‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 75 sur 206 · BOL · texte numérisé non relu

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corps médical, à commencer par le premier de nos hvriénistes, le professeur Bouchardat, recommandèrent le phénol Bobœuf, qui jouit des précieuses propriétés de détruire les ferments, les principes virulents et les matières septiques.

Étendu d’eau, il constitue un excellent liquide , pour le pansement et la désinfection des plaies et des ulcères, et c’est même à cette action désinfectante vraiment remarquable qu’est due sa vulgarisation rapide. Il modifie très heureusement et parfois guérit certaines maladies de peau particulièrement tenaces, telles que l’eczéma des mains. 11 rend des services réels dans les mille petits accidents de la vie de chaque jour, dans les brûlures, dans les piqûres d’insectes, abeilles, guêpes , etc., même dans les morsures de serpents. En temps d’épidémies, de variole, de fièvre typhoïde, de dyssenterie, de choléra, ses qualités préservatrices et curatives sont mises à profit par un grand nombre de médecins, qui le répandent dans l’atmosphère et l’administrent souvent en potion. Bon nombre d’accoucheurs le recommandent pour entretenir chez les nouvelles accouchées une propreté irréprochable. Enfin, le phénol Bobœuf est extrêmement utile pour la désinfection des égouts, pour l’assainissement des appartements et des chambres des malades, des casernes, des usines, des ateliers, etc. Aussi ne comptet-on plus le nombre des administrations gouvernementales et privées qui- font usage de ce précieux produit.

En dehors de son phénol ordinaire, M. Bobœuf a fait encore trois autres produits hygiéniques : — 1" un phénol parfumé, véritable eau de toilette qui, à toutes les propriétés du phénol, joint une odeur et une couleur agréables, et est particulièrement apprécié par les dames pour leur toilette intime;— 2° un dentifrice au phénol, dans lequel celui-ci est heureusement associé au quinquina, à la menthe, a l’anis, à la cannelle et à la poudre de pyrèthre, et constitue un dentifrice réellement antiputride et antiseptique, d’un goût très agréable, absolument neutre et, par conséquent, n’attaquant nullement l’émail des dents ; — 3“ un savon au pAéwoZ, excellent pour l’hygiène de la peau. D" G. Sarran.

BŒUF (VIANDE DE). — Le bœuf est sans contredit celui de nos animaux domestiques qui fournit à l’alimentation la viande noire la plus remarquable par sa saveur aromatique succulente et par l’abondance de ses principes nutritifs.

D’après Berzélius, 100 parties de maigre de viande de bœuf, privée des portions tendineuses renfermeraient :

Eau . 77.20

Musculine et analogues . 1S.80

Albumines solubles et bématine . 3,20

Matières gélatinisant par la coction . 1.80

Graisse, extractif, créatine, cendres . 2.00

La viande d’un bœuf jeune et gras est bien supérieure à celle d’un bœuf vieux et maigre. Quant à celle du bœuf surmené elle est niauvaise et, d’après M. Husson, de Toul, elle se charge d’acide lactic^e, qm, sous l’influence d’une température appropriée, produit bientôt une sorte de digestion artificielle,

qui modifie l’aspect et la consistance de la chair et amène la fermentation butyrique, avec son odeur désagréable caractéristique.

Chez le bœuf engraissé à point, disent mon illustre maître et ami, le professeur Henri Bouley et M. Nocard, la coupe transversale d’un muscle présente, sur un fond uniformément rouge vif une arborisation blanche très touffue, un véritable réseau à mailles très serrées et très délicates, constituant ce qu’en termes de boucherie on appelle le marbré ou le perHllé.

Les morceaux de viande de bœuf qui proviennent d’une région superficielle sont presque toujours recouverts d’une couche plus ou moins épaisse de graisse ; si la couverture est abondante, on peut en conclure que la viande est de bonne qualité, suffisamment infiltrée de graisse; mais il faut encore que la graisse de* couverture soit ferme et d’une couleur bla:nche ou légèrement jaunâtre.

