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y avait 74 hommes et seulement 9 femmes. Quant à l’âge, on a observé des cas à partir de 11 ans : c’est entre 30 et 40 ans que la maladie est surtout commune. On l’a notée à la suite des grandes fatigues du corps et de l’esprit, des excès vénériens, de la syphilis, à la suite aussi des maladies aiguës comme le typhus. Comme cause déterminante, il faut signaler surtout, chez les individus prédisposés, le refroidissement. Ajoutons que parmi les affections de la moelle épinière, c’est une des plus communes et que dans une même famille, M. Carré a noté 18 cas d’ataxie dans l’espace de trois générations.
On observe dans l’ataxie locomotrice progressive trois périodes bien distinctes : c) la première, dite à tort prodromique, est celle des douleurs fulgurantes, , des troubles oculaires et des crises viscérales; — b) la DEUXIÈME se caractérise par Y incoordination et les troubles de la sensibilité ; — c) la troisième, par un véritable état pai-alytique avec déchéance nutritive de l’organisme, cystite, phtisie possible, etc.
Première période : Les douleurs fulgurantes, rapides et éphémères comme l’éclair, constituent le phénomène le plus saillant. D’ordinaire elles se montrent sous la forme d’un point limité, où le malade sent comme une vis qu’on enfonce dans les tissus; d’autres fois, elles dessinent le trajet d’un nerf, s’accompagnant dans certains cas d’une éruption pustuleuse ; elles peuvent être « en constriction », serrant comme dans un étau le bassin, la poitrine. Elles se montrent par accès revenant tous les mois, tous les quinze jours et durant cinq à , six jours, chaque accès étant composé lui-même de petites fulgurations. 11 y a des formes exceptionnelles, apparaissant quelquefois dans l’anus, par exemple, avec besoin d’expulsion, etc. Aucune autre maladie ne présente de douleurs analogues. « Ces douleurs, dit M. Charcot, nous semblent donc tout à fait spécifiques et suffisantes pour le diagnostic, » Quand elles se montrent, la lésion est déjà constituée, d’oû il suit qu’il ne s’agit pas là d’une vraie période prodromique. Quant à leur cause, il s’agit d’une sensation du bout central rapportée à la périphérie (comme dans le cas des amputés qui souffrent de leur jambe coupée).
Les phénomènes oculaires sont de deux espèces : il y a d’abord des troubles moteurs, consistant surtout dans la paralysie du nerf moteur oculaire commun avec ses signes ordinaires, chute de la paupière, etc. Il n’y a de spécial que le caractère fugace de l’affection, qui disparaît vite, puis reparaît, et ainsi de suite. — Puis des troubles du nerf optique, de l’amblyopie et de l’amaurose dues à l’atrophie de la papille, reconnaissable à l’ophthalmoscope. Dans le cas de neuro-rétinite, on penserait plutôt à une affection cérébrale. Exceptionnellement, l’amblyopie marche très vite et la cécité se montre avant les douleurs fulgurantes. Exceptionnellement aussi on constate la paralysie de la langue et le nystagmus, cette singulière affection convulsive des muscles de l’œil dans laquelle celui-ci se porte sans cesse et par saccades rapides de gauche à droite ou de haut en bas ; on rencontre enfin l’hémiplégie faciale. Tous ces faits s’expliquent par les lésions, signalées plus haut, des nerfs correspondants.
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Les crises viscérales consistent, du côté des or ganes génitaux, dans une surexcitation morbide à laquelle succède bientôt un affaissement complet M. Charcot a vu deux ou trois cas de femmes éproul vant des sensations voluptueuses complètes en l’abi sence de tout coït. Les crises gastriques sont surtout remarquables : on observe des gonflements de l’épigastre, puis des vomissements suivis parfois de diarrhée et d’un véritable état gâteux. En état de crise en général, on remarque que la pupille est dilatée!
L’arlliropathie qui peut se montrer à la fin de cette période et sur laquelle M. Charcot a appelé l’attention, est, selon lui, une affection articulaire se rattachant directement à la lésion de la moelle. Le malade se réveille parfois avec un gonflement blanc dur, non douloureux, au genou par exemple, présentant les caractères d’une hydarthrose. Cela peut disparaître spontanément, ou l’on voit survenir les phénomènes de l’arthrite sèche. Souvent on prend cela pour du rhumatisme, bien à tort : ce sont des lésions trophiques sous la dépendance de l’altération de la moelle, probablement de la substance grise.
