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ment digestive, ses principes et l’expérience le prouvent; de plus, elle n’arrive dans l’intestin gu’altérée, et, après le repas, lorsque l’absorption des aliments est à peu près terminée. D’après certains physiologistes autorisés, elle aurait plutôt une action mécanique et opérerait, selon l’expression de M. Mathias Duval, un véritable balayage de cei atelier où vient de se produire le travail si Laborieux de Tabsorption. En vertu de son pouvoir de dissoudre facilement tous les éléments cellulaires, elle servirait à faire tomber les cellules épithéliales de l’intestin, usées par l’effort de la digestion, ce qui faciliterait singulièrement la reconstitution rapide des nouvelles cellules, indispensables pour la digestion prochaine. , „ .

Ce qu’il y a de plus certain, c’est qu elle joue un rôle excrémentiel; la cholestérine empêche les matières fécales de fermenter et d’avoir une odeur putride ; le fait est vérifié par l’expérience. Elle se modifie dans l’iZéon et est alors appelée stercorvne-, eUe abandonne sa matière colorante aux matières técales, qui lui doivent leur couleur; celles-ci prennent une couleur terre glaise lorsque la bile est en excès, comme dans la jaunisse.

Cependant la bile n’est pas complètement éliminée et certains de ses principes après avoir servi, sont rendus à l’organisme pour remplir d’autres offices.

La bile, à la rigueur, n’est pas indispensable à la vie ; on constate qu’un animal, dont on détourne la bile par une fistule, peut vivre sans changement appréciable, pourvu qu’il absorbe 3 ou 4 fois plus de nourriture (on retrouve les matières grasses à peu près intactes dans les matières fécales), sinon l’a^ nimal ma'grit, ses poils et ses ongles s’atrophient et tombent, privés de leur principale alimentation^ le soufre contenu dans l’acide choléiqüe.

Les maladies de l’organisme viennent, pour ainsi dire, se refléter dans la bile. Rare dans les hjqiertrophies du foie (Bouchardat), la bile est abondante, mais plus claire et baveuse, dans les atrophies. Dans les maladies du cœur, des vaisseaux qui ralentissent la marche du sang, dans le choléra, ses principes solides augmentent ; elle est sucrée dans le diabète, graisseuse et semblable à de la mélasse dans la phthisie pulmonaire. Bérard a reconnu qu’après une longue abstinence, elle devenait épaisse, foncée, et chez deux individus morts de faim, il remarqua une couleur noire, comparable à du jus de réglisse. Jacobson ét d’autres, apres avoir injecté des sels, de l’albumine, du sucre de raisin, de la thérébentine, etc., dans des veines de chevaux, ont retrouvé ces produits intacts dans la bile, et Zeller a pu y constater la présence du mercure pur, après avoir fait mourir des animaux avec des frictions mercurielles répétées.

Enfin, la bile passe facilement dans le sang, l’urine et toutes les humeurs. Ce fait sert à éclairer le diagnostic de certaines maladies, des procédés chimiques permettant de l’isoler et de la retrouver dans ces différents liquides.

Disons, en terminant, que certains médicaments purgatifs tels que le calomel, l’aloès, le jalap, la scammonée exercent une action spéciale sur la sécrétion de la bile. Paul lababthe.

BILIAIRE. Qualificatif donné par les anatomistes et les physiologistes à l’appareil sécréteur et excréteur de la bile. p ^

BILIAIRE (CAicüi). — (Voyez Calcul.)

BILIEUX (TEMPÉRAMENT). — (Voyez Tempérament.)

BINOCLE. — Nom donné à un bandage spécialement destiné à maintenir les pièces de pansement appliquées sur les yeux, et aussi à protéger ceux-ci contre l’action du froid, de la chaleur et de la lumière.

Pour appliquer ce bandage, on se sert d’une bande longue d’environ huit mètres et large de quatre centimètres, roulée en deux globes inégaux.

On place le plein de la bande sur le front, autour duquel on fait deux tours circulaires, puis on croise les deux globes sur la nuque, et, on les ramène en avant sur le front en passant au - dessous des oreilles sur les joues et sur les yeux ; on les ramène à nou- Fig. 176.

veau derrière la tête. Binocle ou bandage croisé des yeux au bas de la nuque, ^ globes,

puis sous les oreilles, sur les joues et sur les yeux en avant, jusqu’à ce que la bande soit épuisée. On termine alors le bandage en faisant avec le chef de bande du globe le plus long, un ou deux tours de tête horizontaux destinés à maintenir le tout solidement et on fixe l’extrémité de la bande à l’aide d’une épingle. On peut, dans la plupart des cas, remplacer le binocle par un simple bandeau, p. l.

