‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 1Chapitre 92 sur 206 · PT · texte numérisé non relu

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DE). - Cambo est une peti ville bâtie sur la Nive, à trois lieues de Bayonn qm possédé une source sulfatée calcique et ui source ferrugineuse. Toutes deux de faible minéral

niCnONNAIRE POPIJLAIRE DE MÊDECnfE ÜSÜELLE.

sation , sont utilisées en boisson, en bains et en douches, dans un petit établissement, contre les rhumatismes, les affections chroniques des bronches, la chlorose, l’anémie, etc. P l,

CAMISOLE. — On donne ce nom à un vêtement spécial dont on revêt les malades atteints de délire aigu et les aliénés furieux, pour les contenir et les empêcher de se nuire ou de nuire aux personnes qui les entourent. La camisole de force est une espèce de gilet à manches, en toile très forte , qui se ferme par derrière, et dont les manches très longues, de façon à dépasser les mains de 20 à 30 centimètres, sont sans ouverture et réunies. On a accusé cette camisole de gêner les mouvements respiratoires et de produire, lorsqu’elle est appliquée pendant longtemps, des excoriations, des eschares, même des phlegmons, par suite des pressions et des frottements qu’elle exerce sur les parties saillantes du corps , ce qui a porté MM. Bouchereau et Magnan, médecins de Sainte-Anne , à substituer à l’ancienne camisole de force un maillot de leur invention qui maintient le malade aussi bien que la camisole sans en avoir les inconvénients. M. Magnan le décrit ainsi : « Le maiUot est en toile et forme en quelque sorte la doublure d’un vêtement en drap pour l’hiver et en étoffe légère pour l’été. 11 s’adapte assez exactement sur la surface du corps, sans exercer de pression en aucun point. Le corsage est muni de quatre œillets de chaque côté , placés deux par deux à la même hauteur pour -le passage de cordons. Ces cordons enlacent le bras et s’attachent derrière lui ils sont cousus en dedans et restent cachés quand ils ne servent pas. La manche présente , sur la partie externe, deux petits anneaux fixés, pour plus de solidité, sur un ruban cousu dans toute la longueur; les cordons passent dans ces anneaux qui, en les empêchant de se déplacer, rendent inutile une forte constrictiôn. L’extrémité de la manche est munie d’œillets qui, rapprochés par un cordon, forment un cul-de-sac où se loge la main ; celle-ci est alors introduite dans une poche qui existe au niveau de la cuisse, poche ouverte à sa partie inférieure pour le passage des liens qui enlacent le pantalon et s’attachent en arrière ; des anneaux cousus au niveau du genou leur servent de point d’appui, et un souspied s’oppose à son tour à tout déplacement. Le dos du maillot, ouvert jusqu’à la partie inférieure, vers le périnée, se trouve fermé jusqu’à la ceinture pa un cordon passant dans des œiUets; le reste est reuni par trois ou quatre boutons faciles à défaire toutes les fois que les besoins l’exigent. » MM. Magna,n et Bouchereau ont fait ajouter une jupe aux maillots destinés aux femmes. Padl Labarthe. .

CAMOMILLE. — La camomille, appelée encore camomille romaine, camomille noble, camomille odorante, très commune en France où on la cultive dans presque tous les jardins, est une plante vivace, de la tamüle des synanthérées, dont les fleurs doubles à disque jaune et à rayons blancs, solitaires à l’extremité de chaque tige , d’une odeur aromatique agréable quoique forte et d’une saveur chaude légèrement âcre et amère, sont seules usitées en ’mé-

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La camomille jouit de propriétés stimulantes, toniques, apéritives et digestives. On remploie en infusion à la dose de S à 10 fleurs pour 2o0 grammes d’eau, pour calmer les crampes d’estomac, les coliques venteuses , et contre la constipation atonique. La camomille est de plus légèrement emménagogue et le nombre est grand des femmes qui , à l’époque de leurs règles, en prennent tous les soirs une infusion. Elle a aussi une action fébrifuge réelle ; C’é-

Fig. 2ÛS.

Camomille. — Tige et fleur.

tait, dit Trousseau , le quinquina de l’antiquité, et, d’après Dechambre, elle paraît surtout réussir dans les fièvres intermittentes et mal définies; mais je crois que les fiévreux feront mieux de préférer la quinine à la camomille.

