‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 57 sur 206 · AYE · texte numérisé non relu

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Placé d'abord dans les bâtiments des Célestins, on le transféra successivement dans la maison des filles Sainte-Catherine, rue des Lombards, — aux Quinze- Vingts, — dans l’ancien séminaire de Saint-Firmin, m collège des Bons-Enfants, rue Saint-Victor, enfin dans les locaux qu’il occupe actuellement, 56, boulevard des Invalides. Le gouvernement, au moyen d’une subvention accordée à l’institution, y entretient un certain nombre d’élèves à titre de boursiers. Le chiffre des bourses a été fixé à cent vingt à répartir, autant que possible, par demi-bourses.

Les demandes d’admission gratuite doivent être adressées au ministre de l’Intérieur, accompagnées : 1“ de l’acte de naissance de l’enfant ; 2° d’un certificat de médecin, dûment légalisé, constatant que la cécité est complète et ne paraît pas curable, que l’enfant a été vacciné avec succès, qu’il n’est point épileptique, qu'il n’est ni affecté .d’aucune maladie contagieuse, ni atteint de scrofules au second degré, qu’il jouit de la plénitude de ses facultés intellectuelles et qu’il est apte à tous les travaux dont les jeunes aveugles sont capables ; 3° d’un certificat du maire attestant que les parents ne peuvent subvenir aux frais de l’éducation de leur enfant ; 4° d’un extrait du rôle des contributions délivré par le percepteur.

Indépendamment des boursiers de l’État, on admet dans l’institution des élèves boursiers des départements, des villes et des administrations hospitalières. Le prix de ces bourses est de 600 francs par an. Les pensionnaires des familles y sont également reçus moyennant un prix annuel de pension fi.xé à t ,000 francs, à moins d’une réduction qui ne peut être accordée que par le ministre de l’Intérieur. Quant au paiement du trousseau, montant à 320 fr., il est toujours à la charge des parents et doit être effectué avant l’entrée des enfants dans l’établissement. La garantie de ce versement est à énoncer dans la demande d’admission.

Les enfants ne peuvent être placés dans l’établissement des Jeunes Aveugles avant l’âge de 10 ans révolus ni après 13 ans. Le cours des études comprend l’enseignement intellectuel (lecture, écriture, géographie, histoire, mathématiques, etc.), l’enseignement professionnel donné dans des ateliers spéciaux, car il est reconnu que l’aveugle est apte, sinon à toutes, du moins à la plupart des professions industrielles, et l’enseignement musical. L’aveugle ayant une vocation innée pour la musique, et le sens de Fouie pouvant acquérir en lui un très grand développement. Fart musical, en même temps qu’il apporte un adoucissement réel à son infirmité, présente pour lui le moyen le plus précieux d’assurer son existence. Aussi le gouvernement se préoccupe-t-il, avec raison, de développer cet enseignement. Un grand nombre d’anciens élèves de l’institution de Paris sont pourvus d’emplois fructueux d’organiste, et notre Conservatoire national de musique a déjà décerné plusieurs fois ses hautes récompenses à des pupilles de cet établissement.

Un comité, dit de patronage et de secours, s’occupe de placer les élèves à leur sortie de l’institution et vient en aide à ceux qui sont pauvres.

Il existe aussi en France un certain nombre d’établissements départementaux ou privés, destinés à

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pourvoir à l’instruction des enfants atteints de cécité. Trigant DK Beaumont.

AVOINE. — L’avoine, que l’on range parmi les; céréales, est produite par l’amm saliva, de la famille des graminées, tribu des avenacées. Cetteplante croît dans beaucoup de pays et les espèces en sont nombreuses.

