a f 50 Bandages mécaniques bouclés
^ '“l 6“ Appareils de fractures.
\ 7" Appareils orthopédiques.
Nous ne donnerons pas ici la description de ces divers bandages, dont il sera parlé dans le dictionnaire, soit â leur nom particulier, soit aux mots consacrés aux différentes régions du corps où ik sont applicables, et aux maladies chirurgicales qm réclament leur emploi.
Nous nous contenterons de rappeler, d’après Ja-
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main et Terrier, les principales règles à suivre dans l’application des bandages.
Toutes les fois qu’on veut appliquer un bandage, û faut : 1° S’assurer si le bandage peut remplir toutes les indications nécessaires ; 2° réunir des aides en nombre suffisant, soit pour soutenir le malade quand celui-ci ne peut rester debout ou assis, soit pour soutenir le membre que le malade ne pourrait maintenir élevé, soit enfin, pour contenir les pièces d’appareil, etc. ; 3“ placer le malade dans la position la plus commode pour lui et pour le chirurgien, et disposer convenablement ses aides ; 4° appliquer le bandage d’une manière uniforme, c’est-à-dire qu’il soit également serré dans toute son étendue ; a® serrer convenablement le bandage ; car, trop lâche, il ghsserait et ne remplirait pas le hut qu’on se propose ; trop serré, U. pourrait causer des accidents fort graves et même souvent la gangrène ; 6° appliquer toujours un bandage de bas en haut, c’est-à-dire de manière à refouler les liquides vers les centres ; si le bandage était appliqué de haut en bas, ces liquides engorgeraient les extrémités. 11 est évident que cette dernière remarque ne s’applique qu’aux bandages placés sur les membres.
BANDAGE HERNIAIRE. — On appelle ainsi des appareils spéciaux destinés à maintenir les hernies réduites. En général, un bandage herniaire se compose d’une PELOTE destinée à être appliquée sur l’ouverture herniaire; d’une ceintüre ou d’un ressort qui maintiennent la pelote et lui communiquent une pression plus ou moins énergique ; enfin d’un soüs-CDissE destiné à empêcher la pelote de glisser et de se déplacer.
La PELOTE présente à son centre une partie métallique, appelée écusson, entièrement recouverte par de la peau de chamois rembourrée de charpie, de vieux linge, de laine ou de bourre de soie. Cette pelote varie de forme suivant la variété de hernie qu’elle est appelée à maintenir, et le plus ou moins d’embonpoint du malade; elle peut oint» n„»io ovale, trian¬
gulaire, en poire ou en becde-corbin, et la face qui est en contact avec l’orifice herniairé est tantôt plate, tantôt concave, tantôt convexe.
La pelote ovale (fig.l4t) est un peu plate pour les Fig. u± sujets maigres et légèrement
Pelote triangulaire. convexe chez ceux d’un certain embonpoint. La pelote triangulaire (fig, 142) qui caractérise par sa forme le bandage français, est celle à laquelle nous donnons la préférence dans la majeure partie des cas. EUe est applicable dans les hernies inguinales directes, tendant à Pelote arrondie. descendre dans le scrotum.
Fig. 143.
Sa forme triangulaire lui permet de couvrir entièrement le canal inguinal externe, dans tous les déplacements que peut subir le bandage. Le modèle de pelote (fig. 143), est applicable dans les cas de hernies inguinales directes circonscrites au niveau du canal externe et présentant la forme arrondie du volume d’un œuf de poule. La forme de cette pelote est disposée de manière à ne comprimer que le canal inguinal sans tou- pjg
cher la branche du pubis ; dorsale ronde,
elle est assez convexe et ne doit être employée que chez les sujets un peu obèses.
La pelote en forme de poire ronde ou bec (fig. 144), est munie à sa partie centrale d’un pivot haut d’environ 1 centimètre. L’extrémité antérieure du res¬
sort s’articule sur une pelote dorsale ronde (fig. 145), entre ces deux points, le ressort est libre, les mouvements du corps ne peuvent donc avoir aucune influence sur la position de la pelote qui est mobile, et ne compromet en rien la pression qu’elle exerce. Cette pelote est munie, à son centre, d’une petite tige permettant le pivotage en tous sens.