On fait avec les fleurs de camomille une huile qui, additionnée de camphre dans les proportions suivantes, indiquées par le Codex :

Camphre . 10 grammes.

Huile de camomille. . . 90 —

constitue un liniment très souvent employé en frictions calmantes résolutives. D' PaolAabarthe.

CAMPAGNE (EAUX minérales de). — Campagne est un bourg situé dans le département de l’Aude, à une lieue et demie d’Alet, dont les eaux, d’une minéralisation insignifiante, .contiennent à peine 35 centigrammes de bicarbonate de chaux et alimentent un établissement fréquenté par les malades des environs atteints d’atonie des voies digestives et d’affections chroniques des voies urinaires. p. l.

CAMPÊCHE (BOIS DE). — Le bois de campêche, inusité en France dans la thérapeutique, est, au contraire, assez fréquemment employé en infusion, en Angleterre, comme astringent dans les diarrhées chroniques des enfants et comme fébrifuge dans les fièvres des blessés. Les malades qui boivent l’infu-

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sion de bois de campêche ont les urines colorées eu rouge. P. L

CAMPHRE. — Le camphre est une huile volatile concrète qui se rencontre dans une foule de plantes de la famille des laurinées, des labiées des composées, etc.; mais on le retire surtout en grand, au moyen de la distillation, de racine, de la tige et des branches du laurier-camphrier, grand arhre de la Chine et du Japon, ressemblant par le port à notre tilleul. Le camphre arrive ainsi en Europe à l’état brut et sous forme de grains irréguliers d’un gris jaunâtre. On le rafSne en le sublimant dans des matras au bain de sable. Ainsi purifié, il est blanc, transparent, cristallin, d’une odeur forte et pénétrante, d’une saveur amère,, piquante et aromatique; il est plus léger que l’eau;.

Fig. 209.

Camphrier du Japon.

il est volatil à l’air libre, combustible à la température ordinaire, fusible à 175“, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, les acides, les huiles et le jaune d’œuf ; il faut letriturer avec quelques gouttes d’alcool ou d’éther pour le pulvériser.

Cette variété constitue le camphre ordinaire; il en existe une autre connue sous le nom de camphre de Bornéo qui s’extrait du dryanobalanops camphorfi (guttifères), arhre qui croît spontanément à Bornéo et à Sumatra. Ce camphre est plus lourd, plus friable, moins volatil et peut se pulvériser sans addition d’alcool ou d’éther. Ses propriétés médicinales sont aussi quelque peu différentes. Très estimé par les naturels du pays, ce produit arrive en petite quantité en Europe, y est fort cher et est par cela même fort peu employé. Quant.au camphre artificiel que l’on obtient en traitant l’essence de térébem thine par l’acide chlorhydrique, c’est un chlorhy' drate de chlorure de camphène qui ne ressembla

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au camphre ordinaire que par l’aspect (Trousseau '

Sri Pris à l’intérieur et à petites doses, le camphre produit une légère excitation locale, puis un intiment de fraîcheur qui procure un hien-etre gene- Sous son influence, le système sangmn est stimulé le pouls reprend de la force, la température ïélève la sueur se déclare, les désordres du système s’apaisent, l’économie rentre peu à peu a son état normal. Des doses toxiques produisent bien vite {„ stuneur, le collapsus, l’insensibilité et la mort. Du côté de l’appareil génital, les choses se passent de même à la suite de son administration : un peu de camphre excite légèrement les fonctions genesiques, une trop forte dose engendre l’impuissance et

la frigidité. *

Usages. — En définitive, le camphre est directement

aspirant la vapeur à froid pour vaincre les toux opiniâtres et se préserver des miasmes putrides en temps d’épidémies. Enfin la poudre de camphre,

mise sur les vésicatoires, prévient l’action irritante de la cantharide sur la vessie et empêche les érections ainsi que les cystites cantharidiennes ; jetée en m-ande quantité dans le lit, elle préserve souvent de la njmphomanie, du satyriasis et de la funeste habitude de l’onanisme.

Dissous dans les liquides que je viens de mentionner tout à l’heure, le camphre se combine avec eux pour former l’eau-de-vie camphrée, 1 alcool camphré, dont voici la formule ;

Alcool à 40» eeatigradcs. ...... JOO grammes.

