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chon et le meilleur mamelon artificiels sont ceux que l’on confectionne avec de l’ivoire ramolli.
Quant au biberon, le moins mauvais est le plus simple et le plus facile à nettoyer. Quel que soit le modèle choisi, nous ne saurions trop recommander, avec le professeur Tarnier, de démonter les différentes pièces de l’appareil, chaque fois que celui-ci vient de servir, et de les laver aussitôt avec le plus grand soin, afin qu’il ne reste aucune goutte de lait ancien qui puisse altérer le nouveau. On emploiera, pour cette opération, de l’eau chaude dans laquelle on aura fait dissoudre du carbonate de soude, afin de sapo'niser le beurre et de neutraliser l’acide lactique dont les biberons mal tenus sont toujours imprégnés.
Faute de ces lavages incessants et minutieux, le biberon devient un réceptacle où pullulent les organismes inférieurs, ainsi que l’a démontré le docteur H. Fauvel, en 1882. Notre confrère ayant été consulté par le docteur Dumesnil, au sujet de l’odeur fétide qui se dégage des biberons employés pour l’allaitement artificiel, et sur les altérations que pouvait avoir subi le lait dans ces biberons, M. Fauvel examina plusieurs biberons en service dans une crèche. Dans tous ces biberons, le lait avait contracté une odeur nauséabonde ; il était acide, à demicoagulé; à l’examen microscopique, on constatait de nombreuses bactéries très vivaces et des vibrions dans le liquide. Le tube en caoutchouc, qui sert à l’aspiration, incisé dans toute sa longueur, renfermait du lait coagulé et les mêmes microbes que ceux rencontrés dans le lait du biberon ; en outre, l’examen révéla dans l’ampoule qui constitue la tétine du biberon et termine le tube en caoutchouc, la présence d’un amas plus ou moins abondant d’une végétation cryptogamique.
En présence de ces résultats constatés par M. H. Fauvel, une visite de toutes les crèches par les médecins inspecteurs et les chimistes du laboratoire municipal fut ordonnée et donna les résultats suivants : sur 31 biberons examinés dans 10 crèches, 28 contenaient dans la tétine, dans le tube en caoutchouc et même, pour quelques-uns, dans le récipient en verre, des végétations analogues à celles qui viennent d’être indiquées plus haut. Plusieurs de ces biberons, lavés avec soin et par conséquent prêts à être mis en service contenaient aussi une grande quantité de ces cryptogames! M. Fauvel ajoute que, dans deux cas, on retrouva dans les ■ tubes de biberons en très mauvais état du pus et des globules sanguins, et que les médecins constatèrent que les enfants auxquels appartenaient ces biberons présentaient des érosions dans la cavité buccale !
Quoi de surprenant, après cela, que sur 10,180 enfants nouveau-nés morts à Paris, 3,202, c’est-à-dire plus de la moitié, meurent d’aiArep5le, parmi lesquels 3,067 étaient nourris au biberon, ainsi que cela résulte de la statistique officielle de M. Bertillon pour l’année 1881 !!
Avec le professeur Tarnier, nous rejetons donc le biberon comme « un mauvais instrument pour pratiquer l’allaitement artificiel », et nous recommandons aux mères de donner le lait à la cuiller ou à la timbale, lorsque l’enfant ne peut pas être nourri 'au sein, ainsi que le fait l’éminent accoucheur dans
son service de la Maternité. « Les enfants qui n’o pas encore têté boivent parfaitement à la timbale à la cuiller. Ceux qui on pris l’habitude de têt”'^ boivent plus volontiers au biberon ; mais, avec u^ peu de persévérance, on les habitue à boire dans un verre, » Cela n’est qu’une affaire d’habitude, ains' que le prouve le cas rapporté par M. Hervieux, d’un enfant accoutumé à boire du lait d’ânesse au verre dans le service de M. Tarnier qui, transporté dans la crèche de l’infirmerie, refusait le sein de deux nourrices à plusieurs reprises, tandis qu’il prenait avidement le lait qu’on lui présentait dans un verre D’’ A.-L. Labarthe, père..
BICARBONATE DE SOUDE. - (Voyez Soude.).
BICÉPHALE. — Nom donné à un monstre spécial caractérisé par deux têtes supportées par un seul
Fig- 174. Fig. 175.
quelette de monstre bicé- Monstre bicéphale iniodyne (d’après phale dérodyme. (Musée un dessin du professeur Depaul.) Dupuytren.)
corps, dont les figures 174 et 173 présentent deux variétés très curieuses. p. L.
BICEPS. — Nom donné par les anatomistes à un muscle important du bras et de la cuisse.
