Les dépenses relatives à l’inspection de la bou
cherie et au service des abattoirs généraux seront supportés par la ViUe de Paris.
Ordonnance de police du 16 mars 1838. — Art. 2. — L’ouverture d’un étal sera subordonnée aux conditions suivantes :
Le local aura au moins 2",30 d’élévation, 3'“,o0 de largeur et 4 mètres de profondeur; il sera fermé dans toute sa hauteur par une grille en fer. La ventilation devra y être établie au moyen d’un courant d’air transversal. Le sol sera entièrement dallé, avec pente en rigole et en surélévation de la voie publique. Les murs seront revêtus d’enduits ou de matériaux imperméables. Il ne pourra y avoir dans l’étal ni âtre, ni cheminée, ni fourneaux. Toute chambre à coucher devra en être éloignée ou séparée par des murs sans communication directe.
A défaut de puits ou de concession d’eau pour le service de l’étal,' il y sera suppléé par un réservoir d’un demi-mètre cube, qui devra être rempli tous les jours.
Nous avons cru devoir reproduire ces articles, parce qu’ils ne sont pas d’un intérêt purement local et qu’on peut en faire l’application dans toutes les villes possédant des abattoirs. d” Paul labarthe.
BOUDAULT (PEPSINE de). — C’est au chimiste Bou- . dault que l’on doit la découverte delà pepsine; c’est lui qui, le premier, en 1854, réussit à obtenir à l’état de pureté ce précieux médicament, jusqu’alors inconnu.
La pepsine Boudault fut expérimentée par le docteur Corvisart, médecin de l’empereur, qui reconnut qu’eUe pouvait rendre les plus grands services dans le traitement des maladies de l’estomac. Les travaux de MM. Corvisart et Boudault reçurent l’approbation de l’Académie de médecine et furent couronnés par l’Institut de France en 1856.
Aujourd’hui, la pepsine Boudault occupe un rang des plus importants en thérapeutique, en France et à l’étranger, et elle est employée avec le plus grand succès dans les divers troubles de la digestion par la plupart des médecins, sous forme à! élixir, de vin, de sirop, de pilules, de dragées ou de pastilles de pepsine Boudault, qui se conservent indéfiniment et possèdent toutes les qualités requises d’un bon digestif (V. Pepsine). P. L.
BOUFFISSURE. — Nom donné par le vulgaire à un gonflement mou, non inflammatoire, occasionné par l’infiltration de sérosités dans les mailles du tissu cellulaire Çf. Œdème). P. L.
BOUGIES. — Chirurgie. — On donne ce nom en chirurgie à des tiges flexibles ou rigides, lisses, cylindriques ou coniques, arrondies en pointe ou en
olive, d’une longueur ordinaire de 25 à 30 centimètrés, et d’un diamètre variant entre 1 millimètre et 2 centimètres , destinées à être introduites dans le canal de l’urèthre pour en reconnaître les rétrécissements et pour les combattre, ou encore pour porter sur la muqueuse uréthrale certains médicaments topiques, astringents ou caustiques.
Les bougies flexibles, dites de gomme élastique, sont fabriquées avec un tissu de soie très fin, enduit d’un mélange d’huile de lin épaissie par l’ébuUition, de litharge, de gomme et de caoutchouc. Elles sont généralement creuses. On les fait droites ou courbes, cylindriques ou coniques, terminées par une pointe arrondie ou par un renflement en forme de petite olive. Ces bougies servent à explorer le canal pour se rendre compte du point où siège le rétrécissement et de son calibre : celles qui sont à bou olivairel sont préférables à celles dont l’extrémité; est en pointe arrondie, pour pratiquer l’exploration, parce qu’eUes exposent moins aux fausses routes.
On fait aussi des bougies de baleine à pointe arrondie et à renflement olivaire, destinées aux mêmes usages que les bougies en gomme ; mais leur emploi ne s’est pas généralisé dans la pratique, et les chirurgiens ne s’en servent que très rarement, à cause des accidents auxquels elles exposent, par suite de la difficulté qu’elles ont à se plier a la courbure de l’urèthre.
On a fait aussi des bougies de corde à boyaux, d^ivoire ramolli par l’acide chlorhydrique, de guttapercha, mais on ne les emploie plus aujourd’hui. J’en dirai autant des bougies de cire ou bougies à empreintes.