Camphre . . . . 150

l’huile camphrée, préparée en faisant dissoudre le campre dans les proportions suivantes :

Fig. 210.

Camphrier de Sumatra.

excitant ; il ne devient antispasmodique, comme le musc, que par le calme secondaire qu’il apporte aux désordres moteurs. Aussi l’emploie-t-on rarement aujourd’hui contre la série interminable des affections purement nerveuses ; épilepsie, hystérie, éclampsie, chorées, etc. Son usage est restreint a la fin des inflammations et des fièvres graves qui ont épuisé l’économie. Il agit alors non seulement comme stimulant général, mais comme antispasmodique et antiseptique dans les pneumonies délirantes, les fièvres typhoïdes ataxo-adynamiques, les fièvres éruptives confluentes, les varioles de mauvais caractère, les fièvres puerpérales épidémiques, les infections purulentes et la pourriture d’hôpital. La dysurie, la strangurie, la rétention d’urine due au spasme du sphincter de la vessie, sont aussi autant d’affections vuinaires promptement améliorées ou guéries par l’emploi de ce précieux agent.

Mais si le camphre est employé à l’intérieur, ü est beaucoup plus souvent réservé à l’usage externe, soit seul, soit dissous dans l’eau-de-vie, l’alcool, 1 huile ou l’axonge. Employé seul, le camphre s’utilise en guise de tabac à priser contre la migraine, n se met également dans des tuyaux de plume, nommés cigarettes de camphre, que l’on fume en

Champre en poudre . . 30 grammes.

Huile d’olive ou de camomille. , . . 2d0 —

ffu’on Utilise si fréquemment en applications calmantes résolutives sur les engorgements douloureux, les gonflements péri-articulaires, les contusions, les entorses, les fractures, les douleurs rhumatismales, névralgiques, etc. Il n’est pas en un mot de , point douloureux où l’eaude-vie camphrée n’ait été ; employée, et la plupart du temps avec les plus grands avantages. L’huile camphrée elle-même, justement réputée antilaiteuse, s’emploie bien souvent en frictions sur les seins pour faire passer le lait des nouvelles accouchées ; on met par-dessus une épaisse couche • de ouate'; l’on aide ensuite l’action de cette huile par les effets dérivatifs d’un purgatif cathartique ou drastique. Il n’est pas jusqu’à Veau sédative que Raspail conseille de préparer ainsi ;

Ammoniaque . 60, 80 ou 100 grammes.

Alcool camphré . 10 —

Sel de cuisine . . 10 —

Eau ordinaire . 1 litre

et à laquelle on peut ajouter une quantité suffisante d’essence de rose ou toute autre essence si l’on tenait à dissimuler son odeur, qui ne soit devenue un remède populaire contre les migraines, les névralgies, les douleurs de tête les plus variées; on l’emploie pure ou coupée d’eau par moitié, on y trempe une compresse qu’on applique sur la région frontale et qu’on change de dix en dix minutes jusqu’à ce que l’accès inflammatoire ou nerveux ait complètement cessé.

L’eau sédative fait partie du fameux système thérapeutique de Raspail, qui a voulu faire du camphre une panacée universelle, un remède à tous les maux. Pour lui, toutes les préparations pharmaceutiques devaient être assaisonnées de camphre, si l’on voulait qu’elles eussent une efficacité réelle. Le camphre intus et extra,X%\ était le seul et unique moyeu de traiter avantageusementtoutesles maladies. Toute la pharmacie devait se résumer en des préparations camphrées; on aurait dû faire table rase de tous Ic^ autres médicaments. Ainsi le camphre donné à l’intériem- en un morceau gros comme une lentille, pi is i seul ou dans de la tisane de chicorée, pouvait' '‘ué-

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rir à peu près toutes les maladies internes; le eamphre employé à l’extérieur en lotions, frictions, prises ou cigarettes guérissait non seulement la plupart des affections externes, mais encore^ devenait un préservatif certain contre les épidémies régnantes. Cette théorie était basée sur les propriétés (pi’a le camphre de détruire les parasites animaux; or, comme le plus grand nombre des maladies seraient produites, d’après le même auteur, par quelques-uns de ces parasites, le camphre, administre sous diverses formes, sérail un poison pour ces créatures microscopiques et neutraliserait 1 intection qu’elles auraient répandue à la surface ou a l’intérieur de notre organisme. C’est dommage que l’expérience n’ait pas sanctionné entièrement la manière de voir de ce célèbre penseur. Il faut reconnaître pourtant que de cette exagération outrée est résulté un moyen terme en faveur du camphre et avouer que Raspail a rendu des services en insistant avec raison sur les propriétés antiseptiques, parasiticides et résolutives de ce médicament.