L’importance de l’infiltration graisseuse de la viande est considérable au point de vue de ses propriétés alimentaires ; non seulement la viande grasse est plus tendre et plus savoureuse, mais surtout elle contient une proportion bien plus élevée de principes nutritifs : tandis que la viande de bœuf gras, d’après MM. Bouley et Nocard, ne renferme que 39 à 40 pour 100 d’eau, la viande maigre en contient jusqu’à 77, comme nous l’avons vu plus haut.

Si la valeur nutritive de la viande de bœuf varie suivant que l’animal est gras ou maigre, elle varie aussi avec les différentes parties de l’animal, dont les morceaux ont été divisés en trois catégories.

La croupe ou culotte, la tranche grasse, le gîte à la noix, Valoyau, le filet, fournis par les muscles de la région fessière, sus et sous-lombaire, et par le psoas, tous muscles épais, très infiltrés de graisse, et présentant très peu d’intersections tendineuses, constituant les morceaux les plus recherchés, les plus nutritifs, ceux de \a, 'première catégorie,

Vépaule et le paleron, le talon du collier, le train de côtes, la bavette d'aloyau, fournis par les muscles de l’épaule, du sternum et de la région costale, sont des morceaux inférieurs, ceux qui rentrent dans la deuxième catégorie.

Enfin, \c collier, le plat des joues, le plat de côtes, le gîte de devant, le gîte de derrière, le jarret, la queue; constituent les bas morceaux ou les morceaux de troisième catégorie, d’une valeur nutritive de beaucoup inférieure aux deux autres. (V. Bouillon, Conserves, Viande), d- Padl Labarthe.

BOISSON. — On désigne sous ce nom tout liquide qu’on introduit dans les voies digestives comme aliment ou comme médicament, soit pour calmer la soif, soit pour favoriser la dissolution et la digestion des aliments solides, soit pour réparer les parties fluides de l’organisme, soit pour faire absorber certaines substances médicamenteuses, telles que limonades, tisanes, eaux minérales, etc. P, ^

BOL. — Nom donné à une composition pharmaceutique plus volumineuse et plus molle que les pilules, plus solide que les électuaires, dont le poids varie entre 50 centigrammes et 2 grammes, à la-

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quelle on donne la forme et la grosseur d’une petite olive. Les bols ne se conservent pas comme les pilules et ne peuvent être préparés d’avance, p. L.

BOLDO. — On désigne sous ce nom un arbre très commun au Chili, dont la feuille est la seule partie usitée en médecine, et s’emploie sous forme d’infusion, de teinture, d’extrait et d’élixir.

D’une couleur vert foncé, ayant beaucoup de ressemblance avec la feuille de pervenche, d’une saveur camphrée, piquante lorsqu’elle est fraîche, d’un brun rougeâtre au contraire, marquée de points blanchâtres lorsqu’elle est desséchée, la feuille de ientielle, à odeur agréable, logée dans de petites glandules logées à sa surface , et un alcaloïde appelé la boldine.

D’après les premières recherches de MM. Duj ardin-Beaumetz et V erne, faites en 1876, il faudrait considérer le boldo comme un médicament excitant de la nutrition , qu’on pourrait placer à côté de la coca. Des expériences plus récentes de M. Verne, en 1882, il semble résulter que le boldo n'a d’influence ni sur la circulation, ni sur la température, ni sur la quantité d’urine, mais qu’il augmente d’une manière sensible l’élimination de l’urée. Comme fait particulier, M. Verne a observé une légère excita-, tion le premier jour de l’administration du boldo; mais cette excitation disparaît aussitôt, et il n’est pas rare, ajoute-Lil, de voir les malades recouvrer le sommeil qu’ils avaient perdu par suite d’anémie profonde ou de toute autre cause ayant amené une rupture de l’équilibre nerveux.

Le boldo est, au Chili, le remède populaire contre les maladies du foie. En France, on ne l’a encore employé avec quelque succès que dans certains cas de dyspepsie et dans la convalescence.

