‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 63 sur 206 · D' PAUL LABARTHE · texte numérisé non relu

D' PAUL LABARTHE

BARBEAU. — On appelle ainsi un poisson d eau doL“ commun en France, dont b ctar Manche et molle, est assez peu savoureuse et dont les œuts déterminent parfois, chez les personnes qui les mandent des accidents assez serieux tels que inûieestion, vomissements avec selles nombreuses, ainsi oue le professeur Laboulbène, les D” Trapenard, Simon et Wogt en ont rapporté plusieurs observations.

BARBILLON. — On appelle ainsi le petit barbeau dont la chair est agréable à manger et ne détermine jamais les accidents que ce dernier peut occasionner. P- L.

BARBOTÀN (eaux et bodes minérales de). — Barbotan est un village du Gers, situé à quelques kilomètres de Cazaubon, dont les eaux ou plutôt les boues minérales thermales sont très employées dans le traitement des rhumatismes et de certaines paralysies. P. L.

BARBUE. — On appelle ainsi un poisson de mer qui est sans contredit un des meilleurs, et dont la chair fine, de digestion très facile, convient particulièrement aux convalescents et aux individus affligés d’un estomac délieat. ' P. L.

BARCELONNETTE. — (V. Berceau.)

BARDANE. — La bardane, vulgairement appelée Glouteron, Graüeau, Herbe aux teigneux, est une plante de la famille des synanthérées, très commune en France, où on la rencontre dans les terrains incultes, le long des chemins et sur les décombres autour des villages. Sa tige rameuse est chargée de feuilles alternes, garnies de poils rudes, et ses fleurs globuleuses, rouges, foripées de petites écaiUes imbriquées les unes dans les autres, et terminées par une épine crochue, adhèrent très facilement aux vêtements des passants et à la toison des troupeaux. Il n’est pas un de nos lecteurs qui, enfant, n’ait joué avec les fleurs de bardane et ne se soit amusé à faire avec elles des dessins sur ses culottes, ou, plus lutin, n’en ait maintes fois lancé sur les habits ou dans les cheveux de ses camarades.

Quant à la racine, fraîche, eUe est noire à l’extérieur, blanche à l’intérieur, charnue, cylindrique, longue d’environ 30 centimètres et de la grosseur du pouce. Desséchée, elle est noire à l’extérieur, gris pâle un peu jaunâtre à l’intérieur, d’une saveur fade et douceâtre et d’une odeur d’autant plus prononcée et désagréable que la racine est plus sèche.

Les feuilles, la racine et surtout la tige de bar¬

dane, sont très riches en carbonate et en nitrate h potasse; aussi les a-t-on utilisées en médecine so/ forme d’infusions et de décoctés comme diurér ques et sudorifiques. En ce qui concerne la prétendu' efficacité qu’on a voulu attribuer à la bardau! contre la teigne, la syphilis tardive et les dartres elle est absolument nulle. Disons, en terminant’ que quelques campagnards mangent quelquefois les jeunes racines de bardane en guise de salsifis.

D'^ A.-L. Labarthe, père.

BARÈGES (EAUX minérales de). — Barèges est un village des Hautes-Pyrénées, situé à 1230 mètres au-dessus du niveau de la mer, au voisinage de Luz et de Saint-Sauveur, dans un ravin désolé, près de la frontière d’Espagne, dont les eaux sulfureuses thermales sont employées dans le traitement des affections chroniques des os et des articulations, et dans celui des vieilles blessures de guerre à suppurations intarissables entretenues par des corps étrangers ou des esquilles osseuses. P. l.

BARION (PILULES DE). — Les pilules de Barion sont des pilules au tartrate ferrico-potassique inaltérable qui pour le professeur Réveil « est la meilleur des préparations ferrugineuses solubles », et pour le professeur Trousseau « la mieux supportée. »

Jusqu’à ces dernières années, le tartrate ferricopotassique était surtout administré en solution; Or, sous cette forme, ce sel est désagréable à avaler, et, pour masquer son goût, il faut mélanger la solution au vin, ce qui déplaît à la plupart des malades. De plus, le tartrate ferrico-potassique en solution noircit les dents, ce qui empêche beaucoup de femmes d’en faire usage.

M. A. Barion, ex-pharmacien de la marine et des colonies, frappé de ces inconvénients, a eu l’heureuse idée de préparer des pilules au tartrate ferrico-potassique, d’un tout petit volume, sans aucune saveur et sans aucune action nocive sur les dents, grâce à un procédé spécial d’enrobage. Les per-' sonnes les plus difficiles, même les enfants, avalent très facilement ces pilules qui sont très bien supportées par les estomacs les plus délicats. De plus, en raison de leur composition spéciale, les pilules de Barion ne donnent jamais lieu à ces constipations opiniâtres qu’entraîne l’emploi prolongé de certains ferrugineux , ce qui est un avantage précieux surtout pour les femmes. Enfin, leur enrobage spécial permet de les conserver indéfiniment sans craindre l’altération que présentent les mêmes pilules faites par les procédés ordinaires.

Les pilules de Barion, qui contiennent chacune 25 centigrammes de tartrate ferrico-potassique très exactement dosé, sont très efficaces dans le traitement de l’anémie et de la chlorose sous toutes leurs formes, et de tous les accidents (palpitations, maux d’estomac, névralgies, etc.) qui accompagnent ces deux affections. La dose quotidienne varie de 4 à 12 selon les cas. pr sarran.

