès se répètent à des époques indétermi-

Les calculs se rencontrent habituellement dans la nées, ils sont souvent séparés par un espace de

vésicule biliaire, plus rarement dans les conduits plusieurs années. Durant leurs intervalles la santé

extra ou intra-hépatiques. Leur nombre est extrê- peut être parfaite, mais souvent les malades éprou-

ment variable (de un à deux mille), il en est de vent des douleurs sourdes dans l’hypochondre, des

même de leur volume. Leur surface est souvent troubles digestifs, leur teint est ja,unâtre.

lisse et régulière, présentant de nombreuses facettes La colique hépatique pourrait être confondue par lesquelles ils se correspondent. Leur consistance avec la culijue néphrétique. — Dans celle-ci la dou-

est friable, du moins à la périphérie, car à leur leur siège dans la région lombaire, descend le long

centre se trouve un noyau plus dense. Leur couleur du cordon, détermine la rétraction du testicule, ne

est jaune, verte, plus rarement blanche ou noire, donne pas lieu à de l’ictère et s’accompagne de

Ils sont formés par de la cholestérine. troubles de la. sécrétion urinaire. Enfin le calcul est

La vésicule biliaire est souvent enflammée, épais- rendu avec les urines et non avec les fèces,

sie, dilatée; elle peiit avoir contracté des adhérences Le traitement présente trois indications à remaveclespartiesvoisinesetcommuniquerparuneper- plir :

foration avec les organes du voisinage. Les calculs Calmer la dpuleur. — Pour calmer les don-

peuvent même engendrer des hépatites suppurées. leurs occasionnées par les coliq les hépatiques, op

Il n’est pas rare de rencontrer des calculs biliaires peut avoir recours à l’opium à la. dose de tO à 15

à l’autopsie de personnes qui, durant leur vie, n’a- centigrammes, ou au chlorhydrate de morphine à

valent accusé aucun trouble hépatique, c’est que la dose de 4 à 4 centigrammes ; plusieurs méde-

chez elles la situation des calculs ne gênait point le cins, avec Bouchut, se sont bien ’ trouvés de l’by'

cours de la bile. drate de chlorad à la dose de 4 à 8 grammes

D’ordinaire la présence des calculs se traduit par rat perlé Limousin) ; d’autres ont recours aux inh»"

des accès douloureux désignés sous le nom de co- lations d’éther et de chloroforme. Chez les malades

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forts et pléthoriques, une saignée générale ou une application de sangsues (8 à I2i, sur la région du foie, au moment de l'accès, calme rapidement la douleur. Les bains tièdes prolongés ne doivent pas être négligés.

2» Favnrispr Vexpulshn des calculs. — Pour cela, on donnera, lorsque les douleurs seront calmées, quelques purgatifs doux, huileux' ou salins, pour entraîner les calculs qui peuvent rester dans l’intestin.

-30 Dissoudre les calculs hépatiques et prévenir la formation de nouveaux calculs. — Pour cela. Trousseau employait le remède de Durande :

Es'^ence de térébenthine. . . 20 grammes

Éther sulfurique . 30 —

â la dose de 3 à 6 grammes par jour, dans du bouillon, à jeun. On emploie beaucoup aujourd’hui l'essence de térébenthine sous la forme si commode de capsules {capsules de Raquin] ou l’huile de genévrier sous la même forme [capsules de Yial), \ la dose de 6 à t2 capsules par jour, suivant les cas, ou encore le Beuzoafe de lit lune effervescent de Le Perdriel.Oa administre concurremment les eaux de Vichy, d’ileucheloup, de Pougues, etc.

4“ Faire suivre un réqime spécial, — Le régime que doivent suivre tes individus sujets aux calculs biliaires est très important à connaître, car, bien observé, il permettra de prévenir la formation de nouvelles concrétions.

