‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 91 sur 206 · GAI · texte numérisé non relu

GAI

ne paraissent pas nuisibles à la santé, mais on devrait forcer les expéditeurs à ne plus les mettre dans des sacs; mais bien dans des caisses métalliques, hermétiquement fermées et par suite imperméables à l’humidité. Il arrive quelquefois que ces cafés avariés sont colorés avec du talc, de la plompagine ou du bleu de Prusse pour leur donner l’apparence de cafés de première qualité. Il suffit, pour reconnaître la fraude, de savoir, que lorsqu’on lave f:es cafés a l’eau froide, ils reprennent leur aspect primitif, tandis que les matières qui ont servi à les colorer se déposent au fond du vase.

2“ Substitution d'une variété de café à une autre. On substitue très souvent une variété de café à une autre et on donne du café Bourbon pour du Moka, ou du café d’Haïti pour du Martinique. Pour reconnaître cette fraude, il suffit de rappeler les caractères distinctifs de ces divers cafés, à savoir : que lesi grains de Moka sont petits, presque arrondis, d’une couleur jaune verdâtre et d’un parfum très aromatiques; que les grains de Martinique sont allongés, arrondis aux deux bouts, présentent une face bien plate et creusée d’un sillon longitudinal, large, surtout au milieu ; que les grains d’Haïti sont plus gros que ceux de Martinique et terminés en pointe à leurs deux extrémités ; que les grains de Bourbon se rapprochent de ceux du Moka, etc.

3" Substitution de faux grains de café. — On est arrivé à fabriquer de. faux grains de café vert, soit avec de l’argile, soit avec des pâtes féculentes coulées dans des moules spéciaux en forme de grains de café et colorées en teinte verdâtre. Je dois dire que cette fraude est la plus rare de toutes et que d’ailleurs eUeest très facile àreconnaître.Il suffit pour cela d’écraser dans un mortier de vrais. grains et des grains fabriqués. Ceux-ci s’écrasent facilement, tandis que les premiers résistent au pilon. On moule aussi la chicorée en grains ressemblant à cêux du café. Pour reconnaître cette fraude, il suffit de mettre dans l’eau la chicorée ainsi moulée; elle s’y délaye facilement, tandis que les grains de vrai café demeurent intacts. Il existe en Italie plusieurs usines considérables pour la fabrication de grains artificiels. Ces grains sont composés de farine de fève et de gland, mélangée à de la chicorée et à une mixture particulière qui fournit une certaine gravité spécifique. La pâte ainsi formée ést coupée, au moyen d’une machine spéciale, en forme de grains de café, puis colorée par des produits chimiques. M. Sormani, de Milan, a compté jusqu’à 50 p.'lOO de ces grains artificiels mélangés aux bons. En se torréfiant, ils prennent absolument la- même couleur que les vrais grains ; on rie peut les découvrir qu’en les trempant dans l’eau après les avoir préalablement mis en pièces.

II. Falsifications sur les cafés torréfiés en GRAINS. — La première de ces falsifications est celle qui consiste à enrober des cafés avariés, c’est-à-dire à les recouvrir de sucre , de mélasse , de miel ou de caramel et à les vendre comme cafés naturels. On les reconnaît à leur noir briHant et à la coloration assez forte et instantanée qu’ils donnent à l’eau froide quelques instants après qu’on les a plongés dans ce liquide.

On mélange aussi des vrais cafés avec de la chi¬

corée moulée et torréfiée ou avec des pâtes fahri quées avec des pois chiches, des glands, du nia'^’ des châtaignes, du seigle, des vieux marcs de café" et moulées en forme de vrais grains. Ces grains’ ainsi fabriqués, se délayent lorsqu’on les plongé dans l’eau, tandis que les vrais grains restent em tiers.

III. Falsifications sur les cafés moulus en poudre. — C’est surtout sur les cafés en poudre que l’ingéniosité des industriels peu scrupuleux s’est exercée, la falsification étant ici très facile. On vend tous les jours des cafés torréfiés en poudre, fabriqués sans café, avec des pois chiches, de la chicorée, des féverolles, des haricots, de l’orge, de l’avoine, du maïs, etc.

