‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 46 sur 206 · A.RS · texte numérisé non relu

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partie et qui consistent en des taches pétéchiales, des élevuresvésiculeuses ou papuleuses, quelquefois de l’ictère. Si le malade ne succombe pas, ces phénomènes diminuent, mais la douleur dans les membres, la gêne dans les mouvements, la paralysie persistent encore et rendent la convalescence extrêmement longue et difficile.

« La forme lente de l’empoisonnement, dit Tardieu, résulte le plus souvent de l’administration des doses répétées et successives du poison. » On observe des alternatives de malaise et de santé après chaque ingestion de poison, qui finissent par jeter le malade dans un état de maigreur considérable et par produire une apparence de vieillesse anticipée. Vomissements fréquents, digestions difficiles, coliques violentes, vertiges, lassitude, hémorrhagies variées, taches pétéchiales, éruptions miliaires ou pustuleuses, contracture des doigts et des orteils, rachialgies, arthralgies, tremblements, tels sont les symptômes variés et complexes de l’empoisonnement lent par l’arsenic.

Les lésions cadavériques portent principalement sur le tube digestif, les organes parenchymateux, la peau et le sang.

L’estomac porte les traces d.une inflammation plus ou moins violente; la membrane muqueuse est rouge et présente des plaques arrondies d’un rouge violacé formé par une infiltration sanguine sous-muqueuse. La muqueuse de l’intestin grêle présente des lésions analogues, mais moins prononcées et qui sont généralement limitées au duodénum.

Le foie et les reins présentent souvent' les altérations caractéristiques de la stéatose (V. ce mot). Les poumons sont engorgés ou parsemés, à leur surface, d’ecchymoses sous-pleurales larges et diffuses; ces mêmes taches ecchymotiques se rencontrent fréquemment sous le péricarde et l’endocarde (Tardieu).

On croyait autrefois que l’arsenic accélérait la décomposition des cadavres ; mais une opinion contraire a été soutenue récemment par plusieurs observateurs, notamment par Tardieu. On peut admettre que si l’arsenic a été absorbé en quantité notable, il retarde la décomposition du cadavre; mais, dans le cas contraire, il est probablement sans action sur les phénomènes de la putréfaction.

Le traitement de l’empoisonnement par l’arsenic consiste à favoriser l’évacuation du poison par les vomissements. Pour cela, ü faut faire ingérer une : ^ande quantité d’eau tiède ou d’eau albumineuse ;

' administrèr la magnésie à haute dose : eUe précipite l’acide arsénieux à l’état d’arsenite insoluble,

‘ puis eUe purge sans irriter. Le sesquioxyde de fer iydraté, le sesquisulfure de fer hydraté ont donné le bons résultats. Lorsque le poison est absorbé, il but le chasser le plus rapidement possible par les urines et par la peau. Orfila a proposé pour cela le mélange suivant :

Eaa . . 3 litres.

Tin blanc . 1/2 Utre.

Eau de selz . 1 litre.

Nitrate de potasse. . . 30 b 40 grammes.

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On frictionnera ensuite le malade, afin d’activer la circulation.

Parmi les autres composés arsenicaux employés à divers usages dans l’industrie et pouvant donner • lieu à des accidents toxiques qui se rapprochent de ceux que nous venons de décrire à propos' de l’acide arsénieux, nous signalerons seulement le bisulfure d'arsenic (réalgar), le trisulfure d'arsenic (orpiment) et Varsenite de cuivre (vert de Schweinfurt, vert de Scheelle).

Nous ne croyons pas devoir parler ici des moyens à employer pour la recherche de l’arsenic dans les expertises médico-légales, lorsqu’on soupçonne qu’un individu a été empoisonné par l’arsenic, l’exposé technique des procédés chimiques usitées ne rentre ni dans l’esprit, ni dans le cadre de ce dictionnaire.

D' A. ldtaud.

ARTÈRES. — Nom donné par les anatomistes à des canaux élastiques et contractiles, destinés à porter le sang qui vient du cœur, dans tous les organes de l’individu. Toutes les artères du corps humain proviennent de deux troncs principaux qui sont : Yartère 'pulmonaire et Yartère aorte.