Comme alimentation, user modérémentdes viandes de toute nature : viande de boucherie, volaille, gibier, etc.; — être encore plus réservé pour les poissons, les crevettes, les langoustes, les écrevisses, les moules, et autres coquillages; — ne jamais manger plus d’un œuf par jour, parce que les œufs contiennent de la cholestérine et paraissent en favoriser la formation; peut-être même vaudrait-il mieux s'en abstenir ; — nemangerque des fromages frais et renoncer aux fromages avancés, brie, camembert, etc.; — manger des légumes à chaque repas, et de préférence les épinards, la laitue, la chicorée, les carottes, les artichauts, les tipinambours, les patates; ^s’abstenir d’oseille et de tomates; — manger les haricots verts, les petits pois, les asperges et les choux en petite quantité, ainsi que les champignons, les truffes, les lentilles, les marrons; — l’usage journalier du cresson ou d'une salade de feuilles (laitue, romaine, escarole, pissenlit, mâche, barbe de capucin, etc.) est très utile, d’après Bouchardat, à condition toutefois de n’ètre qu’à peine poivrée et vinaigrée ; — comme dessert, préférer les fruits sucrés (raisin, poire-;, pêches, prunes, etc.) aux fruits acides, et n’user qu’avec, modéralion des amandes, noix et noisettes sèches ; — m'anger peu de pain et de préférence de la croilte; — ne pas boire de vins vieux et alcooliques, mais bien un vin rouge léger fortement étendu d’éau de Saint-Galmier. de Vichy, de pougues, d'Ileücheloup, etc.; — renoncer à la bière, a l’eau de Selt/, au champagne, aux liqueurs alcoonques, et ne prendre du thé ou du café que modérément, et si l’on n’est pas sujet aux insomnies.

Comme complément de ce régime, il faut faire de l’exercice après chaque rt'pas, prendre un uu deux bains par semaine, éviter les refroidisse¬

ments, enfin entretenir la liberté du ventre et faciliter 1 écoulement de la bile avec les matières fécales, au moyen de podophylle Coirre, de grains de santé du D^ Franck, de pilules de Bosr^do», etc , ou d’un peu d'eau de Rubinat, de Chatelguyon, etc., pris de temps en temps.

Ajoutons, en terminant, que les individus sujets aux calculs biliaires, devront éviter les chagrins et les soucis, rechercher les distra^ lions, en un mot faire tout leur possible pour s’assurer une parfaite tranquillité morale. D' Léon motnac.

FOLIE. — Esquirol, le plus illustre des aliénistes modernes, définit la folie ; « Une affection cérébrale, ordinairement chronique, sans fièvre, caractérisée .par des désordres de la sensibilité, de l’intelligence et de la volonté. »

Tout en rendant justice à ce grand homme, le véritable fondateur de la pathologie mentale dans les temps modernes, je ne puis m'empêcher de faire remarquer combien cette définition est peu satisfaisante, Elle ne remplit pas la première des conditions requises, puisqu’elle peut s’applitiuer, par exemple, à l’épilepsie, à l’hystérie et même, dans certains cas, à l’hémorrhagie cérébrale.

Son défaut capital est d'être trop compréhensive; et c’est sur celte pente que se sont égarés presque tous les successeurs d’Esquirol. Il n’y a pas, en effet, une maladie, une affection appelée « folie », mais bien des états morbides multiples et divers, s’accompagnant de ces troubles de la raison désignés sous le nom d’aliénation mentale ou de folie (de fnilis, soufflet, ballon, d’où « tête vide»), et que le Code englobe sous le nom plus savant (au point de vue étymologique) dè démence.

Foville a donc été beaucoup mieux inspiré en disant : « L’aliénation mentale ou folie est un terme générique qui comprend plusieurs états particuliers dont les symptômes principaux sont des dérangements dans l’exercice des facultés intellectuelles, morales et affectives. » M. Achille Foville précise la définition en ajoutant que le dérangement mental existe à titre d’éfat morbide indépendant, prédominant, non à titre de complica ion accidentelle d’une maladie préexistante, et qu’il est dû à différentes' affections cérébrales.

