‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 204 sur 206 · OXALIQUE · texte numérisé non relu

OXALIQUE

1® Gravelle urique. — La gravelle urique, ou gravelle rouge, est le résultat d’une diathèse, delà diathèse urique, c’est-à-dire d’un vice général de la nutrition par suite duquel les matériaux azotés de notre organisme, au lieu d’être convenablement brûlés, de manière à former de l’urée, ne le sont que d’une façon incomplète et forment de l’acide urique, produit d’élimination moins brûlé que l’urée. Quant à déterminer la cause de ce vice nutritif, on n’y est pas encore arrivé. •

Le sable et les concrétions formées par l’acide

Fig. 547. — Acide urique.

urique et les urates sont d’un rouge brun ou jaunâtre. Ils sont . formés par l’acide urique presque pur, soit par des uràtes d’ammoniaque, de soude, dr chaux, de magnésie.

Le sable formé par l’acide urique ou l’urate de soude se présente au microscope sous l’aspect de

grains très petits et amorphes qui se dissolvent dans l’eau bouillante, ce qui les distingue des phosphates terreux ; tantôt ce sont des lamelles rbomboédriques (acide urique); tantôt et lorsque le sable est formé d’urate de soude, il constitue au fond du vase un dépôt rouge bnque composé de granulations amorphes ou de petites étoiles roses.

On peut encore rencontrer dans Turine de l’urate d’ammoniaque, mais pour cela il faut que l’urine

soit alcaline; tandis que l’acide urique et Turate-de soude ne se rencontrent que dans une urine acide.

Fig. 549.

Urate d’ammoniaque (d’après RoWn et Verdeil).

Les cristaux d’urate d’ammoniaque se présentent sous l’aspect de petites sphères toutes hérissées d’aiguilles longues et pointues.

2“ Gravelle phosphatiqüe. — La gravelle phosphatique, ou gravelle blanche, est le résultat d’une inflammation de la muqueuse qui tapisse les voies urinaires. En effet, le muco-pus produit par cette inflammation agit comme ferment sur l’urée et la dédouble en eau et en carbonate d’ammoniaque ;

Fig. 550.

Cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien.’

or, en présence de l’ammoniaque, le phosphate de magnésie, qui se trouve normalement dans l’urine et qui y est dissous, passe à l’état de phosphate de chaux ammoniaco-magnésien qui, étant insolub e

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dans les liqueurs alcalines, se précipite ; car les urines catarrhales ont une réaction alcaline. Le phosphate de chaux, qui se trouve normalement dans l’urine, mais qui n’y reste dissous qu’en raison de l’acidité de ce liquide, se précipite dès que l’urine devient alcaline.

La gravelle phosphatique est -donc formée de phosphates ammoniaco-magnésiens et de phosphates de chaux, et son point de départ est une inflammation primitive des voies urinaires et surtout de la vessie.

Le sable et les concrétions formées par les phosphates présentent une couleur blanchâtre [gratelle blanche). Ils ne peuvent se rencontrer que dans l’urine alcaline, puisque ‘les acides dissolvent les phosphates terreux. Les sédiments de phosphate de chaux ont souvent l’aspect de flocons blancs transparents, à limites peu précises, inais les phosphates ammoniaco-magnésiens sont au contraire remarquables par leur netteté; les sédiments qu'ils forment dans les urines ammoniacales sont blanchâtres , et au microscope on voit qu’ils sont constitués par des prismes à base rhomboïdale ayant la forme des pyramides tronquées ; ils se dissolvent aisément dans les acides.

3“ Gravelle oxalique. — La gravelle oxalique, beaucoup plus rare que les précédentes, paraît dépendre en grande partie de l’alimentation ; plu-

Fig. Soi.

Cristaux d’oxalate de c-haux.

sieurs végétaux, surtout l’oseille, le cresson, la tomate, certains médicaments tels que la.rhu barbe, renferment de l’acide oxalique, qui ne se détruit qu’imparfâitement dans l’organisme, et qu’on retrouve dans l’urine à l’état d’oxalate de chaux. Mais cette origine n’est probablement pas la seule, et plusieurs auteurs croient que la gravelle oxalique peut se former sous des influences étrangères à l’alimentation et qui nous sont inconnues.

Généralement formées d’oxalate de chaux, les concrétions oxaliques forment un sédiment blanchâtre, et, au microscope, on voit qu’ils ont une forme octaédrique, qu’ils sont marqués d’une croix, formée de deux diagonales, ce qui les a fait comparer à une enveloppe de lettre.

Quelles sont les causes de la gravelle ? r gravelle est l’expression d'une prédispusiiion or« ^ nique spéciale désignée sous le nom de diatht urique, diathèse qui est innée, on acquise sousl’in^ fluence des conditions qui déterminent la produc tion de l’acide urique, c’est-à-dire alimentation trop fortement azotée et vie sédentaire. Les mani festation de cette diathèse, dont la nature intime nous échappe, se développent sous l’influence de certaines conditions que nous allons expliquer.

Age et sexe. — Bien que les calculs de la vessie soient fréquents dans l’enfance, la gravelle proprement dite est rare à cet âge ; on l’observe bien plus fréquemment dans l’âge adulte et surtout chez les vieillards. L’influence du sexe est encore bien plus accentuée que celle de l’âge : ainsi la gravelle est très rare chez la femme. Sur 380 observations, Durand-Fardel n’a trouvé que 63 femmes pour 263 hommes.

La gravelle est héréditaire comme la goutte, avec laquelle elle présente d’ailleurs de telles affinités, qu’on peut les considérer comme les expressions d’une même diathèse ; or, de même que la goutte héréditaire se révèle de dix-huit à trente ans, tandis qu’il est rare que la goutte acquise apparaisse avant' quarante ans, de même la gravelle se manifeste beaucoup plus tôt lorsqu’elle est héréditaire que lorsqu’elle est acquise.

L’influence héréditaire peut encore se présenter sous des aspects divers : ainsi le fils d’un goutteux sera atteint de gravelle ou dé diabète et réciproquement. La gravelle est plus fréquente dans certains pays que dans d’autres ; la température n’est probablement pour rien dans ces difl'érences, puisque les graveleux sont aussi nombreux à Moscou qu’en Egypte, et que, d’ailleurs, notre corps a sous tous les climats la même température ; il est plus probable que ces différences sont en rapport avec la nature de l’alimentation.

L’alimentation et l’hygiène ont sur la production de la gravelle une énorme influence; on sait en effet que l’acide urique, dont la présence en excès constitue le caractère anatomique essentiel de la gravelle urique et de la goutte, est le résultat d’une combustion imparfaite des matières azotées qui, incomplètement oxydées, dorment de l’acide urique au lieu de produire de l’urée, ainsi que cela a lieu normalement. 11 faut donc s’attendre à trouver un excès d acide urique chez les gens qui, d’une part, se nourrissent avec des substances azotées, et d’une autre part, mènent une vie sédentaire, très défavorable à l’activité de la respiration et des combustions ou oxydations organiques.

