ASSISTANCE PUBLIQUE
L’inégalité de répartition de la richesse est une nécessité inhérente à la nature humaine; aussi se retrouve-t-elle dans tous les temps comme dans tous les pays. Il y a eu et il y aura toujours des pauvres et des .riches parce quC) dans l’agglomération de l’espèce humaine, U se rencontrera toujours des êtres plus ou moins forts, plus ou moins intelligents, plus ou moins sobres, plus ou moins laborieux. La civilisation, si parfaite qu’on la rêve, ne supprimera jamais ces contrastes; mais ce qui est du moins en son pouvoir, c’est d’alléger le malheur d’ici-bas et d’améliorer le sort du plus grand nombre. Tel est le but de l’assistance publique, dont
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l'objet est de donner satisfaction à tout besoin légi- j time, aide à toute faiblesse, secours à tout malheur, j remMes a toute maladie, soins et asüe à toute infir- | mité, protection a tout droit. D’où la classification | suivante : bureaux de bienf aisance, hospices, méde- j cine gratuite, hôpitaux ou asiles d’aliÈTiés, assistance j judiciaire. On peut donc définir avec raison l’assistance publique l’or^nisation des secours que l’Etat, c’est-à-dire la manière abstraite de considérer la nation, doit à ceux de ses membres qui sont abandonnés à eux-mêmes, dénués de toute ressource et privés i de tout soutien. Certains économistes ont nié le droit à l’assistance et leur doctrine est ainsi formulée :
« La société ne doit aucun secours à ses membres ; en se réunissant à l’association, chacun est censé y apporter ses moyens d’existence. » Cette appréciation théorique pourrait-elle être d’accord avec les sentiments généreux qui nous sont inspirés par les grands devoirs de solidarité que nous avons à remplir à l’égard de nos semblables, indigents, malades ou vieillards.
11 est, d’ailleurs, à considérer qu’en matière d’assistance, l’Etat n’a mission d’intervenir qu’à défaut de la famille, ou de la bienfaisance privée. Ce n’est que si l’une et l’autre sont impuissantes à subvenir aux besoins auxquels il y a lieu de pourvoir que commencent les obligations de tous ceux qui composent l’association nationale, obligations restreintes d’abord à la commune ou au département, puis étendues, mais en cas de nécessité seulement, à l’Etat lui-même. La bienfaisance publique doit donc voir en la charité privée un précieux auxiliaire et non point une rivale. Leur action simultanée se conciliera sans se confondre et, delà sorte, aucune souffrance ne restera oubliée. Comme l’a dit A. Thiers, dans son rapport sur l’assistance publique en 1849 :
« S’il faut pour soulager la misère la bienfaisance individuelle, il faut aussi la bienfaisance publique, car l’une et l’autre, dans leur plus grande extension, dans leur plus vif élan de bonté, suffiront à peine non pas à supprimer la misère, mais tout- au plus à la diminuer. Il y a des maux isolés, accidentels, auxquels la bienfaisance privée est chargée de renïédier avec ses mouvements spontanés et délicats ; il est des maux généraux, affectant des classes entières, auxquels il faut appliquer la bienfaisance collective et puissante de tous, c’est-à-dire la bienfaisance de la société elle-même , l’assistance publique en un mot. »
Appliquant la maxime édictée, dès 567, par le concile de Tours : Quæque civitas pauperes alito, la Constitution de 1791 proclama le droit à l’assistance pour tous les indigents. Un décret du 19 mars ,1793 mit l’entretien des pauvres à la charge des communes et prescrivit l’organisation d’une part de travaux pour les indigents valides et, d’autre part, de secours pour soins à donner aux vieillards et aux infirmes. C’était là l’établissement du système de I assistance obligatoire , svstème dont les charges turent encore accrues par la loi du 24 vendémiaire an 11. CeUe du 7 frimaire an V vint affecter à la bienfaisance une ressource spéciale par le prélèvement du aro^^ des pauvres sur les spectacles et institua les bureaux de bienfaisance flans les chefs-lieux de canton, qui étaient alors le siège de l’administration
des communes. La Constitution de 1848 contient, dans son article 8, l’affirmation suivante : « La République doit, par une assistance paternelle, assurer l’existence des citoyens nécessiteux, soit en leur procurant du travaü dans la limite de ses moyens, soit en donnant, à défaut de la famille, des ressources à ceux qui sont hors d’état de travailler. » D’importantes études furent, à cette époque, préparées sur les diverses questions d’assistance, des crédits furent votés pour faciliter les secours. De ces études sortirent la loi du 7 août 1831 sur les hospices, celle sur les logements insalubres, celle sur l’assistance judiciaire, etc.
Malgré la prescription inscrite dans la loi du 19 mars 1793, restée, d’ailleurs, sans application, l’assistance publique est demeurée facultative, ce qui signifie que l’administration est toujours libre d’accorder ou de refuser le secours. Deux dérogations à ce principe ont été seules établies, par des législations spéciales, en faveur des enfants trouvés et des aliénés indigents; mais ces exceptions ont été motivées par des considérations d’ordre public. L’assistance obligatoire serait au surplus la mise en pratique d’un système qui, s’imposant à tous au nom dé la loi, ferait de l’indigence un droit et du secours une dette. Il ne deviendrait pas moins fatal aux indigents qu’à l’État lui-même, puisqu’il aurait pour double conséquence : l’augmentation des dépenses publiques ; la démoralisation de la partie de la popidation qui compterait pour subsister sur les secours de l’État plus que sur les produits de son travail. L’Angleterre a appliqué en grand ce système en instituant la taxe des pauvres, et la misère y a grandi avec l’accroissement des sommes dépensées pour lutter contre elle.