Le premier, appelé biceps bracchial est situé à sa partie antérieure, où il forme cette saillie que l’on voit si fortement prononcée lorsque le bras est fléchi. Asaportion’supérieure ce muscle est divisé en deux parties dont l’une plus longue , située en dehors, s’insère à la cavité articulaire de l’omoplate et l’autre, plus courte s’attache à l’apophyse coracoïde du inême os. Sur sa partie inférieure, le biceps s’insère en bas à la tubérosité bicipitale du radius. Le
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biceps flédiit l’avant-bras sur le bras et détermine la rotation du bras en dedans
Le second appelé Inceps crural, ou fémoral, est situé à la région postérieure de la cuisse. Sa partie supérieure est divisée aussi en deux portions, dont la plus longue s’insère à ce point du bassin désigné sous le nom de tubérosité de l'ischion, et la plus courte à la face postérieure de l’os de la cuisse ou fémur, au point appelé ligne âpre. Son extrémité inférieure s’insère au dehors delà partie supérieure de la jambe, à la tête du péroné. Il fléchit la jambe sur la cuisse, et lorsqu’il accomplit cette action, son tendon devient très saillant, formant la limite externe du creux du jarret ou creux poplité. U étend de plus la cuisse sur le bassin et imprime un mou vement de rotation en dehors à la jambe, lorsqu’elle est fléchie. P. l.
BIENFAISANCE (assistance publique des bureaux de). — La loi du 19 mars 1793 dispose dans son article 6 « qu’il sera formé, dans chaque canton, une agence chargée, sous la surveillance des corps administratifs et du pouvoir exécutif, de la distribution du travail et des secours aux pauvres, valides et non valides, domiciliés, qui se sont fait inscrire sur un registre ouvert â cet effet dans leur canton. » Un décret du 28 juin suivant détermine la composition de ces agences qui « seront composées d’un citoyen et d’une citoyenne pris dans chaque commune et nommés par les conseillers généraux (la création de ces conseils généraux datait de Turgot) des communes de l’arrondissement. » Enfin l’article . 3 de la loi du 7 frimaire an V est ainsi conçu ; « un Bureau de bienfaisance ou plusieurs s’il est convenable seront formés dans chaque commune. »
Les bureaux de bienfaisance sont des établissements communaux institués pour distribuer des secours à domicile à la classe nécessiteuse et faire soigner, au ' sein de leur famille, les indigents malades ou infirmes qui, faute de cette assistance, seraient obligés d’entrer dans les hôpitaux. La morale publique ne peut que gagner, à ce dernier point de vue, à un mode d’assistance qui tend à resserrer les liens de famille et à aider des enfants ou des parents à remplir un devoir que leur prescrit la nature.
Mais ce n’est point en argent, c’est en nature que le bureau de bienfaisance doit remettre ses secours, s’il ne veut s’exposer à les voir disparaître dans un autre emploi par la violence imprévoyante du besoin, parfois même par l’entraînement brutal des passions aveugles. La dispensation des secours est, d’ailleurs, faite conformément à ce principe et les distributions consistent en pain, viande, bouillon, vin, bois, linge, vêtements, chaussures, 'médicaments, etc. Tout, jusqu’aux cercueils pour les morts, est alloué en nature.
Donner à tous indistinctement, ce serait doter la profession de mendiant. Venir en aide aux seuls nécessiteux, c’est payer la dette de la société. Il importe donc qu’une distribution prudente et opportune des secours à domicile soit faite par les administrateurs des bureaux de bienfaisance.
11 est à remarquer que les communes ne «ennent au secours des pauvres que volontairement et sans Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.
quon puisse les y contraindre. C’est là une conséquence de notre système d’assistance facultative
Comme nous l’avons dit, les secours sont en principe donnés en nature. Ils consistent, néanmoins parfois à payer les mois de nourrice, à pourvoir aux frais d’apprentissage des enfants, etc. Dans lestemps de chômage, le bureau de bienfaisance doit même, de concert avec l’autorité municipale, s’efforcer d’organiser des ateliers de charité et de’créer des travaux utiles à la commune, travaux qui ont pour effet de réhabiliter le secours et de transformer l’aumône en salaire. .
L’une des ressources ordinaires des bureaux de bienfaisance consiste dans les droits établis au profit des pauvres sur les billets d’entrée dans les spectacles, bals, concerts (loi du 7 frimaire an V, art. 1"). Cette loi a été confirmée par le décret du 9 décembre 1809.