BIOLOGIE. — Nous ne croyons pas pouvoir donner une meilleure définition de la. biologie que celle de nos illustres maîtres Littré et Robin, dans la douzième édition de leur dictionnaire : « La biologie est la science qui a pour objet les corps organisés, et pour but ou objet d’arriver, par la connaissance des lois de l’organisation, à connaître les lois des actes que ces êtres manifestent, et réciproquement ».

La biologie se divise en biologie statique qui étudie les êtres organisés comme aptes à agir, et en BIOLOGIE dynamique qui étudie les êtres organisés comme agissant.

A la BIOLOGIE STATIQUE se rattachent : 1° l’areatomie OU étude de l’organisation des êtres; 2“ la biotaxie ou étude des lois de l’arrangement des êtres en groupes naturels, d’après la conformité de leur organisation qui se traduit au dehors par des modifications correspondantes des organes extérieurs; 3° la science des milieux, et par ce mot milieu, nous entendons avec Auguste Comte, dans

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son Cours de philosophie positive, a non seulement le fluide où l’organisme est plongé, mais en général l’ensemble total des circonstances extérieures d’un genre quelconque nécessaires à l’existence de chaque organisme déterminé. »

A la BIOLOGIE DYNAMIQUE se rattachent : 1" la physiologie ou étude des lois d'après lesquelles s’opèrent les actes des êtres vivants; 2° l'étude des actions réciproques du milieu sur l’être vivant et de celui-ci sur le premier. Par ce côté, la biologie touche d’une manière toute particulière à l’étude des sociétés ou sociologie (Voyez ce mot).

D’’ Paul Labarthe.

BIRMENSTOFF (eaux minérales de). — Birmenstorff est une eau qui jaillit à deux kilomètres de Baden en Suisse ; elle renferme par litre 22 grammes de sulfate de magnésie et 7 grammes de sulfate de soude, et est franchement purgative. Son importation en France a considérahlemenl diminué depuis 1870. P.L.

BISCOTTE. — On donne ce nom à une sorte de pâtisserie faite le plus souvent avec du pain au lait, sucré, coupé en tranches et séché au four, qui sert surtout à confectionner des potages pour les très jeunes enfants auxquels on commence à faire prendre des aliments autres que le lait. p..l.

BISCUIT. — On donne ce nom : 1° à une série de pâtisseries faites avec de la farine, des œufs et du sucre, et aromatisées avec du citron, de la vanille’ ou de la fleur d’oranger, dont les plus connus sont les biscuits de ‘Reims, les biscuits de Savoie, les biscuits à la cuiller, les biscuits anglais, etc. (V. Pâtisserie) ; 2>‘’ à un pain spécial qui entre dans l’alimentation des matelots et dans celle des soldats en campagne, lorsqu’il y a impossibilité de se procurer du pain ordinaire.

Ce biscuit, qu’on appelle encore biscuit de mer, se prépare sans sel ni levain, avec de la farine de blé et un dixième d’eau à la température de 45“ en été et de 60“ en hiver. La pâte doit être très ferme, c’est-à-dire pétrie longtemps et plus soigneusement encore que la pâte destinée à faire le pain. Cette pâte est divisée en tablettes carrées percées de trous nombreux, espacés de 4 ou 5 centimètres, destinés à laisser échapper les parties aqueuses qui se vaporisent pendant la cuisson. On ne laisse les biscuits dans les fours chauffés au bois de chêne, qu’environ trente minutes ; puis, on les retire et on les place dans des étuves sèches où on les laisse séjourner pendant un mois et même un mois et demi. On les empile ensuite dans des caisses.

Pour être bon, le biscuit, dit Scoutetten, « doit être lisse à l’extérieur, d’une belle nuance fauve pâle, sans boursouflure, être sonore et d’une siccité parfaite ; à l’intérieur sa couleur doit être d’un blanc rosé, sa cassure nette; légèrement granuleux, présentant des facettes vitreuses d’un grain serré et briRant. D’une odeur agréable, d’une saveur légèrement sucrée, il doit gonfler dans l’eau sans s’émietter. »

Les biscuits se conservent très bien pendant un an, mais pas plus, quoiqu’en aient prétendu mes¬

sieurs les intendants militaires. Encore faut-il ay • bien soin de les tenir à l’abri de l’humidité et deT chaleur de l’air qui favorisent le développement moisissures cryptogamiques et la génération d^ nombreux insectes dont les larves se creusent sein des biscuits, des galeries où ils déposent leurs œufs et leurs excréments, voir même leurs cada vres, germes inévitables d’une véritable corruption' Dans le biscuit qui a fait campagne sous les tropiques, on rencontre fréquemment un parasite, communément appelé Apate menu, qui y creuse de petits trous ronds, puis . chemine entre les deux croûtes en mangeant la mie. On conçoit que le biscuit envahi par ce parasite est d’une grande fragilité, le moindre choc le brise en l’émiettant et on contaste alors facilement la présence de l’apate qui est de couleur rougeâtre, ou de petits vers blancs qui sont la larve de ce parasite.