D' Paul Labauthe.

BOLET. — (Voyez Champignon).

BONBONS. — On donne ce nom général à toutes, les diverses sucreries préparées par les confiseurs avec du sucre cristallisé ou cuit, mélangé, ou non de gomme et d’amandes, de pistaches, de fruits confits ou aromatisés avec différentes huiles essentielles ou des eaux distillées, telles que celles de menthe, de citron, d’anis, d’orange, etc.

Les bonbons simplement faits avec du sucre et de couleur blanche ne présentent pas d’inconvénients hygiéniques autres que .ceux qu’entraîne leur abus et qui se' confondent avec ceux du sucre. C’est-àdire qu’ils échauffent, constipent, empâtent la bouche, émoussent l’appétit, surtout chez les gastralgiques et les dyspeptiques, et rendent les digestions laborieuses, à cause de la grande quantité de

suc gastrique que le sucre absorbe pour se di soudre.

Les bonbons blancs faits avec du sucre, des amandes, des pistaches ou des fruits confits offrent le§ mêmes inconvénients.

Les bonbons coloriés avec des substances toxiques peuvent entraîner, lorsqu’on en mange beaucoup, des accidents toxiques graves qui, dans ' quelques cas, ont même été mortels. Aussi l’autorité a dû intervenir à différentes époques pour défendre aux confiseurs l’emploi de certaines substances.

La dernière Ordonnance ministérielle du 25 mai 1881, défend expressément aux confiseurs d’employer pour colorer les bonbons, pastilles et dragées, aucune des couleurs ci-après désignées :

Couleurs minérales. — Composés de cuivre : cendres bleues, bleu de montagne. — Composés de plomb : massicot, minium, mine orange, oxyçhlorures de plomb, jaune de Cassel, jaune de Turner, jaune de Paris, carbonate de plomb, blanc de plomb, céruse, blanc d’argent, antimoniate de. plomb, jaune de chrome, jaune dé Cologne. — Chromaie de baryté : outremer jaune. — Composés de V arsenic : arsénite de cuivre, vert de Scheele, vert de Schweinfurt. — Sulfure de mercure : vermillon.

Couleurs organiques — Gomme gutte, aconit scapel, fuschine et ses dérivés immédiats, tels que bleu de Lyon, éosine, matièrés colorantes renfermant au nombre de leurs éléments la vapeur nitreuse, telles que le jaune de naphtol, le jaune Vic-^ toria; matières colorantes préparées à l’aide des composés ’diasoïques, telles que tropéolines, rouge de xylidine.

11 est également interdit d’employer pour envelopper les bonbons des papiers coloriés à l’aide des couleurs précitées.

L’ordonnance ajoute que les fabricants et marchands seront , personnellement responsables des accidents qui pourraient résulter de l’usage des produits coloriés avec des substances que nous venons d’énumérer, ou enveloppés dans des papiers coloriés avec ces mêmes substances.

11 sera fait annuellement, et plus souvent s’il y a lieu, des visites chez ces fabricants et détaillants, à l’effet de savoir si les dispositions prescrites par la présente ordonnance, sont observées. Les contraventions seront poursuivies conformément à la loi, devant les tribunaux compétents. A Paris, le chef de la police municipale, les commissaires de police, les maires et commissaires de police des communes du ressort de la préfecture de police, l’inspectem général des halles et marchés, le chef du laboratoire de chimie et les autres préposés de la préfecture de police sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de cette ordonnance.

Après avoir énuméré les matières colorantes interdites, il est juste dé donner la liste de celles que les confiseurs peuvent employer :

Couleurs rouges : — Cochenille, carmin, laque carminée, laque du Brésil, orseille.

Couleurs jaunes : — Safran, graines d’Avignon, graines de Perse, quercitron, curcuma, fustel et leurs laques alumineuses.

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Couleurs bleues : — Indigo, bleu de Prusse ou de Berlin, outremer artificiel, bluet.

