BIL
se serviront d’établis élevés, de façon à empêchp une trop forte inclinaison de la poitrine. Pour neu*^ traliser les vapeurs nitreuses, ils placeront devant leur bouche une éponge ou un masque en étamine trempé dans une solution légère de carbonate de potasse. Ils pourront aussi, comme l’a conseillé le docteur Ilillairet, combattre les vapeurs nitreuses par les vapeurs d’ammoniaque qui se mélangent en formant des vapeurs blanches, opaques, d’azotate d’ammoniaque entièrement inodores et inoffensives. Pour échapper à l’action des divers acides et du cyanure de potassium sur les mains et les poignets, ils feront usage de gants de peau ou bien de taffetas ciré. Inutile d’ajouter que les ateliers devront être bien ventilés, qu’il sera bon d’avoir une pièce spéciale pour chaque genre d’opérations, et que les ouvriers devront respirer largement le grand air après leur journée de travail.
D" Paul Labarthe.
BILE. — La bile est un liquide sécrété par le foie et destiné à faciliter la digestion et l’absorption des aliments. La bile que nous voyons d’ordinaire, la seule qui puisse tomber sous nos sens, a été altérée et modifiée par son séjour dans la vésicule biliaire; elle est alors demi-transparente, filante, d’un vert jaunâtre ; son odeur est nauséeuse, son goût amer et laissant dans la bouche une désagréable saveur fade et douceâtre. A l’état naissant, c’est-à-dire quand elle est réellement normale, la bile est au contraire d’un jaune safran.
La bile a la propriété de teindre facilement en sa couleur les éléments anatomiques avec lesquels elle se met en contact, surtout les cellules épithéhales (V. Jaunisse). Elle est neutre ou légèrement alcaline ; il s’en forme par jour environ 1.200 à 1.300 grammes; la sécrétion habituellement peu rapide, s’accroît considérablement vers la fin de la digestion.
Gomme le lait et le sang, la bile, très pauvre en eau, est un des liquides les plus riches de l’organisme en sels minéraux; on y trouve du sel marin, des phosphates de soude, de potasse, de chaux, de magnésie, des sels de fer, deux acides gras, l’acide cholique et l’acide choléique -, ce dernier contient du soufre et communique à la bile son goût caractéristique ; on y rencontre encore de l’oléine, de ,1a margarine, des savons.
Le principe essentiel dè la bile est la cholestérine,. rangée actuellement dans la classe des alcools. La cholestérine n’est soluble que dans la bile; d’après Flint, elle serait un déchet d’éléments nerveux.
La bile doit sa couleur à la biiiverdine, c[m selon les Allemands, viendrait de la matière colorante du sang. L’expérience vérifie en effet que la bile dissout fort bien les globules rouges du sang. Son action dissolvante pourrait donc transformer Vhématoïdine, principe du pigment sanguin en biliverdine.
On voit que la bile a une constitution à part essentiellement différente des autres principes de l’économie, même des sécrétions digestives, comme la salive, les sucs pancréatique, gastrique, etc.
On a cru longtemps qu’elle saponifiait les corps .gras, et aujourd’hui on est forcé d’avouer que son rôle est à peu près inconnu. Elle n’est pas réelle-