Aussi la gravelle urique est-elle commune chez les gens riches qui font abus d’aliments azotés (viande, gibier), de vins généreux, de liqueurs spiritueuses, et en même temps mènent une vie. oisive et sédentaire ; elle est au contraire très exceptionnelle chez les gens de la campagne qui mangent peu de viande et font beaucoup d’exercice.

Quant à la gravelle phosphatique, nous avons répété qu elle se rattachait au catarrhe des voies urinaires; ses causes se confondent donc avec celles de ce catarrhe.

Quels sont les symptômes de la gravelle ? — R

suffit d’examiner Turine pour reconnaître l'existence de la gravelle ; en effet, vous trouvez au fond du vase du sable qui est rouge si la gravelle se compose d’acide urique ou d’urates, blanchâtre et floconneux et mêlé à du muco-pus si la gravelle est phosphatique, et également blanc si la gravelle est formée d’oxalate de chaux. Dans le premier cas, l’urine est acide ; dans les deux derniers elle est alcaline (vous reconnaissez cet état de l’urine à l’aide du papier de tournesol). Enfin l’examen microscopique vous révèle la forme spéciale des grains formés par ces différents sels.

La gravelle peut exister pendant longtemps sans occasionner le moindre trouble fonctionnel, mais en général les malades éprouvent des douleurs sourdes dont le rein est le foyer et qui s’irradient en divers sens (les douleurs sont ordinairement unilatérales). Ces douleurs surviennent spontanément ou à l’occasion d’un écart de régime, d’un excès, d’un exercice un peu violent ; souvent elles s’apaisent lorsque le malade expulse une certaine quantité de sable. Par exception, elles peuvent provoquer des nausées et des vomissements (mais ceux-ci appartiennent plus spécialement aux concrétions d’un certain volume) et déterminent un sentiment d’ardeur dans le canal de l’urèthre; l’urine peut être teintée de sang, parfois même le malade rend du sang et du pus (V. Hématurie).

Ceci s’observe surtout dans la gravelle urique. Quant à la gravelle'phosphatique, ses symptômes se confondent avec ceux du catarrhe des voies urinaires qui l’engendrent (V. Cystite).

La lithiase rénale est une maladie essentiellement chronique présentant de longues, périodes d’apaisement et d’exacerbation, et alternant, ainsi que nous l’avons vu, soit avec des attaques de goutte, soit avec diverses éruptions cutanées : le traitement exerce d’ailleurs une. très favorable influence sur ses manifestations et sa durée, qui cependant est presque toujours indéfinie, tant il est difficile de transformer complètement cet état de l’organisme dont elle est l’expression.

Colique néphrétique. — Lorsque les concrétions urinaires se ^sont agglomérées de manière à former dans les reins des calculs d’un certain volume, leur passage à travers l’uretère détermine des accès douloureux désignés sous le nom de coliques néphrétiques.

La colique néphrétique peut éclater brusquement chez une personne qui ne souffrait point des voies urinaires ; le fait est rare. Il est bien plus ordinaire de voir ces coliques se produire chez des gens déjà atteints de gravelle et qui depuis un certain temps souffrent des reins.

L’accès s’annonce par une douleur presque toujours unilatérale qui occupe ' la région lombaire ; cette douleur acquiert très vite un haut degré d’acuité ; elle s’étend vers les cuisses, vers le testicule qui est rétracté ; il survient, par action réflexe, des nausées, des vomissements et quelquefois même des convulsions : la dcyileur devient affreuse, car le calcul, poussé par l’urine, déchire de plus en plus la muqueuse de l’uretère, le malade se roule par terre, gémit et ne sait comment exprimer ce qu’il souffre.

La sécrétion de l’urine n’est pas suspendue, car il est bien exceptionnel que deux accès viennent simultanément obstruer les deux uretères, qu’une action réflexe détermine la contraction spasmodique de l’uretère opposé, ou que le malade n’ait qu’un seul uretère. Le malade rend avec effort quelques gouttes d’une urine tantôt claire, tantôt trouble et sanguinolente. Pendant l’accès, le pouls reste calme.

L’accès peut durer plusieurs heures, parfois vingt-quatre heures; la douleur peut disparaître brusquement et être remplacée par un sentiment particulier de bien-être ; ce signe permet d’affirmer que le calcul a franchi l’uretère et qu’il est tombé dans la vessie. Presque aussitôt le malade rend une grande quantité d’urine, et au fond du vase se trouve le corps du délit; pàrfois il n’est rendu qu’après plusieurs mictions. S’il n’est pas expulsé, son séjour dans la vessie peut devenir fort fâcheux et être le point de départ d’une pierre vésicale.

Au lieu de se terminer brusquement, l’accès peut se calmer peu à peu ; mais si le calcul reste enclavé dans l’uretère, il en résulte une pyélo-néphrite extrêmement violente avec ses conséquences possibles de rupture, d’hydronéphrose, d’infiltration urineuse, de péritonite, etc.

Il peut se faire que l’accès ne se reproduise pas, mais le fait est rare.

Quel doit être le traitement de la gravelle et des coliques néphrétiques? — Les indications que présente le traitement de la graveUe doivent se grouper sous deux chefs : A. Les unes comprennent les moyens hygiéniques et thérapeutiques propres à prévenir la formation du sable urinaire ;— B. Les autres comprennent le traitement -des coliques néphrétiques.

A. Traitement de la gravelle proprement dite. — 11 faut d’abord distinguer la gravelle rouge et la gravelle blanche. [Procédant de points de départ très distincts, elles présentent des indications thé- , rapeutiques très différentes.

A. — Gravelle roüge oü urique. — La gravelle rouge se rattache à l’excès d’acide urique dans le sang, il faut donc pour la combattre : 1® diminuer la quantité de substances albuminoïdes dont l’oxydation incomplète engendre l’acide urique ; 2' activer l’oxydation de ces substances ; 3“ favoriser la dissolution et l’élimination du sable déjà formé.

d O Pour diminuer la quantité des substances albuminoïdes, le graveleux doit se soumettre à un régime alimentaire spécial, il s’abstiendra autant que possible de viandes noires, des œufs, des liqueurs, des vins de Bourgogne et du Midi, et il choisira de préférence les légumes, les viandes blanches, le lait, les. vins légers de Bordeaux.

2“ Pour activer l’oxydation des substances albuminoïdes il faut recourir à tous les moyens qui favorisent les fonctions respiratoires et circulatoires, c’est-à-dire à l’exercice musculaire sous toutes les formes , marches prolongées , gymnastique, frictions énergiques, hydrothérapie.

3“ Pour dissoudre le sable et favoriser son élimination on a recours à l’usage des lithontriptiques, des dépurateurs et des diurétiques.

Parmi les lithontriptiques, nous citerons le bi-

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carbonate de soude et le carbonate de lithine, et encore le premier de ces sels agit-il probablement comme simple diurétique. Le carbonate de lithine paraît avoir une action lithontripliqne plus certaine, ainsi que cela résulte des beaux travaux de Garrod ; on l’administre à la dose de 10, 20, 30, bO centigrammes et même 1 gramme par jour. Les sels granulés effervescents de lithine de Le Perdriel, constituent une excellente préparation de lithine.

