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peau de toutes sortes, et quelquefois sans cause appréciable. Enfin, aujourd hui que les relations du furoncle, de l’anthrax et du diabète sont parfaitement établies, lorsqu’on observera plusieurs furoncles chez un individu, on devra rechercher s’il n’existe pas de sucre dans ses urines.
Le furoncle est caractérisé par une tumeur d’un rouge plus ou moins vif, à base large, se perdant dans le tissu cellulaire sous-culané, à sommet acuniiné et peu saillant, bien circonscrite, d’un volume qui varie entre celui d’un pois et celui d’un œuf de pigeon, très douloureuse. Cette tumeur ne tarde pas à se ramollir; et, au bout de quelques jours, il se forme à la partie la plus élevée une petite ouverture qui, d’abord, donne issue à du pus et, plus tard, à une masse grisâtre désignée sous le nom de bourbillon ; ce dèrnier une fois expulsé, la cavité purulente qui le renfermait se resserre et finit par se cicatriser. On ne s’accorde pas sur la nature du bourbillon. Dupuytren le considérait comme formé par le tissu cellulaire graisseux sousdermique gangrené par la compression ou par l’étranglement auquel il est soumis de la part des aréoles fibreuses de la face profonde du derme ; d’autres pathologistes, Gendrin, Bérard, Denonvilliers, pensent que c’est une matière plastique sécrétée par les aréoles du tissu cellulaire enflammé, sécrétion pseudo-membraneuse analogue aux fausses membranes des séreuses. Aujourd’hui, le plus grand nombre des chirurgiens, plaçant le siège primitif du furoncle dans l’appareil glandulaire pilosébacé de la peau, soutiennent que c’est la glande sébacée elle-même, siège primitif du mal, qui se mortifie et devient le point de départ du travail, d’élimination. jS^us adoptons cette interprétation.
Le furoncle se termine le plus souvent par suppuration; quelquefois, mais rareinent, par résolution: plus rarement encore, le furoncle, après être entré dans la période de résolution, s’enflamme de nouveau pour suppurer ensuite. Dans quelques circonstances, la peau qui recouvre la tumeur se mortifie, ce qui retarde beaucoup la guérison. On a signalé, dans quelques cas de simples furoncles du cou ou de la face, l’explosion de phlébites purulentes nées delà partie malade et propagées par les veines ophtalmiques jusqu’aux sinus caverneux, qu’un a trouvés, ainsi que l’arachnoïde, remplis de pus. On comprend toute la gravité d’une pareille complication.
Le furoncle est facile à reconnaître; c’est une •affection en général peu grave, mais quelquefois extrêmement douloureuse; dans certaines régions, dâns le conduit auditif externe notamment, il cause des souffrances que les narcotiques énergiques sont impuissants à calmer.
Quelques chirurgiens ont proposé, dans le but de faire cesser les douleurs vives qui accompagnent le furoncle, de l’inciser de bonne heure, afin de faire
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cesser cet étranglement du tissu cellulaire graisseux auquel Dupuytren faisait jouer un si grand rôle dans la production du bourbillon. Cette pratique est formellement rejetée par Boyer; A. Bérard et Denonvilliers réservent le débridement pour les cas où le furoncle est accompagné de douleurs excessives.
, Dans la plupart des cas, il suffit de soumettre la partie malade à l’application de topiques émollients et relâchants : cataplasmes de farine de lin ou de fécule, bains d’eau tiède ou d’eau de guimauve; on calme la douleur par l’administration de préparations narcotiques ou par l’application surlatumeur de cataplasmes arrosés de laudanum. Lorsque le furoncle marche lentement vers la suppuration, on le recouvre d’un emplâtre à' onguent de la mère. Une fois que le sommet de la tumeur s’est perforé, on facilite la sortie du bourbillon par une pression modérée. On a proposé de faire avorter le furoncle en le cautérisant, dès le moment de son apparition, avec un crayon de pierre infernale. L’application constante de compresses imbibées d’une solution aussi concentrée que possible, de chlorate de potasse, a réussi entre les mains de Küss (de Strasbourg). Chez les sujets qui ont une éruption successive de furoncles pendant plusieurs semaines, il convient d’administrer les purgatifs et des infusions déplantés dépuratives. D-- Fano.
FUSAIN. — Nom vulgaire donné à Veuonymus, arbre originaire de l’Amérique du Sud, et cultivé en France dans nos jardins, qui contient une substance amère purgative connue sous le nom d’euonyniine (V. ce mot). P. L.
FUSION. — La fusion est le passage d’un corps solide à l’état liquide par l’action de la chaleur. On distingue deux sortes de fusion : la fusion ignée, où le feu agit seul sur le coi’ps solide, comme cela a lieu pour les métaux et la fusion aqueuse, où l’eau faisant partie intégrante de la substance solide agit comme dissolvant à une haute température et la fait fondre; cela se passe ainsi pour les sels cristallisés qui fondent dans leur eau de cristallisation.
En pha^'macologie, les mots fusion et liquéfaction sont pris souvent comme synonymes. Cependant on applique plus particulièrement ce dernier mot à l’opération qui consiste à produire par la chaleur, dans certains solides un écartement des molécules assez grand pour qu’ils affectent l’état liquide. C’est ainsi qu’on obtient la liquéfaction de l’axonge, du beurre de cacao, du soufre, du cérat, des oeguents et des pommades. En définitive, la fusion étant prise comme terme générique, on remarque que l’acide acétique cristallisé, le beurre, le phosphore sont les corps les plus faciles à fondre, tandis que le cuivre, l’or, le fer, le platine sont les plus difficiles. D' Marc. Camboüli\’es.
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GAÏAC. — Le gaïac est un grand arbre exotique, à tige tortueuse ; il appartient à la famille des zygophyllées et croît dans les Antilles, principalement à la Jamaïque et à Saint-Domingue. Le commerce nous fournit de cet arbre le bois et la résine. Le bois est en grosses bûches, recouvertes d’une écorce grise, mince, compacte, dure, pesante, résineuse, amère, parsemée sur sa face interne d’une infinité de petits cristaux brillants, elle est aujourd'hui presque inusitée ; il n’en est pas de même du bois lui-même, très dur, très compacte, également résineux, plus pesant que l’eau, composé d’un coeur brun verdâtre et d’un aubier jaune, il est inodore, sa râpure jaune devient verte au contact de l’air et de la lumière; sa composition contient, d’après Trommsdorfif, de la résine qui est le principe actif et qui a été désigné sous le nom de gdiacine, de l’extractif amer, delà gomme, de l’albumine et des sels. L’écorce a une composition analogue. La résine suinte spontanément ou à l’aide d’incisions de la partie corticale. Elle est en masses irrégulières, friables, d’un brun verdâtre, d’une saveur âcre, d’une odeur balsamique, solubles dans l’alcool, peu solubles dans l’eau , insolubles dans les huiles grasses. A l’état de pureté, la résine du gaïac, autrement appelée gdiacine ou mieux acide gaïacique, se combine avec les alcalis pour former des savons.
A faible dose, le gaïac active la circulation, augmente la chaleur, pousse à la diaphorèse. A haute dose, il produit la sécheresse de la bouche, la perte d’appétit, la céphalalgie, les coliques, les vomissements et la diarrhée suivie d’une vive excitation des organes sécréteurs. C’est, en d’autres termes, un stimulant général dangereux à des doses élevées, mais utile, en petite quantité, dans l’aménorrhée, les flueurs blanches, les catarrhes chroniques et surtout dans les affections goutteuses, rhumatismales, syphilitiques, cutanées ou scrofuleuses. Ce médicament jouissait autrefois'd’une très haute renommée, il a perdu aujourd’hui une grande partie de son prestige. D' marc. Camboulives.
GAINE. — Mot employé par les anatomistes pour désigner les parties apo névrotiques et fibreuses qui entourent les tendons et les muscles, ainsi que les
membranes synoviales qui enveloppent les tendons et tapissent les coulisses des os p. l "
GALACTOGÈNE. — Qualificatif donné aux substances alimentaires ou médicamenteuses qui ont la propriété d’augmenter la sécrétion du lait : une bonne nourriture, les féculents, surtout les lentilles et les pommes de terre, l’eau de son, le galéga, le lacto-phosphate de chaux, etc., sont des galactogènes. La succion et l’électrisation des mamelles ' par des courants intermittents réussissent souvent à y faire venir le lait plus abondamment, p. l.
GALACTOPHORES. — Nom donné par les anatomistes aux canaux excréteurs de la glande mammaire (V. Mamelle). P. l.
