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Dans le cas de pseudarthrose mobile, il faut immobiliser le membre et maintenir les fragments en contact parfait. Si ce moyen ne réussit pas, on peut appliquer des vésicatoires volants sur le point malade. Souvent on est forcé d’aUer à travers les parties molles, déterminer l’inflammation des deux surfaces de la fausse articulation. Cette inflammation s’obtient : 1® en passant un séton entre les fragments, excellent moyen, peu dangereux et réussissant fréquemment ; 2" en les frottant vigoureusement l’un contre l’autre ; 3“ en réséquant l’ex- Irémité des deux fragments ; 4® en pratiquant l’acupuncture, c’est-à-dire en faisant traverser le foyer par de longues aiguilles ; 5® en grattant les surfeces osseuses avec une rugine; 6® en pratiquant la suture des deux fragments. Ce dernier moyen a donné de beaux résultats.
2® Cal difforme. — Lorsqu’une fracture est vicieusement consolidée, on dit qu’il y a cal difforme. Cette difformité du cal, qui s’accuse, tantôt par la réunion anguleuse des fragments, tantôt par leur chevauchement exagéré et une déformation considérable, gênant les fonctions du membre, est due, presque toujours, an défaut de coaptation des fragments de la fracture ou à la suppression trop précoce de l’appareil contentif.
Pour remédier à cet inconvénient, on a recours à plusieurs moyens : on peut opérer le redressement, eu pratiquant doucement l’extension et la contre-extension, ce qui ne peut se faire que du vingt-cinquième au soixantième jour ; car, à cette époque, le cal n’a pas encore acquis une dureté considérable. On opère quelquefois la rupture du cal. Quelques chirurgiens ont conseillé de porter un trait de scie sur le cal, et même de 1 exciser ; mais ces moyens ne sont point exempts de dangers, car ils mettent le malade dans le môme cas que s’il avait une fracture compliquée de plaie communiquant avec l’air.
On a observé, dans des cas exceptionnels, le ramollis-sement du cal, l’exubérance du cal, c’est-àdire un accroissement excessif. Des douleurs intolérables et des fongosités peuvent aussi se montrer dans le cal; mais ces accidents sont excessivement rares, et- le cliirurgien y remédie par des moyens appropriés à chaque cas en particulier.
Quels sont les symptômes des fractures ? — Les symptômes des fractures se divisent en
ICraquemeut,
Douleur,
lmj)uissaace du membre.
i Ecchymose,
Déformation,
Mobilité anormale.
Crépitation.
Un mot sur châcun d’eux.
1® Craquement. — Ce symptôme manque souvent. On donne ce nom au bruit qui se produit au momeot de la brisure de l’os. Ce symptôme prend une certaine valeur lorsqu’il est entendu par un assistant.
2» Douleur. — Symptôme presque constant. La douleur dans les fractures est exaspérée par le moindre mouvement. Elle est très vive et disparaît
FRA
FRA
presque complètement pendant le repos. Elle présente ceci de particulier , qu’elle est exactement limitée au siège de la fracture, et qu’elle se manifeste avec une très grande acuité, lorsqu'on presse du bout du doigt le point fracturé.
3° Impuissance du membre. — Dans presque tous les cas, le malade ne peut se servir du membre où siège la fracture. Cependant il n’est pas rare de voir des malades marcher, même avec une fracture du col du fémur.
4* Ecchymose. — Ce symptôme manque souvent. Lorsqu’il existe, il sert au diagnostic de quelques fractures; exemple : col de l’humérus et du fémur.
5“ Déformation. — Symptôme caractéristique pour certaines fractures et permettant de les diagnostiquer à distance ; exemple : clavicule, extrémité inférieure du radius, col du fémur. La déformation est déterminée, surtout par le fragment, et, un peu, par le gonflement consécutif à la fracture.
6“ Mobilité anormale. — L’un des meilleurs symptômes est celui qui permet de percevoir de la mobilité dans la continuité d’un segment de mem bre, où il n’en existe pas à l’état normal. Ce symtôme manque assez souvent; exemple : dans les fractures par pénétration, dans les fractures du crâne, dans les fractures qui siègent au niveau du point d’implantation des muscles ou de forts ligaments.
