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tretenue par les lavages à grande eau nécessaires pour séparer le gluten de l’amidon.
L’humidité provoque chez les ouvriers employés dans les amidonneries, des i-humatisnies et de la diarrhée. Les poussières produisent au pourtour des commissures des lèvres, sur le pavillon de 1 oreille une éruption herpétigineuse et de 1 irritation des paupières et des conjonctives. De plus, leur absorption détermine de la sécheresse de la gorge et l’expulsion de crachats rendus gommeux par la présence de l’amidon qui a fermenté. Disons toutefois qu’on observe très rarement la phtisie pulmonaire chez les amidonniers. D' Paul Labarthe.
AMMONIAQUE. — Chimie. — L’ammoniaque est un gaz résultant de la combinaison de l’azote et de l’hydrogène, dont la formule est AzIP. On l’appelle aussi alcali volatil, parce que c’est le seul gaz qui se comporte comme les bases énergiques. En effet, il verdit le sirop de violettes, ramène au bleu le tournesol rougi par les acides, et enfin il forme avec ceux-ci des sels bien définis.
L’ammoniaque est un gaz incolore, d’une odeur très vive, pénétrante et caractéristique. C’est le gaz le plus léger après l’hydrogène. Il est impropre à la respiration et à la combustion ; ainsi une bougie allumée, plongée dans le gaz ammoniac, s’éteint desuite. On peut liquéfier ce gaz sous la pression ordinaire en l’exposant à 40° de froid, ou à 10“ sous une pression de 6 atmosphères 4/2. Faraday l’a même obtenu solide sous l’influence combinée d’un grand froid et d’une haute pression.
L’ammoniaque est très soluble dans l’eau, qui peut en dissoudre 670 fois son volume ; ce n’est môme que sous forme de solution concentrée qu’on l’emploie en chimie et en médecine sous le nom d’ammoniaque liquide.
L’ammoniaque liquide est incolore, plus légère que l’eau, d’une saveur âcre et caustique, d’une odeur urineuse, très pénétrante, très piquante et asphyxiante. Ce liquide possède les mêmes propriétés alcalines que l’ammoniaque à l’état gazeux. Chauffée à 65®, elle perd tout le gaz ammoniac qu’eUe contient, et exposée à l’air elle le perd lentement en grande partie. On doit donc la tenir dans des flacons hermétiquement bouchés.
L’ammoniaque liquide du commerce marque généralement 22°, et contient environ 654 fois son volume de gaz.
Dans l’industrie, on retire surtout l’ammoniaque des eaux ammoniacales provenant de la fabrication du gaz d’éclairage. Ces eaux contiennent du chlorhydrate et du sulfhydrate d’ammoniaque que l’on traite par la chaux éteinte. Alfred Chardon, Ph'“ Effets. — Appliqué sur la peau ou sur la muqueuse, l’ammoniaque agit comme un excitant local ou un escharotique, et peut même produire la vésication et la destruction des tissus, selon la quantité employée et la durée de son contact avec les organes. Les vapeurs d’ammoniaque irritent les yeux et provoquent le larmoiement. Lorsqu’on les respire, elles déterminent sur la muqueuse nasale un picotement vif et cuisant et une abondante sécrétion de liquides, comme si l’on avait un rhume de cerveau. Elles produisent un effet semblable sur les muqueuses
des bronches et peuvent amener des malaises, des spasmes et même la suffocation. Ingérée à petites doses, l’ammoniaque agit comme excitant local et en neutralisant les acides, accélère la circulation et détermine des excrétions et des sueurs abondantes. Ingérée à fortes doses, l’ammoniaque est un poison irritant d’une grande violence dont les, effets caustiques se font sentir immédiatement.
Usages. — L’ammoniaque est d’un emploi fréquent en chimie et en médecine. A l’extérieur, on l’emploie comme caustique, contre les morsures et les piqûres des animaux venimeux ; comme rubéfiant de la peau dans les affections rhumatismales associé le plus souvent à d’autres médicaments : le Uniment volatil simple ou camphré, le haume opodeldoch, etc. C’est l’ammoniaque qui est la partie’ active de Veau sédative. On peut obtenir un vésicatoire instantané au moyen d’un morceau de feutre ou d’amadou imbibé d’ammoniaque, que l’on tient appliqué sur la peau en ayant soin de le recouvrir.
En inhalation, elle est utile pour le cory'za, lesmaux de tête et même les syncopes ; à cet effet, il faut avoir soin de ne la faire respirer que légèrement.
Le docteur Libermann a préconisé les inhalations de vapeurs naissantes d’ammoniaque contre les angines granuleuses et les bronchites chroniques. Le D' Bourguet emploie l’ammoniaque dans le croup pour favoriser l’expulsion des fausses membranes.
La potion suivante :
Ammoniaque . 1 gr. 50
Laudanum Sydenham ... \ 50
Eau . 125
prise par cuillerées de 10 en 10 minutes, rend des services dans la coqueluche, l’asthme, les spasmes de la glotte. On donne aussi l’ammoniaque à la dose de 10 à 20 gouttes dans un verre d’eau pour dissiper l’ivresse. L’art vétérinaire l’administre étendue d’eau? dans les cas de météorisme des animaux ; elle agit alors en neutralisant l’acide carbonique produit par l’excès des légumineuses fraîches absorbées.
Empoisonnement. — Malgré l’emploi fréquent de* l’ammoniaque en médecine, et quoi qu’eUe soit, vendue librement à tout le monde, sans ordonnance, les empoisonnements, par cette substance très toxi- . que, sont assez rares, et lorsqu’on en rencontre, ils' sont plus souvent accidentels que volontaires. Orfila et les médecins légistes en rapportent un certainnombre. Tardieu cite plusieurs empoisonnement& par Veau sédative, qui n’est toxique que par l’ammoniaque qu’eUe renferme.
L’individu empoisonné par l’ammoniaque est pris, aussitôt l’ingestion du poison, d’une angoisse atroce* et de suffocation. Il éprouve des douleurs affreuses son estomac lui fait l’effet de se déchirer. Les lèvres et toute la cavité buccale sont rouges et tuméfiées, ainsi que sa gorge, ce qui rend la respiration très difficile. Le malade vomit des matières glaireuses, striées de sang; sa voix est éteinte, étranglée; son pouls est lent, irrégulier ; presque toujours l’intelligence reste intacte. Dans quelques cas il y a de la constipation, mais le plus souvent il y a des selles involontaires, liquides et sanguinolentes. Si les secours tardent, la suffocation devient de plus en plus
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forte et le malade meurt assez rapidement, surtout lorsque le poison a atteint les voies respiratoires.
Aussitôt qu’on se trouve en présence d’un individu empoisonné par l’ammoniaque, il faut lui administrer du jus de citron ou de l’eau vinaigrée, de la limonade citrique ; le faire vomir en lui titillant la luette, et lui donner un mélange d’huile d’olives et d’eau tiède. Ensuite on le fera gargariser avec
Chlorate de potasse. ... 10 grammes.
Eau. . . 150 —
et on lui donnera à boire en même temps du lait ou de l’eau albumineuse. Enfin, on le frictionnera avec de l’alcool camphré ou de l’alcool simple, et on le réchauffera en plaçant à ses pieds des cruchons d’eau chaude, 'D'' labarthe.
AMNÉSIE. — On donne ce nom à l’absence plus ou moins complète, ou bien à la diminution notable et à la perte totale de la mémoire.
Elle n’est, pour ainsi dire, jamais essentielle; presque toujours, au contraire, elle est symptomatique d’une affection cérébrale, ou d’une maladie générale, plus ou moins grave. Elle peut être temporaire, et disparaître au bout d’un temps variable, sans laisser de traces, ou bien permanente. Elle peut encore être générale, c’est-à-dire que l’altération pathologique peut porter sur la totalité de la mémoire; ou bien partielle, et dans ce dernier cas, certaines catégories spéciales de souvenirs sont abolies, ou encore une période plus ou moins longue de l’existence du malade lui échappe, qu’il ait eu ou non conscience de cette période. L’amnésie est quelquefois congénitale. C’est ce qu’on voit chez les idiots, qui sont souvent affligés d’une amnésie assez complète pour leur rendre étrangers les actes les plus nécessaires à la vie. Quelquefois cependant leur mémoire n’est pas nulle, et l’on peut même arriver à développer beaucoup certaines de ses aptitudes partielles.
Les amnésies dites essentielles sont toujours temporaires. Elles peuvent dépendre de diverses causes, soit morales : excès de travail, contention d’esprit, accès de colère, joie trop vive, grande douleur morale, grande frayeur ; soit physiques : grandes fatigues, exposition à un froid trop vif ou à une chaleur trop intense, abaissement ou élévation considérable de la pression atmosphérique (ascensions de montagnes ou descentes dans les mines). Les amnésies produites par ces diverses causes peuvent être générales ou partielles ; mais, quelle que soit leur forme, elles cèdent au bout d’un temps variable à un régime tonique associé au repos et au séjour dans un climat sain.
Il en est presque toujours de même pour celles qui succèdent aux maladies infectieuses, au typhus ou à la fièvre typhoïde, par exemple.
Certaines névroses, comme l’extase, la catalepsie, le somnambulisme, qui ne sont en somme, que des modalités de l’hystérie, sont accompagnées de troubles variés de la mémoire. Chose curieuse, non seulement le somnambule perd tout souvenir de ce qui s est passé et de ce qu’il a fait pendant son accès, mais encore il peut se faire qu’un deuxième accès efface tout souvenir de la période normale intermé¬
diaire au premier et au second ; on voit même certains somnambules présenter le phénomème bizarre du dédoublement de la personnalité : ils ont deux mémoires, la mémoire des accès, et la mémoire du temps intermédiaire aux accès. Ces faits, communs du reste, au somnanibulisme naturel, et au somnambulisme provoqué par les manœuvres hypnotiques, sont beaucoup plus communs qu’on ne pense.
Dans les diverses névroses de l’intelligence qu’on réunit sous l’appellation commune de vésanies, la mémoire est habituellement conservée, soit pendant l’accès, soit après sa terminaison. C’est ce qu’on observe dans la manie aiguë simple, dans le délire mélancolique et dans le délire de persécution, ainsi que dans la folie à double forme ou folie circulaire. Cependant le délire aigu fébrile et la manie, suite de couches, font exception à cette règle. Mais dans lesautres cas, l’apparition de l’amnésie doit fairecraindre le passage à la démence.
Chez les épileptiques, les altérations de la mémoire sont subordonnées à l’intensité et à la fréquence des attaques, et de même que le petit mal physique souvent répété, anéantit plus vite cette faculté que les grandes attaques, de même aussi le petit mal intellectuel lui est plus nuisible que lesgrands accès de manie épileptique. Indépendamment de l’amnésie générale et graduelle, l’épilepsie produit des amnésies partielles, limitées aux accèspendant lesquels les malades 'peuvent commettre les actes les plus étranges et même les plus criminels, sans en conserver ensuit® le moindre souvenir.
Les affections cérébrales, soit traumatiques, soit organiques, sont très souvent accompagnées de troubles de la mémoire. Il est commun de voir desmalades, atteints de commotion cérébrale à la suite de coups, de chute sur le crâne, etc., perdre tout, souvenir de l’accident et d’une période variable de temps écoulé avant l’accident. Cette amnésie disparait assez vite ; tandis que les affections organiques du cerveau entraînent des amnésies durables et progressives : c’est ce qu’on observe toujours dans la paralysie générale, et très souvent dans l’hémorragie et le ramollissement du cerveau. Dans ces affections redoutables, les troubles de la mémoiresont la plupart du temps associés à des troubles du langage, et cet ensemble prend le nom aphasie. 11 faut remarquer que l’amnésie transitoire, survenant chez des personnes d’âge mûr, et suivie bientôt du retour complet des souvenirs, doit faire craindrel’imminence d’une de ces dernières maladies.
Dans la démence sénile, encore plus que dans le ramollissement cérébral, l’amnésie est la règle. D’abord partielle et incomplète, elle finit par devenir générale et absolue. Elle offre dans ces cas dee caractères particuliers qui lui donnent une haute valeur séméiologique : les malades oublient d’abord les noms propres, puis les dates, puis les mots -en général. Ils emploient souvent l’un pour l’autre, sn servent continuellement de périphrases, ou des mots chose et machin, s’irritent lorsqu’on ne les comprend pas, et manifestent au contraire la plus grande satisfaction lorsqu’on les aidant on leur indique le mot qu’ils cherchent. La niémoire des noms peu-
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quelquefois être abolie au point que le malade oublie le sien propre, et l’on cite le fait d’un vieiUard, homme autrefois très distingué, qui accostait les gens dans la rue en leur disant : « Pour l’amour de Dieu ! dites-moi qui je suis )>; ou : « Dites-moi où je demeure. » Quant à l’amnésie des faits, eUe porte surtout sur les plus récents, et il n’est pas rare d entendre des vieiUards raconter avec la plus grande exactitude des faits datant de leur enfance, tandis qu’ils ont oublié de déjeuner. Plus tard, ils oublient tout, ne reconnaissent plus personne, et conservent à peine quelques souvenirs relatifs aux choses les plus usuelles de la vie.
Le traitement de l’amnésie variera nécessairement selon la cause qui l’aura produite. L’amnésie congénitale qui existe dans l’idiotisme et le crétinisme, celle de la vieillesse ainsi que celle de la démence sont incurables et ne comportent par suite aucun traitement. Cependant, certains idiots ayant une lueur de mémoire, les D“ Delasiauve et Félix Voisin pensent qu’il est du devoir du médecin de tenter de développer en eux les germes qui peuvent en être conservés. Les amnésies essentielles consécutives aux excès de travail ou de fatigues, cèdent au repos, à un régime tonique et au séjour dans un climat sain. De même les amnésies qui succèdent aux maladies aiguës. Quant au traitement de l’amnésie qui accompagne les névroses et les affections cérébrales traumatiques et organiques, ce sera celui de ces affections mêmes. (V. Aphasie, Catalepsie, Epilepsie, Hystérie, Somnambulisme, Vésanie.)
D' Alb. Ruaült, ancien interne de Charenton.
AMNIOS. — Nom donné à la plus interne des membranes qui enveloppent le fœtus. Mince, diaphane, sa face externe l’unit au chorion par l’intermédiaire de Vallantoide, tandis que sa face interne, lisse et polie, n’est séparée du fœtus que par l’eau de l’amnios.
L’eau de l’amnios est un liquide clair et transparent qui devient opale, à la fin de la grossesse, et possède une odeur analogue à celle du sperme et une saveur légèrement salée. Le poids du liquide amniotique ne dépasse guère 300 grammes à la fin de la grossesse, quoi que sa quantité varie d’une femme à l’autre. Dans certains cas, les eaux de ramnios manquent à peu près complètement, et on dit alors que la femme a un accouchement sec. Et, dans ce cas, l’enfant est ordinairement vigoureux, car, en général, le poids des eaux de l’amnios est inversement proportionnel au poids du fœtus. Les eaux de l’amnios sont destinées à préserver le fœtus , des chocs et des pressions extérieures pendant la gestation, et pendant l’accouchement à empêcher d’une part le fœtus d’être comprimé directement par les contractions de la matrice, et, d’autre part, à faciliter la dilatation du col utérin et humecter le vagin. (V. Accouchement, Embryon, Fœtus, Gestation.)
D' Ant. De Soybe.
AMPHI ARTHROSE. — (V. Articulation.)
AMPHYON (EAUX MINÉRALES D’). — Amphyon est un petit bourg de la Haute-Savoie, situé sur la rive
septentrionale du lac Léman, à quelques minuteg | d’Evian, dont les eaux alcalines et ferrugineuses i mais très faiblement minéralisées, sont très peu usitées. P. L. !
AMPOULE. — Nom donné à de petites tumeurs en forme de cloches, remplies de sérosité, qui sé i forment entre le derme et l’épiderme qu’elles soulèvent. Ce nom est surtout réservé à celles de ces petites tumeurs qui siègent à la paume de la main à la plante et au-dessous des pieds. Les ampoules des mains se produisent à la suite des travaux rudes ou de froissements réitérés, comme après l’usage prolongé d’un marteau, des instruments de jardinage, des avirons d’un bateau, etc., chez les personnes qui n’en ont pas l’habitude. Les ampoules des pieds sont occasionnées par la pression trop forte des chaussures neuves ou par une marche forcée. On prévient' ces dernières en portant de la chaussure large et souple, en graissant ses pieds avec du suif et en mettant des chaussettes de laine.
Lorsqu’on a une ampoule, il faut bien se garder de jamais déchirer et enlever la peau soulevée. On la pique simplement avec une aiguille à sa partie : la plus basse, pour en faire écouler tout le liquide 1 qu’elle contient, puis on recouvre toute sa surface 1 avec une couche épaisse de collodion qu’on laisse en | place jusqu’à ce qu’une peau nouvelle se soit for- ^ mée. '
Si, faute de ce traitement immédiat, l’ampoule | s’est enflammée et contient du pus, il faut enlever l’épiderme tout entier avec des ciseaux et panser la . petite plaie avec un linge cératé, ou mieux, avec un un morceau de baudruche gommée, véritable épiderme factice, dépassant un peu les limites de la plaie et recouvrir cette baudruche d’une couche de collodion. D" Paul Labarthb.
AMPUTATION. — On donne ce nom à une opération chirurgicale, dont le but est de retrancher un membre ou un segment de membre plus ou moins important. Par une extension qui est un abus de langage, des chirurgiens ont encore désigné ainsi l’extirpation totale de quelques organes (pénis, mamelle, testicule). Dans le présent article, il ne sera question que de l’amputation des membres.
Les amputations sont des opérations très sérieuses à un double point de vue. Elles mutilent, en effet, toujours les individus, et dans l’hypothèse la plus favorable (guérison et formation d’un beau moignon), elle le prive d’un organe d’une importance physiologique souvent Considérable, que rien ne peut remplacer. Aussi les efforts des chirurgiens tendentils à restreindre de plus en plus le nombre des cas où il devient indispensable d’avoir recours à cette^ ullima ratio, véritable aveu de l’impuissance de l’art.
Le but que se proposent les chirurgiens en am - , putant, est donc de remplacer une affection ingué \ rissable ou extrêmement dangereuse, par une plaie restreinte^ de guérison facile et rapide, laissant après cicatrisation un moignon bien disposé, pour recevoir les appareils prothétiques destinés à réparer autant que l’art le peut la mutilation infligée à l’individu.
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Da là déeoule ce grand précepte qui domine toute la médecine opératoire des amputations, de couper les parties molles, de sorte qu’elles recouvrent complètement et largement l’os. Si le chirurgien ne tenant pas un compte suffisant de la rétractilité des tissus, incise ceux-ci à une distance trop rapprochée du point où il sciera l’os, celui-ci sera ou laissé à nu au centre de la plaie par insuffisance des parties molles, ou tout au moins difficilement recouvert.
La rétraction musculaire continuant à s’exercer longtemps après la section des muscles, l’os primitivement caché, mais d’une façon trop parcimonieuse, sera mis à découvert pendant la cicatrisation. S’il ne rend pas ainsi la guérison tout à fait impossible, il fera une saillie au centre de la cicatrice ; le moignon revêtira la forme d’un cône dont il représentera le sommet. L’application des appareils est presque impossible sur les moignons présentant cette conformation, notamment aux membres inférieurs (cuisse). Des douleurs, des ulcérations, sans cesse renaissantes, des ostéites à répétitions, revêtant souvent la forme chronique, telles seraient les suites inévitables d’un tel état de chose qui parfois conduit à la nécessité d’opérations secondaires sérieuses, nouvelle amputation ou résection.
L’os doit donc être recouvert, et nous insistons à dessein sur ce point, non seulement par la peau, mais par les muscles, quand cela se peut. Ajoutons cependant que la conicité du moignon ne tient pas toujours à une mauvaise exécution opératoire, et que ce résultat se montre du reste à deux périodes bien différentes des amputations. On le voit en effet survenir ou pendant la cicatrisation même de la plaie d’une amputation faite suivant toutes les règles classiques, ou bien encore très tard, à une époque très éloignée de la cicatrisation.
D’autre part, les amputations font toujours courir, même dans les cas les plus simples, des dangers parfois considérables.
Il est à peine besoin de rappeler que fort bénignes quand elles portent sur certaines régions (phalanges, doigts, métarcarpiens, métatarsiens), leur gravité augmente à mesure qu’elles atteignent des parties plus rapprochées du tronc, ce qui revient à dire que les dangers auxquels elles exposent, sont en raison directe de l’étendue de la plaie qu’elles laissent après elles, et de l’importance des organes qui ont dû être lésés (artères, veines volumineuses, nerfs, os importants, large canal médullaire, etc.). L’âge, l’état constitutionnel des individus, la gravité des maladies pour lesquelles on a dû intervenir, leur nature (affections constitutionnelles, sarcomes, cancers, etc.), les milieux dans lesquels ont a dû opérer, les méthodes dont on s’est servi, l’époque de l’année imposée par les nécessités pathologiques, les divers pansements employés, enfin, il n’est pas jusqu’aux qualités individuelles des chirurgiens, qui ne doivent entrer en ligne de compte.
Causes et indications des amputations. — Il nous semble utile de rappeler rapidement les causes pour lesquelles on est amené à amputer. A ce point de vue les amputations peuvent être divisées en traumatiques et 'pathologiques, les premières rendues nécessaires par les désordres parfois successifs, causés par certains traumatismes ; les
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secondes, remédiant aux désordres produits par la maladie, ou détruisant localement certaines affections organiques de nature essentiellement malignes.