Les bougies rigides ou métalliques se font avec de l’étain, du maillechort ou de l’argent. Les bougies en étain, de Béniqué, fabriquées à la filière, très lisses et très résistantes, mais dont on peut cependant varier facilement la courbure selon les cas,' sont de beaucoup préférables aux bougies de gomme pour la dilatation des rétrécissements ; mais leur emploi exige beaucoup de prudence, une grande habileté et une grande habitude; c’est assez dire que je ne saurais trop recommander aux malades de ne jamais essayer de se les introduire eux-mêmes, mais d’avoir toujours recours à un chirurgien spécialiste, s’ils ne veulent pas s’exposer à ime série d’accidents graves tels que fausse-route, pissement de sang, orchite, cystite, etc.
Il y a enfin des bougies médicamenteuses, fabriquées avec de la gomme, de la cire, de la gélatine ou de la glycérine, dans lesquelles on incorpore différents médicaments que l’on veut faire agir sur la muqueuse de l’urèthre. Les bougies porte-remède Eeynal, que ce pharmacien a cherché à introduire dans le thérapeutique de la blennorrhée, sont faites avec un mélange de gélatine et de glycérine aucfuel sont associées différentes substances caustiques ou astringentes. Ces porte-remède, ainsi que toutes les bougies médicamenteuses, sont de mauvaises préparations dont, avec presque tous les spécialistes, je rejette absolument l’usage, pour des raisons que j’ai exposées à l’article consacré à la blennhorrée, auquel je prie le lecteur de se reporter (V. Cathétérisme, Rétrécissement). D' Paul Labarthe.
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bougies stéariques (FABRICANTS DE). — Hygiène professionnelle. — Les bougies, que l’on ne faisait jadis qu’avec de ladre, se fabriquent aujourd’hui à peu près exclusivement avec de l’acide stéarique, et cette fabrication comprend un certain nombre d’opérations insalubres pour les ouvriers {S . Stéarine).
BOUILLIE. — On donne ce nom à un aliment que l’on prépare en faisant cuire dans du lait de la farine de froment ou d’avoine, du tapioca, de la semoule, du sagou ou de l’arrow-root, etc., jusqu’à ce que le mélange soit parfaitement homogène et ait acquis une certaine consistance. Très souvent on aromatise la bouillie avec quelques gouttes d eau de fleur d’oranger ou de laurier-cerise, et toujours on y ajoute du sucre. On peut aussi préparer une excellente bouillie avec la farine lactée de Nestlé et avec la semouline.
La bouillie joue un grand rôle dans l’alimentation des enfants en nourrice, principalement de ceux qui sont élevés au biberon. Donnée en temps opportun, à partir du cinquième ou sixième mois, et en de petites proportions, eUe constitue un adjuvant du lait; au moment du sevrage, elle est un bon aliment de transition. Administrée trop tôt ou en trop grandes proportions, eUe produit des effets déplorables (V. Sevrage). D' A.-L. Labarthe, père.
BOUILLON. — On donne ce nom à un aliment liquide préparé avec de l’eau dans laquelle on fait bouillir de la viande de bœuf, de veau, de mouton ou de volaille. Le bouillon de bœuf est le bouillon ordinaire; c’est le plus généralement usité, et les meilleurs morceaux employés pour sa confection sont la culotte, le gîte à la noix et la tranche.
Voici, d’après l’ouvrage magistral du fameux cuisinier Jules Bouffé, la manière de préparer un excellent bouillon :
Viande . 750 grammes.
Os (adhérent à cette ■viande) . 125 —
Eau commune filtrée . 3 litres.
Sel de cuisine . 30 grammes.
Poireaux . 200 —
Carottes )
Navets [ aa . 150 —
Oignons )
Céleri . 10 —
Clou de girofle . . . N° 1
Caramel . ; Q. S.
Désossez le morceau de bœuf et ficelez-le pour maintenir la chair. Cassez les os au couperet; fichez le clou de girofle dans l’oignon.
Mettez dans la marmite les os d’abord et la viande par-dessus. Versez-y l’eau, cou'vrez-la en laissant une ouverture de deux travers de doigt.
Chauffez graduellement et à petit feu. Ajoutez le sel. Portez à l’ébullition. L’écume commençant à monter, jetez dans la marmite un décilitre et demi d’eau froide; écumez. Laissez partir et renouvelez deux fois encore la même opération.