7“ Crépitation. — On appelle crépitation le bruit ■ perçu par l’oreille, et la sensation de craquement sentie par la main, au moment où deux fragments exécutent des mouvements l’un sur l’autre, dans le foyer d’une fracture. La manière de percevoir cette crépitation varie pour chaque espèce de fracture ; elle diffère complètement dans les fractures des côtes, de l’humérus, etc. Ce symptôme peut manquer, et la fracture n’en exister pas moins. 11 faut prendre garde de confondre cette crépitation avec la crépitation sanguine. Celle-ci est une sensation dé craquement éprouvée par le doigt qui presse un caillot sanguin. Il suffit d’avoir constaté une seule fois ces deux crépitations pour ne plus se tromper. 11 est impossible de confondre la crépitation osseuse avec la crépitation gazeuse ou celle des tendons enflammés.
Quelles sont la marche, la durée et les terminaisons des fractures ? — Les fractures ont une marche régulière. Le travail de réparation et tout à fait local. On n’observe jamais de symptômes généraux, à moins de complications. Si aucun obstacle ne vient, entraver la consolidation, la marche est la même pour chaque fracture en particulier. Dans les premiers jours, les fragments conservent leur mobilité ; au bout de quinze à vingt jours, ils sont maintenus par un tissu qui devient de plus en plus consistant.
La durée de la consolidation est plus rapide pour les fractures des membres supériéurs; trente jours suffisent en moyenne, tandis qu’il faut de quarante à quarante-cinq jours pour celle des membres inferieurs. Ces chiffres varient et certaines fractures se consolident très rapidement, tandis que d’autres sont très lentes; ainsi : pour l’extrémité inférieure du radius, il faut de dix-huit à vingt et un jours; pour les côtes, vingt cinq jours; pour le col du fémur, cinquante à soixante jours, et plus.'
La terminaison des fractures simples est orHrement la guérison; elles se consolident pan, ' osseux. Quelquefois, on observe une pseudarthr Dans les fractures compliquées, la terminaison ‘ placée sous l’influence de la complication.
Le diagnostic des fractures est-il facile’ — t „ que le chirurgien se trouve en présence d’une w' ture qui présente l’ensemble des symptômes mm nous avons signalés, ou quelques-uns d’entre eux seulement, le diagnostic est des plus faciles, ainsi douleur et déformation; crépitation et mobilité anormale; crépitation et impuissance du membre sont des symptômes qui, réunis deux à deux, suL Lisent pour établir l’existence d’une fracture.’ Mais il faut considérer que tous ces symptômes peuvent manquer, ou bien, que ceux qui existent sont tellement vagues, qu’il est impossible de se prononcer. C’est dans ce cas qu’il est possible de confondre la fracture avec une simple contusion. Dans quelques cas aussi, on peut la confondre avec une luxation- C’est dans la description de chaque fracture en particulier que sera complété ce diagnostic.
Quel est le pronostic des fractures? — Une fracture simple, survenue par violence extérieure, chez un adulte bien portant, ne présente aucune gravité et guérit assez promptement. Les fractures, du membre inférieur se consolident moins rapidement que les autres. Elles se consolident moins vite chez, les vieillards. Les fractures compliquées présent tent ordinairement une certaine gravité, en rapport avec la nature de la complication.
Quelles sont les causes des fractures ? — Les unes sont occasionnelles, les autres prédisposantes,.
Caüses occasionnelles. — Les causes occasionnelles sont les violences extérieures et la contraction musculaire.
Les violences extérieures, chocs, chutes, projectiles, etc., peuvent déterminer des fractures directes et des fracturés indirectes. 11 y a fracture directe, lorsque l’os est brisé au niveau du point qui a été frappé. Lorsque l’os se brise dans unpoint plus ou moins éloigné de celui qui a été le siège de la violence extérieure, on dit qu’il y é fracture indirecte ou par contre-coup; exemple.: fracture du corps de l’humérus dans une chute sur le coude.