Au nombre des blessures qui autorisent le sacrifice d’un membre se rangent :
1“ Les contusions au quatrième degré d’une certaine étendue, ou qui atteignent tout un membre ou segment de membre ;
2° Les plaies contuses accompagnées de délabrements excessifs des parties molles et des os, ou des parties molles seulement (peau, tissu cellulaire, muscles). Dans cette catégorie se rangent les lésions produites par les gros projectiles de guerre (obus, bombes, corps étrangers mus par une grande force, etc., etc.) ;
3“ Les fractures compliquées, lorsque les dégâts osseux sont considérables (comminution des os avec ou sans pénétration dans une cavité articulaire du foyer de la fracture, avec ou sans déplacements articulaires). La chirurgie moderne a restreint beaucoup les indications de l’amputation dans ces derniers cas; les méthodes conservatrices tendent à prévaloir aujourd’hui, et on peut avancer qu’à moins de lésions étendues des parties molles, d’attrition considérable des os, de lésions concomitantes des gros vaisseaux et des troncs nerveux des membres, la conservation est de règle ;
4“ Les destructions étendues et profondes causées par la brûlure (brûlures au quatrième degré et au cinquième degré) ;
Les luxations compliquées de plaies. A ce sujet il faut encore faire remarquer que l'amputation ne sera pratiquée que très exceptionnellement, s’il existe des co'mcidences fâcheuses, telles que des traumatismes vasculaires et nerveux importants; l’irréductibilité indiquerait tout au plus la résection de l’articulation déplacée. Il ne faut point perdre de vue, du reste, que si parfois l’état des parties parle assez éloquemment de lui-même pour qu’il ne puisse rester aucun doute dans l’esprit au sujet de la détermination à adopter, très souvent une expérience consommée, un tact chirurgical parfait ne sont pas de trop pour décider en dernier ressort.
Les amputations pathologiques sont indiquées lorsqu’une affection a causé des dégâts au-dessus des ressources de la nature, ou bien lorsqu’elle est absolument incurable et met directement en péril, par sa seule existence, les jours du malade. Dans cette catégorie se rangent :
1“ Les diverses gangrènes, lorsqu’elles sont étendues en surface ou en profondeur ;
2° Les destructions étendues causées par certaines inflammations graves, destruction de la peau dans les phlegmons diffus, ostéopériostites, ostéomyélites, compliquées de suppurations articulaires, pourriture d’hôpital, etc. ;
3° Certains anévrismes qui ont déterminé des lésions osseuses ou articulaires étendues ;
4° Les suppurations articulaires chroniques, avec dégâts considérables, surtout chez les adultes ou les individus avancés en âge ;
S Certains ulcères des membres inférieurs, qui ont rongé de vastes étendues de peau (notamment lorsque ces destructions sont circulaires);
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6” Les tumeurs diverses dont le point de départ est connu, ou dont les connexions rendent 1 extirpation impossible (cancers, sarcomes, enchondromes, etc.);
7“ Enfin nous mentionnerons sans les recommander ou les désapprouver absolument les ainputations de complaisance (doigts surniinieraire , situation vicieuse de certains membres, cicatrices douloureuses et très gênantes, etc., etc.).
■ Ici encore la sagacité la plus parfaite, 1 experience a plus accomplie sont souvent indispensables pour . décider de l’opportunité des amputations, et apprécier ' ; ,vec exactitude les limites des ressources de la na- 1
'%Uîérentes méthodes d’amputations — Toutes
Aujourd’hui ces méthodes sont rejetées pour qui concerne la pratique générale des amputations.' Les avantages qu’elles pouvaient offrir en effet étaient longuement compensés par d’immenses in. convénients sur lesquels il serait trop long d’in.
^^Aujourd’hui, et pour longtemps encore, le coq. teau mérite la préférence, sauf des cas bien excep. tionnels. Il agit rapidement, d’une façon précise, donne une plaie nette bien disposée pour la réunion par première intention, et qui ne favorise pas plug que les autres l’introduction dans l’économie des ferments pathologiques. La division des os se pratique avec les diverses scies usitées en chirurgie. La scie à amputation ordinaire est d’un maniement très
Fig. 71. — Amputation de la cuisse. — Positions du chirurgien et des aides.
les méthodes dont on se sert en chirurgie pour ] diviser les tissus (méthodes de diérèse), ont été tour à tour proposées, prônées même souvent, par quelques chirurgiens. Au moyen âge, la crainte 1 de l’hémorragie, qui si longtemps arrêta les mains des chirurgiens, avait fait adopter la section deschairs au moyen de couteaux rougis au feu. Après l’admirable invention d’Ambroise Paré, une pareille crainte devenant sans objet, la section sanglante au moyen des instruments tranchants fût seule et longtemps pratiquée.
A une époque voisine de la nôtre, des chirurgiens parmi lesquels nous citerons principalement Maisonneuve, Girouard, Chassaignac, dans le but d’éviter toute perte de sang aux malades ou d’obtenir des plaies absolument aseptiques, proposèrent à nouveau les méthodes de diérèses, dites oblitérantes ^cautérisations potentielles, écrasement linéaire, section par Y anse galvanique, le thermocautère, etc.).
facile, pour peu que l’on ait un peu d’habitude.
Suivant l’époque de la maladie à laquelle l’opération est pratiquée, on divise les amputations en primitives, intermédiaires, secondaires et tardives.
L’amputation primitive est celle qu’on pratique dans les heures qui suivent l’accident qui a rendu l’opération inévitable. On doit attendre que le blesse se soit relevé de l’état de collapsus qui accompagne souvent les traumatismes graves, sans attendre toutefois que les accidents fébriles aient éclaté. Cette période comprend approximativement les trente-six heures qui suivent l’accident.
On donne le nom d! intermédiaires à celles que quelque accident particulier, comme une gangrène étendue , une hémorragie secondaire , contraint à exécuter pendant une période fébrile. Ces opérations sont toujours d’une gravité exceptionnelle, et le chirurgien doit avoir la main forcée par les circonstances pour s’y décider.
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Les amputations pratiquées pendant la période de suppuration, après la cessation des accidents fébriles primitifs, sont dites secondaires. Cette période correspond en général de la troisième à la sixième semaine qui suit le traumatisme.
Enfin les amputations tardives sont pratiquées à
Fig. 72, — Amputation de la cuisse par la méthode circulaire (incision de la peau).
une époque plus ou fnoins éloignée et pour des accidents survenus tardivement, tels que suppurations interminables, séquestres multiples impossi-
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1“ Les amputations circulaires ou dérivées de la circulaire, telles que les ovalaires, obliques, elliptiques ; — 2° Les amputations à lambeaux.
Méthode circulaire. - La peau divisée circulairement ainsi que les tissus qui lui sont sous-jacents, jusqu’à l’aponévrose d’enveloppe exclusivement, est disséquée et relevée en manchette. Les muscles sont coupés ensuite, de façon à ce que les muscles profonds, adhérents à l’os, ne soient entamés par le couteau qu’après la rétractation des muscles superficiels, et cela au niveau du point où ces derniers se sont rétractés. Les muscles profonds divisés, je juge encore utile, comme le conseille Malgaigne, de détacher avec la pointe du couteau les fibres immédiatement adhérentes à l’os. Le périoste est ensuite incisé et l’os
Fig. 73. — Amputation de la cuisse par la méthode circulame (section des muscles).
blés à extraire, affaiblissement progressif des indi- ■viclus, qui: deviennent inaptes à fournir les matériaux suffisants pour la réparation de grandes pertes de substance, etc.
Suivant la forme que l’on donne à l’incision des parties molles, les amputations sont divisées en ûeux grandes catégories :
scie.
Méthode ovalaire. — Cette méthode n’est point applicable d’une façon générale à l’amputation des segments de membres un peu volumineux. On la réserve pour l’amputation des doigts, pour la désarticulation des phalanges et notamment des articulations métacarpo-phalangiennes ou mé- Fig;' — Amputation de tatarso-phalangiennes. méthode
Méthodes à lambeaux. —
Elles sont caractérisées par la formation de lambeaux qui comprennent non seulement la peau, mais tous les tissus, muscles, tissu cellulaire, vaisseaux, etc., intermédiaires à cette membrane et au squelette.
Les lambeaux sont de hauteur et de largeur variables, suivant le diamètre du membre et aussi le choix que l’on fait du procède, de la méthode (deux lambeaux, grand lambeau unique, grand lambeau et petit lambeau opposé n'ayant que le quart de la longueur du lambeau principal). La longueur sera calculée, dans le procédé à un lambeau, de façon à égaler celle du diamètre du membre au point de section. Dans le procédé à deux lambeaux égaux , la longueur de chacun d’eux sera au moins celle d’un rayon.
Les lambeaux taillés et relevés, les muscles qui n’ont point servi à leur confection sont tranchés circulairement au niveau du point où l’os sera sectionné, suivant le mode que nous avons indiqué pour l’amputation circulaire.
Je ne juge pas utile d’entrer dans le détail des procédés de la méthode elliptique. Elle i n’est appliquée qu’à un petit nombre d’amputations (poignet, sus-malléolaire , métacarpo-phalangienne du pouce et du gros orteil), et les préceptes sur lesquels nous venons de nous étendre lui sont en tout point applicables.
Quelle que soit la méthode employée pour l’opéra*
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lion, une fois le membre amputé, le chirurgien lie avec soin l'artère principale, puis les artères collatérales du membre {Y. igatnre) ; il attend quelques instants pour bien s’assurer que des hémorrhagies secondaires ne sont pas à redouter, puis il procède du pansement définitif de la plaie qui variera selon qu’il voudra obtenir, soit la réunion immédiate ou
par “première intention, soit la réunion médiate ou pdx sf‘Conde intention. (V. Plaie, pansement.) \
Soins et précautions avant, pendant et après les amputations. — Lorsqu’une amputation est décidée, il fautprendre aussitôt certaines mesures importantes.
A moins d’indications urgentes, elle sera pratiquée le matin. On fera choix d’une pièce bien éclairée, chauffée en hiver de façon à ce que la température y soit de 18" à 22^ centigrades. On disposera au milieu de la pièce, vis-à-vis d’une fenêtre bien éclairée, un lit assez étroit et assez élevé pour que l’opérateur et les aides n’éprouvent aucune gêne. Une table un peu longue, une commode recouverte d’un matelas, sont très propres à cet usage.
Sur un meuble portatif, et à proximité du lit, seront étalés les instruments dans l’ordre où. ils doivent servir. Ce sont : l’appareil à anesthésie, des couteaux, des bistouris, de longueur et de force en rapport avec l’opération, une ou plusieurs scies, des pinces à forcipressure, une compresse fendue à deux ou trois chefs pour retrousser et protéger les chairs pendant la section des os, des fds à ligature (soie phéniquée, catgut), une pince incisive, des ciseaux, des éponges fines bien lavées à l’eau phéniquée en nombre suffisant, des cuvettes, des vases contenant de l’eau chaude, de l’eau froide, un seau pour recueillir les eaux sales ; enfin, les objets de pansement, charpie, ouate, diachylon, compresses, ban¬
des, etc. Eau phéniquée, alcool, alcool camphré, j cérat, etc., suivant la méthode à laquelle on aura [ donné la préférence.
On aura soin de nettoyer la partie du membre sur laquelle on doit pratiquer l’opération ; on la lavera avec soin et on la rasera dans une assez grande • étendue s’il y a des poils. La portion du membre qui doit être amputé sera enveloppée avec des compresses recouvertes d’un bandage peu serré, autant pour la soustraire à la vue de l’opéré que pour être plus facilement et plus sûrement tenue par l’aide qui en sera chargé.
Les aides, en nombre suffisant, intelligents et adroits, auront chacun leurs attributions. Le premier administre le chloroforme pour anesthésier le patient, tandis que le second surveille attentivement le pouls et la respiration. Un troisième est chargé de comprimer l’artère. Placé près de la rainure du membre, il cherche l'artère, et lorsqu’il l’a trouvée, il la comprime avec ses doigts assez fortement pour ne plus laisser une goutte de sang, et en évitant tout mouvement, qui pourrait faire glisser ses doigts à côté du vaisseau. Un quatrième aide soutient et embrasse le membre au-dessous du point où se fait la compression et au-dessus de la partie qui doit être enlevée. C’est lui qui pendant l’opération doit relever les lambeaux. Un cinquième so.u-
Fig. 76. — Amputation de la jambe par la méthode à lambeau (section circulaire des chairs, le lambeau externe déjà forme étant relevé par un aide).
tient et embrasse la partie qui doit être enlevée. Ü doit avoir soin d’exercer sur elle une traction légère mais continue dans la direction de l’axe du membre sans jamais l’élever ni l’abaisser, principalement au moment où le chirurgien sciera l’os. Car, dans le premier cas, il entraverait les mouvements de la scie au point de les rendre impossibles, et, dans le
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second, l’os éclaterait en laissant une saillie esquil- j leuse qu’il faudrait réséquer avec soin au moyen de tenailles incisives : ce qui compliquerait inutilement l’opération. Un autre aide est spécialement chargé de passer les instruments au fur et- à mesure qu’ils deviennent nécessaires. Il doit toujours en présenter le manche, en tenant le dos du couteau tourné du côté de la pomme de la main et le
— Amputatioa de la jambe par la méthode â deux lambeaiix (iacisioa circulaire ei formation du premier lambeau)..
tranchant en bas, pour éviter d’être blessé. Enfin d’autres aides s’emparent des diverses parties du
vements du reste du corps. 11 arrive parfois que le moignon est tourmenté de soubresauts, de tremblements convulsifs, contre lesquels il faut se tenir en garde. Le plus souvent, une bride en linge, fixée par ses extrémités au bord du coussin ou du matelas, après avoir croisé la partie, suffit pour les arrêter ; dans certains cas, un aide est forcé de les modérer, en comprimant assez fortement avec la main la racine du moi- Si gnon. 11 est indispensable de placer au.
dessus du membre opéré un cerceau, en # bois ou fer, destiné à soutenir les cou- Ê vertures et à les empêcher de porter directement sur le moignon.
Cela fait, on laisse le malade tranquille, on évite de lui parler et de le laisser par- 1er, et on place auprès de lui un aide pour surveiller les suites de l’opération.
Plusieurs amputés croient éprouver des douleurs dans la partie du membre qui a été enlevée. Ces douleurs tout à fait nerveuses ou imaginaires n’ont rien qui doive les inquiéter..
, Quant au régime de l’amputé et aux
^ accidents consécutifs de l’amputation, hémorrhagie, inflammation, fièvre traumatique, gangrène, érysipèle, phlébite, ostéomyélite, infection purulente, tétanos et pourriture di hôpital.
corps du patient dont les mouvements pourraient voyez, ces mots. (Voyez aussi : Anesthésie, ligature,
gêner l’opération..
Pendant l’opération, toute personne, inutile ou susceptible de se trouver mal, ne doit pas rester dans la chambre.
Après l’opération elle pansement, ou fait, prendre
- Ampatatïoa (te la jambe par laméthade à deux lambeaux. (ÉormaMon du second lambeau).
membres artificiels, pansements, plaies. Prothèse, Régime). D' A,,-IL Mabchand.
AMULETTES. — Nom donné à. tout objet, image, figure, ou écrit quelconque I que les gens superstitieux portent sur eux, dans le but soit de prévenir ou de guérir certaines maladies, soit d’éviter quelque autre malheur. Aussi ancien que le monde, l’usage des amulettes en a fait le tour, et aujourd’hui ce n’est pas- seulement chez les sauvages qu’il s’est conservé, il règne encore, dans une grande partie de notre France, pays de Voltaire et de Diderot!
On ferait un volume rien qu’avec l’énumération des innombrables, amulettes de toutes sortes qui ont été tour à tour prônées et recherchées. A titre de simple curiosité voici — sans parler de reliques — quelques-unes des amulettes en konneur
au malade quelques cuillerées, de houillon ou du vin sucré pour relever ses forces, puis on le transporte dans un lit convenablement chauffé et préparé. Pour cela, un aide, vigoureux et fort, le prend du côté sain., par dessous les épaules d’une main et par dessous les jarrets de l’autre, de manière à ne lui imprimer aucune secousse, aucun ébranlement, et le dépose dans ledit, sur le dos, la tête modérément ^vée, en ayant soin de maintenir le mernbre opéré a demi fléchi, de manière à. ce que tous les muscles soient dans le relâchement. Le moignon est placé sur un coussin de baie d’avoine recouvert d’une mèze pliée en plusieurs doubles, ou dans une sorte de hamac qm a l’avantage de permettre les mou-
jadis et — hélas 1. — encore aujourd’huL L’émeraude portée au doigt ou suspendue au cou préserve de l’épilepsie ; la matière fécale de l’éléphant, mélangée au miel et introduite dans le vagin d’une femme, empêche celle-ci de concevoir ; le. cœur d’un crapaud mis sous la. mameUe d’une femme fait revenir le lait perdu; un crapaud desséché placé sous, l’aisselle arrête les saignements de. nez ;, une dent d’un chien enragé portée attachée dans un morceau de cuir préserve de la tage; l’excrément de loup porté dans sa. poche préserve des coliques ; la racine d’asperge appliquée sur une dent malade la rend insensible et permet de l’arracher sans douleur ; un collier de liège autour du cou des chiens ou des chats leur fait pas-
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ser le lait ; un sachet de safran suspendu sur l’estomac préserve du mal de mer ; dans le Finistère, lorsqu’on va faire baptiser un nouveau-né, on lui met un petit morceau de pain noir pour éloigner de lui les maladies ; l’enfant né coiffé auquel il ne faut pas enlever la fameuse coiffe qui n’est autre que Vamnios; les dents de loup, de chien, du renard, avec lesquelles on fait encore des colliers pour aider à la pousse des dents des jeunes' enfants, etc., etc. Enfin, et ceci est le bouquet, à Paris, à Paris même, au centre du foyer des lumières et de la civilisation, au sein même de l’Institut, un membre de cette illustre compagnie, M. A. D., de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, frère d’un de nos plus :;élèbres auteurs dramatiques et lui -même littérateur très distingué, n’a-t-il pas affirmé s’être guéri d’hémorrhoïdes opiniâtres et excessivement douloureuses en portant simplement cinq marrons d’Inde dans sa poche! (Voir le Dictionnaire des sciences médicales, t. XX, p. 632)!!!
En vérité, dirons-nous avec notre savant ami le D' Chéreau, de l’Académie de médecine, on est profondément surpris devant ce cortège sans fin d’absurdités, de délirantes extravagances, et de folies de toutes sortes. Mais, lorsqu’on songe que cela a été reconnu, prôné, défendu par des rois, par des princes, par de grands prélats, et, ce qui mieux est, par des hommes que ISurs travaux, leur savoir et leur autorité, nous ont appris à respecter, la surprise fait place à la stupéfaction, et l’on se demande ce qu’est en réalité cet être à deux jambes qui a la prétention de régner sur l’univers entier et de soumettre à sa tyrannique autorité des êtres assurément moins parfaits que lui, sous le rapport de l’intelligence, mais que leur raison, comme passive, affranchit au moins de ces monstruosités ! D' Paul labarthe.
AMYGDALE. — Nom donné par les anatomistes à deux corps glandulaires, placés au fond de la gorge,' sur les côtés de l’isthme du gosier, dans la fossette limitée par les piliers antérieur et postérieur du voile du palais. Leur forme ovoïde un peu aplatie de dedans en dehors et leur volume rappellent ceux d’une amande, de là léur nom d’atnygdales. Leur surface libre présente une douzaine d’orifices qui s’ouvrent dans des petites cavités qui sécrètent un produit particulier, rappelant par son aspect et sa consistance le fromage blanc. Ce produit a une odeur désagréable chez les personnes atteintes d’engorgement chronique des amygdales et c’est à lui qu’est due chez eUes la fétidité de l’haleine.
On trouve aussi dans l’épaisseur des amygdi les, et autour des cavités dont nous venons de pa 1er, des petites glandes folliculaires qui sécrètei un mucus visqueux et transparent destiné à favoris( la déglutition du, bol alimentaire en lubrifiant : passage de la bouche dans le pharynx.
A l’état normal, les amygdales ne sont pas vis blés au fond de la gorge. Lorsqu’elles sont en go gees ou hypertrophiées, eUes forment deux sailli< arrondies qui s’avancent l’une vers l’autre et pei vent, dans certains cas, se rejoindre et interceptf ainsi 1 ouverture de l’isthme du gosier, (V. Amygd< Ixte et Amygdalotomie.) . j,r labarthe.
AMYGDALITE. — On donne ce nom à l’inflatnina. tion des amygdales, inflammation qui peut être superficielle ou profonde et se terminer, soit par résolution, soit par suppuration, soit par induration.
Les causes de l’amygdalite, quelle qu’en soit là forme, peuvent être divisées en causes prédispo. santés et en causes déterminantes. Parmi les causes prédisposantes, il est juste de signaler en première ligne l’âge des sujets. 11 est en effet extrêmement rare de trouver des amygdalites avant l’âge de seize à dix-huit ans, et après l'âge de quarante ans. Il est bien entendu que nous ne parlons pas ici des amyg. dalites, que nous appellerons toxiques, et qui se développent au début ou pendant le cours de fièvres éruptives, rougeole, variole et souvent scarlatine.
L’hypertrophie chronique des amygdales, une première atteinte d’amygdalite est encore une cause prédisposante dont on ne saurait nier l’influence. Enfin nous devons encore signaler comme causes prédisposantes le tempérament lymphatique des sujets, les diathèses arthritiques et herpétiques, et les écarts de régime.
Parmi les causes déterminantes, nous passerons sous silence les épidémies d’amygdalites pour signaler les deux causes principales, les variations brusques de température (chaud et froid), et l’irritation directe des amygdales, soit par un corps étranger (arête de poisson, fragment d’os, etc.), soit par une manoeuvre opératoire, soit même par des vapeurs ou des poussières irritantes.
11 n’est pas rare non plus de voir l’amygdalite être causée par la rétention, dans une des cryptes de l’amygdale du produit de la glande, qui agit "alors dans ce cas comme le ferait un corps étranger.
Les symptômes de l’amygdalite varient un peu selon que l’on a à faire à une inflammation superficielle, ou à une inflammation profonde, qui dans ce cas se termine toujours par suppuration.
Les symptômes qui caractérisent le début de l’affection sont un malaise général, qui s’accompagne souvent de douleurs de tête, d’une soif plus ou moins vive occasionnée par une sécheresse, une ardeur très violente du fond de la gorge. La peau devient sèche et le plus souvent un frisson assez violent suivi de vomissements indique un accès de fièvre caractérisé par une élévation très sensible de la température (39°-40°), et par l’apparition, dès le deuxième jour, de poussées d’herpès labial ou du voile du palais. La gêne de la déglutition qui est apparue dès le début ne fait qu’augmenter en raison de l’accumulation dans la gorge et dans la -bouche de mucosités visqueuses et gluantes; à mesure que la tuméfaction de l'amygdale augmente, la respiration devient de plus en plus gênée, la voix prend un timbre particulier, nasonné, qui est tellement caractéristique, qu’il nous est arrivé bien souvent de diagnostiquer une amygdalite en entendant simplement le malade répondre à notre première question.
