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Dcine apparent, mou et sans rénitence; si le derme incisé n’a qu’une épaisseur naturelle, sans injec- 'ion sanguine ; si le sang infiltré dans le tissu cellulaire ou renfermé en foyer est liquide ou s’écoule aussitôt, on peut en conclure que la lésion est postérieure à la mort. »
On sait que l’écoulement de sang est à peu près nul sur le cadavre, à moins qu’une veine volumineuse ait été ouverte. On peut dire qu’une plaie qui a été le siège d’une hémorrhagie abondante a été faite pendant la vie. La plaie faite sur le vivant a ses bords plus ou moins écartés par suite de la rétraction de la peau et des muscles; on y trouve des caillots de sang plus ou moins adhérents accompagnés d’une rougeur des tissus et d’une infiltration du tissu ceUulaire ; on peut y constater un commencement d’inflammation adhésive ou suppurative et tous les caractères histologiques de l’exsudation aqueuse ou plastique. La plaie faite sur le cadavre ne présente pas de rétraction; les lèvres sont pâles, sans gonflement et laissent entrevoir distinctement les tissus.
Toutefois, ces signes ne sont pas très accentués pendant les quelques instants, qui suivent la mort et ne deviennent manifestes qu’à mesure que s’éteignent les phénomènes vitaux. Les caractères des plaies peuvent quelquefois aider à constater dans quel ordre avaient été faites les blessures, mais cette constatation est toujours très difficile.
Dans les brûlures faites pendant la vie, on observe comme phénomène constant une rougeur plus ou moins vive qui entoure la plaie ou l’eschare. Ce caractère, qui n’existe pas dans la brûlure post mortem, a une grande valeur. Quant à la phlyctène, elle n’est pas constante sur le vivant et peut être produite par l’application du calorique sur la peau des cadavres infiltrés.
Enfin, sur le cadavre, il est plus difficile de détruire la cohésion organique. Quelques auteurs insistent sur ce point, qui se rapportent surtout aux fractures et aux lésions de la peau. Malgaigne a également observé que les os se fracturent beaucoup plus difficilement sur le cadavre que sur le vivant, et Casper pense que les fractures de l’os hyoïde et du larynx ne se produisent pas après la mort; il n’a pu réussir à déchirer ni le foie ni la rate.
Examen juridique des blessures sur le vivant. — Il faut, autant que possible, procéder à l’examen avant que les parties soient tuméfiées et que les pansements et appareils aient été appliqués. Lorsque l’examen n’aura pas été immédiatement pratiqué et que la tuméfaction est considérable, il est préférable de remettre la visite à un autre jour et de constater seulement dans un rapport provisoire l’état général du blessé. Avant d’enlever l’appareil d’un pansement, il faut toujours s’assurer par un examen minutieux que ce déplacement peut être fait sans danger pour le malade.
L’expert pourra, dès sa première visite, fixer Tépoque probable de la guérison. S’il s’agit d’un accident de peu d’importance, il pourra déclarer que la blessure ne causera pas une incapacité de travail de plus de vingt jours, et qu’elle n’entraînera ni infirmité, ni dérangement de fonctions. La prudence
exige néanmoins qu’il fasse une restriction- i\ a donc ajouter à sa déclaration une des formas vantes ou toute autre analogue — Sauf levas de constances imprévues; — à moins de circonstan^' extraordinaires et dont on ne prévoit pas la vos hilité.
Si la blessure paraît grave, il pourra exprimer craintes sur l’issue probable de l’accident, mais 'i sera toujours très circonspect et se réservera de donner son pronostic dans un second rapport.
Les détails que nous avons donnés plus haut seront consultés lorsqu’il s’agira de constater la nature et la gravité de la blessure. Nous terminerons en signalant quelques circonstances particulières qui peuvent aggraver le pronostic. Ces circonstances sont antérieures ou postérieures à la blessure. Parmi les premières, nous citerons les prédispositions morbides relatives à la grossesse, à la mauvaise constitution de l’individu. Un coup léger peut produire un ulcère sur une jambe variqueuse , un étranglement herniaire, la rupture d’un anévrisme s’il atteint certains organes. Les circonstances aggravantes postérieures sont ordinairement le résultat du traitement, de la constitution médicale, des épidémies, etc. (V. Contusions, Ecchymoses, Fractures, Luxations, Plaies, Brûlures, Cicatrices). D' A. Lutaüd.
BLEUE (MALADIE). — (Voyez Cyanosé).
BOBŒUF (phénol). — Le phénol Bobœuf, si justement célèbre et qui reçoit tous les jours de si nombreuses applications en chirurgie, en médecine et en hygiène, est un produit obtenu par la combinaison de l’acide phénique (V. ce mot) avec la soude. Si c’est à Runze et à Laurent que revient l’honneur d’avoir les premiers décrit l’acide phénique, c’est à Bobœuf que revient celui d’en avoir rendu les applications plus faciles et plus généralisées. L’ingénieux chimiste est parvenu à rendre l’acide phénique soluble au moyen des oxydes alcalins avec lesquels il forme des sels définis. La combinaison avec la soude {Phénate de soude] a donné le phénol Bobœuf auquel l’Institut de France a décerné le prix Monthyon en 1861. Ce produit, c’est l’acide phénique amené à une forme facilement maniable, entièrement inoffensive, toujours identique dans sa composition et ses effets ; en d’autres termes, le phénol Bobœuf est supérieur et préférable à l’àcide phénique, dont il réunit tous les avantages sans avoir aucun de ses inconvénients.
Les indications et la valeur thérapeutique de ce produit ont été déterminées pour la première fois en 1863 par le médecin principal Laveran, qui, après de nombreuses expériences dans les salles de l’hôpital du Val-de-Grâce, adressa au ministre de la guerre un rapport concluant à l’inscription du phénol Bobœuf dans le formulaire des hôpitaux mifitaires, dans lequel l’éminent chirurgien déclare que « le phénol Bobœuf est un hémostatique aussi efficace que le perchlorure de fer, un agent de conservation précieux et un agent désinfectant d’autant plus utile qu’il possède l’avantage de ne pas irriter les surfaces malades, à l’exemple du chlore, de l’iode et de leurs composés ».
A la suite de Laveran, toutes les illustrations du