‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 205 sur 206 · TUDE · texte numérisé non relu

TUDE

Nous allons les passer en revue les uns et autres.

Les SIGNES DE PROBABILITÉ sont : La suppression des règles, l’augmentation de volume du veWe les modifications qui apparaissent du côté des seins et les troubles généraux de la digestion, de la nutrition, de la circulation, de l’innervation, etc

Après ce que j’ai dit précédemment sur’la suppression des règles, j’ajouterai simplement que ce signe, si important qu’il soit, ne peut à lui seul affirmer l’existence de la grossesse, car il peut se faire que, pour des raisons connues, et. d’autres ignorées, la menstruation se suspende. Cette question a été traitée au mot Aménorrhée.

L’augmentation de volume du ventre peut être le résultat de la présence d’un kyste de l’ovaire, d’une tumeur fibreuse de l’utérus, d’une ascite, ou simplement d’une rapide exagération du tissu graisseux. Aussi, par lui-même et pris isolément, ce signe ne suffit pas pour diagnostiquer la gros-

II en est de même des modifications du côté des seins, qui, comme nous l’avons vu plus haut, au moins en temps que coloration, manque chez certaines femmes et est toujours difficile à apprécier chez celles qui ont déjà eu plusieurs enfants. Quant à la tension, à l’augmentation du volume des seins, on l’observe dans un certain nombre d’affections utérines, en dehors de la grossesse. Quelques femmes qui ont allaité lèurs enfants, conservent encore pendant longtemps un suintement plus ou moins coloré par les mamelons.

Enfin les troubles fonctionnels qui surviennent dans les organes digestifs, se présentent fréqueiument en dehors de tout état de gestation.

Les signes de probabilité, pris chacun isolément, n’ont donc qu’une bien mince valeur. Il n’en est pas de même de leur réunion, et au début de la grossesse, alors que les signes de certitude ne peuvent encore être perçus, il est certain qu’une femme qui d’habitude est bien réglée et chez laquelle la menstruation se suspend, qui accuse en même temps une augmentation de volume du ventre, des picotements et une certaine tension dans les seins, le tout accompagné de vomissements et de troubles généraux dans l’appareil digestif, a bien des chances pour être enceinte,.

Les SIGNES DE CERTITUDE sont : le ballottement, les mouvements actifs du fœtus et les battements du cœur de l’enfant.

Le ballottement a une importance extrême, car on peut diagnostiquer ainsi l’existence du fœtus, meme quand il est mort. C’est un signe de certitude, car il n existe rien qui puisse faire illusion.

Les battements du cœur du fœtus se perçoivent a 1 aide de 1 aust uUation. C’est à partir du quatirènie mois de la grossesse, c’est-à-dire quand le fond de 1 utérus commence à s’élever dans l’abdomen, que 1 on peut, en appliquant le stéthocope sur le fond de la matrice situe, comme nous l’avons dit, au-dessus e area e pubienne, entendre les battements du

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cœur de l’enfant. Ces battements sont très précipi- Pour déterminer l’époque probable de la grostés et se répètent de 133 à 145 fois per minute. 11 sesse il faut tenir compte : 1° de la dernière époque

sera donc facile de ne pas les confondre avec les des règles; 2“ de l’élévation du fond de l’utérus

pulsations de l’aorte de la mère, si Ton a soin, pen- dans l’abdomen ; 3“ du moment où ont été perçus

dant que l’oreille est appliquée sur le stéthoscope, pour la première fois les mouvements actifs du

de tenir avec la main le pouls maternel. On verra, fœtus. J’en ai dit assez sur ce sujet pour ne pas

même si la femme dont on ausculte l’abdomen est insister de nouveau.

en proie à une fièvre assez violente , que les batte- Grossesse composée. — Tout ce que nous venons ments du cœur de l’enfant sont plus fréquents et de dire de la grossesse utérine simple peut s’apne sont pas isochrones avec les battements du cœur pliquer également à la grossesse gémellaire^ Les de la mère. Je n’ai pas besoin d’insister sur la valeur de ce signe qui, à lui seul, suffit pour lever tous les doutes que l’on pourrait gardér sur l’existence réelle de la grossesse. Mais pour que l’auscultation puisse donner les résultats que l’on en attend, il faut que la grossesse ait atteint quatre mois, et que le fœtus soit vivant.