Tels sont les symptômes généraux de l’affection qui nous occupe, symptômes qui s’accentuent avec la gravité même de l’amygdalite.
Les symptômes locaux ne sont pas moins caractéristiques. Si on examine la gorge, examen rendu toujours très difficile par la difficulté et même par
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l’impossibilité où setrouvelemaladed’écarterles mâchoires, on remarque d’abord une tuméfaction plus ou moins considérable de l’une des amygdales. Il est en effet extrêmement rare que les deux tonsilles soient prises en même temps. Au début l’amygdale se présente sous forme de tumeur rouge, arrondie, luisante, sèche. Bientôt, on la trouve recouverte de mucosités visqueuses, et si on est en présence d’une inflammation superficielle, on ne tarde pas à voir sur la surface un exsudât blanchâtre, peu adhérent, qui peut faire croire au médecin peu exercé qu’il se trouve en présence d’une angine couenneuse. Cet exsudât n’est composé que de mucus, de débris d’épithélium et dé quelques globules de püs. n s’enlève avec la plus grande facilité, soit avec un gargarisme, soit avec un pinceau.
Dès le troisième jour, il se forme sur la surface de l’amygdale une série de petites excoriations, d’ulcérations quelquefois, qui ne disparaissenh qu’ après sept ou huit jours, à mesure que l’inflammation rétrocède.
Si, au contraire, on est en présence d’une inflammation profonde ou parenchymateuse, pendant les six premiers jours, la tuméfaction de l’amygdale ne fait qu’augmenter, elle conserve sa couleur rouge vineuse, le voile du palais lui-même, la luette s’infiltrent, tout l’isthme du gosier se trouve bouché par la tumeur qui est luisante, tendue, recouverte de mucosités gluantes.
Dès les premiers jours, si on porte le doigt sur elle, on lui trouve une consistance comme cartilagineuse; petit à petit, elle se ramollit et enfin, vers le septième jour, on peut, dans beaucoup de cas, percevoir la fluctuation, signe que le pus s’est formé et collecté. D'ailleurs, cette formation du pus s’accompagne toujours de frissons et de battements dans la région, battements que le malade ne néglige jamais de signaler à son médecin.
Dans cette forme de l’amygdale, les ganglions du cou sont presque toujours tuméfiés; dans tous les cas, en portant le doigt derrière l’angle de la mâchoire, on trouve toute la région engorgée, dure et douloureuse.
Dans les deux formes d’amygdalites l’haleine du malade prend un caractère de fétidité particulier, dâ très probablement à là fermentation du mucus sécrété par l’amygdale.
L amygdalite, qu’elle qu’en soit la forme, se termine toujours en l’espace de huit à quinze jours. Si elle est superficielle, au bout de huit jours, le ma- -lade peut reprendre ses occupations. Si elle est pro-
onde, elle ne se termine que par l’ouverture de 1 abcès, et ce n’est que vers le septième jour que le pus se trouve être réuni en foyer. Il est alors indiqué de lui donner issue, car, on a cité des cas, ou ce pus a fusé dans la poitrine ou s’est fait jour à l’exténeur au niveau de l’angle de la mâchoire.
Malgré les quelques cas de terminaison fâcheuse, cette affection peut être regardée comme bénigne, ha seule gratté consiste en ceci, que après une première atteinte, on est exposé à en voir survenir d autres presque périodiquement, atteintes qui vous laissent toujours affaibli.
Le diagnostic même de l’affection est facile à établir, elle ne pourrait être confondue qu’avec l’hyper¬
trophie chronique des a,mygdales ou avec l’angine couenneuse ou diphthérie. Ce sont surtout les symptômes généraux, la tuméfaction considérable des ganglions du cou, l’épaisseur elt l'adhérence des fausses membranes dans le cas de diphthérie, qui permettent de différencier les deux maladies.
Est-il possible au début, de l’affection d’enrayer le mal? Oui, sans contredit. Les médecins anglais préconisent et regardent comme un spécifique le gàiac, pris sous forme de pastilles (une pastille contenant 20 centigrammes de résine, prise toutes les deux heures). N’ayant jamais employé ce médicament, je me contente de le signaler.
Pour moi, il m’est arrivé bien souvent d’enrayer l’amygdalite au début en appliquant sur la région amygdalienne du cou, de trois à six sangsues.
Malheureusement, on n’est guère appelé que vers le trois ou quatrième jour de la maladie. Dans ce cas, si on est en présence d’une amygdalite superficielle, on se trouvera bien d’insuflations d’alun, de poudre de nitrate d’argent, de pastilles au chlorate de potasse {Pasti les de üeihan. Pastilles de Falangié, etc.) et de gargarismes émollients, très fréquemment répétés. Nous conseillons le suivant :
Décocté de guimauve et de pavot . . . 500 grammes
Chlorhydrate de morphine . 0,10 centig.
Le malade devra garder la chambre, se nourrir le mieux que cela lui sera possible, prendre des bains de pieds sinapisés, appliquer des sinapismes aux jambes et aux cuisses.
Si l’amygdalite est profonde, et menace de se terminer par suppuration, on doit favoriser la formation du pus en appliquant sur le cou des cataplasmes arrosés de laudanum, des compresses trempées dans de l’eau de sureau.
Si les douleurs sont très vives et que l’écartement des mâchoires le permette, on soulagera beaucoup le malade en faisant dans le parenchyme de l’amygdale une injection de 2 centigrammes de chlorydrate de morphine. Cette injection peut encore être faite dans la région du cou. Aussitôt qu’on le pourra, on devra donner issue au pus en se servant du bistouri, sans oublier que l’artère carotide est la, et en portant le tranchant de l’instrument en haut et en dedans. Quelquefois les efforts occasionnés par un vomitif suffisent pour rompre l’abcès. D' G. Povet,
Ancien interne des hôpitaux de Paris, Professeur de Laryngologie et Rhynoscopie.
AMY6DAL0T0ME. — Nom donné à un instrument de chirurgie spécial destiné à sectionner les amygdales, inventé par le D" Fahnestock, chirurgien américain. Dès que cet instrument fut connu en France, tous les chirurgiens s’empressèrent de le modifier et cherchèrent à le rendre plus pratique. Qu’il nous suffise de dire que Velpeau, Chassaignac, Maisonneuve, Robert et Collin, Charrière, Mathieu trouvèrent tour à tour des modifications importantes. Mathieu entre autres, fut le premier à construire un amygdalotome pouvant se manier d’une seule main. C’est à son instrument que nous donnons la préférence : il se compose de quatre pièces distinctes :
1° La guillotine ou couteau en forme d’anneau ovalaire, terminant une tige à l’autre extrémité de
lacjuelle se trouvent deux anneaux pour engager le
”ÿ U fourchette terminée à son autre extrémité de vote SiSf hme ^
permettre l’introduction sans aucun danger. Sur l’une de ces pièces se trouve une coulisse qui permet de faire glisser la fourchette pour embrocher l’amygdale. Sur cette pièce se trouve en outre une
Fig. 79. — Amygdolotome, à une seule main.
rainure dans laquelle glisse une tige métallique qui donne à la fourchette un mouvement d’élévation. Toutes les pièces étant réunies par une vis, l’instrument présente l’aspect représenté par la figure.
cote cette méthode lorsque nous ne voulons enlever qu’une portion de la glande.
Opération avec l’amygdalotome. — Pour se servir 1 de cet instrument, voici comment on procède. ' Le patient étant placé devant une fenêtre bien éclairée, et solidement maintenu par un aide (s’il s’agit d’un enfant, on lui fait ouvrir la bouche aussi grande possible et on déprime forte.
\ langue, soit avec un
/l \ abaisse-langue ou une spatule,
f soit encore mieux avec l’index de
la main gauche). On encastre dans l’anneau de la guillotine, et cek aussi exactement que possible,.^
^ l’amygdale que l’on veut opérer,
a. Faisant agir alors le pouce d’ar^.
rière en avant, on embroche l’a' mygdale, puis continuant le même mouvement, toujours sans faire agir le médius et l’index, on donne à la fourchette son mouvement d’élévatiosn, ce qui amène une plus grande portion de la glande sous l’action du couteau. C’est la négli» gence de ce temps de l’opération qui fait que bien souvent l’on n’enlève qu’une portion insignifiante de l’amygdale. C’est lorsque l’on voit bien attirée en dehors de la loge la portion à, enlever, qm l’on ramène en arrière les ^
AMYGDALOTOMIE. — Nom donné à une opération souvent 1 on n eiileve qu m
chirurgicale qui a pour but de couper les amyg- de l’amygdale. C’est lorsqi
^ades. rée en dehors de la loge h
Cette opération, une des plus fré<juemment prati- l’on ramène en arrière les quées, est toujours nécessitée par l’hypertrophie des deux anneaux du couteau., glandes, hypertrophie qui chez les jeunes enfants De cette façon on fera toupeut entraver la croissance en gênant la respiration, jours une bonne opération, hypertrophie qui peut gêner la déglutition dans L’amygdalotomie n’offre quelques cas, et. qui toujours est la cause d’un na- que très peu de dangers
sonnement e.t d’un air hébété tout particulier. Cet et nous pouvons dire que
air est si caractéristique qu’en voyant un enfant le chirurgien prudent n’a
on peut à coup sûr dire si ses amygdales sont gros- jamais, ou presque jamais.
ses ou non. Chez l’adulte, l’hypertrophie des amygdales peut encore causer du nasonnement, mais le
d’accident à redouter. Le seul qui soit vraiment à
plus souvent, si l’un se décide à, les opérer, c’est i redouter est l’hémorrhagie.
qu’elles sont le siège d’abcès et d’inflammations qui et on a signalé des cas où
quelquefois sont douloureuses. En thèse générale, on 1 des hémorrhagies consécu-
peut dire qu’il y a toujours avantage à enlever des amygdales hypertrophiées.
Opération avec le bistouri. — On enlevait autrefois les amygdales avec le bistouri., Nous sommes
tives ont amené la mort.
Il faut d’abord s’infor^ mer, avant d’opérer, si le malade n’est pas sujet aux.
loin de rejeter cette méthode, mais nous ne sommes hémorrhagies spontanées et
pas complètement de l’avis du D'’ De Saint-Germain, qui l’emploie exclusivement. Ce chirurgien se sert de la pince de Museuxpour saisir l’amygdale, puis avec un bistouri spécial en forme de faucille, qu’il introduit derrière l’amygdale, le tranchant tourné de bas en haut, il pratique la section d’arrière en avant et de bas en haut.
Pour nous, nous réservons l’opération par le bistouri
aux. effusions sanguines ^ i ¥| profuses dans tous les caa de blessure quelconque, et, y,
surtout ne jamais tenter p.
l’opération si les amyg- compressL dé Ricord. dales, volumineuses, sont d’un rouge violacé et sillonnées de gros vaisseaux veineux dilatés. Les hémorrhagies, en effet»
pour le cas où les amygdales sont encastrées dans ^ sont toujours veineuses et il est démontré que dans leur loge de telle sorte que les piliers du voile du les cas terminés fatalement ce n’a jamais été l’artère palais recouvrent, leurs, faces antérieures, pour les a zfz „ , bé-
palais^ recouvrent leurs, faces antérieures, pour les carotide qui a été lésée. En admettant qu’une hécas où. les^ glandes sont tellement molles que leur morrhagie se déclare après l’opération, si cette
tissu se déchire lorsqu’ils sont embrochés par la | hémorrhagie n’est pas foudroyante, ce qui est exces-
ANA
ANA
sivement rare, il faut inviter le malade à respirer 1 largement, la bouche ouverte, ce qui favorise la circulation veineuse des gros vaissçaux du cou.
Il faut alors, si l’hémorrhagie ne s’arrête pas, faire sucer de la glace et bien se garder de toucher les amygdales avec du perchlorure de fer, moyen que l’on ne doit employer qu’à la dernière extrémité, en voici la raison. L’action du perchlorure de fer coagule les couches superficielles du sang et empêche de voir quels sont les points sur lesquels se fait l’hémorrhagie. On se priverait ainsi du meilleur moyen d’hémostase que nous ayons, nous voulons parler de la fordfressure. Dans un cas d’hémorrhagie de l’amygdale, nous avons pu la faire cesser immédiatement en plaçant quatre pinces hémostatiques que nous laissâmes en place pendant six heures. La compression en masse sur l’amygdale est encore un excellent moyen. EUe se pratique avec de longues pinces terminées par des tampons d’amadou (fig. 80). L’un des tampons s’applique sur l’amygdale, l’autre prend son point d’appui sur les parties latérales du cou, au-dessous de l’angle de la mâchoire. On peut encore pratiquer la compression digitale. Enfin, dans quelques cas,, il peut être nécessaire de comprimer la carotide ou d’en faire la ligature.
Il n’est pas rare, à la suite de l’amygdalotomie, de voir survenir une inflammation assez vive que l’on combattra par les émollients. Quelquefois la surface ulcérée se couvre de couennes diphthéroïdes. Quelques applications de nitrate d’argent auront raison de cet état.
Mais nous le répétons, ce sont là des accidents rares et qui ne devront jamais arrêter le chirurgien ouie médecin lorsqu’il aura reconnu que l’amygdalotomie peut être utile à son malade. D’’ g. Poyet.
AMYLACÉ. — Qualificatif donné à des matières qui renferment de l’amidon. (V. Amidon.)
ANALEPTIQUES. — En hygiène alimentaire, on donne ce nom aux aliments qui ont la propriété de restituer à la nutrition par l’intermédiaire du sang les matériaux qui lui manquent pour qu’elle s’accomplisse d’une manière normale. Les principaux aliments analeptiques sont les azotés protéiques, les bouillons, consommés, gelées, extraits et poudres de viande ; les graisses, le beurre, les huiles comestibles, les œufs ; certaines fécules, telles que l’arrow-root, le sagou, la semoule, le tapioca ; le chocolat, le palamout, le racahout, etc.
En thérapeutique on donne le nom d’analeptiques aux médicaments qui relèvent les forces, tels que le fer, le chlorure de calcium, le chlorure de sodium, le manganèse, le phosphate de chaux, etc. P. l.
analgésie. — (Voyez Anesthésie.)
ANANAS. — Beau fruit originaire des Indes-Orient^es, que l’on cultive dans toutes les régions intertropicales et même en France, et qui est constitué P^^^^^ffiérence et la soudure d’un certain nombre de Mies surmontées d’un panache très élégant de eûmes terminales. II y a des ananas blancs, rouges et jaunes. Ces derniers sont les plus recherchés,
parce qu’ils sont les moins acides, les plus sucrés et les plus salubres. D’une digestion assez difficile, l’ananas ne doit être mangé que lorsqu’il a atteint sa maturité parfaite et arrosé de vin de madère, de kirch ou d’eau-de-vie. C’est dire qu’il ne convient ni aux convalescents ni aux gastralgiques. p. l.
ANAPHRODISIAQUE. — (Voyez Antiaphrodisia^ que. )
ANAPHRODISIE. — Non donné à la diminution ou à l’abolition de la sensibilité générale et à l’absence de désirs vénériens. (V. Impuissance.) p. l.
ANAPLASTIE. — Nom donné à cette partie de la chirurgie qui a pour but de rétablir dans leur forme et dans leurs fonctions des organes difformes. (V. Autoplastie.) p. L.
ANASARQUE. — Nom donné à l’infiltration séreuse générale du tissu cellulaire sous-cutané, le nom A^œdème étant réservé à l’infiltration partielle. Dans l’anasarque à son début, on remarque seulement un peu de bouffissure, un léger soulèvement de la peau, dans les régions où celle-ci est fine, dans les parties les plus déclives où le liquide séreux tend à s’accumuler sous l’influence de la pesanteur, aux paupières, aux organes génitaux externes, aux jambes autour des chevilles ou malléoles. Dans l’anasarque plus avancée, la bouffissure et le gonflement s’accusent davantage et produisent de véritables déformations qui varient suivant les régions. Ainsi, à la face, la tuméfaction des paupièrès forme dans certains cas deux véritables tumeurs ; la figure est alors élargie, les joues tendues ou au contraire flasques et pendantes, les lèvres tuméfiées, ce qui modifie singulièrement l’expression de la physionomie. Sur la poitrine, les saillies et les dépressions s'effacent, et la surface de la peau tend à prendre partout le même niveau ; les parois de l’abdomen s’épaississent, se tendent, et la dépression formée par le nombril s’exagère. Aux membres, les saillies osseuses et les plis cutanés naturels s’effacent; la face dorsale des mains et des pieds se tuméfie, tandis que les faces palmaire et plantaire conservent leur aspect normal. Le plus souvent, la peau simplement pâle au début, prend plus tard une teinte blanc mat uniforme et un aspect luisant. On constate en outre une demi-transparence dans les parties où la peau est fine. Si on la presse avec le doigt, il se forme une dépression, une empreinte qui persiste quelques instants ; si on fait une petite piqûre avec une épingle, il sort de la sérosité, preuve manifeste de l’infiltration.
L’anasarque, à proprement parler, n’est pas une maladie, mais un symptôme qui appartient à plusieurs maladies. On la rencontre dans l’anémie à son plus haut degré, dans les affections organiques du cœur, dans les maladies des reins, surtout là néphrite albumineuse chronique, dans la cirrhose du foie, enfin dans la plupart des maladies graves (cancer, phtisie, etc.) qui amènent la cachexie.
n est important de bien observer par où com- I mence l’anasarque, car lorsqu’elle dépend oes ma- I ladies du cœur, elle envahit d’abord les pieds et ga-
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gne successivement les cuisses, le tronc et le visage; tandis qu’elle débute par les paupières et la face avant de s’étendre au reste du corps, lorsqu’elle est liée à une affection du rein, et qu’elle est précédée d’une nscHe lorsqu’elle est symptomatique d’une cirrhose du foie.
L’anasarque est toujours d’un fâcheux augure dans les maladies du cœur, du foie et des reins. Dans les maladies diathésiques (cancer, phtisie, etc.) elle indique d’ordinaire une issue fatale peu éloignée.
Pour traiter rationnellement l’anasarque, il faut d’abord chercher à guérir la maladie qui l’a produite; mais, outre ce premier but à atteindre, il faut aussi diriger des moyens thérapeutiques spéciaux contre l’infiltration cellulaire, soit pour favoriser la résorption du liquide, soit pour amener son évacuation. Les meilleurs résultats sont alors obtenus par l’emploi des purgatifs, des diurétiques et | des sudorifiques.
Comme purgatifs, on donnera la préférence aux drastiques, aloès, rhubarbe, scammonée, coloquinte, etc. {'pilules de Bosredon, pilules Suisses, gravas de santé de Franck, etc.). Parmi les diurétiques, on aura recours aux tisanes de bourgeon de sapin ou de chiendent, additionnés par litre de 2 à 3 grammes de nitrate de potasse ; aux préparations de scille (10 à 20 centigrammes de poudre) aux préparations de digitale [Digitaline Eomolle et Quévenne), au. vin de colchique, à la dose de 1 à 2 cuillerées à bouche matin et soir, etc. — Quant aux sudorifiques , nous conseillons l’acétate d’ammoniaque à la dose de 5 à 10 grammes dans une potion gommeuse ou dans la tisane, et mieux les préparations de Jaborandi {Jaborandi du If Coutinho), etc. — Le régime lacté contre-indiqué dans l’anasarque liée à la cirrhose du foie, est excellent dans celle qui est sous la dépendance d’une affection du cœur ou des reins.
Pour le traitement de l’anasarque qui survient lorsque l’anémie est à son plus haut degré, voyez le mot Anémie. D' A.-L. Labarthe, père.
ANASTOMOSE. — Nom donné par les anatomistes à l’abouchement de deux artères ou de deux veines qui viennent se confondre l’une dans l’autre.
ANATOMIE. — Dans le principe, l’anatomie était à la fois Part de faire des dissections et la science d’en exposer méthodiquement les résultats dans un but exclusivement médical. Depuis, entraînée dans le courant des sciences congénères, l’anatomie a dû étendre son domaine jusqu’aux spéculations scientifiques les plus élevées et constituer ainsi une des parties les plus ardues du savoir humain. De nos jours, l’anatomie est une science qui recherche la connaissance exacte de la structure des corps organisés, par l’analyse des éléments isolés et la détermination de leurs rapports communs.
Envisagée d’après cette définition générale, l’anatomie est ou humaine, ou animale, ou végétale, suivant qu’elle a pour objectif l’homme, les animaux ou les végétaux, et comprend plusieurs subdivisions :
1® L’anatomie desciuptive, qui décrit les os et W | assemblage symétrique [osléologie) ; le système de | muscles {rnyologie) ; les vaisseaux sanguins et leu* ’ distribution [angiologie)-, les nerfs et leurs modes d ramifications (névrologie) et les organes viscérau! ! {splanchnologie). |
2” L’anatomie comparée, qui compare les organes ' des animaux avec ceux de l’homme , en marque les analogies et les dissemblances, soit dans un but ' scientifique, soit pour faire profiter de ses comparaisons d’autres branches de la médecine, telle qug la médecine légale.
3“ L’anatomie topographique (ou des régions ou chirurgicale), qui étudie, non plus une série d’organes du même ordre, mais tous les divers organes d’une même région du corps, en vue d’éclairer la pratique de la chirurgie.
4° L’anatomie générale (ou histologie), qui examine les éléments anatomiques à l’aide du microscope et ne s’arrête qu’aux limitjes extrêmes du grossissement.
5° L’anatomie pathologique, qui recherche les altérations morbides des organes et les productions de tissus anormaux qui se développent sous l’influence, des maladies ; puis, détermine la corrélation qui’existe entre ces anomalies et^es symptômes morbides, et apporte ainsi à l’art de guérir des éléments précis et utiles.
6° L’anatomie philosophique qui, de la connaissance des organes, s’élève à la recherche des lois générales de l’organisme.