La contraction musculaire produit des fractures-, dites par arrachement : c'est ainsi qu’une violente contraction du triceps brachial ou du triceps crural brise l’olécrâne ou la rotule. La contraction musculaire peut briser un os long dans sa partie moyenne. On a cité des cas de fracture dans des accès convulsifs. Souvent, l’os est altéré lorsqu’il se fracture par contraction musculaire. Nous avonsvu, étant interne dans le service de Beau,'una femme portant un cancer au sein, se fracturer l’hamérus en essayant de se soulever sur son lit.
Causes pkédisposantes. — Les causes prédisposantes des fractures sont : la courbure de quelques os, clavicule, fémur; la position superficielle de certains d’entre e.ux, tibia, olécrane; la vieillesse; la diathèse cancéreuse; la syphilis; la scrofule; la goutte; le scorbut; le rachitisme; les kystes des os; enfin, un état particulier du tissu osseux, connu sous le nom de friabilité idiopdthique.
Quel est le traitement des fractures? — Il faut distinguer, dans les fractures, un traitement généj^l et un traitement local.
Traitement général. — Ce traitement peut varier avec les complications, s’il en existe. Mais, dans les fractures simples, le traitement le plus en usage est le suivant : dans des cas rares, chez des hommes très robustes, sanguins, on pourra pratiquer avec avantage une saignée. Pendant deux ou trois jours, le malade ne prendra que du bouillon, à moins que la fracture ne soit insignifiante, comme celle de l’extrémité inférieure du radius. Puis on augmentera graduellement les aliments, et, vers le dixième jour, le malade sera nourri comme en état de santé.
On évitera, par des laxatifs, la constipation amenée par le séjour au lit. Enfin on administrera du lactophosphate de chaux {Vin de Dusart) pour favoriser la formation du cal et sa consolidation.
Traitement local. — Lorsqu’une fracture a été produite, le chirurgien doit prendre soin d’éviter toute espèce de mouvement des fragments, depuis le moment de l’accident jusqu’à celui où le blessé est définitivement placé dans son lit.
Il faut ensuite : 1“ réduire la fracture ; 2“ maintenir la réduction.
1“ Réduction. — On ne réduit que les fractures qui s’accompagnent de déplacement. Cependant, Malgaigne propose l’expectation : 1“ dans le cas où le déplacement se reproduit aussitôt après la réduction; 2® dans le cas où des muscles, spasmodiquement contractés, luttent contre la traction qu’on fait subir au membre dans la réduction : il con- ■ seiUe, en pareil cas, les opiacés, la saignée; 3“ dans les cas où une inflammation un peu vive se sera développée autour' de la fracture.
Comme dans le traitement des luxations, la réduction se compose de trois actes différents, qui sont : Vextension, la contre-extension et la coaptation. Ordinairement, il faut employer une force peu considérable pour opérer la réduction.
Vextension se fait sur le segment du membre situé au-dessous de l’os fracturé. Le fragment inférieur est tiré par un aide, dans l’axe du membre, après avoir été ramené dans la même direction que le fragment supérieur.
La contre-extension est faite par un aide, vers la racine du membre qu’il rend immobile.
La coaptation^ opérée par le chirurgien, est l’acte par lequel il ramène les deux surfaces fracturées en regard, de manière à donner a l’os la direction qu’il avait avant la fracture.
Certains déplacements ne se. reproduisent pas après la réduction. Le repos suffit pour amener leur réunion. Mais, lorsque les fragments se déplacent, un appareil de contention est indispensable.
2“ Contention des fragments. — Lorsqu’une fracture a été réduite, il faut empêcher le déplacement des fragments. Pour cela, on a recours à des appareils particuliers, qui varient avec chaque espece de fracture.
M. Nélaton décrit six espèces d’appareils :
1® Le bandage roulé ; ..