L’assistance publique est gréwéraZe, départementale ou communale, selon les autorités cfiverses dont elle émane ; elle se donne à domicile ou dans les hôpitaux ou hospices.
Assistaiice générale. — Le ministère de l’intérieur, dans les attributions duquel est placée l’organisation de l’assistance publique, ne se borne pas à exercer des fonctions de haute direction et de surveillance générale sur tous les points du pays ; il a, de plus, l’administration immédiate de certains grands établissements, dénommés établissements généraux de bienfaisance et créés dans un but spécial d’enseignement, d’humanité ou de philanthropie. Ce sont ; l’hospice national des Quinze-Vingts, la maison nationale de Charenton, l’institution nationale des Jeunes Aveugles, les institutions nationales des sourdsmuets de Paris, de Chambéry, des sourdes-muettes de Bordeaux, les asiles nationaux de Vincennes et du Vésinet, l’hospice national du mont Genèvre. Ces établissements ont reçu le titre de généraux, parce qu’ils sont ouverts à tous les Français sans condition de domicile et ne relèvent que de l’État. En raison de leur caractère de généralité et de leur destination spéciale, ils constituent une exception à la règle ordinaire d’après laquelle l’indigent, pour être apte à participer aux secours soit de la commune, soit du département, doit justifier qu’il y possède le domicile de secours.
Le ministère de l’intérieur soutient aussi par des subventions un grand nombre d’autres établisse-
ments de bienfaisance et des œuvres de charité. ii accorde, en outre, des secours personnels dans certains cas particuliers, soit en argent, soit par voie de nomination à des places qui lui sont réservées dans quelques hospices. Rentrent également dans le système d’assistance générale, les allocations extraordinaires concédées à la suite d’inondations ou autres désastres accidentels qui viennent à se produire sur quelque point du territoire.
Assistance départementale. — Les fonds départementaux ont à supporter une part des dépenses de l’assistance. La réparti^on qui intervient à cet égard est réglée par les conseils généraux sur la proposition des préfets. C’est ainsi que les fonds départementaux doivent pourvoir spécialement aux seuls secours obligatoires existant en France et qui, comme nous l’avons dit précédemment, sont alloués aux aliénés indigents et aux enfants trouvés qui tombent de droit à là charge des départements. Certains établissements d’assistance , tels que maisons de retraite, colonies agricoles, refuges, dépôts de mendicité, monts-de-piété, peuvent de même être créés à l’aide des ressources départementales. Quelques institutions de bienfaisance (crèches, sociétés de charité maternelle) reçoivent des subsides prélevés sur ces ressources et alloués à titre de participation du département aux charges annuelles de ces œuvres.
Assistance communale. — C’est surtout dans la circonscription territoriale de la commune que l’assistance publique doit être organisée. Là,- devenant personnelle et directe, elle impose au pouvoir municipal dont elle relève de grands devoirs à accomplir ; mais l’administration y doit limiter le plus possible le cercle de son actien bienfaisante en stimulant et en favorisant le développement de la charité privée qui lui sera d’un précieux concours. L’assis- . tance municipale doit avoir un caractère tout particulier d’opportunité et de sévérité dans la distribution de ses secours : d’opportunité, puisque tout malheur extrême réclame un prompt soulagement ; de sévérité, car un bienfait mal placé par l’autdrité corrompt et celui qui le reçoit et beaucoup de ceux qui le voient attribuer.
Les hôpitaux et hospices d’une part et les secours à domicile d’autre part constituent les deux principales branches des secours publics. Chacune d’elles a son administration séparée et jusqu’à un certain point indépendante de l’administration municipale : il n’existe à cette dernière règle qu’une exception s’appliquant à la ville de Paris et résultant de l’organisation exceptionnelle introduite par la loi du 10 janvier 1849 qui y a établi, pour la première fois, une administration générale de l’assistance publique.
Antérieurement à cette loi, l’administration des hospices de Paris était confiée à un conseil général présidé par le préfet de la Seine et composé de membres gratuits choisis parmi les notabilités principales de la cité. .Au-dessous de ce conseil était placée une commission exécutive, rétribuée, chargée de l’administration spéciale des divers établissements. Dans chaque arrondissement, la distribution des secours à domicile était confiée à un bureau de bienfaisance présidé par le maire et placé sous la direction du préfet, le conseil des hospices n’exerçant qu’une mission de surveillance à l’égard de ces ad¬
ministrations locales. D'après l’organisation nouvelle
les divers services sont concentrés entre les mains d’un directeur responsable administrant à la fois les hospices et hôpitaux appartenant à la ville de Paris les services départementaux des aliénés et des enfants trouvés, les secours à domicile distribués par l’intermédiaire des bureaux de bienfaisance. Ce directeur relève du préfet de la Seine et du ministre de l'intérieur ; ses actes sont soumis à la surveillance d’un conseil 'dont la composition a été déterminée; par un règlement d’administration publique en date du 24 avril 1849. (y. Aliénés, Aveugles, Bureaux de bienfaisance. Enfants trouvés. Hospices et hôpitaux Médecine gratuite. Sourds-muets.)
Trigant de Beaumont,
Licencié en droit, Sous-chef de bureau au ministère de l’intérieur.
ASTHÉNIE. — (Voyez Abattement.)