T L’anatomie artistique (ou plastique), qui envisage dans une idée esthétique les formes, les proportions, les attitudes, les mouvements et les expressions de l’homme et des animaux, et maintient les inspirations des peintres et des sculpteurs dans le domaine du réel nécessaire, d-’ paül Labarthe.
AN ATOMISME. — Nom donné à une doctrine médicale dans laquelle le médecin explique — en physiologie toutes les fonctions d’un organe ou d’un tissu par sa structure ou sa disposition, — en pathologie tous les troubles fonctionnels par une altération matérielle de l’état anatomique de ce tissu ou de cet organe. p. L.
ANCHILOPS. — Nom donné par les oculistes à une petite tumeur située près de l’angle de l’œil, du côté du nez, à côté ou au devant du sac lacrymal, qu’on confond souvent avec la tumeur lacrymale (V. ce mot). Mais l’absence d’écoulement par le lacrymal, pendant la pression de la tumeur, empé' chera toute erreur de diagnostic. Le pus se développe rapidement dans l’anchilops, sitôt qu’il est formé, on incise la petite tumeur, et la guérison arrive promptement. p, L.
ANCHOIS. — Petit poisson de mer, très recherche comme condiment, qui se mange surtout salé ou confit dans Lhuile, et auquel on attribue des propne* tés stimulantes et aphrodisiaques. p. L.
ANCOLIE. — Cette plante, de la famille des renonculacées, vulgairement appelée aiglanlina et gants de notre-dame, haute de 50 à 90 centimètres»
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à belles fleurs, d’un vert violet, panachées et entourées de cornets recourbés, qu’on rencontre communément dans les bois pendant l’été, était autrefois très usitée en médecine comme calmante, diurétique et sudorifique. Elle est aujourd’hui presque abandonnée. p. l.
ANCONÉ. — Nom donné par les anatomistes à un muscle de la région postérieure et supérieure de l’avant-bras, qui s’étend de la tubérosité externe de Ihumèrus au tiers supérieur du cubitus. Il étend l’avant-bras sur le bras. p. l.
âNDÂ. — Nom donné à un gros arbre, de la famille des euphorbiacées, très commun dans certaines parties du Brésil, principalement autour de Rio-Janeiro, où il croît dans les terrains sablonneux, près de la mer, dont le fruit contient une amande blanche employée de temps immémorial dans le pays, comme purgatif.
D’après Pison, une ou deux de ces amandes sèches, qui ont une saveur de noisette, mangées crues, déterminent une purgation agréable, modérée, sans causer de douleurs d’entrailles ou autres. Cette action purgative est due à une huile qui, retirée de l’amande par pression, se présente en couleur jaune pâle, d’une transparence parfaite, d’une saveur presque nulle et, ce qui la rend très facile à absorber, très fluide.
J’ai rapporté en 1881, dans mon journal le Médecin Praticien, que les médecins brésiliens qui ont essayé cette huile pure, en ont obtenu les mêmes résultats que de l’huile de ricin et à doses moindre. En la donnant à la dose de 10 grammes, elle produit la purgation sans amener jamais d’irritation intestinale consécutive, et cette dose suffit pour produire trois ou quatre évacuations alvines.
Il e^ à désirer qu’on importe en France ce purgatif, qui remplacerait très avantageusement l’huile de ricin — si désagréable à tous, surtout aux femmes et aux enfants — puisque l’anda purge aussi bien et à dose moitié moindre, et, de plus, purge agréablement. D'' Paul Labarthe.
ANDABRE (eadx minérales D’).^— Andabre est une station thermale, voisine de Camarès, dans l’Aveyron, dont les eaux ferrugineuses, bicarbonatées sodiques, sont utilisées surtout en boisson dans l’anémie, la chlorose, le lymphatisme, les dyspepsies atoniques et les digestions lentes. Les eaux d’Andabre, grâce à la notable quantité d’acide carbonique qu’elles renferment, se conservent très bien, et peuvent se boire transportées. D' Paul Labarthe.
ANDROGYNE. — Synonyme dé Hermaphrodite.
(V. ce mot.)
ANDROMANIE. — (V. Nymphomanie.)
ANÉMIE. — Nom donné à un état morbide caractérisé par une diminution dans la quantité et la qualité des globules rouges du sang (V. Sang). D après les remarquables recherches faites par le Ih Malassez, avec son compte-globules (V. ce mot), le sang, à l’état normal, contient en moyenne Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
3,500,000 globules rouges par millimètre cube. Dans l’anémie, ce chiffre tombe à 2 millions à 1,500,000; on l’a même vu tomber, dans des cas d’anémie extrême, à 500,000, et à 300,000 dans les derniers jours de l’existence. Non seulement le chiffre des globules rouges diminue, mais les globules euxmêmes sont altérés dans leur volume, leur forme, leur consistance et leur couleur.
L’anémie peut ne dépendre que de l’altération du sang et peut aussi être le symptôme d’une autre lésion. On admet encore une anémie locale : c’est celle qu’on observe lorsque les membres ont été longtemps enveloppés et un peu serrés dans des appareils. Ces membres présentent dans ces cas une décoloration très grande et une certaine mollesse, tandis que le restant du corps a conservé sa nuance et sa consistance normales.
L’anémie affecte plus spécialement les adolescents, les jeunes filles et les femmes ; les individus lymphatiques y sont plus prédisposés que les autres ; la vieillesse la détermine également. Chez les jeunes filles, au moment de leur formation et de l’apparition des règles, l’anémie est fréquente (V. Chlorose). Les femmes enceintes y sont également sujettes, ainsi que celles qui allaitent.
L’insuffisance de nourriture pendant un certain temps, de même qu’une nourriture de mauvaise qualité produisent Lanémie. Les ouvriers, forcés de travailler dans des lieux bas, humides, mal aérés y sont sujets : on en a vu un exemple frappant chez les mineurs d’Anzin, au commiencement de ce siècle ; le même fait a été précédemment observé chez ceux de Schemnitz, en Hongrie. L’anémie affecte aussi les individus qui, par leur profession, sont exposés aux vapeurs de plomb ou de mercure, ou encore aux vapeurs d’oxyde de carbone, et ceux qui sont sous l’influence persistante d’un air trop chaud, tels que les chauffeurs de machines, les cuisiniers, les boulangers, sans compter les habitants des payl tropicaux.
Les hémorrhagies provenant de blessures ou arrivant spontanément, occasionnent l’anémie. Celle-ci peut être aussi la conséquence de maladies organiques, telles que les affections tuberculeuses du poumon et des intestins; certaines affections du foie, de l’estomac, des reins, de l’utérus ; les fièvres intermittentes, le diabète, le cancer, la syphilis, etc.
Les sujets anémiques présentent tous une décoloration marquée de la peau qui prend une teinte analogue à celle de la vieille cire blanche. La muqueuse de la bouche, des gencives, des paupières, ceUe des parties génitales pâlissent; les veines situées sous la peau se désemplissent et s’affaissent ; elles ne sont plus visibles ou bien ne laissent qu’une faible trace violette-bleu pâle. 11 y a cependant certains anémiques dont le visage conserve des couleurs assez vives, dont la peau s’injecte facilement, rougit à la plus légère émotion et devient pourpre après la moindre marche ou le moindre exercice un peu fatigant; mais cette belle apparence est trompeuse et on retrouve encore, sous ces couleurs passagères, la pâleur caractéristique de l’anémie.
Les anémiques respirent difficilement. La moindre marche, un escalier monté un peu vite, un rien les essouffle. Pour certains, le simple fait de lever les
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bras produit une véritable fatigue, et cette faiblesse musculaire est'd’autant plus frappante que chez eux les muscles ont encore leur volume normal et que souvent l’entbonpoint lui-même est conservé. Chez eux, le pouls est fréquent, tantôt petit et filiforme, tantôt large et mou ; les. battements du cœur sont précipités, la plupart du temps irréguliers. Le moindre exercice, la moindre émotion déterminent des palpitations qui sont parfois excessivement violentes et peuvent faire tomber le malade en syncope. Si on pratique l’auscultation, on constate l’existence d’un souffle doux, au premier bruit du cœur, que l’on perçoit le plus souvent à la base, au niveau du quatrième espace intercostal et près du sternum.
Les sujets anémiques ont toujours des troubles dans leurs fonctions digestives: ils ont peu d’appétit, ne désirent que des aliments bizarres; ils digèrent mal, ont souvent de la constipation et leurs urines sont abondantes et pâles. Les maux de tête, les migraines, les lassitudes générales accompagnent fréquemment l’anémie. Il n’est pas rare de rencontrer chez ces malades de la tristesse, un manque absolu d’énergie. Certains ont des vertiges, des éblouissements, des tintements d’oreilles, surtout, lorsqu’après s’être baissés, ils se relèvent brusquement. Lorsque l’anémie est très prononcée, les yeux perdent de leur éclat, ils sont soulignés par une auréole bleuâtre. La face se boursoufle, les pieds se gonflent; il peut même arriver que la sérosité s’infiltre dans le cprps entier.
Chez les femmes, les règles sont en général peu abondantes et décolorées ; parfois, elles sont très profuses et s’accompagnent de douleurs vives. Il y a presque toujours existence de flueurs blanches. Souvent aussi, on constate des phénomènes d’hystérie.
L’anémie est une affection à marche chronique dont la gravité dépend de la nature de sa. cause : si elle est consécutive à une hémorragie accidentelle ou à une maladie aiguë, comme l’organisme répare vite les pertes qu’il a subies, œlle :guérira assez rapidement; si, au contraire, l’anémie est due à une maladie persistante et impossible à faire disparaître entièrement, elle persiste en s’aggravant chaque jour davantage.
Le traitement de l’anémie consiste essentiellement à relever les forces et à reconstituer le sang. Pour atteindre ce but, aucun moyen n’est préférable au fer. C’est dui qui fait la base de la médication depuis que son action sur les : globules Touges du sang est connue. Les autres raoyensimis en usage, quoique excéllents et très utiles, ne-sont cependant qu’auxiliaires.
Nous ne donnerons pas ici fa liste interminable etTastidieuse des préparations ferrugineuses four ù tour proposées ; nous nous contenterons: de 'citer les meilleures, les plus éprouvées, et,:par' suite, les plus habituellement employées, et comme la pharmacie les a presque toutes spécialisées, nous ajouterons le nom particulier sous lequel chacune^ d’elles est connue : fer réduit par l’hydrogène I fer Quéi-enne) ; protoiodure de fer {pilules de Blancard) \ protochlorure de fer {fer Rahuteau) ; pyrophosphate de fer et de soude (/er Leras); pyrophosphate de fer ammoniacal (/er ijoôiçae/j ; protoxalate de fer:(/er
Girard) ; protoxyde de fer [sirop ferrugineux defiij. sourd) ; citro-lactate de fer {élixir ferrugineux Jîq. r,her], etc. ^Kn même temps que les préparations de fer, qu’on prendra de préférence au moment des repas, on boira le vin coupé avec des eaux ferrugi» neuses {Orezza, Renlatgue, Fougues, Royal, etc,).
Le fer, avons nous dit, est le meilleur tonique; cependant on peut lui adjoindre avec profit quelques autres toniques amers et stimulants, en particulier le quinquina [vin de Séguin)-, le coca {vin de Chevrier) ; les écorces d’oranges amères {sirop de laroze);la. quassiaamara((/Ma5^me Frémint); ou bien des préparations dans lesquelles on combine soit le fer avec le quinquina {sirop quino ferrugineux de Grimault) ; soit le fer avec le quinquina et la glycé. rine [vin ferrugineux de Cotillon) ; soit le quinquina et le Colombo [vin de Bellini); soit le quinquina, le Colombo et le sirop d’écorces d’oranges amères [élixir de Gigon), etc. Le vin de Boudon antimoniophosphaté convient plus spécialement aux anémiques prédisposés aux affections tuberculeuses.
Le professeur Hayem a obtenu de très bons effets de l’usage quotidien des inhalations d’oxygène à l’aide de .Voppareil Limousin.
Quant au régime alimentaire, nous ferons remarquer qu’il doit occuper une place très importante dans la médication de l’anémie. « 11 faut à la fois, commel’a écrit le professeur Lorain, un régime tonique, fortifiant et approprié aux caprices et aux dispositions particulières des malades. Il faut nourrir et ne pas refuser au malade les aliments que son instinct lui fait désirer, autant que la .prudence le permet toutefois. Il faut se souvenir que l’ab,us des aliments liquides peut entraîner la dyspepsie des liquides, qui équivaut à- l’inanition. » Il faut donc donner aux anémiques des aliments jouissant d’une très -grande puissance -nutritive sous un petit volume : des jus de viandes,, de la viande crue hachée et mieux de la poudre de viande {poudre de viande de Caiillon , poudre de viande ide Troueite-Perret, etc.):; au besoin, avoir recours aux peptones [peptones Caiillon, peptones Chapoteaut, etc.).
Les soins hygiéniques doivent aussi entrer en sérieuse ligne de compte. Il faut soustraire tout d’abord les malades à .toutes les mauvaises conditions hygiéniques qui ont causé le développement de l’anémie. C’est ainsi qu’ils éviteront à tout prix les lieux humides, froids, mal -éclairés et mal aéréSj pour habiter des endroits secs, exposés à un air vif et au soleil. Ils feront un exercice modéré, mais en plein air. Enfin, ils feront usage des bains de mer, des bains de Pennes et de l’hydrothérapie.
D' Paul Labarthe.
ANÉMONE PULSATILLE. - Variété de plantes de la famille des renonculacées, appelée encore coque lourde, herbe-au-veut, fleur-des-dames, gni croît dans les bois sablonneux et découverts, et dans les prés secs de presque;toute la France, dont la fleur est bleu-violet: et la graine munie de longue^ queues soyeuses qui lui donnent l’aspect d’un gon* pillon.
L’anémone pulsatille appliquée, fraîche et piléÇ» sur la peau, détermine de l’érithème et de la vési-
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cation. Cette double action est due à une matière âcre à laquelle on a donné le nom d'anémonine. On pourrait donc se servir de l’anémone comme rubéfiant et vésicant, dans les campagnes, si on n’avait pas sous la main des sinapismes ou des vésicatoires. On a vanté jadis l’anémone contre les maladies de peau, les âèvres, les maladies vénériennes, l’asthme, la coqueluche, etc,.. Les homéopathes font encore un grand usage des olfactions d’anémone contre les maladies du système nerveux.. Mais la généralité des médecins ne croit plus depuis: longtemps à l’efficacité de cette plante. A peine se serton quelquefois de l’eau distillée d’anémone pour faire disparaître les taches de rousseur, et . des feuilles réduites em poudre comme sternutatoire. D' Paul Labarthe.
ANENCÉPHALE. — Nom donné; par Geoffroy Saint-Hilaire à: un monstre privé: de cerveau et de moelle épinière. (V. Acéphale-)
ANESSE (i^ nq. — (V. Lait.)
ANESTHÉSIE^ — D’une façon générale^ om désigne ainsi la, perte complète ou partieHe de la sensibilité, une; des trois grandes fonctions, du système nerveux,, les deux autres étant, l’intelligence et le; mouvement L’anesthésie peut, être spontanée ovi provoquée. Sous le nom df anesthésie spontanée j il faut entendre la, perte de la sensibilitéj ordinairement partielle, se développant dans le cours de certains états pathologiques, dans- les maladies et les blessures du cerveau et de la moelle, dans l’hystérie, l’épilepsie, etc.. Nous ne nous occuperons ici que. de Yanesthésie provoquée ou. chirurgicale.
Historique. — L’idée de rendre les malades insensibles pendant les opérations est toute naturelle : comme toutes les grandes idées elle n’est pas nouvelle. Sans parler du Nèpenthé, qui supprime tous maux du corps et.de l’esprit, et dont il est question dans les poèmes homériques {Odyss., IV, 22.1), nous savons par Pline que la mandragore était «nployée comme agent stupéfiant,, dans certaines opérations. On se servait aussl dans le même but d’une; pierre, dite pierre de « Memphis », dissoute dans du vinaigre^ M. Stanislas Julien rapporte, d’après un manuscrit chinois, lè fait du médecin HoaTlho qui, au troisième siècle, , donnait à ses malades une préparation: dé chanvre; pour les rendre msensibles pendant les opérations. Plus tard nous apprenons de Boecace (^Decameron), que de son temps, le chirurgien Mazzeo délia Montagna, de l’école de Salerne, n’opérait ses malades quîâprès les avoir endormis à l’aide d’une eau de sa composition.
Un auteur récent, M. Rottenstein (Traité d'Anesihesie chirurgicale, 1880), ai prétendu que ces procédés n’avaient aucun rapport avec la pratique ac¬
tuelle. Il s’agissait, dit-il, non pas d'inhaler, mais d’ingérer des substances plus ou moins toxiques, dans le but de stupéfier le malade, non de l’anesthésier. Mais c’est une querelle de mots : nous aussi nous administrons des substances plus ou moins toxiques, et tout en ayant pour but d’anesthésier simplement le patient, nous le stupéfions, nous paralysons en même temps l’intelligence et le mouvement. Le fait d’inhaler les substances, au lieu de les ingérer, est tout à fait secondaire. Au surplus, le même auteur, cite le cas de Hugues de Lucques, chirurgien du treizième siècle, qui mettait sous le nez de ses malades, pour les endormir, une éponge imbibée de suc de mandragore, de morelle, jusquiame, laitue, etc.
La vérité est que la découverte de l’anesthésié chirurgicale, telle qu’on la produit aujourd’hui-, n’a pas été le fait du hasard ni du génie d’Horace Wells, comme M. Rottenstein essaie de le démontrer. Comme toutes les grandes inventions, celle-ci était déjà dans l’air, lorsqu’elle fut réalisée : seulement il manque ici l’honnme de génie, presque toujours nécessaire quand il faut franchir le dernier pas, à moins qu’on ne veuille attribuer ce rôle aux grands chimistes qui vers la fin du siècle dernier surent décomposer l’air et isoler les gaz inconnue avant eux. En 1799, dans le, laboratoire du médecin et chimiste Bfiddoes, Humphry Davy indiquait les propriétés: anesthésiques du protoxyde d’azote et son application possible dans les. opérations chirurgicales. En 1818, Faraday montrait que les inhalations: d’éther produisent des effets analogues à ceux; de ce gaz.
En 1844, Horace Wells, dentiste de Hartford (Connecticut), se fit arracher une dent après avoir aspiré du protoxyde d’azote. Il ne souffrit pas et s’écria, paraît-il : « Une nouvelle ère dans l’extraction des dents ! Cela ne m’a pas fait plus de mal qu’une piqûre d’épingle. » Malheureusement, une tentative faite ensuite -publiquement ne réussit pas, et Wells abandonna, pour le moment, les expériences. Nous admettons, avec M. Rottenstein, qu’il les reprit plus tard, après les avoir obtenus à l’aide de l’éther ; nous ne nions pas qu’il sè soit suicidé de désespoir, en voyant perdu pour lui l’honneur de la découverte ; mais nous affirmons qu’il manqua de foi, d’énergie et d’activité, qualités; indispensables dans la circonstance et qui se rencontrèrent au moins chez le médecin-chimiste Jackson et chez le dentiste Morton (de Boston).
C’est en septembre 1846j que Jackson conseilla, à ce dernier l’emploi de l’éther pour abolir la douleur dans l’extraction des dents. La réalité de l’anesthésiè ayant été constatée, une opération fut pratiquée, le 17 octobre 1846 à l’hôpital de MassachusetSi. avec' plein succès sur un malade; soumis à l’inhalation des vapeurs d’éther. Le problème était dès; lors ré? solu.,Au mois de. janvier 1847, Malgaâgne, à Paris, puis Velpeau, expérinientant le nouveau procédé, obtinrent le même résultat : l’enthousiasme fut bientôt général. Dans le courant de la même année. Simpson^ à Edimbourg, constatait la réalité des propriétés anesthésiques du chloroforme, propriétés annoncées par Flourens peu de temps auparavant^ dans une note qui du reste passa inaperçue.
C’est cet agent puissant et d’un usage si commode
Fig. 81.
Anémone pulsatillè.
qui a rendu depuis à la pratique chirurgicale d’inappréciables services. Jusqu’ici, il a été employé eri France d’une façon presque exclusive, et c’est lui que nous prendrons comme type, pour les descriptions des effets de la médication anesthésique.
De l'administration du chloroforme et de ses effets. — Nous étudierons successivement : 1° les précautions à prendre dans l’emploi du chloroforme ; 2» son action ; 3“ les accidents et les moyens d’y porter remède.
1“ Pkécautions a prendre dans l’administration DU chloroforme. — En raison des dangers, de la mort même qu’on trouve, quoique bien rarement, dans l’administration du chloroforme, le chirurgien doit s’entourer des précautions les plus minutieuses, de façon à mettre toutes les chances de son côté.
En général, il n’y a pas de contre-indications
absolues à tirer de l’état du sujet. Les femmes et les vieillards supportent très bien le chloroforme, les enfants mieux que les adultes. Les affections organiques du poumon et du cœur, l’alcoolisme, ne doivent pas arrêter le chirurgien, à moins d’une dis-, position syncopale prononcée; l’anévrisme de l’aorte et des gros vaisseaux du cou est une contre-indication. De même les cachexies avec anémie profonde.
L’anesthésie une fois décidée, la première chose à faire est de s’assurer de la pureté de la substance. (V. chloroforme.) Nous indiquerons seulement ici un procédé très simple, qui consiste à en projeter une goutte dans l’eau. En agitant, cette goutte qui est allée au fond, se divise, comme le mercure, en petits globules transparents, si le chloroforme est pur, opaques et troubles dans le cas contraire. Le malade doit être à jeun : sous ce rapport il est bon de ne pas opérer trop tard dans la matinée. Il sera couché, sur le dos, autant que possible, la tête au niveau du reste du corps, afin d’éviter la syncope. La chambre devra être suffisamment vaste et aérée.