Enfin les mouvements actifs du fœtus se font généralement sentir entre quatre mois et quatre mois et demi. Quelquefois un peu plus tôt, chez certaines femmes. D’abord ils se présentent comme un léger chatouillement, qui passe inaperçu pour celles qui n’ont jamais eu d’enfants; mais bientôt ils se traduisent par des chocs produits généralement par l’extension brusque d’un membre du fœtus.

Enfin la femme distingue nettement les mouvements de translation qu’exécute l’enfant dans sa sphère liquide. A la fin tout à fait, quand la tête du fœtus est engagée dans le détroit supérieur et que l’enfant ne peut plus évoluer en totalité, la mère ne perçoit plus qu’un mouvement de pendule portant l’extrémité qui répond au fond de la matrice tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, ou un mouvement de rotation sur son axe qui amène tan tôt le dos, tantôt la face antérieure de l’enfant en avant ou vers une partie latérale. A ce moment encore, l’enfant peut changer ses membres de place, mais pelotonné et

serré comme il l’est dans la matrice, ces mouve- Fig. 561.

ments n ont plus la même étendue, et se traduisent Grossesse gémellaire (l’un des fœtus se présente par le sommet rarement par ces chocs brusques ressentis pendant et l’autre par le siège),

les sixième et septième mois. C’est alors qu’on observe, quand on considère le ventre nu de la femme signes de la grossesse, les malaises que la femme

enceinte, ces petites bosselures qui se produisent éprouve sont les mêmes, que la femme ait un ou

tout à coup à un point pour disparaître presque plusieurs enfants enfermés dans la cavité utérine,

aussitôt et réapparaître à une autre endroit. Et quand Seulement, le volume du ventre est plus considé-

on veut saisir avec la main la partie fœtale qui dé- rable, et, à quatre mois par exemple, la femme pa-

termine ces petites élevures temporaires , le petit raîtra avoir une grossesse de six mois, à huit mois

membre de l’enfant fuit aussitôt sous le doigt. il semble que le ventre ne pourra plus se dévelop¬

peur peu qu’une femme ait conservé jusqu’à per davantage, quatre mois et quatre mois et demi quelques doutes II est rare qu’une grossesse gémellaire se prosur l’existence de sa grossesse, la perception des longe pendant -les 270 jours réglementaires. Géné-

mouvements du fœtus l’éclairera bien \’ite sur son râlement l'accouchement se produit trois semaines,

état, car c’est encore là un signe de certitude. Et un mois, avant le terme ou mênœ beaucoup plus

cependant certaines femmes croiront sentir remuer tôt. Quelquefois, au début de la grossesse im fœtus alors qu’il n’y a pas de grossesse. Ce seront ou le est expulsé et l’autre reste dans la matrice et s’y passage de gaz dans l’intestin, ou des mouvements développe ensuite, comme dans une grossesse uté-

nerveux des muscles de l’abdomen, qui peuvent en rine simple et l’on est très étonné au moment de

imposer à la femme qui désire vivement des en- la délivrance de trouver à côté du placenta qui est

fants ou à celle qui redoute une grossesse, mais qui expulsé une autre poche vide. Mais ces faits sont

ne sauraient tromper un observateur sérieux et ins- rares, car, souvent, quand l’expulsion d’un œuf

truit. n’entraîne pas celle de son jumeau, c’est que ces

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deux œufs sont parfaitement isolés l’un de l’autre et le fœtus, expulsé prématurément, emporte avec lui toutes ses annexes.

En général, outre le développement du ventre qui est exagéré, les troubles de la circulation déterminés parle pression exercée par l’utérus sont observés plus tôt et sont plus intenses. Aussi l’œdème ne reste pas limité aux malléoles, les membres inférieurs, les organes génitaux externes, et même la paroi abdominale, sont presque toujours envahis par l’infiltration.

La grossesse composée peut être limitée à la

Fig 562.