Déjà Hippocrate disait, en parlant du cerveau, 400 ans avant l’ère vulgaire : « Cest par lui surtout que nous pensons, que nous voyons, que nous entendons, que nous connaissons le beau et le laid, le bien et le mal, l’agréable et le désagréable... C’est par lui que nous sommes fous et que nous délirons. » [De la maladie sam-ée, 14.) .Six siècles plus tard, Galien, l’un des plus grands génies dont puisse se glorifier la médecine, identifiait les maladies de l’esprit avec celles du cerveau ; c’est lui qui s’écrie quelque part : « N'allez pas consulter les Dieux pour découvrir par la divination l’àme dirigeante, qui apparaît si nettement à toutes les intelligences non perverties, non plus que le [irincipe des nerfs, mais instruisez-vous auprès de quelque anatomiste. ■ [Des lieux affectés, Ili, g.)

Malheureusement, il était écrit que l'e.sprit et la raison devaient ployer devant la superstition et la barbarie, comme dit Sprengel, et ne sortir qu'après

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des siècles de leur sommeil léthargique. Comme les dans la première période de la paralysie générai

scolastiques commentaient l’immortel Aristote, les Plus d’un poète a dû à cette excitation artifici n

médecins du moyen âge, et même un grand des pages quelquefois sublimes, que sa cervp i

nombre de ceux de la Renaissance, commentent abandonnée à elle-même eût été incapable de nr^^

Hippocrate et Galien sans les comprendre. Pour ce duire. Mais plus d’un aussi est mort fou, comm

qui concerne la folie, la base fondamentale, l’or- Edgard Poë. Car l’excitation prolongée, d’où qu’^^

o-ane lésé est complètement perdu de vue. 11 faut vienne, conduit à la démence; le ressort trop tend

arriver au temps de la Révolution, à Cabanis et à se brise, et la cellule détruite, la vibration s’étein?

Gall, pour voir la science reprendre son niveau et « Nous nous rapprochons ainsi de l’insomnie rentrer dans la voie des recherches positives. L’il- l’un des signes les plus certains de l’hyperémiè

\ns,lvedintQyiv&Q?,Ra'p'ports du 'physique et du moral, modérée du cerveau. La morne elle-même nous

établit que le cerveau est l’organe de la pensée ; Gall paraît se rattacher, dans beaucoup de cas, aune

démontre qu’il est de plus l’organe des sentiments hyperémie notable de la couche grise; de’même

moraux. Ces deux hommes, que la plupart des certaines hallucinations. Le temps nous fait défaut

traités de médecine mentale négligent de men- aussi bien que l’espace pour traiter ces intéressantes

tionner, sont pourtant les promoteurs du grand questions; nous nous proposons de les reprendre

mouvement qui marque le début de ce siècle ; un jour. » (A. Regnard, Nouvelles recherches sur la

eux seuls ont posé les bases indispensables, et congestion cérébrale, 1868, ip. ^8 etlS.)

rendu possibles les travaux des Esquirol, des Brous* En raison de circonstances indépendantes de ma sais et des Georget. volonté, ce jour n’est jamais venu. Mais je vois

Aujourd’hui, une nouvelle étape a été franchie, avec plaisir qu’un aliéniste distingué, M. le D'Luys,

C’est un fait démontré et désormais admis par tous a marché résolument dans cette voie, que je n’ai

les savants, que le siège propre des processus intel- pas d’ailleurs la prétention d’avoir ouverte, et qu’il

lectuels et moraux, c’est-à-dire du sentiment, de a donné une classification des maladies mentales

l’intelligence et de la volonté, réside dans les in- basée sur les principes indiqués. Je nie permettrai

nombrables cellules nerveuses constituant la partie seulement de préciser encore,

essentielle de la substance grise du cerveau, et par* Je crois que désormais, dans tout traité véritableticulièrement dans celles de la couche corticale. ment complet de pathologie interne, on devra voir

D’après cela, on est en mesure de préciser davan- figurer, après les maladies du cerveau en général, .

