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tion utérine, était venue une première fois i(» trouver et qu’une saignée lui avait été faite. Presque aussitôt une syncope survint, les mouvements de l’enfant cessèrent et une fausse couche eut lieu quelques jours après. Mise en goût par ce nouveau procédé d’avortement, cette môme femme revint une seconde fois et sans se faire reconnaître obtint, sous les mêmes prétextes, qu’on lui fit une saignée. Les mêmes phénomènes se produisirent et eurent le même résultat. Elle se présenta au professeur une troisième fois, mais elle fut reconnue et dut chercher ailleurs un praticien moins clairvoyant.
De l’avortement provoqué, je ne dirai rien ici. Les manœuvres illicites auxquelles certaines femmes se livrent et leur conséquence seront étudiées en traitant la question légale de l’avortement. Quant aux causes qui dans certains cas peuvent conduire le médecin à provoquer l’avortement, elles se réduisent à une seule : l’étroitesse extrême du bassin, ne permettant pas non seulement d’obtenir par les voies naturelles un enfant arrivé au terme de la grossesse, mais encore d'espérer, par l’accouchement prématuré, de faire naître un produit viable. Encore ajouterai-je que les progrès de la chirurgie obstétricale sont tels, que l’avortement provoqué deviendra de plus en plus rare (Voy. Dystocie, Opération césarienne).
Signes et symptômes de l’avortement. — Sauf dans les cas où l’avortement est le résultat d’une violence extérieure, il est rare que la femme ne soit pas avertie par quelques signes particuliers de l’imminence de cet accident. Dans le premier mois de la grossesse, dans ce que nous avons appelé l’avortement ovulaire, l’œuf est généralement expulsé en entier, ses adhérences à la matrice sont alors assez faibles pour être facilement détruites, et il est chassé recouvert de sang, et accompagné de caillots qui masquent sa présence à des yeux non exercés. Les femmes n’éprouvent guère que les phénomènes un peu exagérés d’une menstruation ordinaire, et les douleurs plus fortes qu’eUes ressentent leur paraissent d’autant plus légitimes, qu’ayant eu un retard, elles s’imaginent qu’il doit s’écouler plus de sang que d’habitude.
Quand la grossesse est plus avancée, les symptômes de l’avortement sont plus tranchés. Dans la période embryonnaire, du deuxième au troisième mois, il est rare que les femmes n’éprouvent pas d’abord des douleurs plus ou moins vives dans les reins, une pesanteur dans le bas-ventre, des envies fréquentes d’uriner, une sorte d’embarras général de toute la région abdominale, des envies de vomir plus douloureuses, une tension des seins. ' A ces phénomènes généraux s’ajoute un écoulement par les parties génitales, d’abord rosé, puis rous-: seâtre et enfin du sang pur. Quand on examine directement l’utérus avec le doigt, on trouve cet organe dur, tendu, abaissé dans le bassin. Le col est diminué de longueur, plus ou moins entr’ouvert, suivant que la femme a eu ou n’a pas encore eu d’enfants. Si rien ne vient suspendre ce travail commençant ou si les moyens employés n’ont pas de succès, on ne tarde pas à voir les douleurs lombaires augmenter d’intensité et prendre le type intermittent particulier aux contractions utérines.
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En même temps l’écoulement sanguin au^ente, peut même présenter le caractère d’une véritable hémorragie. Le col utérin après s’être effacé complètement s’ouvre peu à peu, et le doigt pénètre à travers l’anneau rigide formé par l’orifice, Jusque sur les membranes de l’œuf qui, ’a cette période, ont un aspect rugueux caractéristique.
Bien qu’arrivé à ce degré, l’avortement puisse encore être efficacement combattu, il est plus fréquent de voir le travail continuer, et après des douleurs violentes, une perle sanguine souvent considérable, l’œuf être définitivement expulsé. Dans ces circonstances la fausse couche a une marche extrêmement irrégulière. L’avortement peut se faire au bout de quelques heures ; il peut, au contraire, ne s’accomplir que dans l’espace de 4, 5 ou 8 jours et même davantage. L’écoulement sanguin, d’abord modéré, peut s’arrêter plus ou moins longtemps, puis reprendre avec plus d’abondance après quelques jours de suspension, avant d’arriver au type hémorragique qui précède de quelque temps la terminaison finale.