GALACTORRHÉE. — On désigne sous ce nom l’écoulement exagéré du lait chez la femme, soit pendant la lactatiom, soit après le sevrage (V. Lait, Lactation, Sevrage). P. L.
GALANGA. — Le galanga est le rizhome de Valpinius officinal, plante a port de roseau de la famille des amonacées, que l’on cultive dans le
Fig. 526.
Rizhome de Galanga majeur.
sud de la Chine. D’un brun orange à l’extérieur et d’une teinte chamois pâle à l’intérieur, ce rizhome est un aromatique stimulant de même que le gm; gembre, dont il a la saveur brûlante, employ®
GAL
GAL
comme épice en Livonie et dans la Russie centrale, en guise de thé en Tartarie; il entre encore dans la composition de certaines préparations stimidantes et toniques employées contre la dyspepsie, p. l.
GALBANUM. On donne ce nom à une gommerésine produite par la ferule gathaniflua, de la famille des ombellofères que l’on trouve en Perse et dans le Levant. Cette résine se présente sous la forme dé gouttes, variant de la grosseur d’un pois à celle d’une noisette, adhérentes entre elles et formant une masse parfois assez molle pour être fluide, mais le plus souvent compacte et dure, translucide et colorée en hrun, en jaune ou en gris. Elle est employée à l’intérieur comme stimulant expectorant, et à l’extérieur sous forme d’emplâtre contre les tumeurs indolentes et sur les articulations atteintes de rhumatisme chronique. Le galbanum entre enfin dans la composition du diachylon, du diascordium, du baume de Fioravanti et de la thériaque. p
GALE. La gale est une maladie contagieuse caractérisée : 1° par une éruption prurigineuse de petites vésicules transparentes plus ou moins nombreuses, rondes, dures à leur base, pointues à leur sommet, remplies d’une sérosité transparente tout d’abord, puis légèrement visqueuse et purulente; 2“ par des sillons sous- épidermiques qui viennent aboutir aux vésicules ; 3“ par une démangeaison particulière et caractéristique qui semble diminuer un instant lorsqu’on vient de se gratter et qui augmente vers le, soir et surtout la nuit pendant le séjour au lit, ou encore lorsque le malade a fait usage de café ou de liqueurs alcooliques. Vésicules, sillons et démangeaisons sont engendrés par un petit insecte appelé acarus ou sarcopte de la gale, dont le lecteur trouvera la description au mot acarus.
Cette maladie affecte chez l’homme quatre grands sièges principaux : les mains, vers les faces latérales et les commissures des doigts; les poignets surtout au niveau du bord radial; la verge et surtout le gland, et le bord antérieur de l’aisselle. On l’observe aussi sur d’autres parties du corps telles que le nombril, les fesses et les bourses. Chez la femme, les parties les plus souvent atteintes sont la main, le poignet et le sein.
La gale étant^parasi taire et entretenue par l’acarus dont la prolifération est formidable, il est clair qu’elle durera ce que le malade voudra qu’elle dure.
Avec les dermatologistes de Saint- Louis on peut admettre deux variétés de gale : 1“ la gale ma.- ^^gne, ou gale de l’ouvrier qui lui laisse prendre, par sa négligence, une extension considérable, à ce point qu’elle envahit tout son corps en quelques se¬
maines. C est celle qu’on observe a l’hôpital; la gale bénigne, celle des gens du monde, discrète, que les porteurs combattent sans s’en douter par les lavages fréquents, les ablutions et les lotions de toute espèce, èt que souvent ils gardent fort longtemps parce qu elle ne les fait pas beaucoup souffrir.
La gale ne se transmet pas seulement de l’homme a l’homme. Il existe une gale du cheval, du mouton, du loup, qui se transmettent fort bien à l’espèce humaine.
Le traitement de la gale consiste à tuer le parasite. On est arrivé à obtenir ce résultat en une heure et demie, grâce à Hardy. Voici en quoi consiste le traitement du savant dermatologiste : Tout d’abord on frotte le malade des pieds à la tête pendant une bonne demi-heure avec du savon noir; puis le malade prend un bain, d’une demi-heure, et continue a s’y frotter encore avec le savon; enfin il est frictionné avec la pommade ééEelméricti (V. ce mot) ; à la suite de quoi, sans essuyer sa pommade, il se rhabille avec les vêtements qui, pendant les trois temps de son traitement, ont été soumis dans une étuve à une chaleur de 100 degrés, conserve sa pommade pendant 24 heures, au bout desquelles il s’en débarrasse par un bain alcalin.
Le traitement de Hardy, qui est appliqué tous les ans à plus de 4,000 malades à l’hôpital Saint-Louis, est radical, mais un peu rude et irritant pour la peau. Dans la clientèle de la ville on peut l’adoucir en remplaçant le savon noir par du savon de toilette et en dédoublant la pommade d’Helmérich par l’addition d’un quart ou d’un tiers d’axonge, et en prenant le second bain deux ou trois heures après l’application de la pommade.
A côté de ce traitement classique, on a proposé une foule de moyens pour guérir la gale. Nous n’en citerons que trois.
Le premier, proposé par William Peter’s,ea 1881, comme très commode à appliquer à la campagne,
I consiste à faire matin et soir pendant quatre ou cinq jours une onction avec
Onguent styrax . . . 2 parties.
Huiles d’amandes douces . 1 —
Cette pommade, dès la première application j calme les démangeaisons et guérit rapidement les éruptions pustuleuses et croûteuses provoquées par l’acarus. Chez les enfants au-dessus de trois ans, il suffit d’une seule friction par jour pendant quatre ou cinq jours.
Le second, proposé par le docteur Frissart, en 1881, consiste à frictionner tout le corps avec
Acide phénique cristallisé . 3 grammes.
Huile d’olive. . 300 —
Cette solution remplit les deux indications du traitement rationnel, puisque l’acide phénique tue le parasite, et que le corps gras agit topiquement sur les éruptions concomitantes et les complications. D’ordinaire, deux frictions suffisent pour amener la guérison complète.
Le troisième, publié en 1884 parle D^Dolan, dans The Briüsh Medical Journal, est un remède qui réunit trois avantages précieux : la simplicité, l’efficacité et le bon marché. Il consiste dans l’emploi en friction de la mixture suivante :
Fleur de soufré . tOO parties.
Chaux éteinte . 200 —
Eau . 1,000 —
On fait bouillir en agitant de temps en temps, puis on laisse refroidir et on décante dans une bouteille qu’on bouche hermétiquement.
Voici comment l’auteur applique son remède : il fait prendre un bain chaud au galeux , puis lui badigeonne tout le corps avec un pinceau trempé dans la mixture, l’enveloppe dans des couvertures et le fait mettre au lit. Au bout de peu de temps, par suite de la précipitation du soufre, la peau du patient présente une teinte analogue a celle des cobayes, les démangeaisons cessent aussitôt, et dans les cas bénins le malade peut être renvoyé guéri à la suite d’un nouveau bain. Un second badigeonnage n’est nécessaire que dans les cas très invétérés. Lorsque l’irritation de la peau produite par l’application de la mixture est trop vive, Doland fait prendre tout simplement un bain alcalin au malade. Nous ajouterons qu’après ce bain on pourra saupoudrer le malade d’amidon ou lui faire des onctions de?glycérolé d’amidon.
D"" A.-L. Labarthe, père.
GALÉGA. — Le galéga officinal est une plante fourragère de la famille des légumineuses, originaire du midi de l’Europe, cultivée dans le midi de la France, en Espagne, en Suisse et surtout en Italie, où on la fait manger aux vaches et aux chèvres dont on veut augmenter la quantité et la qualité du lait. Dans certaines localités, même, les nourrices mangent le galéga en salade dans le but de voir leur lait devenir plus abondant. Peut-être devrait-on faire des essais sérieux pour voir si réellement cette plante jouit de vertus galactogènes et dans quelles proportions. p. l.
GALÉNIQUE. — En pharmacologie on donne le nom de pharmacie galénique à cette partie de la pharmacie qui s’occupe de l’étude de l’ensemble des médicaments préparés spécialement dans les officines, comme les poudres, les potions, les pilules, les pommades, les extraits, etc. p. L.
GALIPOT. — On donne ce nom à la résine qui, à la fin de la saison, s’écoule et se dessèche sur le tronc des pins maritimes, en croûtes jaunâtres plus ou moins épaisses. Le galipot, que l’on n’emploie pas seul en médecine, entre dans la préparation du diachylon et du sparadrap. P. L.
GALLE (NOIX DE). -T- (V. Noix de Galle.)