Essuyez les bords de la marmite salis par l’écume; ajoutez les légumes. Laissez partir de nouveau et maintenez, pendant trois à quatre heures
environ, une ébullition modérée et régulière interruption. Évitez surtout les coups de l'eu. ' Enlevez les légumes dès qu’ils sont cuits, sanc Dt tendre la fin de l’opération.
La viande étant cuite, tirez-la du pot. Dégraisse bouillant ; laissez refroidir un quart d’heure et sez, en négligeant les dernières parties. ^ Colorez avec le caramel, cinq minutes seulement avant de servir. ‘
Nous devons à M. Payen la théorie du pot-au-feu que nous croyons devoir reproduire, car elle nous fera connaître la nature du bouillon :
« La viande, mise dans l’eau froide, dit M. Payen laisse dissoudre une partie des principes organiques et salins qu’elle renferme : acide lactique, albumine, hématosine, créatine, créatinine, acide inosique, principes organiques susceptibles de développer arôme, phosphates et chlorhydrates de potasse et de soude, etc. Les proportions de toutes ces substaaces augmentent dans la dissolution, à mesure que leur séjour dans l’eau se prolonge et que la température s’élève très doucement jusqu’à l’ébullition, sauf toutefois l’albumine, qui cesse de se dissoudre et peut se coaguler vers 52°, ainsi que l’hématosine, qui éprouve les mêmes effets vers 70°; ces deux principes immédiats forment l’écume que l’on enlève lorsque l’ébullition est établie. Cette écume entraîne souvent avec elle le carbonate de chaux, qui peut se précipiter par l’effet de l’ébullition ou du dégagement de l’acide carbonique ; il s’opère de cette façon une sorte de clarification du liquide.
« Les légumes fràis que l’on ajoute ensuite fournissent, lorsque l’ébuUition se manifeste de nouveau, un peu d’écume provenant de l’albumine végétale.
« Les écumes ainsi formées séparent des liquides quelques matières terreuses en suspension, provenant du sel marin, qu’on emploie habituellement ■ à l’état brut (sel gris).
« A mesure que l’ébullition légère continue, tous les principes de la viande, — excepté la fibrine, l’albumine, l’hématosine et les sels insolubles, — se dissolvent, ainsi que la gélatine, au fur et à mesure qu’elle se forme par la dissolution du tissu cellu.laire et des tendons. Cette température soutenue transforme les principes immédiats qui développent l’arôme. Un légère couche de matière grasse, fluidifiée par la chaleur et sortie du tissu adipeux, vient surnager et jouer un rôle utile, — si elle n’est pas en trop forte proportion, — en ce qu’elle s’oppose à l’évaporation et à la déperdition de l’arôme. On enlève, d’ailleurs, la plus grande partie de cette matière grasse lorsque la décoction est terminée, soit en l’écrémant, soit en passant tout le liquide au travers d’un tamis de crin et en réparant les dernières parties qui pourraient entraîner cette matière avec elles ».
Quelle est la valeur nutritive du bouillon? Il suffit de savoir que le bon bouillon renferme pour un litre :
Eau . 972 grammes.
Matières minérales . H
Matières organiques . 17 ^
et que, sur ces 17 grammes, H seulement sont fournis par la viande (le reste, provenant des légumes)
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et consistent en créatine, créatinine, gélatine, tourine, etc., tous principes albuminoïdes très peu nourrissants. Il faut donc se défaire de ce préjugé si fortement enraciné touchant les propriétés nutritives du bouillon. On peut le rendre plus nourrissant en y ajoutant du pain, des pâtes alimentaires, du tapioca, de la semoule, etc.
De ce que le bouillon renferme en très petite quantité de matériaux alimentaires, s’ensuit-il qu’il faille l’abandonner comme inutile ? Loin de là, et, avec le professeur Boucbardat, nous sommes d’avis qu’il est un aliment précieux à divers titres. Il est absorbé sans travail de l’appareil digestif ; il ne demande pas l’intervention des sucs et ferments digestifs qui font défaut dans le cours de maladies aiguës ; par sa saveur agréable, il excite l’appétit et la sécrétion du suc gastrique qui a été interrompue par la maladie; il favorise même par sa composition, par les matières inorganiques et organiques qu’il renferme, la formation de ce suc gastrique indispensable à toute digestion complète. Il prépare l’estomac à mieux tolérer les aliments plus substantiels qu’on pourra lui prescrire plus tard. Le bouillon est donc indiqué comme aliment léger dans toutes les maladies aiguës et dans les convalescences ; son utilité est tellement absolue qu’il est, pour ainsi dire, indispensable. Mais il ne peut jouer qu’un rôle secondaire et tout à fait accessoire dans la nutrition des personnes bien portantes. Disons, en terminant, que les personnes obèses feront bien de s’en abstenir complètement, d' Paul labarthe.