Vartère pulmonaire a son origine dans le ventricule droit du cœur et se ramifie dans les poumons; eUe porte le sang noir ou veineux du cœur aux poumons. L'artère aorte. a. son origine dans le ventricule gauche du cœur et porte dans .tous les organes du corps le sang rouge ou artériel, vivifié par l’oxygène de l’air dans les poumons. Chacun de ces deux troncs se subdivise en canaux dont le calibre devient de plus en plus petit et qui ont reçu les noms de branches, rameaux, ramuscules et capiUaires.

Les artères ont une forme cyUndrique et sont constituées par trois couches concentriques appelées : tunique externe, tunique mo'yenne et tunique interrie, à raison de leur position. La tunique externe est formée de tissu conjonctif mêlé à des fibres élastiques, qui s’entrecroisent et forment une espèce de feutrage, résistant à la traction dans tous les sens, et susceptible de conserver une dilatation considérable lorsqu’elle a été longtemps distendue. C’est dans son épaisseur que se ramifient les vasavasorum ou petits vaisseaux nourriciers des artères. La tunique moyenne, d’un blanc jaune, est formée de tissu musculaire et élastique, qui permet à l’artère de se dilater comme se dilaterait un tube en caoutchouc et qui, comme lui, revient sur luimême. Seulement, la dilatation est moins étendue dans le sens longitudinal que dans le sens transversal. Cette tunique est très fragile, elle se déchire avec la plus grande facilité, soit dans l’extension forcée de l’artère, soit surtout lorsqu’une ligature trop serrée a été faite autour de celle-ci. ha. tunique interne est de nature séreuse, mince, transparente, fortement adhérente à la tunique moyenne, se déchirant facilement en long et difficilement en travers. Chez les vieillards, cette tunique devient épaisse et très rigide, et c’est sur ses parois que se forment les dépôts athéromateux et calcaires, dans les cas d’ossification des artères.

La plupart des artères sont plus profondément situées que les veines, ce qui les protège contre les

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violences extérieures. Quelques unes, telles que l’artère temporale à la tempe et l’artère radiale au poignet, du côté du pouce, sont superficielles. C’est même la situation superficielle de cette dernière qui l’a fait choisir pour examiner le pouls (v. Circulation, Pouls).

Les artères sont sujettes à plusieurs maladies : plaies (y. Hémorrhagies); anévrismes (v. ce mot), inflammations (v. Ârtêrite), ossification (v. Alhèrome).

D' Paul Labakthe.

ARTÉRIOTOMIE. — Nom donné à la saignée pratiquée sur une artère ; très fréquente dans l’antiquité, cette opération est aujourd’hui à peu près complètement abandonnée. Cependant, on a tout récemment proposé la saignée de l’artère temporale dans les apoplexies, (v. Saignée.) p. l.

ÂRTÊRITE. — On appelle ainsi l’inflammation partielle ou générale, circonscrite ou diffuse d’une artère, c’est-à-dire affectant une ou plusieurs des membranes qui en constituent les parois. C’est une affection assez rare. p. l.

ARTHRITE. — L’arthrite est l’inflammation des articulations. C’est une affection qu’on rencontre fréquemment dans la pratique et qui se présente sous les formes les plus variées. Elle peut être

AIGDE ou CHRONIQUE.

Arthrite aiguë. — Un traumatisme peut la provoquer, comme elle peut aussi survenir sous l’influence d’une cause interne, de la diathèse rhumatismale par exemple, ou dans le cours d’une maladie grave telle que la fièvre typhoïde ; mais qu’elle soit primitive ou consécutive, traumatique ou spontanée, les symptômes qu’elle présente sont à peu de chose près les mêmes.

L’inflammation est le plus souvent bornée à la membrane synoviale de l’articulation. Il y a au début une simple congestion, puis bientôt apparaît un épanchement séreux, quelquefois séro-sanguinolent. Ces altérations ne restent pas bornées à la synoviale mais s’étendent aux gaines tendineuses et se propagent même au tissu cellulaire environnant. C’est V arthrite aigue avec épanchement, celle que l’on observe le plus fréquemment. Mais il est une autre forme dans laquelle l’épanchement n’a pas lieu, c’est Yarthrite aigue sèche. Enfin ces deux variétés peuvent, l’une comme l’autre, se terminer par suppuration, et alors on a l’arthrite purulente^ dans laquelle la synoviale ne tarde pas à s’ulcérer, à se perforer et livrer passage au pus qui s’infiltre dans le tissu cellulaire et donne naissance à des abcès de voisinage.