La plus universellement cultivée est l’avoine commune, plante annuelle, dont les fleurs sont en panicules, à Fextrénaité d’un chaume long de 75 à 80 centimètres environ et dont les grains allongés,, sillonnés dans leur longeur, sont enveloppés d’écailles florales nommées balles. Cette espècecomprend plusieurs variétés dont les principales sont l’avoine noire, l’avoine blanche, l’avoine de Hongrie, l’avoine courte et l’avoine nue. Ces différentes variétés sont cultivées pour le grain, d’autres le sont pour le fourrage, comme l’avoine fromentale et l’avoine dorée, qui constitue le finfoin de Paris.

Deux sortes sont nuisibles à la culture et lespaysans ont beaucoup de peine à en débarrasser leurs champs ; ce sont la folle avoine et l’avoine à chapelets.

L’avoine est principalement employée à la nourriture des chevaux. Elle est plus nourrissante que le foin et possède des propriétés excitantes utiles à ces animaux dans les climats tempérés.

Sa composition chimique a été déterminée par M. Boussingault, comme il suit :

Gluten et albumine (matières azotées). . 11.9

Amidon . 61.5

Matières grasses . . 5.5

Ligneux et cellulose . . . . . 4.1

Substances minérales . 3

Eau. ........ . . 14

Comme on le voit, la proportion des matièresazotées est assez importante ; si l’on ajoute à cela le fer et le phosphate de chaux compris parmi les substances minérales qu’elle contient, l’avoine peut être considérée comme ùn aliment complet et fortifiant; aussi s’en sert-on dans quelques pays, et notamment dans l’Ecosse et l’Irlande pour la nourriture de l’homme. En Bretagne oh fait un pain avec la ^ farine d’avoine mélangée avec celle der seigle et de froment.

La bouillie de farine d’avoine constitue un bon aliment pour les convalescents et les enfants enbas âge. Elle rend service aux nourrices qui n’ont pas assez de lait ; eUe peut être très utile - aussi aumoment du sevrage.

En médecine proprement dite on n’emploie l’avoine que rarement, comme adoucissant et léger diurétique, sous forme de tisane, qui se prépare avec l’avoine décortiquée, appelée gruau. On trouve dans le commerce deux sortes de gruau ; celui de Paris ou de Noisiel, dont le grain est entier, et celui de Bretagne dont le grain est grossièrement concassé.

Les balles ou écailles florales du grain d’avoine-

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servent souvent à faire pour les enfants des paillasses très douces et très sèches.

Alfred Chardon, Ph*'”.

AVORTEMENT. — On désigne sous ce nom l’ex- Dulsion du produit de la conception à une époque de la grossesse où ce produit n’est pas encore viable {Voy. ce mot), c’est-à-dire avant la fin du septième mois de la vie intra-utérine.

Dans le langage vulgaire, l’avortement est plus fréquemment appelé fausse couche et quelquefois blessure. La première de ces deux dénominations s’adresse plus spécialement aux cas où l’avortement a lieu spontanément, la seconde étant réservée à l’avortement déterminé par une cause accidentelle, comme une chute, un coup, etc.

L’avortement a été divisé en trois espèces par Guillemot, suivant l’époque où il se produit. Ainsi il appelle avortement ovulaire celui qui a lieu dans les vingt premiers jours de la grossesse; embryonnaire celui qui a lieu dans le deuxième et le troisième mois: enfin fælal, l’expulsion du foetus du troisième au septième mois. Ces divisions sont importantes, car les phénomènes de l’avortement, comme nous le verrons plus tard, ne sont pas les mêmes quand cet accident se produit quinze jours, par exemple, après la fécondation, ou à une époque assez rapprochée de la viabilité.

L’avortement est beaucoup plus fréquent dans les deux premiers mois de la grossesse que plus tard, ce qui est facile à expliquer par la disposition des membranes de VœuflSoj. ce mot) et par la congestion de l’utérus qui, chez un certain nombre de femmes, continue à se produire périodiquement malgré la gestation. Quant à déterminer si les foetus abortifs du sexe masculin sont plus fréquents que les foetus du sexe féminin, je dirai que les opinions sont très partagées à ce sujet; ce qui est assez facile à comprendre, étant donnée la difficulté dans les deux premiers mois de ‘la grossesse, de reconnaître le sexe de l’enfant, à moins d’y prêter une attention excessive (Voy. Sexe).