En 1881 , à Paris, un misérable a osé demander à la préfecture de police l’autorisation d’ouvrir un « atelier de torréfaction de café ». Or, savez-vous en quoi consistait cette industrie? Le pétitionnaire recueillait dans les restaurants et les établissements où l’on consomme beaucoup de café les marcs qui avaient servi. Il les étendait sur le carrelage d’un magasin en couches de quinze à vingt centimètres d’épaisseur pour les laisser sécher ; il les torréfiait ensuite et les immergeait dans des tonneaux où ils étaient additionnés, pour quatre-vingt-dix parties de marc desséché, de cinq parties de café moulu et de cinq parties de seigle brûlé et pulvérisé, puis arrosés d’un peu de caramel. Le produit était appelé sur les factures café mixte, et il était vendu au prix miriimum de 90 à 100 francs les 100 kilogrammes, pour servir, en y joignant un peu de chicorée, à la préparation des petits noirs qui se vendent à Paris de 10 à 15 centimes la tasse! De franches canailles vendent comme café de la sciure de bois d’acajou, de cinabre, du foie de cheval séché et pulvérisé, de l’ocre rouge, mélangés avec du vieux marc! Enfin, ceci est le bouquet, le British medical Journal indique un procédé nouveau pour fabriquer le café avec du guano!!!

IV. Falsifications sur le café liquide ou en extrait. — D’après ce que nous venons de voir sur les falsifications du café en grains ou en poudre, on voit ce que peuvent être celles qui portent sur le café liquide et sur ce qu’on appelle cafés concentrés, extraits de café, etc. Je n’y insisterai pas, et je terminerai cet article en recommandant à tous ceux qui voudront boire du café véritable et du bon café de l’acheter vert et en grains, de le faire torréfier chez eux et de préparer eux-mêmes l’infusion.

D'' Paul Labarthe.

CAFÉINE. — (Voyez Café.)

CAFÉONE. — (Voyez Café.)

CAILLE. — La caille est un oiseau qui constitue pour les amateurs un des gibiers les plus recherchés, à cause de sa chair fine, délicate et d’une digestion facile, bien plus qu’à cause de la prétendue propriété qu’aurait sa chair de développer les seins des femmes. Inutile de dire que la chair de caille ne développe pas plus les seins qu’eUe ne rend épileptiques ceux qui en mangent, ainsi que le croyait Pline, le naturaliste. P £.

CAL

CAL

caillé — (Voyez Lait.)

CAILLOT — On donne ce nom au sang transformé en une masse rouge ou rougeâtre, gélatiniforme, par la coagulation de sa fibrine (V. Sang].

CAISSE. — On donne le nom de caisse, ou de caisse du tympan, à la cavité de l’oreille moyenne (Y. Oreille). P- L-

CAJEPUT. — On donne ce nom à une buile essentielle, très fluide, transparente, colorée en vert bleuâtre, d’une odeur pénétrante assez agréable, ayant quelque analogie avec ceUe d’un mélange de camphre et de térébenthine, d’une saveur chaude et piquante, qui est obtenue par la distillation des feuilles et des rameaux du malaleuca cajeputi, arbrisseau de la famille des myrtacées, très commun aux îles Molusques, dans l’archipel Indien et la péninsule Malaise.

L’huile de cajeput a été administrée à l’interieur à la dose de 4 à 20 gouttes dans une infusion aromatique, contre l’hydropisie, la goutte, le rhumatisme ; quelques médecins l’ont conseillée dans le traitement de certaines névroses, plus particulièrement l’hvstérie et la chorée. Pendant l’épidémie du choléra de 1832, on expérimenta ce médicament qui, disait-on, avait donné dans l’Inde des succès nombreux contre le redoutable fléau, mais les résultats ne firent que montrer son inefficacité et son impuissance; aussi ne parla-t-on plus du cajeput dans les épidémies suivantes de 1849, 1834 et 1866.

A l’extérieur l’huile de cajeput en frictions combat assez efficacement les douleurs des goutteux et des rhumatisants, ainsi que les douleurs névralgiques.

L' Paül Labarthe.

CAL. — On donne le nom de cal au tissu qui se forme entre les fragments d’un os fracturé et en rétablit la continuité.