Les premiers symptômes sont la douleur, la gêne dans les mouvements de l’articulation. La douleur est le plus souvent atroce, intolérable et s exaspère à la moindre pression. Puis l’épanraement venant à se produire, l’articulation est deformee, surtout si eUe est superficielle, et l’on peut alors percevoir de la fluctuation. Cette déformation provoquée par la distension de la synoviale vane, du reste, avec chaque articulation. Si le tissu cellulaire a participé à l’inflammation, la peau devient rouge, sinon elle conserve ses caractères nor-

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maux; mais de toute façon, il y a une notable élévation de température, appréciable même à la main.

La présence de cet épanchement fait que le malade prend instinctivement une position telle que la douleur puisse être supportée : de là ces variétés d’attitude dans lesquelles s’offre aux yeux du médecin le membre malade, mais qui se trouvent toujours rangées dans une moyenne entre la flexion et l’extension. Cette position est même, dans certains Cas, maintenue fixe par une sorte de contraction musculaire qui s’accentue davantage et s’exaspère si on tend à redresser la jointure. Comme phénomènes de voisinage on trouve du gonflement, de l’œdème s’étendant plus ou moins loin au-dessus et au-dessous de l’articulation et pouvant même envahir le membre entier.

Si l’arthrite est peu intense, il n’y a pas pour ainsi dire de symptômes généraux, mais pour peu qu’elle soit aiguë, eUe s’accompagne de fièvre, de frissons, en un mot d’une réaction générale plus ou moins violente et qui peut même aller jusqu’au délire.

L’arthrite aiguë est une affection de longue durée. Il faut souvent attendre des mois entiers avant que la résolution n’arrive, et on passe alors par des alternatives de diminution et d’aggravation des symptômes, survenant quelquefois sans cause apparente. Quant à ce qui est de la disparition de la raideur articulaire et du retour complet de l’intégrité des mouvements, il faut une période de temps bien plus longue.

Mais je ne parle ici que des cas, heureusement assez fréquents, où la maladie a une terminaison favorable; car, dans certains autres, l’ankylose est encore un résultat qu’on ne doit pas dédaigner. Quelquefois l’acuité de l’inflammation est telle qu’eUe détermine rapidement la suppuration. Or, lorsque l’arthrite suppure, il peut se faire que le pus perfore la synoviale et se fasse jour à l’extérieur, en se traçant un trajet presque direct à travers les téguments ; l’articulation alors se vide, comme le fait un abcès ordinaire, et on ne voit survenir aucun accident général fâcheux. Mais il peut se faire aussi que la synoviale s’étant déchirée, rompue, par le travail ulcératif que produit toujours le pus quand on ne lui donne pas issue au dehors, ce pus, au lieu de continuer son trajet à travers le tissu cellulaire jusqu’à la peau, fuse dans ce tissu cellulaire et aille porter plus ou moins loin des ravages toujours sérieux, disséminant de ci, de là, des foyers d’abcès, déterminant des décollements plus ou moins étendus, abcès qu’il faut ouvrir, décollements qu’il faut réparer à grand’peine, et mettant ainsi la vie du malade en danger ou par la menace toujours pressante de l’infection purulente, ou par l’épuisement lent et progressif causé par une suppuration intarissable.

De toutes façons on voit donc que l’arthrite aiguë est une grave maladie.

Le diagnostic en est aisé. La douleur, le gonflement, la gêne limités aux mouvements de l’articulation, les circonstances qui ont présidé au développement de l’inflammation suffisent pour lever toutes les difficultés et différencier l’arthrite de l’inflammation du tissu cellulaire sous-cutané, des inflammations qui ont pour point de départ les

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bourses séreuses ou les synoviales tendineuses avoisinantes. L’erreur pourrait se faire à la rigueur avec les ostéites, car de prime abord toute l’articulation paraît tuméfiée. Mais là encore le siège de la douleur et du gonflement n’est plus le même. Le gonflement a son maximum au-dessus et au-dessous de l’interligne articulaire, il existe sur l’os et non pas au niveau de l’articulation proprement dite. Quant à la douleur, on ne la détermine pas en pressant la synoviale, mais bien en touchant l’os lui-même ; certains mouvements articulaires s’accomplissent aisément, sans la provoquer, et de plus le membre ne prend pas cette, position caractéristique que j’ai signalée et qui le met dans une sorte d’attitude moyenne entre la flexion et l’extension.