GALLIQUE (ACIDE). - L’acide gallique, qu’on..,de la noix de galle, se présente sous formn ® guilles incolores, longues, soyeuses, inodL. saveur astringente et acidulé, soluble dans loo’^ ties d'eau froide et dans .3 parties d’eau bouilla^f' très soluble dans l’alcool. Cet acide, qui jouit h’ propriétés analogues à celle de tannin, mais mni'^^ fortes, est employé comme astringent, comme ant* hémorrhagique dans l’hémoptysie, l’épistaxis le' hémorrhagies des organes urinaires, etc. p l ^
GALMIER {EAÜX MINÉRALES DE SAINT-). — (V. Saint- Galmier.)
GALVANISME. — (V. Électricité.)
GALVANOCAÜSTIQUE. - On donne ce hom à une méthode chirurgicale qui fait usage des actions chimiques qui se produisent lorsque deux électrodes d’une pile sont plongés dans les tissus, et qui utilise aussi la chaleur développée par un courant électrique. Dans le premier cas, c’est la galvanocaustique chimique et dans le second , la galoanocaustique thermique.
Galvanocaustique chimique. — Elle repose sur ce principe que, lorsqu’un corps imparfaitement conducteur, se trouvant dans des conditions de cohésion qui facilitent sa décomposition, est placé dans le circuit d’une pile d’un pouvoir électromoteur suffisant, ce corps est décomposé; l’acide se porte sur l’électrode positive, l’alcali sur l’électrode négative. Lorsqu’ils ne peuvent attaquer les électrodes, si le corps interposé est de la matière organique, les acides et les alcalis naissants agissent sur les tissus à la manière des caustiques et déterminent l’apparition d’une eschare nettement limitée au niveau des points de contact des électrodes.
On peut ainsi faire, à volonté, sans intervention de la chaleur, des cautérisations semblables à celles produites par l’action des acides ou des alcalis.
Il faut appeler cette méthode galvanocaustique chimique, de préférence à étectrolyse ; car, dans les cautérisations faites au moyen du courant voltaïque, l’électrolyse n’est que la première partie de l’opération : c’est une décomposition, une électrolyse, dans le sens propre du mot , puisque l’action des courants sépare les acides des alcalis ; dans^ le deuxième temps, c’est à une synthèse que l’on assiste ; les acides et les alcalis obéissent à leurs affinités et entrent dans de nouvelles combinaisons en même temps qu’ils agissent sur les tissus ambiants.
Ce procédé de cautérisation n’a été érigé en méthode que depuis les travaux de Ciniselli (1860)- Cependant, dès 1841, on avait utilisé l’action del’electrolyse pour résoudre certains engorgements comme ceux qui amènent le rétrécissement de 1 urèthre ou le rétrécissement de la trompe dEu® tache. Tripier remarqua qu’q l’électrode positij® ^ cicatrice était dure et rétractile, tandis qu’à l’eloo- Irode négative, elle était moUe et non rétractile.
Grâce à ces différences dans la cicatrisation on peut obtenir à volonté un tissu dur ou mou, ce qoi rend de grands services en thérapeutique.
GAL
GAL
Pour pratiquer la galvanocaustique chimique, il faut avoir à sa disposition une pile à courants constants (pile de Trouvé ou de Chardin).
Muni d’un galvanomètre de Gaiffe, cet appareil indique à tout moment de l'electrisation la valeur absolue du courant.
Si l’on veut avoir une cicatrice moUe, il faut avoir soin de terminer l'électrode positive par une
Appareil de J. Baratoux pour la galvanocaustique chimique de la trompe d’Eustache.
large plaque de métal ou de charbon recouverte de peau de chamois que l’on place mouillée sur
fait construire pour l’oreille {fig. 329). n se compose d'une sonde en caoutchouc durci (a) destinée à contenir un fil d’argent ou de platiné, terminé à son extrémité par une petite plaque, e. Le canon, b, reçoit le conducteur négatif de la pile.
Les parties de la muqueuse en contact avec le point c seront seules cautérisées.
I On peut répéter cette expérience sur im morceau de viande en plaçant les électrodes sur chacune de ses faces. On verra bientôt se dégager au point c des bulles de gaz en ^ même temps qu’il se formera une eschare de couleur blanche.
Galvanocaustique thermique. — C’est un ^***<^^^ procédé de cautérisation obtenu au moyen d’un fil ou d’une lame de platine dont les extrémités sont mises en rapport avec une pile éner^que et peu résistante. Dès que le courant est établi le platine s’échauffe et rougit, de sorte qu’on peut détruire les tissus en les sectionnant avec autant de netteté que le ferait le bis¬
touri, tout en évitant l’écoulement du sang.
L’avantage de cet instrument est dû à ce que l’on peut introduire à froid le cautère dans des cavités très étroites, on évite ainsi la chaleur rayonnante que produisent le cautère actuel et le thermocautère.
Les deux modèles de pile les plus employés pour cet usage sont ceux de Chardin et de Trouvé.
Dans le premier de ces appareils(^5r. 530), la pile plongée dans le liquide est en rapport par deux conducteurs avec un manche terminé par un cautère en pointe.
Une manivelle remonte ou abaisse la pile à volonté.
L’autre appareil {fig. 532) diffère principalement du précédent par la vis que l’on manœuvre au
moyen de la manivelle C. Aujourd’hui ces piles galvano caustiques sont Pile galvanocaustique de Chardin. universellement employées pour les opérations
» chirurgicales, telles que section des tissus, cautériun endroit quelconque du corps, le ventre, la sation des glandes du pharynx, des amygdales, des cuisse, etc. différentes tumeurs, etc.
A l’électrode négative, on adapte l’instrument . Lorsqu’on veut enlever un polype, qu’il siège
dans les fosses nasales, dans l’ütérus, dans l’oreille ou dans toute autre cavité, c’est à la galvanocaustique qu’il faut donner la préférence.
On évite ainsi de déchirer la membrane muqueuse, et chose importante, on ne craint pas les hémorrhagies.
Manche pour l’anse galvanocaustique. Pour ces opérations, nous faisons usage d’un
spécial à chaque organe, qui doit produire la eau- manche qui permet de rétrécir à volonté une anse térisation ^ ° ^ de fil O dont les extrémités sont fixées à un anneau I,
Tel est, par exemple, l’appareU que nous avons mobile [fig- 331).
GAN
GAN
le cautère, en appuyant sur un bouton fixé au manche. D'- J. Baratoux,
GANGLION. — Nom donné par les anatomistes à de petits corps de nature très différentes qui sont situés sur le trajet des nerfs et des lymphatiques (V. ces mots). p. l.
GANGRÈNE. — On peut définir la gangrène, la cessation de la nutrition dans une partie du corps ; elle est caractérisée par la perte du sentiment, du mouvement et de toute action organique dans cette partie.
Les mots gangrène et sphacèle sont employés à peu près in différemment; on donne le nom d’e^chare à la partie mortifiée. La mortification des tissus osseux et cartilagineux a reçu le nom de nécrose.
Les parties gangrenées se présentent sous deux aspects : tantôt elles sont sèches et raccornies {gangrène sèche), tantôt molles et gonflées [gangrène humide) ; mais en réalité ces deux formes ne diffèrent qu’en un seul pôint, c’est que dans la gangrène humide, en raison d’un obstacle à la circulation veineuse ou d’une absence d’évaporation, la dessiccation de la partie malade ne s’effectue pas les liquides infiltrent les tissus et en déterminent la putréfaction; d’ailleurs ces deux formes sont reliées par une foule d’états intermédiaires ; elles peuvent se succéder, coexister, etc.
A. Forme sèche. — Les tissus sont durs, secs, raccornis, mais ils conservent à peu près leur texture.
Les seules modifications anatomiques portent :
1“ Sur leur couleur, qui, variable suivant les tissus, est en général noirâtre, rouge carmin, feuille morte, etc., ce qui tient, soit à la diffusion de la matière colorante du sang (hématosine), soit à des substances qui en diffèrent chimiquement, soit à des formations pigmentaires nouvelles (Demme) ;
2° Sur la présence de la graisse qui infiltre en très grande quantité tous les tissus de la partie gangrenéé et. qui résulte probablement de la décomposition des matières azotées (Raynaud).
Ainsi les muscles, les téguments, les nerf<; infiltres de granulations graisseuses, de corpusc^
Fig. 533.
Gangrène sèche üu pied et de la partie antérieure de la jambe.
noirâtres; on y trouve encore des cristaux d’hématoïdine, de cholestérine, de sulfate de fer, etc.