Le vert peut s’obtenir par le mélange du bleu et de diverses couleurs jaunes : un des plus jolis s’obtient avec le bleu de Prusse et la graine de Perse. On obtient aussi un joli vert avec la chlorophylle des plantes vertes. ‘

Le violet peut s’obtenir avec le bois de l’Inde et le bleu de Prusse, les violettes, les pensées, le carmin et le bleu de Prusse.

La nature de ce dictionnaire ne nous permet pas de donner en détail le moyen de reconnaître si des bonbons sont coloriés avec des substances toxiques ou des substances inotfensives. Nous nous contenterons de rappeler, d’après M, L. Dufour, un procédé simple et à la portée de chacun, permettant de constater si les bonbons coloriés en jaune ou en vert, doivent leur coloration à des sels de plomb ou à des composés arsenicaux. Pour cela on prend un de ces bonbons , on le met dans une soucoupe avec un peu d’eau de Javelle. Si, au bout d’une heure, la couleur jaune ou verte a disparu, on n’a à redouter ni le plomb, ni l’arsenic. Si, au contraire, ces couleurs persistent malgré leur séjour dans l’eau de Javelle, il peut y avoir du danger à manger les bonbons.

Lorsqu’on se trouve en présence d’un enfant ou de toute autre personne indisposée pour avoir mangé des bonbons en trop grande quantité ou des bonbons de mauvaise qualité, la première chose à faire est de provoquer les vomissements en faisant boire de l’eau tiède ou en administrant un peu d’émétique, et lorsque le malade aura vomi suffisamment, on lui fera prendre une boisson mucilagineuse tiède, eau de gomme ou de guimauve.

D'' Paul Labarthe.

BONDONNEAU (eaux minérales de'. — Bondonneau est un petit bourg situé à 3 kilomètres de Montélimar, dont les eaux bicarbonatées mixtes, froides, très faiblement minéralisées, sont utilisées par les habitants des environs atteints des affections dans lesquelles les eaux bicarbonatés mixtes sont indiquées. P. L.

BONNES (EAUX MINÉRALES D’EAUX). — (Voycz Eaux- Bonnes).

BONNET DE NUIT. — Le bonnet de nuit est une coiffure dont beaucoup de personnes couvrent leur tête tous les soirs en se couchant. Pour les femmes, cette coiffure est une simple coiffe plus ou moins ornée, qu’elles nouent sous le menton; pour les hommes, c’est tantôt un serre-tête, tantôt un foulard, le plus souvent, le fameux bonnet de coton.

Est -il bon de porter des bonnets de nuit? non. D’une manière générale, mieux vaut, pour les hommes, coucher tête nue. Cependant j’admets que les vieillards et les individus chauves se couvrent la tête la nuit, pour éviter les refroidissements, et dans ce cas, malgré l’aspect ridicule et peu Apollonien que donne la fameuse coiffure du roi d’Yvetot, je déclare que le bonnet de coton simple est préférable au foulard, parce qu’il se déplace moins et n’a pas besoin d’être aussi serré que celui-ci pour tenir en place.

Quant aux femmes, la longueur de leurs cheveux exige qu’on les emprisonne la nuit. Mais, au honnet de percale ou de dentelle, si coquet soit-il, je préfère de beaucoup la simple résille, à larges mailles, qui les contient sans les serrer et les emmêler. D' Paul Labarthe.

BORATE DE SOUDE. — Le borate de soude, biborate de soude ou borax, est un sel cristallisé, incolore, d’une saveur amère urineuse et d’une réaction alcaline, qui' se présente dans le commerce sous les formes octaédrique et prismatique. Le borate de soude prismatique est le seul employé en médecine. Insoluble dans l’alcool, ce sel est soluble dans 8 parties de glycérine, dans 10 parties d’eau froide et dans 2 parties d’eau bouillante.