Enfin, la pelote en bec-de-corbin est légèrement bombée à son milieu, afin de faire saillie et de pouvoir presser sur le trajet du canal sans comprimer les cordons spermatiques.
La CEINTURE est molle ou rnélallique. Les ceintures molles sont formées de laine, de cuir ou de caoutchouc. Celles de M. Rainai, père, sont formées d’un tissu en fil auquel nous donnons la préférence. Les ceintures métalliques sont formées d’un ressort tordu en forme de spirale, qui a reçu le nom de réssort français. Ce ressort est soudé avec la pelote, et est recourbé de façon que son extrémité antérieure descende plus bas que son extrémité postérieure. Celle-ci prend son point d’appui sur la région lomba,ire du côté opposé à la hernie, tandis que l’extrémité antérieure maintient la hernie.
Quant aux sous-guisses, ils sont destinés à maintenir la pelote en place, et doivent être fixés à la partie postérieure de la ceinture.
On distingue trois espèces principales de bandages herniaires : 1“ le bandage inguinal ; 2° le bandage crural; 3° le bandage ombilical.
Bandage inguinal.
— Pour la contention des hernies in-
Fig. 146.
Bandage inguinal doublé pour la première enfance.
guinales, dans la premüre enfance, depuis un mois jusqu’à dix-huit, nous adoptons le modèle de bandage en caoutchouc à air (fig. 146) ,*5 de
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MM. Léon et Jules Rainai frères, deux de nos plus habiles bandagistes, en ayant soin de faire retirer l’appareil deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures, pour voir si la peau est excoriée ou rouge, et en même temps, pour renouveler l’application de la poudre d’amidon qui doit toujours précéder celle du bandage.
Chez les enfants de 2 à 6 ans, la hernie inguinale doit être contenue par un bandage à ressort (fig. 1 47), dans lequel les points d’appui sont répartis sur tous les contours du bassin, la pelote triangulaire à bec allongé, munie d’un sous -cuisse adhérent, s’applique très bien sur le parcours du canal inguinal. Lorsque cette hernie est scrotale, on fait donner au ressort une force
Bandage inguinal pour les enfants
nière à résister à tous les efforts produits par la toux, ou les divers exercices violents.
Ce bandage est recouvert de peau d’agneau très fine. Afin d’éviter sa détérioration rapide, causée par le contact de l’urine ou des matières chez certains enfants, MM. Rainai remplacent cette garniture en peau par une autre en toile caoutchoutée imperméable., De cette façon, l’appareil est préservé et son entretien est rendu plus facile en ce qu’il peut être lavé fréquemment.
Nous recommandons de couvrir ces bandages avec une toile fine que l’on change souvent, et de saupoudrer d’amidon les endroits sur lesquels ils doivent s’appliquer.
Tous les chirurgiens qui se sont occupés spécialement des hernies, recommandent de faire porter ces bandages le jour et la nuit, afin d’obtenir une cure radicale.
Chez l'adulte, on emploie dans les hernies sim¬
ples un appareil (fig. 148), dans lequel la disposition des ressorts permet de donner à la pelote l’inclinaison nécessaire. De plus, les ressorts sont munis de plusieurs trous, de fciçon à pouvoir allonger l’appareil au fur et à mesure que la croissance se manifeste.
Le bandage représenté parla fi^re 149 est applicable dans les cas de hernie au début, il se compose d’m ressort excessivement léger et imperceptible.
Fig. -147.
Il est un peu plus large et très souple en arri' pour appuyer sur les deux apophyses sacro-iha!
ques, sans toucher la ligne médiane et le bas de l’épine de la colonne vertébrale.
Le bandage figure ISO est employé lorsque la hernie, déjà ancienne, est devenue scrotale.