B. Gangrène humide. — Les altérations sont les mêmes, mais les tissus ramollis, gonflés, infiltrés de sérosité, se' putréfient rapidement; ils s’en dégage des gaz qui sont de l’ammoniaque, de l’hydrogène phosphoré et sulfuré, de l’acide valérianique, etc.
L’évolution de la gangrène comprend trois phases ; 1“ la mortification; 2° V élimination des parties mortifiées ; 3“ la cicatrisation.
La mortification d’une partie du corps se traduit par des changements dans sa couleur, sa température, ses fonctions, sa sensibilité, son volume, son odeur.
La couleur varie suivant les différents tissus; la gangrène de la peau s’annonce par des plaques bleuâtres ou noirâtres, les muqueuses prennent une teinte grise ou brune, les poumons sont ardoi¬
Fig. m.
Gangrène humide de la main et de l’avant-bras causée par un appareil mal appliqué dans un cas de fracture du radius.
sés, fauves, le cerveau verdâtre, l’intestin a un® teinte feuille-morte qu’on a eu souvent l’occasion d’observer dans l’opération de la hernie étranglée ; les tendons, les nerfs conservent leur couleur blanche.
La température s’abaisse et se met en équilibre avec celle du milieu ambiant, d’où cette sensation froide et cadavérique que détermine le contact d’une partie mortifiée.
Les fonctions de la partie mortifiée sont nafiirel' lement supprimées, ses sécrétions abolies, sa circulation arrêtée.
Au moment où la gangrène se produit, le malade éprouve souvent d’affreuses douleurs dans la partie qui se sphacèle ; mais lorsque la gangrène est com* plète, toute sensibilité disparaît et ces parties peu-
GAN
vent être divisées sans que le malade s’en aperçoive.
' Dans la gangrené sèche les tissus sont durs et raccornis par le fait de l’évaporation des liquides ; dans la gangrène humide ils sont tuméfiés et ramollis.
L’odeur des parties gangrenées est généralement fétide.
2“ Élimination des eschares. — Les parties mortifiées irritent les parties saines avec lesquelles elles sont en contact, et il en résulte une inflammation qui sépare l’eschare et cicatrise la plaie.
Vers le troisième ou le quatrième jour on voit, sur tout le pourtour de l’eschare, les tissus s’enflammer et former autour d’elle une couronne d’un rouge plus ou moins vif.
Vers le sixième jour une scissure se produit entre l’eschare et la zone inflammatoire, elle forme un sillon dont la profondeur se creuse chaque jour, et d’où s’écoule un liquide purulent (sillon d'élimination) ; l’eschare sè détache après un temps très variable,
La chute de l’eschare met à nu une couche de bourgeons charnus, ce sont eux qui ont présidé à son élimination et qui vont être les agents de la cicatrisation; de plus, cette zone inflammatoire oblitère les vaisseaux, épaissit les séreuses et crée des adhérences entre leurs feuillets; malheureusement ce travail protecteur n’est pas toujours complet, d’où hémorrhagies, perforation des séreuses au moment de la chute des eschares.
3“ Cicatrisation. — Nous venons de voir par quel mécanisme elle s’effectue ; à la chute de l’eschare il reste une plaie qui ne diffère point d’une plaie simple.
Quant aux symptômes généraux, ils varient beaucoup suivant la nature de la gangrène, son étendue, son siège, etc.; dans les cas légers, il n’y a qu’un certain degré de réaction inflammatoire, tandis que dans les cas graves le malade présente les accidents de la septicémie.
Le diagnostic de la gangrène est en général facile, cependant on ne prendra pas pour de la gangrène certaines taches noirâtres dues à des topiques ou à des ecchymoses, ni cet état de stupeur locale qui survient parfois à la suite .de traumatisme (contusions, plaies d’armes à feu). — Les plaques diphthériques de la gorge, ressemblent à une gangrène de la muqueuse, mnis elles s’en distinguent par leur défaut de consistance.
Le traitement de la gangrène présente trois indications principales :
1° Prévenir ou limiter le développement de la gangrène. — Pour cela on surveillera l’application des appareils, on changera souvent la position du, malade ; on peut, à l’exemple de Dupuytren et de Blandin, appliquer des sangsues sur les parties floi’ se mortifient, y faire des embrocations, des frictions, des cautérisations au fer rouge, etc. La pouire de quinquina, l’acide phénique peuvent être employés, mais nous croyons leur efficacité fort restreinte.
2“ Fuvorher la chute des eschares. — Le rôle du cÜrurgien Se borne à appliquer des émoUients si 1 inflammation est trop vive, et au contraire à
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l’exciter un peu si elle n’est pas suffisante. La première indication est remplie par l’emploi des cataplasmes, la deuxième par le styrax, etc. On diminue leur odeur en les recouvrant de poudres aromatiques et en les imprégnant de liquides désin fectants : phénol Bobœuf, vinaigre de Pennes, coaltar saponiné Le Beuf, salicol Busaulle, etc.; on peut y pratiquer des incisions que l’on remplit de charpie imbibée d’alun, de chlorure ^de sodium, de nitrate de potasse, de façon à les momifier. La plaie qui succède à l’éhmination des eschares doit être traitée comme une plaie ‘ simple.
3° Traitement général. — Il faut soutenir les forces du malade par un régime tonique, et dans, quelques cas (gangrène diabétique) combattre par un traitement approprié la cause génératrice du sphacèle.
Classification des gangrènes. — Nous venons de parler de la gangrène en général. Au point de vue pathogénique il y a plusieurs classes de gangrène, présentant chacune plusieurs variétés. Avec la plupart des auteurs, nous admettrons trois classes de gangrène. — k. Gangrènes directes. — B. Gangrènes indirectes. — G. Gangrène par altération du sang.
A. Gangrènes directes. — Ce sont celles dans lesquelles il y a destruction immédiate des éléments anatomiques des tissus par une contusion, l’action de la chaleur ou du froid, des caustiques, etc.
1“ Gangrène par contusion. — La contusion peut être portée à un assez haut degré pour anéantir les propriétés vitales des tissus qu’elle frappe ; c’est ce que l’on observe surtout dans les ,plaies par armes à feu, dans les morsures, etc.
La gangrène par contusion est immédiate -ou consécutive, elle est superficielle ou profonde, ses symptômes sont ceux de la gangrène en général ; il faut cependant remarquer: 1“ que dans les gangrènes profondes le membre présente rapidement une tension œdémateuse considérable, il se recouvre de phlyctènes, s’infiltre de gaz, etc.
2" Que dans les plaies par armes à feu la zone de mortification entraîne des suppurations prolongées, des nécroses, des hémorrhagies consécutives, etc.
Si la désorganisation est superficielle et peu étendue, il faut se borner à faciliter l’élimination des eschares par l’usage des émollients ; si elle est profonde, il faut recourir à l’amputation.
2“ Gangrène par compression. — Une compression assez forte pour arrêter la circulation peut déterminer la gangrène ; c’est ce que produisent les appareils trop serrés, les pressions trop longtemps prolongées (eschares au sacrum, au grand trochanter, au talon) ; dans ce dernier cas, le contact de l’urine, des matières, et surtout la dépression de l’organisme produite par la maladie générale qui nécessite le décubitus prolongé, favorisent le développement du sphacèle.
Tantôt les parties comprimées prennent une teinte d’un rouge violacé, sans réaction inflammatoire, leur centre devient gris, puis noir; tantôt elles présentent une rougueur érysipélateuse et se couvrent de phlyctènes.
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A la chute des eschares il n’est point rare d’observer la dénudation du tissu osseux, sa carie, sa nécrose, etc.
Il faut donc surveiller l’application des appareils, changer fréquemment la position des malades, veiller à leur propreté, recouvrir de larges plaques de diachylon' les parties comprimées, raffermir leur -vitalité chancelante par des lotions alcooliques, etc.
3“ Gangrène par les caustiques. — Un grand nombre d’acides concentrés, d’alcalis, de composés métalliques ont la propriété de mortifier nos tissus, propriété bien souvent mise à profit par le chirurgien.
. Nous ne pouvons citer que les principaux ; le nitrate d’argent produit une eschare très superficielle, blanche sur les plaies, noire sur la peau ; la potasse caustique a une eschare noire et molle ; le chloruré de zinc au pâte, de Canquoin détermine rapidement une eschare blanche, dure, dont l’épaisseur assez notable est très régulière.
L’élimination de ces eschares se fait plus ou moins rapidement et ne présente rien de spécial.
4° Gangrènes par températures exagérées. — (V. Brûlures et Froidures).