Dans le groupe des dépurateurs, se rangent les agents capables d'activer l’élimination des nrates ; le principal de ces agents paraît être le salicylate de soude, à la dose de S à 10 centigrammes par , jour, que l’on peut administrer sous forme de solution du D<‘ Clin. Viennent ensuite les eaux minérales de Contrexeville, THeucheloup, Capvern, Bigorre, La Preste, Royat, Fougues, etc., qui ont l’avantage de pouvoir être administrées indistinctement dans toutes les espèces de gravelle; de plus elles sont si bien- tolérées par l’estomac qu’on peut en prendre sans fatigue plusieurs litres par jour et déterminer ainsi dans tout l’appareil urinaire un véritable lavage, très propre à le débarrasser du sable et du gravier.

On peut encore recourir à la dépuration du sang en activant les fonctions de la peau, car on sait que la transpiration cutanée débarrasse l’organisme d’une notable quantité de sels excrémentitiels. C’est dans ce but qu’il convient de recourir aux frictions énergiques, au mas.sage, à l’hydrothérapie, aux bains sulfureux, etc.

Quant aux diurétiques, ils ne doivent jamais être négligés dans le traitement de la gravelle, et leur indication est des plus nettes ; ils augmentent la quantité d’acide urique éliminé dans les 24 heures, et ils facilitent la sortie des concrétions déformé es. Les eaux que nous avons énumérées plus haut, celles de Vichy (Célestini, de Vais, etc., le régime lacté, sont de bons diurétiques.

2“ Gravelle oxalique. — La gravelle oxaliqueprésente les mêmes indications que. la gravelle urique.

3“ Gravelle blanche ou phosphatique. — La gravelle blanche ou phosphatique étant bien moins l’impression d’une diathèse que le résultat d’un état catarrhal des voies urinaires, c’est à reconnaître la cause de ce catarrhe qu’il faut d’abord s’attacher, et les indications se trouvant ainsi posées : 1“ Traiter la cause du catarrhe ; 2“ l’attaquer directement par les résineux, les balsamiques et des injections intra-vésicales (Voir au mot Cystite chronique les détails du traitement) ; 3“ soutenir les forces défaillantes de l’organisme.

B. Traitement des coliques néphrétiques. — Au moment de l’accès, il faut calmer la douleur. Pour cela on administre aussitôt l’opium à haute dose (10 centigrammes) par la bouche et en lavements; on recouvre la région douloureuse de longs cataplasmes arrosés de laudanum ; on plonge le malade dans de grands bains dont on prolonge la durée, et on lui fait boire en abondance du lait pur ou mieux, coupé avec une des eaux minérales qui ont été citées plus haut.

Les vomissements seront calmés par l’emploi

de boissons gazeuses et glacées. On a conspiir de faire boire beaucoup de tisanes diurétinu pour augmenter la sécrétion urinaire et favoris? la progression du gravier, mais souvent les vomi? sements ne permettent pas de recourir à celte m ' thode. Dans les cas où elle sera applicable, on fe? boire au malade du lait ou une des eaux minérales citées plus haut. nr léon Moynac. '

GRAVIDITÉ.— Mot employé en obstétrique comme synonyme de grossesse (V. ce mot). P. l

GREFFE. — On donne ce nom à une opération chirurgicale par laquelle, après avoir détaché une partie vivante d’un individu on la transplante sur une autre partie soit du même individu, soit d’un individu différent, où elle continue à vivre, grâce aux adhérences qu’elle y contracte (V. Autoptastie Hétéroplastie). La greffe animale sert principalement à restaurer des parties détruites ou gravement déformées. Depuis 1869, époque où Reverdin démontra que de très petits lambeaux de la couche superficielle ou épidermique de la peau, détachés d’une partie quelconque du corps et appliqués simplement sur la surface d’une plaie en suppuration, se greffaient sur cette surface suppurante, et formaient des îlots de tissu cicatriciel qui tendent à grandir et à couvrir toute la plaie ; pn emploie la' greffe épidermique pour hâter la cicatrisation des plaies. P. L.

GRÊLE (INTESTIN). — (V. Intestin grêle.)

GRENADIER. ~ Le grenadier, originaire de l’Afrique, cultivé dans l’Europe méridionale et qui pousse spontanément en Espagne et en Portugal,

Fig. 5S2. — Grenadier.

est un arbuste de la famille des myrtacées atteignant parfois les dimensions d’un petit arbre, remarquable par ses racines pivotantes, fusiformes, ramifiées, d’un brun rougeâtre à l’extérieur et d’un jaune presque blanc à l’intérieur ; par son tronc

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tordu, noueux, rabougri, grisâtre ; par ses jolies fleurs d’un beau rouge écarlate et par ses fruits superbes aux innombrables graines rouges.

Les fleurs sèches sont quelquefois employées en infusion ou en macération, comme astringentes.

Les fruits, qui ont une saveur aigrelette et sucrée agréable, sont rafraîchissants et recherchés comme tels par les malades en proie à la fièvre ; on les mange aussi en dessert, mais il servent surtout à fabriquer la grenadine, qui n’est autre chose qu’un sirop de grenade se préparant comme tous lesautres sirops.

L’écorce est la partie la plus employée, surtout l’écorce de la racine, à cause des propriétés tænifuges remarquables dont elle jouit. Ces propriétés, que les anciens connaissaient et qu’on trouve signalées dans Dioscoride, Pline, Celse, après être restées dans l’oubli pendant des siècles, ont été remises en évidence vers 1820 par Buchanan, de Calcutta, par Gomès, de Lisbonne, et par nos 'compatriotes Mérat et Delens, les deux éminents thérapeutistes. Aujourd’hui, l’écorce de la racine de grenadier peut être considérée comme un des meilleurs remèdes contre le iænia ou ver solitaire; malheureusement il est désagréable à avaler, et les malades le supportent difficilement à cause des coliques, des vomissements, de la diarrhée, quelque-

■ fois des étourdissements et des syncopes qu’il détermine.

L’écorce de racine grenadier s’administre, soit en poudre à la dose de 4 à 8 grammes dans un cachet médicamenteux de Limousin ; soit, ce qui est préférable, en décoction, à la dose de 60 grammes dans 750 grammes d’eau que l’on fait bouillir sur un feu doux jusqu’à réduction de 50ü grammes et que l’on passe. Oh fait prendre tçute la dose en 3 fois à une demi-heure d’intervalle, le lendemain ; d’un jour où le malade aura fendu quelques anneaux de tænia dans ses garde-robes. Deux heure* après l’ingestion de la décoction, on administre 30 grammes d’huile de ricin pour activer son effet, et le plus souvent le ver entier, y compris la. tête, est expulsé au bout de trois ou quatre heures.

En généjal, les médecins préfèrent employer l’écorce de racine fraîche. Cependant, nous croyons pouvoir affirmer que la racine seche produit d’aussi bons résultats, à condition qu’on ait le soin de la faire macérer préalablement pendant 12 heures dans de l’eau froide.