Le meilleur moyen de donner le chloroforme et Ip plus simple, consiste à en imbiber une compresse qu’on place sur le nez du malade et sur laquelle 1^ liquide est venu peu à peu, au fur et à mesure des besoins. On peut aussi employer un cornet analogue à celui qui est représenté par la figure 83. Un aide doit prendre le pouls et surveiller la respiration, en examinant la façon dont se fait la dilatation de la poitrine. Lorsque le ventre est découvert, les mou, vements de l’ombilic suffisent à renseigner l’obser, vateur.
2° Action du chloroforme. — Elle comprend deux périodes bien distinctes : une période d^'excilation et une période d’éfat ou d’anesthésie proprement dite.
La période à! excitation se manifeste très vite'. Après quelques inhalations, le malade éprouve une sensation de chatouillement à la luette : il y a quelquefois de la toux. Puis la face rougit, le pouls et la respiration s’accélèrent, en même temps que le patient commence à rêvasser et à s’agiter d’une façon désordonnée. Ces phénomènes sont surtout marqués et prolongés chez les ivrognes : en général, ils disparaissent vite et font place à la période d’état ou de paralysie.
La période de paralysie se traduit par les cara^ tères suivants : sommeil et résolution musculaire; le malade est complètement immobile et insensible. C’est dire que l’anesthésie est entière, comprenant ainsi ce qu’on a voulu désigner sous le nom d'analgésie (insensibilité à la douleur) : l’intelligence et par conséquent la volonté sont complètement annihilées. Les mouvements réflexes finissent aussi par disparaître. La pupille d’abord contractée se dilate . plus tard; la face est pâle; la circulation et la respiration se ralentissent, et la température du corps s’abaisse. Alors, le chirurgien peut tailler à son aise; il pourrait littéralement couper le malade en morceaux sans que celui-ci en ait conscience. L’administration du chloroforme a été suspendue, mais à la moindre indication, aussitôt que se décèle la plus petite apparence d’agitation, on verse de nouveau quelques gouttes sur la compresse pour la porter sur le nez du malade, et le calme se rétablit aussitôt. On peut ainsi entretenir l’anesthésie une demieheure, une heure même, dans les cas où l’opération l’exige.
Lorsque tout est terminé, on réveille le malade qui rëvient à lui plus ou moins vite, selon que le sommeil a duré plus ou moins longtemps. La sensibilité reparaît d’abord, puis l’intelligence, et il se manifeste une sorte d’agitation de retour, beaucoup moins prononcée, d’ailleurs, que celle du début.
Que si l’on demande maintenant quel est le mécanisme en vertu duquel se produisent ces phénomènes, nous répondrons que le chloroforme, absorbé en nature, exerce une action spéciale sur les centres nerveux. La première période s’accompagne d’une congestion cérébrale, d’une turgescence manifeste- Mais tout change au moment où se produit l’ab^ lition des fonctions du système nerveux. Le sommeil anesthésique coïncide, comme le sommeil normal» avec une anémie du cerveau, avec cette différence que cette anémie est poussée ici à sa limite extrême. Ce fait, établi d’abord par le docteur Hammond (d® New-York), et Durham (de Londres), a été confirméi
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pour le chloroforme surtout, par nous {Nouvelles recherches sur la congestion céré6r«Ze, 1868). D’autres observateurs, Sanson, Ackerman, ont montré que l’acide carbonique exerce une action analogue, et que l’asphyxie coïncide alors avec un état anémique de la substance cérébrale. Les centres circulatoire et respiratoire, dans le bulbe, sont atteints, comme le reste, d’où le danger de l’anesthésie, comme nous le verrons plus loin.
3° Des accidents produits par le chloroforme et de leur traitement. — Il y en a un terrible, l’accident irrémédiable et dont on ne revient pas ; la mort. On a pu voir, par la description précédente, que toutes les fonctions des centres nerveux étaient suspendues par le fait de l’anémie centrale, comme cela s’observe dans l’asphyxie, au moins pendant un certain laps de temps, les organes de la vie végétative, cœur, poumons, continuent à fonctionner. L’utérus conserve sa contractilité propre, ce qui a permis d’employer si utilement le chloroforme dans les accouchements. Que si l’on prolonge l’inhalation dans
les expériences sur les animaux, ces organes mêmes finissent par être atteints et la mort arrive par syncope ou par asphyxie.
Malheureusement, chez l’homme, dans des cas d’ailleurs fort rares, on voit le cœur ou le poumon très rapidement atteints. Après quelques inhalations, le malade manifeste les signes de l’angoisse et de l’agitation la plus vive, fait effort pour repousser les aides et se débarrasser du chloroforme, quelquefois pousse un cri : « J’étouffe! Je meurs ! » et succombe en effet, souvent en moins d’une minute.
« On affirme, dit notre savant ami le professeur Benjamin Anger, dans un Traité de pathologie chirurgicale, qui doit être publié bientôt, et dont il nous a obligeamment communiqué le manuscrit, on affirme que ce ne sont pas les anesthésiques qui tuent, mais bien la façon mauvaise dont on s’y prend pour les administrer. C’est là une opinion qui ne nous paraît pas soutenable, en dépit de l’autorité de M. Sédillot et de son grand talent. Dans quelques cas, l’action du chloroforme a paru lente et progressive ; puis le malade s est endormi, et peu à peu les battements du cœur ont diminué de fréquence ainsi que les mouvements respiratoires, pour cesser enfin complètement. Mais ce n’est pas le cas ordinaire. Le plus souvent, les malades paraissent avoir été emportés subitement, sidérés avant d’avoir aspiré une dose notable de l’anesthésique : tout allait bien, l’inhalation marchait d’une manière régulière, quand tout à coup le .nialade pâlit, le cœur cesse de battre et la poitrine de se dilater.
a Le fait le plus remarquable, en ce genre, est celui qui fut observé par le professeur Richet, à l’hôpital Saint-Louis, le 13 janvier 1838. Il s’agissait d’un individu atteint de luxation de l’épaule : la résolution musculaire avait été obtenue à l’aide du chloroforme et la réduction effectuée, tout semblait aller le mieux du monde quand tout à coup l’interne s'écria : « Le pouls cesse de battre! » La respiration continuait cependant, mais elle s’éteignit rapidement, et malgré tous les soins et tous les efforts on ne put rappeler le malade à la vie. »
La mort arrive le plus souvent par syncope, c’està-dire par arrêt primitif des battements du cœur, phénomène qui est parfaitement en rapport avec la théorie de l’action physiologique du chloroforme exposée plus haut. Cependant la mort peut se produire aussi par asphyxie, nous entendons par arrêt primitif des mouvements respiratoires (syncope respiratoire), toujours sous l’influence de l’anémie cérébrale, et par paralysie consécutive des nerfs qui président à la respiration. Souvent le pouls et les mouvements respiratoires s’arrêtent en même temps.
Dans le cas où ces terribles accidents se produisent, il faut, en même temps qu’on ouvre les fenêtres, ne pas hésiter, à agir comme Nélaton qui, dans un cas de syncope grave, fit renverser complètement le malade la tête en bas. Aussitôt qu’on le remettait dans la position, horizontale, le pouls et la respiration s’arrêtaient de nouveau, pour réparaître dès que l’inversion était produite. 11 fallut recommencer trois fois cette manœuvre, qui, enfin, réussit. Il y a là un fait thérapeutique d’un extrême intérêt et en même temps la confirmation de la théorie qui explique l’anesthésie par l’anémie cérébrale.
Dans d’autres cas on doit s’attacher surtout à ranimer la respiration, soit par des pressions alternatives sur la poitrine, soit par l’insufflation de
Fig. 84. — Pince destinée à attirer la langue au dehors.
bouche à bouche. Il faut aussi attirer an dehors la langue, qui par son poids tend à retomber en arrière et à produire la suffocation. Dans un ou deux cas, la ZracAéoZomte pratiquée immédiatement paraît avoir sauvé le malade. Vélectrisation des nerfs phéniques peut aussi être tentée. On applique un des rhéophores au creux de l’estomac, l’autre le long du bord externe du muscle sterno-mastoidien. On cite un fait dans lequel l’inhalation de quelques gouttes de nitrite d'amyle aurait rappelé le malade à la vie.
Anesthésie par l’éther. — Employé avant le chloroforme, l’éther jouit encore d’une grande vogue en Amérique ; chez nous, il n’est plus guère employé que par les chirurgiens de l’école de Lyon. Ses effets peuvent être assimilés à ceux du chloroforme, avec cette différence que la période prodro-
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mique ou d’excitation se prolonge d'une façon déme- j surée, dépassant parfois vingt minutes. La mort ] peut survenir aussi d’une façon subite dans le cours de l’anesthésie.
Anesthésie par le protoxyde d’azote. — Le protoxyde d'azote ou gaz hilarant, est employé sur une vaste échelle par les dentistes, surtout par les dentistes américains. Il présente un double avantage ; la rapidité avec laquelle le malade est endormi et la rapidité plus grande encore avec laquelle ü se réveille. Malheureusement, le docteur Rrishaber a constaté l’altération non moins prompte du rythme des battements du cœur. D’aiUeurs, il ne peut suppléer l’oxygène, et employé pur, il tend à produire rapidement l’asphyxie. De fait, on avait eu aussi des morts à déplorer. , „ . . .
Dans ces derniers temps, M. Paul Bert eut 1 idee d’administrer le gaz sous pression et mélangé à l’oxygène, de façon à ce que le protoxyde d azote fut introduit en quantité suffisante et en même temps que l’oxygène.
Les expériences instituées dans lès appareils à air comprimé {Toiv Aérothéra'pie) réussirent pleinement. En quelques secondes, on obtint une anesthésie parfaite, suivie d’un réveil facile et rapide. Le seul inconvénient est la nécessité, pour les aides et pour l’opérateur, de séjourner, eux aussi, dans l’air comprimé ; cela ne saurait constituer un obstacle sérieux. Il y a donc là une importante innovation, mais il faut encore du temps,, et de nombreuses expériences pour démontrer l’innocuité parfaite du procédé et supplanter le chloroforme.
Anesthésie parl’hypnotisme, Talcool, le chierai, lé chlorhydrate de morphine. — L’hypnotisme (V. ce mot), a été essayé comme agent anesthésique, mais sans grand succès.. L’alcool ingéré produit aussi l’insensibilité et on a pu opérer des individus « ivres-morts », selon’ l’expression vulgaire et très juste, sans qu’ils s’aperçussent de rien ; mais jusqu’ici l’alcool n’a pas pris place comme agent anesthésique chirurgical. Quant aux injections de chloral dans les veines, c’est une pratique dont le danger semble aujourd’hui démontré, malheureusement, car on a pu obtenir ainsi l’insensibilité pour trois heures et plus. Sous ce rapport, signalons un procédé beaucoup plus inoffensif, consistant à administrer simultanément le clor hydrate de morphine par la méthode endermique et le chloroforme en inhalation On peut obtenir ainsi, sans recourir à de nouvelles doses dé chloroforme, une anesthésie de longue durée.
Anesthésie locale. — Enfin,.dans le cas où il s’agi d’opérations rapides, pratiquées sur des surfaces cm conscrites, on se teouve bien de l’emp’oi de l’anesthésie locale, qui ne fait courir aucun risque. L’agent unique est ici \q froid, soit qu’on l’applique en nature, sous forme d’un mélange de sel et de glace,, dans l’opération de l’ongle incarné par exemple, soit qu’on produise le refroidissement par évaporation,, en se servant de l’éther, pulvérisé ou non, du sulfure de carbone ou^ de l’acide carbonique; ce dernier agent étant le plus infidèle; On a employé aussi l’électricité dans l’avulsion des dents, la vérité est que dans ce cas la douleur causée par l’arrachement d’une mola-lr.î est remplacée par
celle que produit le courant électrique. On conçoit d’ailleurs que l’emploi des anesthésiques locânj doit être extrêmement limitée.
Des services rendus par l’anesthésie rrovoqnèe — Si nous nous reportons à notre définition de l’ane^ thésie, il sera facile de voir que les agents décrits plus haut n’y répondent pas d’une façon parfaite, Car c’est non seulement la sensibilité, mais encore l’intelligence et le mouvement, toutes les grandes
fonctions du système nerveux qui se trouvent abolies pendant leur administration. En un mot, on a là une variété d’agents narcotiques, plutôt que spécialement anesthésiques, et le malheur est précisément que dans un certain nombre de cas, d’ailleurs extrêmement rares, non seulement les fonctions de la vie animale, mais celles de la vie végétative, la mobilité du cœur, des muscles’ dfe-Ia respiration, se trouvent atteintes et la mort arrive. L’anesthésique idéal serait celui qui abolirait uniquement la sensibilité, en laissant intactes toutes les autres- fonctions..
Mais comme il n’y a rien d’absolu, pas même en chirurgie, il faut se contenter de ce que Ton a,, et rester convaincu qu’en dépit d’attaques péribdîquement renouvelées, le chloroforme est un agent merveilleux, rendant aux malades et aux chirurgiens d’incomparables services. On a présenté, à propos des cas de morts, les- statistiques lés plus étonnantes. C’èst ainsi qu’un journal dé Chicago, cité par M. Rotténstein {Traité d’Avesthésie chirurgicatëi p. 389), annonce un mort par le chloroforme, sur 2;723 cas, et pas un seul décès par le protoxyde d’azote, sur 75,000 cas! Il faut remarquer d’abord, que pour ce dernier gaz, il s’agit presque toujours de l’avulsion d’une-dent, opération pratiquée en jin clin d’œil et lorsque le patient a senti à: peine fin' fluence dé l’anesthésique, conditions excellentes, assurément, mais qui ne peuvent se réaliser' dans une opération de hernie étranglée; par exempl®^ D’autre part, à ces chiffres fatidiques, nous oppo’’ seronsceux de Robert qui, surplus de 25,000 opérés, durant la campagne de Crimée, n’a observé q^e deux morts à la suite de l’administration du chie* roforme.
Nous n’insisterons pas sur les services rem dus dans les accouchements, dans les luxations,
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erâce à la suppression de la contractilité musculaire; nous plaçant au point de vue le plus général nous dirons qu’en supprimant la douleur et même aussi la conscience, le chloroforme fait disparaître en partie l’effroi légitime qui torture les malades à la perspective d’une grande opération. La pusillanimité ne dépend pas de la volonté de l’individu en somme. Vous pouvez d’aiUeurs être très courageux et déplorer le moment où le chirurgien taillera dans vos chairs vives et sciera vos os pour vous enlever un membre toutentier. Le chloroforme a seul réalisé jusqu’ici l’idéal du stoïcien, qui nie l’existence de la douleur. D'autre part, le chirurgien n’étant gêné ni . par les cris, ni par l’agitation du patient, peut donner son attention entière à l’œuvre parfois si difficile, si délicate qu’U s’est donné la tâche d’accomplir. Qu’ü y ait des dangem à redouter, nul ne peut -le nier, mais cela rentre dans les calculs de chance et de probabilité. Or, il n’y a pas plus de risque à courir en se soumettant à l’action du chloroforme, qu’à traverser le boulevard au coin de la rue Montmartre ou au carrefour de l’Opéra. La possibilité d’être écrasé par une voiture n’empêche pas les gens sensés de sortir de chez eux. Telle est la conclusion générale à laquelle nous étions depuis longtemps arrivé, conclusion confirmée en somme par la discussion qui a eu lieu à l’Académie de médecine dans les premiers mois de l’année 1882. A. Regnard.
ANÉVRISME. — Non donné en chirurgie à une tumeur pulsatile, complètement ou incomplètement réductible, constituée par du sang artériel contenu dans une poche en communication elle- même avec une artère. Un anévrisme comprend quatre éléments -fondamentaux: 1° une poche ou sac; 2“ du sang artériel : 3° une artère; 4“ un orifice faisant communiquer l’artère et le sac.
-Onidivise les anévrismes en deux grandes classes : les anévrismes spontanés et les anévrismes trait-
MATIQCES.
Les anévrismes spontanés ou de cause interne, sont ceux qui se développent lentement, sans l’intervention d’une violence extérieure, dans la grande majorité des cas.
Les anévrismes traumatiques sont ceux dont une blessure a été le point de départ. Ils sont primitifs s’ils surviennent aussitôt après la blessure oursi.le sang s’infiltre au lieu de se réunir autour de l’artère et de former un dépôt; ils sont coTwéeaïï/i- lorsqu’ils se montrent plus tard et sous la forme d’un kyste ou d’une tumeur bien limitée. Enfin, lorsque l'artère blessée s’ouvre sur le côté dans une veine, on dit qu’il y a alors un anévrisme artério-veineux.
Les anévrismes n’affectent pas également toutes les, artères. Voici, par ordre de.fréquence, celles. qui en sont le siège.; l’artère aorte .thoracique, l’artère poplitée, l’artère fémorale, l’artère aorte abdomiûale, les artères carotides, les artères sous-clavières, les artères axülaires, etc.
Les anévrismes sont infiniment rares avant l’âge ^ulte; les enfants n’en sont presque jamais atteints. On les rencontre surtout de 30 à 40 ans et plus fréquenament chez l’homme que chez la femme, ce fini tient sans doute aux travaux plus rudes dL aux efforts plus fréquents que les hommes sont obligés
de faire. Quelques auteurs ont prétendu que certaines professions, celles qui exigent la flexion permanente d’un membre, jouent un grand rôle dans la production des anévrismes. C’est ainsi que les chirurgiens expliquent la fréquence des anévrismes de l’artère poplitée chez les cochers , les rémouleurs, les cordonniers, les jockeys, etc. L’influence du climat et des races est incontestable : les anévrismes sont plus fréquents en Angleterre et aux États-Unis qu'ailleurs, et, aux États-Unis, ils sont rares chez les nègres et les blancs qui y sont fixés depuis longtemps, tandis qu’ils sont très communs chez les émigrants d’Angleterre et d’Irlande.
On a encore signalé comme ayant une influence sur la production des anévrismes,, l’hypertrophie ou épaisseur trop grande des parois du ventricule gauche du cœur ; la courbure des artères ; le voisinage du cœur, parce que les troncs artériels situés à son voisinage ont des parois relativement plus minces et par suite plus facilement dilatables que ceUes des artères d’un moyen calibre ; la situation superficielle des artères qui les expose facilement à des contusions ; le voisinage d’une articulation ; Tu- .sage immodéré des vins et des alcools; l’abus des plaisirs vénériens ; la syphilis constitutionnelle ; la diathèse rhumatismale; les violentes émotions morales. Enfin les coups, les efforts violents, une extension brusque d’un membre, peuvent déterminer la production d’un anévrisme, en admettant toutefois une altération antérieure des parois des artères.
Avant ;d’ aller plus loin, et pour bien faire comprendre la formation des anévrismes, rappelons eh quelques mots comment sont constituées les artères (Y. Artère). Les artères sont constituées par trois tubes concentriques ou plutôt par trois tuniques superposées ; 1° la tunique interne ou séreuse qui est immédiatement en contact avec le sang ; 2“ la tunique interne ou fibro-celluleuse \ 3° la tunique moyenne ou élastique, épaisse, placée entre les deux précédentes. Ces trois enveloppes différentes de structure et de composition peuvent se dilater ensemble ou bien, il peut arriver que l’une cède lorsque les autres se laissent détendre.
Les anévrismes se développent brusquement ou lentement. Dans le premier cas, ainsi que le dit fort bien notre savant collaborateur et ami le professeur agrégé Fano, c’est à la suite d’un effort violent, d’une contusion ; les tuniques externes, en général altérées par l’infiltration calcaire ou grânulograisseuse, cèdent à l’effort exercé par le malade et se , déchirent l’externe seule résiste et se dilate sous l’influence de la pression latérale exercée par le sang. Dans le second cas, la tunique interne est lentement perforée par un travail ulcératif qui est la conséquence des dépôts de la matière graisseuse ; les fibres de la tunique moyenne sont éraillées à leur tour, et le sang s’insinue sous la tunique moyenne sous la forme d’une ecchymose. Plus tard, l’ulcération des tuniques augmente d’étendue, ce qui permet à une quantité plus considérable de sang de distendre la tunique celluleuse ; il se forme ainsi, au bout d’un certain temps, une poche plus ou moins large, compressible, pulsative, adossée à l’artère et communiquant avec elle par ime ouverture
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généralement plus étroite que le corps de la tumeur. .. Quelquefois l’anévrisme se forme d’une autre manière : les trois tuniques artérielles se dilatent et forment une tumeur qui reste stationnaire ; puis, à l’occasion d’un effort, les deux tuniques internés se rompent ; la tunique externe seule résiste à la pression du sang, se dilate et forme une tumeur d’un volume plus considérable.
Comme configuration Ips anévrismes présentent plusieurs variétés : l’anévrisme cratériforme, dans lequel l’orifice de communication du sac avec l’artère est plus large que le sac lui-même (fig. 86, A); l’anévrisme sacciforme, dans lequel 1 orifice de communication du sac avec l’artère est très étroit (fig. 86, B); l’anévrisme fusiforme, dans lequel le sac est placé sur le trajet même de l’artère et dans son axe (fig. 86, C) ; enfin, l’anévrisme disséquant dans lequel la tunique celluleuse est décollée et disséquée par le sang dans une certaine étendue , avec deux communications entre le sac et l’artère (fig. 86, D).
En s’éloignant de l’époque de sa formation, l’anévrisme subit des modifications dans toutes ses parties constitutives.
Le sac s’épaissit et les organes qui l’entourent sont refoulés , comprimés ou soulevés. L’orifice de communication entre le sac et l'artère est en général irrégulier, ses bords sont flottants, frangés , déchirés. Le sang qui distend le sac ne reste pas liquide ; il se coagule en partie et les caillots qui résultent de cette coagulation sont les uns consistants, solides et résistants et ont reçu le nom de caillots actifs-, les autres noirs, friables, mous et ont reçu le nom de callots passifs. La situation et le caÜbre des artères d’un membre atteint d’anévrisme, sont aussi modifiés, les artères qui aboutissent au sac sont oblitérées au niveau de leur embouchure par des caillots et leurs branches sont dQatées et anastomosées avec les autres branches collatérales qui, du reste, sont toutes augmentées de volume.