BARRAL. — (papier et cigares antiasthmatigues de BENJAMIN). — Le papier et les cigares antiasthmatiques de Benjamin Barrai, sont préparés avec le nitrate de potasse, la belladone, la stramoine, la-

BAR

digitale, la lobélie enflée, le cannabis tndica et Vessence de laurier cerise, c’est-à-dire qu’üs renferment réunies toutes les principales substances dont l’efficacité contre l’asthme a été reconnue par la généralité des médecins.

L’un des inconvénients les plus sensibles d'un «rrand nombre de préparations antiasthmatiques, c’est de ne contenir qu’ujje des substances efficaces contre l'asthme. Or, on sait que de très grandes différences individuelles s’observent eu égard à l’efficacité de tel ou tel médicament dans le traitement de cette affection. Pour qu’un papier ou des cigares destinés aux asthmatiques aient une action constante et manifeste dans l’immense majorité des cas, il importe donc de réunir dans la même préparation tous les principes synergiques susceptibles d’agir isolément ou de se suppléer l’un par l’autre, suivant les variations individuelles précitées et suivant la nature de l’asthme. De plus, telle substance, comme le nitre, fournit des vapeurs dont Faction anesthésique, extrêmement rapide, suffit le plus souvent à enrayer complètement un accès à son début, mais ne s’étend pas au delà de la durée de l’accès, tandis que la belladone, le datura, le cannabis indica, etc., surtout le datura stramonium, exercent une action plus durable, qui s’accuse, même dans l’intervalle des accès, en prévenant ou éloignant le retour de ceux-ci.

Une autre condition non moins importante, que doivent remplir les papiers et cigares antiasthmatiques, c’est d’être exactement dosés afin que le médecin puisse diriger un traitement, en prenant pour unité de dose une feuille de papier ou un cigare ; il faut pour cela que chacune de ces deux préparations contienne une dose toujours identique de principes actifs. Or ce but ne peut être atteint qu’en employant des substances titrées, en tenant compte du poids du papier et de la durée de son immersion dans les décoctions servant à sa préparation. Pour la préparation des cigares, en particulier, il y a là des difficultés pratiques qui exigent de grands soins dans la fabrication et une surveillance incessante.

Quelques essais faits avec les .antiasthmatiques de Benjamin Barrai suffiront pour démontrer qu’ils remplissent parfaitement toutes ces conditions. L’efficacité de ces préparations ne s’est d’aiUeurs jamais démentie dans la pratique des nombreux médecins qui en ont adopté l’usage.

Le papier antiasthmatique, deux fois plus énergique que les cigares, s’emploie à la dose de 1 à 3 feuilles par jour, de la façon suivante : Après avoir enflammé le papier par l’un des coins de la feuiUe, on le place sur une soucoupe ou mieux sur la petite grille argentée, contenue dans chaque boîte, et on le laisse se consumer près du malade. La chambre éta.nt bien close, les vapeurs se mêlent peu à peu à l’air aspiré par le malade et pénètrent ainsi jusque •dans les parties les plus profondes des voies aériennes. L’influence de cette atmosphère, saturée de principes calmants ou sédatifs du système nerveux, ne tarde pas à se manifester. Dès les premières inspirations, les malades éprouvent un notable soulagement; puis la suffocation disparaît, et le pl^ ordinairement la respiration normale se rétabht bientôt.

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Veut-on obtenir un effet plus rapide et plus énergique, on fera inspirer alors directement les vapeurs qui se dégagent du papier en combustion. S’il s’agit de calmer un accès violent, ou si la chambre est spacieuse, il est souvent nécessaire de faire brûler successivement deux ou trois feuilles de papier.

Les cigares antiasthmatiques peuvent être employés seuls ou alternativement avec le papier. On les fume comme des cigarettes ordinaires de tabac ; mais il est nécessaire, et c’est la condition essentielle de leur efficacité, d’en aspirer la fumée et de la faire pénétrer dans les bronches. Pour cela, il suffit d’ouvrir très largement la bouche ou de se boucher le nez à chaque inspiration.

Les asthmatiques et les personnes atteintes d’oppression devront chaque jour, brûler au moins deux ou trois feuilles de papier ou fumer de trois à six cigares, principalement le matin à jeun, le soir en se couchant, et pendant les accès ou quand ceux-ci sont imminents.

Lorsque les accès sont d’une certaine violence, il vaut mieux prescrire l’emploi du papier, car les malades ont, en ce cas, à peine la force de fumer une cigarette, lorsqu’ils sont en proie à l’accès d’oppression, quoique la présence du nitre en rende la combustion, extrêmement facile.. ■

Ce traitement pourra être continué sans inconvénient aussi longtemps qu’il est nécessaire, et, en agissant ainsi régulièrement, on éloignera et on atténuera lès accès. Lorsque la maladie n’est pas invétérée, il sera même possible d’obtenir une guérison complète, sans le secours d’autre médication.

Le papier et les cigares antiàsthmatiques de Benjamin Barrai peuvent encore être employés contre la bronchite chronique, le catarrhe pulmonaire, et, en général, contre V oppression, qui constitue l’un des symptômes dominants des maladies de poitrine. Très souvent aussi, les maux de tête, les migraines, les névralgies de la face et les maux de dents sont calmés par l’usage de ces préparations.