Le bon biscuit renferme une plus grande proportion de matière alimentaire que le pain, à volume égal. Mais il répugne à bien des gens qui n’ont pas la patience de le mâcher lentement et longtemps.

De plus, sa saveur n’est pas relevée par le sel et par ces produits pyrogènes que la torréfaction développe dans la croûte du pain, ainsi que l’a fort justement écrit le professeur Fonssagrives. Enfin, l’absence de sel et de levain le rend d’une digestion difficile, car après avoir absorbé beaucoup de salive. pendant la mastication, il absorbe beaucoup de suc gastrique dans l'estomac.

Quant au biscuit avarié, outre qu’il a perdu une bonne partie de ses propriétés nutritives, il a encore contracté des propriétés nocives et il détermine chez les individus qui en font usage, de la diarrhée et de la dyssenterie.

: En résumé, le biscuit ne sera jamais qu’un aliment de nécessité, rien de plus, qui ne vaudra jamais le bon pain. Édouard Dupody.

BISCUITS MÉDICAMENTEUX. — On donne ce nom à des préparations pharmaceutiques qu’on obtient en incorporant un ou plusieurs médicaments à la pâte des biscuits avant de la cuire. On prépare de la sorte des biscuits vermifuges, purgatifs, dépuratifs, à la santonine, à la scammonée, au calomel ou protochlorure de mercure, etc.

Ainsi qu’un très grand nombre de médecins, nous ne sommes nullement partisan de ce mode de préparation et d’administration des médicaments, car le mélange, toujours confié à un simple pâtissier, est généralement mal fait; les principes médicamenteux sont inégalement répartis dans la masse, ce qui en rend tout dosage exact absolument impossible. De plus, la cuisson altère et décompose la plupart des remèdes qui y sont incorporés. C’est ainsi, par exemple, que sous l’influence du carbonate d’ammoniaque que les pâtissiers ajoutent presque toujours pour faire lever leur pâte et rendre les biscuits plus légers, le calomel est décomposé et converti en mercure métallique, ce qui • peut donner heu à des mécomptes et à des accidents. Enfin, nous- savons que les biscuits sont difficiles à conserver et qu’ils s’altèrent facilement par l’humidité et par la chaleur qui développent dans leur masse des moisissures dangereuses. Que

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les personnes, les mèr^s surtout, qui trop souvent à tout propos, administrent des biscuits médicamenteux à leurs enfants, renoncent donc à ce genre ' d.e préparation, qui n’a même plus pour excuse de masquer la saveur des médicaments, aujourd’hui surtout qu’on fabrique des pilules et des granules ^d’un très petit volume, sans odeur ni saveur, grâce à des enrobages sucrés qui les font ressembler à des 'bonbonsi et que presque tous les enfants avalent avec facilité. D' Paul Labarthe.

BISMUTH. — Le bismuth est un métal solide, d’un blanc rougeâtre, d’une structure cristalline et • lamelleuse, d’une densité de 9,8. Celui du commerce .contient presque toujours de l’arsenic et du soufre, dont il est important de le débarrasser. L’acide ni- Jrique le dissout complètement, et c’est cette solution qui traitée par l’eau, employée en grande quan- tité, le précipite sous forme d’une poudre blanche qui est le sous-nitrate de bismuth. Le métal est inu- .sité en médecine, tandis que le sous-sel offre des applications fréquentes, comme nous allons le voir.

Sous-nitrate de bismuth. — Le sous-nitrate de bismuth se présente sous la forme d’une poudre cristalline, blanche, insipide, inodore, très peu so- Juble dans l’eau. Usité autrefois comme blanc de fard, il n’a été introduit dans la thérapeutique par Odier, de Genève, que vers l’année 1783. A cette époque même, peu de praticiens imitèrent son exemple, le médicament retomba dans l’oubli jus- , qu’au moment ou Bretonneau, Trousseau et Monne- .ret en ont fait connaître les véritables propriétés et l’efficacité incontestable. Ce dernier surtout en le prescrivant à des doses énormes, 40 à 80 grammes par jour, a appris aii corps médical qu’on pouvait .user sans crainte de ce produit inoffensif. Dès lors l’emploi s’en est répandu à toutes les classes de la société, sans distinction d’âge ou de sexe, à tel point qu’il n’est pas aujourd’hui de maladie des voies digestives qu’on ne traite par ce remède aussi facile à prendre que certain dans ses effets.