tage les définitions indiquées plus haut, et on dira les affections de la substance grise. que, sous le titre général de folie, ou mieux de ma- I. En première ligne, on aura les troubles de la ladies mentales, il convient de comprendre : — les circulation : V hyperémie, ayant pour phénomène

altérations de la substance grise du cerveau, carac- caractéristique la manie (V. ce mot), c’est-à-dire

térisées par le trouble, ordinairement prolongé, l’excitation des fonctions psychiques avec toutes ses

des fonctions spéciales de cette substance, c’est-à- formes : Vischémie, se traduisant surtout par la

dire des fonctions psychiques (sentiment, intelli- Mélancolie (S. ce mot), ou dépression des mêmes

gen ce, volonté). fonctions; enfin, la combinaison de ces deux états se

Maintenant, ces altérations se ramènent, en der- succédant alternativement et se traduisant parles

nière analyse, comme celles de tout autre organe, phénomènes de ce que l’on a appelé la « Folie à

à des troubles de la nutrition, — dont la circula- double forme. » J’ai rapporté dans mon travail cité

tion n’est qu’un cas particulier. plus haut le fait très curieux d’un malade chez

« Je suis porté à croire, écrivais-je en 1868, qu’un lequel on Observait de l’agitation maniaque pen-

bon nombre de vésanies à lésions inconnues ou dant quinze à vingt jours, puis de la stupeur durant

indéterminées sont dues à des congestions encé- le même laps de temps, puis de l’agitation maniaque,

phaliques (actives, ou par augmentation de l’afflux et ainsi de suite. Le pouls battait à 90 et -100 pen-

sanguin). Quels sont, ici, les excitants? Les phéno- dant la période d’excitation; il tombait à 30 pen-

mènes de l’ordre intellectuel et moral. Quelles sont dant le stade de stupeur. 11 y avait évidemment

les parties excitées? Évidemment la substance ner- congestion dans le cerveau, — comme à la face et

veuse et, en particulier, lés cellules de la substance dans d’autres par ties, — pendant la période de ma-

grise. Leur suractivité, suite de préoccupations, de nie ; il y avait ischémie cérébrale assurément durant

travaux, d’émotions vives et prolongées, entraîne le stade de stupeur, où le pouls tombait à 30, par-

une congestion anormale, qui se traduit en premier fois même à 23 pulsations,

lieu par l’insomnie, ce précurseur de la folie com- II. Après les troubles de la circulation, ceux de plète. Et nous savons maintenant que l’insomnie la nutrition proprement dite. Ici deux classes discoïncide précisément, en général, avec l’hyperémie tinctes, suivant que la nutrition est augmentée ou

du cerveau. » Et plus loin, après avoir cité une diminuée.

magnifique page de Meschede sur la liaison de l’hy- a. Dans la première classe (processus actifs) on perémie cérébrale avec les idées de bien-être et doit décrire l’inflammation, à tous les degrés, de la de grandeur chez les paralytiques généraux, j’aj ou- substance grise avec prolifération des cellules de

tais : « Qu’on se rappelle aussi les effets de l’ivresse, la névroglie et des parois des vaisseaux., proliféra-

ou plus exactement cet état d’excitation charmante tion consécutive en général, à l’irritation primor-

où la vie apparaît toute rose, par le fait d’un diale des cellules nerveuses.’ On a ainsi la péri-en-

vin généreux convenablement supporté. Il y a là céphaüte diffuse chronique, correspondant surtout

suractivité de la circulation cérébrale, suractivité à cette forme d’aliénation mentale si improprement

aussi de la pensée et sensation de bien-être, comme désignée sous le nom de paralysie générale U est

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jjjconcevable que les aliénistes se soient obstinés,

jusqu’ici’ a distraire cette affection du . cadre des

maladies mentales, de la folie proprement dite, auquel elle appartient au premier chef. La présente classification a au moins le mérite de rétablir l’unité et la continuité a cet égard. Le délire aiqu est souvent lie a une peri-encéphalite diffuse : parfois à une hyperemie intense.

b. Dans la deuxième classe (processus passifs) se rangent ; les dégénérescences de la substance grise comme stade ultime le plus souvent, des processus précédents, caractérisées par la destruction progressive des éléments, et, au point de vue des symptômes, par la démence ou déchéance complète des facultés psychiques ; — les atrophies {imbécillité, idiotie, crétinisme); les atypies (Benedikt) ou malformations des circonvolutions cérébrales, principalement, et qui. constituent le substratum anatomique chez les criminels héréditaires (V. l’article Criminalité), les fous lucides elles faibles d'esprit.