L’anévrisme se présente sous la forme d’une tumeur, souvent indolente et sans altération de couleur de la peau qui la recouvre, assez nettement circonscrite, siégeant au niveau d’une artère, souple.
molle, élastique, fluctuante, animée de batteme isochrones au pouls. ^*8
Si on applique les doigts sur la tumeur, on con tate des mouvements saccadés en rapport avec ce du pouls. Elle se dilate également dans tous les se*^* en même temps que les artères se dilatent, et"* mouvement de dilatation est suivi d’un mouvetne'! de retrait correspondant au mouvement anaW des artères. Au moment de la dilatation de IW vrisme, les doigts perçoivent de plus, dans certain, cas, une sorte de tressaillement des parois delatn meur, qu’on appelle frémissement vibratoire.
A l’auscultation, l’oreille perçoit un bruit de sm. fie, intermittent, un peu plus long que le silence qi' le suit, variable selon les dimensions de l’ouverture de communication entre le sac et l’artère.
Si on comprime l’artère située entre le cœur et l’anévrisme , la tumeur s’affaisse plus ou moins complètement ; si, au contraire, on comprime l’artère entre la tumeur et les petites artères capillaires, fe volume de la tumeur augmente.
L’anévrisme exerce son influence fâcheuse et des effets variables sur les organes voisins qui l’entourent, qui sont refoulés. Les veines et les vaisseaux lymphatiques sont tiraillés, déplacés, comprimés, quelquefois même oblitérés, et alors il y a refroidissement du membre, œdème de la peau et dilatation des veines superficielles. Les nerfs sont aussi tiraillés, comprimés, aplatis, ce qui détermine des douleurs vives dans le membre, de l’engourdissement, et parfois même des phénomènes de paralysie. Les muscles et les os enfin peuvent aussi êtré affectés dans leur forme et leur structure.
Les anévrismes restent quelquefois stationnaires. Dans certains cas, ils peuvent guérir spontanément, sans l’intervention de l’art, par un mécanisme qui n’est pas toujours le même. La guérison peut être le résultat du dépôt successif de caillots fibrineux dans le sac qui se rétrécit et finit par s’oblitérer ; elle peut aussi survenir à la suite de l’inflammation modérée de la poche anévrismale, qui produit la coagulation fibrineuse des câillofe sanguins. Mais, abandonnés à eux-mêmes, les anévrismes finissent le plus souvent par se rompre et entraîner la mort.
Comment a lieu la rupture d'un anévrisme? peut se faire de cinq manières différentes très bien résumées par notre ami et collaborateur, le D' J-'A- Fort : 1“ la poche se rompt brusquement, et le sang s’épanche dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans une cavité close, plèvre, péritoine, ou dans une cavité muqueuse, trachée, œsophage; dans presque tous les cas, la mort suit de près »
I rupture de la tumeur; la peau est généralement intacte ; 2° la peau est comprimée par la tumeur; eUe s’amincit, s’ulcère, et la moindre violence extérieure suffit pour faire éclater la poche ; 3° la comprimée devient le siège d’une eschare, à la chute de laquelle l’anévrisme est ouvert ; 4“ il se fait un petit pertuis au sommet de la tumeur; il s’écoule un peu de sang et l’hémorragie s’arrête; au bout de quelque temps, ces phénomènes se renouvelle^ jusqu’à ce qu’une rupture définitive survienne! 5° enfin, on voit quelquefois un abcès apparaît^, entre la peau et la tumeur; il s’ouvre du côté de t»
Fig. 86.
A, anévrisme cratériforme. — B, anévrisme sacciforme.— C, anévrisme fusiforme. — D, anévrisme disséquant.
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peau, mais le sac, aminci par la suppuration, se déchire, et il se fait une hémorragie.
D’après ce qui précède on voit que les anévrismes sont des affections très graves contre lesquelles il faut absolument instituer, dès le début, un traitement curatif. Ce traitement, qui est surtout chirurgical, comprend un grand nombre de moyens dont le but est d’amener l’obbtération du sac, soit par la déposition de caillots actifs, soit par la coagulation du sang en masse, ou bien de détruire l’anévrisme en détruisant le sac. Tous ces moyens peuvent rentrer dans les quatre méthodes suivantes : 1° coagulation DU SANG CONTENU DANS l’aNÉVRISME EN AGISSANT SUR l’ ARTÈRE MALADE ; 2° COAGULATION INDI-
Fig. 87. — Compresseur de Nélaton pour l’artère aorte. — A, gouttière. — C, arc métallique. — D, compresseur élastique supporté par une tige. - E, pas de vis servant à modifier la longueur. — G, vis réglant le mouvement latéral. — F, vis réglant le mouvement suivant l’axe du corps. — 1, H, pelotes de diverses formes.
RECTE DU SANG EN AGISSANT SUR LE SAC ANÉVRISMAL et a son niveau; 3“ coagulation DIRECTE DU SANG CONTENU DANS l’ANÉVRISME ; 4“ DESTRUCTION CHIRUR¬ GICALE DU SAC ANÉVRISMAL.
1“ COAGULATION DU SANG CONTENU DANS l’aNÉVRISME en AGISSANT SUR l’artère MALADE. — Cette méthode comprend : la ligature et la compression.
La ligature peut être faite, d’après le procédé d’Anel, au-dessus de la tumeur anévrismale, ou bien au-dessous, d’après le procédé de Brasdor. Ces deux procédés, quoique ayant été suivis de résultats heureux, exposent cependant à une série d’accidents très graves (inflammation du sac, gangrène, hémorragies, récidive de l’anévrisme), aussi doiventils être réservés pour des cas tout à fait spéciaux et restreints.
La compression faite au-dessus de là tumeur peut être continue, intermittente, interrompue, totale, partielle, graduelle et alternative, suivant les cas; elle se pratique soit au moyen d’une simple bande Dictionkaibe popblaiee de médecine üsdelie.
roulée soutenant des compresses placées sur le trajet de l’artère malade ; soit à l’aide d’instruments plus ou moins compliqués, tels que .ceux de Nélaton, de Broca, de Mathieu, etc. ; soit enfin à l’aide des doigts.
La compression à l’aide des appareils est simple et facile : on place le membre, siège de l’anévrisme, dans la gouttière, on ajuste chaque armature de telle sorte que la pelote corresponde exactement à l’artère à comprimer, et on tourne l’armature qui fait mouvoir la pelote jusqu’à ce qu’on ait obtenu le degré de compression voulu.
Quant à la compression à l’aide des doigts, elle est aussi très simple : on s’assure tout d’abord de
Fig. 88. — Compresseur de Broca. — A, gouttière matelassée. — D, Brisure établie à la partie supérieure des arcs métalliques. — F , tige supportant les compresseurs mobiles dans la gouttière qui termine les arcs latéraux. — G, vis réglant la pression des pelotes E.
la position de l’artère à comprimer, puis on applique sur celle-ci un ou plusieurs doigts et on appuie plus ou moins, selon le degré de compression que l’on veut obtenir.
Dans tous les cas, on doit continuer la compression jusqu’à ce que les battements de la tumeur anévrismale aient complètement cessé,, et il est même prudent de la continuer quelque temps après.
La compression, ainsi que l’a écrit fort justement le professeur Broca, est la méthode de traitement qui se rapproche le plus des procédés naturels de guérison spontanée. C’est celle qui a donné les plus beaux succès, celle qui expose le moins aux accidents. Elle tient à bon droit le premier rang et la raison de cette supériorité, dirons-nous avec le professeur Richet, est moins encore dans son innocuité que dans son efficacité.
2“ Coagulation indirecte du sang en agissant sur LE sac ANÉVRISMAL ET A SON NIVEAU. — NouS dirons peu de chose de cette méthode qui comprend les réfrigérents, les astringents, les moxas appliqués sur l’anévrisme malade, la flexion forcée du membre où siège la tumeur, et la malaxation du sac ané\Tismal, parce qu’elle est aujourd’hui à peu près abandonnée.
3° Coagulation directe du sang contenu dans l’anévrisme. — Cette méthode comprend Y acupuncture, Yélectro-puncture, la caloHpuncture, et les injections coagulantes.
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Vacupunciure, qui consiste à enfoncer des aiguilles dans le sac et à les y laisser à demeure pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, est une mauvaise méthode, imaginée par Velpeau, qui est complètement abandonnée.
h’électro-puncture ou galvano-puncture, qui se pratique en traversant la tumeur avec de petites aiguilles dans lesquelles on fait passer un courant
Fig. 89. — Compresseur de Broca appliqué.
électrique plus ou moins fait, a donné un certain nombre de succès, surtout avec des courants faibles et des séances courtes et espacées. Si on emploie des courants trop intenses, on s’expose à des accidents graves, tels que hémorragies, eschares, etc.
La calori-pm^cture, qui consiste à faire pénétrer dans le sac anévrismal des aiquîiles rougies au feu, n’a été employé qu’une fois, et l’opéré succomba.
Quant aux injections coagulmues à l’aide du perchlorure de fer, dont nous sommes redevables au D’ Pravaz, voici comment on les pratique : on comprime d’aîord l’artère au-dessus et au-dessous de l’anévrisme, pour empêcher la diffusion du liquide injecté et faciliter la coagulation rapide du sang de la tumeur, puis on injecte dans celie-d une solution de perchlorure de fer à 20“ 4 l’aide d’une seringue de Pravaz. Le procédé des injections coagulantes est snrinut applicable aux petits anévrismes et à ceux qui sont situés profondément.
4“ ÜËSTanCTiON CHiaURGICALE DO SAC ANÉVRtSMAL. —
Cette méthode comprend trois procédés : Mincision,
aujourd’hui abandonnée, qui consiste à lier l’artère au-dessus et au-dessous de la tumeur anévrismale à ouvrir celle-ci, à la débarrasser des caillots sanguins qu’elle renferme et à la faire suppurer*
V extirpation^ qui a été pratiquée seulement deux fois, et enfin la cautérisation à l’aide du fer rou^e ou des caustiques, abandonnée aussi depuis longtemps à cause des dangers très graves qu’elle pr^ sente.
Tel est l’ensemble des méthodes et procédés qui constituent le traitement chirurgical des anévrismes. Mais certains anévrismes, ceux de la crosse de l’aorte, entre autres, sont inaccessibles au traitement chirurgical. Dans ces cas, Valsalva a proposé un traitement médical qui lui a réussi quelquefois et qui consiste à soumettre les malades à des saignées répétées, à un repos absolu, à la privation d’aliments solides, et à l’administration de la digitale, qui exerce une action manifeste sur le cœur dont elle ralentit les battements. Pour faire sentir tous les inconvénients attachés à un pareil traitement, nous ferons simplement remarquer avec notre éminent ami et collaborateur Fano que cette méthode, enlevant au sang sa plasticité, metce liquide dans des conditions défavorables pour la coagulation du sang, et comme lui nous ne conseillerons l’emploi de la méthode de Valsalva qu’en désespoir de cause. D>- Padl Labarthe.
ANFRACTUOSITÉ. — Nom donné aux enfoncements sinueux qu’on observe à la surface du cerveau et qui séparent ses circonvolutions. (V. Cerveau.)
ANGÉLIQUE. — L’angélique appartient au genre archangélique de la famille des ombeîlifères.
C’est une belle plante herbacée, vivace, cultivée dans les jardins et recherchée à cause de son odeur et de sa saveur aromatiques. Toutes les parties de la plante jouissent de cette propriété, mais la tige plus que les autres. Aussi est-ce cette dernière que l’on emploie dans la confiserie, qui en fait un fréquent usage.
Elle est peu usitée en médecine ; on ne l’emploie guère que pour masquer la saveur désagréable de certains médicaments; elle est stomachique et carminative et Trousseau a constaté ses bons effets dans L’anorexie, la dyspepsie, la flatulence, dans tous les cas en un mot où l’e^mac a besoin d’être stimulé.
Comme nous l’avons déjà dit, c’est la lige dont l’emploi est le plus répandu, surtout dans la confiserie à Ganse de sa saveur et de son parfum agréable. Pour la confire, on la coupe de la longueur voulue, on la met dans Teau presque bouillanle et on laisse infuser une heure, après quoi on enlève l’épiderme et les ‘grosses fibres. On la fait alors bouiUir jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment blanchie et tendre ; on la fait égoutter et on la jette dans un sirop bouillant cnit à 30°. Après quelques bouillons on laisse refroidir, et le lendemain on sépare le sirop que Ton fait bouillir de nouveau et dans lequel on remet les tiges d’angélique ; on renouvelle cette opération deux fois; enfin, pour la denrière fois, il faut cuire le sirop à 36“, laisser jeter quel-
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qaes bouiUons et retirer du feu. Après douze heures, on fait égoutter les tiges et on les fait sécher à rétuve.
On fait avec Tangélique une liqueur très agréable et d’une préparation très facile, dont voici la formule :
Semences d’angélique. ........ 30 grammes.
Tiges d’angélique récentes. ..... 30 —
Amandes amères, émondées, concassées . 60 —
Sucre blanc . 1,500 —
Alcool à 60“ . 6 Etres.
Eau . 1 —
On laisse macérer le tout pendant huit jours et on filtre.
L’angélique entre dans la composition de plusieurs liqueurs parmi lesquelles nous citerons la Qhartreuse, le Raspail, le Vespetro, etc.
D' Paul Labarthe.
ANGINES. — On désigne sous le nom d’angine toutes .les affections douloureuses de la gorge, qu’elles soient le fait d’une inflammation pure et simple déterminée par une variation brusque de la température, ou le résultat d’inflammations résultant d’une diathèse herpétique, arthritique ou autre, ou bien encore l’expression de l’évolution de maladies telles que les fièvres éruptives, la tuberculose, la syphilis, la scrofule.
Nous allons donc passer en revue ces différentes angines, dont les symptômes sont bien différents et qui nécessitent des traitements particuliers. '
Angine catarrhale. — Comme toutes les muqueuses, la muqueuse de la bouche, du pharynx, du voile du palais, de la gorge en un mot, est susceptible de s’enflammer sous l’influence d’un simple reft-oidissement. C’est à cette inflammation que l’on donne le nom d’angine catarrhale.
Le froid, avons-nous dit, est presque toujours la cause de la maladie; cependant elle peut encore se développer sous l’influence d’un irritant direct de la muqueuse, tel que l’absorption de vapeurs ou de poussières irritantes.
On la voit encore sunnnir chez certaines personnes atteintes d’une affection curieuse, désignée sous le nom de fièvre de foin, maladie qui paraît être un véritable catarrhe nerveux de toutes les muqueuses et principalement de celles qui tapissent les voies aériennes supérieures.
Le plus souvent, l’angine catarrhale est consécutive au catarrhe nasal ou coryza, et l’inflammation se propage au pharynx par sa paroi postérieure et par le voile du palais.
Les symptômes de l’angine catarrhale ou catarrhe simple de la gorge sont trop connus de tous pour qu’ils nous arrêtent longtemps.
Le malade accuse au début un simple malaise s’accomitagnant de lourdeur de tête et très rarement d’un mouvement fébrile. En même temps, apparaît une légère difficulté de la déglutition, bien plus s«jsib’e quand il veut avaler la salive que lorsqu’il déglutit des aliments. Le besoin d’avaler la salive est^ beaucoup plus fréqumit qu’à l’état normal, ce qui doit être attribué à la présence, dans le pharynx,
d’une certaine quantité de mucus clair et visqueux sécrété par la muqueuse enflammée.
Si on examine la gorge, on trouve une teinte rouge foncée de la muqueuse plus marquée au niveau des piliers du voile du palais et de la base de la luette; en même temps, sur le voile du palais, on trouve un semis de petites vésicules transparentes d’herpès, semis qui donne à la muqueuse un aspect chagriné. Quelquefois, on remarque de petits points blanchâtres sur les amygdales, qui le plus souvent, se trouvent être légèrement tuméfiées.
Le diagnostic de l’affection se fait donc le plus facilement du monde, surtout si le malade est atteint en même temps de coryza. Le rôle du médecin devra surtout être de chercher si l’angine catarrhale n’est pas le début ou la manifestation initiale d’une diathèse quelconque, tePe que l’herpès, l’arthritisme, ou d’une fièvre ériiptive (scarlatine, rougeole, fièvre typhoïde), ou d’une maladie constitutionnelle (tuberculose, syphilis, scrofule). Lorsque l’on sera bien assuré qu’aucune de ces causes n’existe, le traitement sera des plus simples. %
Il est indiqué de débarrasser le plus tôt possible les voies digestives et, pour cela, de prescrire de préférence des purgatifs alcalins répétés et peu énergiques. Nous conseillons de prendre le matin à jeun, pendant trois jours consécutifs, un verre à bordeaux d’eau de Rubinat, ou 3fl grammes de sulfate de magnésie.
On se trouvera bien de gargarismes émollients d’eau de guimauve et de pavot, enfin de sucer quelques pastilles astringentes au rhatania ou au cachou, au chlorate de potasse (pastilles^ de Dsthan), au chlorate de potasse et au goudron {pastilles dePalangié), au borate de soude {pastilles de Yigier), etc.
Si le catarrhe pharyngien s’accompagne de fièvre, et n’est que l’expression d’un état général appelé fièvre catarrhale, état que l’on trouve souvent d’une façon épidémique aux renouvellements de saison, il est indiqué de donner au malade un éméto-cathartique ainsi formulé :
Ipéca . . . 1 gr. 50 eentigr.
Tartre stibié ........... 0 10 —
Divisez en trois paquets, à prendre de quart d’heure en quart d’heure, dans une tasse d’eau tiède.
Angine herpétique aiguë. — On donne le nom d’angine herpétique aiguë à une inflammation aiguë de la muqueuse du pharynx caractérisée par la présence d’une éruption confluente de vésicules d’herpès et s’accompagnant d’un état fébrile assez prononcé.
Le début de la maladie est brusque. Une fièvre assez intense ouvre la scène et est caractérisée par un frisson. Le malade ressent dans la gorge une sensation de sécheresse qui détermine une soif prononcée.
La déglutition devient difficile; la voix un peu nasonnée.
Sentiment de courbature générale.
Si on examine la gorge dès le premier jour, voici ce que l’on remarque. La muqueuse en est rouge I foncé, luisante et comme tendue. Elle est recouverte
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d’un enduit visqueux, transparent. Dès le deuxième jour, apparaissent les vésicules d’herpès plus ou moins confluentes, appréciables surtout sur le voile du palais. Les amygdales, la luette sont tuméfiées, et au troisième jour se recouvrent d’exsudats blanchâtres. On dirait les amygdales recouvertes de crème. Ce sont des débris d’épithélium et du mucus qui donnent cette teinte particulière. Si au moyen d’un pinceau ou avec un gargarisme, on enlève les produits de la sécrétion, on trouve la muqueuse sous-jacente érodée par places. Ces érosions sont arrondies et non saignantes. Dès le quatrième jour, les symptômes généraux disparaissent, la déglutition devient moins douloureuse, et vers le septième jour la guérison est obtenue.
Cette aflection ne peut être confondue qu’avec les angines qui précèdent et accompagnent les fièvres éruptives. Le médecin sera donc fixé dès le troisième jour. Elle peut être encore confondue avec l’angine commune, mais dans ce dernier cas, l’état général grave du malade, l’épaisseur des fausses membranes sur les amygdales, le développement des ganglions du cou, la possibilité d’une contagion, suffiront pour établir le diagnostic.
Le traitement est le même à peu de chose près, que pour l’angine catarrhale simple avec laquelle on la confond souvent.
Cependant on devra faire des applications astringentes sur les amygdales (poudre d’alun) ou mieux encore les badigeonner avec la solution suivante :
Nitrate d’argent . 1 gramme
Eau distillée . . 20 —
En raison de la facilité avec laquelle cette affection peut revenir, chez les herpétiques, on se trouvera bien de prescrire l’arsenic pendant un certain temps, sous forme de liqueur de Fowler ou de Pearson, à la dose de dix gouttes chaque jour.
Nous insistons sur ce point, car l’angine herpétique aiguë souvent répétée, passe facilement à l’état chronique et constitue la maladie bien connue sous le nom d’angine granuleuse.
Angine granuleuse ou herpétique chronique, — Pour nous, l’angine granuleuse n’est autre chose que la forme chronique de l’angine herpétique.
Le plus souvent, c’est après une série de poussées aiguës qu’apparaît la maladie qui peut cependant, dès le début, revêtir la forme chronique. Dans ce dernier cas, on observe toujours qu’elle se développe chez les personnes qui, d’une façon ou d’une autre sont exposées à des irritations permanentes de la muqueuse pharyngée.
C’est ainsi qu’on la trouve de préférence chez les personnes qui abusent de la parole (avocats, médecins, prédicateurs, professeurs). Les Anglais appellent cette affection la maladie des clergimen. Les irritants chimiques de la muqueuse contribuent aussi beaucoup à la développer, et on la rencontre souvent chez les fumeurs invétérés, les buveurs, etc.
L’angine granuleuse est caractérisée par le développement anormal des glandes de la paroi postérieure du pharynx et de la muqueuse du voile du palais.
Les symptômes qui la caractérisent varient selon l’époque à laquelle on l’observe.
En général, voici comment les choses se passent. Après une série d’angines herpétiques aiguës, lé malade conserve dans la gorge une sensation d’ardeur, de gêne, qui lui fait croire qu’il a en permanence un corps étranger au fond de la gorge. Cette sensation est entretenue par la présence de mucosités visqueuses et gluantes qui ne se détachent qu’avec la plus grande difficulté. Quelquefois, c’est la luette elle-même qui donne cette sensation. En effet, après une série d’inflammations successives, ce petit appendice devient flasque, sa muqueuse est relâchée, hypertrophiée, et s’infiltre avec la plus grande facilité. Dans ces cas, ce petit organe pend et se colle sur la face dorsale de la langue d’où le malade est obligé de la décoller à chaque instant par, un mouvement de Mmmage caractéristique de l’affection qui nous occupe.
Au début, on. ne trouve absolument aucun autre symptôme que ceux que nous venons de signaler.
Plus tard, surviennent des symptômes fonction, nels ; la déglutition se trouve être gênée et un peu douloureuse, la voix s’altère et devient sourde et même rauque, ce qui tient le plus souvent à ce que la maladie gagne du côté du larynx, dans lequel peuvent se développer des granulations analogues à celles que l’on trouve dans le pharynx.
