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arrêts rendus par les coursent établi à ce sujet une jurisprudence assez singulière. Voici d’après Brianp et Chaude, les conclusions qu’on peut tirer de la jurisprudence actuellement établie : 1“ La femme n’est punie que si l’avortement a eu lieu et non s’il li’a été que tenté; 2° tout indi\idu, autre que la femme et les gens de l’art, est puni d’une peine égale, celle de la réclusion, qu’il y ait eu avortement ou seulement tentative; 3° les gens de l’art sont punis des travaux forcés s’il y a eu avortement, de la réclusion seulement s’il y a eu tentative; 4‘ le complice d’une tentative d’avortement n’est pas puni si c’est la femme elle-même qui a tenté de se faire avorter, mais il est puni si l’auteur de la tentative est toute autre personne. E. n’est pas •du reste nécessaire de rappeler ici que, en thèse générale, la tentative d’un crime est considérée par la loi comme le crime lui-même.
On donne le nom d’avortement à l’expulsion du fœtus à une époque de la grossesse où il n’est pas encore viable, mais en médecine légale, cette définition peut être modifiée de la manière suivante : l’expulsion prématurée et violemment provoquée du produit de la conception, indépendamment de toutes les circonstances d’âge, de viabilité et même de formation régulière.
Beaucoup de médecins légistes ont pensé que l’ayortement ne pouvait donner lieu à des poursuites que lorsqu’il existe un corps de délit. D’autres ont pensé qu’il était dangereux et inutile d’exposer en détail les moyens abortifs parce que la malveillance pouvait s’en emparer pour commettre de nouveaux crimes. D’autres enfin, parmi lesquels nous citerons Orfila et Devergie, ont confondu l’avortement avec l’infanticide. Ce sont là des interprétations erronées et qui ont donné lieu à des incertitudes sans nombre. « Que le fœtus soit mort ou vivant, nous dit- Tardieu, qu’il ait atteint l’époque de la viabilité ou qu’il soit aux premiers temps de sa formation, ni les conditions physiques, ni les conditions morales de l’avortement ne changent. » Cette manière de voir est également adoptée par lourdes : « L’élément matériel du crime est constitué par ce fait que la durée normale de la grossesse a été volontairement abrégée indépendamment du produit de la conception. » Il n’est donc pas besoin d’avoir un fœtus sous les yeux pour conclure à l’avortement.
Ce crime est un des plus fréquents parce qu’il est extrêmement facile de le dissimuler, lorsque des accidents graves ou la mort de la femme ne viennent pas attirer l’attention. Dans les grandes villes il constitue une véritable industrie. En Allemagne, l’avortement est pratiqué sur une grande échelle et les coupables y sont presque sûrs de l’impunité, puisque la condamnation ne peut avoir lieu que s il existe un corps de délit. En Angleterre, quoique ce crime soit puni de la peine capitale, il y est extrêmement fréquent. A New-York, le chiffre des enl^ts mort-nés et expulsés avant terme prouve la irequence de l’avortement. Pour une population ne 76,770 âmes en 1803, on ne comptait dans cette Tille que 37 enfants mort-nés; en 1849 pour une population de 430,000, le nombre des enfants mortnes s est élevé à 1,320, c’est-à-dire que, pour ime population qui a sextuplé, le nombre des enfants Dictionnaihe populaire de Médecine usuelle.
morts-nés est devenu trente-sept fois plus considérable.
De 1836 à 1862 la Morgue a reçu 1,098 fœtus qui n’étaient pas à terme et dont 823 étaient âgés de moins de six mois. Sur 288 autopsies, 68 ont fourni des indices d’avortement provoqué. De 1870 à 1877 il y a eu en France 1,071 accusations d’avortement et *2,473 accusés.
Dans le relevé annuel des crimes d’avortement jugés de 1831 à 1835, le chiffre des accusés dépasse des deux tiers celui des accusations, ce qui démontre que le crime d’avortement implique presque toujours trois complices. La proportion des femmes dépasse de beaucoup celle des hommes, mais elle serait encore plus considérable si les. hommes de l’art ne venaient si souvent grossir le nombre des accusés du sexe masculin. Il est triste d’avoir à rappeler que sur 604 condamnations prononcées pour avortement, 148 ont été infligées à. des sages-femmes et à des médecins, c’est-à-dire près du sixième. « Le crime d’avortement est peutêtre celui de tous dont le médecin doit avoir le plus à cœur d’aider la poursuite, parce que c’est celui de tous qui déshonore et souille le plus souvent la profession médicale. » (Tardieu.)
De 1871 à 1873, les cours d’assises ont jugé 1,031 infanticides ou tentatives ; 14 condamnations ■ à mort ont été prononcées.