Auprès des bureaux de bienfaisance sont placées des commissions administratives dont la composition a été modifiée, comme pour celles des hospices, par la loi du 3 août 1879. Ces commissions sont formées, en vertu des prescriptions de cette loi, du maire, président-né, suivant l’expression consacrée, et de six membres renouvelables, issus d’un double élément : l’élément communal, représenté par deux délégués du Conseil municipal, et l’élément chargé de défendre les intérêts généraux et particuliers de l’établissement charitable, constitué au moyen de quatre membres nommés par le préfet.
La dotation des bureaux de bienfaisance est allée toujours croissante, ce qui prouverait, s’il en était besoin, que le cœur même de la France résiste à toutes les tourmentes et que, s’il est une fortune qui défie toutes les crises, c’est « la fortune des pauvres », suivant la parole de Dufaure à l’assemblée législative.
Domicile de secours. — La fixation du domicile de secours est toujours réglée par le titre V de la loi du 24 vendémiaire an II ; mais ce domicile n’implique plus qu’une aptitude à être secouru et non un droit, sauf en ce qui concerne les enfants trouvés et les aliénés indigents.
Le domicile de secours s’acquiert de deux manières :
Par le fait de la naissance, pour les mineurs.
Par la résidence d’une année dans la même commune après l’âge de vingt et un ans, pour les majeurs.
Le domicile de secours ne se prescrit pas. Nul ne peut exercer le droit de domicile dans deux communes (art. 11 du décret du 24 vendémiaire an II).
Organisation spéciale à la ville de Paris. — L’assistance administrative de l’indigence à Paris était confiée, avant 1789, à une institution connue sous le nom de Grand bureau des pauvres. Ce bureau, présidé et dirigé par le procureur général du Parlement, prélevait d’office, chaque année, une taxe d’aumône sur tous les habitants de la cité.
En 1793, le Grand Bureau des pauvres fut remplacé par quarante-huit comités de bienfaisance, correspondant aux divisions municipales de la viUe de Paris. A ces comités furent substitués, en 1816,
I douze bm-eaux de charité qui, à partir de 1830, pri-
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rent le nom de bureaux de bienfaisance. Lors de l’annexion de la banlieue (1860), le nombre de ces bureaux fut porté à vingt, chiffre égal à celui des arrondissements.
Les bureaux de bienfaisance sont chargés de la répartition et de l’emploi de toutes les sommes mises à leur disposition par l’autorité administrative et par les particuliers, ainsi que de l’administration et de la surveillance des établissements charitables connus sous le nom de maisons de secours.
Aux termes de l’ordonnance du 29 avril 1831, les bureaux de bienfaisance sont placés sous la direction du préfet de la Seine et sous la surveillance de l’administration générale de l’Assistance publique. Chaque bureau se compose du maire de l’arrondissement, président de droit, des adjoints, membresnés, et de douze administrateurs nommés par le préfet. Un nombre indéterminé de commissaires ou de dames de charité, nommés par le bureau, vien- cent en aide aux administrateurs pour la visite des pauvres et la distribution des secours à domicile. Des médecins et des chirurgiens attachés à chacun des bureaux donnent des consultations et des soins gratuits aux indigents de l’arrondissement et vaccinent gratuitement les enfants. Des sages-femmes, désignées par le bureau, donnent gratuitement leurs soins aux indigentes qui les réclament lorsqu’elles sont enceintes ou en couches.
Dans chaque bureau est ouvert un registre d’inscription de tous les indigents secourus. Nul ne peut y être inscrit s’il ne réside pas à Paris depuis un an révolu.
Secours en nature. — Ces secours se divisent en secours annuels et secours temporaires.
Sont admis aux secours annuels : les vieillards ayant accompli leur soixante-quatrième année et les individus qui ne peuvent pourvoir à leur existence par suite d’infirmités graves (paralysie, privation d’un membre, surdi-mutité, épilepsie, etc.).
Peuvent obtenir les secours temporaires ; les chefs de famille ayant au moins trois enfants audessous de quatorze ans ou deux enfants dont l’un serait atteint d’infirmités graves ; les veufs et veuves ayant deux enfants au-dessous de quatorze ans ou un atteint d’infirmités graves ; les veuves ou femmes délaissées qui, ayant déjà un enfant au-dessous de quatorze ans, sont enceintes ; les femmes en couches et les nourrices, les enfants abandonnés, les orphelins au-dessous de seize ans, les blessés, les malades.
Les actes de l’état civil doivent être produits à l’appui des demandes ; ils peuvent être sur papier libre. Les infirmités doivent être constatées par des certificats de médecins attachés au bureau.
Secours en argent. — Ces secours sont ordinaires ou extraordinaires ; ils sont donnés, soit par le bureau lui-même, soit par l’administration de l’Assistance publique, sur la proposition du bureau.
Les secours ordinaires sont accordés aux vieillards depuis l’âge de soixante-neuf ans révolus, aux aveugles, aux paralytiques.