La propriété tænifuge du grenadier est due à un . alcaloïde découvert en 1876 par Tanret et appelé par lui P. Ueiiérine. Celle-ci peut-être employée seule, sous forme de tannate de Pelletiérine, à la dose dé 30 à 50 centigrammes dans 30 grammes de sirop simple. D' padl Labarthe.

GRENOUILLE. — La grenouille, très commune dans les eaux stagnantes, les étangs et les prairies humides, est un peiitanimaldu genre des batraciens, à chair blanche, agréable au goût et de digestion facile, que l'on mange frit, en fricassée ou à la sauce blanche. Ou faisait autrefois avec la grenouille un bouillon auquel on attribuait la vertu de guérir les rhumes. Inutile de dire que celte vertu était

■ purement imaginaire. P. L.

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GRENOUILLETTE. — La grenouillette est une tumeur liquide enkystée du plancher de la bouche. Son nom lui vient .de ce qu’on a trouvé quelque ressemblance entre cette tumeur et les goitres aériens de la grenouille, ou de ce que le malade semble imiter, lorsqu’il veut parler, le coassement de cet animal. ,

La tumeur occupe le plancher de la bouche, au-

Fig. 5S3. — Grenouillette. — (Traitement par l’operation du séton)- A. Spatule relevant la langue. — B. Grenouillette. — G. Séton.

dessous de la muqueuse et est longée en arrière par le canal de Warthon, qui donne passage à la sécrétion de la glande sous-maxillaire. En avant, elle vient jusqu’à la mâchoire et ne dépasse guère le frein. Lorsqu’elle s’avance du côté opposé, elle prend une forme bilobée.Elle ne dépasse pas ordinairement le volume d’une noix.

Sa paroi est mince, de nature fibreuse; son contenu est formé d’un liquide Slant. albumineux, mélangé parfois de pus, de sang et de petits graviers.

On a émis un certain nombre d’opinions sur le point de départ de la grenouillette.

Les uns ont donné ce nom à là tumeur formée par la dilatation des glandes sublinguale ou sousmaxillaire ou encore par l’oiditération du canal de Warthon, qui détermine ainsi une accumulation de liquide en arrière de l’obstacle.

Les autres ont appelé ainsi diverses sortes de kystes séreux, congénitaux et hydatiques ou sanguins, qui se développent en cet endroit comme dans les autres parties de l’organisme.

Nous croyons que l’on doit nommer grenouillette ces tumeurs dues à différentes causes.

La tumeur développée sur le plancher de la bouçhe a une marche lente habituellement, elle vient sans douleur. Le malade ne s’aperçoit de son existence que lorsqu’elle détermine un peu de gène mécanique. On voit alors une tumeur aplatie, arrondie ou oblongue, molle, compressible, élastique, blanchâtre et légèrement transparente. Elle déplace. la langue, puis refoule les deuts, déprime le plancher buccal et fait saillie à la région

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sus-hyoïdienne. Elle produit ainsi de la difficulté pour parler, manger et même respirer.

Quelquefois elle s’enflamme et aboutit à la suppuration. Dans les cas de grenouillette sanguine, la tumeur est violacée.

La grenouillette ne guérit pas sans une opération chiiÿirgicale. On a essayé tour a tour la ponction et l’incision, au moyen d’un petit trocart ou d’un bist-ouri, la dilatation du canal avec les fils de plomb, la cautérisation avec le fer rouge et les injections irritantes ; mais généralement ces moyens sont insuffisants; il faut recourir à l’excision du kyste avec cautérisation de la surface interne. On soulève la tumeur avec une érigne et qn l’incise sur sa face cpnvexe avec un bistouri, puis on détache à coups de ciseaux la paroi supérieure du kyste que l’on vient de tailler, ensuite on cautérise tous les deux ou trois jours la paroi inférieure au moyen d’un crayon de nitrate d’argent. Bientôt les bourgeons charnus remplissent la cavité du kyste et la guérison arrive vers le quinzième jour.

D" J-'-Baratoux.

GRÉOULX (EAÜX MINÉRALES DE). — Gréoulx est un village du département des Basses-Alpes, situé dans l’arrondissement de Digne, dont les eaux minérales thermales, sulfurées sodiques, chlorurées sodiqueset iodo-bromurées, sont employées en boisson, en bains, en douches et en étuves, contre les rhumatismes nerveux, la sciatique, le lymphatisme, la scrofule et ses manifestations cutanées et osseuses. - P. L.

GRIFFE. — On donne ce nom, en chirurgie, à un petit instrument imaginé par Malgaigne, destiné à maintenir les fragments rapprochés dans les fractures de la rotule (V. ce mot). p. l.

GRIMAULT (SIROP de auiNomNA ferrugineux de). — Le sirop de quinquina ferrugineux de Grimault est la première préparation spéciale dans laquelle on est arrivé à combiner le fer avec l’extrait de quinquina, de façon à obtenir un sirop clair, limpide, d’une belle couleur rouge, ne laissant au goût aucune impression désagréable, aucune saveur de fer, se digérant facilement sans constiper, et dans laquelle les propriétés thérapeutiques du quinquina et du fer se trouvent conservées dans toute leur intégrité. Ce sirop laisse loin derrière lui les nombreux essais tentés par plusieurs pharmaciens qui n’avaient abouti qu’à obtenir des préparations noires, épaisses, désagréables, ayant le goût et la saveur de l’encre, et ne possédant aucune des propriétés thérapeutiques du fer et du quinquina, qui s’étaient détruites mutuellement. M. Grimault a atteint cet excellent résultât en employant la combinaison, chimiquement neutre, du fer associé au phosphore ou pyrophosphate de fer et df'- soude (V. ce mot). Son sirop, rigoureusement dosé, contient exactement par cuillerée à bouche 10 centigrammes d’extrait de quinquina et 20 centigrammes de pyrophosphate de fer et de soude, et s’administre à la dose de 2 à 4 cuillerées à bouche par jour, quelques minutes avant les repas. Il a été et est recommandé et p.rescrJ t par un grand nombre

de médecins, parmi lesquels nous citerons Am , Hervez de Chégoin, Blache, Cerise; Vernois r ’ nave, Chassaignac, Monod, Richelot, Piogey rier, etc., dans l’anémie, la chlorose, la ieum rhée, etc., en un mot, dans tous les cas où l’emnl • de la médication ferrugineuse, jointe aux amers aux toniques, est indiqué. . pr g sarran ^

GRIMAULT (SIROP de raifort iodé de). — Le sirop d raifort iodé, préparé à froid et concentré dans le vide par Grimault, est un médicament spécial uni versellement connu et apprécié, dans lequel on à eu la très heureuse idée de combiner d’une façon intime l’iode avec lès sucs du raifort, du cresson du cochléaria et du trèfle d’eau, c’est-à-dire des plantes qui font la base du sirop antiscorbutique de façon à ajouter à l’efficacité si populaire et si traditionnelle de ce sirop, la puissance thérapeutique si remarquable de l’iode. Aussi, Boinet, dans son' bel ouvrage sur VIodothérapie, couronné par l’Académie des sciences et l’Académie de médecine n’hésite pas à déclarer que ce sirop lui « paraît préférable à tous les autres. »