Le camphre entre dans une foule de préparations dont on fait un fréquent usage. Il se prescrit à l’intérieur à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, soit en pilules, soit en potion, soit en émulsion. L’émulsion est prise en potions ou en lavements. Elle se prépare en général avec un jaune d’œuf. La poudre ne doit pas se prendre seule par la bouche, à moins qu’on ne veuille suivre le précepte de Raspail qui indique de croquer quelques morceaux de camphre dans les états spasmodiques; on la fait priser à la manière du tabac ou l’on en fait aspirer la vapeur lorsqu’elle est mise sous forme de cigarettes. Enfin, à l’extérieur, la poudre, l’eau sédative, l’eau-de-vie, l’alcool, l’éther, le vinaigre, l’huile, la pommade, le cérat camphrés sont d’un usage vulgaire. d*’ marc. Camboulives.

CANAL. — On donne ce nom, en anatomie, à des conduits étroits et allongés, membraneux ou osseux qui donnent passage à des liquides ou à un organe quelconque, artère, veine, nerf, etc. Les principaux canaux du corps humain sont : le canal vertébral, qui loge la moelle épinière; le canal de V urèthre, qui donne passage à l’urine et au sperme chez l’homme; le canal déférent, qui donne passage au sperme; le cynal chodéloque, lequel convergent toutes les voies d’excrétions biliaires; le canal alimentaire, formé par l’ensemble du tube digestif; le canal intestinal, formé par la portion du tube digestif qui s’étend de l’estomac à l’anus; le canal médullaire, constitué par la cavité des os longs remplie de moelle, etc., etc. p. l.

CANCALE (BAINS DE MER DE). — Cancale est une petite ville de 6,000 habitants, située sur les côtes de Bretagne à 14 kilomètres de Saint-Malo, célèbre par ses huîtres et sa bonne cuisine, dont la plage est moins fréquentée que ses hôtels par les baigneurs de Saint-Malo, de Dinard et de Sainl-Servan. p. l.

CANCER. — On a donné des tuineurs en général un nombre considérable de divisions. Rappelons seulement les principales. Tandis que les uns se plaçant sur le terrain de la clinique distinguent les

TüMEÜP.S BÉNIGNES et leS TUMEURS MALIGNES, d’autres s’en tenant à la seule structure anatomique les divisent en productions homoeomorphes , c’est-àdire composées d’éléments qui se retrouvent dans l’organisme, et en productions HÉTÉROMORPHEs,don{ les éléments ne ressemblent, disent-ils, à aucun des tissus normaux de l’économie.

Aux premières se rattachent les kystes (simples ou composés); les formations graisseuses (lipomes), cartilagineuses (enchondromes), osseuses (ostéomes), glandulaires et érectiles; puis les tumeurs compol sées fibro-graisseuses, cartilagineuses et osseuses à la fois, etc.

Dans les tumeurs hétéromorphes, au contraire, rentrent les cancers épithélial, encéphaldide, mélanique, squirrheux, colloïde et dentritique et les. tumeurs fibroplastiques, enfin le tubercule. Les deux divisions sont également artificielles.

Il n’y a pas, en effet, de tumeur franchement bénigne, et l’on voit souvent les enchondromes, par exemple, les ostéomes, etc., qui, généralement restent isolés, présenter la tendance à la récidive surplace et à la généralisation, caractères donnés comme propres aux tumeurs malignes. Ce n’est pas. tout, les tumeurs réputées les plus bénignes, sous l’influence d’une altération de la santé générale, d’une irritation locale, ou de toute autre cause, peuvent dégénérer et présenter ultérieurement une évolution maligne. Il est donc impossible d’en faire une classe séparée.