Voici comment, en général, les choses se passent : Supposons un os long atteint de fracture à sa partie moyenne. Quarante-huit heures environ après l’accident, le périoste et les surfaces osseuses sont le siège d’une inflammation franche. Une exsudation plastique en résulte, et le produit se répand :

1“ Dans le canal médullaire de l’os ;

2“ Entre les fragments ;

3“ Entre le périoste et le tissu osseux ;

4“ En dehors du périoste arrêté de ce côté par le travail inflammatoire des muscles et des tissus cellulaires ordinairement déchirés, et contus.

D’abord moUe et jaunâtre, cette exsudation plastique prend une consistance de plus en plus ferme. Dès le dixième jour des fibres et des cartilages y apparaissent. A ce moment, si l’on enveloppe avec la main la région lésée, on sent une masse énorme déjà solide et qui constitue sur le trajet de l’os ime sorte de fuseau volumineux au niveau de la fracture, s’effilant au-dessus et au-dessous.

Il faut le dire : trop souvent le travail de réparation ne dépasse pas cette seconde phase; c’est ainsi que le cal des fi*actures de la rotule, de l’ olécrane,

des fractures intra-articulaires reste toujours à la période cartilagineuse.

Mais habituellement les cellules cartilagineuses sont graduellement remplacées par des cellules os-

Fig. 203.

Fracture du tibia datant de 8 mois. Retard dans la consolidation du cal (premier degré de la pseudartrose) jf, tissu fibreux dans lequel on trouve des portions ce cartilagineuses. Celles-ci sont converties en tissu spongieux dans une grande étendue. Le tissu spongieux lui-même se transforme en tissu compacte au niveau des courbes périphériques. Les angles des fragments a et J s’émoussent et se laissent résorber.

seuses, le cal acquiert une consistance de plus en plus grande et, vers la neuvième semaine, le travail d’ossification est achevé. Le malade peut être considéré comme guéri. Pourtant de nouvelles modifications vont encore se produire dans le cal. Nous avons comparé l’exsudation plastique du début à un fuseau. Une partie de ce fuseau est placée en dehors des fragments osseux (c’est la virole externe de Dupuytrenj, une autre partie dans l’intérieur du canal médullaire (c’est le bouchon ou virole in-

CAL

GAL

terne). Ces deux \iroles disparaîtront à la suite d’un long travail de résorption, et six mois après on ne trouvera plus, au niveau de la fracture, que la partie osseuse qui les réunira, plus ou moins volumineuse, plus ou moins régulière, mais identifiée, celle-ci avec le reste de l’os.

Plusieurs conséquences pratiques découlent de ce que nous venons d’exposer. Quand, mal réduite, la fracture laisse le memfire dans une situation anormale, dans une attitude Aficieuse, on peut obtenir un redressement progressif au début, alors que le cal encore jeune, n’est pas pénétré d’éléments calcaires. Plus tard, il faut fracturer une seconde fois le membre, sectionner le cal ou le réséquer si l’on veut corriger le mauvais effet de la consolidation vicieuse. Nous avons exposé déjà à l’article bras que le cal peut englober des orgues voisins, le nerf radial par exemple, et . nécéssiter une intervention chirurgicale directe.

Passons maintenant à ceux- des cas dans, lesquels

Cal dilforme réunissant deux fragments d’un humérus.

les choses ne se passent plus* de la façon que nous venons d’exposer. Dans les fractures compliquées de plaies, l’ossification, au lieu de se faire suivant le mécanisme précédent, c’est-à-dire par l’intermédiaire d’un tissu cartilagineux, se fait directement au sein des bourgeons charnus, sans qu’il soit possible d’expliquer cette différence (Cornil et Ranvier). Aussi leur consolidation est-elle beaucoup plus difficile, leur guérison beaucoup plus lente. Nous savons un empirique de village qui, connaissant cette loi pathologique, se refuse de la façon la plus formelle à donner ses soins dans les cas de fractures compliquées. Naturellement le médecin est appelé, et comme le malade reste trois mois sur le lit, la comparaison des faits demeure toute à l’avantage du rebouteur. Combien de réputations dans -lé monde des charlatans n’ont pas de base aussi solide !