Variétés et causes de l’avortement. — L’avortement peut être spontané, accidentel ou provoqué. L’avortement spontané est celui qui se produit en dehors de toute violence extérieure et qui reconnaît plus particulièrement pour causes, soit l’état général de la mère, soit une maladie de l’œuf. L’avortement accidentel est, au contraire, le résultat soit d’une chute, soit d’un coup, soit de fatigues excessives. Enfin l’avortement est dit provoqué quand il est le résultat de manœuvres criminelles, comme cela a lieu malheureusement trop fréquemment, ou bien sollicité par l’accoucheur dans des cas bien déterminés, et dans le but de protéger la vie de la mère.

Causes DE l’avortement spontané. — EUes peuvent provenir ; 1» du père; 2° de la mère; 3° de L'œuf.

1“ L influence du père sur la production de l’àvorparaître, au premier abord, difficile à établir. Cependant il n’est pas douteux que des hornmes âgés ou affaiblis par des maladies ou des exces de tous genres peuvent émettre un germe dune vitalité insuffisante pour parcourir toute la duree de la grossesse. On a vu en effet des femmes

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mariées à des hommes d’une constitution ainsi ébranlée, avorter plusieurs fois de suite, puis devenues veuves, et remariées avec des hommes bien portants, conduire leurs grossesses jusqu’à terme en donnant naissance à des enfants régulièrement constitués. Mais où l’influence du père se fait tout particulièrement sentir, c’est quand il est atteint de syphilis. Les exemples aujourd’hui sont fréquents, et je pourrais dire qu’il ne se passe pas d’années où je ne sois appelé à observer des cas de ce genre. Non seulement quand le père présente encore des signes de la syphilis, mais même lorsqu’il a contracté cette maladie plusieurs années auparavant et qu’il s’est insuffisamment soigné, il peut émettre un germe contaminé qui se développera néanmoins quelque temps, mais qui ne franchira qu’avec peine le terme de la viabilité, si tant est qu’il y arrive.

2“ Quant à l'influence de la mère nous avons déjà dit que les femmes pléthoriques, qui ont d’habitude des règles abondantes sont très exposées à avorter dans les premiers mois de la grossesse. 11 semble, en effet, que la périodicité de la congestion utérine ne disparaisse pas complètement par l’établissement de la gestation et qu’elle continue à s’exercer au moins pendant les premiers mois. Pour peu qu’il s’ajoute aux époques correspondantes aux périodes cataméniales une fatigue exagérée, les secousses violentes de la toux ou toute autre cause, l’avortement se produit.

Les femmes qui habitent les lieux élevés, les montagnes, celles qui logent dans des chambres malsaines, basses, humides, sont exposées aux avortements successifs.

Les maladies aiguës, la fièvre typhoïde, la pneumonie, mais principalement les fièvres éruptives, la variole, la rougeole, la scarlatine, déterminent très souvent l’avortement. Mais c’est encore la syphilis que l’on doit considérer, parmi les maladies de la mère, comme le facteur le plus important de l’avortement (V. Syphilis).

Parmi les autres maladies de la mère qui peuvent déterminer l’avortement, nous citerons l’intoxication saturnine, l’albuminurie, les affections organiques du cœur, la diathèse cancéreuse, la phtisie, etc.