D’autre part, les tumeurs hétéromorphes n’existent pas dans le sens strict du mal, attendu que les éléments anatomiques du tissu dit cancéreux, par exemple, ne sont que les analogues des éléments embryonnaires ou définitifs altérés de nos tissus, considérations bien faites pour expliquer l’embarras du chirurgien qui veut donner du cancer une idée •générale. Doit-on appeler cancer les tumeurs bétéromorphes? Doit -on réserver ce nom pour les tumeurs malignes? Et dans ce dernier cas, à quel moment doit-on regarder le malade comme cancéreux? Est-ce dès le premier jour de l’évolution de sa tumeur? Est-ce seulement au moment où celle-ci prend les deux caractères cliniques d’extension et de généralisation?

En somme, nous nous arrêterons à cette dernière idée, considérant, par conséquent,, le cancer comme une tumeur de quelque nature qu’elle soit, au point de vue anatomique, caractérisée par deux symptômes principaux .* la tendance à l’extension et à la récidive sur place, la tendance à la généralisation.

Que si le dernier des deux fait défaut comme dans le sarcome et l’épithéliome, par exemple, qui récidivent volontiers après l’ablation, mais n’ont généralement que peu de tendance à envahir les autres points de l’organisme, nous considérerons encore les tissus comme cancéreux, attendu que tôt ou tard, pour peu que l’on néglige les malades, la tumeur finit par se généraliser. Après ce que nous avons dit, nous n’avons pas besoin d’ajouter que la description anatomique de tous les cancers ne saurait être faite ici.

Pour nous, en effet, le jour où une tumeur bénigne, quelle que soit su natui-c, présente de la

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tendance à s’étendre et, se. transformant ou conservant sa nature, envahit non seulement les orpnes voisins, mais aussi les autres points de l’organisme, le sujet est cancéreux. Or, nous pouvons décrire ici toutes les lésions (enchondromes, épithéliomes, adénomes, etc.), susceptibles de présenter cette évolution.

Disons seulement un mot de la structure des tumeurs à marche franchement maligne dès leur début, c’est-à-dire des carcinomes. Les auteurs distinguent, le suc, les éléments spécifiques et les éléments accessoires, dont le groupement détermine les diverses variétés de tumeurs cancéreuses (encéphaloïde, squirrhe, mélanose, etc.), la trame des vaisseaux et des nerfs que nous ne voulons que signaler. Le suc est un liquide d’un blanc mat, tantôt épais et crémeux, tantôt plus liquide et lactescent, qui renferme les cellules et les noyaux cancéreux.

Les cellules sont quelquefois chargées de pigment (cancer mélanique) et présentent toujours un aspect très irrégulier. On trouve aussi dans le suc des noyaux et des nucléoles à l’état libre.

Que ces éléments soient dispersés dans une trame fibreuse épaisse, nous avons le squirrhe, que le suc soit abondant et riche en cellules et en noyaux, nous avons Yencéphaloide, c’est-à-dire un tissu qui . ressemble beaucoup, cornme aspect, à la substance cérébrale un peu ramollie.

Nous avons déjà exposé que le cancer mélanique dépend des granulations de pigment déposées dans les cellules. Le cancer colloïde, au contraire, est caractérisé par l’interposition entre les fibres, d’une substance gélatiniforme, transparente, amorphe ou vaguement granuleuse.

Quand, abandonné à sa marche ordinaire, le cancer arrive au derme, celui-ci est infiltré, une ulcération se produit et les éléments se mettent en contact avec l’air extérieur.

L’ulcère cancéreux n’a point de caractères spécifiques qui permettent de le distinguer sûrement .de toutes les autres ulcérations. Anfractueux et inégal, présentant des teintes variées, tantôt sec, tantôt couvert de sérosités rougeâtres, ses bords sont durs, calleux, épais, renversés en dehors ou taillés à pic. Des végétations le recouvTent parfois et alors il sécrète un ichor fétide.

Enfin, signe particulier, l’ulcère repose toujours sur une tumeur plus ou moins volumineuse. On sait que dans sa marche le cancer envahit rapidement les ganglions qui reçoivent la lyriiphe des vaisseaux de la région malade. Au début, la tuméfaction ganglionnaire peut être simplement inflammatoire. Plus tard, bientôt, l’on trouve dans les gangbons les mêmes éléments que dans le cancer lui-même. Et des premiers gangbons, ces éléments s étendront ensuite à d’autres, le plus ordinaireiMnt profonds, ceux-ci, et par conséquent inaccessibles à notre exploration. Phénomènes bien faits pour expliquer la nécessité d’une intervention chirurgicale hâtive.