2» Le bandage à roulettes séparées, ou appareil de Scultet ;
3“ Les appareils à extension continue;
4“ Les appareils hyponarthéciques ;
5“ Les appareils a double plan incliné ;
6“ Les appareils inamovibles.
Règles générales. — Les bandages qui entourent un membre doivent maintenir les fragments en position, mais né pas être trop serrés. Il ne faut pas qu’un bandage supprime les battements artériels au-dessous du point où ü a été appliqué. Certains chirurgiens veulent qu’un bandage appliqué sur un membre, descende jusqu’à l’extrémité libre du membre, pour éviter la tuméfaction qui se produirait indubitablement dans. la main ou dans le pied sans cette précaution. D’autres laissent la main ou le pied libre, au contraire, pour éviter la roideur des articulations, qui est inévitable, lorsque cette portion du membre a été tenue immobile pendant plusieurs semaines. Nous sommes de ces derniers.
Si la fracture est simple, il faut appliquer l’appareil immédiatement après la réduction. Si elle est compliquée, quelque légère que soit la complication, il faut attendre et amener la fracture à l’état de fracture simple, par le traitement de la complication.
Lorsque l’appareil est appliqué, il faut le défaire le moins souvent possible, et seulement vers la fin du traitement, à moins que des raisons particulières n’indiquent l’examen du membre fracturé. Larrey ne levait l’appareil qu’à la fin, Boyer tous les cinq jours, Malgaigne le dixième et le vingtième. Ce sont ces deux dernières époques qu’on doit prescrire.
Le membre doit être maintenu dans le repos le plus complet, jusqu’à parfaite guérison; on ne peut permettre que de légers mouvements de totalité du membre, si, toutefois, les fragments sont exactement maintenus par un appareil bien appliqué.
On lève l’appareil lorsqu’on suppose que la consolidation est opérée. On ne doit permettre au malade que peu de mouvements, au début. Après la levée de l’appareil, il faut appliquer un bandage roulé, afin d’éviter la tuméfaction du membre.
Bandage roulé. — Il se compose d’une longue bande, avec laquelle on entoure le membre. Puis on se sert de la deuxième moitié de cette bande pour maintenir des attelles dont on entoure la frac-
Fig. 513.
AppareU de Scultet à moitié appliqué.
ture. De telle sorte qu’il y a, de dedans en dehors : 4“ une couche de band3 roulée, en contact avec la
peau : 2“ les attelles ; 3" une nouvelle couche de bande roulée recouvrant les attelles. Ordinairement on n'applique point d’attelles sur le trajet des vaisseaux principaux du membre,
Jpijareü de Scullet. ^ Ce bandage se compose :
Fig, 516.
Appareil de Scullet, plié.
l» de 15 à 20 bandelettes de linge, larges de 0“,05, et longues de ü“,40 : on les applique sur la peau ;
FRA
bans destinés à fixer le tout; ils sont au n . de trois ou quatre ordinairement.
Appareils à extetision continue. — nnct: . empêcher le raccourcissement du memLp^ “ appareils seront décrits avec les fractures du f ’ les seules dans lesquelles on les emnln r'"*’’ jourd'hul. ®
Appareils hyponarthéciques. — Peu ■
aujourd'hui. Dans ces appareils, le membre^ place sur une planchette recouverte d’un coussin Quelquefois, cette planchette est suspendue au’ dessus du lit par des liens. Leur nom vient de ce que l’attelle est toujours sous le membre : sousvapôTrii, attelle. ’
Appareils à double plan incMné. — Ne s’emploient que rarement, dans quelques fractures dû
Appareil
Fig 517.'
, extension continue.
2“ d’iin porte-attelles, sorte de toile carrée destinée à entourer le membre préalablement recouvert des bandelettes : 3“ des attelles ; 4° des coussins de balles d’avoine au nombre de trois : on en place deux entre le membre et les attelles latérales; le troisième est placé sur la face antérieure du membre et recouvert d’une troisième attelle ; 5“ de ru-
fémur. Ces appareils représentent une sorte de cône dont le sommet soulève le genou ; la cuisse et le mollet reposent sur la surface du cône.