ASTHÉNOPIE. — Nom donné par les oculistes à une affection caractérisée par l’impossibilité de regarder longtemps des objets petits et rapprochés; alors même que ces objets sont tout d’abord vus distinctement, et que les malades ont la faculté de regarder les objets grands et éloignés plus longtemps. On l’a aussi appelée ; Affaiblissement de la vue, vision affaiblie, hébétude de la vue, amaurose musculaire, disposition à la fatigue desyeux, etc.
L’asthénopie se présente avec des caractères qui la font promptement reconnaître ; elle atteint généralement de jeunes sujets, entre vingt et quarante ans, qui ont exercé longtemps les yeux sur des objets petits ; elle se développe d’autant plus promptement, que les individus appliquent les yeux un plus grand nombre d’heures, chaque jour, sur un ouvrage minutieux.
Les phénomènes accusés par tous ces malades sont toujours les mêmes; à leurs premières paroles, on devine la nature de l’affection. Ils se plaignent communément d'avoir les yeux promptement fatigués dès qu’ils travaillent. Dans les premiers temps, ils peuvent travailler toute la journée sans en ressentir de grands inconvénients : déjà alors le travail du soir est pénible; ils sont obligés de s’arrêter de temps en temps, pour donner quelques minutes de repos aux yeux. Plus tard, le travail du soir devient plus fatigant ; ils sont contraints de l’interrompre plus fréquemment et plus, longtemps chaque fois. Ils vous disent généralement encore que, pendant les premiers jours de la semaine, après le repos de la journée du dimanche, le travail se fait sans trop de difficulté; à partir du troisième jour, commence la fatigue, celle-ci augmente de plus en plus, et les deux derniers jours de la période hebdomadaire sont très pénibles. A une période plus avancée, la fatigue survient de jour aussi bien que le soir. Après deux heures, quelquefois une heure de travail, le sujet est obligé de s’arrêter court; la vue se trouble, il a des picotements dans les yeux, une sensation de constriction aux tempes, des douleurs sur le trajet des branches pé-ri orbitaires de la cinquième paire. Après quelques minutes de repos, accompagné de clignements rép»"
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lés, il peut reprendre son travail, jusqu’à ce qu’une tnouveUe fati^e l’interrompe de nouveau.
Si on examine l’état de la vision chez un asthénope, on reconnaît qu’au début la vision a conservé son acuïLé normale. Plus tard, l’acuïté de la vision a manifestement diminué. Dans le premier cas, l’asthénope lit les caractères d’imprimerie les plus j fins; dans le second, il ne lit que des caractères plus gros. Dans l’un et l’autre cas, les mots ne sont j lus distinctement que pendant un temps très court. - Après quelques lignes de lecture, la vue se brouille tellement, qu’il est impossible de continuer; l’astbénope ferme les yeux pour reposer quelques instants ces organes, et peut reprendre la lecture, qui est bientôt interrompue de nouveau par la confusion des caractères imprimés. Au début, la faculté dite
accommodation persiste au plus haut degré ; si on présente à lire des caractères d’imprimerie de grandeur ordinaire, l’asthénope les voit distinctement dans une étendue qui peut aller jusqu’à 20 centimètres; ainsi ii les lit depuis la distance de 36 centimètres jusqu’à 12 par exemple. Plus tard, il perd la faculté déliré entre des distances aussi étendues; la vision distincte reste dans .des limites plus restreintes.
La portée de la vision varie, du reste, chez les divers sujets. 11 en est de myopes; d’autres ont de
Y hypermétropie; d’autres encore sont emmétropes. (V. ces divers mots dans le Dictionnaire). Lorsque l'asthénopie est le résultat de la myopie ou de
Y hypermétropie, on la fait disparaître quelquefois avec des verres concaves ou convexes; mais, tout en rétablissant la réfraction normale de l’œil, l’asthénopie peut persister. Chez quelques asthénopes, il existe une hyperesthésie de la rétine; la lumière du grand jour, celle de la flamme d’une lampe fatiguent. Il en est qui, pour lire de petits caractères d’imprimerie, clignent ou passent la main au-dessus des yeux en guise d’abat-jour. Dans tous les cas d’asthénopie essentielle, on ne découvre aucune altération ni des milieux réfringents, ni des membranes profondes de l’œil.
Lorsque l’asthénopie existe à un faible degré, que l’on peut éloigner les causes qui la produisent, on en obtient la guérison. Le plus souvent, ces causes persistent, parce que les sujets affectés sont obligés de continuer les travaux qui ont donné lieu au mal. Celui-ci fait des progrès incessants; les asthénopes luttent en vain contre la fatigue croissante delà vision. Les médications de toutes sortes sont impuissantes à prévenir cette fâcheuse terminaison. Il arrive un moment où une véritable impuissance de l’appareil nerveux optique force les sujets à changer leurs occupations. Quelques-nns ont la malheureuse idée de s’adresser à un opticien qui leur donne des verres convexes. Il en résulte parfois un soulagement momentané, qui ne tarde pas à être suivi d’une recrudescence du mal. Finalement, il arrive un moment où tout travail d’application sui- \ie des yeux deident impossible, et des ouvrières, qui, pendant plusieurs années, se sont adonnées au travail de la broderie ou à la piqûre du linge blanc, sont contraintes de renoncer entièrement à leur profession.
