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Cette ci’culaire a été adressée à la suite du rapport présenté par le comité consultatif d'Hygiène de France, consulté à cet effet. d' Paul labarthe.
BIGORRE (EAUX MINÉRAIES DE). — Bagnères de Bigorre est une charmante petite ville de 10,000 habitants, sous -préfecture des Hautes-Pyrénées, située sur les rives de l’Adour, à l'extrémité de la belle plaine de Tarbes , à une hauteur de 560 mètres au dessus du niveau de la mer.
Cette station, une des plus importantes de France, réunit un des groupes d’eaux les plus merveilleux des Pyrénées ; eUe possède actuellement un grand nombre de sources thermales qui déversent journellement plus de deux millions et demi de litres dans plusieurs établissements dont quelques-uns appartiennent à des particuliers et les autres, notamment les Thermes de Marie-Thérèse, de beaucoup le plus considérable et le plus important, sont la propriété de la ville. Celui-ci construit en marbre blanc, d’après une architecture fort belle, quoique simple, et adossé a la montagne d’où viennent les sources qui l’alimentent, réunit une installation hydrothérapique des plus complètes, bains, douches, bains de vapeur, bains russes, salles d’inhalation et de pulvérisation, etc. La compagnie concessionnaire de ces Thermes vient de faire construire un magnifique casino, inauguré en 1883, et, dans la cour centrale vitrée, elle a creusé une vaste piscine ne mesurant pas moins de 19 mètres de longueur sur 12 de largeur, alimentée à l'eau thermale courante, qui offre par ses dimensions aux amateurs de gymnastique balnéaire une installation unique au monde. On utilise dans les Thermes les sources Salies, Dauphin, Reine, Saini-Hoch, Foulon, Rampe, Platane, Marie- Thérèse ou des Yevjt, Fontaine-Nouvelle et Labassère, d’après lesquelles ont été étudiés plus spécialement les caractères et les propriétés des eaux de Bigorre.
Limpides, incolores, dépourvues d’odeur, sauf quelques-unes qui exhalent une légère odeur sulfureuse due à la présence d’un peu de sulfure de calcium, d’une saveur tantôt fade, tantôt styptique légèrement amère, d’une température variant entre 50 et 32 degrés, les eaux de Bigorre sont surtout minéralisées par le sulfate de chaux dont la dose par litre varie entre l'-',84 (Sainf-Roch) et 0*',158 {Foulon) ; par le sulfate de magnésie qu’on y trouve depuis 0S%005 (Foulon) jusqu’à 0'%386 (Rampe). Quelques-unes sont en outre légèrement, d’autres franchement ferrugineuses et arsenicales, Salies surtout qui, d’après l’analyse du docteur De Lagarde, en renferme près de 2 milligrammes et demi par litre. Enfin, on trouve encore dans la Reine de sulfate de soude. Nous ne parlons pas de Labassère franchement et fortement sulfureuse, à laquelle, vu son importance, nous consacrons un article spécial. Cette source, du reste, est éloignée de Bigorre de 12 kilomètres et n’est employée que transportée.
Les eaux de Bigorre sont donc sulfatées calciques et magnésiennes, sulfatées sodiques, ferrugineuses et arsenicales.
Administrées à l’intérieur, elles sont généralenaent bien supportées par l’estomac, se digèrent facilement, sont apéritives, produisent une stimula¬
tion générale du tube digestif et de ses annexes, en augmentent les sécrétions, rendent les selles pins fréquentes et abondantes, sans que ces effets laxatifs soient suivis de malaise ni de lassitude. Elles exercent une action très manifeste sur la sécrétion des reins et augmentent considérablement la quantité des urines rendues. Enfin elles ont sur les muqueuses de l’appareil respiratoire (Salies surtout) une action analogue à celle de la Bourboule et du Mont-Dore.
Administrées à l’extérieur, en bains ou en douches, les sources très chaudes (Salies, Dauphin) sont excitantes, déterminent de l’agitation, de la chaleur, des sueurs abondantes accompagnées parfois d’éruptions à la peau. Les sources un peu moins chaudes produisent les mêmes effets, mais bien moins intenses. Enfin, les sources tièdes (Marie-Thérèse, Foulon, Rampe, etc.) sont, au contraire, sédatives et calmantes. Sous leur influence, les fonctions respiratoires et circulatoires se régularisent, les sécrétions de la peau augmentent.