Quelles sont les causes du cancer? — Nous revenons à l’étude du cancer tel que nous l’avons defini : tumeur présentant des tendances à s’étendre ou à récidiver sur place et à se développer

sur d’autres points de l’organisme. Quelle peut être la cause du développement de cette maladie. Assurément elle nous échappe dans sa nature intime, comme toutes les déviations de nutrition d’aüleurs qui déterminent les différentes variétés de tumeurs. Mais si l’on ignore cette cause, on connaît du moins les conditions principales dans lesqueUes le cancer se développe.

On peut l’observer dans le jeune âge, auquel cas il se présente généralement sous la forme aiguë ; mais il est peu commun avant vingt ans; c’est ordinairement de quarante à soixante ans qu’on le constate principalement. Le sexe féminin y est beaucoup plus exposé que l’autre. Ainsi, sur un relevé de 349 cancers, Lebert a trouvé 131 hommes et 218 femmes; d’Espine, sur 66 cancéreux morts à Genève, a indiqué 23 hommes et 43 femmes; enfin, Walshe ne donne pour le sexe masculin que la proportion de 26 pour 100. Chez les femmes, ce sont les cancers du sein et de l’utérus qui contribuent à cette plus grande fréquence, tandis que ceux de la peau, des os, des organes digestifs, prédominent dans le sexe masculin.

On observe fréquemment aussi le can.cer de l’estomac et du foie dans les deux sexes. D'ailleurs, en général, il s’attaque principalement aux organes qui par leur fonction sont exposés à des congestions physiologiques, quotidiennes, ou plus ou moins périodiques. L’estomac et le foie, par exemple, qui se congestionnent après chaque repas pendant le travail de la digestion ; l’utérus et- le sein, qui subissent des modifications si grandes dans leur vitalité au moment des règles, des grossesses, après l’accouchement, etc., y sont particulièrement exposés. Ce sont surtout les gros mangeurs qui présentent des cancers des voies digestives. Les femmes qui, ayant beaucoup de lait, ont négligé de nourrir leur enfant peuvent aussi être données comme exemple. Nous ne nions pas, certes, l’influence des traumatismes, encore moins celle des pressions prolongées. C’est ainsi que le cancer du foie était beaucoup plus fréquent que maintenant de 1830 à 1848, attendu qu’alors les femmes abusaient du corset au point de modifier la forme de l’organe hépatique.

Mais toutes ces causes n’agissent que comme déterminantes. Elles ne sauraient créef la diathèse cancéreuse, et pour que le cancer se développe sous leur influence, il faut que le sujet y soit prédisposé.

Ceci nous amène à parler de la prédisposition cancéreuse. C’est à l’hérédité surtout qu’il faut en demander la cause, que cette hérédité s’exerce directement, c’est-à-dire que le malade soit fils de cancéreux, ou qu’elle soit le résultat de transformations pathologiques.

Dans une de ses cbniqués les plus remarquables. Trousseau nous montre les tuberculeux qui engendrent des cancéreux, des cancéreux dont les enfants meurent de méningites ou d’accidents cérébraux. On voit fréquemment en effet ces diathèses se transformer, s’unir en passant d’une génération à l’autre si bien que le petit-fils peut hériter des vices organiques du grand-père, restant indemne des maladies de son ascendant direct. Maintenant cette hé

rédité n'est pas fatale, il s’en faut de beaucoup, et peut même être corrigée par une hygiène méthodique.

Peut-on reconnaître à certains signes les sujets prédisposés au cancer? — Nous le pensons jusqu’à un certain point. Herpétiques, pour la plupart dans leur âge mûr, ces personnes présentent un tempérament lymphatique dans 1 enfance. Le passage de l’enfance à l’adolescence est plus difficile chez eux que chez les autres personnes. Migraineux, sujets à des névralgies variées et à des accès fébriles; les cheveux précocement rares,

. ils présentent en un mot tous les caractères du tempérament arthritique. Il ne faudrait pas, certes, donner à notre pensée plus de portée qu’elle n en veut avoir. On voit des gens jusqu’alors toujours vigoureux présenter à un moment donné des signes d’invasion cancéreuse. D’autre part, des herpétiques malingres et chétifs échappent souvent à la terrible diathèse. Nous voulions cependant dire que l’herpétique héréditaire est plus exposé que les autres à l’invasion de la maladie.