Effets. — Quand on administre à l’intérieur le sous-nitrate de bismuth, une très minime quantité est absorbée, passe dans la circulation et est éliminée par nos principaux émonctoires sans produire de modification sensible ; la presque totalité chemine le long du tube intestinal, adhère sur sa paroi in- Jerne, y forme une couche plus ou moins épaisse suivant la quantité de sel ingéré. Cette couche encore blanche dans l’estomac et l’intestin grêle prend . une teinte gris-noirâtre dans le gros intestin à cause de la présence de l’acide sulfhydrique qui se combine à eUe et la transforme en sulfure de bismuth. Il en résulte que les garde-robes des malades, pendant l’administration de ce sel et quelques jours après, possèdent une couleur d’un noir cendré caractéristique qui inquiète les familles si on ne les a prévenues à temps. Cette coloration particulière des selles est, au contraire, un bon symptôme, elle .prouve que le sel a séjourné assez longtemps dans l’intestin pour y former une couche adhérente, s’y transformer et mettre un terme aux flux incessants qui épuisent le malade.

Ce médicament ne s’administre pas toujours dans Dictioxnaire populaire de Médecixe usuelle.

les memes proportions, ni de la même manière. Il se donne à faible dose dans toutes les [maladies de l’estomac; 20 centigrammes à 1 et 2 grammes par jour en plusieurs prises, soit seul, soit^associé] à la magnésie, comme dans la poudre de Patterson,. suffisent au plus grand nombre des indications.

Il procure de l’appétit, facilite la digestion, fait cesser les renvois, les nausées, les vomissements, les pesanteurs, les douleurs gastriques; apporte du soulagement aux sensations insupportables de brûlure, de pincement, de déchirure, de constriction excessive de la région épigastrique , pourvu qu’il soit pris un quart d’heure avant les repas et qu’il soit continué jusqu’au retour complet à l’état normal. Pour les maladies de l’intestin, il se prescrit aux doses élevées de 4 à 12 grammes par jour : il est même utile d’atteindre quelquefois les proportions fabuleuses de 15, 30 à 80 grammes, suivant la méthode de Monneret, lorsque les résultats n’ont pas été satisfaisants avec des doses moindres. Alors la paroi interne de la muqueuse est tapissée par une couche de ce médicament suffisamment épaisse pour en résorber les sécrétions anormales.

Usages. — Cet exposé physiologique étant bien compris, les propriétés thérapeutiques du sousnitrate de bismuth sont faciles à déduire. Comme absorbant anti-acide, il rend tous les jours des services dans'les digestions laborieuses s’accompagnant de tendance à la diarrhée, dans la gastrite subaiguë, la gastrite chronique, l’ulcère simple de l’estomac, les vomissements bilieux, la gastralgie, l’hypochondrie, etc. Comme anti-diarrhéique, il est très utile dans la curation des diarrhées, des flux mu- ^ queux, séreux, purulents et dysentériques, des ulcérations de l’intestin et de la période prodromique du choléra ; il se donne encore pour arrêter le dévoiement occasionné par la dentition ou les indigestions si communes chez les enfants à l’époque du sevrage. L’usage externe en retire aussi son bénéfice dans le traitement des catarrhes, . des excoriations, des gerçures, des affections eczémateuses et surtout de Tintertrigo des parties génitales.

Il n’est pas de médicament .plus faciles à prescrire que le sous-nitrate de bismuth, il n’en est pas non plus qui comprennent un plus grand nombre de modes d’administration. Son insipidité complète en fait un remède précieux dans la médecine des enfants. La poudre se prend dans un véhicule quelconque, eau sucrée, lait, bouillon, ou bien de la confiture, du miel ; dans un pruneau, un grain de raisin, une cuillerée de soupe, ou mieux encore dans des cachets médicamenteux Limousin. La poudre et les pastilles, de Patterson bismutho-magnésiennes jouissent d’une réputation universelle justement méritée, comme un digestif des plus précieux.

A l’extérieur, la poudre sur Tintertrigo, les lavements dans la diarrhée, les injections dans les catarrhes, les glycérolés sur certaines affections cutanées rebelles sont autant de préparations dont on fait un fréquent usage ; sans compter que le bismuth, si fréquemment employé autrefois comme fard, est aujourd’hui encore, de tous les cosmétiques employés par les femmes pour donner à la peau , ne teinte blanche, lej plus innocent et le plus 33 ~

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