Le borate de soude administré à l’intérieur, même à doses élevées, est d’une innocuité parfaite sur l’économie, à condition d’être cliimiquement pur et sans aucun mélange d’alun,, de plomb, de carbonate de soude, etc., qui se trouvent habituellement associés au borate de soude du. commerce. Ce sel passe dans le torrent circulatoire et, loin de coaguler le sérum du sang et les substances protéiques, il les dissoutj au contraire, et fluidifie les coagulum préexistant, ainsi que l’ont démontré les professeurs Mialhe et Gubler. 11 s’élimine sans altération par les urines qu’il rend alcalines et jouit de la propriété de dissoudre de l’acide urique. Il s’élimine aussi par la peau. Enfin, M. Ferdinand Vigier a démontré par diverses réactions chimiques et au moyen de tubes spectro-électriques que le borate de soude s’élimine aussi par la salive, mais lentement, et qu’il reste, par conséquent, longtemps dans la circulation.

Appliqué sur la peau et les muqueuses, le borate de soude n’est pas caustique et ne produit que des effets détersifs, résolutifs et sédatifs.

Ajoutons que les recherches et les expériences de Dumas, de Polli et de Cyon, ont mis en évidence l’action puissamment antiseptique et antiputride de ce sel qui détruit les organismes inférieurs que provoquent les fermentations et neutralise les miasmes putrides qui ont pénétré dans notre organisme.

C’est surtout dans le traitement de certaines affections de la bouche, du larynx, de l’œsophage et de l’estomac que le borax est administré avec succès; on l’emploi journellement dans les angines pultacées, granuleuses, herpétiques et aphtheuses, dans la stomatite ulcéro-membraneuse, contre la salivation mercurielle, contre le muguet. 11 constitue contre les différentes affections un médicament précieux qui, en s’éliminant lentement par la salive, place sans cesse la muqueuse dans un bain borate et détruit ainsi rapidement les végétations, les microbes, l’oïdium albicans, etc.

Avant les recherches de M. Vigier sur l’élimination du borate de soude par la salive, on employait surtout ce sel en gargarismes et en collutoires. Aujourd’hui, on doit abandonner ces deux modes d’administratiôn et donner la préférence aux pastilles. En effet, en faisant prendre le borate de soude sous cette forme, on favorise d’abord l’action topique en prolongeant le contact du médicament avec les par-

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ties malades, puis son action se continue par sa présence dans la salive.

La préparation des pastilles de borate de soude présente quelques difficultés; aussi rencontre-t-on souvent dans le commerce des pastilles ne renfermant que des traces de ce produit et, par suite, qui n’ont aucune* action thérapeutique. Les pastilles de borate de soude, préparées par Charlard-Vigier, contiennent chacune 10 centigrammes de substance active exactement dosée, agréables au goût et d’une valeur thérapeutique incontestable.

Les pastilles trouvent leur indication dans les affections énumérées plus haut. Elles sont aussi très utiles aux personnes sujettes aux maux de gorge, sous l’influence des variations de température, aux avocats, aux prédicateurs, aux orateurs, aux professeurs, aux chanteurs, à tous ceux enfin qui éprouvent de la fatigue, de l’enrouement, des extinctions de voix ou de l’aphonie, par un usage prolongé de la parole ou du chant.

Plusieurs maladies de peau, telles que le prurit vulvaire, le lichen, l’intertrigo, l’eczéma avec suintement, le psoriasis capitis,etc., sont très heureusement modifiées et guéries par le borate de soude en solution concentrée. Une des plus usitées est celle de Mialhe dont voici la formule :

Borate de soude. . . . 10 grammes.

Alcoolat de roses . 125 —

Hydrolat de roses . 125 — ]

Cette solution a été conseillée contre les taches de rousseur de la peau, et Réveil la recommandait aussi contré les engelures non ulcérées.

Certains oculistes emploient le borate de soude en coUyres dans les ophthalmies catarrhales, la conjonctivite aiguë, les engorgements chroniques des paupières. On a enfin utilisé l’action dissolvante de ce sel contre les taies de la cornée.

B' Paul Labaethe.

BORAX. — (V. Borate de soude).