Grossesse gémellaire des deux fœtus se présentent par le sommet).

coexistence de deux enfants, mais il peut y en avoir, en même temps, trois, quatre ou cinq dans la matrice. Il est rare que tous les enfants vivent. Généralement les grossesses de 4, ou 5 enfants, se terminent de très bonne heure. Il n’est déjà pas fréquent d’observer une grossesse trigéraellaire produire trois enfants vivants, et cependant tout le monde peut voir les trois petites jumelles de notre grand caricaturiste Bertall qui ont aujourd’hui dix ans et qui sont très bien portantes.

En général, dans les grossesses gémellaires, l’un des deux enfants est moins fort que l’autre, ce qui, joint à certaines théories autrefois en honneur, avait fait penser que ces deux fœtus n’avaient pas été conçus à la même époque.

Et aujourd’hui encore, dans le monde, quand il y a deux enfants, il est rare que le père ne demande

pas au médecin quel est l’aîné. On croyait ane i premier sorti étant le dernier conçu devait être il! cadet, le second ne étant le premier conçu Les 1 cherches physiologiques ayant démontré qu’il pouvait y avoir de superfœtation dans l’espèce hn marne, il faut admettre que les deux ou trois fœtu! proviennent ou d’un ovule ayant deux vitelW comme il y a des œufs de poule à deux jaunes ou de deux ovules fécondés simultanément et venus ensemble dans la cavité utérine. Quant à l’état de faiblesse de l’un des enfants par rapport à l’autre on est convenu d’admettre qu’il se passe pour eux ce que nous voyons arriver tous les jours pour deux fruits qui, côte à côte, prennent leur sève au même point. L’un gêne l’autre, et c’est celui qui a la puissance d’absorption la plus énergique qui se développe davantage. En résumé, l’aîné des enfants dans une grossesse gémellaire est celui qui naît le premier.

11 est assez facile de diagnostiquer d’avance la présence de plusieurs enfants dans l’utérus. La grande distension de cet organe que l’on sent rempli non pas de liquide, mais de parties solides, les mouvements actifs des fœtus qui se perçoivent en tous les points de l’abdomen et enfin l’auscultation qui révèle l’existence de deux battements du cœur, non isochrones l’un à l’autre, permettent d’affirmer l’existence de plusieurs enfants. L’auscultation bien pratiquée a permis de diagnostiquer l’existence de trois enfants dans la matrice.

Hygiène de la grossesse. — D’une manière générale, la femme qui devient enceinte ne devra rien changer à ses habitudes. Cependant certaines précautions sont indispensables pour pouvoir conduire jusqu’à terme le produit de la conception, car, si pour quelques-unes les imprudences les plus téméraires, les accidents les plus graves, n’empêchent pas la grossesse de suivre son cours, chez le plus grand nombre, il faut relativement peu de choses pour compromettre et même pour interrompre complètement la marche de la gestation.

L’alimentation devra être ce qu’elle est d’habitude, sans exagération. La femme enceinte fera bien de s’abstenir de tous les aliments qui produisent le développement de gaz. Nous avons vu, en effet, que dans ce nouvel état la femme était plus facilement constipée que d’habitude, il est donc nécessaire de ne pas augmenter cette prédisposition. Chez certaines femmes dont le bassin est un peu étroit, on a conseillé une diète relative, dans le but de diminuer le volume de l’enfant. Cette méthode préconisée par le professeur Depaul a donné quelques résultats.

Il faut éviter les changements de milieu trop brusques. En particulier, les femmes qui vivent d’habitude dans les plaines ne devront pas aller séjourner dans les montagnes, ou l’air est raréfié. Au contraire, celles qui habitent les villes se trouveront toujours très bien d’aller passer quelques mois à la campagne ou au bord de la mer. Souvent ce changement a pu arrêter des vomissements rebelles à tous les médicaments.