BOUILLON-BLANC. — Le bpuillon-blanc, appelé encore morène, cierge de Notre-Dame, herbe de saint Fiacre, est une plante de la famille des solanées, à tige cotoneuse, d’un vert jaunâtre, haute de 1 mètre à 1 mètre 50, très commune dans toute la France où on la trouve dans les endroits incultes et pierreux, dans les champs en friche, dans les décombres le long des chemins, dont les fleurs jaunes, légèrement odorantes, à saveur visqueuse .un peu sucrée, groupées en forme d’épi terminal, sont employées comme pectorales et béchiques, en infusion, 1 dans la bronchite et le catarrhe pulmonaire, à la dose de 10 a 30 grammes par litre d’eau. Les paysans utilisent les feuilles houiUies dans du lait et sous forme de cataplasme contre les furoncles et les panaris. p. L.
BOULANGERS. — Hygiène professionnelle. —
Les ouvriers employés à la fabrication du pain, divisés en brigadiers qui façonnent et enfournent, en geindres qui pétrissent et en aides qui chauffent les fours et assistent les principaux ouvriers, sont exposés à une série d’accidents occasionnés, les uns par la chaleur du four, les autres par le travail pénible de la pâte et par les poussières de farine.
Les ouvriers boulangers sont généralement maigres, pâles, anémiques et ne jouissent pas d’une bonne santé. On rencontre, chez eux beaucoup d’affections de l’appareil respiratoire ; cela s’explique facilement. Ils travaiUent touj ours la nuit, dans une atmosphère étouffante et malsaine, généralement presque nus, sans chemise ni pantalon, n’ayant pour tout vêtement qu’une sorte de jupon. Ils sor¬
tent dans cet état de leur fournaise, pour aller boire chez le marchand de vins, ou boivent sur place l’eau froide de leurs puits. Les pneumonies les pleurésies sèches, les néphrites albumineuses* les rhumatismes sont le résultat de ces imprudences.
Presque tous sont atteints d’une toux sèche, due principalement à l’absorption, parles voies respiratoires, des poussière de farine.
Les ouvriers geindres ou pétrisseurs ont souvent des varices et des ulcères variqueux aux jambes. Chevalier et Furnari ont aussi constaté des varices des mains, une saillie très prononcée des tendons de leurs muscles, et, enfin, une espèce de foulure non douloureuse que les ouvriers appeUent rossignol et qui s’observe principalement chez ceux qui sont pendant quelque temps sans travailler. Malgaigne en a rencontré beaucoup atteints de hernies. Ramazzini a remarqué que les matières irritantes mêlées à la farine, telles que les débris d’insectes, les pellicules diverses, et aussi le contact du levain, déterminent sur leurs mains une éruption squameuse que Thackrah a rapportée à une variété de psoriasis. Le professeur Layet a noté très fréquemment des abcès tubéreux de l’aisselle se terminant souvent par suppuration.
Les enfourneurs sont sujets à des. inflammations du, globe oculaire, à des, blépharites ciliaires, dues à l’action vive de la flamme du bois et au reflet de la chaleur du four. Chez eux, la vue s’affaiblit à la longue.
Il faut aussi noter parmi les accidents, la possibilité de l’asphyxie par les vapeurs de la braise mal éteinte ou mal enfermée dans les étouffoirs.
Il résulte des statistiques de Stoll, Patissiej*, Clot- Bey, Audouard, Blondel et Meyer, que les épidémies de peste, de fièvre jaune, de typhus et de choléra, font toujours de très nombreuses victimes parmi les ouvriers boulangers. Pendant la peste qui désola Marseille, en 1720, tous les boulangers furent emportés et il fallut en faire venir du dehors ; même chose advint en Espagne pendant une épidémie de fièvre jaune. Cela n’a rien de surprenant si l’on songe qu’à toutes les causes d’affaiblissement que nous venons d’énumérer, ces malheureux ouvriers ajoutent encore une. nourriture insuffisante et souvent malsaine, des habitudes d’intempérance, voire même d’ivrognerie et enfin une grande propension aux plaisirs vénériens.