L asthénopie se piontre de préférence chez les su-
DiCTIOXSAIRE POPCLAIRE de médecine üStJELIE.
jets pâles, mal nourris, d’une constitution délicate, qui mènent ,une 'sie sédentaire et auxquels il manque à la fois de l'air et de l’exercice ; qui appliquent les yeux à un travail fatigant, par conséquent plus spécialement les teneurs delivres, les tarUeure, les horlogers, les dessinateurs, les graveurs, les compositeurs d’imprimerie, les couturières, les gens de lettres, les savants adonnés aux travaux microscopiques. La même affection se rencontre, à l’âge de la puberté, chez les jeunes gens que l’on force à faire des études continues. EUe atteint les adultes qui ont trop exercé les yeux pendant le cours de la convalescence d’une maladie aiguë. Les excès vénériens, la spermatorrhée, l’onanisme, en affaiblissant l’organisme, donnent lieu à l’asthénopie. Une cause, dont l’action ne saurait être prise en trop grande considération, est le travail prolongé des yeux à la lumière artificielle, et surtout à une lumière insuffisante.
L’asthénopie légère, récente, guérit rapidement par le repos de l’organe, une médication appropriée à l’état général du malade. Celle qui est très marquée, qui existe depuis des années, résiste le plus souvent avec opiniâtreté à toute espèce de médication.
La première condition, pour obtenir une guérison, c’est de condamner les yeux au repos. On recommande aux personnes qui appliquent la vue sur de petits objets , de reposer les yeux chaque fois qu’elles se sentent fatiguées; c’est plus particulièrement aux gens de lettres, aux dessinateurs, aux graveurs, aux couturières que ce conseil doit être donné. Il en est de même pour les enfants, quand ils sont arrivés à l’âge où ils s’appliquent longtemps à lire et à écrire. L’asthénopie est-eUe arrivée à un degré plus avancé, il faut que le malade renonce aux travaux sur de petits objets; c’est une grande difficulté pour certaines personnes qui sont obligées de gagner leur vie avec une profession à laquelle elles se sont adonnées pendant des années. On recommande de s’abstenir de toute espèce de travail des yeux le soir, à la lumière artificielle; si cela ne se peut, on corrige l’effet produit par la mauvaise couleur de la lumière, au moyen d’un réflecteur opaque, coloré en bleu à l’intérieur, et placé audessus et autour de la flamme. C’est dans le même but qu’on prescrit des lunettes à verres fumés. Lorsque l’asthénopie est au début, des lotions d’eau froide pratiquées sur les yeux, au moment où la vue se trouble, procurent un grand soulagement. On fait baigner les yeux dans une solution astringente très faible, s’il existe des phénomènes de congestion du côté des membranes profondes de l’œil.
On prévient et on combat la constipation par une médication purgative douce.
L’asthénopie cède, chez un certain nombre de sujets, à un traitement tonique et stimulant. Le vin de quinquina, les préparations ferrugineuses, les douches d’eau froide sur la région orbitaire, des onctions sur la même région avec des liniments spiritueux, tels que celui-ci :
j à parties égales.
Baume Fioraventi . .
Alcoolat de Lavande.
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ou avec une pommade au sulfate de strychnine d’après la formule suivante :
Sulfate de strychnine .... 10 a 20 centigrammes.
Vaseline . 10 grammes.
rendent de grands services. On se trouve bien aussi d’une nourriture animalisée, de l’usage de vins généreux a dose modérée, de bains de rivière ou d’un traitement hydrothérapique régulier, du séjour et de l’exercice à la campagne. L’instillation de Y extrait de fève de Calabar m’a procuré une amélioration passagère, dans quelques cas d’asthénopie invétérée. L’électrisation de l’œil ne m’a donné aucun résultat. Les verres convexes conseillés par certains oculistes, ne conviennent, dans l’asthénopie, que lorsque celle-ci est accompagnée à’ hypermétropie.
Quelques ophthalmologues, considérant l’asthénopie comme une maladie de l'accommodation (V. ce mot), et admettant que celle-ci est sous l’influence du muscle ciliaire, qui cesse alors de remplir normalement ses fonctions, ont proposé l’emploi des mydriatiques. Ceux-ci aggravent le mal au lieu de l’améliorer.
La section des muscles de l'œil a donné parfois de bons résultats^ dans certaines asthénopies : il en est qui ont coupé le muscle oblique inférieur ; d’autres les muscles droits. Rappelons aussi que, dans certaines asthénopies par insuffisance de contraction du muscle droit interne de l’œil, on a pratiqué la section du muscle droit externe. J’ai pratiqué avec succès la section de l’adducteur, dans les asthénopies par excès d'action de ce muscle. D' fano,
Professeur agrégé de la Faculté de Médecine de Paris, Chirurgien-directeur de l’Institut ophtalmique.
ASTHME. — Le public qualifie habituellement d’asthmatique tout individu qui souffre d’accès répétés de suffocation, quelles que soient d’ailleurs la cause et la forme de ces accès. C’est ainsi que tous les vieillards essoufflés par suite d’une hypertrophie ou d’une dégénérescence graisseuse du cœur, d’un cata.rrhe pulmonaire, etc., sont affligés d’un asthme : et comme ces formes de dyspnée sont fréquentes précisément dans la vieillesse, que la gravité des accidents n’est pas en rapport en somme avec leur intensité, l’asthme a été considéré comme constituant, pour ainsi dire, un brevet de longue vie.
C’est la une vue erronée. On admet aujourd’hui que l’asthme est une névrose du nerf pneumogastrique, principalement caractérisée par des accès subits et intermittents d’une dyspnée spéciale, produite par un spasme des muscles des bronches et des muscles inspirateurs qui restent convulsés pendant toute la durée de l’accès, tiennent les poumons dans un état constant de dilatation, et font que l’air s’y renouvelle très difficilement et en très petite quantité.