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Les mouvements brusques, l’équitation, les cour- ■ses en voiture dans les rues mal pavées ou dans les mauvais chemins à ornières, même les voyages en chemin de fer un peu longs, devront être proscrits. Quand une raison impérieuse nécessitera un voyage, on fera bien de scinder la route en plusieurs parties, de manière à ne pas rester en chemin de fer plus de douze heures de suite sans prendre de repos. Si la femme enceinte éprouvait une trop grande fatigue dans les reins, quelques douleurs dans le ventre, ou un léger écoulement rosé, il serait indispensable de se mettre au lit pendant quelques jours et d’apaiser les douleurs à l’aide de petits lavements contenant 10 à 12 gouttes de laudanum.

Les émotions violentes, les spectacles énervants, devront être évités avec le plus grand soin. Enfin les femmes qui ont déjà fait une ou plusieurs fausses couches, feront bien, à une grossesse suivante, de prendre le lit jusqu’à ce que le terme où les avortements antérieurs ont eu lieu, soit complètement franchi d’au moins une quinzaine de jours.

Les vêtements serrés au corps, les corsets trop bien lassés, seront mis de côté. La malade portera une brassière ou un corset dit de grossesse, dont les côtés, munis de bandes en caoutchouc, ne compriment ni la taille, ni les seins. Si la femme éprouve des douleurs dans les reins, un sentiment de pesanteur dans le ventre, elle fera bien d’employer une ceinture hypogastrique simple doublée de flanelle ou de tout autre corps plucheux, afin, d’éviter l’impression du froid sur le ventre.

11 faut supprimer les jarretières s’il y a des varices aux jambes ou de l’œdème. Enfin les hauts talons Louis XV seront absolument rejetés.

Les bains ne sont pas indispensables, mais à partir de quatre mois et demi on pourra prendre tous les quinze jours un grand bain d’une durée maximum de vingt minutes.

Quant aux bains de mer, sans les proscrire absolument, je pense qu’il faut être très sobre de ce genre d’exercice; non seulement la femme enceinte ne devra pas se livrer à la natation, mais elle fera bien de ne se plonger dans l’eau de mer que les jours où la température sera très chaude. D’une manière générale, tous les bains, soit dans une baignoire, soit à la mer, seront interdits dans la première moitié de la grossesse.

Les injections vaginales doivent être absolument suspendues, sauf le cas de vaginite granuleuse, comme nous l’avons vu. Au contraire, les lavements seront indispensables pour combattre la constipation opiniâtre habituelle à cet état. On pourra aussi -fairè usage de temps à autre, d’une ■pilule de Podophylle Coirre, ou d’un grain de santé du Franck.

Les rapports sexuels seront considérés comme des excitants et abandonnés momentanément. Dans tous les cas, il faudra en être très réservé et les éviter pendant les premiers mois de la grossesse et dans la période qui répond aux époques. J’ai vu un certain nombre d’avortements ne pas avoir d’autre cause que l’excitation générale et locale déterminée par l’abus des plaisirs vénériens.

DlCTIONNAmE POPULAIRE DE MÉDECINE CSDELLE.

Cette interdiction devra être absolue pour les femmes sujettes aux avortements.

Rappelons en terminant qu’on ne saurait trop recommander aux femmes enceintes de faire usage pendant leur grossesse, surtout pendant les derniers mois, des préparations de posphate de chaux [vin de Dusart, vin de Baudon, etc.), destinées, d’une part à leur fournir les matériaux nécessaires au développement du fœtus, principalement de son système osseux, d’autre part à leur préparer un lait riche. Quant à celles qui présentent des symptômes d'anémie et de dyspepsie, noüs ne pouvons que les renvoyer à ces mots, où elles trouveront le régime et le traitement qui leur conviennent.

Grossesse extra-utérine. — La grossesse extrautérine a .lieu quand , l’ovule fécondé n’a pas pu, pour une cause ou pour une autre, parvenir jusque dans la cavité utérine. 11 peut alors arriver plusieurs cas : ou bien l’œuf se développera, restant fixé sur l’ovaire qui lui a donné naissance, et formera la variété ovarique ; ou l’œuf tombe dans un des replis du ligament large et constitue la variété abdominale proprement dite; ou encore l’œuf s’arrête dans un des points de la trompe et l’on aura la variété tubaire ; ou enfin cet œuf se fixe dans la partie du canal tubaire qui parcourt la paroi utérine et nous aurons la variété interstitielle.