Reste à établir la cause de l’arthrite, et pour ce faire c’est aux antécédents et à l’ensemble des symptômes généraux qu’il faut avoir recours.

Quant au traitement, c’est le traitement chirurgical dont nousallons parler surtout, n’ayant pour ainsi dire en vue que l’arthrite aiguë traumatique, car, pour les autres, c’est un traitement spécial qui convient et qui sera décrit aux articles goutte, rhumatisme, etc.

Ce que l’on doit rechercher, c’est de faire cesser les accidents inflammatoires, diminuer la douleur, redresser le membre, le mettre dans sa position normale et rétablir les mouvements assez à temps pour que l’ankylose, ou tout au moins les raideurs consécutives, ne soient pas à redouter. Ce sont des indications multiples, mais qui, cependant, rentrent à peu près dans le même cadre.

Tout d’abord, il faut redresser le membre et l’immobiliser. Le redressement est souvent tellement douloureux qu’on doit endormir le malade pour l’effectuer. Une fois opéré, dans quelle position faut-il placer le membre, pour n’avoir pas à redouter de complication? Cela dépend évidemment des articulations, et pour ne prendre que deux exemples, le coude et le genou, qui sont les articulations les plus fréquemment attaquées, nous croyons qu’il sera bon de mettre le coude à angle droit et de donner au genou une extension non pas forcée, mais presque complète. De la sorte, si par malheur l’ankylose venait à s’établir, la déformation ne serait point par trop gênante.

Il faut alors immobiliser le membre dans la position qu’on a choisie et qu’on lui a assignée, car sans cela le malade reprendrait instinctivement la position anormale qu’il occupait auparavant. Or rien n’est préférable au bandage inamovible pour le coude et à la gouttière pour le genou. Ces appareils doivent être assez bien assujettis pour qu’aucun mouvement ne puisse être effectué et doivent être établis de telle sorte que l’articulation soit toujours à découvert, dans le but de surveiller si des complications menaçaient de surgir et dans le but non moins important d’appliquer sur cette articulation des topiques, des émollients, des antiphlogistiques qui deviennent le complément des manœuvres auxquelles on vient de se livrer.

Si l’arthrite est purulente, il faut se hâter d’agir, car ici l’intervention chirurgicale prompte et énergique est la seule chance que l’on ait d’échapper sinon à la mort, du moins à l’amputation ou à la ré¬

section. L’indication primordiale est de donner issue au pus et d’ouvrir largement l’articulation, car aujourd’hui, grâce aux progrès de la chirurgie antisep. tique, l’ouverture d’une articulation, même celle du genou, n’est plus chose grave. Si l’inflammation s’est étendue trop loin, si des fusées purulentes et des décollements existent en trop grand nombre, fl faut réséquer , surtout si les désordres osseux 'remontent trop haut , et dans certains cas il faut même ne pas hésiter et pratiquer l’amputation du membre.

Arthrite chronique. — Nous dirons peu de chose de l’arthrite chronique qui souvent n’est qu’une suite i de l’arthrite aiguë, car lorsque elle se montre dès le début avec son caractère propre, elle constitue le plus souvent Vhydarthrose et la tumeur blanche qui seront décrites en leur place. (V. Coxalgie, Eydarthrose. Tumeur blanche.) Nous ne parlerons ici que de la variété connue sous le nom d'arthrite sèche on déformante.

L’arthrite sèche ou arthrite déformante peut occuper toutes les articulations, mais c’est surtout à la hanche et au genou qu’on l’a signalée. Sur un même sujet, plusieurs articulations peuvent être atteintes ou bien une seule est affectée. Il est malaisé d’établir la nature de l’arthrite sèche, bien que la diathèse arthritique paraisse en être la cause la plus fréquente.

Les lésions attaquent toutes les parties constituantes de l’articulation et modifient d’une manière remarquable la forme et les rapports des surfaces articulaires. L’altération principale . de la membrane synoviale consiste, d’une part, dans une tendance générale à la destruction, et d’autre part en la production de végétations, sortes de papilles développées aux dépens des franges synoviales hypertrophiées. La synovie est presque complètement tarie et alors les cartilages articulaires s’altèreiit, s’usent sous l’influence des frottements et des pressions réciproques que rien ne vient amortir. En d’autres points, ces mêmes cartilages sont le siège d’épaississements, d’ossifications et ces surfaces articulaires ne tardent pas à s’éburner. Les os sont, eux aussi, profondément modifiés dans leur forme et dans leur volume, et il n’est pas rare de constater des luxations ou plutôt des siü)luxations. Ces changements que subissent les os résident surtout dans la formation de produits nouveaux qui se déposent autour des surfaces articulaires, productions nouvelles qui, d’abord molles et comme gélatineuses, subissent graduellement la transformation osseuse.