Il peut être idiopathique, c’est-à-dire exister chez des individus n’offrant aucune lésion organique appréciable ou symptomatique des maladies du cœur et du poumon, sans que les lésions de ces maladies puissent
rendre compte de la forme et de la brusque apparj tion des attaques. C’est à propos de Yemphysème pulmonaire qu’on décrira cette forme d’asthme ou mieux de dyspnée, très commune chez les vieillards où l’on observe souvent cette triade : catarrhe bronchique, emphysème, hypertrophie du cœur Le catarrhe ayant amené l’emphysème, et les troubles de la petite circulation ayant développé une hypertrophie complémentaire.
L’asthme s’observe dans toutes les classes de la société, un peu plus souvent chez les gens riches. Les hommes y sont plus prédisposés que les femmes • pour ce qui concerne l’âge, sur 153 cas cités par Salter, il y en avait 1/4 chez des enfants de moins de 10 ans, les 3/5 des cas s’étaient manifestés chez des gens au-dessous de 40 ans. Presque toujours l’asthme est sous la dépendance d’une diathèse et de l’hérédité, et Trousseau a eu raison d’écrire : « Dartres, rhumatismes, goutte, hémorrhoïdes , gravelle, migraine, sont des affections que l’asthme peut remplacer, et qui réciproquement peuvent remplacer l’asthme ; ce sont des expressions différentes d’une même diathèse. » 11 n’est pas rare de voir un père goutteux donner naissance à des enfants qui, dès leur jeune âge, auront des migraines et des hémorrhoïdes et qui, plus tard, seront atteints de gravelle, d’asthme ou de goutte. Le froid, le vent, les variations de la température, le simple fait de changer d’air, de passer môme d’une pièce dans une autre, suffisent pour provoquer des accès.
Yoici la description rapide, mais suffisamment complète des accès d’asthme.
Dans le plus grand nombre des cas, le malade, qui s’est couché d’ordinaire avec un peu de malaise, est réveillé dans son premier sommeil par un sentiment d’angoisse. 11 essaie de se rendormir, y parvient quelquefois, mais ne tarde pas à être arraché définitivement au sommeil par une anxiété poignante. Se sentant suffoqué, il se met sur son séant, puis bientôt se précipite vers la fenêtre, l’ouvre, se penche au dehors pour aspirer l’air à pleins poumons. Mais ce désir ardent, cette soif d’air ne peuvent être satisfaits : la poitrine est immobilisée dans une inspiration convulsive, le diaphragme abaissé au maximum, l’accès est établi. La poitrine est pleine d’air, mais d’air non renouvelé, et c’est pour en introduire que le malade fait tout son possible pour forcer encore l’inspiration. Souvent, il se laisse tomber sur un siège, et, le corps incliné, les bras fixés en avant, les yeux brillants, parfois pleins de larmes, la face couverte de sueur, on le voit se cramponner et tendre, comme des cordes, les muscles du cou dans un effort désespéré. Enfin, il réussit à faire pénétrer un peu plus d’air, et, à cette inspiration si effroyablement pénible, succède une expiration prolongée, sifflante, avec un bruit de piaulement qui s’entend à distance, expiration qui s’accomplit elle-même avec la plus grande difficulté, et peut durer quatre fois plus longtemps que l’inspiration. Parfois, on ne compte pas plus de neuf à dix mouvements respiratoires par minute : c’est dans des cas exceptionnels et plutôt sur la fin de l’accès que le chiffre normal est dépassé.
Au bout d’un temps variable, une heure, deux ! heures, quelquefois plus, la toux se produit d’abord
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sèche, bientôt suivie d’une expectoration, assez abondante, quand la crise a été longue et intense. Les crachats se présentent sous forme de petits amas consistants, comme de l’amidon cuit, d'une couleur pâle et du volume d une lentille ou d’un pois ; parfois ils ressemblent à du vermicelle cuit. A l’examen microscopique, on y a trouvé entre autres choses, de petits cristaux; octaédriques (cristaux de Charcot ou de Leyden), d’une substance protéique mal connue, auxquels on a voulu, à tort, attribuer une influence sur la production des phénomènes de l’asthme, par irritation supposée de la muqueuse. On y a constaté aussi, dans certains cas, la présence de cristaux d’oxalate de chaux.
La ■percussion permet de constater partout une sonorité exagérée, surtout au sommet quand l’emphysème s’est produit. A Vauscultation on observe l’affaiblissement, en certains points, la suspension complète du murmure vésiculaire; puis presque partout des ronchus sonores, sifflants surtout, auxquels se mêlent bientôt des râles sous-crépitants, à bulles humides, réelles, indices de la sécrétion bronchique. La détente commence alors à se produire, les phénomènes s’atténuent de plus en plus et le malade brisé, s’endort enfin pour se réveiller en assez bonne santé. L’accès dure trois à quatre heures, quelquefois deux heures seulement, et peut se prolonger pendant six heures. 11 en survient parfois cinq ou six autres pendant cinq à six nuits de suite, l’ensemble constituant une attaque au bout de laquelle l’asthmatique est tranquille pouf un temps variable.
L’asthme nerveux peut se terminer par la guérison. Mais trop souvent il persiste et provoque peu à peu le développement d’un emphysème pulmonaire ordinairement compliqué de catarrhe; le développement peut avoir lieu dans l’ordre inverse. Quoi qu’il en soit, primitif ou non, le catarrhe avec emphysème se complique souvent, chez les vieillards surtout, d’une hypertrophie du cœur. Ces phénomènes ont d’ailleurs une évolution très lente et il est très vrai que les asthmatiques, avec leurs suffocations effroyables, arrivent fréquemment au terme à peu près normal de leur existence.