C’est principalement à propos des atypies qu’il faudra décrire les délires partiels ou monomanies d’Esquirol. Quand la haine et la sottise des académiciens de la décadence eurent proscrit le nom de Gall — comme elles avaient proscrit celui de Lamarck, l’illustre prédécesseur de Darwin — les aliénistes, et même les plus distingués, se donnèrent des airs en répétant les fadaises de Victor Cousin et autres éclectiques, touchant le.» moi », un et indivisible. Sans doute Gall, dont on méconnaissait les admirables travaux, avait eu le tort de généralisér trop rapidement des idées justes dans le fond, mais inexactes dans l’interprétation qu’il leur donnait. On sait aujourd’hui, grâce aux efforts de la science moderne et à la renaissance de la philosophie matérialiste, que la conscience de la personnalité n’est qu’une résultante, et non un point initial. Elle nous apparaît, suivant l’expression de Th. Ribot, non comme un point central d’où tout rayonne, mais « comme un lacis prodigieusement enchevêtré et inextricable. » (Les maladies de la personnalité, p. ■164, 1885).

De plus, <c les recherches et les expériences récentes de Broca, Ferrier, Munk, Hitzig, Nothnagel, etc., sur les localisations cérébrales, ont prouvé d’une façon définitive que le principe de la division du travail règne dans le cerveau comme dans le reste de l’organisme, et. qu’à chaque partie du corps — bien plus, à chaque muscle — ^ correspond un

point particulier de l’organe central . L’âme n’est

pas, en quelque sorte une fonction du cerveau pris on masse ; au contraire, chaque portion de ce dernier a sa destination spéciale. » (Buchner, Force et matière, 15' édition, traduction A. Regnard, 1884, P- 350). Ces questions seront reprises à l’article ^onomanies.

Dans la classification ainsi ébauchée, nous arrivons avec la dernière catégorie, avec les faibles desprit, à ces confins extrêmes où il devient véritablement impossible d’établir une démarcation tranchée entre la folie et la raison ; le dicton vulgaire ost ici l’expression exacte de la réalité. Mais bien plus ! si les sots qui encombrent le monde ont tant do point de contact avec les « idiots» enfermés dans les asiles, — d’autre part on a prétendu que

par l’excitation du délire congestif, à l’extrémité supérieure de l’échelle, la folie confinait au génie !

» Comme l’état mixte intellectuel, dit Moreau (de Tours), comme l’état mixte affectif, les capa cités ou aptitudes intellectuelles transcendantes ont leur source dans un état extra-physiologique des or ganes de la pensée. Le génie, c’est-à-dire la plus haute expression, le nec plus ultra de l’activité intellectuelle, une névrose ! Pourquoi non ? On peut très bien, ce nous semble, accepter cette définition, en n’attachant pas au mot névrose un sens aussi absolu que lorsqu’il s’agit de modalités différentes des organes nerveux, en en faisant simplement le synonyme d’exaltation (nous ne disons pas trouble) des facultés intellectuelles. Le mot névrose indiquerait alors une disposition particulière de ces facultés, disposition participant toujours de l’état physiologique, mais en dépassant déjà les limites et touchant à l’état opposé, ce qui d’ailleurs, s’explique si bien par la nature morbide de son origine. » {Psychologie morbide, p. 464).