Appareils inamoviblps. — Très employés aujourd’hui, ces appareils ont l’avantage de maintenir les fragments pendant toute la durée du traitement, sans se déplacer. On en connaît un grand nombre,
1“ Appar ü de Sealin. — Il est composé de plusieurs couches de bandelettes de linge qui entourent le membre, d'attelles de carton, de vieux linge pour remplir les creux, et de colle d’amidon que l’on applique avec un pinceau, d’abord sur les bandelettes de linge, ensuite sur les attelles de carton, enfin sur l'ensemble de l'appareil.
2® Appareil dextriné. — Il est fort simple. On prend une bande sèche et on la roule sur le membre: puis une deuxième bande de même longueur, qu’on imbibe d'une solution de dex tri ne, et qu’on roule sur la première. Au boui de quelques heures, l’appareil est sec. La solution de dextrine se fait avec delà dextrine, de l’eau-de-vie camphrée.et de l’eau ; on mélange la dextrine et l’eau-de-vie camphrée, on en fait une pâte, puis on ajoute peu à peu de l’eau tiède jusqu’à formation d’un liquide sirupeux.
S’il existe des saillies osseuses, on les recouvre de ouate, de même que les creux qui entourent ces saillies.
3“ Appareil amidonné. — Cet appareil se coinpose de bandelettes de papier recouvertes d’empois d amidon. On découpe un i;raiid nombre de bandelettes de papier dit goudronné ; on les humecte d’empois et on les applique sur le membre à la manière des bandelettes de Scultet. Après dessiccation, il semble que le membre si it enveloppé dans un moule de carton. Mauvais appareil.
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40 Jppareil plâtré. — M. Richpt entoure le membre d’une bande seche: ensuite avec une spasur celte bande, et rapidement pour
Fig. 519. — Appareil amidonné.
éviter la dessiccation, toujours très prompte, une couche du mélange, suivant : poudre de plâtre tamisée, eau albumineuse ou eau gélatineuse con-
longueur, de manière à les transformer en une sorte de boîte qui reçoit le membre malade.
CompUcations des fractures. — On entend par fracture compliquée toute fracture qui s’accompagne d’accidents locaux ou généraux nécessitant un traitement particulier.
Les accidents généraux sont les mêmes que ceux des plaies ; ils ont déjà été étudiés : tétanos, infection purulente, etc. Les accidents locaux sont primitifs ou consécutifs.
Accidents locaox prisiitifs : contusions ; plaies ; contraction spasmodique des muscles ; esquilles ; issue des fragments ; blessures des vaisseaux ; communication de la fracture avec une articulation et luxation.
Accidents locaux consécutifs: emphysème spontané ; phlegmon, et tous les accidents des plaies.
Dans la description des complications, nous nous contenterons de faire connaître les symptômes particuliers et les indications spéciales que ces complications nécessitent pour le traitement des fractures.
D’une manière générale, sauf quelques exceptions rares, toute complication de fracture est une contre-indication, souvent à la réduction, toujours à l’application d’un appareil.
Fig. 520. — Appareil plâtré.
tenant deux grammes de gélatine par litre. On fait une pâte demi-liquide. Lorsque cette pâte est étendue sur la bande sèche, on prend avec la main quelques gouttes du même mélange, et l’on polit le bandage.
5“ Appareil silicate. — Depuis quelque temps, on
emploie le silicate de soude ou de potasse. Ces liquides, dont la consistance rappelle le liquide dextriné, s’emploient comme ce dernier, sur lequel ils n’offrent que l’avantage de se dessécher plus "Vite.
De tous ces appareils, ceux qui méritent la préférence sont les appareils dextrinés et silicates. Lorsqu’il existe une plaie au voisinage delà fraclure, il est facile, en fabricant l’appareil, de ménager üue ouverture au niveau de la plaie. On peut aussi Si l’on veut, fendre ces appareils dans toute leur longueur, ou même en enlever une portion en
1° Coritusinn. — La contusion n’est une vraie complication qu’à la condition d’être un peu violente et de déterminer un épanchement sanguin ou la tuméfaction de la région fracturée. Une simple ecchymose n’est point considérée comme une véritaltle complication.