Le diagnostic est en général facile. On ne peut vraiment pas confondre, ni avec le spasme de la glotte ni avec les convulsions toniques du diaphragme observées parfois chez les hystériques; les phénomènes pulmonaires font défaut dans ces deux cas. Le grand point est de reconnaître s’il s’agit d’un asthme nerveux pur, ou s’il y a complication ' de maladies du poumon ou du cœur. Au moment de l’accès, le diagnostic est parfois très difficile, le grand vacarme qui se fait dans les bronches ne permettant pas de saisir les bruits caractéristiques. Pourtant dans Yemphyshne bien établi, on constatera une exagération plus considérable de la sonorité et smtout la voussure de la poitrine au niveau des c avicules. Mais le diagnostic s’établira surtout dans intervalle des accès, où l’on constatera chez l’as nmatique simple, à ses débuts, l’intégrité du ^ur et du poumon, chez l’autre au contraire, des oimles permanents, avec bruits caractéristiques e la respiration ou de la circulation ou des deux ensemble.
Le traitement de l’asthme peut se diviser en deux parties : V tp^aitemext de l’accès, 2° TP^ArrEMEsr es
DEHORS DE l’aCCÊS.
Pesdast l’accès, — et dans le plus grand nombre de cas, c’est à ce moment que le médecin est appelé. — n faut, si c’est la nuit, allumer de la lumière dans la chambre du malade, donner de l’air à la pièce en ouvrant les fenêtres, débarrasser le cou et la poitrine du patient de tout vêtement pouvant gêner ses mouvements respiratoires, tenir sa tête haute sur les oreillers. S’il y a congestion, appliquer des sinapismes aux membres inférieurs, du papier Wlinzi ou des ventouses sèches sur la poitrine; brûler dans la chambre des papiers antiasthmaticpies et faire fumer au malade des cigares nitrés à dose de datura stramonium, de belladone (Trousseau) de lobélie, de cannabis indica (Jaccoud), de digitale, etc. [Papier et cigares antiasthmatiques de Benjamin Barrai, cigarettes indiennes de cannabis indica de Grimault, cigares Gicquel, etc., etc.). Plusieurs auteurs vantent la valériane (Yalérianate d'ammoniaque de Fier lot). Lorsque l’accès est un peu intense, le professeur Germain Sée recommande fortement les inhalations d’iodure d’Ethyle dont il fait respirer 10 gouttes trois ou quatre fois pendant l’accès; M. Bouchut est partisan du chloral (Chloral perlé Limousin) administré au moment du spasme. Dans les cas extrêmement graves, je ne connais pas de meilleur moyen pour calmer la crise qu’une injection hypodermique de chlorhydrate de morj3hine.
En DEHORS DE l’accès, il faut chercher à obtenir la guérison de la névrose elle-même. Dans ce but, Viodure de potassium employé en Amérique par Horace Green, dés 1860, a été expérimenté en France par divers médecins. Mais nul ne l’a fait avec plus de soins et plus de succès que le professeur Germain Sée, qui a exposé en 1878, devant l’Académie de médecine, le résultat de ses recherches. 11 les a commencées en 1869, et presque toujours, grâce à l’emploi continu du médicament, il a obtenu la guérison. Les doses sont de 1 à 2 et 3 grammes par jour. Le Sirop de Laroze à Viodûre de potassium et aux écorces d'oranges amères, à la dose d’une cuillerée à soupe avant chacun des deux principaux repas, constitue la meilleure manière de prendre ce médicament. On donne de temps en temps 0,05 centigrammes d’extrait thébaïque par jour contre l’iodisme.
L’iodure de potassium constitue la partie active de plusieurs remèdes secrets, tel Y Elixir de Green, tel l'Élixir d'Aubrée, composé du sel en question dissous dans une décoction de polygalia, avec de la teinture de lobélie, du camphre et de l’opium.
On peut employer aussi d’une façon prolongée, les médicaments indiqués plus haut pour le traitement de l’accès.
Enfin, il faut s’attaquer à la diathèse sous l’influence de laquelle l’asthme semble se trouver. Le soufre exerce une heureuse influence chez les asthmatiques sujets aux dartres. D’après Trousseau « l’indication du soufre paraît précise, son utilité incontestable alors que l’asthme est lié à la diathèse herpétique. » Parmi les malades de ces catégories, bon nombre de médecins obtiennent des succès
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réels en administrant le Sulfureux Pouillei, à la dose ] d’une petite mesure tous les matins dans un peu de lait. L’arsenic, administré sous forme d’arséniate de soude, à la dose quotidienne de 1 à 6 milligrammes, réussit aussi dans les cas où l’asthme semble lié à la diathèse herpétique. Les eaux de la Bourboule et de Royat sont aussi très efficaces. Enfin, le fer est indiqué chez les asthmatiques anémiques.
Quant au régime que devront suivre les asthmatiques, il se résume en ceci : éviter les variations brusques de température, fuir le froid trop vif aussi bien que la chaleur trop forte; vivre autant que possible dans une atmosphère toujours égale; porter des vêtements de laine, pratiquer des frictions sèches sur le corps, se livrer à un exercice modéré au grand air, dans des endroits abrités contre le vent et la poussière ; ne pas faire usage d’aliments excitants et ne pas oublier que le vin pur, le café, les liqueurs, leur sont absolument contraires.
D'' A. L. Labarthe. père.