Deuxième période. C’est essentiellement la période d’état ou d’incoordination. Je décrirai successivement, d’après l’ordre habituel de leur apparition, les troubles sensitifs et les troubles moteurs.
Les troubles sensitifs ouvrent généralement la marche. Il y a d’abord engourdissement, puis per- ' turbation du sens du contact. La sensation de pression disparaît aussi, même pour un poids de 20, de 30 livres ; ce n’est pas constant. De plus les sensations cessent d’être précises : si vous pincez ces malades, ils accusent des douleurs vagues, des « vibrations » pouvant envahir tout le membre. Il y a aussi des troubles de la sensibilité profonde ; ils se donnent des coups violents, se cassent la jambe, pour ainsi dire sans s’en apercevoir. Ils ont perdu la notion de la position de leurs membres, ce que l’on constate en leur fermant les yeux. Enfin, il y a le signe de . Romberg, consistant en ce fait que le malade qui marche bien les yeux ouverts, oscille quand il les a fermés. Tout cela d’ailleurs peut se rencontrer dans tous les cas d’anesthésie, de myélite ; seulement on le constate aisément ici parce que le mouvement n’a pas disparu comme dans la myélite ordinaire. Il y a des hystériques qui présentent le signe de Romberg.
Les troubles moteurs sont beaucoup plus importants, Yataxie étant le signe caractéristique de la maladie ; voici en quoi elle consiste. D’abord, premier caractère : dans les mouvements simples de flexion, d’extension, la force musculaire est conservée; deuxième caractère : lorsqu’il s’agit d’associer ces mouvements pour produire un acte complexe, ce résultat est absolument nul ; incoordination; troisième caractère : ces mouvements ataxiques ne se produisent que sous l'influence de la volonté, ce qui différencie déjà de la chorée, où les mouvements volontaires deviennent l’occasion de gesticulations, etc.
Cela débute ordinairement par les membres inférieurs et on voit alors se produire la marche particulière de l’ataxique. Comme il ne peut plus diriger la force, la direction et l’étendue du mouvement, celui-ci dépasse le but ou ne l’atteint pas ; la jambe
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est ijrojetée en dehors, puis il se produit un mou- | vement de circumduction qui la ramène en avant, j et le pied retombe lourdement à terre, avec un ; grand bruit. Dans la station, il y a titubation géné- : raie, ce qui tient à l’inégabté de l’innervation. Si l’atarique est couché dans son ht, et si on lui demande de plier une jambe sur l’autre, il lève sa ; jambe brusquement et sans mesure. Dans la préhension, l’extension des doi^, puis la flexion sont également exagérées ; les membres supérieurs sont atteints plus tard.
On a beaucoup parlé de l’influence de la vue, les malades devenant tout à fait incapables de marcher, tombant même quand on leur ferme les yeux. Ce phénomène peut se rencontrer chez les ataxiques ; mais seulement dans les cas où il y a anesthésie profonde, de même qu’on le trouve dans les cas d’anesthésie profonde chez des malades qui ne sont i pas ataxiques. ;
L’explication des phénomènee d’incoordination pa- | raît assez simple. On sait assez que la coordination des mouvements même volontaires ne dépend pas de la volonté. « C’est un ordre sommaire, non dé- 1 taillé, » dit M. Charcot. Tout le monde a pu voir, à la campagne surtout, des « décapités marchant », j’entends de malheureux canards auxquels la cuisinière venait de trancher la tête. Et ces canards sans tête marchent infiniment mieux que des ataxiques, quoique moins longtemps. C’est qu’ils ont encore leurs cordons postérieurs. Il faut donc bien en conclure que le centre de coordination est dans ces cordons beaucoup plus que dans le cervelet ; les fibres propres ou cominissurales qui font communiquer les racines et la substance grise seraient ce centre ; eh effet, ici elles sont lésées.
Un mot, enfin, sur l’épiZepsie spinale. D’une façon générale, l’irritabilité de la moelle est plutôt diminuée. Mais quelquefois, on voit survenir tout à coup des convulsions cloniques des membres inférieurs, une sorte de danse, d’épilepsie saltatoire, très fatigante et très douloureuse. Dans d’autres cas, on observe la forme tétanique.