B. Gangrènes indirectes. — Nos tissus se nourrissent aux dépens d’éléments qui leur sont fournis par le sang, par conséquent si le sang ne leur arrive plus ils meurent par défaut d’apport n utritif; les troubles circulatoires qui engendrent les gangrènes de cet ordre (gangrènes dites indirectes ou spontanées) peuvent dépendre :
a. Du système artériel : ainsi les artères peuvent être oblitérées par une thrombose, une embolie, une ligature ; leur circulation peut être compromise par une artérite, un athérome, une ossification de leurs parois, etc. ;
b. Du système veineux: cependant il est très exceptionnel de voir l’oblitération d’une veine produire la gangrène ;
c. Du système capillaire: c’est ainsi que Raynaud rattache à un spasme des vaisseaux capillaires (ou des petites artérioles) la gangrène symétrique des extrémités.
Nous étudierons ;
1“ La gangrène sénile ou par athérome ;
2“ La gangrène par embolie ou ligature ;
3° La gangrène symétrique des extrémités.
Gangrène sénile. — Cette dénomination s’applique à une gangrène, survenue de préférence chez les vieillards, frappant les extrémités et qui, développée en dehors de toute cause apparente extérieure, reconnaît pour point de départ l’athérome artériel.
Le malade éprouve, au niveau des orteils ou des doigts de pieds, des fourmillements, des crampes, des douleurs-très vives ; en même temps la peau qui les recouvre devient froide, décolorée, violacée ; la gangrène peut être humide, mais elle est le plus souvent sèche ; elle se limite aux orteils, ou bien gagne le pied, la jambe, etc.
Les troubles circulatoires sont très remarquables, les battements des artères ont disparu bien au-dessus des parties gangrenées, ce qui éclaire la pathogénie de ce genre de sphacèle.
Quand la gangrène est limitée, il s’établit dessus d’elle un travail d’élimination souvent puissant, en raison de la présence du tissu os^' à débarrasser le malade des parties mortifiées gré les douleurs qui sont souvent très viveri santé générale n’est pas altérée. ’
On a préconisé contre la gangrène sénile le auin quina en poudre, les fomentations excitantes le saignées locales, l’opium à haute dose, etc l’ors^ que la gangrène n’est pas limitée, toute opération est inopportune ; lorsqu’elle est circonscrite, plu., sieurs chirurgiens conseillent l’expectative, 'd’autres ont recours à l’amputation.
Gangrène par emrolie et par ligature. — Ou sait que les concrétions formées dans le cœur peuvent se détacher, devenir libres dans le torrent circulatoire, s’arrêter dans certaines artères d’un calibre trop étroit pour leur livrer passage et les oblitérer comme le ferait une ligature. Les accidents étant les mêmes dans les deux cas, nous les réunirons dans une seule description.
Les embolies provenant du ventricule gauche sont lancées dans les artères des membres, du cerveau, etc. ; celles qui proviennent du ventricule droit et qui ont été souvent apportées dans l’oreillette droite par les veines caves sont lancées dans les poumons par l’artère pulmonaire.
Dès que l’artère est oblitérée il se produit des fourmillements , de l’engourdissement et bientôt des douleurs très vives dans toute la région qui ne reçoit plus de sang; en même temps elle devient paie, froide, d’aspect cadavérique ; si on explore l’artère, on constate qu’elle ne bat plus, elle forme un cordon dur, roulant sous le doigt, les battements sont également supprimés dans ses principales divisions.
Les désordres fonctionnels dépendent naturellement de l’artère oblitérée: s’il s’agit d’une artère cérébrale, le malade tombe brusquement frappé d’hémiplégie ; s’il s’agit d’une division de l’artère pulmonaire, il survient une dyspnée extrême, etc.; mais quel que soit le siège de l’embolie, au moment où elle oblitère l’artère le malade est pris d’agitation, d’étouffements, de malaise, de vomissements; son cœur fait souvent entendre des bruits dé souffle, etc.
Si la circulation se rétablit par les voies collatérales, les phénomènes s’effacent peu à peu et la région reprend peu à peu son état primitif ; si, au contraire, elle est définitivement arrêtée, la gangrène se produit souvent sous la forme humide.
l.a soudaineté des accidents, les troubles du côté du cœur permettent aisément de distinguer la gangrène par embolie des autres variétés de sphacèle.
3° Asphyxie locale. — Gangrène symétrique bes extrémités. — Maurice Ravnaud a décrit sous ce nom une variété de gangrène sèche, indépendante de toute altération anatomique appréciable du système vasculaire, et afifectant toujours des parties similaires, en général les extrémités (doigts, orteüs, cueilles, etc.).
Cette gangrène s’observe de préférence chez les gens adultes, d’un tempérament lymphatique et nerveux. EUe serait due à un spasme de vaisseaux
capillaires qui arrêterait la circulation dans leur cavité ; le mode d’origine et de distribution des nerfs vaso-moteurs expliquerait la symétrie de la gangrène (Raynaud).
Cette variété de sphacèle présente trois stades dans son évolution :
1“ Le doigt mort. On désigne sous ce nom une espèce de syncope locale, caractérisée par une abolition temporaire de la circulation dans un ou plusieurs doigts ; ceux-ci deviennent, sous l’impression du froid ou sans cause appréciable, nâles, froids, exsangues et insensibles ; cet état dure quelques instants, parfois une ou deux heures, puis il se dissipe sans phénomènes appréciables avec une réaction douloureuse comparable à celle de l’onglée.
2“ Asphyxie locale. — La syncope est plus sérieuse, le doigt prend une teinte livide, bleuâtre, il est le siège de douleurs vives, reste plusieurs jours dans cet état et le retour de la circulation s’accompagne d’une réaction très douloureuse.
3“ Gangrène symétrique. — Ici l’arrêt de la circulation est définitif, il y a gangrène; les doigts sont froids, marbrés de teintes livides, bleuâtres, parcheminés ; le malade y éprouve de vives douleurs ; après plusieurs alternatives le doigt se sphacèle, il est noir, froid ; de petites phlyctènes se montrent à l’extrémité de la phalangette, et il prend un aspect effilé et momifié ; les ongles tombent, la peau se détache en lambeaux durs et épais.
Plus tard une élimination régulière détache les eschares (qui sont souvent plus minces qu’on ne le suppose) et la cicatrisation est plus ou moins rapide.
Chose remarquable, ces phénomènes se montrent parallèlement soit aux orteils, soit aux doigts, soit aux quatre membres, beaucoup plus rarement aux oreilles et au nez, dont la mortification n’est Jamais complète, d’où le nom de gangrène symétrique des extrémités.
Bien que très douloureuse, cette maladie n’exerce aucune influence sur l’état général ; sa marche toujours très longue est en même temps très sujette aux récidives.
Le traitement consiste à recouvrir les parties malades de liquides excitants, aromatiques, de bandes de flanelle. Laugier a conseillé des bains d’oxygène. Nous avons vu, dans le service de Labbé, ce moyen être suivi d’heureux résultats.
On calmera les douleurs par les préparations opiacées, du chloral, etc.
C. Gangrène par altération du sang. — Dans les •gangrènes toxiques ou par altération du sang rentrent la gangrène qui se produit chez les diabétiques, celle qui détermine l’empoisonnement par l’ergot de. seigle, les gangrènes qui surviennent à la suite des fièvres graves, etc.
Ga.xguène diabétique. — Les rapports qui existent entre le diabète et certains états gangréneux ont été surtout bien établis par Marchai (de Calvi).
Mais le mécanisme suivant lequel se fait cette gangrène n’est pas encore élucidé : pour les uns la gangrène diabétique est précédée d’une artérite, d un trouble circulatoire quelconque ; pour d’autres le sang chargé de sucre ne nourrit pas convenable-
DiCTIONNAIRE populaire de médecine DSCELLfi.
ment les tissus et leur •vitalité se trouve diminuée de telle sorte que le moindre traumatisme ou une inflammation quelconque (furoncle, phlegmon, etc.) suffit pour les mortifier.
Cette gangrène se présente sous deux formes : 1“ tantôt c’est un furoncle, anthrax ou phlegmon, qui en est le point de départ ; 2“ tantôt elle éclate spontanément et frappe d’ordinaire les membres inférieurs : la région se gonfle, elle est d’abord chaude et douloureuse, mais ne tarde pas à devenir noirâtre, froide, infiltrée de sérosité et de gaz, recouverte de phlyctènes.
Cette gangrène se limite ou bien eUe enlève le malade. Si la gangrène est circonscrite, l’eschare tombe, mais la cicatrisation est fort lente.