ASTICOTS (FABRIQUE D’) Hygiène publique. — On
appelle asticots, des vers naissant des œufs déposés par certaines mouches sur des débris de viande qu’on laisse pourrir en plein air, par couches de 20 centimètres d’épaisseur, légèrement recouvertes de paille. Les asticots constituent un excellent appât pour la pêche à la ligne, mais ils inspirent une grande répulsion, due à l’odeur repoussante qu’ils exhalent et à la matière visqueuse dont ils sont imprégnés. On peut les débarrasser de cette dernière en les mettant pendant quelques jours dans des vases remplis de son. Les asticots servent encore à engraisser les oiseaux de basse-cour et les faisans.
La fabrication des asticots est une industrie véritablement insalubre, à cause des émanations infectes qu’elles produit d’une façon permanente. Lorsqu’on les fabrique dans les clos d.’éqnarissage, les fabricants sont tenus à toutes les prescriptions hygiéniques relatives à cette industrie (V. équarissage). Dans le cas où les asticots sont fabriqués dans un local attenant à des maisons habitées, il faut avoir soin de ventiler la pièce ou la cour où sont les couches ; de ne remuer celles-ci que pendant la nuit; de laver souvent le sol où elles reposent avec de l’eau chlorurée, ainsi que les baquets dans lesquels on transporte les asticots. pacl labarthe.
ASTIGMATISME. — On désigne sous ce nom un trouble de la vue occasionné par une différence dans la réfraction des rayons lumineux qui traversent les divers méridiens de l’œil.
En considérant l’œil comme une sphère, on est convenu d’appeler méridiens les plans qui passent en divers sens par l’axe optique, c’est-à-dire par la ligne qui s’étend, dans un sens antéro-postérieur, du centre de la cornée au centre de la rétine. Le plan qui passe verticalement par cet axe est le méridien vertical; celui qui passe horizontalement par le même axe est le méridien horizontal. Les divers plans qui tombent obliquement sur cet axe sont autant de méridiens obliques.
Pour que la vision soit nette, il faut que tous les jayons lumineux émanés du même point d’un objet
se réunissent sur le même point de la rétine qui est la membrane sentante de l’œil. Or, parmi ces rayons il en est qui traversent, les uns le méridien vertical’ d’autres le méridien horizontal, d’autres les méridiens obliques de l’œil. Si la réfraction à travers le méridien vertical est plus considérable que la réfraction à travers le méridien horizontal, ou bien encore à travers les diamètres obliques, les rayons qui passent par le premier méridien se réunissent plus rapidement que ceux qui traversent les autres L’image sur la rétine cesse d’être nette. L’expression astigmatisme est très juste, puisqu’elle signifie que les rayons lumineux provenant d’un point et traversant toute l’aire de la pupille, ne convergent pas en un point unique dans l’intérieur de l’œil.
L’astigmatisme comprend deux variétés : Yirrégulier et le régulier. Nous ne mentionnons la première variété que pour mémoire. Dans l’astigmatisme régulier, la différence porte sur des méridiens divers, vertical, horizontal, obliques, de tout le système dioptrique de l’œil, c’est-à-dire que la réfraction des rayons lumineux qui passent à travers un de ces méridiens, le vertical par exemple, et dans toute l’étendue d’avant en arrière des milieux réfringents, est plus prononcée que dans le sens d’un autre diamètre, soit l’horizontal, soit l’un des obliques.
L’astigmatisme est fréquent, à tel point que peu de sujets, jouissant même d’une bonne vision, n’en sont pas atteints à un certain degré.
L’astigmatisme résulte le plus souvent d’une conformation anormale de l’œil, notamment de la cornée, dont les divers méridiens n’ont pas le même degré de courbure. 11 est d\.OY?> congénital. Il se rencontre parfois chez plusieurs enfants nés de mêmes parents. Il est plus fréquent chez l’homme què chez la femme. Il occupe tantôt les deux yeux, tantôt un seul œil.
L’astigmatisme est caractérisé par des troubles visuels particuliers. Lorsqu’il existe une différence de courbure des deux méridiens vertical et horizontal de la cornée, les lignes verticales paraissent allongées et terminées par des cercles de diffusion; les lignes horizontales paraissent allongées dans le sens transversal et terminées aussi par des cercles
Fig. 119.
de diffusion. Tous ces cercles de diffusion empiètent sur les parties plus nettes de l’image, et ceUe-ci devient confuse. C’est ce qu’il est facile de reconnaître, en regardant à travers un verre cylindrique, positif ou négatif (expérience qui met un œil sain dans les conditions d’un œil astigmatique), tourné en divers sens, des barres noires verticales et des barres noires horizontales placées les unes à côté ou au-dessous des autres [fig. 119). Si on regarde des caractères d’imprimerie, surtout des caractères gras, ces caractères deviennent illisibles.
On s’explique ainsi, comment certains astigmatiques ne peuvent reconnaître l’heure à une horloge,
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lorsque les aîguiEes sont verticales, tandis qu’ils le font facilement lorsque ces mômes aiguilles sont horizontales, ou vice versa.
L'astigmatisme présente des Tariétés ou formes, subordonnées au degré de réfraction absolu de chacun des méridiens de la cornée : astigmatisme myofique simple ou myopique composé; hypermétropique simple, ou hypérmétropique composé; astigmatisme mixte.
Pour reconnaître l’astigmatisme, il faut d’abord soumettre le sujet à l'épreuve de la vision des barres verticales et horizontales, que nous venons de men^ tionner. En cas d’astigmatisme, le sujet voit nettement les unes de ces lignes, et confusément les autres, parce que les premières restent séparées les unes des autres par des espaces blancs, tandis que les autres sont réunies par des ombres.