■ D' G. Sarran.

BARYTE. — La baryte ou protoxyde de baryum est une substance solide, poreuse, d’une couleur blanc grisâtre, très difficilement fusible, très caustique et vénéneuse, employée jadis en solution pour l’usage externe, mais que les médecins ont aujourd’hui complètement abandonnée. ,p. l.

. BARYUM. — Le baryum est un métal, solide, un peu malléable, d’une couleur blanc d’argent, très altérable à l’air et qui, par sa combinaison avec l’oxygène, donne la baryte. Le baryum n’a jamais été usité en médecine. Quelques médecins ont cherché à introduire dans la thérapeutique certains de ses composés. C’est ainsi qu’on a essayé le sulfure de baryum comme épilatoire et le chlorure de baryum comme antiscrofuleux. Mais ces essais n’ont pas eu de suite. p. l.

BAS. — Hygiène privée, -r On appelle ainsi cette partie de nos vêtements qui recouvre directement le .pied, la jambe et une partie de la cuisse. Le bas est destiné non seulement à diminuer le frottement du pied contre la chaussure et à protéger la jambe

contre les variations de l’air extérieur, mais encore il a pour but d’absorber le produit de 1 abondante transpiration cutanée du membre inferieur, déterminée par la marche. . , «1

On fait des bas de soie, de coton, de lame et de tü. Quels sont les plus favorables à la santé? Dune façon générale, on portera de preference les bas de laine et de coton pendant la saison rigoureuse et on réservera les bas de fil ou de soie pour 1 ete Certains médecins sont ennemis du bas de lame. M. Fonssagrives, entre autres, ^uils en

gendrent plus de rhumes de cerveau et de /n^ ^ lorffe cru’ils n’en préviennent, et voudrait les voir portés seulement par les gens chétifs et les convalescents. Nous ne partageons pas completeinent son opinion, et nous pensons que les bas de lame sont excellents pendant l’hiver pour tout le monde, surtout pour les individus qui s’enrhument facilement et pour ceux qui sont sujets aux douleurs articulaires rhumatismales et goutteuses.^

Autrefois, presque tous les bas étaient ecrus ou blancs. Depuis quelques années on en fait de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Est-un progrès? non, car, beaucoup de personnes portent des bas de couleur, simplement par économie, pour ne pas avoir à en changer aussi • souvent que s’ils les portaient blancs j ce qui est absolument antihygiénique. De plus, beaucoup de bas de couleur sont dangereux pour la santé, surtout les bas rouges et violets, teints à la corraline et à l’aniline. Qu’il nous suffise de rappeler le fait communiqué en 18ti8 à l’Académie de médecine parle professeur Tardieu. Un jeune homme vint le consulter pour une éruption vésiculeuse très aiguë et très douloureuse, siégeant aux deux pieds, et qui aurait pu être prise pour un eczéma. Mais cette éruption offrait ceci de particulier qu’eUe était exactement bornée à la partie du pied que recouvre la chaussure, et qu’elle dessinait sur la peau la forme parfaitement régulière du soulier escarpin que portait le jeune homme, comprimant ainsi la face et les bords plantaires et ne dépassant pas sur le dos du pied la racine des orteils. Sur toutes ces parties, la peau était violemment enflammée, tuméfiée, d’une rougeur uniforme sur laquelle se détachaient d’innombrables petites vésicules qui, dans certains points, notamment à la pointe des pieds, se réunissaient pour former de larges cloches ou bulles remplies d’un liquide séropurulent. L’éruption s’accompagnait de malaise général,' de fièvre, de mal de tête et de mal de cœur. Le siège et la forme de l’éruption firent penser à M. Tardieu que celle-ci était due à une cause toute locale. Il fit analyser les chaussettes de son malade parle professeur Roussin, du Val-de-Grâce, et on trouva que dans ces chaussettes à fond violet rayé de rouge vif, la couleur violet provenait du violet d’aniline, et la couleur rouge de la corraline qui, comme on sait, est un poison énergique. Les accidents observés chez son malade étaient exclusivement occasionnés par les chaussettes teintes avec ces deux substances (V. Aniline, Corraline).

Nous ne dirons rien ici des différentes façons dont les femmes fixent les bas à leurs jambes, renvoyant les lecteurs au mot Jarretière.

D' Paul Labarthe.

BAS ÉLASTIQUES. — On appelle ainsi des ann reils spéciaux destinés surtout à comprimerai ' varices des membres inférieurs, qui ont rempla!avec un avantage incontestable les bas en peau chien, en coutil et les bandes dont l’emploi est coin plètement abandonné. Les bas élastiques dont l’u sage est aujourd’hui universel, ont été introduits dans l’arsenal thérapeutique, en 1836, par un pfiar macien bien connu, M. F. Le Perdriel. ,

Les bas élastiques Le Perdriel sont remarquables par leur extrême souplesse, leur perméabilité à la transpiration, et leur longue durée, sans rien perdre de leur élasticité. Ils sont faits avec des métiers

Fig. 159.

Bas élastique Le Perdriel.

spéciaux et particuliers à Fauteur, et se fabriquent avec deux sortes de tissus.