D’une administration facile, très bien accepté par les enfants et les femmes, inolfensif pour l’estomac et l’intestin qui le supportent sans fatigue, d’un effet sûr, « le sirop de raifort iodé est particulièrement précieux pour la médecine des enfants, ainsi que l’a dit fort justement le professeur agrégé Cazenave, médecin de l’hôpital Saint-Louis. Non seulement il supplée à l’huile de foie de morue pour laquelle on rencontre souvent une répugnance insurmontable, mais il la remplace avec avantage. En somme, c’est un très bon agent de la médication tonique et iodée, dans tous les cas ou il importe de continuer ce^te médication d’une manière soutenue. » 11 est* formellement indiqué dans le lymphatisme, la scrofule et leurs différentes manifestations sur la peau, les glandes, le système osseux,, etc. (gourmes, engorgements glandulaires, rachitisme, etc.) Plusieurs médecins en ont aussi' retiré de bons effets dans la phthisie pulmonaire commençante.

Le sirop de raifort iodé de Grimault, dont chaque cuillerée à soupe contient 5 centigrammes d’iode, se donne aux enfants à la dose d’une cuillerée matin et soir. Pour les adultes, la dose quotidienne varie entre 2 et 4 cuillerées. g. Sarran.

GRINDËLIA. — On donne ce nom à un genre de plantes herbacées, de la famille des composées, qui croissent dans l’Amérique australe , en Calitornie, au Mexique et au Texas, et qu’on emploie beaucoup dans ces pays et en Angleterre, sous forme d extrait fluide à l’intérieur, contre les accès d’asthme, la bronchite chronique et la toux des phthisiques. On l’administre aussi dans les affections catarrhales des voies urinaires. A l’extérieur, 1® D’' Henri Fiske et le professeur Goss, en ont obtenu des effets remarquables contre l’iritis, les conjonctivites et les ophthalmies purulentes. Enfin on a recommandé la- griudélia en applications topiques sur les vieux ulcères. Il nous semble désirable que ce médicament soit sérieusement expérimenté en

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grippe. — La grippe est une maladie épidémique caractérisée par un catarrhe des muqueuses nasale, pharyngienne et bronchique et par des symptômes généraux (fièvre, céphalalgie, courbature), dont l’intensité variable permet de distinguer deux variétés de grippe, l’une légère, l’autre grave.

La grippe est une maladie essentiellement épidémique, qui, à diverses époques (à peu près tous les dix ans), a sévi dans tous les climats, sous toutes les températures, et dont on ignore la cause spécifique. — Est elle contagieuse ? Les avis à ce sujet sont trop partagés pour qu’il soit possible de se prononcer.

Pour Hardy et Béhier, la grippe est une maladie épidémique avec des phénomènes généraux particuliers et non une maladie générale avec des phénomènes de bronchite.

Gintrac a noté une vingtaine de grandes épidémies de grippe depuis 1850 jusqu’en 1870.

Le nombre des individus atteints est souvent considérable: ainsi, à Paris, en 1780, la grippe fut si générale, dit Geoffroy, que « le spectacle de rOpera manqua un jour, les plaidoiries cessèrent au Châtelet et la musique de Notre-Dame fut interrompue pendant trois jours. »

La grippe frappe tous les rangs de la société ; elle atteint les adultes de péférence aux enfants et aux vieillards.

Elle s’annonce par du malaise, une profonde lassitude, des douleurs contusives dans les membres, des frissons, de la fièvre et du mal de tête.

D’abord peu accentués, ces symptômes se dessinent de plus en plus; ainsi le malade éprouve une lassitude et une prostration souvent étonnantes, des douleurs dans les muscles du rachis, du cou, de l’abdomen, etc.; une céphalalgie plus ou moins forte, généralisée ou localisée dans les régions frontale, temporale, occipitale ; une fièvre, précédée de frissons, présentant un redoublement nocturne et se terminant le matin par des sueurs.

La plupart des muqueuses sont atteintes d’une inflammation catarrhale; ainsi, on observe : 1® un coryza (éternuement, sécheresse, puis écoulement muqueux); 2® une angine (douleur, sécheresse et rougeur de la gorge, gonflement des amygdales) ; 3® une laryngo trachéite (toux sèche, raucité de la voix, douleur le long du larynx et de la trachée) ; 4° une bronchite avec râles sibilants et muqueux ; 5® quelques troubles digestifs (nausées, vomissements et diarrhée).

Il faut ajouter que , suivant l’épidémie ou les prédispositions individuelles, on observe la prédominance de tel ou tel symptôme, ce qui modifie notablement la physionomie de la maladie.

En général, la grippe évolue rapidement ; sa durée varie de quatre à dix jours, et eUe peut se terminer par des phénomènes critiques, tels que sueurs abondantes, épistaxis, herpès labialis; mais souventla convalescence est longue et les complications fréquentes.

Parmi les complications de la grippe, la pneumonie et la bronchite capillaire suffocante sont les plus communes. Les pleurésies, péricardites, attaques de rhumatisme, s’observent souvent; de plus, la grippe peut être le point de départ de la phthisie caséeuse; elle provoque ou accélère la Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

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fonte des tubercules. Les hémorrhagies, les troubles digestifs persistants sont plus rares.

Simple, la grippe n’est point grave; mais ses complications sont souvent mortelles.

La grippe peut être confondue :

1® Avec une bronchite. Les prodromes de la grippe ressemblent à ceux de beaucoup de maladies aiguës, et surtout à la bronchite ; mais la prostration, les douleurs continues des membres, annoncent qu’il ne s’agit point d’une inflammation simple de la muqueuse des bronches ;

2® Avec une fièvre typhoïde, dont elle se distingue par l’invasion brusque du mal et par la marche de la température ;

3® Avec la rougeole; mais si les symptômes de catarrhe sont les mêmes, l’éruption ne saurait laisser le moindre doute.

Le traitement de la grippe sera tour à tour celui dn coryza, de V angine, de la laryngo-trachéite ou de la bronchite, suivant la prédominance de l’un ou de l’autre de ces symptômes (V. ces mots).

D' Léon Moynac.

GROSEILLE. — La groseille est un fruit en grappes, tantôt rouge, tantôt blanc rosé, d’une saveur sucrée et acidulé très agréable, que l’on mange frais, au naturel ou saupoudré de sucre et arrosé de vin, de kirsch ou de rhum, et avec lequel on prépare de la gelée, des confitures et un sirop excellents. La groseille est rafraîchissante et de digestion facile. p. l.

GROSSESSE.— La grossesse est l’état de la femme qui a été fécondée et qui porte en elle le produit de la conception. La grossesse commence dès que la fécondation a eu lieu et se termine par l’expulsion du fœtus, c’est à-dire par l’accouchement.