Troisième période. — Elle est caractérisée par l’exagération de tous les symptômes. De plus, dans la grande majorité des cas, et à cette période seulement, les malades' deviennent paraplégiques , soit par atrophie graisseuse des muscles, soit parce que la maladie s’étend à la longue aux cordons latéraux. D'abord, il y a de la flaccidité, qui finit parfaire place à la contracture. L'intelligence reste intacte jusqu’à la fin. Cependant, chez les ataxiques aveugles surtout, on observe parfois un délire particulier, en rapport avec leurs souffrances : ils se plaignent qu’on les pince, qu’on les tiraille ; les réalités douloureuses sont passées à l’état de conceptions délirantes.
La marche de la maladie est lente, réellement progressive. Souvent, la première période se prolonge pendant dix, quinze et même vingt ans. Il y a dos cas foudroj^ants, très rares, dans lesquels l’évolution complète se fait en quatre ou cinq mois. La terminaison est la mort dans le plus grand nombre des cas , on a cité pourtant quelques guérisons. La mort arrive quelquefois par suite de désordres liés immématement à l’ataxie, par des escharres, par la cystite, le plus souvent c’est une affection pulmonaire,
la phtisie surtout ou la paralysie générale des aliènes qui termine la scène.
L’ataxie locomotrice progressive est une maladie aujourd’hui bien définie et ordinairement facile à reconnaître. Les douleurs fulgurantes, telles qu’on les a décrites plus haut, constituent un véritable signe pathognomonique et ne peuvent être en aucune façon confondues avec des douleurs rhumatismxàes. Si la maladie débutait par les troubles de la vue, il faudrait reconnaître l’atrophie de la papille du nerf optique à l’aide de l’ophtalmoscope : que si l’on constatait la neuro-rétinite, il faudrait plutôt penser à une affection cérébrale. L’ensemble des phénomènes empêchera aussi de confondre Tarthropathie avec le rhumatisme ou une hydarthrose simple.
Dans la période d’état, la conservation de Vintelligence éloignera l’idée d’une affection cérébrale, de la paralysie générale, etc. L’absence de vertige établira le diagnostic avec les affections du cervelet. Quant à la chorée, les convulsions surviennent lorsque le mouvement est commencé, ici, l’incoordination 3 lieu immédiatement, etc.
Le pronostic de l’ataxie, comme on le voit, est extrêmement grave, et il apparaît assez que jusqu’ici on n’a pas trouvé de remède efficace. Le traitement préservatif consistant dans une vie tranquille et un régime approprié n’est guère de mise ici ; la prédisposition est trop vaguement indiquée pour que le médecin songe à le prescrire avec quelque autorité, à moins qu’il ne se trouve en face d’une de ces familles étonnantes, comme celle dont M. Carré a rapporté l’exemple.
Au point de vue de la cure proprement dite, il faut citer en première ligne V électricité, l’application des courants constants; un malade aurait été guéri par Remak, le cas vérifié par Cyon. Le phosphore, beaucoup employé, n’a pas donné jusqu’ici les résultats qu’on attendait.
On est réduit le plus souvent à s’occuper d’amender les symptômes. Sous ce rapport, le nitrate d'argent produit de bons effets (2 à 4 centigr. par jour). Il n’y a pas lieu de se laisser arrêter par la crainte de voir apparaître la coloration bleue de la peau. 11 faut 13, 20 grammes de nitrate pour produire un pareil effet, et dans tous les cas, cela s’annonce par un liséré bleu qui se montre sur les gencives ; on s’arrête quand ce liséré est très prononcé. D’ailleurs, si la médication n’a rien produit au bout de deux ou trois mois, il faut renoncer à obtenir un effet quelconque. L'hydrothérapie rend aussi des services.
On soulagera les douleurs à l’aide de l'opium surtout : lavements au laudanum et k Vasa-fœtida; des injections sous-cutanées de morphine, etc. Enfin, il faut se garder surtout, dit M. Charcot, des choses nuisibles, telles que les cautères et les sétons, qui ont des effets désastreux, ainsi que la strychnine.
A. Regnard.
ATHREPSIE.. — Nom par lequel le professeur Parrot désigne l’ensemble des phénomènes morbides qui dénote chez les enfants nouvean-nés une nutrition incomplète. P. L.