Les grossesses extra-utérines sont des états toujours très graves qui se terminent presque toujours par la mort de l’enfant et souvent par celle de la mère.

La cause qui empêche l’œuf fécondé d’arriver dans la cavité utérine est généralement inconnue : on admet ou bien une mauvaise conformation des organes génitaux internes ou une contraction spasmodique de la trompe, résultat soit d’une chute, d’une émotion morale extrêmement vive, et qui ferme brusquement le conduit par lequel l’œuf devrait cheminer pour gagner l’utérus. Or, si cette contraction spasmodique se prolonge un peu, l’œuf se greffe à l’endroit où il a été arrêté et s’y développe.

Le diagnostic de ces sortes de grossesses est toujours difficile. 11 faut d’abord déterminer qu’il y a grossesse par les signes que nous avons énumérés, et pour affirmer que le fœtus n’est pas dans l’utérus, il faut s’assurer avec l’hystéromètre que cet organe ne contient rien.

La terminaison de ces sortes de grossesses se fait de trois façons différentes : ou bien l’enfant meurt, le liquide amniotique se résorbe peu à peu, les parois de l’œuf s’appliquent exactement sur le fœtus qui se momifie en quelque sorte, et la femme continue à vivre, portant en elle, dans un côté du ventre, une tumeur plus ou moins grosse, qui n’est autre chose qu’un kyste fœtal. Dans d’autres cas, après la mort de l’enfant, le kyste suppure et, après avoir contracté des adhérences avec les organes voisins, il se produit une ouverture par la paroi abdominale, par le rectum, par le vagin ou par la vessie, et le contenu du kyste s’écoule, suivi de débris fœtaux désagrégés, qui sont peu à peu expulsés, avec plus ou moins de lenteur. Quelquefois la suppuration épuise la pauvre femme

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qui succombe avant qu’une ouverture libératrice se ^l’aisseux dans la paroi a])doniinale, les

soit fait jour à l’extérieur. Enfin il peut arriver que inelles, etc., état qui s’observe assez fréquemmp^'

le kyste, soit avant le début de la suppuration, soit avec les trouldes menstruels aumoment de la mén”*^

après, se rompe, et le contenu se répandant dans pause. On ditqu’il y a quand

l’abdomen détermine une péritonite et la mort de une accumulation de gaz dans les intestins qui fay

la malade. Quand on croit devoir extraire le fœtus ' croire a l’existence de la gestation, et enfin qro" d’une grossesse extra-utérine, soit ye^s le . neu- sesse nerveuse quand, appuyées sur un certar

vième mois pour obtenir un enfant vivant, soit en développement du ventre, les femmes éprouvent

tout autre moment, quand il est évident que la sup- certaines centractions musculaires qui simulent

puration persistante entraînera fatalement la mort assez bien à la vue les mouvements actifs du fœtus

de la femme, on a recours à la gastrotomie. et de véritables douleurs névralgiques qui sont alors

Fausses grossesses. — On désigne sous ce nom prises pour les contractions de l’utérus au début du

certains états qui peuvent, dans une certaine me- travail (Y. Hydrométrie, Physométrie).

sure, simuler la grossesse pour des yeux peu clair- D' a. de Soyre.

voyants ou distraits, mais qui en imposent aux

femmes et surtout a celles qui désirent vivement GRUAU. — On donne souvent le nom de gruau ou craignent avec effuoi la naissance d’un enfant, à la fleur de la farine du froment; mais le véritable

Je ne parle pas ici des tumeurs fibreuses de l’u- gruau est l’avoine dépouillée de sa balle ou enve-

térus, des polypes de ce même organe, des kystes loppe (V. Avoine). p

de l’ovaire, de l’ascite, etc., qui sont rarement pris

pour une grossesse. GUACO. — On donne ce nom à un certain nom-

Dans les fausses grossesses proprement dites, il y bre de plantes herbacées à tige grimpante, apparte-

toujours une part laissée à l’imagination de la nant, les unes à la. famille des aristolochiacées, les

femme qui interprète certains signes suivant son autres à celle des synanthérées ou composées, qui