Dans quelques cas, le premier écoulement est constitué par un liquide clair, à peine teinté en rose. Ce sont les eaux de l’amnios qui s’échappent après la rupture de l’œuf. Souvent cet écoulement liquide précède d’assez longtemps les premières douleurs expulsives. Mais quelles que soient les précautions que l’on fasse prendre à la femme, l’avortement est inévitable ; ce n’est qu’une question de temps. Toutefois, il faut avoir soin de ne pas confondre l’écoulement du liqutde amniotique avec une simple hydrorrhée (V. ce mot). Si au contraire l’œuf ne se déchire qiie pendant le travail de l’avortement, vous voyez presque aussitôt après cet écoulement liquide le fœtus expulsé, puis le travail se suspend plus ou moins longtemps. Cet événement est un des plus à redouter dans le cours de la fausse couche, car l’hémorragie continue, étant entretenue par la présence des membranes de l’œuf qui, à cette époque, a contracté des adhérences assez fortes avec la surface interne de l’utérus pour ne pas être facilement détruites. Si cette situation dure plusieurs jours, la vie de la mère est fortement en danger, d’abord parce que la prolongation de l’hémorragie peut lui être fatale, ensuite parce que l’air extérieur pouvant pénétrer jusque dans la matrice, détermine la putréfaction des enveloppes du fœtus et du placenta et la malade peut succomber à l’absorption de ces produits septiques. C’est pour cette raison que les avortements criminels qui se pratiquent généralement à cette période ont si souvent une issue fatale.
Quand le fœtus meurt dans le sein maternel, les signes de l’avortement qui en seront la conséquence, sont les suivants ; d’abord troubles généraux, inappétence, frissons plus ou moins prolongés, refroidissement des extrémitéSj^palpitations, mais surtout gonflement des seins d’où peut s’écouler un peu de sérosité, puis flaccidité des mamelles un ou deux jours après. En même temps, pesanteur dans le ventre, princip^ement vers l’anus et le pubis. L avortement suivra, avec les symptômes que nous avons rapportés plus haut, plus ou moins longtemps après la mort de l’enfant. Souvent il débute
huit à quinze jours après, mais j’ai vu quelquefois 1 œuf rester dans ^ la matrice pendant plusieurs mois. La même sérié de phénomènes accompacmera l’expulsion de cet œuf mort; il sera chassé soit restant entier, soit en deux périodes, la première comprenant la sortie des eaux de l’amnios et du fœtus la seconde celle des membranes et du placenta. Si' la mort de l’enfant remonte à une date un peu éloignée, l’hémorragie est moins à craindre que nous l’avons dit précédemment. La rétention de cet œuf mort, mais entier, dans l’utérus n’offre aucun danger pour la mère. La pénétration de l’air extérieur ne pouvant avoir lieu, il n’y aura pas de putréfaction.
Le fœtus se macérera au milieu du liquide amniotique qui l’environne.
Quand l’enfant meurt dans ces deux périodes ovulaire ou embryonnaire, il peut arriver que le placenta, constitué alors par la majeure partie de la surface de l’œuf, continue à végéter et ne soit expulsé que longtemps après, au bout même de plusieurs années, comme j’en ai observé un cas. Cela forme ce qu’on a appelé une môle (Voyez ce mot).