L’adoption du pétrissage mécanique ou à la vapeur, qui supprime le pétrissage à la main, et n’expose plus l’ouvrier à des mouvements violents, accompagnés d’un grand déploiement de force, non plus qu’à l’absorption dés poussières de farine, tel est le seul remède efficace qui soit du ressort de l’hygiène industrielle.
Quant à l’hygiène professionnelle, eUe est facile à formuler brièvement : que les pétrisseurs mettent devant leur bouche et leur nez un masque respirateur; que les enfourneurs protègent leurs yeux contre les flammes et la chaleur du four, à l’aide de visières abat-jour et de lunettes spéciales ; que tous soient prudents, ne boivent pas lorsqu’ils sont en sueur, ne quittent pas la fournaise sans se couvrir suffisamment, fassent usage de la flanelle ; dorment assez longtemps pendant le jour, prennent des bains
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fréquents ; se purgent de temps en temps, se nourrisent bien et confortablement ; qu’ils soient sobres et remplacent vermouth, bitter et absinthe, par du bon vin de quinquina, enfin, qu’ils sacrifient à Vénus d’une façon discrète et modérée, et la plupart des accidents dont nous venons de parler seront ainsi évités. U' Paul Labarthe.
BOULE DE MARS ou DE NANCY. — (V. Tarirate ferrico-potassique).
BOULIMIE. — On donne ce nom à un trouble fonctionnel spécial, caractérisé par un appétit exagéré, un besoin impérieux d’avaler une quantité de nourriture de beaucoup supérieure à celle qui est nécessaire à un homme ordinaire, avec persistance de la faim, même après que l’ingestion de quantités énormes de nourriture a dilaté l’estomac et rendu l’alimentation et la nutrition mécaniquement impossible. Ce qui explique la maigreur de presque tous les boulimiques.
Règle générale, tout individu atteint de boulimie éprouve d’abord des troubles digestifs plus ou moins prononcés. Son haleine est généralement fétide. Dès que son estomac est vide, il se contracte, et ces contractions s’accompagnent de crampes douloureuses et; d’éructations fréquentes. Ce malaise va s’accusant de plus en plus, un besoin impérieux de nourriture se fait sentir et, si le malheureux boulimique ne le satisfait pas rapidement, il entre dans une sorte de fureur bestiale, et alors il se jette sur toute substance qui lui tombe sous la main, s’il pense qu’elle calmera sa fringale. C’est ainsi que Bayle rapporte qu’un gardien de la ménagerie du Jardin des Plantes, surnommé Bijou, dévora un jour, dans un accès de boulimie, une grande partie du cadavre d’un lion, mort de maladie ; un autre jour, un pain chaud de 4 kilogrammes. On a vu certains boulimiques dévorer des animaux vivants, d’autres se jeter sur de la viande en putréfaction, on cite même des cas, dans lesquels ces malheureux ont assouvi leur fureur sur les cadavres des amphithéâtres.
La boulimie est fréquente chez les femmes hystériques, chez les aliénés, chez les individus atteints de paralysie générale et de ramollissement cérébral. D’après bon nombre de médecins, la boulimie est un symptôme qu’on observe chez les diabétiques, d’une manière presque aussi constante que la soif. Trousseau l’a constatée chez plusieurs malades .atteints de goitre exophthalmique. EUe est aussi très souvent déterminée par la présence du tænia ou ver solitaire, dans le tube intestinal. Dans certains cas, enfin, la boulimie est essentiellement nerveuse.
A parler franchement, on ne connaît pas encore d’une façon précise les causes de la boulimie. Quant à son traitement, il est encore à formuler et nous ne pouvons guère dire que ceci : lorsque la boulimie est symptomatique,- il faut avant tout, s’attaquer à la maladie qui lui a donné naissance ; on peut, en outre, administrer aux boulimiques des préparations narcotiques à base d’opium ou de morphine, ces médicaments ayant la propriété de diminuer l’appétit. A. L. Labarthe, père.
BOULOGNE (BAINS de mer de). — Boulogne est ville de 40,000 habitants, chef-lieu d’arrondissenf*^^ du Pas-de-Calais, située au bord de la Manche^*^'^ l’embouchure de la Liane, dont la plage à fond sable, exempte de tout galet, est une des belles et des plus commodes du littoral. On trouy* à Boulogne plusieurs établissements de bains A mer froids, un établissement de bains de mer chauds, et un établissement d’hydrothérapie fort bien aménagés. L.