D’après de nombreuses statistiques basées sur un nombre considérable de cas, on est arrivé à établir que la durée moyenne de la grossesse était de deux cent-soixante-dix jours ou neuf mois solaires. Mais il est certain que dans certains cas, assez nombreux même, la grossesse se termine avant le terme normal, et que dans d’autres, beaucoup moins fréquents, elle se prolonge plusieurs jours au delà de la limite que je viens de fixer. Mais jamais elle ne dépasse la dixième époque menstruelle, sans qu’il en résulte un trouble profond et la mort de l’enfant.

Nous avons vu que la fécondation pouvait se faire sur Yovaire ou dans le tiers externe de la trompe. De là l’ovule fécondé, après avoir parcouru les deux autres tiers de la trompe, arrive dans l’utérus et s’y développe jusqu’à l’accouchement. On a affaire alors à une grossesse naturelle, utérine. Mais si, pour une raison particulière, cet ovule fécondé se développe sur l’ovaire ou dans la trompe, nous serons en face d’une grossesse hors nature ou extra-utérine.

La grossesse utérine peut être simple quand il n’y a qu’un seul fœtus ; elle est dite composée ou gémellaire quand il y a deux ou plusieurs enfants. Enfin on appelle compliquée celle qui coexiste avec une tumeur de l’utérus ou de l’abdomen. 11 y a encore fausses grossesses, nom donné mal à propos à certains états qui peuvent, dans une certaine mesure, simuler la grossesse.)

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Grossesse utérine. — La grossesse imprime à l’économie, d’une manière générale, des modifications importantes à signaler. 11 est facile de comprendre que l’utérus, dans lequel l’œuf fécondé va se développer, sera plus que tout autre organe, celui qui subira les changements les plus importants. En effet, le volume de la matrice augmente à mesure que la grossesse poursuit son cours, si bien que l’utérus qui, à l’état de vacuité, est entièrement contenu dans la cavité pelvienne arrive à la fin du huitième mois à s’élever jusqu’à la région épigastrique. Cet accroissement se fait progressivement, si bien qu’on

Fig. 554.

Paroi abdominale distendue par le fait de la grossesse.

A. Utérus gravide. — B. Vagin. - G. Sacrum. — D. Pubis.

peut, en recherchant le point où s’élève le fond de la matrice , déterminer à peu près le terme de la gestation. On a remarqué que dans les trois premiers mois Tutérus , tout en se développant, peut encore rester enfermé dans l’excavation pelvienne, mais qu’après, il franchit le détroit supérieur et gagne la cavité abdominale, si bien qu’à quatre mois le fond de la matrice se fait sentir à un ou deux travers de doigt au-dessus du pubis. A six mois l’utérus s’élève à environ un travers de doigt au-dessus de l’ombilic, et à huit mois, comme je l'ai dit, il

est tout près de l’appendice xiphoïde du sternum Pt quelquefois même, chez les petites femmes à bassin étroit, cet appendice est repoussé en avant.

Il ne faut pas croire que ce soit l’œuf qui, eu se développant, distend ainsi les parois utérines, car dans les premiers temps au moins, cet œuf n’aurait pas une force d’expansion suffisante pour lutter

contre les parois épaisses de i^cet organe. 11 y aune hypertrophie facile à saisir en songeant que le poids de la matrice, chez une femme arrivée au terme de sa gestation, est de 1,200 à 1,500 granunes, ^and, àl état de vacuité, cet organe ne pèse que 40 à 60 grammes. A terme, l’épaisseur des parois de la matrice est de 2 à 5 millimètres.

A mesure que l’utérus se développe et s’élève dans om..n, il change de forme. De triangulaire qu’il

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était avant la conception, il devient globuleux, piriforme. Son fond s’arrondit, la face antérieure devient très fortement convexe, les bords également. Quand on palpe la matrice à travers l’abdomen, on perçoit des bosselures de volumes divers qui répondent aux

Situation de Tutérus arrivé à un degré avancé de grossesse, dans le décubitus dorsal delà femme.— 1. Vessie.— 2. Urèthre. — 3. Pubis — 4. Rectum. — o. Vagin. — 6. Orifice externe de l’utérus. — 7. Orifice interne. — 8. Foie. — 9. Intestin.

diverses parties du foetus. Le siège ou la tête, se pré sentent alors sous la main comme une tumeur, arrondi, plus ou moins consistante. Les pieds, les genoux forment de petites saillies moins volumineuses, et surtout très fugitives sous la main qui les explore. Ceci est surtout facile à percevoir chez les femmes maigres, et l’on peut ainsi déterminer admirablement la situation du fœtùs dans l’utérus.

Un fait remarquable c’est l’inclinaison de la matrice. Dans la grande majorité des cas la matrice s’incline à droite. Il est très rare qu’elle se porte du côté gauche. Ce sont les intestins qui occupent au contraire ce côté-lk, et la pprcussion permet facilement de le constater par la sonorité qu’on perçoit.

Toutes les femmes ne portent pas, pour ainsi dire l’utérus de la même façon. Chez les grandes femmes, à leur première grossesse, la matrice, repoussée en arrière par la paroi abdominale qui résiste, se loge sur le côté et s’étale en quelque sorte en avant de la colonne vertébrale ; aussi ces femmes peuventcacher assez longtemps leur éta*t de gestation. Chez les petites femmes dont la cavité abdominale est moins grande, la matrice, pour se développer, repousse la paroi abdominale et fait en avant une saillie plus prononcée. Mais c’est surtout après plusieurs grossesses successives que la peau ayant perdu son élasticité, se laisse plus facilement distendre et que l’utérus, venant plus librement en avant, fait une saillie si prononcée qu’on l’a comparée à un pain de sucre. Chez quelques-unes le ventre tombe en avant jusque sur les cuisses comme le ferait une besace.

Toutes ces modifications appartiennent à l’utérus «n général, mais les changements qui s’opèrent

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dans le col de la matrice ont une importance telle que je crois devoir y insister. Ce sont le ramollissement, le raccourcissement et l’effacement.

Dès le premier mois qui suit la fécondation on observe par le toucher que la partie inférieure du col de l’utérus, celle qui a reçu le nom de museau de tanche, éprouvait un léger ramollissement. Le doigt-explorateur éprouve une sen sation analogue à celle qu’on ressent en appuyant sur le velours d’une table de bois. A mesure que la grossesse continue son cours, ce ramollissement, d’abord limité à la partie inférieure, gagne peu à peu et s’élève, si bien qu’à la fin du huitième rnois le col tout entier est envahi jusqu’à l’orifice interne, qui existe encore quelquefois, mais qui bientôt cédera à son tour.