L’un que M. Le Perdriel désigne sous le nom de tissu /orf, est a mailles fortes, élastiques dans le sens circulaire et longitudinal. Ces deux élasticités maintiennent une compression d’autant plus uniforme et régulière qu’elle est à double résultat; tous les points de sa surface sont identiques et sans couture; la force des mailles, les combinaisons qui les unissent, laissent, quand il est appliqué sur la partie malade, des jours dont on a calculé l’étendue et dont on a réglé la surface, de manière à donner à l’air toute facilité d’arriver aux pores de la jambe affectée de varices; ce dernier résultat surtout est de la plus grande importance et donne aux tissus de M. Le Perdriel une supériorité incontestable. Les bas faits avec le tissu fort sont surtout destinés aux personnes affligées de grosses varices, ou exposées à de longues marches ou à de grandes fatigues.

L’autre tissu, appelé tissa doux est à mailles tulle» élastique dans le sens circulaire. Il est assez doux pour que les personnes les plus délicates puissent

BAS

BAS

le supporter facilement. 11 y a, du reste, plusieurs degrés de force. ^ , x. .

Tout récemment M. Le Perdriel a confecüonne un troisième tissu à jour, très léger, pour l’été, et que les élégantes apprécient beaucoup.

Une des plus importantes questions du traitement des varices et engorgements des jambes par la compression, est certainement celle de la circulation du sang dans les veines variqueuses. Or, une expérience de près d’un demi siècle a montré que, mieux que tout autre, le tissu élastique Le Perdriel établit des compressions d’une méthode et d’une régularité parfaites, sans gêner jamais la circulation. Aussi, un très grand nombre de médecins et de chirurgiens et la plupart des services hospitaliers ont-ils, depuis longtemps, pour les bas Le Perdriel, une préférence marquée.

Les malades atteints de varices, qui veulent porter des bas élastiques Le Perdriel, doivent donner exactement les mesures indiquées par la figure 159, prises à nu sur le membre avec un ruban métrique.

Pour un bas ordinaire, ils donneront les circonférences A, B, G, D, E, F, et la hauteur du sol à F;

— pour un bas à cuisses, les circonférences A, B, G,

D, E, F, G, H, 1, et la hauteur de A à F et de F à G, H ou I, selon les cas; — pour un mollet ordinaire, les circonférences G, D, E, F, et la hauteur de G à F ;

— pour un mollet à cuisse, les circonférences G, D,

E, F, G, H, I et les hauteurs de G à F et de F à G, H ou I, selon les cas ; — pour une genouillère, les circonférences F et G, et la hauteur de F à G; — pour un cuissard, les circonférences G, H, I et la hauteur de G à 1; — pour une chaussette, enfin, les circonférences A, B, G, et la hauteur du sol à G.

— Il faut aussi avoir soin de dire si on veut des bas avec ou sans talon, avec ou sans bout de pied, en tissu fort ou doux, en coton ou en soie.

Quant à la manière d’appliquer les bas varices, nous renvoyons le lecteur au mot Yarices.

D' P. L. Tarride.

BASE. — Nom donné par les chimistes au radical des sels et à tout coi^ps composé jouissant de la propriété de se combiner avec un acide, en neutralisant complètement ou en partie ses propriétés, de façon à former un sel différent des deux composants. Les bases les plus importantes sont les alcalis. (V. ce mot. p. l.

BASILAIRE. — Nom donné par les anatomistes à diverses parties qui sont considérées comme servant de base à d’autres ou qui sont en rapport avec la base d’un organe. Ainsi on appelle apophyse basilaire l’angle inférieur de l’os occipital, parce qu’il forme la partie inférieure et comme la base de la tête ; on appelle vertèbre basilaire, la cinquième ou dernière vertèbre lombaire, parce qu’eUe est en rapport avec la base du sacrum, etc. Pi L.

BASILIC. — Le basilic, appelé vulgairement Ranger du savetier, est une plante annuelle de la mmule des labiées, originaire des Indes et de la Perse, et très commune en France où on la cultive dans les jardins, à cause de son odeur aromatique

très agréable. Ses feuilles et ses fleurs jouissent de propriétés stimidantes, antispasmodiques et antinévralgiques et entrent dans la composition du vulnéraire. On peut les employer seules, en infusion, à la dose de 10 grammes. Dans certaines contrées de l’Amérique du sud, à Buenos-Ayres, par exemple, on emploie le suc de basilic comme antihelmintique, et les, résultats obtenus sont aussi manifestes que ceux que donnent chez nous le calomel, la santonine et le kousso. On fait prendre 50 grammes de suc, puis, au bout de deux heures, on administre 30 grammes d’huile de ricin. L’avantage du. suc de basilic c’est que, eù l’absence de vers, il ne produit aucun désordre dans l’économie, sauf peut-être un peu de diarrhée. Labarthe.

BASILICUM (ONGUENT). — L’onguent basilicum dont voici la formule : ,

Poix noire . . • • 100 grammes.

Colophane . 100

Cire jaune . 100

Huile d’olive . . 400

est encore souvent prescrit par les vieux médecins pour mûrir les clous, les furoncles, les abcès et faciliter la suppuration. La plupart des onguents débités par maintes confréries religieuses ne sont que l’onguent basilicum additionné d’un peu d’encens, comme V onguent de V abbaye du Bec, Vpnguent de Vabbé Pipon, etc. P. L.