D’après l’action physiologique des eaux de Bigorre, il est facile de voir quelles sont les maladies contre lesquelles on doit les employer. Ces eaux conviennent tout d’abord admirablement par leur thermalité dans -les rhumatismes musculaires et articulaires chroniques, les névralgies rhumatismales et les palpitations nerveuses. Par leur composition chimique, elles sont . absolument indiquées : — dans les affections du tube digestif, inappétence, dyspepsie, gastralgie, entéralgie, constipation ; — dans les engorgements chroniques du foie et de la rate; — dans ■certaines maladies des reins et de la vessie, grav elle rouge ou uriqüe, cystite chronique ; — dans plusieurs affections de la matrice, congestion et engorgement du col, leucorrhée, métrite chronique, irrégularité de la menstruation; — dans. diverses maladies de la peau, principalement l'eczéma, le lichen, le psoriasis, etc. ; — dans les névroses ; — dan.s l’anémie, la chlorose et le lymphatisme ; — enfin, dans les laryngites et les bronchites chroniques et dans la phthisie au début. Il résulte des statistiques dressées par mon savant ami, le D’' Dejeanne, médecin inspecteur, les D'" Dé Lagarde, Couzier, etc., qu’un grand nombre de malades atteints des affections que nous venons d’énumérer, ont été les uns complètement guéris, les autres fortement améliorés par l’usage sagement ordonné des eaux de Bigorre.
Disons, en terminant, que cette station jouit d’un excellent climat tempéré et d’une salubrité telle que les maladies endémiques y sont inconnues; enfin, qu’elle est pour les touristes un des centres d’excursion les plus intéressants de toutes les Pyrénées.
D' Paul Labarthe.
BIJOUTIERS. — Hygiène professionnelle. — Les bijoutiers, et dans cette catégorie nous faisons entrer les orfèvres, les lapidaires et les sertis eurs, ont une profession très sédentaire dans laquelle les yeux, les mains et l’attitude jouent le rôle principal. Les yeux, sans cesse appliqués à des travaux minutieux et délicats sur des objets de très petites I dimensions, se fatiguent vite et d’autant plus que I souvent les ouvriers font usage de la loupe pour
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leur travail qui se fait toujours au grand jour ou à | la lumière du gaz ou d’une lampe dont ils concentrent les rayons à travers de grosses boules d’eau. Aussi les maladies des yeux sont très fréquentes chez les bijoutiers. On observe chez eux de la choroïdite, de l'asthénopie, des blépharites ciliaires, et enfin la cataracte. On constate aussi, surtout parmi les sertisseurs de pierres et de diamants, des spasmes des muscles fléchisseurs des doigts et de la contracture analogue à la crampe des écrivains, due à l’exercice professionnel des doigts et des mains. Certains auteurs ont donné comme signe caractéristique professionnel des bijoutiers le renversement de la dernière phalange du pouce en dehors ; le docteur Beaugrand qui a examiné un grand nombre d’ouvriers bijoutiers n’a que très rarement rencontré cette déformation.
L’attitude spéciale des bijoutiers qui travaillent presque toujours assis, la poitrine penchée en avant, les coudes appuyés contre les côtes, sans que l’exercice général des muscles de la cavité thoracique compense sa funeste influence, prédispose au développement des maladies de poitrine et à la phthisie, surtout chez les ouvriers employés au polissage des bijoux d’acier, opération qui se fait soit en frottant avec une brosse rude, soit au moyen de meules et qui développe des poussières dangereuses.
Le dérochage, opération qui consiste à polir les bijoux de cuivre qu’on prépare pour la dorure et à leur donner une couleur claire se rapprochant de celle de l’or, en les passant à l’acide nitrique, expose les ouvriers qui y sont employés à l’absorpr tion des vapeurs nitriques qui se dégagent. Ces vapeurs déterminent de la toux, de la dyspepsie, des douleurs trèa vives dans la poitrine, une irritation intense des bronches accompagnée d’expectoration abondante. Les ouvriers ressentent aussi de très vives douleurs dans l’estomac, des coliques et dans certains cas des vomissements. Enfin, les mains au contact habituel des acides se desquament, se crevassent et se gercent.
Le cyanure de potassium qu’on emploie en grande quantité pour dissoudre l’or et l’argent destinés à la dorure et à l’argenture galvanique des bijoux faux, détermine chez les ouvriers chargés de ce travail des accidents analogues à ceux observés chez les photographes qui emploient aussi le cyanure de potassium (V. Photographe).
Les vapeurs mercurielles qui se dégagent pendant les diverses opérations auxquelles on se livre pour recueillir les débris d’or et d’argent contenus dans les balayures des ateliers de bijouteriel (grillage, lavage, amalgame avec le mercure des cendres obtenues), peuvent occasionner chez ceux qui les exécutent, des accidents mercuriels.
On conçoit qu’en présence de pareils accidents, il est nécessaire que les ouvriers bijoutiers prennent certaines précautions hygiéniques.
Ils éviteront ou du moins ils diminueront dans de notables proportions la fatigue des yeux et les troubles de la vue, en employant des lunettes teintées légèrement en bleu: noir pendant le jour, et le soir en colorant l’eau des globes avec lesquels ils concentrent les rayons lumineux sur les bijoux. Ils