Nous avons indiqué déjà que le contact de la synovie avec les fragments ou leur écartement trop considérable peut entraver la consolidation normale et l’arrêter à la période fibreuse. Cette absence de consolidation peut s’observer encore dans d’autres drconstances sur lesquelles il nous reste maintenant à nous expliquer. Les auteurs classiques les

divisent en deux catégories. On peut, disent-ils, ob-

server la non consolidation sous l’influence d’un état

général morbide ; on l’observe aussi lorsqu’il y ^ un trouble local.

Assurément, on ne peut nier l’influence des mauvais états généraux sur le cal. La syphilis , par exemple, à un certain moment de son évolution surtout, retarde si bien la consolidation des fractures qu’il suffit, pour obtenir cette consolidation, de traiter l’affection générale et d’administrer au blessé du mercure et de l’iodure de potassium.

M. Verneuil a montré que semblable phénomène s’observe parfois dans les cas de diabète. Cette dernière maladie peut même, en empêchant la formation du cal, transformer rapidement le foyer de la fracture en phlegmon gangreneux à marche foudroyante.

De même le rhumatisme et la goutte font sentir sur la formation et la constitution du cal leur influence nocive. De texture moins homogène qu’à l’état normal, le cal des goutteux et des rhumatisants ne permet pas non plus une consolidation aussi rapide. Ce n’est pas tout : il reste longtemps volumineux, devient volontiers le siège de congestions plus ou moins intenses, plus ou moins douloureuses, et nécessite finalement une surveillance locale toute particulière du foyer de la fracture et l’administration de médicaments généraux en rapport avec la constitution du malade.

Nous ne parlons que pour mémoire du cal qui préside à la restauration des fractures dites spontanées, c’est-à-dire des fractures qui reconnaissent surtout pour cause la dégénérescence cancéreuse ou autre du tissu osseux, lequel se rompt alors sous l’influence de la moindre cause. Dans ces cas, en effet, l’os, lui-même malade, ne peut sécréter qu’une lymphe sans vitalité. Aussi la pseudarthrose estelle la conséquence fatale de ces sortes de lésions.

Maintenant, si nous admettons, si nous proclamons les causes générales qui peuvent déterminer une maladie du cal, portant un retard dans la consolidation de la fracture, nous devons ajouter que presque toujours l’état local du foyer suffit pour expliquer le désordre pathologique. Immobilisez soigneusement ce foyer, et pour cela immobilisez de la façon la plus absolue les deux articulations vop sines, suivant le précepte d’Hippocrate lui-même (Voir article Smi), et presque toujours vous aurez une consolidation rapide et normale, quel que soit d’ailleurs l’état général du malade ; savoir immobiliser complètement les deux fragments, tel est le secret de la guérison de cas prétendus difficiles et incurables. Nous n’avons pas besoin d’ajouter qu’un traitement général ^oit être concurremment administré, ne serait-ce que par mesure préventive.

Que si, malgré cela, la solution de continuité persiste, que s’il se forme à son niveau une véritable articulation, une pseudarthrose, on doit chercher à modifier la vitalité des fragments ; partant à obtenir leur réunion tardive.

On a préconisé les frictions excitantes du membre, les applications de vésicatoires volants et de teinture d’iode. Trop souvent ces moyens demeurent insuffisants.

Malgaigne a cherché à utiliser Y acupuncture en em

CAL

CAL

fonçant entre les parties séparées de l’os une ou plusieurs aiguilles. Physick y mettait un séton. Dieffenbach plaçait à une petite distance de la surface brisée des chevilles de bois ou d’ivoire dans le but de développer une vive irritation. On peut d’abord se contenter de frotter l’une sur l’autre les surfaces fmcturées jusqu’à ce que le blessé y éprouve une vive sensibilité. C’est pour répondre à cette indication que certains chirurgiens conseillent la marche dans les fractures des membres inférieurs. Que si ces moyens ne suffisent pas, il reste encore l’action de l’électricité qui, portée à l’aide d’aiguilles [électropuncture] dans le foyer même de la lésion, peut le modifier très avantageusement

Enfin, dernière ressource, on peut recommander encore la résection des fragments, c’est-à-dire leur ablation avec une scie à chaîne, qui transforme la fracture simple en fracture compliquée — résection avec ou sans suture de l’os, — que la suture soit faite avec des fils d’argent ou avec des chevilles d’ivoire laissées à demeure dans les tissus qui les résorbent.