BOURBILLON. — On donne ce nom à la partie de tissu mortifié, de couleur blanc jaunâtre, qui forme le centre des anthrax et des furoncles (V. Anthrax, Furoncles). . P. L.
BOURBON-LANCY (Eadx minérales de). — Bourbon- Lancy est une petite ville de 4,000 habitants, cheflieu de canton du département de Saône-et-Loire et station de chemin de fer, à 30 kilomètres de Moulins, dont les eaux minérales, d’une température qui varie entre 26“ et 36°, contiennent, par litre, de chlorure de sodium, et peuvent être rangées dans la classe des eaux chlorurées sodiques faibles. Ces eaux alimentent l’établissement thermal et deux hôpitaux militaires. Les rhumatismes articulaires et viscéraux, la sciatique, les névralgies crurales, les atrophies musculaires consécutives à des paralysies, le lymphatisme et la chlorose, sont les maladies^ plus spécialement traitées à Bourbon-Lancy.
D' Paul Labarthe.
BOURBON -L’ARCHAMBAULT (baux minérales de). — Bourbon -l’Archambault est une petite ville de 4,000 habitants, située dans l’Ailier, à 24 kilomètres de Moulins, dans un vallon salubre qu’arrose la Bruge et qu’entourent de hautes collines, dont les eaux minérales, jadis célèbres et très courues, sont ‘aujourd’hui très peu fréquentées. Ces eaux, qui contiennent, parhtre, 2^'', 240 de chlorure de sodium, rentrent . dans la classe des eaux chlorurées sodiques, et alimentent l’établissement thermal, un hôpital militaire et un hôpital civil. On traite à Bourbon-l’Archambault, la scrofule, les paralysies et les rhumatismes. P- l.
BOURBONNE-LES-BAINS (eadx minérales DE). — Bourbonne-les-Bains est une petite ville de 4,300 habitants, située dans la Haute-Marne, à 30 kilomètres de Langres, au milieu d’une jolie vaUée arrosée par deux petites rivières, sur le versant d’une colline que domine dans le lointain, la chaîne des Vosges. Ses eaux minérales, d’une température de 60“ à 63“, chlorurées sodiques, thermales, contenant, par litre. S*', 800 de chlorure de sodium, alimentent un établissement thermal et un hôpital militaire. On les recommande contre les rhumatismes, les névralgies, la scrofule, contre certaines paralysies, contre les entorses, les luxations et les fractures anciennes, contre les plaies par armes à feu, etc. P. L.
BOURBOULE (eadx minérales de la). — La Bourboule est une petite ville bâtie dans un des sites les plus agréables de la vaUée de la Dordogne, pou-
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Tant aujourd’hui recevoir à la fois plus de 2,000 baigneurs. EUe n’est distante que de sept kilomètres des bains du Mont-Dore, et de dix kilomètres de la gare de LaqueuiUe, sur la ligne du chemin de fer de Clermont à Tulle. Quoique son altitude soit de 852 mètres, elle jouit d’un climat très doux, grâce à son heureuse exposition au midi, et au rempart de rochers granitiques qui l’abritent complètement du côté du Nord.
Ses eaux sont chlorurées sodiques, bicarbonatées, arsenicales.
Les principales sources [Perrière et. Choiissy) contiennent par litre : Chlorure de sodium 25^,84 ; bicarbonate de soude 2s'’,89 ; arseniate de soude 0^,028. L’eau minérale est limpide, incolore, et dégage une odeur sui gevfiris légèrement aliacée. Sa température au griffon est de 60".
La quantité d’eau minérale dont dispose la station dépasse 900,000 litres par vingt-quatre heures.
Trois établissements, dont le plus nouvellement construit, appelé les Thermes de la Bourboule, peut être proposé pour modèle au point de Vue de la décoration et des dispositions intérieures, comprennent les aménagements les plus complets pour remploi de l’eau de toutes les façons actuellement recommandées par la science hydrologique, et permettent de pratiquer l’hydrothérapie chaude et froide sous toutes ses formes, bains, douches, inhalations, pulvérisations, vapeurs, etc.