Dans la troisième forme de l’avortement, auquel on a donné le nom de fœtal, les symptômes sont les mêmes que ceux que nous venons d’indiquer ; mais plus la grossesse se rapprochera du sixième mois, plus l’avortement ressemblera à un véritable accouchement. Il n’y a donc pas lieu d’y insister davantage. Toutefois, il ne faut pas oublier que les douleurs sont plus vives dans l’avortement. La marche du travail est plus lente, plus irrégulière, ce qui s’explique facilement par ce fait que la matrice n’a pas alors subi les modifications qui ne sont, en général, accomplies qu’à la fin de la gestation. L^écoulement sanguin est beaucoup plus considérable, l’hémorragie accompagne souvent les premières douleurs et se continue quelquefois pendant toute la durée du travail de la fausse couche, et elle peut prendre des proportions inquiétantes si l’œuf se rompt dans la première partie du travail, avant que l’orifice utérin ait acquis une étendue suffisante pour laisser facilement passer les annexes du fœtus qui sont, à cette période, beaucoup plus volumineuses que le fœtus lui-même.
Dans cette période, un des signes de la mort de l’enfant est la cessation des mouvements actifs qui sont habituellement perçus par la mère vers le quatrième mois. La tension des mamelles d’abord""' et leur flaccidité ensuite ne manque presque jamais après cet événement. C’est également pendant cette période et dans les mois qui suivent, que succombent en général, les fœtus atteints de syphilis.
Il est inutile d’ajouter que les enfants nés vivants à la suite d’un avortemelut ne tardent pas à succomber, le développement de leurs organes étant encore trop imparfait pour qu’ils puissent participer à la vie extra-utérine.
Pour l’avortement dans le cas dé grossesse gémellaire (Voyez ce mot).
Traitement. — Le premier devoir du médecin devant une menace d’avortement, est de faire tous ses efforts pour arrêter le travaü commencé et permettre à la grossesse de poursuivre son cours. Quel que soit l’âge de la gestation et les phéno-
mènes observés, le repos au lit constitue la première indication à remplir ; de petits lavements opiacés, contenant dix à quinze gouttes de laudanum de Sydenham, et qu’on répétera deux, trois nt même quatre fois dans les vingt-quatre heures, feront diminuer d’abord et cesser ensuite les contractions utérines, ainsi que les douleurs lombaires et l’hémorragie qui en dépendent. Quant à la saignée, qui peut rendre quelques services chez certaines femmes, dont les époques menstruelles sont d’habitude très abondantes et qui, malgré la grossesse, continuent à être périodiquement tourmentées par le molimen hémorragique, il conviendra d’être très sobre de ce procédé, qui n’est presque plus employé aujourd’hui et dont l’application fait souvent assez peur aux malades, pour que le remède produise plus de mal que de bien. C’est encore le repos au lit, ordonné chaque mois à la date qui répond, aux époques menstruelles, les lavements laudanisés et des cataplasmes tièdes sur le ventre, qui m’ont le plus souvent réussi, dans des cas semblables.
Tant que l’œuf est intact, même si le col est effacé, entr’ouvert, si le doigt arrive directement sur les membranes, si l’écoulement sanguin a été d’une certaine abondance, il faut essayer d’arrêter l’avortement et j’ai vu quelquefois dans des cas qui semblaient désespérés, arriver à un bon résultat par l’usage des moyens préventifs que je viens d’indiquer. •
Chez les femmes qui ont déjà fait une ou plusieurs fausses couches à une époque presque toujours la même, le repos au lit depuis la première suspension des règles jusqu’à une période postérieure à celle où les avortements ont eu lieu, est indispensable. En même temps, il faut surveiller d’autant plus la malade qu’on approche davantage du moment où l’utérus a pris l’habitude de se débarrasser de son contenu, afin d’être tout prêt à combattre les premiers symptômes de fausse couche. Je n’ai pas besoin d’ajouter que dans les cas où l’on sait et même dans ceux où l’on soupçonne que la syphilis a été le premier facteur des avortements successifs, la femme doit être, dès le début d’une nouvelle grossesse, soumise à un traitement antisyphilitique.
