‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 54 sur 206 · AUT · texte numérisé non relu

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duire dans le mouvement que fait le malade pour se mettre sur son séant.

D. Le bruit du frottesœnt pleurétique donne en effet la sensation d’un frôlement. Il se produit lorsque les feuillets de la plèvre, glissant l’un sur l’autre, sont devenus plus ou moins rugueux parle développement de fausses membranes dans la ■pleurésie. Quelquefois très doux, il paraît, dans d’autres cas, comme un véritable raclement, comme un bruit de cuir neuf. Il se fait entendre dans les deux temps. (V. Pleurésie.)

II. Auscultation de la voix. — Si l’on applique l’oreille sur la poitrine d’un individu qui parle, on constate que la voix retentit plus ou moins fortement suivant que le sujet a la voix plus ou moins forte et surtout plus ou moins claire. On conçoit que les modifications de densité du parenchyme pulmonaire doivent amener des modifications dans ce retentissement de la voix : ces modifications suivent très exactement l’apparition du souffle; la théorie est d’ailleurs identique. Autrefois, comme on avait des souffles bronchique, caverneux, amphorique, on avait une voix bronchique {bronchophonie), caver- ■Q.e\is,t{pectoriluquie),e\jc,. On distinguait la pectoriloquie en disant que la voix du malade semblait sortir de la poitrine. Ce sont des subtilités sans réalité objective.

D’une façon générale, dans tous les cas précédemment énumérés où il se produit du souffle, on peut avoir une bronchophonie plus ou moins intense (induration du parenchyme dans V hépatisation de la pneumonie, les tubercules crus, V apoplexie, — compression, dans certains cas. A’ épanchement pleurétique, — dilatations bronchiques et cavernes, de la phtisie au dernier degré). On l’appellera, si l’on veut, pectoriloquie quand elle est extrêmement prononcée.

La voix amphorique a un caractère très net ét doit être conservée ainsi que le souffle amphorique qu’elle accompagne d’habitude {vastes cavernes, pneumo-ihorax).

On décrit enfin sous le nom de égophonie (voix de chèvre), une forme particulière du retentissement de la voix qui devient comme bêlante. C’est un chevrottement qui se produit dans le cas A’épanchement médiocre de la plèvre et paraît dûaux vibrations des bronches - médiocrement comprimées, et aussi, dans une certaine mesure, à celles du liquide interposé. Il peut y avoir un mélange facile à comprendre, constituant la broncho-égophonie.

Quant à la toux, on ne la mentionne ici que pour mémoire. Elle peut servir à l’appréciation du tintement métallique: mais, en général, la toux ne s’ausculte pas : il suffit de l’entendre. A. regnard.

AUTOMATIQUES. — On qualifie ainsi les mouvements qui s’accomplissent sans l’intervention de la volonté. P. L.

AUïOPLASTIE. — Nom donné à une opération chirurgicale spéciale, pratiquée dans le but de rempiler une partie détruite par des parties saines du meme individu. L’autoplastie a reçu des noms particuliers selon la région où on opère. Pratiquée aux paupières, on l’appelle blépharoplastie ; au nez, rhmopiasiie; auvoüe du palais, staphyloplastie, etc.

(V. ces mots). L’autoplastie peut être faite par trois méthodes différentes : 1“ La jnéthode. française, dans laquelle, après avoir décollé la peau aux alen-

sinage de

la plaie un lambeau pédiculé qu’on renverse, en tordant le pédicule, et qu’on fixe sur la perte de

tours de la perte de substance, on sur ceUe-ci de manière à la combler, puis on réunit les bords

substance, de manière à ce que les bords saignants du lambeau soient en contact avec les bords ravivés de la plaie. .3“ Enfin la méthode italienne. Dans celle-ci, on prend le lambeau sur une partie éloignée de la plaie, par exemple sur le bras pour restaurer une perte de substance de la face, et on le laisse en contact, par son pédicule, avec la région sur laquelle il a été taiUé, jusqu’à ce qu’il ait contracté des adhérences avec les bords de la plaie sur laquelle on l’a appliqué. Quelle que soit la méthode adoptée, l’autoplastie est toujours une opération très délicate qui exige, de la part du chirurgien, beaucoup d'adresse. D' Pxul Labarthe.

AUTOPSIE. — Nom donné à une opération qui consiste à pratiquer l’ouverture du cadavre et à examiner avec soin tous les organes pour constater leurs altérations, soit dans un but de curiosité scientifique, soit dans celui d’éclairer la justice sur les causes de la mort. Si tout le monde est d’accord pour reconnaître l’utilité de l’autopsie en matière criminelle, il n’en est plus de même lorsqu’il s’agit d’une autopsie pratiquée en vue de la science médicale seule, et cependant ce sont les autopsies pratiquées dans les hôpitaux qui ont si puissamment contribué aux progrès de la médecine, car l’ouverture et l’examen d’un cadavre éclairent bien des doutes, et nous révèlent bien des faits intéressants, non seulement pour nous médecins, mais aussi pour la . famille du mort. Aussi je ne saurais trop m’élever contre le préjugé absurde qui fait repousser si souvent par les familles une autopsie jugée utile par le médecin. On nous parle du respect dû aux morts ! Je me demande vraiment en quoi le médecin qui pratique une autopsie manque de respect à un cadavre qui sera demain la proie des vers ! Aussi est-ce avec bonheur que j’ai salué en 1880, la création de la Société d’ Autopsie mutuelle, approuvée par arrêté préfectoral, dont les statuts étaient précédés de l’exposé des motifs suivants, que je crois devoir reproduire ici.