Si l’éminent aliéniste s’était borné à faire ici, du mot « névrose, » le synonyme d’exaltation des facultés intellectuelles, il n’y aurait pas eu de discussion possible, et en somme, il aurait simplement présenté sous une forme étrange, une vérité banale. Mais en parlant de la « nature morbide » du génie, il a dépassé la mesure et est tombé dans le paradoxe. Sans doute, comme le dit Lombroso, les penseurs ont, comme les fous, le cerveau constamment hyperémié ; leur tête est souvent brûlante et leurs mains sont froides. Sans doute, ajouterai-je, un Tasse, un Swift, un Rousseau ont offert des signes incontestables quoique passagers d’aliénation mentale, et le délire de certains poètes et litté- ■^rateurs a pu présenter quelque affinité avec celui d’un alcoolique à ses débuts. Mais quelle pondération des sentiments et des idées, quèUe puissance d’équilibre cérébral chez les génies vraiment dignes de ce nom, chez» un Aristote, chez un Shakespeare, chez un Goethe, chez un Molière ! Quant à ceux qui moins grands, moins solidement organisés voient leur cerveau succomber sous l’effort tenté ou sous le poids des circonstances, comme un Schumann ou un Edgard Poë, nous ne pouvons que les plaindre sans cesser de les admirer aussi. Bien plus, nous devons notre respect, sinon notre gratitude, à doutes ces têtes chaudes, à ces cerveaux brûlés — commes disent les gens rassis — qui, peu soucieux de l’intérêt mal entendu et des biens vulgaires, ' trouvent dans leur dévouement à la bonne cause, le plus réel et le plus sublime bonheur. Ne dites donc pas que le génie confine à la folie; en dépit des lésions cérébrales possibles, dont les penseurs ne sont pas plus exempts que les autres, c’est le contraire qui est la vérité. Au plus bas degré de l’échelle des intelligences, sont les faibles d’esprit et les criminels héréditaires: au sommet, les grands hommes, dont l’organisation cérébrale parfaite constitue l’épanouissement suprême des formes organiques. C’est à eux surtout que s’applii^uent ces belles paroles de Huschke: « Le cerveau est le temple de ce qui nous intéresse le plus au monde. Oui, la destinée du genre humain est étroitement liée aux 65 ou 70 pouces cubes de la masse céré-

braie, et l’histoire de l’humanité s’y trouve inscrite ports aujourd’hui bien connus, qui unissent

comme en un grand livre plein d'hyiéroglyphes. » les êtres. Chacun sait que les éléphants an i

Il est absolument impossible de donner ici une vaches — les plus inoffensives des bêtes ^

idée, môme approximative, des troubles élémen- sujets à des accès de folie furieuse, qui les re

taires si variés, susct^plibles de se rencontrer dans aussi fi'roces que des tigres. On a même allér,”-

les maladies mentales : ils seront indiqués à pro- faits de folie-suicide chez les animaux. Sans in^ t

pos de chacune d'entre elles. Rappelons seule- sur cet ordre d’idées, je me bornerai à rannot

ment que l’on peut observer les altérations les plus les deux observations suivantes : « M. Pr. Cu ‘

diverses des fonctions psychiques, soit dans la a dit Pierquin, a eu la bonté de me citer deux fà^î’