Quelque désagréable que soit le sous-cuisse, il est impossible de s’en passer pour les bandages appjicables aux en fants .
pas necessaire qu’il soit très ser^ ré, puisqu’il a pour but, non de contribuer à la contention de la hernie, mais’ simplement d’empêcher le bandage de se déplacer ; il doit être peu tendu et n’exercer aucune pression.
Pour les personnes que la pression des ressorts du bandage fatigue, et qui veulent se reposer un peu pendant la nuit, M. Rainai, père, a fabriqué un appareil (fig. 151) composé d’une ceinture sans ressorts.
Fig. ISO.
Bandage ingninal pour hernie déjà ancienne.
Fig. ISl.
Bandage de nuit.
non élasti(^e, munie d’une pelote sur laqueUe est fixé un levier destiné à produire une compression au moyen de courroies placées à l’une des extré-
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mités de la ceinture. On l'applique pour le repos au lit, aussitôt que le bandage à ressort porté pendant le jour a été retiré.
Bandage crural. — Le bandage français pour la hernie crurale, diffère de celui employé pour la hernie inguinale, en ce que son col est plus court et que sa partie antérieure descend plus bas ; le res¬
Bandage crural français, appliqué avec son sous-cuisses.
sort, avec sa courbure spéciale, est élargi èn arrière pour appuyer sur le haut des symphyses sacroiliaques.
Le sous-cuisse joue ici un. rôle important, et si l’on a quelque doute sur l’exacte contention de la hernie, il faut surtout compter sur ce puissant auxiliaire. Le sous-cuisse doit être fixé sur le collet du bandage, tout près de la pelote, de manière à embrasser le pli de l’aine et le pli de la fesse, ainsi que le représente la figure 152. Le chirurgien Adolphe Richard, dans ses leçons de l’hôpital Beaujon, insistait beaucoup et avec raison sur ce détail très important.
Le bandage crural pour les femmes a 5 ou 6 centimètres de plus comme longueur, que celui qui est destiné aux hommes, par la raison que chez elles le bassin est plus évasé et plus arrondi.
Bandage ombilical. — Chez les tout jeunes enfants, de 1 mois à 18, le meilleur bandage est encore le modèle de MM. Rainai (fig. 153). 11 se compose
Fig. 153.
Bandage ombilical pour les jeunes enfants.
dune ceinture en caoutchouc naturel; une petite pelote a air, placée au centre, s’adapte sur le nombru. Des trous pratiqués sur toute la surface de la cemture empêchent la sudation produite par le caoutchouc. MM. Rainai ont imaginé de remplacer
blCTIONNUBE POPULAIBE DE MÉDECINE CSCELLE.
la pelote ronde par une autre de forme carrée et plate, afin d’éviter par ce moyen la dilatation de l’anneau, ce qui arrive quelquefois avec les pelotes rondes et coniques.
Chez les enfants qui commencent à marcher, ce bandage en caoutchouc devient insuffisant, et le professeur Gosselin est d’avis qu’il faut avoir recours au bandage à ressort. Le modèle, figure 154, remplit très bien toutes ces indications. U est composé d’un seul ressort auquel est fixé une courroie Fig. 154.
destinée à le maintenir en Bandage ombilical
place. La mobilité des pla- pour enfants,
ques facilite le déplacement
du ressort en totalité, sans nuire à la contention de la hernie, qui est constamment maintènue par la pelote, cette dernière ne suivant pas le ressort dans ses évolutions de bas en haut ; la compression est obtenue par la simple force élastique du .ressort d’avant en arrière.
Chez l'adulte, le meilleur bandage est celui représenté par la figure 155. 11 est composé d’une
Fig. 155.
Bandage ombilical pour, adulte.
pelote convexe à sa partie appuyant sur l’ombilic. Sur le milieu de la plaque existe un pivot sur lequel viennent s’articuler deux ressorts, terminés chacun par une pelote dorsale également mobile, reliés par une courroie.
Ce bandage a l’avantage de ne pas comprimer le tour du corps, il agit en exerçant une pression directe d’avant en arrière, et a l’immense avantage de ne jamais se déplacer.