L’eau de la Bourboule est tonique et reconstituante; elle réussit admirablement aux enfants débiles qui la supportent parfaiteriient, et son action est très efficace dans tous les états cachectiques. Elle est spécialement indiquée dans, toutes les maladies herpétiques, et les affections les plus rebelles, telles que l’eczéma et le psoriasis, y arrivent souvent à guérison complète, après une ou plusieurs cures aidées par l’usage de l’eau en boisson pendant l’hiver..
On traite avec grand succès à la Bourboule, grâce aux salles d’inhalations multipliées qu’on y a aménagées d’années en années, les affections des voies respiratoires, et particulièrement l’asthme, les angines granuleuses, les laryngites, les bronchites chroniques et la phtisie pulmonaire.
Toutes les manifestations de la scrofule sont justiciables des eaux de la Bourboule, et l’on obtient fréquemment à la station des cures dont la rapidité paraît tenir du prodige dans les engorgements des muqueuses, caries, ulcérations glanduleuses, etc.
Les fièvres intermittentes et la cachexie paludéenne ont été, de tout temps, traitées avantageusement à la Bourboule, comme le rappelle le nom de source des fieores donné à l’une des plus anciennes sources. Enfin le rhumatisme noueux, et le diabète sont aussi améliorés, sinon guéris par l’usage de cette eau arsénicale ; mais il s’agit des diabétiques maigres sur lesquels les eaux de Vichy et de Vais restent sans action utile.
Si pour le plus grand nombre des affections que nous venons de citer, le traitement à la station thermale même est particulièrement efficace, il ne faut pas négliger de dire cependant que l’usage de l’eau en boisson, à domicile, donne souvent des résultats très satisfaisants. Non seulement les per-
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sonnes souffrant de maladies herpétiques, ou d’affections des voies respiratoires et qui ne peuvent aller aux eaux en été, se trouvent fort bien de boire l’eau minérale chez elles, mais même le plus souvent celles qui vont à la Bourboule pendant la saison thermale, confirment et rendent définitifs les résultats obtenus en reprenant de temps en temps, pendant l’hiver l’usage de l’eau, qui a l’heureuse propriété de conserver indéfiniment toutes ses qualités en bouteilles.
On sait, du reste, que la célébrité des eaux de la Bourboule date de l’expérimentation qui en a été faite par M. Noël Guéneau de Mussy, dans les hôpitaux de Paris, au moyen de l’eau transportée. '
D" Paul Labarthe.
BOURDONNEMENTS. — On donne ce nom à un bruit analogue au bourdonnement des insectes, réel ou illusoire, perçu par l’oreille. Ils peuvent exister dans l’état de santé, indépendamment de toute lésion appréciable de l’appareil auditif, et, dans ce cas, ils sont de peu de durée et ne présentent aucun danger. Ils sont, le plus souvent, un symptôme de diverses maladies de l’oreille telles que inflammation ou obstruction du conduit auditif par un corps étranger ou un bouchon de cérumen, catarrhe du tympan, etc. Les bourdonnements s’observent aussi à la suite de maladies longues, dans la chlorose, l’anémie, chez les individus constipés; enfin, ils accompagnent fréquemment les affections du cerveau et de ses enveloppes, telles que congestions, apoplexies, méningites, etc. On conçoit que le traitement des bourdonnements doit varier avec les causes qui les déterminent. p. L.
BOURDONNE!. — On donne ce nom à des boulettes de charpie serrées et roulées en forme ovoïde, employées pour le pansement des plaies profondes et anfractueuses, et de celles dont on veut empêcher la réunion. P. L.
BOURGEONS CHARNUS. — . On appelle ainsi en chirurgie les petites végétation rougeâtres qui se développent à la surface des plaies en suppuration et qui précèdent la cicatrisation à laquelle elles sont indispensables (V. Plaies, Cicatrices). p, l.
BOURRACHE. — La bourrache est une plante annuelle de la famille des borraginées, très répandue dans la nature, particulièrement située dans lesjar dins et autour des habitations. EUe a une tige cylindrique, épaisse, charnue, succulente; des feuilles ovales, sinueuses, couvertes d’aspérités et de poils rudes au toucher; des fleurs bleues, disposées en Fig, i83.
longs épis roulés au SOm- pieur de’bourraehe. met des ramifications. La
plante entière pourrait être employée, mais on n’utilise généralement que les feuiUes et les fleurs.
Il n’est pas de médicament plus souvent employé que la bourrache; ses sommités fleuries passent pour adoucissantes, pectorales et sudorifiqpies, pro-
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