11 arrive aussi quelquefois, que l’orifice externe qui, chez le plus grand nombre de femmes, reste fermé, ou à peine imperméable, jusqu’au début du travail, commence à s’entr’ouxrir, vers le sixième mois de la grossesse et qu’à la fin, on peut y introduire l’index jusque dans les’ deux tiers inférieurs de la longueur du col. Ce n’«est qu’après le commencement de l’effa-

Situation de l’utérus arrivé à un degré avancé de la grossesse dans l’attitude verticale de la femme. — 1. Vessie. — 2. Urèthre. 3. Pubis. — 4. Rectum. — 5. Vagin. — 6. Orifice externe de l’utérus. — 7- Orifice interne. — 8. Foie. — 9. Intestin.

cernent qu’on arrive jusqu’à l’orifice interne et même sur la partie que l’enfant présente, ou tout au moins sur les membranes de l’œuf.

Le raccourcissement du col est plus apparent que

Fig. 536.

réel En effet ce n’est qu’un rapprochement des paru en ce moment. L’ovule ne peut donc chemin».

deui orifices l’un de l’autre. Le col tout entier qui bien loin et vient se loger dans un des replis Z

a une forme légèrement conique, la pelite extré- cette muqueuse, qui ne tarde pas à s’épaissir encor»

mité répondant au museau de tanche devient plutôt tout au tour, si bien que l’œuf est ainsi emprisonné

fusiforme, c’est-à-dire gonflé dans sa partie mé- et qu’aux membranes qui l’environnent et qui inî

diane. ®ont pro|)res, vient s’en ajouter une autre fourni»

Quant à l’effacement qui a lieu dans la dernière par la matrice et qui n’est autre que la muqueuse

quinzaine de la grossesse, il consiste dans la réunion même de cet organe. C’est ainsi que l’œuf se fixe à

graduelle de la cavité cervicale avec la cavité ute- 1 utérus et que, dans ^cette place, il accomplira son

rine proprement dite. L’orifice interne, ramolli développement jusqu à ce quil ait rempli toute la

comme nous venons de le voir, s’entr’ouvre et peu à cavité de l’organe.

peu, comme un anneau qui glisserait de haut en Quant aux transformations qui s’opèrent dans bas, on voit le col qui disparaît si bien qu’au l’ovule, depuis sa sortie de la vésicule de Graaf jus-

commencement du travail il ne reste plus que qu à la naissance de l’enfant, il en sera parlé au

l’orifice externe plus ou moins entrouvert. mot Œuf.

Fig. 558. Fig. 559. Fig. 560.

Figures indiquant la perméabilité graduelle du col de l’utérus chez les multipares au début, au commencement et à la fin de la grossesse.

Dans tout ce que je viens de dire, j’ai eu en vue lafemme primipare, c’est-à-dire celle qui en est à sa première grossesse. Chez les multipares, au contraire, quionteu plusieursenfants,leramollissement se fait plus rapidement. Le col est presque toujours ouvert et permet au doigt de le parcourir, au moins jusqu’à l’orifice interne, et, dès le début de l’effacement,. on arrive même facilement sur la partie que l’enfant présente.

Je n’insisterai pas sur les modifications de texture que subit le muscle utérin, pendant la grossesse, et qu’on trouvera rapportées' tout au long dans les livres spéciaux. Je dirai seulement que les vaisseaux qui parcourent les parois de cet organe et qui en temps ordinaire sont assez ténus, prennent un développement considérable, ce qui explique l’abondance du sang qui accompagne le détachement du placenta après l’accouchement et les hémorrhagies si considérables qui surviennent parfois avant ou après la délivrance. Quelques mots maintenant sur la muqueuse utérine.

Quand l’ovule fécondé, après avoir parcouru la longueur de la trompe, arrive dans la cavité utérine, il trouve la muqueuse qui tapisse la face interne de la matrice congestionnée, boursouflée, hyp rtrophiée, au point- que la cavité, déjà très restreinte, en temps ordinaire, a complètement dis-

En dehors des modifications qui se produisent dans le volume, la forme, la direction, la situation et la structure de l’utérus, on observe certains changements importants à signaler dans les organes voisins. C'est ainsi par exemple que le vagin, intimement lié à l’utérus participe, dans une certaine mesure, aux déplacements de cet organe. Dans les premiers mois, quand l.a matrice est entièrement contenue dans l’excavation pelvienne, le vagin est raccourci, parce que le poids de l’utérus l’entraîne un peu en bas. Plus tard, quand la matrice s’élève dons l'abdomen, elle entraîne avec elle le vagin qui est plus allongé; enfin quand le col s efface et que la partie de l’enfant tend à descendre, les parois vaginales s’écartent et la partie supérieure de ce conduit acquiert une certaine amplitude. Nous avons vu que la circulation devenait très active dans les parois utérines : il en est de même pour le vagin qui, par suite prend une couleur plus foncée, quelquefois même violacée. C’est par suite de la dilatation des veines que se produisent ces nodosités, cet état variqueux, qu’on observe si souvent à l’entrée du vagin et dans l’épaisseur des grandes lèvres.

Les glandules du vagin s’hypertrophient également, et il n est pas rare de rencontrer sous le doigt des surfaces qui rappellent les éruptions va-

rioleuses confluantes. C’est ce qu’on appelle la vaginite granuleuse des femmes enceintes. Ces glandes sont le siège d’une hypersécrétion assez active, si bien que certaines femmes, pendant la grossesse, ont des écoulements blancs, jaunâtres ou verdâtres, très abondants. Souvent ces pertes déterminent des irritations très vives à l’extérieur et même à l’intérieur. Dans ce cas, le mieux est d’employer des lotions émollientes souvent répétées et des injections également adoucissantes, faites très doucement et avec le plus grand soin. Une décoction de racines de guimauve avec deux têtes de pavot, employée tiède, est ce que je préfère.

Quelquefois l’exagération de vitalité de ces régions détermine le développement à l’entrée de la vuke de végétations blanches ou rosées, qu’on a comparé justement à une tète de chou-fleur. Quelques médecins ont pu s’y tromper et prendre ces productions pour des végétations syphilitiques. Il n’en est rien, et malgré tous les essais qui ont été tentés pour les faire disparaître, soit par l’excision , soit par la cautérisation , le mieux est d’attendre, en entretenant dans ces régions une grande propreté, et sitôt après l’accouchement, auquel elles n’amènent aucun obstacle, ces productions disparaissent spontanément.

Par suite du développement de l’utérus et de son élévation dans l’abdomen, la vessie se trouve fortement repoussée en avant et l’urèthre est appliquée contre la symphyse pubienne. Il en résulte que le réservoir urinaire ne peut pas se développer comme d’habitude et la pression exercée contre l’urèthre sollicite des besoins fréquents d’uriner, auxquels les femmes sont obligées de satisfaire.

Ai-je besoin de dire que pendant la grossesse, la constipation, si fréquente chez toutes les femmes est encore augmentée par la compression exercée par la tumeur utérine ; enfin, ce même utérus si développé, dans les derniers mois exerce sur les gros trous vasculaires voisins, principalement sur la veine cave inférieure et sur les iliaques, une compression qui empêche le retour facile du sang veineux vers le cœur, de là, stase sanguine. C’est ce qui explique la fréquence des varices et des hémorrhoïdes. En outre, on observe souvent l’œdème des membres inférieurs, quelquefois limité à la partie la plus déclive des pieds et le pourtour des malléoles, mais quelquefois aussi plus étendue, surtout si le volume de l’utérus est exagéré, comme dans les grossesses gémellaires et l’hydramnios. Le port d’une ceinture qui soulève un peu l’utérus et la station étendue est ce qu’il y a de préférable à faire dans ce cas. En outre le médecin fera bien de s’assurer s’il n’y a pas d’albuminurie, car la réunion de ces deux signes: œdème et albuminurie, pourraient faire craindre Y éclampsie.