Chez les sujets atteints de hernie ombilicale, qui ne peuvent supporter la pression des ressorts, on peut avoir recours à l’appareü représenté par la figure 156. 11 est composé d’une pelote sur le milieu de laquelle est fixé un levier à quatre branches, destiné à recevoir les deux extrémités d’une ceinture non élastique embrassant le tour du corps.
Ce levier, dont les quatre branches sont tirées vers un centre commun, agissent en directions
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différentes et se neutralisent. Il en résulte que la résistance des forces se trouve réduite à zéro, et que la pression exercée sur la pelote fait que celleci se trouve intacte, immobile, n’agissant pas plus d’un côté que de l’autre, mais d’une façon pleine, vers un centre commun qui est le point d’appui.
Après avoir fait rentrer les viscères, on applique la partie convexe de la pelote sur l’anneau ombilical ; deux des branches de la bascule reçoivent l’extrémité de la ceinture qui fait le tour du corps ; au bout de cette ce nture se trouvent deux autres courroies, que l’on fixe aux dernières branches de la bascule laissées libres. Cet appareil, ainsi appliqué, opère une traction suffisant^ pour comprimer la hernie, même volumineuse.
Application des bandages herniaires. — Lorsqu’on veut appliquer un bandage herniaire, on fait d’ahord coucber lé malade; puis on réduit sa hernie d’une manière complète, et un aide maintient les doigts d’une main sur l’ouverture herniaire, pour empêcher que les inte-tins ne ressortent pas de nouveau. On applique alors en arrière l’extrémité postérieure du bandage déployé, et on ramène la pelote sur la hernie, au fur et à mesure, que l’aide retire ses doigts de l’orifice, jusqu’à ce que celui-ci soit entièrement couvert par la pelote. Ensuite, on fixe la courroie aux crochets - qui se trouvent sur la face externe de la' pelote, et on place les souscuisses.
Le bandage appliqué, et pour s’assurer s’il contient bien la hernie, on fait lever le malade tout droit, on le fait tousser puis moucher fortement, on le fait accroupir, on lui donne à soulever un fardeau quelconque, on- lui fait monter et descendre plusieurs fois un escalier, et si après tous ces exercices, la hernie est toujours maintenue, c’est que le bandage a été bien appliqué.
Un bandage herniaire ne doit pas trop serrer, sans cela, il entraînerait des accidents tels que gonflement du scrotum, du testicule, varices du cordon, et dans certains cas même, la gangrène de la peau.
Les bandages peuvent seuls amener la guérison radicale des hernies chez les sujets jeunes, alors que la maladie est récente, mais à la condition expresse qu’ils resteront tranquilles et conserveront leur appareil nuit et jour, et qu’ils ne l’appliqueront jamais par dessus la chemise, comme on le fait maintes fois, car la chemise, sans cesse déplacée par les divers mouvements du corps, finit par entraîner le déplacement du bandage.
Quel que soit le bandage auquel on a recours, il est indispensable de S[iécifier au bandagiste : 1"* le côté hernié ; 2“ le volume de la hernie, si elle est réductible ou non, l’âge et le sexe du sujet ; 3° la circonférence du corps prise sur le bassin, un peu au dessous des crêtes iliaques pour les hernies inguinales ou crurales, et la circonférence du corps au niveau de l’ombilic pour les hernies ombilicales.
D' P.-L. Tahride.
BANDE. — On appelle ainsi une pièce de linge étroite et longue destinée à faire des pansements et dont la largeur et la longueur varient suivant les parties du corps sur lesquelles on doit l’appliquer.
On fait des bandes en toile, en coton et en flanelle Les bandes en toile sont les plus usitées. Elles doil vent être faites de préférence avec du linge ni w vieux ni trop neuf, ni trop gros, ni trop fin, et autant que possible être sans couture, sans surget, ni lisière. Elles doivent aussi être coupées en droit fil et surfilées.