désir ou sa crainte, et qui, pour la même raison, croissent dans l’Amérique centrale et PAmérique-

croit éprouver certaines douleurs qui n’existent du Sud, et dont les diverses parties, tige, feuille,,

pas. fleur, renferment un suc que les indigènes em-

Aussi voit-on, la plupart du temps, ces états se ploient à l’intérieur et en applications topiques con-

produire à une période de la vie de la femme où tre les morsures des serpents venimeux. Ce suc a

commencent à s’établir certains troubles dans les aussi été employé contre la diarrhée, le choléra et

fonctions menstruelles, comme à l’approche de la les rhumatismes. En 1861, dans un mémoire com-

ménopause, ou bien chez celles qui nourrissent mùniqué à l’Académie de médecine, notre excel-

depuis quelques mois un dernier enfant. Comme lent ami le D’' N. Pascal a recommandé l’alcoolé

exemple de ce dernier cas, je me rappelle avoir été de Guaco, à cause de sa triple action détersive,

appelé un soir près de la cliente d’un de mes très astringente et antiseptique, dans le traitement des

estimés confrères, absent de Paris ce jour là. En ar- plaies en général et dans celui du chancre simple rivant, je trouvai tout préparé pour une couche pro- en particulier. Paul Labarthe.

chaine, le lit, les linges, la garde-malade et même

la mère de la jeune femme. Cette dernière se pro- GUAGNO (eaux minérales de). — Guagno est un menait de long en large dans sa chambre, s’arrê- village corse de 900 habitants, situé dans l’arrontant toutes les quatre ou cinq minutes, en se plai- dissement d’Ajaccio, qui possède des eaux miné-

gnant, comme saisie par la contraction utérine. Un raies chlorurées sodiques faibles, employées en

examen rapide et superficiel, m’ayant démontré boisson, en bains et en douches contre l’eczéma

qu’aucun travail n’était commencé, j’engageai tout sous toutes ses formes; contre les accidents consé-

le monde à se reposer et je m’en allai moi-même, cutifs aux plaies par armes à feu, cicatrices vi-

promettant de revenir le lendemain matin, même cieuses, rétractions tendineuses, fausses ankylosés,

si les douleurs se calmaient d’ici là, car,’ ajoutai-je, trajets fistuleux, etc.; contre les , rhumatismes, le

il me semble que Madame n’est pas à terme. Le lymphatisme et la scrofule. . p. l.

lendemain un examen sérieux et approfondi me

permit d’affirmer que, rions eulement la grossesse GUANO. — On donne le nom de guano au résidu n’était pas parvenue au neuvième mois, mais en- que l’on rencontre en masses considérables de 15 core que cette grossesse était douteuse et ne pou- -à 20 mètres d’épaisseur, sur les côtes du Pérou et vait guère atteindre plus de trois mois à trois mois, dans les îles de la côte occidentale de l’Amérique, et demi, si eUe existait réeUemerit. L’événement et qui est formé par l’accumulation des excréments prouva plus tard que j’avais eu raison, car cette des innombrables oiseaux de mer qui vivent dans

jeune dame était devenue enceinte pendant qu’elle ces parages. Riche en acide urique, en urates et en

allaitait son dernier enfant et elle accoucha six Phosphates de chaux, d’ammoniaque et de magnésie,

mois après la visite que j’eus à lui faire. Ceci d’une odeur ammoniacale et d’une saveur salée

prouve quel rôle joue l’imagination dans ces faus- âcre, le guano, outre qu’il constitue un engrais de

ses grossesses, car au jour que les femmes se sont premier ordre, est aussi employé en médecine. Les

fixées pour accoucher, elles éprouvent des douleurs Colombiens l’ont appliqué au traitement de la lèpre

et font dés efforts comme si le travail existait réel- et de plusieurs autres maladies de peau telles lement. Ces cas sont fréquents., la teigne, l’eczéma, le psoriasis, etc) sous forme de

On appeUe vulgairement grossesse graisseuse, bains, à la dose de 500 grammes pour un bain, et

celle qui est simulée par une accumulation de tissu sous forme de pommade, à raison de ^ grammes