BASILIQUE (VEINE). — La veine basilique est une veine superficielte qui naît près du pli du coude et va se terminer dans la veine axillaire. Elle est formée par la réunion des véines médiane basilique, cubitale antérieure et cubitale postérieure. G’ est une des veines du pli du coude sur lesquelles on pratique la saignée (V. Coude, Saignée), p. l,

BASSIN. — Nom donné par les anatomistes à cette grande cavité osseuse, irrégulière, quoique symétrique, ayant la forme d’un cône tronqué, à parois épaisses, qui termine le tronc et la cavité abdominale en bas, et qui est supportée par les membres inférieurs.

Le bassin est formé par deux os médians et impairs, le sacrum et le coccyx, situés en arrière, et par deux os latéraux pairs, les osiliaques ou coxaux, placés symétriquement à droite et à gauche des précédents et qui se réunissent par devant. Ges os, en se réunissant, forment quatre articulations : 1° la symphyse pubienne.-, 2® la symphyse sacrococcygienne -, 3® la symphyse sacro-iliaque droite-, 4® la symphyse sacro-iliaque gauche.

Le bassin présente une cavité évasée dans sa partie supérieure et rétrécie dans sa partie déclive, ce qui l’a fait diviser en deux régions distinctes : le grand bassin et le petit bassin.

Le grand bassin constitue la partie supérieure, la plus large et la plus évasée. Il est formé, en arrière par les dernières vertèbres lombaires, en avant par la paroi abdominale antérieure, sur les côtés par les muscles psoas qui tapissent les parois des deux os iliaques.

Le petit bassin constitue la partie inférieure et est

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particulièrement destiné à livrer passage à la tête de l’enfant dans l’accouchement. 11 est forme, en

Fig. 1W1.

Bassin (squelette avec ses ligaments arttculaires) vu par sa face antérieure.

1, Ligament vertébral commun ou antérieur de la symphyse^ sacrovertébrale. — 2, disque intervertébral. — 3, partie inférieure du ligament ilio-lombaire. — 4, ligament sacro-iliaque antérieur. — 5, petit ligament sacro-sciatique. — 6, membrane obturatrice. — 7, ligament sacro-pubien de la symphyse pubienne ; au-dessus, fibres entrecroisées du ligament antérieur. — 8,9, ligament capsulaire de l’articulation coxo-fémorale.

arrière, par la face antérieure du sacrum et du coccyx, en avant et en dehors par le corps du pubis

l’épine sciatique. 11 est limité en haut et en bas n deux ouvertures appelées détroits, parce que w'’ circonférence est moins grande que celle de la cavité intermédiaire.

Le détroit supérieur ou abdominal sépare le petit et le grand bassin. Chez une femme adulte de conformation normale, il a la forme d’un cœur de carte à jouer et présente trois diamètres principaux : l- un diamètre antéro-postérieur ou sacro-pubien qui mesure 11 centimètres 1/2; 2" un diamètre transverse ou bis -iliaque, qui mesure 13 centimètres 1/2 ; 3” un diamètre oblique qui mesure 12 centimètres. Le détroit inférieur ou périnéal , de forme circulaire , est compris entre la pointe du coccyx en arrière, l’arcade formée par les deux os du pubis en avant, et les deux ischions sur les côtés, ainsi que les ligaments sacro-iliaques. Ses dimensions sont a peu près égales dans tous les sens et mesurent 11 centimètres environ. La cavité comprise entre le détroit supérieur et le détroit inférieur, a re0 le nom d’excavation pelvienne et mesure 12 centimètres dans tous ses diamètres.

Le grand bassin loge les dernières circonvolutions de l’intestin grêle, le commencement et l’avant-dernière portion du gros intestin, c’est-à-dire le cæcum et le colon iliaque, le muscle psoas iliaque et les vaisseaux iliaques qui vont alimenter le membre inférieur. Dans le petit bassin sont contenues la vessie et le rectum. Chez l’homme, le petit bassin renferme de plus les vésicules séminales et la prostate qui sont situées au niveau du col de la vessie; et chez . la femme, il renferme l’utérus et ses dépendances. Dans la grossesse, il soutient l’utérus et lui donne une db-ection normale.

Le bassin présente des formes et des . capacités variables, suivant l’âge et le sexe des cujets. Il est évident que le bassin de l’enfant est plus petit que celui de l’adulte. Cruveilhier a très bien résumé les différences sexuelles dans la proposition suivante : « le bassin de. l’homme l’emporte sur celui de la femme par la prédominance de ses diamètres horizontaux. « Autrement dit : chez la femme le bassin est moins haut et plus large que chez l’homine.

11 en résulte chez la femme une obliquité plus grande des cuisses qui donne à sa démarche une certaine ressemblance avec la progression des oies, surtout lorsqu’elle fait de grands pas.

Le bassin peut présenter un certain nombre de vices de conformation. Chez certains individus par exemple, sans que sa forme change, le bassin peut être diminué dans tous les sens ; chez d’autres, au con traire, il peut offrir des dimensions plus grandes. Généralement, ces vices de conformation sont congénitaux. On rencontre aussi assez fréquemment des vices de conformation acquis. Ainsi le rachitism^i Y ostéomalacie, produisent le plus souvent et par la face interne du trou obturateur, sur les 1 des déformations du bassin qui entraînent comnaè côtés par une large surface des os iliaques et par la conséquence une diminution inégale et simultanée face interne des ligaments qui unissent le sacrum à l de tous ces diamètres, dont le médecin doit toujours

Fig, 161. — Bassin de l'homme (coupe antéro-postérieure, suivant sa ligne médiane). — 1, vessie. — 2, rectum. — 3, anus. — 4, vésicule séminale. — 5, prostate. — 6, portion prostalique de l’urèthre. — 7, bulbe de rurètbre. — 8, gland. — 9, fosse naviculaii-e.