D’une manière générale, toute femme qui, pour une raison ou pour une autre, craint de faire une fausse couche, devra éviter les fatigues, les voyao-es en voiture et en chemin de fer, les excitations °de toutes espèces. Elle gardera le plus possible le repos au lit, elle se soumettra à un régime simple et mênae les efforts pour aUer à la garde-robe devront etre évités en faisant usage tous les jours ou tous les deux jours de lavements émollients.
Quand malgré tous les moyens employés, le "travail de l’avortement continue, tous les efforts du médecin doivent tendre, au moins dans les quatre premiers mois de la grossesse, à éviter que l’œuf se déchire. On peut poser comme règle absolue, que dans l’avortement, la rupture des membranes ne devra jamais être pratiquée artificiellement, quelle que soit la présentation du fœtus. En effet,' si l’on peut obtenir, en ménageant la poche des eaux en pratiquant le toucher vaginal le moins possible
que l’œuf reste entier, on est à l’abri des hémor ragies consécutives causées par la rétention d’un' portion de l’œuf dans l’utérus et de la résorn^ tion putride qui en est quelquefois la conséquence Mais si, malgré toutes les précautions, l’œuf se dé" chire, les eaux de l’amnios et le fœtus sont rapidement expulsés, et il ne reste plus dans la matrice que les enveloppes de l’œuf et le placenta qui est relativement très étendu à cette époque de la gros sesse (V. Œuf, Placenta). Les deux grands dangers dans ce cas sont d’abord l’hémorragie, ensuite la putréfaction des annexes du fœtus et la septicémie qui en découle. Contre l’hémorragie on emploiera les moyens généraux comme la position horizontale, les boissons froides, l’application sur le bas du ventre et sur le haut des cuisses de servietces trempées dans l’eau froide; mais quelquefois ces moyens ne suffisent pas et il faut alors recourir au tamponnement (V. ce mot). C’est principalement dans les quatre ou cinq premiers mois de la grossesse que ce procédé peut être employé : plus tard comme je l’ai déjà dit, l’avortement se rapproché beaucoup de l’accouchement prématuré et la délivrance doit s’opérer de même. .
Contre la septicémie, il faudra avoir soin de pratiquer le toucher vaginal le moins possible. Les mains de l’opérateur devront toujours avoir été lavées dans de l’eau légèrement coupée de Phénol Bobœuf on de Vinaigre dePennèsnvnni tout attouchement de sa part. Des injections vaginales d’eàu semblablement coupée seront faites plusieurs fois par jour. Enfin, aux premiers symptômes de putréfaction des annexes restées dans l’utérus, il ne faudra pas hésiter à pratiquer les injections intrautérines avec un liquide antiseptique.
Quant aux moyens propres à réveiller les contractions utérines, dans ce cas, tels que le seigle ergoté et les applications d’éponge préparée dans le col utérin, je les repousse absolument comme plus préjudiciables qu’utiles (V. Seigle ergoté, Eponge préparée).
Les femmes, à la suite d’un avortement, devront se soigner absolument comme après un accouchement à terme, avec plus de rigueur même, s’il est possible, afin d’éviter, qu’à une grossesse suivante, un pareil événement se renouvelle. D' ant. de Soyre.
AVORTEMENT CRIMINEL. — Médecine légale. — Et d’abord voici les articles principaux du Code qui traitent de l’avortement criminel :
Code pénal, art. 317. — Quiconque par aliments, breuvages, médicaments, violences ou par tout autre moyen, aura, procuré l’avortement d’une femme enceinte, soit qu’elle y ait consenti ou non, sera puni de la réclusion.
La même peine sera prononcée contre la femme qui se sera procuré l avortement à elle-même ou qui aura consenti à faire usage des moyens à elle indiqués ou administrés à cet eflét, si l’avortement s’en est suivi.
Les médecins, chirurgiens et autres officiers de santé, ainsi que les pharmaciens , qui auront indiqué ou administré ces moyens, seront condamnés à la peine des travaux forcés à temps, dans le cas où l'avortement aurait eu lieu.
Comme on le voit les articles ci-dessus ne visent que les avortements commencés et restent muets à l’égard des tentatives d’avortements; mais les divers