Lorsque cet accident existe, les symptômes de la contusion au deuxième ou troisième degré s’ajoutent à ceux de la fracture.
Avant de songer au traitement de la fracture, le chirurgien s’occupe d’abord du traitement de la contusion, et ne doit appliquer l’appareil qu’après la guérison de cette complication. S'il existe une contusion au troisième degré, c’est-à-dire une désorganisation des parties molles qui entourent le foyer de la fracture, l’amputation immédiate peut être nécessaire.
2“ Plaies. — Les plaies qui compliquent les fractures communiquent avec le foyer, ou bien elles en sont indépendantes. Les plaies indépendantes ne constituent pas une sérieuse complication, et on hs traite comme les plaies ordinaires. Si la plaie fait communiquer la fracture avec l’air, il peut se faire que la guérison survienne sans accidents; mais il arrive souvent que la plaie est produite de dehors en dedans par le corps vuliiérant, ou de dedans en dehors par les fragments osseux; elle s’accompagne alors d’une attrition plus ou moins considérable des parties molles ; elle devient le siège d’une inflammation violente, et peut donner naissance à des fusées purulentes et à toutes les complications possibles des plaies.
La plaie est-elle de petite dimension, il faut en faire l’occlusion. Si elle est large, on aura recours à l’irrigation continue d’eau froide, en ayant soin de faii e conserver au membre une immobilité absolue.
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Si, au bout de quelques jours, quatre ou cinq en moyenne, il n’est survenu aucun accident, on voit apparaître à la surface de la plaie des bourgeons charnus qui s’élèvent insensiblement, et l’on peut cesser l’usage de l’eau froide. Si la plaie s’enflamme il faudra modifier le traitement.
3” GonlracHon spasmodique des muscles. — Lorsque les muscles contractés spasmodiquement, s’opposent à la réduction d’une fracture, on doit attendre. Si, au bout de quelques heures cet état persiste on aura recours, avec avantage, à l’application des cataplasmes émollients ou laudanisés, ou à une saignée, ou enfin, et en dernier lieu, à l’action du chloroforme. 11 serait imprudent d’abandonner le malade aux soins de la nature, car cet état est quelquefois l’origine d’accidents nerveux très graves comme le tétanos.
4" Esquilles. — Les esquilles sont libres ou adhérentes. Sont-elles libres, ou adhérentes seulement par quelques brides insignifiantes, on les enlève, et l’on peut même, pour y arriver, pratiquer des débridements, car elles font l’office de vrais corps étrangers. Si elles sont adhérentes par de larges surfaces, on les remplace avec soin dans le point qu’elles occupaient, et l’on obtient quelquefois leur consolidation. Il va sans dire que, s’il existe des esquilles sans plaies, on les abandonne aux efforts dt^ la nature, et, tôt où-tard le malade en est débarrassé.
5“ Issue des fragments. — Un fragment osseux fait-il saillie après avoir traversé les chairs de ded msen dehors, on se hâte de le réduire en pratiquant, au besoin, un débridement des parties molles. Si la saillie formée par l’os est trop considérable, et que sa réduction nécessite un trop large débridement, on en fait la résection avec une scie ordinaire ou une scie à chaîne, et l’on réduit ensuite. Mais, dans aucun cas, on ne doit laisser le fragment osseux au dehors de la plaie, sa nécrose étant à peu près inévitable. Après la réduction de l’os, la fracture rentre dans le cas d’une fracture compliquée de plaie.