Cependant, il faut le reconnaître, presque toujours l’altération de la voix est due à l’épaississement de la muqueuse du voile du palais et à la présence des mucosités pharyngées. La sensibilité . de l’ouïe peut elle-même être atteinte. Dans ces cas, on trouve des granulations remontant la paroi postérieure du fond du pharynx et envahissant la muqueuse qui tapisse l’entrée des trompes d’Eustache.
Tels sont les symptômes qui permettront de reconnaître l’angine granuleuse.
L’examen de la gorge offre encore des signes caractéristiques. Si on examine cet organe, on trouve la muqueuse rouge, légèrement épaissie ; les piliers du voile du palais sont épaissis, la luette très longue ne se relève que très incomplètement, sa pointe flasque et molle se colle aux piliers ou ne peut être séparée de la base de la langue que par une expiration brusque. Quelquefois cette extrémité atteint même l’épiglotte.
Mais ce qui caractérise surtout l’affection, ce sont les granulations que l’on trouve sur la paroi postérieure du pharynx.
Ces granulations, plus ou moins nombreuses, selon l’intensité de la maladie, ne sont autre chose que les glandules de la muqueuse qui se sont hypertrophiées sous l’influence de congestions et d’irritations successives et prolongées.
Elles sont plus ou moins nombreuses, avons-nous dit, il est juste aussi d’ajouter qu’elles sont plus ou. moins volumineuses. Elles varient de la grosseur d’une tête d'épingle à celle d’un pois. Elles sont arrondies, presque toujours rouges, quelquefois jaunâtres. La muqueuse sur laquelle elles se sont développées est presque toujours sillonnée de vaisseaux dilatés, quelquefois très sèche et luisante, quelquefois striée de mucosités demi-solides, jaunâtres, piquetées de noir. Cependant, bien plus sou-
vent la muqueuse est recouverte de mucosités claires, transparentes, ne se détachant que difficilement. Ces différences d’aspect ont conduit les Anglais à décrire deux formes dans cette maladie, une forme exsudative et une forme hypertrophique. Les différences ne sont pas assez tranchées pour que nous adoptions cette division; nous serions plutôt portés à admettre une for me sèche et un forme exsudative.
L’angine granuleuse s’accompagne presque toujours symptômes géné raux qui, au mier abord, ne blent avoir aucune relation avec l’affection pharyngée.
Les malades sont presque tous dyspeptiques ; quelques-uns sont teints d’une consti pation
d’autres ont des migraines fréquentes ■ presque tous sentenf ’ tomes
drie ; presque tous aussi présentent d’autres manifestations herpétiques, telles que des très furfu racées , papuleuses, squameuses, etc.
11 sera toujours facile de reconnaître l’angine granuaux signes
Tous les efforts du médecin doivent tendre à modifier la nature de la muqueuse et à détruire les granulations.
Cette destruction peut se faire avec des caustiques chimiques plus ou moins énergiques, tels que le nitrate d’argent, la pâte de Vienne, le sulfate de cuivre. Lorsque les granulations sont peu volumineuses, nous conseillons de les piquer avec un crayon de nitrate d’argent taillé en pointe.
Lorsqu’elles sont de la grosseur d’une lentille, nous préférons les détruire, soit avec le thermo-cautère, soit avec le galvano-cautère. Nous donnons la préférence à ce dernier qui donne des brûlures dont la réaction est moins vive.
Nous conseillons de ne pas cautériser plus de cinq à six granulations dans la même séance. Lorsque l’on aura affaire à la forme dite exsudative, on se trouvera bien d’applications topiques faites chaque jour par le malade lui-même, avec la mixture suivante :
Teinture d’iode. . . 6 gr.
lodure de potas. . . 1 — • Glycérine . 6 —
Nitrate d’argent . , Eau distillée. . . .
n’est guère de maladie avec laquelle on puisse la confondre. Signalons toutefois la tuberculose ' niiliaire du pharynx.
Cette affection est si rare, les symptômes en sont si distincts et s’accompagnent d un état général tellement grave, qu’il nous suffit de ta signaler.
Le pronostic de l’angine granuleuse n’est nuUement sérieux^ pour les gens chez qui une pureté ^naplète de l’organe vocal n’est pas indispensable. U. est au contraire très sérieux pour les chanteurs et les comédiens qui perdent très rapidement le velouté de la voix. 11 est encore sérieux pour les avocats et es prédicateurs ; car, chez eux, la maladie étant iDtense, la fatigue vocale se produit facilement. Le traitement doit être local et général.
Dans la forme sèche,
Fig. 90.
que nous venons de Coupe antéro postérieure de la face et du cou. — Région de l’isthme du passer en revue. Il gosier. — a. Cloison des fosses nasales. — B. Coupe de l’os maxillaire
supérieur. — C. Canal palatin intérieur. — D. Coupe du voile du palais. c j — E. Glande de nuck. — F. Amygdale. — G. Coupe du muscle génio- uGS badlgCOn-
glosse. — H. Luette. — I. Tissu graisseux situé entre les deux muscles nages fréquents du génio- glos.ses. — J. Tendon d’insertion du muscle génio-glosse. — K. Os nharvnx avec del’hnilfl maxillaire inférieur. - L. Muscle génio-hyoïdien. M. Lupe de l’épi-
glotte. — N. Coupe du muscle mylo-hyoïdien. — 0. Coupe de l’os, hyoïde. Û a,manQe dOUCe et tous
- P Bourse séreuse rétro-hyoïdienne. — Q. Membrane thyro-hyoïdienne.-^ les jours une onctiou R. Coupe du muscle aryténoïdien. — S Corde vocale supérieure. — T. Ven- du pharynx avec * tricule du larynx. - ÜV. Coupe de l’os cricoïde à la partie supérieure.
- X. Coupe de la partie antérieure de l’os cricoïde. - a. Arc antérieur Huile de cade ... 6 gr.
du slnurspSnoMd” d’Eustache. - f. Ouverture Huile d’am. douces. 6 —
rhumatis-
Angine
male. — Angine goutteuse. — La première de ces angines se rencontre, ainsi que son nom l’indique, chez les rhumatisants invétérés. Elle est caractérisée par une douleur vive, une gêne considérable de la déglutition, qui apparaissent subitement et disparaissent de même.
C’est à peine si on trouve dans ces cas un peu de rougeur de la muqueuse. Il s’agit simplement de douleurs rhumatismales limitées aux muscles du voile du palais. En général, après la disparition de l’angine apparaissent d’autres douleurs rhumatis-
134 ANG
males. Le traitement est celui du rhumatisme en général.
Nous avons eu l’occasion d’observer, chez des goutteux, des angines aiguës, ou, pour mieux dire, de véritables accès de goutte du pharynx. Ces angines n’offrent rien de particulier à noter.
Angine gangreneuse. — Celte affection est extrêmement rare, et Bretonneau la. regardait comme une forme grave de l’angine diphtérique Trousseau et Gubler ont démontré qu’il s'agissait, dans ces eas, d’une angine dont les caractères bien tranchés faisaient une maladie à part résultant d une altération du sang, maladie non contagieuse, ce qui la sépare franchement de la diphtérie.
Cette maladie se rencontre aussi bien chez les enfants que chez les grandes personnes, mais surtout chez des sujets affaiblis, soit par une maladie longue, soit par des privations de toutes natures.
Dès son début, et avant que les désordres ne soient très profonds, le malade tombe dans un état de faiblesse extrême, bien que les douleurs ne soient pas très vives. La marche de la maladie est rapide, et dès le deuxième ou le troisième jour le coma survient.
Si on examine lè pharynx, on trouve sur le voüe du palais quelques taches livides qui s’excorient, deviennent noirâtres et forment une eschare analogue à celles que l’on trouve sur les membres dans les cas de gangrène par arrêt de la circulation. Ces taches s’étendent, envahissent souvent les joues, -la paroi postérieure du pharynx, le larynx, où elles déterminent des œdèmes. Lorsque les eschares tombent, on trouve les muscles sous-jacents à nu, quelquefois détruits.
Dès le début de la maladie, l’haleine du malade revêt une odeur gangreneuse caractéristique, odeur tellement fétide et si pénétrante, qu’en entrant dans la chambre du malade, le médecin peut faire le diagnostic.
A mesure que la maladie fait des progrès, l’état général du malade devient de plus en plus mauvais.
La température s’abaisse ; le pouls se ralentit ; Gubler l’a vu tomber à 16 pulsations par minute.
La mort survient en général du huitième au -dixième jour.
Le pronostic, on le voit, est donc extrêmement grave, et c’est â peine si- on cite quelques guérisons.
Le traitement devra consister localement en injections phéniquées. souvent répétées, en cautérisations énergiques sur les points mortifiés, cautérisations soit au fer rouge, soit à l’acide chlorhydrique fumant.
- Le traitement général dewa primer le traitement local. On administrera du sulfate de quinine (capsules de sulfate de quinine Lepelleiier) le vin de Seguin, de l’extrait mou de quinquina, du perchlorure de fer (cinq gouttes toutes les heures dans une potion gommeuse).
Il est indiqué aussi d’alimenter le malade ou de lui faire prendre des lavements nutritifs s’il ne peut avaler.
Angine conennense. — Cette affection désignée encore sous le nom ^angine pseudo-membraneuse et de diphiérite pharyngienne est caractérisée par
MG
l’apparition de fausses membranes qui envahis^ successivement les amygdales, le voile du le larynx souvent et même tout l’arbre aérien etk tube digestif. ^ *
Quoique en général propre à l’enfance, fi pas rare de voir cette affection atteindre les grap^ personnes. Le plus souvent, elle règne à l’état ‘ mique et atteint indistinctement des perse^» fortes et vigoureuses et celles qui sont affaiblies pÿ des privations ou par une maladie antérieure.
Le début de l’affection est insidieux et ne provo. que le plus souvent que des symptômes si béDins qu’ils passent inaperçus.
Le plus souvent, voici comment les choses se paj. sent chez les enfants. Pendant quelques jours, ils gj plaignent d’un coryza plus ou moins gênant et s’5£. compagnant d’un peu de fièvre.
Bientôt, ils se plaignent d'une légère doulem 4e gorge qui coïncide avec le développement, quelqpje. fois très considérable, des glandes sous-maxillaij^ et parotidiennes. Si on examine le pharynx, on trouve une ou plusieurs taches blanches légèrement jaunâtres. A partir de ce moment, la marche delà maladie est rapide. Les fausses membranes se . développent avec rapidité, tapissant les amygdale, la paroi postérieure du pharynx, le voile du palaÈ. Elles sont épaisses, très adhérentes aux parties sousjacentesa jaunâtres, quelquefois striées de sang., ■
Elles ont en un mot l’aspect d’une couenne^ ce qui a valu son nom à l’angine dont nous nous oceùpons. La déglutition devient de plus en plus diicile, la respiration est gênée, même dans les cas: où le larynx n’est pas envahi. Dans ce dernier cas^ l’asphyxie ne tarde pas à survenir ; on a affaire dans ce cas au croup, dont nous n’avons pas à nous occuper
Les ganglions du cou deviennent de plus en plus volumineux, ce qui contribue à augmenter les douleurs accusées par les malades.
L’état général, qui tout à fait au début paraissait n’être que faiblement atteint, se- déprime de plus eu plus ; la fièvre est intense et s’accompagne presque toujours de délire. La soif est très vive, l’appétitest nul. Bientôt, le coma survient et le malade meurt misérablement. Lorsque la terminaison est heureuse, vers le huitième jour de la maladie, on remarque que les fausses membranes se, détachent avec plus de facilité, qu’elles se reproduisent plus lentement, et surtout qu’elles sont moins épaisses.
Bientôt, une fois détachées, elles ne se reproduisent plus, et on se trouve en présence d’ulcérations superficielles qui guérissent en ne laissant aucun® cicatrice.
Cette affection peut être confondue avec l’angîn® herpétique aiguë ou angine couenneuse commun^ et avec l’angine gangreneuse que nous venons d® décrire.
L’exsudât blanchâtre de l’angine herpétique 6^' sudat qui ne prend jamais l’apparence d’une membrane, ne peut en imposer au médecin exercé. D® plus, les symptômes généraux sont loin, l’avons vu, d’atteindre la gravité qu’ils revêtent d»»® l’angine couenneuse. Les ganglions sous-maxillaires ne se développent pas, enfin la maladie n’est contagieuse.
Dans l’angine gangreneuse, les escharres qui au début pouT^ent faire croire à une dyphtérite, prenn®t bientôt une couleur noirâtre, caractéristique. De plus, ainsi que nous l’avons vu, Todeur seule suffit pour établir le diagnostic.
Le pronostic de l’angine couenneuse est extrêmement grave.
Lfô guérisons sont rares avant l’âge de trois ans. Passé cet âge, elles sont un peu plus fréquentes, toutefois quand le mal n’envahit pas le larynx. A partir de l’âge de vingt ans, la terminaison fatale de cette sorte d’angine est presque la règle.
Même dans les cas où l’affection se termine favorablement, il ne faut pas perdre de vue que la convalescence présente encore des dangers. Nous avons vu survenir des morts subites dues très probablement à des troubles cardiaques. Robinson a démontré que dans beaucoup de cas d’angines couenneuses, il se produisait des endocardites qui peuvent être le point de départ d’embolies ou tout au moins de lésions valvulaires définitives, line complication bien plus fréquente de la maladie, c’est l’apparition de paralysies, soit du voile du palais, soit de l’oesophage, soit d’un ou de plusieurs membres. Ces paralysies entraînent souvent des atrophies musculaires qui laissent le malade infirme.
Tous les traitements, tous les médicaments ont été- employés contre cette redoutable maladie. Il serait trop long, ici, de lès passer en revue, nous nous contenterons de dire celui auquel nous donnons la préférence.
Au début, faire vomir le malade après avoir pratiqué une cautérisation avec le perchlorure de fer.
Continuer les cautérisations toutes les deux heures, tantôt avec la teinture d’iode, tantôt avec le perchlorure dè fer.
Aussi souvent que possible, faire des irrigations nasales et des injections buccales avec la solution
Acide phénique . . O gr. 50
Eau . . . 250 —
Cargarismes avec de l’eau de chaux et du chlorah de potasse ou bien; pastilles de Dethan, pastilles di Palanyié, pastilles de Vigier, etc.
Toutes les deux heures donner au malade, si c’es un enfant, une cuillerée de sirop de cubèbe oi mieux de saccharure de cubèbe de Delpech. Si c’es une grande personne, des cachets médicamentauj de poivre de cubèbe Jusqu’à 4 grammes ou mieuj tes capsules de Raquin au cubèbe.
Extrait mou de quinquina. Tisane alcoolisée ave( du kirch.
Ees malades devront être tenus dans une pièci smurée de vapeur d’eau et devront être nourris b plus possible.
Pendant la convalescence, s’il survient des para devront être soignées immédiatemen par 1 électricité.
ontf ~ angines diathési
fiileu^*^* uature syphilitique, tuberculeuse, scro
^ ayons pas ici à faire la description de cet a ‘1’^- constituent une phase de la maladi* e es ne sont que l’expression. 11 nous suffir.
de dire qu’elles sont toujours constituées par des ulcérations plus ou moins profondes de la muqueuse, ulcérations qui en général revêtent des caractères assez nets pour qu’il soit facile d’en étabHr la nature.
Ce que nous venons de dire à propos des angines diathésiques, s’applique aussi aux angines éruptives de la scarlatine, de la rougeole, de ia variole, de la fièvre typhoïde, de l’érysipèle. Ces angines seront décrites avec les maladies dont elles sont un symptôme. o-G. poyet.
ANGINE DE POITRINE. — (Angar pectoris. Cardialgie, Sternalgie, Syncope angineuse, etc). C’est une affection douloureuse, paroxystique, survenant par accès ; la douleur a pour siège la région soussternale à gauche, d’où elle irradie à la paroi thoracique et au membre supérieur du même côté ; elle s’accompagne d’un sentiment tout spécial de suffocation et d’angoisse . Cette maladie singulière n’a été étudiée que depuis 1768, époque à laquelle un médecin de Besançon, nommé Rouguon, fît connaître l’affection étrange à laquelle avait succombé un ancien capitaine de cavalerie habitant cette ville. La même année l’Anglais Heberden lui donna le nom sous lequel elle est encore connue ; il est regrettable que l’usage n’ait pas substitué le terme d’angoisse, traduction plus fidèle du latin angor, à celui d’an- ^ne, qui est pris ici dans un sens tout à fait exceptionnel, le mot angine voulant dire habituellement une affection de l’isthme du gosier.
Quoi qu’il en soit, voici quel est à peu près l’aspect d’une attaque d’angine de poitrine.
En pleine santé, souvent à roccasion d’un exercice un peu forcé, qu’il s’agisse de monter un escalier ou de gravir une légère pente en marchant contre le vent, d’autres fois après un repas un peu copieux, mais parfois aussi sans aucune cause appréciable, au milieu d’une conversation, une douleur est ressentie tout à coup dans la région du cœur, le long du bord gauche du sternum, douleur poignante, constrictive, angoissante, sur la nature de laquelle les expressions des malades eux-mêmes varient peu : ce sont des griffes de fer, qui leur déchirent la poitrine (Laennec), c’est un étau qui les étreint. Cette- douleur s’irradie en divers sens vers le cou, l’épigastre et le membre supérieur gauche, jusqu’à la main et aux deux derniers doigts, l.e patient, immobilisé dans la situation que son occupation lui imposait, ne peut ni parler, ni bouger, mais sa connaissance est entière. Sur son visage pâle, contracté et couvert d’une sueur froide, se lit la conviction terrifiante d’une mort inévitableet prochaine. Car il éprouve, a dit Heberden, la sensation « d’une pause universelle et interne des opérations de la nature, » expression solennelle comme l’inoubliable tableau que nous peignent les auteurs avec des nuances diverses. La mort peut être immédiate; elle est le plus souvent foudroyante, et, dans le.s cas fatals, il est exceptionnel qu’une souffrance, variable dans sa durée de quelques minutes à une demiheure, précède la syncope ultime. Dans les cas non mortels, au bout de quelques secondes ou de quelques minutes, la douleur et Tangoisse diminuent, le visage se colore d’une vive rougeur, et la crise est
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parfois marquée par un impérieux besoin d’évacuer une urine abondante et limpide, des éructations gazeuses, des vomituritions ou le gonflement d’un testicule. Enfin l’orage est dissipé ; à part une grande lassitude et la crainte qui les domine encore, on croirait les malades rendus à un état de santé parfait. Tel est le type classique des paroxysmes d’angine de poitrine ; il est susceptible de nombreuses modifications, suivant l’intensité et les irradiations de la douleur et suivant l’état des fonctions de l’organisme pendant l’accès. Ainsi la douleur peut s’étendre vers les deux bras, remonter vers la mâchoire ; elle peut débuter par un point de la périphérie et remonter vers la région du sternum à la façon de cette sensation prémonitoire de l’attaque qui porte le nom à.' aura.
Les mouvements respiratoires ne sont pas habituellement modifiés, c’est à peine si leur nombre est augmenté, et c’est là un signe important pour différencier l’angine de poitrine d’avec les accès de dyspnée tenant à une maladie des poumons où du cœur, d’avec la dyspnée de l’asthme par exemple. En effet, dans l’angine de poitrine, le fait dominant est la douleur, tandis que l’anxiété et l’angoisse qui accompagnent les accès d’asthme sont le résultat du manque d’air, de la sensation d’asphyxie imminente. Il est très utile d’être renseigné sur l’état du pouls pendant l’accès angineux; d’ordinaire, en effet, et dans les cas dont l’issue doit être favorable, le pouls peut être accéléré, mais il conserve son rythme et sa régularité, les battements du cœur sont normaux également, plus ou moins rapides, mais réguliers. Dans certains cas, au contraire, le pouls est intermittent, inégal, irrégulier ; le cœur bat aussi d’une manière désordonnée, 120, 130 fois à la minute, puis surviennent des intermittences, un ralentissement considérable et des modifications dans le timbre des bruits perçus à l’auscultation.
Les fonctions du tube digestif restent en bien des cas dans un état d’intégrité absolu ; on a pu observer d’autres fois des symptômes gastriques très accusés, flatulences, vomissements, dilatation de l’estomac. On a signalé aussi des accès. incomplets, des formes frustes dans lesquelles la douleur est peu accentuée, presque nulle, mais qui se traduisent par une sensation d’angoisse inexprimable et un état syncopal capable d’amener la mort.
^^us ne saurions entrer ici dans le détail des théories nombreuses qu’a soulevées la nature de ces singuliers accès, si effrayants toujours et si souvent mortels. Contentons-nous de dire que les idées les plus en faveur aujourd’hui en font une affection des nerfs du cœur, de cet inextricable réseau de filets nerveux qui entoure les gros vaisseaux de la base du cœur : ce serait une névralgie du plexus- cardiaque. Mais cette névralgie serait liée dans un grand nombre de cas à une inflammation des filets nerveux et non plus seulement à leur congestion ou à leur ébranlement dynamique; c’est ce qui arrive dans les maladies organiques du cœur ou des gros vaisseaux, notamment de l’aorte. 11 y aurait alors névrite et non plus seulement névralgie du plexus cardiaque. L’examen des cas dans lesquels apparaît l’angine de poitrine démontre avec évidence la double manière d’être de cette affection.
D’une part, en effet, nous la trouvons fréquente chez les sujets nerveux, affectés déjà d’une autre névrose bien caractérisée (épilepsie, hystérie, hypo, chondrie, nervosisme ou névropathie quelconque) ' chez des gens qui font abus des excitants du système nerveux (tabac, thé, café), chez certaines catégories de malades prédisposés par une affection antérieure aux douleurs névralgiques (goutteux, rhumatisants syphilitiques). Ce genre d’angine de poitrine est ap’ ^ pelé angine essentielle ou idiopathique, ou névral- f gique ; c’est la plus bénigne en général , elle peut apparaître un très grand nombre de fois chez le même malade et guérir, quand l’hygiène est meilleure et par suite d’un traitement bien conduit. Tout autre est l’angine symptomatique d’une maladie organique du cœur et de l’aorte (insuffisance aortique, aortite chronique), c’est l’angine névritique.