Enfin la peau du ventre, qui résiste d’abord à la pression que l’utérus exerce en se développant, finit par céder ; mais, après avoir épuisé pour se distendre toute l’élasticité qui lui appartient, elle est obligée de s’érailler pour s’étendre davantage, et alors on voit apparaître ces vergetures, simples éraiUures de la peau, qui se présentent sous une coloration rouge noirâtre, après l’accouchement et

qui finissent par revêtir une couleur blanc nacré, signe indélébile de la préexistence d’une grossesse ou d’une tumeur à développement rapide.

Les mamelles qui sont sous la dépendance des organes génitaux participent aux modifications imprimées par la grossesse à l’économie. En effet, peu de temps après la conception, ces organes augmentent de volume et deviennent plus sensibles. Si on les presse entre les doigts on sent profondément que la glande mammaire est plus grosse et cette pression est douloureuse. Ce gonflement des seins qui s’accompagne de picotements, de petites douleurs lancinantes, reste presque stationnaire pendant les deux premiers tiers de la durée de la grossesse pour augmenter davantage à la fin. Quelquefois la mamelle laisse suinter-un liquide incolore qui tache la chemise comme le ferait de l’empois.

Outre le gonflement de la mamelle, on remarque un changement dans la coloration de l’aréole et du mamelon. Ceci est surtout facile à reconnaître chez les femmes brunes ou châtaines. Chez les blondes et les rousses la coloration naturelle de ces parties est à peine prononcée, hors l’état de grossesse et pendant la gestation on n’y observe que peu de changements. Chez les brunes, au contraire, la coloratiop de l’aréole s’exagère notablement, et il se fait autour de la première aréole,. une seconde zone concentrique d’une coloration moins prononcée. Le mamelon devient également plus foncé. En oiitre on voit se former sur la surface de l’aréole de petites élevures qui ne sont autres que l’hypertrophie de glandes sébacées qui s’y trouvent et qui laissent sécréter un liquide sébacé blanchâtre, qui a été souvent pris à tort pour du lait. On a donné à ces élevures le nom de tubercules de Montgoméry.

Les seins ne sont pas seuls le siège d’une exagération de dépôt pigmentaire. Chez les mêmes femmes brunes et châtaines, on observe sur le ventre une ligne plus ou moins foncée qui part du pubis, gagne l’ombilic et s’élève même souvent au-dessus de cette cicatrice en la contournant. On a donné à ce dépôt pigmentaire le nom de ligne brune abdominale. Le visage également se recouvre souvent de grandes taches grisâtres, dont l’ensemble constitue ce qu’on appelle le masque des femmes enceintes.

En dehors des modifications anatomiques que la grossesse imprime à l’économie, il existe encore quelques changements dans différentes fonctions que nous allons passer en revue.

De tous, le plus important, c’est la suppression de la menstruation. C’est en effet le premier qni révèle à la femme la probabilité de son état. Certainement quelques troubles ont pu se produire dans la digestion et dans la nutrition, mais ces états particuliers surviennent quelquefois hors de l’état de grossesse, mais quand à ces modifications vient s’ajouter l’arrêt des menstrues, la femme pense aussitôt à la probabilité d’une grossesse. Et cependant les règles ne s’arrêtent pas toujours aussitôt qu’il y a conception. C’est ce qui arrive dans la grande majorité des cas, mais enfin il existe quelques exceptions qu’il est bon de signaler. J’ai

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connu plusieurs dames chez lesquelles la première époque cataméniale qui suit la fécondation, se traduisait toujours par un léger écoulement sanguin, de très peu de durée, et moins coloré. Chez quelques autres, les règles se poursuivent pendant les trois ou quatre premiers mois, déterminant soit une simple tache rouge, soit un écoulement à peine rosé, durant à peine quelques heures. Aussi, malgré ces exceptions, on peut poser en règle générale, que chez la femme les règles se suppriment complètement où, si elles continuent à se faire sentir, elles ne sont ni si abondantes, ni si colorées qu’en temps ordinaire. L’écoulement du sang rouge et abondant pendant une grossesse doit être considéré comme une véritable perte qui nécessitera des soins particuliers et immédiats.

Presque toutes les femmes qui deviennent enceintes vomissent. Chez la plupart, les vomissements se produisent le matin à jeun, au réveil, et se composent de jnatières glaireuses, filantes et blanchâtres. D’autres vomissent après l’ingestion des aliments dont elles rendent la totalité ou plus souvent une partie seulement. Plusieurs repas peuvent être pris sans être suivis de vomissements, puis l’un d’eùx est rejeté sans qu’on puisse assigner une cause certaine à ce trouble momentané. Ces vomissements, en général, persistent pendant les trois au quatre premiers mois, pour disparaître ensuite et ne se reproduire qu’accidentellement pendant les deux derniers. Certaines femmes ont des vomissements pendant toute la durée de la grossesse, mais d’une manière intermittente

Malgré ces vomissements, il est rare que la santé générale soit altérée, et la plupart continuent à vaquer à leurs occupations, ne se dérangeant que pour satisfaire au besoin de rendre qui les saisit inopinément. Il, existe malheureusement quelques femmes chez lesquelles les vomissements prennent un caractère extrêmement grave par leur répétition et l’impossibilité qui en résulte pour celles qui en sont atteintes, de prendre aucune nourriture. Mais ceci constitue une véritable maladie qui sera décrite aux mots 'Vomissements incoercibles.

Je signalerai encore les perversions des sens, les goûts bizarres, les désirs impossibles à réaliser, un état qui rappelle ce que nous décrirons plus tard sous le nom de Manie puerpérale, qui s’observe plus fréquemment après l’accouchement, mais dont on voit aussi quelques exemples pendant la grossesse.

A quels signes peut-on reconnaître qu’une femme est enceinte, et comment peut-on déterminer à quelle période de la grossesse elle est parvenue? — Un des points sur lequel je veux insister maintenant, est le diagnostic de la grossesse, c’est-à-dire d’indiquer à quels signes on peut reconnaître qu’une femme est enceinte et ensuite déterminer à quelle période de la grossesse elle est parvenue au moment de l’examen.

Pour cela, nous avons à notre disposition trois moyens d’investigations, le toucher, le patpr^ et V auscultation, auxquels viennent s’ajouter l’interro gatoire de la patiente et l’inspection de diverses par lies du corps, comme les seins, le ventre, les organes génitaux externes.

On a divisé les signes auxquels on peut recnn naître la grossesse en deux ordres :

Les signes de probabilité et les signes de certf

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