« 11 y a deux siècles, peu de personnages marquants, surtout peu de rois, de princes, d’évêques, etc., mouraient sans qu’on se crût obligé de faire leur autopsie. En cela, on obéissait un peu à la curiosité scientifique, beaucoup au besoin de s’occuper, même après leur mort, de personnages ayant fait beaucoup de bruit de leur vivant. L’autopsie était comme la consécration de la notoriété ou de la célébrité. Ces nécropsies, pratiquées à une époque où les sciences naturelles étaient encore dans l’enfance, ont été d’une médiocre utilité. Néanmoins, cet exemple est bon à suivre, car il y a là, pour la science en général, pour les familles en particulier, des intérêts d’ordre majeur. Nous avons depuis peu d’années des laboratoires d’anatomie pathologique ; mais les médecins des hôpitaux sont à peu près les seuls qui puissent y travailler et ils ne peuvent examiner que le corps des individus ayant succombé à l’hôpital. La grande majorité des médecins et des anthropologistes ne peut puisér à cette source d’instruction. De plus, les sujets examinés sont inconnus ■ on ne possède pas le moindre renseignement sur leurs antécédents, les aptitudes, les qualités et les défauts qu’ils ont montrés. Toutes ces autopsies

portent donc sur des anonymes. Or, personne ne conteste plus aujourd’hui la relation intime entre la structure du cerveau et les fonctions de cet organe Mais la psychologie scientifique, destinée à jeter tant de lumière sur toutes les sciences sociales, ne pourra faire de progrès sérieux tant qu’il sera impossible d’étudier scientifiquement le cerveau des personnalités connues, soit par leurs actes et leurs œuvres, soit par les renseignements fournis par eux et par leurs familles. Au point de vue. des familles, l’intérêt n’en est pas moins grapd. De quelle utilité ne serait-il pas pour elles d’avoir, à la mort de chacun de leurs membres, un procès-verbal d’autopsie scientifique? Les enfants, les parents du décédé, ainsi avertis des affections héréditaires qui les menacent, pourraient se mettre en garde contre elles: On arriverait par là à constituer une hygiène préventive, encore à l’état embryonnaire

Je pense que ce court exposé suffira pour porter la conviction parmi les lecteurs du Dictionnaire, et pour en engager un grand nombre à faire partie de cette société si éminemment pratique et utile,

D" Paul Labarthe.

AVANT-BRAS. — Anatomie. — L’avant-bras, si justement appelé par Galien « le manche de la main », est cette partie du membre supérieur comprise entre le coude et l& poignet. Il a la forme d’un cône tronqué, arrondi chez la femme et l’enfant, et aplati d’avant en arrière chez l’homme vigoureux. — Son squelette se compose de deux os, le radius, en dehors, dont l’extrémité inférieure correspond au pouce, et le cubitus, en dedans, dont la même extrémité se termine du côté du petit doigt. — Les muscles de l’avant-bras sont au nombre de vingt, répartis en trois régions : antérieure, externe et postérieure. Les muscles de la région antérieure sont : le rond pronateur, qui tourne le radius en dedans et concourt à la flexion de l’avant-bras sur le bras ; le grand palmaire Ou radial antérieur qui fléchit la main sur ravant-bras; le petit palmaire, qui fléchit aussi la main sur l’avant-bras; le cubital antérieur qui fléchit encore la main sur l’avantbras et inchne la main du côté du radius ; le fléchisseur superficiel et le fléchisseur profond des doigts; le long fiéchisseur propre du pouce qui, de plus, est opposant; le carré pronateur qui porte la main dans la pronation. Les muscles de la région EXTERNE sont *. le long supinateur qui concourt au mouvement de pronation et fléchit de plus l’avantbras sur le bras; le premier et le second radial externe, qui étendent la main sur l’avant-bras, l’inclinent sur son bord radial et concourent à la flexion de l’avant-bras sur le bras ; le court supinateur qui tourne le radius en dehors, et porte par conséquent l’avant-bras dans la supination. Les muscles de la région postérieure sont : l’extenseur commun des doigts; Y extenseur propre du petit doigt; le cubital postérieur qui est extenseur de la main et la porte dans l’adduction. Vanconé qui étend l’avant-bras sur le bras, et le fait aussi tourner en dedans; le long abducteur du pouce; le court extenseur du pouce; le long extenseur du pouce; enfin Y extenseur propre de V index. — Les artères de l’avant-bras sont : la cubitale qui suit assez exac-

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