On a vu des cas rebelles à ces moyens, pourtant on le voit, très variés. Il ne reste plus alors qu’à demander l’immobilisation des fragments à des appareils mécaniques capables de les fixer suffisamment pour rendre au membre ses fonctions perdues.

D*' F. JoüiN.

CALAMUS AROMATICüS. — Le calamus aroma-

Fig. 207.

Calamus aromaticus.

canne aromatique ou àcore, est ime plante erbacée de la famille des aroïdées , dont l’aspect

rappelle celui de nos iris , très commune dans les eaux stagnantes et marécageuses, les bords des ruisseaux et des rivières , en Pologne , en Belgique , en Hollande et dans certaines régions de la France , principalement la Normandie et la Bretagne.

La partie de la plante usitée en médecine est le rizome, qui se présente dans le commerce en morceaux longs de quelques centimètres et ayant un à trois centimètres de diamètre, un peu tortueux, à peu près cylindriques ou aplatis, spongieux en dedans, la surface rugueuse et ridée, présentant au-dessus et au-dessous des cicatrices laissées d’un côté par la base des feuilles, de l’autre par celle des racines.

D’une odeur aromatique agréable, d’une saveur piquante, un peu amère et comme camphrée, le calamus aromaticus est un médicament stimulant, aromatique et tonique, jadis très employé en France, et encore très usité en Allemagne, en Sibérie et aux Indes, contre l’atonie de l’estomac, la dyspepsie, les fièvres intermittentes et la goutte chronique. Certains médecins ont conseillé de mâcher le calamus pour éclaircir la voix. Cette plante est enfin employée par certains brasseurs pour aromatiser la bière. D'^ Paul Labarthe.

CALCANÉUM. — Le calcanéum est un os volumineux et court situé à la partie inférieure et postérieure du pied. Il est le plus gros et le plus long des os du tarse. Il s’articule à sa partie antérieure et supérieure avec Vastragale et le cuboïde ; en arrière, il forme la. saillie du talon ; à sa face postérieure, il donne attache à ce fort tendon que l’on' sent en arrière et en bas de la jambe et qui a reçu le nom de tendon d^ Achille', à sa face inférieure et en arrière, il présente deux petites tubérosités auxquelles viennent s’attacher les muscles superficiels de la plante du pied (V. Pied).

Fractures du calcanéum. — Ces fractures peuvent se faire par écrasement ou par arrachement. Elles s’observent surtout chez les vieillards, à cause de la raréfaction du tissu osseux du calcanéum.

Les fractures par écrasement succèdent à une chute sur le talon ; l’os est ordinairement brisé en plusieurs fragments, il s’aplatit de haut en bas. Le talon est affaissé, les malléoles paraissent plus rapprochées de la plante' du pied. Au début, il y a ordinairement un gonflement considérable qui masque les saillies osseuses. En cherchant à imprimer des naouyements au calcanéum, on peut sentir la crépitation. Le talon et les parties voisines sont le siège d’une vive douleur. Il suffit pour tout traitement d’immobiliser le pied dans une position convenable.

Les fractures par arrachement sont dues à une violente contraction musculaire. Le trait de la .fracture occupe la partie postérieure de l’os, en arriéré de l’astragale. Le fragment détaché correspond à la partie sur laquelle s’insère le tendon d’Achille. Le ' talon remonte légèrement ; le déplacement augmente à mesure qu’on porte le pied dans la flexion. 11 y a douleur, crépitation, impuissance de marcher et ecchymose au niveau de la solution de continuité.

Le traitement consiste à placer le pied dans

CAL

CAL

une pantoufle à laquelle s’attache, en arrière, un lien qui va se fixer en haut à une jarretière embrassant la cuisse un peu au-dessus du genou. De cette manière le pied se trouve dans l’extension et les deux fragments sont maintenus en contact. On peut aider à leur rapprochement au moyen d’une bandelette de diachylon, croisée en huit de chiffre sur le talon et sur le cou-de-pied.

J.-A. Fort.