ATLAS. — Nom donné par les anatomistse à la
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première vertèbre du cou ou cervicale, qui supporte la tête. D’où son nom, par comparaison avec le géant de la mythologie, Atlas, qui supportait le
ATROPHIE. — Nom donné à l’état particulier dans lequel se trouve un tissu ou un organe qui a subi une diminution de volume occasionnée par un défaut de nutrition. p, l.
ATMOTHÉRAPIE. — (Voyez Aérothérapie).
ATONIE. — Ce mot signifie faiblesse des tissus défaut de force, d’énergie vitale d’un organe. L’atonie peut dépendre d’une nutrition imparfaite ou, de toute autre cause. Elle peut être générale comme dans l’anémie, la chlorose, la convalescence des maladies graves, ou partielle ^ c’est-à-dire localisée à un organe, esto-
/ mac, intestin, utérus, vessie, etc.
Atlas (Première vertèbre cervicale), vu par sa face supérieure. — 1. Arc postérieur. — 2. Tubercule postérieur. — 3. Arc antérieur. — i. Tubercule anterieur. -- 5,5. Masses latérales. — 6 6. Trous percés dans la base des apophyses trans'verses par lesquels passent les artères vertébrales qui se rendent au cerveau. — 7,7. Apophyses transverses. — 8,8. Apophyses articulaires supérieures s’articulant avec les deux surfaces articulaires de l’os occipital de la tête.
monde sur ses épaules. Cet os s’articule par les deux faces articulaires supérieures avec l’os occipital de la tête. Ce sont même les seuls points qui unissent la tête avec la colonne vertébrale. Le trou vertical
constitué par les deux arcs antérieurs et postérieurs de l’atlas est considérable, et divisé en deux parties inégales, l’une postérieure, la plus grande, qui donne passage à la moelle épinière, l’autre antérieure, plus petite, qui reçoit l’apophyse odontoïde de l’aiw. (V. ce mot, voyez aussi Colonne vertébrale, cou, tête). P. L.
ATMOSPHÈRE. — Non donné à la couche d’air qui enveloppe la Terré. (V. Air). p. l.
ATROPINE. — Non donné à un alcaloïde de la belladone (V. ce mot), très employé en médecine, qui cristallise en prismes soyeux, transparents et incolores. L’atropine est peu soluble dans l’eau et dans l’éther, mais se dissout bien dans l’estomac.
Sa saveur est d’une amertume désagréable avec un arrière-goût âcre particulier.
Cette substance est extrêmement active et présente, à un très haut degré, les propriétés physiologiques et toxiques de la belladone. A la dose de 1 centigramme seulement, elle peut déterminer tous les graves accidents des solanées vireuses : sécheresse de la gorge, dilatation de la pupille d’abord, puis délire, stupeur, aphonie et mort.
L’.atropine jouit d’une propriété mydriaüque éminemment pratique, elle dilate rapidement et énergiquement la pupille. A ce titre, elle sert à favoriser l’exploration de l’œil, à y pratiquer des opérations chirurgicales • nécessaires et parti culièrenient celle de la cataracte, à rompre les adhérences de l’air avec les parties environnantes, à s’opposer à la hernie de cette membrane à travers une perforation de la cornée , enfin à diminuer l’éréthisme vasculaire de l’inS) et par cela même, à en arrêter l’inflammation et à calmer les douleurs qui en sont la conséquence.
De sa vertu dilatatrice dans la pupille, on en a déduit une semblable pour les autres sphincters, ceux du col de l’utérus, de l’anus, de la vessie; de •là son indication dans les accouchements laborieux, dans le traitement des hémorrhoïdes, dans la coarctation du sphincter anal et rectal, dans l’incontinence nocturne d’urine.
L’atropine à faibles doses exerce sur la sécrétion de la sueur une action vraiment remarquable : elhe la supprime. Cette propriété est journellement ut-
Fig 121.
Atlas tPremière vertèbre cervicale) vu par sa face inférieure. — 1. Arc postérieur. — 2. Tubercule postérieur. — 3. Arc antérieur. — 4. Tubercule antérieur. — 5,5. Masses latérales. — 6,6. Trous percés dans la base des apophyses transverses par lesquels passent les artères vertébrales qui se rendent au cerveau. — 7,7. Apophyses transverses. — 8,8. Apophyses articulaires inférieures s’articulant avec l’axis.
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Usée avec beaucoup de succès, dans les sueurs nocturnes des phtisiques, depuis les travaux du professeur Vulpian.