BâU

avoir soin de bien se rendre compte exactement, lorsqu^ est consulté, soit pour décider si une

Fig. 162.

Bassin de la femme, avec ses parties molles, vu de haut en bas, et l’avant en arrière.

A, fin de l’aorte. — B, veine cave inférieure. — G, artère iliaque interne naissant de l’iliaque primitive avec l’iliaque e.vterne D. — E, veine iliaque externe. — F, muscle iliaque. — G, muscle psoas. — H, rectum. — 1, Utérus avec ses dépendances. — K, vessie dont le fond est abaissé pour laisser voir la matrice.

jeune personne peut devenir mère sans danger, soit lorsqu’il est appelé auprès d’une femme en cou- .ches. D’’ Paul Labarthe.

BASSINET. — Nom donné par les anatomistes à la partie supérieure des uretères, dans laquelle s’ouvrent les calices du rein (V. Rein). p. l.

BASSINOIRE. — On appelle ainsi un ustensile de ménage, sorte de poêlon de cuivre, dans lequel on met de la braise ou du charbon allumé pour chauffer le lit en hiver. Les malades et les convalescents devraient seuls faire usage de la bassinoire, et encore, lui préférons-nous un fer chaud ou une boule d’eau chaude placé aux pieds du lit. p. l.

BAS-VENTRE. — (Voyez Abdomen.)

BATTEMENT. — Nom donné par les physiologistes au mouvement pulsatile que produisent la contraction et la dilatation alternative du cœur et des artères (V. Cœur, Pouls, Rhythme). On donne encore ce nom en médecine aux pulsations que l’on constate dans les abcès au moment de la formation du pus. p. L.

BAUCHE (EAUX MINÉRALES DE LA). — (V. La BaucJie).

BAUDON (VIN DE). — Le vin de Baudon est un vin médicamenteux spécial, aromatique et agréable, dans lequel l’inventeur, ancien interne des hôpitaux, a associé d’une façon très heureuse deux substances particulièrement actives : Y antimoine et le phosphate de chaux (V. ces mots) et a ainsi rendu un véritable service aux médecins et aux malades. Ce vin renferme le phosphate de chaux sous sa forme la plus directement assimilable et son union avec l’antimoine en fait un altérant de premier ordre, un véritable régénérateur du sang et réparateur des forces de l’économie.

BÂU

Le vin de Baudon, antimonio-phosphaté, convient admirablement dans le traitement de la phthisie pulmonaire. Sous son influence, les tubercules se modifient; l’état général s'améliore rapidement. De nombreuses expériences ont été faites dans les hûpitaux de Paris, à l’hôpital Victoria, de Londres, et sur un grand nombre de malades de la clientèle privée par les docteurs Labbé, Molland, Gombault, Worms, Aubrun, Moretin, Commenges, Bergeron, Kastus, de Lyon, etc., et tous les praticiens qui ont employé ce produit, sont d’accord sur les bons résultats obtenus. Ce vin rend l’appétit, arrête les vomissements et la diarrhée, diminue les sueurs, les supprime souvent, modère les crachats et, dans tous les cas, reconstitue le malade en quelque temps, à la condition de le prendre pendant un certain temps que le médecin peut seul apprécier.

Le vin de Baudon convient non seulement dans la phthisie, mais encore dans les bronchites de toute nature qui s’accompagnent d’expectoration, dans les catarrhes des vieillards; il supprime les écoulements muqueux chroniques, coryza, leucorrhée, etc.

Dans l’anémie, le lymphatisme et la scrofule chez les enfants, on obtient, par son emploi, des résultats rapides très manifestes ; il est d’autant mieux indiqué dans ces affections que la faiblesse du jeune âge n’est souvent que le prélude de la phthisie. Il en est de même dans le rachitisme avec gonflement des extrémités osseuses, qui fait dire généralement que les enfants sont noués; dans les maladies de la colonne vertébrale et des os qui ont souvent pour origine le tubercule; enfin, dans les caries et les nécroses qui s’accompagnent, chez les enfants, de suppurations interminables.

Ajoutons que le vin de Baudon peut encore être très utilement conseillé, pendant la grossesse, à la mère, à laquelle il fournit les matériaux nécessaires au développement du foetus, et, pendant l’aUaitement, à la nourrice, dont il augmente la richesse du lait.

Agréable au goût, facile à prendre, le vin de Baudon peut remplacer l’huile de foie de morue dont il a les propriétés sans en avoir les inconvénients. Il est préférable de le prendre au moment du repas. Quant â la dose, elle varie, pour les enfants, de 1 à 2 verres à liqueur avant chaque repas, et de 1 à 4 verres à bordeaux pour les grandes personnes.

D” L. Saint-Antonin.