sphère affi'ctive ou du sentiment — soit dans la de suicide fort curieux. Dans l'un, c’était un cvn^ sphère intellectuelle ou des «représentations» (idées) céphale du cap de Bonne -Espérance, qui se AécK — soit enfin dans la sphère pshycho-motrice (lé- la peau et les muscles du bras et en dénuda com^ sion de la volonté, etc.). Sous le rapport psycho- plètement les os ; dans l’autre, il s’agissait d’un sensoriel, on note surtout des illusions et des hal- sapajou qui èn faisait autant de la peau et des lucinalions (V. ce mot) qui constituent l’un des muscles de la poitrine, sans qu'on ait pu paréléments les plus communs des affections men- venir à empêcher ni l’un ni l’autre d’acconrplir ces taies. Mais, bien plus, de même que différents trou- actes si douloureux de leur délire. » (Ifierquin blés de l’organisine retentissent sur le cerveau Traité de la folie des animaux t. H, p. ni)’ pour y produire les lésions et les symptômes carac- 11 s’agissait là, croyons-nous, non pas de suicide* téristiques des diverses maladies mentales, — de mais d’une perversion des fonctions psychiques même, on observe souvent dans la folie, des trou- avec perte de la sensibilité, phénomènes qu’on obbles des autres fonctions : troubles essentiellement serve fréquemment chez les aliénés. A ce titre ces variables, du reste, suivant la nature de l’affection deux faits sont caractéristiques, cérébrale. 11 n’y a lieu de mentionner d’une façon Dans tous les cas, il est bien certain que chez les générale, que Yinsom « véritable thermomètre de animaux comme chez les sauvages, la folie est beaul’aliénation mentale », disait Marcé. Elle ne manque coup plus rare que chez les civilisés. On comprend presquejamais et d'autre part, le retour du sommeil très bien, du re-te, que chez les Australiens, par est un des meilleurs indices d’une guérison pro^ exemple, qui n’ont pas de mots pour exprimer les chaîne. idées de bien.et de mal et dont les facultés inlellec-

11 ne faut pas oublier non plus que, dans un tuelles ne s’élèvent guère au-dessus du niveau de grand nombre de cas, les aliénés conservent en celles de la brute, les troubles des fonctions psypartie leur jugement. Ils sont parfois pleins de chiques soient extrêmement rares. D'autre part, finesse, de ruse, et, certains d’entre eux savent on s’est fait une idée singulièrement exagérée des très bien dissimuler leur délire. Dans beaucoup progrès de l’aliénation mentale dans ces derniers d’occasions, leur déductions logiques sont parfaites: tenjps. On a pris les chiffres en bloc, sans se donner seulement le point de départ est faux. On ne doit la peine de les interpréter. C’est ainsi qu’en Prusse, donc pas se représenter tous les fous les yeux ha- il y avait, en 1867, 1 aliéné sur 631 habitants; en gards et les cheveux épars, chantant et dansant 1874, 1 sur 448.— En Belgique, en 18.35, 1 sur 816 comme Ophélia, ou grinçant des dents comme habitants; en 1874, 1 sur 4 lO.- En Suède, en 1855, Oreste poursuivi par les Funes; c’est là seulement le 1 sur 935; en 1870, 1 sur 464. — Dans l’Angleterre cas des n(/ités. Les plus malades, les plus radica- proprement dite et le pays de Galles, en 1859,1 sur lement incurables sont précisément ceux que le 536; en 1870, 1 sur 373 En France, avant la propuhlic ignorant prend pour des gens sains d’esprit mulgation de la loi de 1838, on ne comptait guère et dont il déplore l’internement dans les maisons qu'un aliéné sur 1,'.G0 habitants; en 187-2, 1 sur de santé ou les asiles; 410. Il saute aux yeux qu’avec une pareille pro¬

bes causes des maladies mentales se divisent, gression on pourrait calculer le temps peu éloigné comme celles de toutes les autres afiections, en où l’Europe entière ne serait plus qu'un immense prédisposantes, occasionnelles et efficientes. Parmi Charenton. Il se peut qu’il y ait eu un accroissement les premières, il faut citer avant tout, rAé/-éd//é réel, d’ailleurs extrêmement peu considérable; mais (V. ce motl, qui domine la pathologie mentale, cette progression , si effroyable en apparence, tient comme elle domine, en somme, la biologie tout tout simplement à ce que depuis une quarantaine entière-; c’est la loi fondamentale du développe d'années on s’est beaucoup plus préoccupé des ment des êtres, telle qu’elle est établie par la doc- aliénés. Un grand nombre d’asiles ont été installés trine dé l’Evolution, et dans aucun cas, elle n’ap- dans lesquels un nombre considérable de pauvres paraît aussi manifestement que dans celui qui nous fous, jusqu’alors, errant dans les campagnes ou occupe. Si le perfectionnement successif, à travers végétant dans quelque taudis, ont été enfermés; plusieurs génération.s, de la cellule nerveuse de enfin, dans les familles aisées, on a tendu de plu® l’écorce cérébrale, aboutit à l’éclosion des grands en plus à discerner, même les plus légers désordres hommes, la transmission, par le germe, des qualités de l’intelligence, et à faire enfermer, on tout au mauvaî.ses, dans ce.s mêmes cellules, produit les moins trait t à domicile ceux qui en étaient atteints, fous et les imbéciles. On a accusé la civili^alton Parmi les causes occasionnelles — n'agissant de jouer sous ce rapport un rôle fune-ste On a dit que chez les individus prédisposés — je citerai les