Le diagnostic de sa nature est uniquement basé sur la présence de sucre dans l’urine.
Le traitement sera celui du diabète; la plupart des auteurs repoussent toute intervention chirurgicale (Verneuil, Demarquay).
C.ANGRÈNE PAR LE SEIGLE ERGOTÉ. — Le Seigle ergoté est, pris â une certaine dose (pain fait avec du seigle malade), un véritable poison qui se traduit surtout par des convulsions et de la gangrène.
La gangrène est précédée de quelques symptômes généraux : c’est une sorte d'ébriété, d’hébétude comparable à celle des fumeurs d’opium, puis les malades se plaignent d’engourdissements, de crampes, de contracture, d’une chaleur insupportable, et bientôt d’un froid très vif dans les membres.
C’est alors que se manifeste la gangrène : les membres inférieurs deviennent insensibles, la peau devient rouge, violacée, puis noire et comme momifiée. En même temps on observe des mouvements convulsifs, du délire, du coma.
Si le malade ne succombe pas, la gangrène se limite et les eschares se détachent en laissant après elles des mutilations plus ou moins étendues.
On fera immédiatement cesser l’usage du pain avarié et on prescrira des vomitifs, puis des toniques et du café ; le traitement local ne présente pas d’indications particulières.
Gangrène dans les fièvres. — La plupart des fièvres septiques diminuent la résistance vitale de l’organisme à un tel point qu’il est fréquent d’observer des gangrènes, soit dans leur cours, soit pendant la convalescence; ces gangrènes sont tantôt limitées aux régions habituellement comprimées (sacrum, talon, grand trochanter), tantôt elles se produisent dans d’autres Meux. On sait combien elles sont fréquentes dans le cours de la convalescence de la fièvre typhoïde. Leur pronostic est toujours grave. D' Léon moynac.
GARANCE. — La garance, plante herbacée de la famille des rubiacées, qui croît en Italie, en Grèce, en Espagne et en France, où on la cultive beaucoup en Alsace, dans le Vaucluse et dans l’Hérault, est surtout remarquable par sa racine rougeâtre (la seule partie de la plante employée) dont on se sert pour la teinture des étoffes, principalement du drap avec lequel on fait des pantalons rouges de nos soldats. Très employée par l’ancienne médecine dans une foule de maladies très diverses (dysenterie, sciatique, coxalgie, scrofule, leucorrhée, lOS
GAR
GAR
chlorose, jaunisse, etc.), conseillée d’une façon tout à fait empirique par Raspail contre la scrofule.
la garance est aujourd’hui complètement abandonnée comme médicament. p. l.
GARCINIA. — (V. Gomme-gutte.)
GARDE-MALADE. — La garde-malade n’a pas besoin d’être définie, mais il est bon et utile d’énumérer les qualités qu’elle doit réunir. Fonssagrives les a fort bien résumées. « Je ferai volontiers de la garde-malade type le portrait suivant, dit notre confrère : qu’elle soit d’âge moyen pour n’avoir ni la pesanteur de la vieillesse, ni l’étourderie d’une jeune femme ; qu’elle soit d’une propreté et d’une exactitude irréprochables ; qu’elle fasse le moins de bruit possible, c’est-à-dire qu’elle ne tienne ni à se faire remarquer, ni à déployer un zèle ostensible ; qu’elle n’ait rien de repoussant dans la figure, rien de rude dans la voix ou de grossier dans les manières ; qu’elle ne parle que lorsqu’on l’interroge ; qu’elle ne fasse ni médecine ni théorie ; qu’elle constate et qu’elle n’interprète pas ; que sobre d’exigences personnelles elle ne dérive pas, à son profit, une partie de l’activité de la maison ; enfin qu’elle soit intelligente, car sans intelligence, on ne fait rien de bien, pas même les choses è.e cœur. » Voilà l’idéal . que l’on rencon¬
tre, malheureusement pour les malades, beaucoup trop rarement. P. L.
véhicule, très rarement le lait, le vin la hii. vinaigre ou l’alcool affaibli. ’
La préparation des gargarismes se fait • nar lution avec les substances solubles dans telles que les gommes, les extraits, les sels • ^ mixtion avec le vin, les teintures, les alcoôJf par infusion avec les substances aromatiques l’ à texture tendre ; par décoction avec les matièr^ dures ou peu solubles ; par ces quatre modes réu nis, lorsque plusieurs substances pour être combi' nées exigent des traitements divers. Le véhicule est donc très facile à trouver puisqu’il s’agit d’employer à volonté un liquide quelconque, de l’eau une tisane , une solution, etc. Il constitue aussi là condition, sine quà non, car il n’est pas possible de faire un gargarisme sans véhicule. Mais il est rare que le véhicule le forme à lui seul; le plus souvent on y ajoute un ou plusieurs principes actifs, comme le chlorate de potasse, l’alun, le borax un ou plusieurs édulcorants, comme le miel, le sirop de miel, le miel rosat, le sirop de mûres, les sirops en général.
Règle générale, le poids moyen d’un gargarisme doit être de 150 à 500 grammes, à prendre froid ou tiède, par gorgées ou par cuillerées, de quart d’heure en quart d’heure ou de demi-heure eu demi-heure, dans les affections de la bouche, des amygdales, dû voile du palais et de la partie supérieure du pharynx. A cet effet, on prend dans la bouche une cuillerée de la liqueur médicamen- teuse, on renverse la tête en arrière pour la faire descendre jusqu’au fond de l’isthme du gosier, puis on produit un mouvement lent d’expiration de manière à imprimer à la colonne liquide de légères secousses ; dès ce moment, un son de glouglou se fait entendre et persiste jusqu’à la fin de l’expiration. Alors, de deux choses l’une : ou bien on rejette le liquide au dehors ; ou bien on abaisse la tête, on ferme la bouche, on fait venir le liquide en deçà du voile du palais, derrière les arcades dentaires, on exécute deux ou trois mouvements respiratoires par les narines et on recommence le son du glougou comme nous l’avons indiqué. Les enfants en bas âge n’étant pas capables de se gargariser, on leur fait préparer des gargarismes qu’ils prennent par cuillerées comme des potions. 11 est d’ailleurs un certain nombre de ces médicaments dont il est bon d’avaler quelques cuillerées pour produire sur l’affection morbide de meilleurs effets. D" Marc. Gambouuves.
GARDON. — On donne ce nom à un petit poisson blanc, à écailles assez grandes, d’un éclat argenté très vif sur tout le corps sauf sur le dos qui est verdâtre, très commun dans nos rivières, dont la chair d’un goût agréable est digestible, mais a l’inconvénient d’être remplie d’un grand nombre de petites arêtes. Le gardon se mange frit ou en matelote. P- L-
GARGARISMES. — On désigne sous le nom de gargarismes des médicaments magistraux liquides, de nature et de composition variables, destinés à combattre les maladies de la bouche, de la gorge et du pharynx. L’eau leur sert ordinairement de
GARGOUILLEMENT. — Nom donné au bruit qui se produit dans les intestins, lorsque des gaz traversent, sous forme de bulles, les matières alimentaires qui y sont contenues. On appelle encore gargouillement le bruit que l’on perçoit par l’auscultation dans les poumons des phthisiques atteints de cavernes. P. l.
GAROU. — Le garou, appeUé aussi daphné ou sainôow, est un arbrisseau de la famille des thymélacées, très commun dans les terrains incultes du midi de la France, surtout du Languedoc, dont l’écorce brune et légèrement grisâtre, mince, ù odeur faible et nauséeuse, à saveur amère puis
GAS
GAS
chaude, brûlante et corrosive très persistante renferme une matière resineuse et une huüe «crasse vésicante.
Inusité à l’intérieur malgré ses propriétés dras- ^ tiques, le garou sert a peu près exclusivement à Préparer une pommade epispastique destinée à entretenir les vésicatoires. Encore ne s’en sert-on nlus guère aujourdhui et lui préfère-t-on avec juste raison le fa^ier epispastique Albespeyres (V ce P.L.’
GARÜS (ÉLIXIR DE). L’élixir de Garus est une liqueur composée de :
Aloès socotrin . . .
Myrrhe .
Girofles .
Muscade .
Cannelle de Ceylan.
Safran . .
VaniUe . .
1 gramme 0,40 centigr.
2 grammes
1 gr. 40 centigr.
0,40 centigr.
que l’on concasse et qu’on fait macérer pendant quatre jours dans :
Alcool à 80“ . 1000 grammes
puis qu on filtre et qu’on additionne de sirop de sucre en quantité variable suivant le degré d’alcool que l’on veut conserver à l’élixir.