C’est entre le troisième et le cinquième mois que l’avortement criminel est le plus souvent provoqué. Cette proposition est tout à fait confirmée par les observations recueillies par Tardieu : 30 dans les trois premiers mois, 39 de trois à six mois et 19 après le sixième mois.
Ces chiffres sont parfaitement en rapport avec les circonstances dans lesquels l’avortement est le plus souvent tenté. Avant trois mois, la femme n’est pas encore certaine d’être enceinte; après le quatrième ou le cinquième mois, les mouvements actifs de l’enfant la font souvent hésiter en lui révélant la gravité du crime.
Nous n’avons pas à nous occuper ici des moyens employés par les criminels pour produire l’avortement. Ils sont du reste à peu près les mêmes que ceux employés par les médecins lorsque l’avortement est jugé nécessaire avec cette différence que les procédés employés par des mains inhabiles, sont beaucoup plus dangereux.
Constatation médico-légale de l’avortement. —Les. circonstances particulières au milieu desqueUes" s’opère l’avortement criminel le font différer, àu point de vue de la symptomatologie et du pronostic, de l’avortement naturel et de l’avortement légalement pratiqué par le chirurgien.
Quant aux symptômes de l’àvortement criminel, ils n’ont rien de bien caractéristique. Dans la plupart des cas la femme éprouve, au moment de l’opération ou peu d’instants après, une vive douleur soit dans les reins, soit dans un point de l’abdomen. Une hémorrhagie plus ou moins abondante’ survient -presque immédiatement. On observe ensuite des nausées, des vomissements, un écoulement de sang et de liquide amniotique qui annoncent le commencement du travail. ;
Il suffit, pour montrer le danger des manœuvres
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abortives coupables, de rappeler que sur 116 cas d’avortement criminel exactement observés, 60 ont été suivis de mort, tandis que sur 26 avortements pratiqués légalement, selon les règles de l’art, on n’a observé aucun accident grave. L’hémorrhagie, la métro-péritonite et la rupture de l’utérus sont les plus redoutables complications de l’avortenient, et ce sont ces accidents eux-mêmes qui font découvrir le crime dans un grand nombre de cas.
Il importe de préciser, autant que possible, l’intervalle qui s’est écoulé entre les manœuvres abortives et l’expulsion de l’œuf. Sur 34 cas d’accoucheinents provoqués, Orfila avait noté que le maximum de temps écoulé entre l’opération et l’expulsion était de treize heures et demie et le maximum de six jours. Tardieu, qui a observé un nombre considérable d’avortements produits par des manœuvres criminelles directes, formule l’opinion suivante :
« Je considère comme rares les cas où la date de l’expulsion du fœtus a été de six, sept, . huit ou onze jours. Le maximum et le minimum du temps écoulé entre l’opération et la consommation de l’avortement, varient donc de cinq heures à onze heures; mais, je le répète, le résultat est obtenu le plus souvent à la suite des manœuvres criminelles dans les quatre premiers jours. S’il s’agit du procédé fréquemment employé aujourd’hui, de l’injection intra-utérine, les choses marchent plus vite encore. Après une seule injection, si elle a réellement pé- I nétré dans la cavité de la matrice, les contractions commencent très vite et peuvent provoquer l’expulsion en quelques heures. Je ne l’ai pas vue tarder au delà de dix-huit heures et, dans deux cas, je l’ai vue accomplie en six ou huit heures. » Dr A. lutaüd.
AVORTON. — Nom donné au fœtus né avant terme, c’est-à-dire avant d’être viable (V. Fœtus, Mort-né). p, L,
AVULSION. — (Voyez Extraction).
AX (EAUX MINÉRALES D’). — Ax est Une petite ville de l’Ariège, située à 44 kilomètres de Foix, non loin de la frontière d’Andorre, dans une vallée de montagnes, à 700 mètres d’altitude, dont les eaux sulfurées sodiques thermales, alimentent quatre étahlissements qui, au lieu de se faire une guerre préjudiciable à toüs et à chacun, feraient bien mieux de fusionner.
Analogues à celles de Luchon, les eaux d’Ax sont indiquées contre la scrofule, le rhumatisme chronique articulaire et musculaire, certaines maladies de peau, les affections catarrhales de l’appareil respiratoire, etc. P. l.
AXILLAIRE. — Qualificatif donné par les anatomistes à la région de l’aisselle et aux artères, veines, nerfs et ganglions de cette région (V. Aisselle). P. L.