Enfin l’atropine agit comme sédatif contre les névralgies, le rhumatisme et la chorée.
Nous avons dit au début de cet article que l’atropine a l’inconvénient d’être peu soluble dans l’eau. En effet, il faut 300 parties d’eau froide et 30 parties d’eau bouillante pour la dissoudre. Cette faible solubüité fait qu’on se sert des sels d’atropine qui sont beaucoup plus solubles que cet alcaloïde et qui se donnent aux mêmes doses. Le plus important de tous et le seul dont nous nous occuperons est le Sulfate neutre d’atropine.
Sulfate neutre d’atropine. — Ce sel, difficilement cristallisable, constitue une poudre blanche, entièrement soluble dans l’eau, et jouissant de toutes les propriétés physiologiques et thérapeutiques de l’atropine pure. 11 est employé surtout en pilules, en coUyres et en injections hypodermiques.
Le professeur Vulpian a vanté contre les sueurs nocturnes et particulièrement contre les sueurs nocturnes des phtisiques, les pilules, qu’il recommande de préparer du poids d’un demi-miUigramme chacune.
Les Pilules de Clin au sulfate d’atropine, justement et exactement dosées à \ demi-milligramme, répondent parfaitement aux indications de M. Vulpian et réunissent toutes les conditions indispensables pour l’emploi sûr et efficace de ce médicament. L’éminent clinicien en fait prendre 1, 2, rarement plus de 3, quelques heures avant le moment présumé des sueurs. Ainsi, par exemple, si les sueurs commencent à une heure du matin, une pilule sera prise à huit heures du soir et l’autre à dix heures; si on en prend trois, on avalera la première à six heures, la seconde à huit et la troisième à dix heures également. Si l’on n’obtenait aucun résultat, il faudrait arriver à quatre, cinq ou six, ce qui est excessivement rare, puisque la dose de trois suffit au plus grand nombre d’indications. On continue quelques jours après la cessation des sueurs et l’on fait durer en moyenne le traitement une dizaine de jours.
On emploie le coUyre d’après la formule suivante :
Sulfate d’atropine . 0.02 centigrammes.
Eau distillée. . 10 grammes.
On instille quelques gouttes de cette solution dans l’œil, soit avec une paiUe, soit en tenant avec le pouce le goulot du flacon à moitié fermé. Le collyre constitue un très bon moyen pour dilater la pupille, qu’on veuille explorer l’œil avec l’ophthalmoscope, ou qu’on veuille faire l’opération de la cataracte, rompre les adhérences de l’air avec les corps voisins, etc.
Quant aux injections hypodermiques de sulfate d’atropine, préparées d’après la formcde suivante :
Sulfate d’atropine . 0,02 centigrammes.
Eau distillée . 30 grammes.
Elles s’emploient contre les douleurs du rhuma-
DlCnOXNAJBE POPÜLAIBE DE MÉDECINE USUELLE.
tisme, du cancer, des névralgies et surtout de la sciatique, en injectant sous la peau avec la seringue graduée de Pravaz, 5 à 10 gouttes de cette solution, qui représentent 1 à 2 milhgrammes de principe actif. Si des accidents atropiques se déclaraient, on les combattrait par l’opium à hautes doses.
Empoisonnement par l’atropine. — Les symptômes de l’empoisonnement par l’atropine sont ceux produits par la belladone. (V. ce mot).
Mabc. Camboulives.
ATTAQUE. — Mot employé en médecine pour désigner l’invasion brusque de certaines maladies ou seulement de certains symptômes : ainsi on dit attaque d’apoplexie, attaque d’épilepsie, attaqua de goutte, etc. (V. ces mots), on dit aussi attaque de nerfs. (V. Spasmes). P. L.
ATTELLE. — Nom donné par les chirurgiens à des lames de bois, de carton, de fer-blanc, de fil de fer, etc., minces, étroites, plus ou moins longues,
Fig. 122.
A, Attelle de bois. — B. Coussinet. — C Attelle en bois formée de plusieurs pièces réunies par leurs bords.
qui servent à maintenir un membre fracturé dans sa position naturelle, lorsque la fracture a été réduite.