Chaque bande a deux extrémités qui ont reçu le nom de chefs. Le milieu est appelé 'plein.
Pour qu’une bande puisse être appliquée convena-
Fig. 157.
Bandes roulées à m et deux globes.
blement, il faut qu’elle ait été préalablement roulée à un globe ou à deux globes [fig. 157).
Pour rouler une bande, il faut commencer par replier plusieurs fois sur lui-même un des chefs de la bande, qui finit par former une sorte de petit
cylindre ; puis, on saisit ce xîylindre par son axe et on roule la bande autour de lui, en allant de droite à gauche, ainsi que le représente la figure 158.., Pour appliquer une bande, on déroule un peu son chef initial, ow le dispose ensuite obliquement sur la partie où elle doit être appliquée et on le maintient en place avec le pouce d’une main, tanis qu’on fait décrire au globe que tient l’autre main, des tours circulaires ou spiraux jusqu’à ce que toute la bande soit déroulée ; on fixe alors le chef terminal à l’aide d'une épingle ou d’un point de couture. On peut encore fendre le chef terminal en deux, et tandis qu’une des divisions reste maintenue en place, on enroule l’autre en sens inverse et on fixe la bande par un nœud. D' Paul labarthe.
BANDELETTES. — On appelle ainsi des bandes
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très étroites enduites d’un emplâtre agglutinatif dont on se sert en chirurgie pour réunir les lèvres d’une plaie. (V. Diachylon, Taffetas.) p. l.
On appelle ainsi un poisson d’eau douce
voisin des perches, dont la chair est assez fine et savoureuse et d’une digestion facile. p. l.
BARBAZAN {eadx MiNÉBAiES DE). — Barbazan est un village des Hautes-Pyrénées, situé à 8 kil. de Saint- Gaudens, dont les eaux minérales sulfatées calciques contiennent par litre l*’’,o0 de sulfate de chaux, 0«^,30 de sulfate de magnésie, et peuvent être employées dans certaines affections chroniques de l’appareil digestif, du foie et des voies urinaires. p. l.
BARBE. — On désigne sous le nom de barbe, l’ensemble des poils qui recouvrent certaines parties de notre visage, les lèvres, les joues, le menton et une partie du cou. Suivant les races humaines, la barbe est plus ou moins abondante, sa coloration diffère ainsi que son aspect.
Chez tous les peuples, la pousse de la barbe coïncide avec l’époque de la pubèrté. Jusqu’à ce moment, le visage n’est couvert que d’un duvet peu apparent. En coupant ce duvet, on peut hâter le développement de la barbe, on peut le faire encore par des frictions excitantes et aromatiques. Les anciens ne cherchaient pas à hâter la pousse de leur barbe, car les Germains considéraient son apparition tardive comme favorable au développement des forces. A notre époque, il est prouvé que le retour de la pousse de la barbe est un signe de faiblesse ; les hommes d’une constitution molle, dont la pâleur d’ailleurs dénote peu de vitalité, sont dans ce cas.
D’une façon générale, on pourrait établir que la barbe ainsi que le reste des poils sont rares, durs et secs chez les gens de tempérament bilieux ou chez les habitants des pays chauds, Arabes, Indiens, Italiens, Espagnols, etc. Les hommes de constitution lymphatique, au contraire, ceux qui habitent les contrées froides et humides, les Anglais, les Suédois, les Hollandais ont ordinairement la barbe longue, épaisse, douce au toucher.
Les saisons, ainsi que les climats, peuvent influer sur la couleur de la barbe. La nourriture a sur sa souplesse une action indiscutable ; une nourriture bonne, choisie, la fait douce, moUe ; avec la coutume d’aliments difficiles à digérer, elle pousse dure au toucher, et ses poils deviennent plus gros. Aristote compare cette influence de la nourriture à celle qui existe et est constatée chez les moutons, dont la laine est d’autant plus beUe, plus touffue que les pâturages ont été meiUeurs.