C’est celle-là qui est grave, mortelle ; elle ne frappé ! pas un grand nombre de fois impunément le même sujet. Relativement aux goutteux et aux rhumati- i
sants, il convient de dire que les deux formes d’an- I
gine peuvent les atteindre, car ils sont très sujets aux simples névralgies, ils sont fréquemment exposés aussi aux maladies organiques du cœur et des vaisseaux. On doit toujours ausculter soigneusement chez eux l’organe central de la circulation, lorsqu’ils ! présentent des accès angineux. 1
L’accès d’angine de poitrine apparaît quelquefois j ia nuit aussi bien que dans le jour, à la suite d’efforts, j de fautes d’hygiène, comme nous l’avons dit plus | haut. C’est à cette affection qu’ont succombé Ricard, j l’ancien ministre de l’intérieur de la République, | Dupanloup, le chimiste Personne, etc.
La gravité extrême de cette affection doit engager à consulter aussitôt que possible un médecin expérimenté. Celui-ci, après s’être exactement renseigné sur les antécédents du malade, sur la façon dont les crises se montrent, sur le genre de vie, instituera un traitement variable suivant les cas. Chez les névropathes on proscrira toutes les causes capables de surexciter leur système-nerveux, abus des plaisirs, excès sexuels, liqueurs spiritueuses, préoccupations morales. On les soumettra à une hydrothérapie méthodique, mais prudente, surveillée par un homme de l’art; le bromure de potassium [sirop de Laroze au bromure de potassium), les antispasmodiques de toute espèce seront indiqués chez les , névropathes. L’arsenic a été recommandé comme tonique du système nerveux. Il faut rigoureusement interdire l’usage du tabac, ce stupéfiant du système nerveux. On a souvent vu la maladie guérir complètement après la cessation de cette habitude. Les causes occasionnelles, telles que repas très copieux, courses contre le vent, ascensions rapides, doivent être évitées. Si l’angine est reconnue symptomatique d’une affection du cœur ou de l’aorte, on soignera celle-ci par les moyens appropriés, révulsifs sur la * région précordiale (vésicatoires d’ .J Zôe.vpeyrw, eau- | tères, ventouses scarifiées, électrisation).
Au moment de l’accès, le point capital est d’atténuer la douleur, puisqu’il y a lieu de croire que celle-ci est le plus grand danger qui menace le malade, en faisant naître une syncope. On promènera des sinapismes sur le dos et on fera prendre des bains de pieds fortement sinapisés ; un malade
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réussissait toujours a calmer ses accès en suçant de la glace. Cette médication si simple, qui n’expose à aucun accident, peut être utilement employée ; malheureusement elle est presque toujours insuffisante. 11 faut alors avoir recours aux inhalations de chloroforme, ou de nitrite d’amyle, à l’emploi du chloral hydraté, soit par la bouche {chloral •perlé Limousin), soit en lavement selon la formule suivante :
Chloral hydraté. ........ 2 à 5 grammes.
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soit encore aux préparations de valériane (valérianate d'ammoniaque de Pierlot), d’aconitine {pilules de Moussette). Mais lorsque la crise est très violente, il faut instituer une thérapeutique d’urgence, et, pour conjurer le péril imminent, pour parer à l’atrocité de la douleur et à la syncope possible, nous croyons que le meilleur moyen est d’injecter sous la peau de la région précordiale, avec une seringue de Pravaz, de 15 milligrammes à 2 centigrammes de chlorhydrate de morphine, suivant l’intensité de la douleur et de l’angoisse. Cette injection a le grand avantage de donner le sommeil et d’amener un soulagement immédiat.
Dans l’intervalle des accès d’angine de poitrine, et pour éviter qu’il s’en produise de nouveaux, les malades devront suivre la diète végétale et lactée, s’abstenir de fumer et de priser, prendre de l’arsenic et des ferrugineux, éviter enfin toutes les causes physiques ou morales pouvant agir sur le système nerveux.
Disons en terminant que l’angine de poitrine est bien plus fréquente chez l’homme que chez la femme, et n’atteint le plus souvent que les personnes qui sont déjà parvenues à la cinquantaine. On l’a cependant observée chez des individus de moins de 40 ans. On l’a même rencontrée chez des enfants, mais d’une manière tout à fait exceptionnelle.
D'' A.-L. Labarthe, père.
ANGIOLEUCITE. — (V. Lymphangiie.)
ANGIOLOGIE. — Partie de l’anatomie qui s’occupe de l’étude des vaisseaux, veines et artères.
ANGIOME. — (V. Tumeur érectile.)
ANGLE FACIAL. — L’angle facial est le résultat de la mesure d’inclinaison de la ligne faciale qui varie dans les races humaines. La ligne faciale imaginée par Camper se construit fictivement de la racine du nez (ou point sus-nasal) au bord inférieur de la sous-cloison du nez (ou point sous-nasal). L’angle que fait cette ligne avec le plan horizontal, c’est-à-dire avec une autre ligne tirée du point sousnasal à l’orifice externe de l’oreille, le sujet étant debout, regardant directement devant lui, est Y angle facial. On lë mesure à l’aide de l’instrument de Broca, le goniomètre. (V. ce mot.) D' a. dfb:^ii.
ANGOISSE. — Nom donné à un sentiment particulier de resserrement à la poitrine ayant son intensité la plus vive à la région épigastrique, et accompagné d’uné difficulté très grande dans la respiration. (V. Anxiété). p. j,.
ANGUILLE. — Poisson du genre des murènes, vivant dans l’eau douce, d’une longueur variant de 0.30 à 1 mètre, dont la forme rappelle celle du serpent et dont la peau, verdâtre et brune en dessus, est d’un joli blanc argenté en dessous. L anguiUe a une chair riche en principes nutritifs, mais il faut pour bien la digérer la manger pelée, car sa peau contient une grande quantité de graisse, substance d’une digestion toujours laborieuse. P. L.
ANGULAIRE. — Qualificatif donné par les anatomistes à un certain nombre d’organes, soit à cause de leur forme, soit à cause de leur situation. Ainsi : — on donne le nom d'artère et de veine angulaire à la terminaison de l’artère faciale et à la veine qui l’accompagne au niveau de la racine du nez, tout près de l’angle interne de l’œil; — on donne le nom de dents angulaires aux canines dont la forme est angulaire et qui correspondent aux angles ou aux commissures des lèvres ; — on donne le nom de muscle angulaire de V omoplate k un muscle qui s’insère d’une part aux apophyses transversës de l’atlas, de l’axis et des deux ou trois premières vertèbres cervicales, d’autre part à l’angle supérieur de l’omoplate et au bord spinal situé au dessus de l’épine de cet os, et dont l’action consiste à élever l’angle supérieur de l’omoplate et par conséquent à abaisser le moignon sur l’épaule ; — on donne enfin le nom de nerf angulaire à un filet nerveux venant du nerf maxillaire inférieur et passant près de l’angle interne de l’œil.
D’' Paul Labarthe.
ANGUSTURE. — On trouve dans le commerce deux écorces auxquelles on donne ce nom et qui quelquefois sont mélangées. Il est très important de savoir les distinguer, car l’une d’elles est très vénéneuse. On les appelle Vangusture vraie et Vangusture fausse.
L’angusture vraie est fournie par le galipea cusparia ou officinalis, delà famille desrutacées, tribu des cuspariées. C’est un arbre puissant qui croît en Amérique et forme des forêts sur le bord de l’Orénoque. Son écorce est grise à l’extérieur, d’un jaune brunâtre à l’intérieur, d’une odeur forte et un peu nauséeuse, d’une saveur très amère et laissant sur la langue une sensation d’âcreté ; sa poudre est d’un beau jaune orange. EUe nous arrive en morceaux de 0”,13 à 0”,20 de long, de 0’“,02 à 0",05 d’épaisseur, amincis sur les bords, presque plats ou très légèrement cintrés.
Elle contient une huile volatile, une résine, de la gomme, de l’amidon et un principe cristallisable nommé cusparin, soluhle dans l’alcool absolu. EUe est tonique, fébrifuge et antidysentérique ; mais son usage est presque abandonné, soit à cause de son peu de valeur thérapeutique, soit à cause de la difficulté' qu’on éprouve à la distinguer de la fausse, qui est très dangereuse.
La fausse ANGUSTURE estl’écorce du strychnos nux vomico (loganiacées) ; eUe contient de la strychnine et de la brucine, ce qui la rend très vénéneuse.
Divers caractères extérieurs la distinguent de la vraie. D’abord à l’extérieur eUe est plus rugueuse, grise avec des tons de rouüle ; eUe est plus épaisse,
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plus lourde, et ses bords sont à pic et non pas taillés en biseau ; sa cassure est grise ; eUe est inodore, et son amertume est plus grande et plus persistante, quoique sans àcreté. Sa poudre est d’un blanc jaunâtre. Enfin une goutte d’acide azotique versée sur sa face interne détermine une tache rouge vif, ce qui n'a pas lieu pour la vraie. (V. Strychnine et Brudne.) Alfred Chardon, PA*™.
ANHÉLATION. — Nom donné à la respiration courte et précipitée, accompagnée d’un mouvement très prononcé des parois de la poitrine, comme l’est par exemple celle de quelqu’un qui vient de courir rapidement, ou celle des asthmatiques pendant l’accès. P- L-
ANHYDRE. — Qualificatif donné en chimie aux sels qui ne renferment pas la plus petite quantité d'eau de cristallisation. P* L-
ANIDE. — On appelle ainsi un groupe de monstres qui comprend les formes les plus dégradées des monstruosités humaines. Voici comment les
Fig. 91.
Monstre anide. — A. Cordon ombilical. — B. Rudiments d’oreille (Dessin du professeur Dépaul).
décrit le professeur agrégé Lancereaux, dans son Traité d’anatomie pathologique : « Les monstres anides sont des masses plus ou moins globuleuses recouvertes d’une peau bien conformée, avec des glandes ou même des poils ; ces masses sont constituées par un tissu celiulo-adipeux, des poches contenant un liquide séreux, des fragments d’os ou des rudiments de colonne vertébrale et des branches vasculaires aboutissant à un cordon ombilical composé d’une artère et d’une veine. Le corps des monstres n’est parfois qu’une bourse cutanée dont on aurait peine à déterminer la nature sans le cordon ombilical à l’extrémité duquel cette masse est suspendue. » P. p.
ANILINE (OUVRIERS employés a la fabrication de L’.), — Hygiène professionnelle. — L’aniline est un produit chimique dérivé de la nitrobenzine, que l’on obtient en distillant celle-ci avec du fer et de l’acide acétique. L’aniline sert dans l’industrie à la préparation de nombreuses substances tinctoriales et colorantes (fuschine, violet et bleu de Lyon, rouge Magenta, rouge Solférino, etc.) employées aujourd’hui sur une grande échelle pour teindre les soies et autres tissus, et pour colorer une foule d’objets (savons, encres, pains à cacheter, bonbons, liqueurs, vinaigres, ivoire, cornes, etc.).
Les ouvriers employés à la fabrication de l’aniline sont exposés à un certain nombre d’accidents, fort bien décrits par le D' Jules Bergeron, dans un savant mémoire lu à l’Académie de médecine en 1865. Nous ne saurions mieux faire que d’en reproduire la partie essentielle.
« Les ouvriers qui débutent dans la fabrication dé la nitrobenzine et de l’aniline accusent, dès le premier ou le deuxième jour, une céphalalgie orbitaire gravative compliquée parfois de nausées et de vomissements. Cet état de malaise, si pénible pour quelques-uns qu’ils abandonnent la fabrique, se dissipe, en général, après une ou deux semaines d’apprentissage, pour ne plus se reproduire qu’accidentellement, soit à l’occasion d’un travail forcé, soit pendant les chaleurs de l’été. La plupart éprouvent aussi pendant leur noviciat des vertiges qui disparaissent facilement au grand air. Dans d’autres cas, aux vertiges succède la perte de connaissance, qui cède plus ou moins promptement à l’action dei’air frais et laisse quelquefois une sorte d’hébétude, laquelle se dissipe par degrés et laisse une grande pesanteur de tète. D’autres fois, l’ouvrier est pris d’un sentiment de torpeur, sa face se congestionne, il vacille, chancelle et tombe, comme un homme ivre, dans un état semi-comateux ; ses yeux sont entr’ouverts ; il bégaye quelques paroles incohérentes et fait à peine quelques mouvements automatiques ; la respiration est pénible, irrégulière. Au bout d’une heure et quelquefois plus, l’intelligence se réveille, l individu sort de cette crise, conservant seulement un sentiment de fatigue générale avec un irrésistible besoin de sommeil. Chez d’autres, il survient de véritables convulsions épileptiformes des membres, des spasmes tétaniques de la région cervicale postérieure, alternant avec des accès de délire et un tremblement général. Les mouvements respiratoires sont irréguliers, la peau est froide, insensible, le visage pâlit ; les lèvres, la langue, les extrémités prennent une teinte bleuâtre ; les pupilles sont dilatées ; les battements de cœur fréquents, et surtout d’une violence extrême, se ralentissent et deviennent irréguliers ; cet état alarmant peut durer plus d’une heure, et 1 ouvrier en sort brisé de fatigue et avec de violentes douleurs de tête. Mais, à la longue, il finit par s’établir chez les ouvriers en contact habituel avec les vapeurs d aniline une véritable chloro-anémie, avec diminution de globules et augmentation des leucocjdhes. Il y a le plus souvent de l’embarras gastro-intestinal avec un état habituel de constipation. Il s y ajoute un certain degré d’insensibilité aux membres supérieurs et de langueur des fonctions génitales. »
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On conçoit, en présence de pareils accidents, combien il est indispensable que des précautions sérieuses soient prises par les fabricants et par leurs ouvriers.
Les industriels auront soin de toujoul-s pratiquer une ventilation énergique des ateliers, qui ne seront jamais clos, afin d’entraîner rapidement au dehors les vapeurs nuisibles. De plus, comme les fabriques d’aniline sont très exposées aux incendies, ils auront toujours en réserve une grande quantité de sable, celui-ci étant de beaucoup supérieur à l’eau pour éteindre le feu produit par la combustion des substances maniées.
Quant aux ouvriers, avant d’entrer dans les ateliers, ils mettront devant leur bouche et leurs narines une compresse ou mieux une petite éponge imbibée d’une légère solution alcaline, afin que l’air, en la traversant avant d’être respiré, se dépouille de l’acide dont il est chargé. Aussitôt qu’un des accidents énumérés plus haut se produira, l’ouvrier atteint devra quitter l’atelier pendant quelques jours, faire usage d’alcool et respirer plusieurs fois par jour des vapeurs d’ammoniaque. Si, à son retour à l’usine, les accidents se renouvellent, il fera bien de l’abandonner et de changer de métier.
Les fabriques d’aniline sont rangées dans la 'première classe des établissements insalubres et dangereux. Les enfants ne peuvent pas y être admis.
D' Paul Labarthe.
ANIMISME. — Nom donné à une doctrine médicale qui fait dépendre de « l’âme » le jeu de tous les organes, dans l’état de santé aussi bien que dans les maladies. L’inventeur est un certain Stahl, médecin allemand, né à Anspach en 1660, professeur à léna, puis surtout à Halle, enfin, appelé près du roi Frédérick-Guillaume P'' à Berlin, où il mourut en 1734. Voici l’exposé, nécessairement succinct, d’un système important à connaître, en raison de l’influence détestable autant que retentissante qu’il a eue sur le développement du vitalisme, de l’homéopathie et autres doctrines mystiques encore en vogue aujourd’hui.
Pour Stahl et pour les « animistes » le corps est un mélange de matières inertes et corruptibles ; il ne se conserve que grâce aux efforts de l’âme, sentinelle vigilante qui intervient continueUement pour empêcher sa décomposition. C’est bien de l’âme proprement dite, au sens métaphysique du mot, qu’il est question ici : c’est l’âme de Platon, de Descartes et des théologiens, qui veille à tout et préside aux actes de la volonté comme à l’accomplissement des besoins les plus humbles ; installée dans le corps qu’elle a construit, elle en dirige les fonctions.
Elle a pour agent intermédiaire le mouvement, celui de la circulation d’abord, puis un autre, plus génital, le motus tonico-'ciialis, qui se surajoute au précédent. Ainsi, dans l’organe corps, Y âme entretient la vie par le mouvement. D’où il suit que la principale cause des maladies, c’est l’immobilité, et par conséquent la pléthore, la stase du sang, qui facihte la corruption. La fièvre est un acte bienfaisant, une réaction de l’âme qui entreprend de purger le corps des matières nuisibles. Il faut donc se borner à l’expectative et supprimer la thérapeutique,
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même dans le cas de fièvre intermittente, qu’on doit bien se garder de traiter par le quinquina. La pratique est à la hauteur de la théorie.
On a prétendu que la doctrine de l’animisme avait sa source dans les archées de Van Helmont. Je ne parle pas d’Hippocrate, que des gens intéressés ou mal informés ont voulu, sans raison, compromettre dans cette afi’aire. En réalité Stahl, comme Hoffmann, son adversaire, a puisé son système dans Descartes, ce génie étonnant, mais si fertile en contradictions, qui renferme à la fois l’absurde et le sublime, Malebranche et Spinoza. De la même façon, l’auteur du Discours de la Méthode, se dédouble au point de vue de la biologie, enfantant Hoffmann et Stahl. Le premier, après avoir invoqué l’âme, la cause première, le premier moteur, etc., pour donner l’impulsion initiale, laisse tout cela de côté et s’attache à expliquer la vie, comme Descartes, par les seules forces de la mécanique. Le second, ayant lu très certainement le Traité des Passions et observé lès allures de l’âme qui se livre à tant d’évolutions étonnantes dans cette petite glande pinéale où le maître l’a logée, le second, dis-je, n’a trouvé rien de plus facile que de la tirer de là pour la disséminer partout et la faire présider à toutes les fonctions.
Et avec tout cela, Stahl, piétiste, c’est-à-dire chrétien fanatique, Stahl, fondateur d’une doctrine aussi quintessenciée, a été accusé d’athéïsmepar Hoffmann et de matérialisme par Leibnitz. C’était vraiment jouer de malheur! On lui reprochait de compromettre le principe immatériel et « divin » darià des fonctions peu relevées. Car, enfin, on a beau dire qu’il n’y a pas de sot métier, tout est relatif et l’idée de « l’émanation de la divinité » présidant à l’acte dé la défécation, n’était pas précisément d’accord avec les sublimes notions qu’il s’agit d’inculquer au vulgaire. D’un autre côté, Leibnitz l’accusait de matérialiser l’âme en raison de la facilité avec laqueUe il la faisait agir sur le corps.
Que Stahl soit arrivé à des inconséquences et à des conclusions absurdes, c’est le cas de tous les spiritualistes qui ont essayé de faire de la physiologie. Mais le matérialisme scientifique n’a rien à voir ici : il y a un abîme entre les aberrations de l’animisme et la doctrine qui considère les éléments organisés comme ayant eux- mêmes les activités propres d’où résultent les fonctions. (V. Ame, Yitaiisme.) A. Regnard.
ANIS VERT. — Nom donné à une plante annuelle, de la famille des ombellifères, principalement cultivée au centre et dans le midi de la France. Elle a une tige cylindrique, rameuse, haute de 30 à 40 centimètres, des feuilles dentées, des fleurs blanches et petites, à ombelles terminales, un fruit ovoïde, de la dimension d’une tête d’épingle, d’un vert plus ou moins foncé, supporté par un pédicule très petit et plus long que le fruit lui-même. Il est plus arrondi à son extrémité supérieure qu’à l’extrémité opposée; il est sillonné par cinq côtes filiformes, très peu saillantes, qui convergent toutes vers son sommet. L’odeur des fruits d’anis, agréable et très prononcée, est due à l’huile volatile qu’ils renferment dans leur composition ; leur saveur est sucrée, aromatique, un peu chaude et stimulante.
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Si l’on porte à la bouche et qu’on mâche quelques grains d’anis, ils agissent si vite sur la muqueuse buccale qu’ils amènent aussitôt un afflux abondant de salive et répandent a leur suite une sensation de fraîcheur des plus agréables, due à l’essence qu’ils contiennent et qui se dégage par l’effet de la mastication. Dans l’estomac, ils excitent la muqueuse et les fibres musculaires de cet organe : dans le premier cas, ils facilitent la sécrétion du suc gastrique ainsi que les actes chimiques de la digestion ", dans le second, ils déterminent des contractions péristaltiques capables d’expulser les gaz contenus dans ce viscère. Cette action se prolonge jusqu’au moment où ils sont absorbés et portés,^ en essence du moins, dans l’appareil circulatoire qu’ils stimulent au point de rendre le pouls plus fort, la chaleur plus vive, l’énergie vitale plus intense. Iis sont ensuite éliminés par les voies respiratoires dont ils activent l’excrétion des mucosités, par les mamelles dont ils augmentent la sécrétion lactée, parles urines et la sueur qu’ils modifient d’une manière insensible, en leur communiquant une odeur désagréable.
Si toutes les douleurs intestinales et les dyspepsies se rattachaient à une irritation ou à une phlegmasie du tube digestif, nul doute que les excitants spéciaux et les carminatifs ne dussent être à peu près bannis de la thérapjg peutique. Mais que de cas
Anis vert.— Fruit mûr. intermédiaires où l’on est en présence de douleurs abdominales très vives qu’on ne peut attribuer à aucun état inflammatoire manifeste et qui ne peuvent être soulagées ou guéries que par les stimulants. L’expérience la plus vulgaire a consacré depuis longtemps cette manière de voir. Une légère infusion d’anis, d’angélique, de coriandre, etc., dissipe les flatuosités, les spasmes, les gastrodynies, les dyspepsies atoniques et flatulentes, les coliques ven-
ANIS étoilé. — L’anis étoilé, ou badiane, est le fruit du badian anisé, arbre de la famille des magnoliacés, qui croît en Chine et au Japon, et dont
le fruit, la seule partie employée en matière médicale, a absolument la même propriété que celui de l’anis indigène et est employé aux mêmes usages.
D"" Marc Camboulives.
ANISETTE. — Nom donné à une excellente liqueur de table, stomachique et digestive, que l’on peut facilement préparer soi-même, suivant une des I trois formules suivantes :