Ces altérations restent limitées à l’extrémité et, ne se propageant jamais au reste de l’osj ne s’accompagnent jamais ni de ramollissement, ni de suppuration.

Les ligaments et les capsules fibreuses s’altèrent également, sé détruisent, ou subissent des transformations cartilagineuses et osseuses.

Les symptômes de cette affection, sont pendant très longtemps bien difficiles à apprécier et à caractériser, car l’arthrite sèche a une marche I lente et insidieuse. La douleur irrégulière au contraire, n’apparaissant, qu’à des intervalles souvent j très espacés et sans cause connue, est fréquem-

ment mise sur le compte d’une diathèse rhumatis- ! male. Cependant elle offre cette particularité intéressante d'être spontanée et d'être indifférente à la pression et aux mouvements de l’articulation. Quant à la déformation, elle survient aussi très lentement et, comme la douleur, elle affecte les formes les plus variables. Elle est occasionnée, ainsi que nous l’avons fait pressentir, par le développement des stalactiques osseux qui se forment autour de l’articulation ; mais une fois qu’elle a commencé, elle a la plus grande tendance à s’accroître.

Un des meilleurs signes est la conservation des mouvements, malgré la déformation et malgré la douleur, conservation des mouvements qui s’accompagne d’un autre symptôme presque aussi précieux que le premier, je veux parler de bruits particuliers que l’on perçoit aisément, pendant le temps même que ces mouvements s’effectuent. Au début, ces bruits ont de l’analogie avec celui que produirait, par exemple, le frottement de deux morceaux de velours rugueux. Puis, ils deviennent plus râpeux, plus rudes, jusqu’à ressembler à une véritable crépitation et à une sorte de craquement. Cette crépitation, ces craquements sont également perçus par le malade et par le chirurgien et sont dus à l’éburnation des surfaces articulaires.

La marche de l’arthrite sèche est, ainsi que je l’ai dit, lente et insidieuse, mais jamais elle ne rétrograde.

Comme on vient de le voir, la meilleure manière d’établir un diagnostic, c’est de ne s’appuyer que sur deux signes, la déformation et les bruits de craquements quand on fait exécuter les mouvements à l’articulation. Le premier de ces signes est apparent pour les articulations superficielles (coude, genou) ; mais pour la hanche, par exemple, il est aisé de pressentir qu’un seul signe sera de quelque utilité, c’est la présence de la crépitation et des craquements.

Maladie lente et progressant toujours, l’arthrite sèche ne peut être guérie par aucun traitement. C’est donc aux palliatifs qu’il, faut avoir recours et surtout aux eaux minérales de Plombières, de Néris, de Cauterets, et Barèges , par exemple.

Albert Bergeron.

ARTHRITIS ou ARTHRITISME. — On donne le nom d’arthritis ou arthritisme à une maladie constitutionnelle, générale, non contagieuse, mais presque toujours héréditaire, donnant naissance à la goutte et au rhumatisme, qui se manifestent du côté des articulations par la tendance à la formation de dépôts appelés tophus ; du côté des viscères, par de la dyspepsie, des inflammations du foie, des reins (gravelle) de la vessie, des poumons (asthme, bronchite chronique); du côté du système nerveux, par des migraines, des névralgies; du côté de la peau, par des arthritides sèches ou humides (herpès, urticaire, zona, etc.). (V. ces différents mots.) P- 1*-

ARTICHAUT - Plante de la famille des cynoro-

cepnales, dont le calice charnu constitue un légume vert qui^ joue un certain rôle dans notre alimentaüon. L artichaut est un aliment sain, agréable, U une saveur relevée et légèrement âcre, d’une di¬

gestion facüe et qui, par suite, convient à tous les estomacs, même à celui des convalescents.