Pour arriver à une détermination plus précise, on emploie un moyen artificiel qui ne permet le passage, à travers la cornée, que des rayons tombant sur le méridien vertical ou sur le méridien horizontal. On fait regarder le sujet à travers une plaque percée d’une fente allongée, large d’un millimètre. Si la fente est horizontalement placée devant l’œil, celui-ci n’admet que les rayons lumineux passant à travers le méridien horizontal de la cornée ; si la fente est placée verticalement, les rayons tombant sur le méridien vertical de la cornée sont seuls admis dans l’œil.
Si l’un des méridiens de la cornée est dans les conditions normales, en plaçant la fente de la plaque parallèlement à ce méridien, le sujet voit nettementles barres verticales et horizontales, à la distance de la vision distincte ordinaire (30 centimètres). Si on tourne la plaque en sens opposé, de façon que la fente de la plaque soit perpendiculaire à ce méridien, la vision devient confuse.
L’expérience précédente permet de déterminer la forme de l’astigmatisme.
Pour corriger l’astigmatisme, on a recours à deux sortes de verres : 1° des verres cylindriques; 2° des verres sphériques noircis, avec un intervalle allongé conservé transparent, et correspondant au diamètre transversal du verre. Dr Fano.
âSTRâGâLE. — Nom donné par les anatomistes à un os du pied, de forme à peu près cuboïde, placé directement au-dessous des os de la jambe, (le tibia et le péroné), et comme enchâssé entre les deux malléoles ou chevilles du pied. Sa face supérieure
articule avec le tibia par une facette articulaire en forme de poulie, et ces deux os glissant l’un sur l’autre permettent le mouvement qui se produit à chaque pas pendant la marche et dans lequel le pied est tour à tour étendu ou fléchi sur la jambe, l. astragale est encore en rapport avec le calcanéum ^r sa face inférieure, avec le scaphoïde et le cuootde, avec lesquels ü s’articule. (V. Pied, tarse).
ASTRINGENTS. — Nous désignerons sous ce nom, avec Trousseau et Pidoux, un certain nombre de médicaments qui, appliqués sur la peau, les muqueuses ou une plaie récente, y déterminent un resserrement qui efface le diamètre des interstices
organiques et des vaisseaux, au point d’en expulser les liquides, d’y tarir les exhalations, d’y produire de la pâleur, du refroidissement et une sensatiuu hien connue de froncement et de condensation.
On divise les astringents en astringents végétacx ou en ASTRINGENTS MiNÉP,Acx. Parmi les premiers, nous citerons le tannin, la noix de Galle, Y écorce de chjene, le quinquina, le ratanhia, la grenade, la historié, le coing, Y ergot de seigle, le cachou, les feuilles de rose, Y eau de Léchelle, etc. Parmi les seconds, nous citerons le perchlorure de fer, le tarirate de fer et de potasse, le sulfate de zinc, Y acétate de plomb, le sous-nitrate de bismuth, Y alun, le sulfate d'alumine, le nitrate d'argent, le borate de soude, le chlorate de potasse, etc. (V. ces mots). P. L.
ATAVISME — (Voyez Hérédité).
ATAXIE LOCOMOTRICE PROGRESSIVE. - On
désigne ainsi une affection de la moelle épinière, appartenant au groupe des myélites chroniques et caractérisée anatomiquement par la sclérose (induration) rubanée des cordons postérieurs, — cliniquement par l’incoordination des mouvements volontaires.
Indiquée par Mutin (1827), puis par Monod (1832) en France, elle fut décrite avec plus de précision par Todd, en Angleterre (1847), par Ronsberg en Allemagne, sous le nom de tabes dorsalis, par Duchenne (de Boulogne) (1839), qui lui donna le nom sous lequel elle est inscrite ici. Mais la maladie ne fut bien connue qu’en 1862, lorsque, grâce aux progrès de l’histologie pathologique, MM. Charcot et Vulpian déterminèrent la lésion qui la caractérise.
La lésion fondamentale de l’ataxie locomotrice, c’est la sclérose des cordons postérieurs de la moelle. A l’œil nu, on constate, surtout dans la région dorsolombaire, la teinte grisâtre de ces cordons qui sont d’ordinaire un peu déprimés. Dans la région dorsale, les petits cordons intermédiaires ou bandelettes latérales (V. Moelle épmiè?'e)sont surtout atteints : c’est la seule lésion constante, dit M. Charcot ; on la trouve à toutes les périodes de la maladie ; seulement, il faut savoir la chercher là où elle est. Il y a souvent un petit cordon scléreux de chaque côté du sillon postérieur.
Parmi les lésions accessoires, il faut citer avant tout l’atrophie presque constante des racines postérieures. Le ganglion est induré ainsi que les nerfs périphériques. La substance grise des cornes postérieures peut présenter les mêmes altérations : les cellules nerveuses peuvent s’atrophier, subir une sorte de dégénérescence jaune, vitreuse. On peut observer l’atrophie des nerfs optiques, du nerf moteur oculaire commun, du nerf hypoglosse.
La pathogénie de l’ataxie locomotrice est extrêmement obscure. D’abord, en ce qui concerne l’étiologie proprement dite, voici tout ce que l’on peut affirmer d’une façon précise. Il y a une prédisposition générale créée par le tempérament nerveux, surtout chez les individus ayant dans leur famille des hystériques, des épileptiques, des aliénés, etc. Le sexe mascuHn est beaucoup plus exposé à là ma- I kdie : sur 83 cas observés par le professeur Erb, il