CâLCIUM. — On donne ce nom à un métal, découvert en 1807 par H. Davy, inusité en médecine, mais qui, combiné avec l’oxygène, forme la chaux, dont un certain nombre de composés sont employés en thérapeutique. (V. Chaux). p, L.

CALCUL — On donne ce nom à des concrétions généralement solides, de forme et de composition variables, qu’on rencontre dans le corps, rarement dans l’épaisseur des tissus, mais le plus ordinairement dans l’intérieur de certains organes de sécrétion tels que foie, rein, prostate, vessie, intestin, etc. Les calculs du foie ont reçu le nom de calculs biliaires ; ceux des reins, de la prostate et de la vessie ont reçu le nom général de calculs urinaires, et les noms particuliers de calculs rénaux, ‘prostatiques ou vésicaux, suivant leur siège. Les calculs qu’on rencontre dans l’intestin ont reçu le nom de calculs intestinaux. (Y. Foie, Rein, Vessie, Prostate, Intestin, Gravelle, Pierre). P p

CALCULEUX. — Mot employé par les médecins pour désigner un malade atteint de calculs de la vessie. PL,

CALEÇON. — On donne ce nom à cette partie du vêtement de l’homme qui est au bas du tronc et aux jambes ce que la chemise est au buste et aux bras. Le caleçon est une sorte de pantalon de dessous, en toile, en coton ou en laine, qui s’applique directement sur la peau pour la garantir du contact du pantalon véritable. Il est inutile d’insister, je pense, sur l’utilité très évidente du caleçon au point de vue de l’hygiène et de la propreté de la peau. p. l.

CALICE. — ^ Nom donné par les anatomistes aux petits tubes cylindriques dont la réunion forme le bassinet du rein (Y. Reins). P, p

CALISAYA. — (V. Quinquina.)

CALLOSITÉS. — (V. Cors, Durillons.)

CALMANT. — Qualificatif, synonyme de sédatif, donné aux médicaments qui ont la propriété de diminuer la douleur et de combattre l’excitation nerveuse sous toutes ses formes (V. Sédatif), p, l.

CALOMEL. Nom donné assez souvent au protochlorure de mercure (V. Mercure). P l.

CALORIFÈRE. — On ne doit donner le nom de calorifère qu’aux seuls appareils fixes que l’on place d^s les caves des édifices privés ou publics et qui distribuent la chaleur dans leurs diverses parties

au moyen de tuyaux et de bouches de chaleur, tou les autres appareils de chauffage étant désignés sou le nom générique de poêles (V. ce mot).

On fait des calorifères à air chaud, à eau chaude

et à VAPEUR.

Les CALORIFÈRES A AIR CHAUD peuvent être de deux sortès. Dans l’une, ce sont des tubes métalliques adaptés à un poêle de grande dimension placé dans la cave, qui, chauffés extérieurement, échauffent l’air qui les parcourt et qui est versé dans les an. parlements au moyen des bouches de chaleur ; dans l’autre, ce sont des tubes métalliques qui reçoivent directement les produits de la combustion, échauffent par contact un courant d’air, qui lèche leurs parois extérieures et qui se répand dans les appartements. L’inconvénient des calorifères à air chaud ainsi que le fait remarquer le professeur Bouchardat, c’est de trop dessécher l’air. De plus, ainsi que l’a fort justement signalé M. Vignes, dans le journal la Chronique industrielle, ces appareils arrivent à déverser dans les appartements des vapeurs méphitiques.

« Dans les grands calorifères qui servent en même temps au chauffage et à la ventilation, dit M. Vignes, l’air, en passant sans cesse à travers les mêmes tuyaux, y laisse une partie de ses substances organiques, qui s’altèrent peu à peu et finissent par subir une putréfaction lente que favorise la haute ■ température des tuyaux. Cette putréfaction se fait avec absorption d’oxygène de l’air et donne naissance à un dégagement continu de gaz et de vapeurs méphitiques et délétères qui se répandent, en même temps que l’air chaud, dans les appartements. ■