BAUDRUCHE. — La baudruche, qu’on appelle aussi peau divine, est une pellicule transparente, d’un blanc jaunâtre, très mince, souple, imperméable, offrant comme aspect une grande analogie avec la pelure d’oignon, préparée avec la membrane cellulo -fibreuse des intestins dû bœuf et du mouton. La baudruche sert à préparer un appareil spécial, dont les hommes font un grand usage en vue de se préserver, dans les rapports sexuels, de la contagion du pus blennhorhagique et du virus syphilitique (V. Condom). Elle est aussi employée en médecine pour le pansement des plaies, des eschares et surtout des brûlures et des coupures, sur lesquelles on l’applique après l’avoir préalablement humectée. On confectionne avec la baudruche recouverte d’une couche de teinture d’arnica, de n 30

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baume du Commandeur ou de collodion, des taffetas, connus sous le nom de Taÿetas vulnéraires Marinier (V. ce mot), excessivement commodes et ue beaucoup préférables au taffetas d’Angleterre, adx sparadraps, etc., et dont toute personne prudente devrait toujours avoir un morceau dans sa pocne, en cas d’accident t)' Paul Labarthe.

BAUME. — On donne ce nom à des substances

résineuses solides, demi-solides ou liquides cont nant de l’acide benzoïque ou de 1 ^^ide cmnaraïque réunis ou séparés, et une huile essentielle agréable. Les principaux baumes naturels sont^ le baume du Pérou, le benjoin, le tolu, le styrax

^^bnlonne encore le nom de baumes à des préparations pharmaceutiques constituées par des solutions de substances médicamenteuses très variées dans l’éther, l’alcool, les huiles. Les baumes les plus connus et les plus usités en thérapeutique sont : les baumes du Commandeur, Fwravanü, Nerval, Opodeldoch et Tranquille (V. ces mots). p. L.

BAVE. — On donne ce nom à la salive, lorsqu’elle sort avec abondance de la bouche des petits enfants pendant le travail de l’évolution dentaire, et de la Luche des adultes pendant les accès convulsifs d’épilepsie, d’éclampsie ou de rage. p. L.

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lièvre supérieur; car celui-ci peut-être simple ou COMPLIQUÉ de divisions plus profondes, unilatéual

ou DOUBLE.

La description suivante s’applique au bec-delièvre supérieur, qui est de beaucoup le plus fréquent.

r Forme simple. — S’il est unilatéral, ü siège au-dessous de l’une des narines, plus fréquemment à gauche. Le bord interne de la division est vertical, l’autre est oblique, parce qu’il est tiraillé par les fibres du muscle orbiculaire des lèvres.

Fig. 163.

Degrés du bec-dc-lièvre simple.

S’il est double, les deux divisions correspondent' aux deux narines, et alors il existe sur la ligne médiane une sorte de tubercule mou, souvent trop court, suspendu à la sous-cloison et se confondant quelquefois avec le lobule du nez.

BAVETTE. — On appelle ainsi une des pièces du vêtement des petits enfants en nourrice. On fait des bavettes en fil, en piqué ouaté et en toile gommée imperméable. Les bavettes en piqué ouaté qui absorbent la salive au fur et à mesure qu’elle s’échappe de la bouche des bébés sont de beaucoup préférables à celles en toile imperméable qui laissent couler la salive, refroidissent le cou des enfants et déterminent une irritation de la peau. P. L.

BÉCASSE, BÉCASSINE. — Ces oiseaux de passage, de l’ordre des échassiers, constituent sans contredit un excellent gibier , dont le goût très fin « inonde la bouche de délices », pour employer l’expression de Brillat-Savarin, et dont la chair noire est très nourrissante. Mais, comme ils ne se mangent ja-mais que fortement faisandés, les convalescents, les gastralgiques, les dyspeptiques, en un mot tous les estomacs délicats feront bien de s’en abstenir, sous peine de digestions très labo- ' rieuses et même d’indigestions. p. l.

BEC-DE-LIÈVRE. — On donne le nom de bec-delievre à la division verticale des lèvres, comprenant toute leur épaisseur et une étendue plus ou moins considérable de leur hauteur.

Le bec-de-lièvre est accidentel, lorsqu’il est le résultat d’une plaie ou d’une ulcération; le plus souvent, il est congénital.

Il y a un bec-de-lièvre supérieur et un bec-delièvre INFÉRIEUR, selon <pi’il siège sur là lèvre supérieure ou sur la lèvre inférieure.

Il est excessivement rare de voir le bec-de-lièvre sur la lèvre inférieure ; il occupe, dans ce cas, la ligne médiane.

On distingue encore des divisions du bec-de-

Fig. 1G4.

Bec-de-lièvre double.

La surface de la division est dépourvue de cicatrice, et ressemble au bord libre des lèvres ; elle est tapissée par une muqueuse qui se confond insensiblement avec la peau.

Ce'caractère et le siège de la lésion distinguent le bec-de-lièvre congénital du bec-de-lièvre accidentel.

2° Forme compliquée. — Lorsque le bec-de-lièvre est compliqué, la division congénitale s’étend plus profondément.

Dans un premier degré, elle affecte, la partie antérieure du squelette de la mâchoire supérieure, divisé entre la dent canine et la seconde incisive. Cette fente est formée par le défaut de réunion de l’os inter-maxillaire ou incisif et du maxillaire supérieur. Elle est dirigée, par conséquent, en arrière et en dedans, vers la ligne médiane, jusqu’au trou palatin antérieur.

Dans un second degré, la division du squelette se continue plus loin, et il existe une fente au niveau de la ligne médiane. Lorsque cette fente est très large, la bouche communique avec les deux fosses nasales, et l’on a le vice de conformation désigné sous le nom de gueüle-de-loup.