Quant à la couleur, il est constaté que les gens du midi ont la barbe généralement plus foncée que elle des habitants du Nord; les scrofuleux ont presque tous la barbe rousse. Dans l’antiquité, certains peuples avaient en faveur cette nuance, les Grecs, entre autres ; les Égyptiens et les Juifs, au contraire, l’avaient en horreur.
L’âge altère la couleur de la barbe ainsi que ceUe des cheveux, en la faisant passer du gris au blanc avec une rapidité plus ou moins grande suivant les
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personnes. Un violent chagrin, une impression morale pénible, une grande terreur peut amener ce changement de nuance en quelques heures. Un auteur rapporte ce fait qu’au moment de la Terreur, des jeunes gens condamnés à monter sur Téchafaudj ont eu la barbe blanche du jour au lendemain.
La barbe pousse plus vite, au fur et à mesure que l’on avance en âge: chez certaines personnes atteintes d’affections chroniques, les phtisiques, par exemple, elle croît avec plus d’activité.
Relativement à la coupe de la barbe, il est préférable de la rafraîchir plutôt que de la raser, bien que cependant des personnes qui se rasent journellement, ne s’en portent pas plus mal. Dans certains cas de maladie, il a été conseillé de couper la barbe ainsi que les cheveux, et cela a été d’un bon effet ; d’autre part, on cite le cas particulier d’un moine qui devenait aveugle chaque fois qu’il se rasait.
Tous les peuples, en général, ont considéré la barbe comme un indice de forces, elle donne à la physionomie une plus grande expression d'énergie. Jadis, en Allemagne, couper la barbe à un homme, était la plus grande insulte qu’on pouvait lui faire. Dans l’Inde, c’était la punition des grands criminels.
La barbe doit être considérée comme utile, au point de vue de l’hygiène. Galien dit : « Les poils des joues, non seulement protègent ces parties, mais contribuent à les orner ». Il donne donc à la barbe un rôle protecteur. Elle peut préserver de maux de gorge et de maux de dents. M. Szokalsky fournit sous le rapport des dents, une statistique curieuse. Sur quinze personnes âgées de trente ans qui ne s’étaient jamais fait raser, il n’y a eu que huit extractions de dents, tandis que sur quinze autres qui suivaient la mode contraire, cette opération dut être pratiquée vingt-six fois. 11 assure même avoir guéri des névralgies de la face en empêchant les malades de se faire raser.
Plusieurs chirurgiens anglais conseillent de porter la barbe. Mercer Adams dit qu’elle protège et tient chaudement la bouche, les dents et les glandes salivaires, dont l’action est si importante pour la digestion. Les moustaches, à son point de vue, ont pour utilité d’empêcher l’aspiration de corps étrangers et de diminuer, à certaines époques de l’année, le froid de l’air que nous respirons. Du reste, il est certain que la respiration de poussières, provenant de la taille de la pierre, abrège notablement l’existence de ceux qui se livrenrt à cette profession, et on pallie en partie ce danger en conseillant à ces ouvriers de porter la' moustache.
Les chauffeurs et les mécaniciens de chemin de fer exposés aux vicissitudes atmosphériques, aux brusques changements de température, obligés de respirer constamment un air chargé de poussières, provenant des cendres ou du charbon, ont depuis longtemps reconnu l’utilité de laisser croître leur moustache.
M. le docteur Belcber affirme que non seulement la barbe tient chaud en hiver et dans les climats froids, mais encore qu’elle rafraîchit pendant ie grandes chaleurs, parce que, dit-il, la transpiration qui l’humecte venant à s’évaporer amène une déperdition de calorique.
Tout en laissant de côté les différentes apprécia
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tiens qui ont été faites, on doit reconnaître que U barbe est utile aux personnes qui vivent au grau air ou qui sont exposées à des changements basques de température, et qu’elle peut aussi particules grossières, qui pourraient etre d’accidents dans les voies respiratoires.
Les soins à donner à la barbe, en dehors propreté ordinaire, rentrent dans le chapitre des cosmétiques. (V. ce mot. V. aussi Poils.)