Le Garus est stimulant, stomachique et digestif et peut très bien remplacer la chartreuse, p. l.
GASTRALGIE. — Nous définirons la gastralgie une névrose douloureuse de l’estomac, accompagnée de troubles digestifs sans lésion appréciable de ce viscère, plus fréquente dans les villes qu’à la campagne, qui atteint de préférence les personnes nerveuses et surtout les femmes.
La gastralgie peut être déterminée par toutes les causes susceptibles d’irriter la muqueuse de l’estomac : alimentation insuffisante ou trop abondante, écarts de régime et excès de table, abus des épices, des vins généreux purs, des liqueurs alcooliques, du thé, du café, de la bière, etc.lElle reconnaît aussi pour cause les passions vives, les émotions dépressives, les fatigues de l’esprit, les veilles prolongées, la masturbation, les excès de coït, etc. On l’observe très souvent chez les anémiques, les chlorotiques, les hystériques, les hypochondriaques, les phthisiques ; chez les individus atteints de fièvres intermittentes, chez ceux qui sont sous l’influence de l’intoxication par le plomb, le mercure, etc. EUe est aussi fréquente chez les arthrétiques, les rhumatisants et les goutteux; souvent elle survient chez les malades qui font un usage prolongé de certains médicaments, tels que le sulfate de quinine, les balsamiques, etc. Enfin la grossesse, la lactation, certaines maladies de l’appareil génital chez la femme, telles que les métrites, l’aménorrhée, la dysménorrhée, sont des causes fréquentes de gastralgie.
Deux ordres de symptômes caractérisent la gastralgie : 1“ des accès douloureux; 2° des troubles digestifs.
Les accès douloureux peuvent débuter brusquement; mais d’ordinaire ils s’annoncent par du ptyalisme, des nausées, de la salivation, puis le
malade ressent une douleur- aiguë, lancinante ou déchirante , brûlante , rongeante , ayant son maarnum d’intensité dans le creux de l’estomac, et s irradiant vers les parois thoraciques, le ventre, le dos, les reins, ■ dont la violence est parfois assez grande pour produire l'angoisse et la syncope. En même temps, cette douleur est exagérée par une pression légère avec le doigt et calmée, au contraire, lorsque cette pression est graduée et exercée avec la pomme de la main. L’épigastre est soulevé et balonné ; souvent, au contraire, il se rétracte fortement. Après avoir duré plus ou moins longtemps, de quelques minutes à quelques heures, la douleur disparaît tantôt instantanément, tantôt lentement et peu à peu, et la fin de l’accès peut être accompagnée de bâillements, d’éructations gazeuses inodores, de sueurs, etc.
Quant aux troubles digestifs, ils peuvent manquer porfois, mais le plus souvent on observe de la dyspepsie, de V inappétence, des nausées; la chaleur brûlante, atroce, qui se produit au creux de l’estomac et remonte dans la gorge, s’accompagne du rejet, sans effort, par la bouche, d’une certaine quantité de matière liquide , incolore, tantôt insipide, tantôt d’une saveur acide ou très salée, appelée pyrosis. Il existe aussi des troubles fonctionnels remarquables, tels que l’exagération de la faim ou de la soif, une perversion du goût qui porte les gastralgiques à se nourrir exclusivement d’aliments inusités : cornichons, poivre, sel, vinaigre, etc., ou à avaler les corps les plus divers : plâtre, charbon, pierre, papier, etc. La constipation est habituelle.
La gastralgie a une durée variable. Elle peut se dissiper d’elle-même ou persister pendant des mois et des années, suivant la cause qui l’a engendrée. Son pronostic n’est pas grave, en ce sens qu’on ne meurt pas d’une gastralgie , mais lorsqu’elle dure longtemps, que sa marche est lente et continue, elle exerce sur la nutrition et sur les fonctions psychiques une influence fâcheuse.
Lorsqu’on se trouve en présence d’une gastralgie, il faut tout d’abord songer à bien reconnaître la cause véritable sous la dépendance de laquelle elle se trouve (chlorose, anémie , rhumatisme, goutte, phthisie, aménorrhée, dysménorrhée, inappétence, dyspepsie, etc. (V. ces mots), et instituer le traitement rationnel réclamé par chacune de ces affections, ce qui suffira presque toujours à guérir la gastralgie.
En dehors de ce traitement rationnel, on ne peut faire que la médecine des symptômes. Au moment de l’accès, il faut avoir recours aux préparations opiacées, soit en potion, soit en lavement ; on fera des applications de linges très chauds sur le creux de l’estomac. Dans les cas graves, on se trouve bien des inhalations de chloroforme et d’éther. On a aussi employé avec succès la valérianate {valérianate de Pierlot), la belladone, le bromure de potassium {sirop de Laroze), la strychnine, etc. Les courants électriques continus rendent parfois de très grands services : pour les appliquer, on place le pôle positif au niveau des dernières vertèbres cervicales, et le pôle négatif sur le creux épigastrique, un peu au-dessous du point douloureux. Les séances ne doivent pas durer plus de six à huit minutes.
D“ Paul Labarthe.
GAS
GAS
gastrique (EMBARRAS). — L’embarras gastrique mique est beaucoup plus irrégulière que cell est une maladie caractérisée par l’inflammation fièvre typhoïde. L’incertitude sera d’aille^ catarrhale de la muqueuse de l’estomac. courte durée, car le catarrhe stomacal Les causes de cette affection, qui est certaine- en quelques jours. ™ende
ment la plus commune de cet organe, reconnaît Le traitement de l’embarras gastrique plusieurs causes, en première' ligne; citons les dans l’administration d’un vomitif. O’^siste
changements brusques de température ; dans cer- ,
taines constitutions médicales, on voit les embarras . !•
gastriques régner d’une façon épidémique. Les e .que . centigrammes.
écarts de régime, certains aliments fortement épi- ou d’un éméto-cathartique: cés, les crustacés (écrevisses, homards, langoustes) Ém^tinne m
le gibier, l’abus des boissons alcooliques l’engen- sulfatJdê soude.’ .■;.■.■■■■■ 4 TZIT'"'
drent souvent. 11 en est peut-être de même de cer- • • - b uiuies.
taines pratiques contraires à l’hygiène (lecture du- H est sage de faire succéder au vomitif un purrant les repas, travaux pénibles pendant la diges- gatif salin, sulfate de magnésie, eau de ftubi. tion, etc.) nat, etc., on fera boire au malade des boissons dé-
Sauf les cas où il résulte d’écarts de régime, layantes, acidulées froides. Pendant la convalesl’embarras gastrique s’annonce par un peu de ma- cence, on ne fera usage que de mets faciles à digélaise et d’inappétence, puis la maladie se caracté- rer. Dr moynac.
rise par une céphalalgie vive, frontale, s’exaspérant par le bruit et la lumière ; la langue est re- GASTRIQUE (sucj. — (V. Suc gastrique.) couverte d’un enduit blanchâtre qui donne^ un
goût amer à tous les aliments; il existe d’ailleurs GASTRITE. — La gastrite est une inflammation une anorexie complète, accompagnée d’une soif des tuniques muqueuse et celluleuse de l’estomac ardente et d’un vif désir de boissons acidulées, c’est une maladie aussi rare que Broussais la L’épigastre est sensible à la pression ; il survient croyait fréquente ; il faut se garder de la confondre quelques nausées et vomissements dont l’odeur est avec Vembarras gastrique qui est l’inflammation généralement très fétide. Nous avons vu, en effet, catarrhale de la muqueuse de l’estomac et qui est que le suc gastrique ayant perdu son acidité, ne une des maladies des plus communes, pouvait plus, remplir son rôle; aussi les aliments On peut admettre plusieurs variétés de gastrites:
subissent-ils dans l’estomac une sorte de décompo- 1“ la gastrite toxique ; 2° la gastrite swp’pur^atwé;
sition putride, c’est ce qui cause la fétidité parti- ldi gastrite chronique oa gastrite des buveur s.