AXIS. — Nom donné par les anatomistes à la seconde vertèbre -du cou ou cervicale. Cet os présente à sa face supérieure une saillie volumineuse qui a . reçu le nom d’apophyse odontoïde. Cette apophyse s’articule avec l’arc antérieur de Yaüas. De telle
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sorle que les mouvements de demi-flexion de la tête qui caractérisent le signe non, s’exécutent au niveau de l’atlas et de l’axis, tandis que les mouvements du flexion et d’extension que l’on fait dans le signe oui se passent entre l’atlas et l’os occipital de la tête’
Axis (deuxième vertèbre cervicale). — Apophyse odontoïde.—
2. Facette articulaire pour l’union de l’arc antérieur de l’atlas.
— 3. Col de l’apophyse odontoïde. - 4,4. Apophyses transverses. — .5,5. Apophyses articulaires supérieures s’articulant, avec les apophyses inférieures de l’atlas. — 6,6. Apophyses articulaires inférieures, s’articulant avec la troisième vertèbre cervicale.
L’axis présente aussi des apophyses transverses,’ dont les faces supérieures s’articulent avec les apo* physes articulaires inférieures de l’atlas, tandis que les faces inférieures s’articulent avec la troisième vertèbre cervicale, par emboîtement réciproque. Quant au trou de l’axis, il est moins large que celui de l’atlas, plus large que celui des autres vertèbres, et présente la forme d’un cœur de carte à jouer, dont le sommet est dirigé en arrière. p. l.
AXONGE. — L’axonge, graisse de porc ou saindoux, est la graisse extraite de la panne du porCi Elle se prépare en coupant la panne par morceaux et la chauffant au hain-marie jusqu’à ce qu’elle soit complètement fondue et claire. On la passe ensuite à travers un linge serré et on la conserve dans des pots bien recouverts et placés dans un lieu frais. Dans cet état, l’axonge se présente sous la forme d’une graisse mpUe et blanche, sans saveur ni odeur, facilement altéra,ble à l’air, ne pouvant plus servir quand elle est vieille et rance.
EUe est quelquefois employée seule en onctions adoucissantes sur l’érysipèle, l’érythème, les surfaces gercées ou excoriées. Le plus souvent elle sert à la préparation des emplâtres, des onguents et des pommades. On peut même dire qu’elle forme l’excipient de presque toutes les pommades usitées en médecine, soit qu’on se serve de l’axonge pure, soit qu’on ait recours à Vaxonge benzoïnée. Cette dernière se prépare en chauffant au bain-marie, pendant deux ou trois heures, un mélange d’une partie de benjoin concassé avec vingt-cinq parties d’axonge, passant à travers un linge et agitant jusqu’à refroidissement. La pommade à l’axonge benzoïnée a une odeur très agréable, capable de neutraliser les médicaments de mauvaise odeur ; eUe se conserve très longtemps sans rancir.
Df Marc. Cambouuvks.
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azotate. — Nom donné par les chimistes aux •sels formés par la combinaison de l’acide azotique ou nitrique avec différentes bases. Les principaux •azotates usités en médecine sont ; V azotate ou nitrate d'argent (V. Argent) ; le sous-azotate ou sousnitrate de bismuth (V. Bismuth) ; le nitrate acide de mercure (V. Mercure)\ et Y azotate ou nitrate de •potasse (Y. Potasse). P. L.
AZOTE. — Nom, donné par les chimistes à un gaz incolore, élastique, un peu plus léger que l’air atmosphérique dont il forme les quatre cinquièmes, se liquéfiant sous une pression de 200 atmosphères ; inodore, sans saveur, fort peu soluble dans -l’eau, un peu plus dans l’alcool ; éteignant les corps en combustion, impropre à la respiration et déterminant l’asphyxie et la mort, lorsqu’il est respiré seuL Cependant l’azote faisant partie de l’atmosphère, pénètre avec l’oxygène dans les poumons. L’air exhalé contient un peu plus d’azote que l’air inspiré, ce qui prouve que les animaux cèdent à l’air une partie de l'azote qui entre dans leurs aliments. Ce gaz forme, d’après le professeur Riche, le dixième environ de ceux qui sont contenus dans le sang, et il est plus soluble dans ce liquide que ne le laisse supposer a priori son peu de solubilité dans l’eau.
L’azote, qui fait partie de presque toutes les substances animales ou végétales, n’a aucune application en médecine. Parmi ses composés, trois ont une réeUe valeur en thérapeutique, ce sont l'ammoniaque (V. ce mot) constitué par la combinaison de l’azote avec l'hydrogène; le protoxyde d'azote (V. ce mot) constitué par la combinaison de deux parties d’azote avec une partie d’oxygène ; enfin l'acide azotique (V. ce mot) constitué par la combinaison d’une partie d’azote avec cinq parties d’oxygène.