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de guano par 30 grammes d’axonge, mais, paraît-il, sans résultats notables jusqu’à ce jour. On .fait aussi avec le guano et la terre végétale mêlés, des cataplasmes dont on entoure l’articulation du genou, dans les arthrites chroniques et les tumeurs blanches. On a fait, enfin, un sirop de guano, employé, non sans succès, contre la scrofule, les bronchites chroniques et la phthisie, ce qui ne doit pas surprendre, puisque le guano renferme du phosphate de chaux. A ce singulier sirop, on nous permettra, je pense, de préférer, par exemple, le sirop de Dusart au lacto-phosphate de chaux.

D' Paul Lababthe.

GUARANA. — (V. Paullinia.)

GUÊPE. — La guêpe est un insecte de l’ordre des hyménoptères, dont les piqûres sont très douloureuses et réclament le même traitement que celles des abeilles (V. ce mot). P, l,

GUÉRISON. — On donne le nom de guérison à la terminaison d’une maladie par le retour à la santé, c’est-à-dire par le retour des organes et de leurs fonctions à l’état normal et physiologique, p. l. •

GUI. — Le gui, ou Viscum album, qui était en si grande vénération chez les Gaulois et avait dans la religion des Druides un caractère symbolique et

sacré, est une plante parasite de la famiUe des loranthacées, à tige rameuse et ligneuse, à feuilles ovales, épaisses et dures, à fleurs petites et verdâtres, à fruits blancs, douceâtres, un peu plus gros que les groseilles blanches, mûrissant en automne et quelquefois en hiver, qui croît sur plusieurs arbres, principalement sur le pommier, le poirier, l’amandier, le hêtre, le noyer, le tilleul, l’orme, le frêne, le chêne, lorsqu’ils sont vieux et malades.

Les feuilles de gui, amères et mucilagineuses, étaient utilisées jadis en médecine, comme antipas-

modiques contre la chorée et l'épilepsie. Vers 1840, le D*^ Blaclie essaya le gui contre la coqueluche et en retira paraît-il de bons effets. Aujourd’hui cette plante est complètement inusitée.

D' Paul Labarthe. -<

GUILLON (EAUX MINÉBAIES DE). — GuiUon est un village du D oubs, situé à 6 kilomètres de Baumeles-Dames, dans la vallée de Cusenieu, l’une des plus pittoresques de la Franche-Comté, dont les eaux minérales sulfurées calciques sont employées en bains, en douches, en boisson et en inhalations, dans les affections catarrhales des bronches , dans les rhumatismes et les raideurs articulaires, dans certaines affections de la peau, etc. p. l.

GUIMAUVE. — La guimauve officinale est une plante vivace de la famille des malvacées qui habite en France les lieux frais ou humides et les champs cultivés. Sa racine est pivotante, longue d’environ 30 centimètres, jaunâtre quand elle est

Pig. 564. — Guimauve.

pourvue de son épiderme, très blanche quand elle en est dépouillée, fusiforme ou cylindrique avec de petits tubercules disséminés de distance en distance à l’origine des radicelles; sa tige est cylindrique, pubescente, élevée de 50 centimètres à 1 mètre ; ses feuilles sont alternes, pétiolées blanchâtres, 1«5 inférieures à cinq lobes peu marqués, les supérieures à trois stipules membraneuses ; ses fleurs disposées en fascicules à l’aisselle des feuilles sont blanchâtres ou légèrement rosées ; son fruit orbiculaire et très déprimé est enveloppé par le calice qui s’ouvre à la maturité.

Comme la mauve, la guimauve doit ses propriétés émoUientes et adoucissantes à la grande quantité de mucilage qu’elle renferme et qui la fait rechercher souvent pour l’usage interne et pour les applications topiques. La tisane, les pastilles et la pâte ont une saveur douce, légèrement sucrée, utile dans les maladies de poitrine. Le sirop sert à édulcorer les tisanes et les potions béchiques. La décoction s’emploie en lotions et fomentations sur les régions douloureuses, en injections dans les vaginites , en lavements dans les entérites et les dyssenteries, en bains dans les gastralgies rebelles et

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