culière de l’haleine et des éructations qui sont fré- La gastrite se produit : 1“ sous l’influence des
quentes. poisons. Parmi les substances toxiques, il en est
La constipation est habituelle, mais parfois sur- qui détruisent immédiatement les éléments anato-
vient une diarrhée qui est d’un heureux présage ; miques de l’estomac ; c’est plutôt un sphacèle
car, de même que l’herpès de la face et les sueurs qu’une inflammation : tels sont les acides sulfu-
profuses, elle constitue un phénomène critique. rique, nitrique, chlorhydrique, l’ammoniaque, etc. La durée de la maladie est de quatre à six jours. D’autres irritent à un très haut degré et les enflam- Mais à côté de cette forme légère, il en est une un ment réellement ; tels sont les sels d’argent, de peu plus sérieuse, c’est l’embarras gastrique fébrile, mercure, de cuivre, l’acide arsénieux, le phos- Les symptômes sont les mêmes, mais il vient s’y phore, etc. Les liquides trop chauds agissent de la joindre un mouvement fébrile à exaspération ves- même manière. ■
pérale ; la température peut atteindre 39 et même 2° On a vu des gastrites se produire dans le cours 40 degrés, mais elle présente une rémission mati- de certaines affections graves (typhus, variole, pionale à peu près complète. On a signalé la présence hémie).
de taches d’un bleu ardoisé, siégeant surtout sur 3“ La gastrite chronique se développe chez les la paroi antérieure de l’abdomen et la base de la alcooliques ; elle coïncide avec le catarrhe chro-
poitrine. On peut voir des taches semblables dans nique de la muqueuse si fréquent chez ces gens-là;
les fièvres typhoïde et paludéenne. l’inflammation s’étend de la tunique muqueuse à la
Surtout dans les pays chauds, on voit l’embarras tunique celluleuse, gastrique se compliquer d’un état bilieux (teinte Dans la gastrite toxique et par brûlure, les
ictérique, vomissements bilieux, gonflement du lésions ne sont point bornées à l’estomac ; la.
foie, diarrhée bilieuse); sa durée est souvent de bouche, le pharynx, l’œsophage et même l’intestin deux septénaires ; il en est de même de l’embarras présentent d’ordinaire des altérations semblables, gastrique fébrile. Ces altérations offrent quelques variétés suivant la
L’embarras gastrique fébrile est parfois très diffi- nature de la substance toxique, la durée ou les cir-
cile à distinguer immédiatement d’une fièvre ty- constances de son application. On trouve deses-
phoïde. Cependant les vomitifs guérissent très rapi- chares dont la profondeur variable peut se limff®''
dement l’embarras gastrique, ils ne peuvent qu’a- aux parties les plus superficielles de la muqueuse,
mender une fièvre typhoïde. La température s’élève ou comprendre toute son épaisseur et même les
dans l’embarras gastrique, plus rapidement que tunique celluleuse et musculeuse. Ces eschares
dans la fièvre typhoïde, elle présente une rémis- sont jaunes, blanches, noires ou d’un brun version matinale beaucoup plus marquée que dans dàtre (suivant le poison); sur leur pourtour, li?^
cette dernière affection ; de plus, sa marche ther- tissus sont fortement hyperhémiés ou^ échymosés.
GAS
Enfin la paroi de 1 estomac peut être complètement détruite ; son contenu s’épanche alors dans le péritoine, qui présente les traces d’une inflammation
suraiguë.
Si les lésions ne sont pas mortelles, les parties détruites sont remplacées par des cicatrices dont la rétraction peut avoir les plus fâcheuses conséquences.
Dans la gasfrite suppurative, l’altération caractéristique consiste dans la présence d’une certaine quantité de pus infiltré dans les mailles de la tunique celluleuse , la muqueuse est hyperhémiée, la tunique musculaire ramollie et décolorée, tout le péritoine qui tapisse l’estomac est épais et adhérent.
Dans la gastrite chronique ou gastrite des buveurs, la tunique celluleuse est indurée, épaissie, la paroi de l’estomac a perdu toute souplesse ; à la coupe, elle présente un aspect lardacé. Cette variété de gastrite n’est pas rare chez les buveurs.
La gastrite toxique éclate au milieu d’une santé parfaite par de violents troubles gastriques. Presque immédiatement après l’ingestion du poison se manifeste une douleur stomacale atroce, intolérable ; il survient des vomissements abondants mêlés à du sang, puis des coliques et des selles sanguinolentes.
Si l’action du poison est assez violente pour entraîner la mort, le malade tombe, après quelques heures de cette horrible souffrance, dans un état de collapsus, sa face est pâle, une sueur visqueuse couvre son corps, la température s’abaisse, et la mort arrive vite. Dans d’autres cas, les accidents présentent les mêmes caractères, mais leur intensité est bien moindre ; cependant la fièvre s’allume, et l’on voit se dérouler rapidement les accidents d’une péritonite qui se produit soit par voisinage, soit par perforation. Mais la péritonite peut bien ne point se produire, et malgré son absence tout danger n’est point évité, car l’estomac rejette tout aliment, et le malade succombe dans le marasme. Cependant dans bien des cas le malade guérit, l’estomac devient plus tolérant; mais la convalescence est toujours longue et le rétablissement imparfait, car la rétraction des brides cicatricielles gêne le passage des aliments. Les rétrécissements sont très fréquents dans cette circonstance.
Dans la gastrite des buveurs les symptômes sont ceux de la dyspepsie chronique; il s’y joint une rénitence toute spéciale des parois de l’estomac, capable de faire croire à l’existence d’un cancer si la longue durée de la maladie et la conservation d’un état général relativement bon ne venaient mettre à l’abri contre une semblable erreur.
Si un poison a été avalé, hâtez-vous de provoquer le vomissement, respectez-le s’il se produit spontanément; faites prendre immédiatement un blanc d’œuf, on en trouve partout, et l’on ne perd pas de temps, puis administrez le contre-poison convenable : pour l’arsenic, la magnésie ou le sesquioxyde de fer hydraté ; pour l’antimoine, les astringents et la noix de galle ; pour le cuivre et le mercure, le fer réduit ; pour le phosphore, l’eau de chaux, etc. En même temps, administrez la glace iniiLs et extra.
GAU
L’alimentation du malade est chose difficile : ayez recours au régime lacté et aux lavements nutritifs.
Quant à la gastrite des buveurs, la première indication consiste à écarter la cause de la maladie, c’est-à-dire d’interdire l’alcool et le tabac, puis à forcer le malade à suivre une bonne hygiène alimentaire, à faire des repas légers, peu copieux et suffisamment espacés, à boire beaucoup de lait. Ensuite on institue la médication proprement dite, qui comprend la médication directe par les révulsifs et les dérivatifs (vésicatoires, cautères ou frictions vives avec le croton tiglium, etc.) et la médication directe agissant directement sur la muqueuse de l’estomac, et qui n’est autre que celle de la dyspepsie (V. ce mot). D' Léon Motnac.
GASTRO-ENTÉRITE. --- Nom donné à l’inflammation simultanée de l’estomac et des intestins, dans laquelle les symptômes de ces deux affections se compliquent et s’aggravent mutuellement (V. Gastrite, Entérite). p l.
GASTRORRHAGIE. — On donne ce nom à l’hémorrhagie qui se fait dans la cavité de l’estomac, chez les individus atteints d’ulcère ou de cancer de cet organe, et qui produit le vomissement de sang ou hématémèse (V. ce mot). p. l.
GASTROTOMIE. — Ce mot, employé jadis pour désigner l’ensemble des opérations chirurgicales qui se pratiquent sur la cavité abdominale {entérotomie, hystérotomie , laparotomie , ovariotomie (V. ces mots), ne sert plus aujourd’hui qu’à désigner l’ouverture de l’estomac.
On fait la gastrotomie pour établir sur les parois de l’estomac une ouverture permanente destinée à permettre l’introduction des aliments pour nourrir les malades chez lesquels aucun aliment, aucun liquide, avalé par la bouche, ne peut arriver dans l’estomac, par suite d’un rétrécissement de l’œsophage ou d’un cancer du cardia. On pratique aussi cette opération pour extraire de l’estomac un corps étranger, couteau, cuiller, fourchette, etc. Tout le monde se souvient de l’homme à la fourchette si heureusement opéré en 1874 par notre savant ami, l’habile chirurgien Léon Labbé, en présence de Larrey et Gosselin.
La gastrotomie est une opération très grave et très délicate, rarement pratiquée, qui nécessite un manuel opératoire plein de difficultés, dont nous ne croyons pas utile de donner les détails dans un dictionnaire de la nature de celui-ci. p. l.
GATEAUX. — (V. Pâtisseries.)
GATEUX. — On donne ce nom aux vieillards et aliénés atteints d’incontinence d’urine et souvent aussi d’incontinence de matières fécales. p. l.
GATTILIER. — (V. Agnus caslus.)
GAUDES. — On donne ce nom à une bouillie faite avec de la farine de maïs et du lait, ou avec cette même farine, de l’eau et du beurre, que l’on
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