On a jadis vanté le suc d’artichaut en médecine comme diurétique, antirhumatismal et antifébrile. En réalité, ce légume ne possède aucune de ces propriétés thérapeutiques. p. l.

article. — Nom donné quelquefois par les anatomistes aux articulations mobiles. P»

ARTICULATION— Anatomie.— Nom donné parles anatomistes aux divers modes d’union ou d’assemblage des DS du squelette, qu’üs soient ou non mobiles l’un sur l’autre. On distingue trois sortes d’articulations ; les diarthroses, les synarthroses et les awphiarthroses.

Les diarthroses sont des articulations mobiles qui comprennent toutes les articulationss qui peuvent exécuter des mouvements étendus. Ce sont les plus nombreuses, puisqu’elles comprennent les articulations des membres et d’une grande partie du tronc, telles que celle de la cuisse avec le bassin, du bras avec l’épaule, etc.

Les synarthroses sont les articulations à surfaces contiguës qui sont immobiles, telles que celles des os du crâne et de la face.

Les amphiarthroses sont des articulations mixtes, en partie continues et en partie contiguës, grâce à du tissu fibreux interposé entre les surfaces articulaires, telles que les articulations des vertèbres et des os du bassin.

Les articulations mobiles sont constituées par divers éléments, qui sont : 1° les extrémités osseuses, 2° les membranes synoviales ; 3“ les ligaments.

Les extrémités osseuses présentent pour les articulations des renflements très prononcés, et leur configuration varie selon les points où elles se mettent en contact. Les deux extrémités qui conCouren à former une articulation ont deux surfaces de forme inverse : ainsi, une tête^est reçue dans une cavité dont la profondeur mesure généralement le volume de cette tête osseuse.

Les surfaces osseuses articulaires ne frottent pas directement les unes sur les autres ; elles sont garnies d’une couche plus ou moins épaisse d’une substance élastique et résistante, appelée cartilage par les anatomistes et croquant par le vulgaire, qui permet aux extrémités osseuses de se mouvoir et de tourner ou glisser les unes sur les autres avec plus ou moins de facilité.

La membrane synoviale est une membrane séreuse, spéciale, lisse et résistante, qui sécrète un liquide légèrement jaunâtre, filant, appelé synovie, à cause de son analogie avec le blanc d’œuf, destiné à lubréfier les cartilages et à facüiter le glissement des STirfaces articulaires les unes sur les autres. C’est ce liquide qui manque dans l’arthrite sèche, et toutes les fois que des craquements particuliers se produisent dans les articulations.

Les ligaments, qui vont d’un os à l’autre et qui les assujettissent en limitant leur écartement, sont formés de fibres blanches, nacrées, très résistantes, flexibles et en même temps dépourvues d’élasticité. Us affectent des formes variées suivant les articulations. Ils sont disposés en capsule comme dans

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l’articulation de la hanche et de l’épaule , ou en bandelettes comme aux doigts et aux pieds. La face interne des ligaments est en rapport avec la cavité articulaire et tapissée par la membrane synoviale ; leur face périphérique adhère très intimement aux muscles, au tissu cellulaire et aux tendons ; enfin, leurs extrémités sont fortement adhérentes au périoste qui recouvre les os.

Lorsque, par suite d’une violence extérieure, les ligaments sont fortement distendus, ils donnent lieu à des déplacements plus ou moins prononcés des surfaces articulaires, qui ont reçu les noms d’entorse et de luxation. Quelquefois même, si la distension est trop considérable, les ligaments peuvent se rompre. L’habitude finit par donner aux ligaments, chez certains individus, tels que clowns et acrobates, une très grande souplesse. Tout le monde a vu dans les cirques ou sur les champs de foire des hommes-cerceau et des hommes-serpent, ainsi nommés à cause de leur prodigieuse agilité.

Les articulations immobiles sont en général dépourvues de synoviale et de cartilages articulaires, car elles se font par suture des pièces osseuses les unes avec les autres.

Anomalies et vices de conformation des articulations. (V. Luxations.)

Contusion des articulations. (V, Entorse.)

Inflammation des articulations. (V. Arthrite, Coxalgie, Hydarthrose, Tumeur, blanche.)

Plaies des articulations. — Les plaies des articulations peuvent être pénétrantes ou non pénétrantes.

