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arrêt à une époque où la femme devrait les avoir réeulièrement, ou bien encore leur absence au niomlnt ou la jeune fille doit être femme, c’est-à-dire entre onze et quatorze ans dans nos climats. Dans ces trois cas l’aménorrhée est un état anormal; elle constitue un accident que l’on ne doit pas toujours considérer comme très grave, car, il n’est pas dans beaucoup de cas le symptôme d’une maladie déter-
”^L^aménorrhée n’est plus une affection accidentelle lorsqu’il s’agit des femmes enceintes: chez elles l'absence des règles existe pendant la durée de la grossesse et se prolonge pendant les six ou sept premiers mois de l’allaitement.
La femme atteinte d’aménorrhée éprouve des malaises indéterminés, des bouffées de chaleur et de rougeur à la face, une sensation de plénitude dans la poitrine et au ventre, des maux de tête, des vertio-es, des tintements, d’oreilles, de la somnolence, des tiraillements dans les lombes, elle a des flueurs blanches et quelquefois des saignements de nez, des crachements et même des vomissements de sang.
Différentes causes peuvent produire l’aménorrhée. Elle est le plus souvent le symptôme de la chlorose, d’un certain nombre de maladies constitutionnelles, telles que la scrofule, la phtisie, le cancer, etc., et en général de toutes les affections chroniques amenant un état cachectique de l’économie.
L’aménorrhée peut dépendre de l’inflammation aiguë ou acquise de l’utérus et de ses annexes, ou encore de causes agissant directement sur les fonctions de l’ovaire ou de l’utérus. On remarque chaque jour la suppression des règles chez une personne qui aura eu l’imprudence de laisser longtemps. ses bras dans l’eau froide. Une grande perte de sang, soit par un traumatisme, soit par une saignée produit les mêmes effets. Les émotions morales vives, la frayeur, une mauvaise nouvelle inattendue, peuvent produire le même résultat.
On voit combien est impressionnable l’appareil génital puisque une influence morale seule suffit à troubler ses fonctions. Raciborski dans son Traité de la menstruation, dit qu’il a observé uiievariété d’aménorrhée transitoire qui consiste en un retard de 8 à 13 jours dans l’apparition des règles, chez les femmes qui craignent d’être enceintes et pour lesquelles certaines conditions de position sociale feraient d’une grossesse un véritable malheur. Il a constaté le même effet chez des femmes stériles . qui avaient un vif désir d’avoir des enfants et dont les souhaits ne se réalisaient pas.
Enfin, il peut y avoir aussi aménorrhée par vice de conformation, soit que l’utérus manque d’une façon absolue, soit qu’il ne soitpas perforé. Les ovaires peuvent quelquefois manquer aussi ou bien n’avoir pas pris un développement suffisant. Dans le cas d’absence des ovaires, il n’y a rien de particulier qui se produise ; dans celui où le développement est insuffisant, il y aura tous les mois des accidents douloureux qui se présenteront à l’époque où les règles devraient apparaître : une vive douleur au-dessous du ventre, de violents maux de reins, une courbature générale très pénible, tels sont les principaux phénomènes qui pourront durer de huit à dix jours pour cesser ét rsparaître ensuite de mois en mois d’une façon
plus ou moins régulière, c’est du moins ce qui gg. j
passe dans la grande majorité des cas. Quelquefois !
il se produit chez certaines malades des congestions et des écoulements de sang, soit par l’urèthre, soft par le rectum ; on constate aussi des vomissements de sang et des saignements de nez. Il est difficile de préciser la durée de ces flux sanguins périodiques • quoiqu’il en soit, plus la personne atteinte avance en âge, plus ces accidents diminuent d’intensité, jusqu’au moment où ils disparaissent complètement comme auraient fait les règles.
Le traitement de l’aménorrhée doit varier avec la cause qui la produit. Et d’abord, comme mesure préventive, les jeunes filles et les jeunes femmes feront bien d'être prudentes, au moment de l’évolution menstruelle, d’éviter les refroidissements, les fatigues de toute sorte, surtout la danse, le coït, les émotions vives.
Si l’aménorrhée se rattache à une affection de la matrice ou des ovaires, il faut tout d’abord traiter celle-ci. Si elle dépend d’un vice de conformation, il faut le faire disparaître par une opération lorsqu’elle sera praticable.
Si l’aménorrhée est due à la chlorose, à la chloro-anémie, ce qui arrive très fréquemment, s’il y a des troubles nerveux, si l’estomac est paresseux, si j
les digestions ne se font pas, s’il y a des vomisse- '
ments, il faut administrer les ferrugineux [pilules de Blancard, pilules de Rabuteau, fer Robiquet, \ fer Leras, sirop de Dusourd, fer Girard, citro-lactate. de fer de Rocher, etc.); les préparations de quinquina [vin de Séguin, vin de Bellini, sirop quinoferrugineux de Grimault, etc.); une alimentation tonique et réparatrice, les eaux ferrugineuses [Orezza, Renlaîgue, Fougues, etc.); les bains de rivière, les bains de mer ou les bains de Pennes, l’hydrothérapie.
Chez les femmes pléthoriques, lorsque la suppression des règles est suivie immédiatement de phénomènes congestifs du côté de la matrice et de ses annexes, on peut pratiquer une petite saignée, appliquer deux ou trois sangsues au périnée ou aux grandes lèvres, et conseiller l’exercice, la gymnas* . tique, une alimentation légère et quelques laxatifs.
Comme médication spéciale, nous conseillons l’application sur le ventre de cataplasmes chauds ou de flanelles chaudes imprégnées de vapeurs aromatiques ; les alcooliques, les bains de pieds sinapisés, les sinapismes posés à la face interne et supérieure des cuisses. Ce traitement doit être institué pendant les quatre ou cinq jours qui précèdent le moment où les règles sont attendues. Pendant la même période, on aura de plus recours VMxemmértagogues.
Le safran, la sabine, l’armoise, la rue, généralement employés, ne nous inspirent, comme à beaucoup de nos confrères, aucune confiance. Cependant, le professeur Courty a ordonné avec succès des pilules contenan chacune :
Rue, Sabine, seigle ergoté. . . ââ 5 centigrammes.
Aloès . 2 à 5 centigrammes.
à prendre 3 le premier jour, 6 le second et 9 le troisième. Nous préférons de beaucoup les capsules d'Apiol de Joret et Homolle, à la dose de 1 le matin et 1 le soir. D' Paul Labàrthk.