Pour être admis à ces secours, il faut être domicilié à Paris depuis cinq ans au moins et inscrit comme indigent depuis plus de deux ans; toutefois, une
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année d’inscription suffit pour celui qui justifip d'une résidence continue dans la ville de Paris.
Quant aux secours extraordinaires, ils sont défi, vrés selon les nécessités. C’est ainsi que des secours" prélevés sur la fondation Montyon, sont attribués aux convalescents sortant des hôpitaux.
Secours en travail. — Les bureaux de bienfaisance cherchent aussi à multiplier les secours en travail et se mettent en rapport avec des manufacturiers, pour obtenir qu’ils emploient les indigents sans ouvrage. Travail et secours sont donc les deux formes sous lesquelles l’assistance publique s’exerce à Paris. C’est là un système d’une application salutaire. Procurer du travail à l’homme valide qui en manque, c’est la meilleure manière de lui venir en aide, car s’il refuse ce moyen de pourvoir à ses besoins, c’est qu’il est indigne de toute autre assistance.
Traitement à domicile pour les malades nécessiteux, mais non inscrits au bureau de bienfaisance. — En 1833, l’administration de l’Assistance publique a établi ce mode de traitement. Les soins affectueux et empressés de la famille sont ainsi substitués au régime de l’hôpital. A un autre point de vue, il a pour avantage de restreindre le nombre des admissions dans les hôpitaux. Pour obtenir l’admission au traitement à domicile, il suffit d’envoyer au secrétariat du bureau de bienfaisance du domicile du malade, le nom et l’adresse de ce dernier. Pendant leur maladie, les personnes adniises à bénéficier de ce traitement sont déchargées dé toutes dépenses de visites médicales et de médicaments. Une commission statue ensuite, après enquête, sur les secours extraordinaires qu’il serait à propos de leur attribuer pour leur convalescence ou pour réparation du préjudice causé par la maladie.
Un autre privilège est assuré à ceux qui participent à ce traitement : ils peuvent être envoyés gratuitement, comme les indigents inscrits sur les contrôles du bureau de bienfaisance, aux asiles de convalescence de Vincennes et du Vésinet.
Tpjgant de Beaumont.
BIÈRE. — La bière est une boisson fermentée , faite avec du houblon et les graines de certaines céréales, telles que l’orge, le froment, le maïs, l’avoine, le seigle et le riz. En Europe on se sert presque exclusivement de l’orge.
Fabrication de la bière. — La fabrication de la bière comprend une série d’opérations dont nous ne pouvons donner dans ce dictionnaire qu’un aperçu très sommaire. Pour fabriquer la bière, on mouille l’orge avec de l’eau tiède jusqu’à ce qu’elle se gonfle et colore l’eau en rouge brun ; on l’étend alors en couches de 50 centimètres d’épaisseur, sur un plancher dàns de vastes pièces appelées germoirs, dont la température est maintenue à 15’, et on la laisse germer pour y développer la diastase, principe destiné à transformer l’amidon en dextrine et en sucre. Lorsque la germination coinmence à se faire et que les germes ont 3 à 6 millimètres de longueur, ce qui a lieu d’ordinaire au bout de 8 à 10 jours, on soumet l’orge à une température de 60% pour arrêter cette germination et donner au grain de l’amertume et de la couleur.'
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Celui-ci, desséché et séparé des germes ou touraillons par le frottement, a reçu le nom de malt ; il est ferme, sans dureté, a une odeur agréable, une saveur sucrée et représente 75 0/0 de l’orge brute. On moud grossièrement ce malt et on le fait bouillir dans l’eau. On obtient ainsi une liqueur sucrée, fermentescible, appelée moût, à laquelle on mêle le houblon, destiné à assurer sa conservation et à donner à la bière son arôme et son amertume. On la concentre par l’évaporation, puis on la fait refroidir à une température de 12°. Un peu de levure mélangée alors à la liqueur la fait entrer en fermentation, et au bout de quelques jours la bière est faite ; il ne reste plus qu’à la clarifier en la collant avec la colle de poisson.
Composition chimique de la bière. — En général, la bonne bière, bien faite, renferme de l’eau, de l’alcool, du glucose, de la dextrine, des matières extractives et grasses, des essences aromatiques, le principe amer du houblon, des matières protéiques, de la glycérine, de l’acide lactique, de l’acide acétique, des phosphates de chaux, de magnésie et de potasse, des chlorures de potassium et de sodium, de la silice et de l’acide carbonique libre.
Le tableau suivant, emprunté à V Agenda du chimiste de MM. Charles Girard et Pabst, donne la richesse des principales bières en alcool et en extrait.