Les plaies non pénétrantes ne présentent le plus souvent aucune indication particulière et doivent être traitées comme toutes les autres plaies. Si la plaie est simple, occasionnée par un instrument piquant ou tranchant, il faut immobiliser l’articulation pour tâcher d’obtenir la réunion par première intention, au moyen de bandelettes de diachylon ou mieux de taffetas Marinier, et, si les bords sont très écartés, par des points de suture. Si la plaie est contuse, produite par une arme à feu, accomp^née de perte de substance, il faut aussi immobiliser la jointure et surveiller la cicatrisation pour prévenir une cicatrice vicieuse qui serait gênante pour les mouvements de l’articulation.

Les plaies pénétrantes, c’est-à-dire celles qui ouvrent la cavité articulaire, peuvent être produites par des instruments piquants (clous, alênes, fleurets, épées, bayonnettes), par des instruments tranchants (sabres, haches, faux, serpes), par des fragments de verre ou de faïence, par des projectiles d’armes à feu, par le passage d’une roue de voiture sur l’articulation, par une chute d’un lieu élevé. Parfois, elles peuvent aussi être produites de dedans en dehors, à la suite d’une fracture, un des fragments de l’os fracturé ouvrant l’articulation.

Les symptômes immédiats des plaies pénétrantes des articulations sont : 1® la douleur; 2* l’écoulement de sang dont l’intensité varie et qui peut se fmre à l’extérieur si la plaie est large, ou à l’intérieur même de l’articulation si la plaie est très étroite ; 3® l’écoulement à l’intérieur de la synovie. Ce dernier signe est une preuve certaine de la pénétration.

La marche des plaies pénétrantes des articulations est très variable. Dans certains cas, une large plaie guérit vite, quelquefois même par réunion immédiate; mais, le plus souvent, leur marche est très grave, et dès le quatrième ou cinquième jour on voit apparaître de redoutables complications telles que l’hydarthrose, l’arthrite suppurée, qui entraîne après elle l’ankylose, la septicémie, le. tétanos et la mort,

Devant de pareilles complications possibles, on comprend combien le traitement doit être sérieux. La première précaution à prendre consiste, à empê- 1 cher l’entrée et le séjour de l’air dans, la cavité de l’articulation, car sa présence seule peut entraîner de graves accidents. Pour cela, après s’être assuré qu’il n’y a pas de corps étranger et l’avoir extrait, s’il y en aun, avec les plus grandes précautions, on réunira les bords de la plaie avec des bandelettes agglutinatives de diachylon ou mieux de taffetas Marinier - et si les bords sont trop écartés, par des points de suture; puis, on entourera l’articulation de charpie ou de ouate, maintenue par un bandage roulé, et on placera le membre dans une gouttière pour le maintenir dans l’immobilisation absolue. Si malgré ces précautions l’inflammation survient, il faudra enlever tout le pansement (bande, ouate, bandelettes, points de suture) et, laissant toujours l’articulation dans l’immobilisation, on aura recours aux cataplasmes Eamilton, à l’irrigation continue de la plaie ; on fera observer la diète au malade, on lui fera prendre des boissons acidulées, et on lui administrera des préparations opiacées, sans oublier de toujours tenir le ventre libre à l’aide de purgatifs légers. Enfin si la suppuration s’est établie dans l’articulation, il faut ouvrir largement les abcès, pratiquer des contre ouvertures et appliquer des tubes à drainage pour empêcher le séjour du pus, pratiquer des injections antiseptiques et soutenir les forces du malade par l’usage du bon vin, des préparations de quinquina, du café et des grogs à l’eau de vie.

Disons en terminant que dans les cas de plaies pénétrantes par une balle, lorsque ceUe-ci est perdue dans l’articulation après avoir occasionné de graves désordres, telles que broiement des extrémités osseuses, déchirure des nefs et des vaisseaux principaux du membre, il ne faut pas hésiter à avoir recours à l’amputation ou à la résection.

D' Paul Labarthe.

ARTIFICIERS (Hygiène professionnelle). — (V. Poudre.)

ARTISTES ET GENS DE LETTRES (HygiéM professionnelle). — (V. Chanteurs, Gens de lettres, Peintres, Sculpteurs.)

ARUM. — Plante herbacée, de la famille des aracées, nommée aussi gouet, pied de veau, herbe à pain, qui croît dans les lieux humides et ombragés. Les feuilles sont d’un beau vert, grandes et longuement pétiolées, souvent parsemées de taches noires; les fruits sont de petites baies rouges rangées en épis ; le rhizome est un tubercule blanchâtre, féculent, et s’employait autrefois en médecine.

Cette racine contient, à l’état frais un suc laiteux

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