Les attelles de bois sont droites, à bords et à extrémités arrondis pour qu’elles ne séchardent pas et ne blessent ni le malade ni le chirurgien. On fait aussi des attelles de bois formées de plusieurs morceaux réunis par leurs bords ; cette disposition permet de prendre plus facilement la forme du membre sur lequel on veut les appliquer, et les rend très utiles en guerre, parce que, grâce à elles, le pansement se fait plus rapidement et le blessé peut être plus facilement transporté.
Depuis quelques années, on fabrique des attelles en fil de fer étamé ou galvanisé, afin d’éviter son oxydation, que beaucoup de chirurgiens préfèrent
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aux attelles de bois, à cause de leur plus grande légèreté d’abord, puis à cause de la facilité qu’on a
de les modifier, quant à leur forme, suivant les membres autour desquels on veut les appliquer.
On fait aussi des attelles de carton qui, une fois mouillées, peuvent se mouler sur les parties, p. l.
ATTENTAT AUX MŒURS. — (Voyez Pédérastie, Viol).
ATTITUDE. — Nom donné aux diverses positions que prend le corps humain en restant immobile ; nous aurons donc successivement à examiner Y attitude (ief)oui, Y attitude sur les genoux, Y attitude assise et Y attitude couchée.
Attitude debout. — La principale condition pour que le corps se maintienne en équilibre dans la position verticale est, d’après les lois de la mécanique, que son centre de gravité, qui se trouve dans le voisinage de la deuxième vertèbre sacrée, passe par le plan dit de sustentation, limité par l’écartement des pieds. Plus cette surface est large et plus la station debout est assurée ; c’est dans ce but que les marins marchent, sur le pont oscillant de leur navire, les jambes écartées. Ils conservent même sur erre cette habitude qui donne à leur démarche un balancement si caractéristique. L’attitude du soldat au port d’arme est plus fatigante que la station verticale ordinaire, parce que le contact des talons rend la base de sustentation triangulaire et, par suite, plus petite que lorsçpi’eUe était quadrilatère. C’est pour le même motif que la station sur un seul pied est plus pénible que sur les deux pieds.
Si l’homme ajoute au poids de son corps celui d’un fardeau, il est obligé de s’incliner dans diffé. rents sens pour que son centre de gravité C (fig. ^34 125) passe toujours entre ses pieds ; c’est ainsi qué l’homme qui porte un fardeau sur le dos s’incfine en avant ; si, au contraire, il le porte en l’appuyant sur le ventre, il s'incline en arrière, et, s’il le tient à la main, il se renverse du côté opposé en étendant le bras correspondant, de manière à faire équi-
libre au poids additionnel. C’est pour la même raison que les hommes maigres tendent à se voûter, et que ceux qui sont obèses ou hydropiques prennent une attitude contraire. La direction du centre de gravité ne suffit pas pour maintenir le corps dans la station verticale : il faut encore la contraction musculaire qui concourt à immobiliser les
articulations du tronc, et surtout celles des membres inférieurs (fig. 126).
Les muscles qui servent à maintenir en équilibre le corps sur sa base de sustentation, sont les mus-, des extenseurs du tronc et principalement ceux des membres inférieurs [fig. 126). C’est ainsi que les muscles du mollet empêchent la flexion du pied; le triceps fémoral (2) s’oppose à celle du genou, et les fessiers, avec le concours des 'muscles spinaux et de ceux de la nuque (3, 4), interviennent à leur tom pour empêcher le bassin, la colonne vertébrale et la
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tête de fléchir en avant. Un homme qui perd connaissance ou qui est frappé d'apoplexie cérébrale s’affaisse sur lui-même par suite du relâchement de ces différents muscles.
La station verticale ne peut se prolonger longtemps sans fatigue, parce qu’eUe exige la contraction active, simultanée et continue des groupes musculaires que nous venons de signaler. C’est pourquoi l’on réserve toutes les heures un quart d’heure de repos aux modèles qui posent dans les ateliers. On peut rendre la station verticale moins fatigante en prenant la position dite hanchép, dans laquelle le tronc se porte alternativement sur l’une ou l’autre jambe. C’est l’attitude que les sculpteurs donnent le plus communément à leurs statues.
La station verticale est naturelle et exclusive à l’homme ; eUe lui sert de trait distinctif entre tous les animaux, et, ainsi que l’a dit Ovide :
Os Tiomini sublime dédit, cœlumque tueri Jussit, et erectos ad sidéra toltere vultus.
(Dieu a donné k l’homme un Tisage élevé, il lui a ordonné de regarder le ciel et de diriger les yeux vers les astres.)