6“ Blessure des vaisseaux. — La blessure des vaisseaux peut être ou non accompagnée de plaie. S’il y a plaie, l’hémorrhagie fournie par les vaisseaux blessés peut être capillaire ou veineuse, auquel cas on emploie les hémostatiques ordinaires. Si l’hémorrhagie est artérielle et fournie par un petit vaisseau, Faction de l’air, l’eau froide, suffisent pour arrêter le sang ; mais, si le vaisseau est d’un volume plus considérable, on a recours à la ligature, dans la plaie, du bout supérieur de l’artère ou des deux bouts, selon les cas. Si le vaisseau est très volumineux et que l’artère ne puisse pas être liée au-dessus, cette complication peut nécessiter l’amputation.
Les vaisseaux peuvent être ouverts sans qu’il y ait plaie. Si ce sont des capillaires, l’accident appartient à la contusion ; si c’est une veine , il survient un épanchement sanguin auquel on est quelquefois forcé de donner issue ; si c’est une artère, il peut se former un anévrysme diffus qui met souvent le chirurgien dans l’obligation de pratiquer l’amputation. Il faut cependant reconnaître que, dans bien des cas faciles à apprécier, la ligature de l’artère par la méthode d’Anei sera encore possible.
7” Communication de la fracture avec uv^ culatton. — Complication grave qui doit ren/'’^"' chirurgien très réservé sur le pronostic. présenter plusieurs cas. Tantôt la comtnunS^ est simple, c’est-à dire sans plaie : il peut survï un abcès de l’articulation qui, en s’ouvrant le ^ souvent à l’extérieur, met le foyer en contact av? l’air; si l’abcès ne se montre pas, le malade conserve dans beaucoup de cas, une ankylosé, ou tout a^’ moins de la roideur articulaire. Tantôt le foyer de la fracture articulaire communique avec l’air • L cas est des plus graves, et le chirurgien doit se comporter comme dans le cas de plaie pénétrante des articulations.
Luxation.— Lorsqu’une luxation se produit au voisinage d’une fracture, il faut, si la chose est possible, c’est-à-dire si l’on a assez de prise sur le fragment voisin de l’articulation, opérer la réduction de la luxation. Si cette réduction est impossible, il faut se comporter comme si elle n’existait pas, et perdre à peu près tout espoir de réduction, après la consolidation de la fracture.
9“ Emphysème spontané. — Il peut arriver qu’après une fracture il se développe une infiltration gazeuze (emphysème) au niveau du foyer de la fracture, sans complication de plaie. 11 faut attentivement surveiller le membre, car ce symptôme indique la gangrène et, selon Malgaigne et Velpeau, il faudrait en pareil cas amputer.
10® Bhlegmon. — Lorsqu’un phlegmon se manifeste, on combat cet accident parles moyens connus, puis on s’occupe de la fracture.
Indépendamment de toutes ces complications, il en est quelques-unes de spéciales à chaque espèce de fracture. C’est ainsi que les fractures du crâne peuvent être compliquées de lésions de l’encéphale ou de ses membranes. De la même manière, les fractures de côtes se compliquent de lésions pulmonaires, etc. D'' J.-A. Fort.
FRAISE. — La fraise est un fruit d’une odeur parfumée très pénétrante et d’une saveur sucree un peu acidulée, des plus agréables. La culture est arrivée à en produire un grand nombre de variétés; mais, quoiqu’on en puisse dire, la meilleure, la plus recherchée, celle à laquelle les vrais amateurs donnent la préférence, est la petite fraise des bois.
Les fraises sont un aliment rafraîchissant, adoucissant et diurétique. Elles se digèrent en général
facilement, si l’on a soin de les saupoudrer d un peu de sucre et de les arroser d’un peu de vin ou de kirsch, au lieu de les mélanger avec du fromage à la crème qui les rend non seulement désagréables à la vue, mais aussi indigestes. Chez certaines personnes, les fraises déterminent quelquefois au cou et à là face une sorte d’urticaire. Elles conviennent aux individus pléthoriques, bilieux et goutteux; pa’* contre, les diabétiques doivent s’en abstenir d’une façon absolue comme de tous les aliments sucrés.
On fait avec la fraise du sirop, un alcoolat et des confitures. Le sirop se prépare avec :
Sucre . 0 parties
Eau.. . . —
Fraises mondées. . * 3 —