Les affections aiguës ou chroniques de la matrice, les tumeurs développées dans ses parois ou dans sa cavité, les ulcérations, les déchirures du col utérin, certaines déviations, comme la rétroversion, la retroflexion, l’antéversion ou l’antéflexion, sont des causes d’avortement. De même les obstacles au développement de l’utérus, comme les tumeurs abdominales et plus particulièrement les kystes de l’üvaire, les adhérences que l’utérus a pu contracter avec les organes voisins dans le cours d’une péritonite antérieure, l’usage immodéré du corset, l’étroitesse extrême du détroit supérieur, comme chez certaines femmes atteintes d’ostéomalacie, sont aussi des causes d’avortement.

Enfin certaines femmes qui, pour des causes diverses ou par suite d’une extrême irritabilité de l’utérus, ont fait d’abord une ou deux fausses couches successives, arrivent difficilement dans les grossesses suivantes, non seulement à gagner le terme de la gestation, mais encore à franchir l’époque où se sont produits lès avortements antérieurs. Il faut, pour y parvenir, le repos absolu et des soins

extrêmes et quelquefois même toutes les précautions prises n’empèchent pas les avortements de se répéter. On leur donne dans ce cas, le nom de périodiques.

3® Influence de Vœuf. — Nous comprendrons sous le nom d’««/ (Voyez ce mot) non-seulement les membranes et le placenta, mais encore le liquide amniotique et le fœtus lui-même,

L’hydropisie de l’amnios, les altérations fibreuses ou fibro-graisseuse ou calcaire, vésiculaire du placenta, la brièveté du cordon ombilical, sont des causes d’avortement. La présence de deux ou de plusieurs enfants dans la matrice, par le développement exagéré qu’ils produisent, peuvent conduire à l’avortement, quoique le plus souvent la déplétion de l’utérus, dans les grossesses gémellaire^;, a ait lieu qu’à une époque plus avancée de la gestation et par conséquent en dehors des limites que nous avons fixées à l’avortement.

Toutes les maladies qui peuvent atteindre le fœtus et causer sa mort, comme la péritonite, les fièvres éruptives et plus particulièrement la variole, dont on a pu quelquefois trouver les traces eur le corps de l’enfant au moment de sa naissance ; l’hydrocéphalie, l’hydrorachie, l’ascite, conduisent à l’avortement; les maladies de la mère qui peuvent se communiquer au fœtus, et enfin la cause qui agit le plus fréquemment, comme nous avons déjà dit, la syphilis.

Causés de l’avortement accidentel. — Elles sont bien plus nombreuses encore que celles de l’avortement spontané, surtout si l’on admet comme facteurs de cet accident, avec quelques auteurs, toutes les commotions morales ou physiques que la femme ■peut ressentir. 11 est certain que des femmes qui avortent parce qu’elles voient un objet répugnant, nu parce qu’elles entendent un bruit insohte auquel elles ne s’attendaient pas, doivent être considérées comme de véritables névropathes presque incapables de conduire une grossesse à son terme normal.

Les chutes, les coups, les contusions violentes, peuvent provoquer une hémorragie qui déterminera l’avortement, ou entraîner la mort du fœtus qui sera, plus ou moins longtemps après, expulsé comme un corps étranger. Mais il ne faudrait pas croire que les plus grands traumatismes entraînent toujours l’avortement. Une femme enceinte peut tomber dans la rue, une voiture lui passer sur la jambe et la briser, l’amputation du membre être pratiquée sans que la grossesse soit arrêtée dans son cours.

Les annales de la science sont remplies d’exemples semblables.

Une course en voiture dans des rues mal pavées, un voyage un peu long en chemin de fer, l’usage prolongé de la machine à coudre, le coït trop souvent répété, peuvent déterminer l’avortement.

La saignée qui était généralement employée autrefois chez les femmes enceintes, et qui aujourd’hui peut encore rendre des services quand on la pratique chez certaines femmes pléthoriques qui éprouvent ces congestions utérines périodiques dont nous avons déjà parlé, a pu, dans certains cas, causer l’avortement. Le professeur Dubois racontait dans son cours qu’une jeune femme du quartier Latin, présentant tous les signes de cette conges-

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