Attitude assise. — Dans cette attitude, le corps repose sur les deux ischions du bassin et tend à tomber en arrière, parce que ces deux points d’appui sont situés en avant du centre de gravité. De là l’utilité des dossiers pour soulager le tronc. On peut encore s’asseoir en tenant le corps fléchi, tandis que les pieds reposent sur le sol : dans ce cas, le centre de gravité tombe dans la base de sustentation qui est plus étendue en avant. C’est la position que l’on prend naturellement sur un siège dépourvu de dossier.
Dans l’attitude accroupie des tailleurs et des Orientaux, le corps repose sur les ischions et sur le bord externe des pieds ; cette position est plus supportable que la station assise, parce que la base de sustentation présente une surface plus considérable.
Attitude sur les genoux. — Dans cette position, le centre de gravité tombe entre les rotules qui, à elles seules, supportent le poids du tronc. Cette attitude est d’autant plus pénible- à supporter que, d’une part, la base de sustentation est très limitée, et que, de l’autre, les téguments sont douloureusement pressés entre le sol et les os du genou. La fatigue de cette position peut être diminuée, soit en penchant le corps sur un appui antérieur, comme les prie-Dieu, soit encore en se reposant sur les talons : on déplace ainsi le centre de gravité, et l’on en répartit la charge sur la base de sustentation tout entière. La station sur les genoux est celle qui expose le plus aux hernies, par suite de l’impulsion en bas commimiquée aux viscères abdominaux ; et cependant c’est une punition que l’on inflige souvent aux enfants. On a grand tort.
Attitude couchée. — Les attitudes que nous venons d’étudier exigent la participation active du système musculaire, tandis que la station couchée est une attitude essentiellement passive, dans laquelle le corps est abandonné à son propre poids. Cette position est la moins fatigante de toutes, à cause du relâchement des muscles et de l’étendue
de la base de sustentation. Si le plan sur lequel repose le corps offre une certaine résistance, les points les plus saillants, tels que les trochanters das fémurs, les talons et le sacrum, peuvent s’excorier et donner lieu à la production à’ eschares, ainsi qu’on l’observe si souvent dans les maladies de longue durée. Si, au contraire, ce plan est souple, comme les matelas d’eau, d’air ou de plume, les points de contact sont beaucoup plus nombreux, le poids du corps se répartit sur une surface très étendue, et l’on n’observe plus les inconvénients que nous venons de signaler. On peut se coucher sur le dos, sur le ventre ou sur l’un des deux côtés. La première position, dite décubitus dorsal, est la plus favorable à la respiration ; aussi est-eUe ordinaire à l’enfance, à la vieillesse, aux asthmatiques et aux malades atteints de fièvres adynamiques. Lorsque ces derniers commencent à se reposer sur le côté, on peut présager une guérison prochaine. Le sommeil qui a lieu dans le décubitus dorsal est souvent troublé par des songes pénibles.
C’est aussi dans cette attitude que. le ronflement est le plus commun.
Le repos sur le ventre est incommode et ne peut être prolongé longtemps sans fatigue. 11 paraît que Cujas avait l’habitude de prendre cette position pour travailler. Descartes et Leibnitz pratiquaient aussi « la méditation horizontale. » Le décubitus abdominal est favorable dans certaines maladies ; il calme, par exemple, les douleurs des affections du tube digestif.
Le repos sur le côté droit est le plus salutaire et le plus naturel des décubitus, parce qu’il s’oppose à la compression de l’estomac par le foie et qu’il favorise le passage des aliments dans l’intestin.
D*^ WiTKOWSKI.
Auteur de : Structure et fonctions du corps humain et de l’ Anatomie iconoclas tique.
AUDIERNE (baihs de mer d’)* — Petite ville de 1,800 habitants, située dans le Finistère, à 40 kilomètres de (Juimper, à l’embouchure de la rivière de Goayen, qui possède une belle plage à fond de sable, parsemée de petits rochers. p. L.
AUDINAC (EAUX MraÉEAUES d’). — Audinac est un petit village de l’Ariège, à 4 kilomètres de Saint- Girons, dont les eaux minérales, sulfatées calciques et ma.gnésiques, sont laxatives et diurétiques, et peuvent être employées contre les maladies fonctionnelles du tube digestif, du foie et des reins. p. l.