Dans un troisième degré, la division peut affecter en outre le voile du palais. La division de ce repli membraneux peut compliquer le bec-de-lièvre sans qu’il y ait division des parties osseuses.

Dans un quatrième et dernier degré, on a vu la

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division s’étendre plus profondément, affecter la colonne vertébrale et les centres nerveux, et constituer des difformités incompatibles avec a vie.

On comprend que ces complications peuvent se montrer dans le bec-de-lièvre unilatéral et double. Dans le bec-de-lièvre double compliqué, la division de la voûte palatine et du voile du palais est médiane, mais les deux os incisifs peuvent être séparés des maxillaires. On voit alors deux fentes qui divergent d’arrière en avant, comme les deux branches d’un V, du canal palatin antérieur vers l’intervalle qui sépare la dent canine de l’incisive, et limitant une portion d’os qui supporte les dents incisives. Cet os constitue un tubercule osseux que la langue projette insensiblement en avant, de sorte que les dents qui se développent sur ce tubercule osseux poussent horizontalement en avant et donnent un cachet particulier à cette difformité.

On a parlé de l’influence de l’imagination de la mère sur le développement du bec-de-lièvre. 11 est inutile d’insister sur ce suj'et.

Certains faits observés paraissent tenir à un état pathologique du foetus (Cruveilhier).

Cependant, dans la majorité des cas, on peut dire que le bec-de-lièvre est une difformité tenant à un arrêt de développement. Il coïncide souvent avec d’autres vices de conformation, et il peut être héréditaire.

MM. Coste et Gerbe ont parfaitement étudié le mode de développement des lèvres, et ils ont fait voir que l’orifice buccal est formé chez l’embryon par la convergence de petites saillies ou bourgeons qui se soudent par leurs parties latérales. Chacun de ces bourgeons renferme les éléments des parties dures et des parties molles. M. Coste a fait des études sur de jeunes embryons de quinze à trente jours, et il a montré : 1“ que la mâchoire inférieure (parties molles et dures) est formée par la soudure de deux bourgeons latéraux qui se soudent sur la ligne médiane ; 2“ que la mâchoire supérieure, parties molles et dures, est formée par la fusion de trois bourgeons : un bourgeon médian ou naso-incisif et deux bourgeons latéraux ou maxillaires. Le bourgeon médian est destiné à former la partie moyenne de la lèvre supérieure, les os incisifs et la cloison du nez; les bourgeons latéraux constituent les côtés de la lèvre supérieure, le maxillaire supérieur, et, en se rapprochant en arrière de l’os incisif, la voûte palatine et le voile du palais.

On comprend que, si la soudure des deux bourgeons de la lèvre inférieure n’a pas lieu,, il y aura un bec-de-lièvre inférieur et médian (rare). Si l’arrêt de développement frappe la mâchoire supérieure, on aura un hec-de-lièvre unilatéral ou double, selon que la réunion des bourgeons supérieurs manquera d’un côté ou des deux côtés. Si la portion osseuse ou incisive du bourgeon médian ne se soude pas aux os maxillaires, on aura la complication du tubercule osseux. Enfin, si les deux os naaxillaires ne se réunissent pas sur la ligne médiane, on aura la gueule-de-loup.

n faut teiter le bec-de-lièvre, et on ne peut le guenr qu’au moyen d’une opération. Les seules contre-mdications à l’opération sont ; la communication considérable de la bouche avec les fosses

nasales ; encore peut-on quelquefois améliorer l’état du malade ; et la présence d’autres vices de conformation qui ne permettent qu’une existence ort > courte, hydrocéphale, etc.

Pour le traitement du hec-de-lièvre simple, à peu I d’exceptions près, les chirur^ens imitent la pratique de M. Paul Dubois, qui opère vers le sixième mois après la naissance, si l’enfant est dans de bonnes conditions de santé. Pas plus tôt, parce que les tissus sont trop mous et ne résistent pas à la suture ; pas plus tard, parce que le bec-de-lièwe gêne le développement physique et moral de l’enfant. On comprend qu’il sera possible de s’écarter de cette règle, de quelques semaines ou de quelques mois, selon les circonstances.

L’opération consiste à aviver les bords de la solution de continuité, c’est-à-dire à les mettre dans des

Opération du bec-de-lièvre. — Premier temps, avivement des deux lèvres de la division.

conditions propres à les faire adhérer, puis à les réunir. Elle exige une certaine adresse, et n’est pas ordinairement dangereuse; mais il y a ici trois difficultés à vaincre : 1“ la déchirure des tissus par le fil de la suture ; 2° la persistance d’un petit orifice à la partie la plus supérieure de la solution de continuité; 3° la formation, consécutive à l’opération, d’une échancrure correspondant au bord libre de la lèvre, et déterminée par la rétraction cicatricielle.

Le nombre des procédés imaginés pour remédier à ces incom^énients prouve qu’ils se rencontrent assez fréquemment. Nous indiquerons les procédés de Husson, de M. Clémot et de Malgaigne, de M. Mirault, d’Angers, et de M. Nélaton.

Dans le procédé de Husson, avec des ciseaux courbes, on avive les deux bords, qui se regardent ensuite par une surface saignant encore ; en réunissant leur concavité, on détermine sur le bord libre de la lèvre une saillie due à la réunion des deux bords saillants.

Dans le procédé du D' Clémot, et du professeur

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