. BORBORYGMES. — On donne ce nom à un gargouillement ou bruit sourd que font les gaz contenus dans le tube intestinal lorsqu’ils se déplacent au milieu des matières liquides. Ce bruit peut être assez léger pour n’être perçu que par le sujet seul ; mais, dans beaucoup de cas, il est assez fort pour être entendu à distance par les personnes de l’entourage. Chez les individus nerveux, les borborygmés se produisent souvent dans l’état de santé parfaite, sous l’influence d’une simple émotion morale. Ils peuvent être déterminés aussi par un accès d’hystérie ou d'épilepsie. L’existence des borborygmes est toujours une preuve de digestion laborieuse. Ils sont enfin un des symptômes de la diarrhée, de la dyssenterie, de la présence des vers intestinaux. (V. ces mots, voyez aussi Dyspepsie, Flatuosité, Pneumatose). P. L.

BORE. — On désigne sous ce nom un corps simple, découvert par Gay-Lussac et Thénard, inusité en médecine, mais dont les deux composés borate de soude et acide borique sont par contre très employés (V, ces mots). P. L.

BORGNE. — On donne ce nom à teut individu m • n’a qu’un œil ou plutôt qui n’y voit que d’un ^ P.L.

BORIQUE (ACIDE). — On donne ce nom à un acide résultant de la combinaison du bore avec l’oxygène qui se présente dans le commerce sous forme d’écailles diaphanes d’un blanc nacré, brillantes, un p^u grasses au toucher, inodores et d’un goût à pmne acide, assez soluble dans l’alcool, soluble dans 35 à 40 parties d’eau froide et dans 20 parties d’eau chaude.

L’acide borique est un antiseptique puissant qui a l’avantage très précieux de n’être ni irritant, ni caustique, ni toxique. Son action désinfectante et antiputride est très remarquable.

Administré à l’intérieur, il s’élimine rapidement par les urines, qu’il empêche de subir la fermentation ammoniacale. Ce fait, du reste, a été démontré par une expérience facile à renouveler. 11 suffit de verser 1 gramme d’acide borique dans 100 grammes d’urine normale et de la laisser exposée à l’air ; cette urine ne se putréfie pas du tout.

Me basant sur cette remarquable propriété de l’acide borique, je l’emploie depuis 1873, avec un plein succès, en irrigations dans la vessie chez les malades atteints de catarrhe vésical avec urines ammoniacales et chez ceux qui ont de la cystite chronique. Je suis heureux de constater que le professeur Polli, de Florence, et le professeur Guyon se trouvent très bien de cette méthode, qu’ils appliquent comme moi, dans les mêmes cas avec un égal succès. Le professeur Polli administre en outre l’acide borique a l’intérieur, à la place de l’acide benzoïque auquel, avec mon illustre maître Gosselin, je donne la préférence.

J’emploie aussi l’acide borique en injections uréthrales dans la période terminale de la blennhorragie et en irrigations uréthrales dans certains cas de • blerinhorrée, lorsque, malgré la dilatation lente et progressive, le suintement persiste.

Je prescris enfin très fréquemment l’acide borique en injections vaginales, pour combattre la leucorrhées, surtout lorsque les flueurs blanches sont liées à un état herpétique, et contre les granulations légères du col de la matrice, je fais des insufflations d’acide borique en poudre, suivies de l’application d’un tampon d’ouate, saupoudré également d’acide borique. '

Dans ces divers cas, ce précieux médicament agit comme modificateur antiseptique, antiputride et anticatarrhal, et a l’avantage énorme de ne jamais provoquer la moindre douleur, même à haute dose, et de donner des résultats remarquables et généralement rapides.

Le D'' Lucas Championnière fait avec la formule suivante, mais en recommandant au pharmacien de ne pas dissoudre l’acide borique dans la glycérine ou l’alcool :

Acide borique pulvérisé et tamisé. . . 6 grammes.

Vaseline . . • • . 30 —

Baume du perou . 50 centigr.

une pommade antiseptique d’une conservation indéfinie et qui rend des services multiples, qu’on peut

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