que la f.,lie n’existait pas chez les sauvages — ce émotions vives, le travail prolongé et les excès véoé-

qui est faux. Elle existe même chez les animaux riens, mais surtout l’action de ces deux dernières

comme ou pouvait s’y attendre, en raison des rap- causes réunies. .

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j^es causes efficientes, c’est-à-dire celles qui, suffisamment intenses et prolongées , produisent à coup sûr les li'sif'ns de la substance grise, sont surtout l’alcool, la belladone, le haschich, l'opium et le poison à la mode ; la morphine.

Bien entendu , je n'indique ici que les faits de l’ordre le plus général. Une foule d’autres états et de conditions peuvent encore déterminer des troubles

de la nulrition dans [ecorce cérébrale; par exemple, l’évolution de la puberté, la menstruation, la grossesse, l'état puerpéral, les, maladies des viscères abdominaux, 1 hystérie, etc., etc. Ils seront indiqués à propos des maladies mentales en particulier.

De même pour le traitement de la folle. On dira seulement ici et d’une façon générale, que la condition première et ii-e quâ non de la guérison dans l’immense majorité des cas, c’est V isolement, c’està-dire lïnternement du malade dans une maison spéciale où il soit placé hors du cercle de ses occupations habituelles,.

Pour ce qui concerne les questions médico-légales, on les trouvera indiquées aux mots : Aliénés (législation des), et Criminalité.

(Voy. aussi Alcoolisme, Idiotie, Hallucinations, Hérédité, Hystérie, Lucide {Folie), Manie, Mélancolie, Monomaine, Paralysie générale. Responsabilité, Suicide, etc.) D'' Albert Regnard,

Anoien interne des hôpitaux de Paris, Lauréat de la faculté de Strasbourg et de la Société médico-psychologique, Inspecteur général des asiles d’aliénés.

FOLLICULE. — On désigne sous ce nom, en anatomie, des formations très diverses, les unes glandulaires (V. Glandes), les autres lymphatiques (V. Lymyhaiiques) , lè?, autres enfin représentant des organes encore à l’état de développement : follicule, dentaire, follicule pileux, etc. (V. Dent, Poil).

fomentation. — On donne ce nom, en pharüiacie, à des préparations liquides pour l’usage externe qu’on applique chaudes, tièdes ou froides, sur la partie malade, au moyen de linges, de flaueUe, d'éponges ou de compresses recouvertes de toile cirée ou de taffetas gommé. Les fomentations peuvent être émollientes, astringentes, résolutives, ùarcotiques. On les prépare en faisant infuser pendant une heure 20 à 50 grammes de la substance uctive dans un litre d'eau bouillante, dans du vin, de l’alcool, du vinaigre ou de l’huile. p. L.

FONCAUDE (EAUX MINÉRALES DE). — Foncaudc est ’iu petit village, situé à 3 kilomètres de Montpellier, ?ui possède des eaux thermales bicarbonatées calciques faibles, utilisées en boisson, en bains et en douches dans un petit établissement, comme sédahves du système nerveux et de la circulation et contre certaines affections de la peau, telles que ®ozéina et le psoriasis. P-

FONCIRGUES (EAUX MINÉRALES DE). — Foncirgues ostune petite station thermale du département de . dge, située dans l’arrondissement de Damiers, îui possède des eaux bicarbonatées calciques utili-

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