« Il y a pourtant un moyen bien simple de rendre pratique et hygiénique le chauffage par les calorifères. Ce serait de débarrasser l’air de ses particules putrescibles avant son entrée dans les tuyaux chauds du calorifère. A la prise d’air serait placé un réservoir contenant de l’eau et jouant le rôle de laveur. A la sortie de celui-ci, l’air passerait au travers d’un filtre en coton cardé et lavé, sur lequel il déposerait les poussières qu’il pourrait tenir encore en suspension, puis il se dirigerait à travers des purificateurs et des désinfecteurs, composés de filtres de charbon et de réservoirs occupés en partie par des liquides spéciaux, dans lesquels il viendrait barboter et s’assainir avant de pénétrer dans le calorifère, supposé en parfait état de propreté, où il doit 'se chauffer avant de pénétrer dans l’enceinte où il doit être respiré.

« Dans ces conditions, l’air, déversé par les bouches de chaleur dans les pièces à chauffer, serait absolument pur de tout produit méphitique et délétère. Il n’aurait absolument aucune odeur et pourrait être aspiré sans danger; il n’occasionnerait aucun malaise. En outre, sa proportion d’oxygène serait la même que celle de l’air extérieur. »

Les CALORIFÈRES A EAU CHAUDE sont de beaucoup préférables aux calorifères à air chaud et aux calorifères à vapeur, aussi leur usage se répand-il chaque jour davantage. Un des meilleurs systèmes, de l’a-veu de tous les gens compétents, est celui de M. Léon Duvoir, qui donne une température égalOi permet de modérer facilement et à volonté cette

GÂM

GÂM

température par la diminution de l’afflux d’eau chaude dans telle ou telle partie de la maison. En voici la description succincte empruntée au docteur Boudin.

« L’appareil de chauffage de Duvoir se compose d’un fourneau, de la forme d’une tour ronde, établi dans un souterrain creusé dans le sol. Ce fourneau a 3“,50 de diamètre et 4 mètres de hauteur. Un seul foyer de 1 mètre de diamètre et de 8“,80 de hauteur, pratiqué dans l’intérieur du fourneau, produit toute la chaleur nécessaire à l’entretien d’une bonne température dans toutes les subdivisions d’un vaste édifice. Sur le foyer est placé un appareil hydro-pyrotechnique, composé d’une cloche de fer à doubles parois. Du sommet de cette cloche part un tuyau d’ascension présentant une aire de section égale à celle de tous les tubes de retour, et se dirigeant verticalement jusqu’à la partie la plus élevée de l’édifice où il débouche dans un réservoir fermé. La cloche, le tuyau d’ascension et le réservoir sont remplis d’eau; celle-ci chauffée dans la cloche, s’élève en raison de sa densité moindre, jusqu’au réservoir supérieur, où il existe un espace au-dessus du niyeau de l’eau. Un manomètre indique la tension de la vapeur; une soupape lui donne passage si la tension devient trop considérable et prévient ainsi tout danger d’explosion. Sur le réservoir sont piqués autant de tubes qu’il y a de subdivisions distinctes à chauffer dans l’édifice. De simples bouches de chaleur ou des renflements d’eau, ayant la forme de poêles, de colonnes ou de meubles sont employés pour chauffer les pièces suivant leur capacité. Plus une pièce est vaste, plus on y multiplie les bouches de chaleur ou les poêles distributeurs. L’eau dépouillée de sa chaleur au profit des pièces parcourues est versée dans un tube commun qui la ramène à la partie inférieure de la cloche pour la réchauffer, et la faire circuler de nouveau. »

Les CALomFÈRES A VAPEUR Ont une disposition à peu près semblable à celle des calorifères à eau chaude.

Disons, en terminant, que quelque soit le système adopté, il est avantageux de faire construire les calorifères, de façon à ce que pendant l’été, ils puissent être transformés en ventilateurs (V. Chaujage, Yentilation). D’’ Paol Labarthe.

CALORIFICATION. — On donne ce nom à la production de la chaleur animale qui résulte des |Lctes d assimilation et de désassimilation qui se passent dans notre organisme et qui ont pour point de départ la digestion et la nutrition. P, l"'

CALUS. Mot employé par le vulgaire comme synonyme de Callosité (V. ce mot). p. l.

CALVITIE. — On donne ce nom à l’état d’un indi- \ cheveux, qui est chauve. (Voyez

Page 1