D'' Paul Labaethe.
AZOTE (PROTOXYDE D’). — Ce gaz, appelé encore gaz hilarant, est incolore, inodore, d’une saveur douce, très soluble dans l’eau, puisque un litre d’eau, à la pression de 76 cent, et à la température de 15“ dissout un litre de ce gaz. 11 jouit de propriétés anesthésiques, qui l’ont fait employer pour produire l’insensibilité dans les cas d’opérations chirurgicales (V. Anesthésie).
Le protoxyde d’azote est aussi employé en médecine depuis 1866. A cette époque, M. Limousin frappé de la grande solubilité de ce gaz et de son pouvoir oxydant remarquable, prépara une solution de 1 volume de protoxyde d’azote dans 1 volume d eau. Cette soi ution, d’une saveur douce, légèrement sucrée, qui rend l’eau plus agréable à boire que quand elle est pure, et communique ce goût au vin et aux liquides avec lesquels on la mêle, M. Limousm 1 expérimenta sur lui et constata tout d’abord sa parfaite innocuité. Il en but jusqu’à la dose de 2 ûouteüles par jour, tantôt pure, tantôt coupée avec du vin, et cette boisson ne produisit sur lui qu une légère excitation et une sensation de chaleur a a tete assez prononcée, ayant une certaine anaogie avec 1 ébriété alcoolique. Après lui, le chirurgi^ Demarquay étudia sur lui-même les effets de cette solution; il se soumit pendant quelques jours a ce régime et il constata que le protoxyde d’azote.
en dissolution dans l’eau, produisait sur ses fonctions digestives une action stimulante et apéritive très marquée, en même temps qu’une action diurétique remarquable. Les observations recueilbés depuis, surtout par les professeurs Schutzenberger et Ritter, ont confirmé cette double action de l’eau chargée de protoxyde d’azote, et démontré de plus que ceUe-ci a une influence très sensible sur les poumons, où elle facüite et complète l’bémalose du sang. Aussi emploie-t-on maintenant V eau oxy azotée dans la gravelle urique, les rhumatismes, la chlorose et le diabète. D' Paul Labaethe.
AZOTIQUE (ACIDE) — Chimie. — L’acide azotique (ou nitrique ou eau forte) pur ou monohydraté, est un liquide incolore, d’une odeur forte particulière, d’une saveur excessivement caustique. Il constitue un poison corrosif très énergique.
Effets. — L’acide azotique ou nitrique pur, versé sur la peau, la colore d’abord en jaune orangé, puis la cautérise fortement; il produit une eschare jaunâtre d’autant plus épaisse que le contact a été plus prolongé. Introduit dans l’intérieur, il cautérise de même la membrane muqueuse digestive, produit une inflammation locale qui s’étend la plupart du temps au péritoine et entraîne des désordres dont la mort est la conséquence inévitable. Étendu d’eau jusqu’à agréable acidité, il devient rafraîchissant et tempérant à la manière des autres acides. li passe dans la circulation sanguine invisqué par l’albumine qu’il a la propriété de coaguler, puis il s’élimine par le rein et en augmente la sécrétion.
Usages. — Cet acide concentré sert à détruire les verrues ou autres petites tumeurs semblables; il sert également à cautériser les ulcères du nez, de la bouche, de l’utérus, les plaies envenimées, les bourgeons charnus luxuriants. M. le docteur Hamon(de Fresnay), préfère l’emploi de cet acide à celui de l’acide sulfurique, comme moins douloureux, pour faire des cautérisations ponctuées, linéaires, transcurrentes, dans le traitement des arthrites chroniques, des tumeurs blanches et de certaines affections de la matrice, et va même jusqu’à les préférer aux cautérisations par le fer rouge, A l’état de dilution, l’acide nitrique est avantageusement utilisé à l’intérieur contre les inflammations et les fièvres, par ses vertus tempérantes. Les professeurs Forget et Rayer l’ont vanté comme un précieux diurétique dans le traitement de l’albuminurie, administré en limonade selon la formule suivante :
Eau . 100 grammes.
Sirop de sucre . 60 —
Acide nitricpie . 12 gouttes.
à boire par petites doses dans le courant de la journée.
Cette même limonade a été employée encore par certains médecins contre l’enrouement des chanteurs. On utilise encore l’acide azotique en gargarisme ou en collutoires, contre les ulcérations buccales, mais très rarement. Enfin l’acide azotique ou nitrique entre dans la plupart des papiers et cigarettes antiasthmatiques. D' marc. Camboduyes.
Empoisonnement. — L’empoisonnement par l’a-
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