Quelle est la marche suivie par le cancer? — Quoi qu’il en soit, voici comment généralement évolue le cancer extérieur. Par hasard, le malade découvre un jour qu'il porte dans un point de son organe une petite grosseur. Cette grosseur peu volumineuse ne détermine aucun mal, aucune gène, ne présente pas d’adhérence avec les organes voisins. Mais son développement ne tarde pas à devenir évident, elle englobe les autres tissus de la région, fixe la peau qui prend à son niveau l’aspect grenu d’une peau d’orange ; si on l’abandonne à ellemême, l’ulcération, le retentissement ganglionnaire, enfin les douleurs ne tarderont pas à se manifester. Celles-ci peuvent être violentes quand un tronc nerveux est pris dans la tumeur et jeter le malade dans un état moral pitoyable. Avec l’ulcération apparaissent les sécrétions fétides. Avec la dégénérescence ganglionnaire la déchéance organique, l’abattement, la faiblesse, et tout ce qui caractérise la cachexie cancéreuse.

Le cancer marche toujours, gagne les parties profondes, et finit par tuer le malade, soit en envahissant un organe essentiel, soit par les progrès de la cachexie.

A l’état; uîcéré, l’on peut facilement reconnaître le cancer, qui ne saurait être confondu alors qu’avec les ulcères simples et les ulcères syphilitiques. Mais plutôt, à l’état de cancer simple, il est d’autant plus difficile de le diagnostiquer que les tumeurs dites bénignes, comme nous l’avons vu, en constituent souvent le point de départ. Les kystes, les lipomes, les tumeurs érectiles, ganglionnaires, hypertrophiques, osseuses, enchondromateuses, fibrineuses, épithéliales et fibro-plastiques, peuvent donc très bien à ce moment donner le change. A propos de ces mots, nous indiquerons les caractères qui permettent de distinguer le véritable cancer. De même, à propos des différents organes, nous exposerons ce que la symptomatologie de leurs cancers peut présenter de particulier (estomac, foie, sein).

Hâtons-nous d’ajouter qu’il faut avant tout éviter. de croire à l’existence d’une tumeur, quand celle-ci

n’existe que dans l’imagination du malade, ce qu est loin d’être rare, ainsi que nous l’exposerons Tout ce que nous venons de dire nous dispense dé parler du pronostic du cancer.

Nous le considérons comme fatal. Dans le jeune âge la tumeur évolue plus vite ; on a vu, au contraire, des vieilles femmes porter pendant des années des squirrhes du sein.

Quel doit être le traitement du cancer? — Comme dans toutes les maladies, la thérapeutique doit être prophylactique, 'préventive ou curative ou palliative, suivant la période dans laquelle le médecin est appelé à intervenir.

Traitement prophylactique. — I^eut-on prévenir du cancer les gens qui, de par leurs antécédents et leur état organique, y sont plus particulièrement exposés; les sujets qui présentent ce tempérament spécial, que nous avons considéré comme caractéristique de la prédisposition au cancer 5*

Nous le croyons fermement et nous pouvons, à l’appui de cette assertion , citer l’exemple d’un hygiéniste, très connu par ses travaux et par la haute situation qu'il occupe dans le monde officiel médical. Fils et père de cancéreux, herpétique lui-même dans son enfance, ce savant, grâce à des soins quotidiens que nous allons exposer, est, arrivé néanmoins à la vieillesse la plus robuste , la plus saine, conservant intactes sa mémoire, ses facultés intellectuelles et morales, gardant la gaieté et la vigueur de l’âge mûr.

Nous croyons à l’efficacité des soins préventifs du cancer, et nous les recommandons d’une façon d’autant plus convaincue que nous sommes obligés d’admettre cette cruelle vérité : Puissant pour arrêter le développement de la maladie, le médecin est trop souvent faible et désarmé quand il s’agit de là combattre.

Maintenant, en quoi consistent les précaution^ qu’il est bon d’indiquer pour éviter le développement du cancer? Une première primant tontes les autres qui, comparées à elle, peuvent être considérées comme secondaires, demande à être: d’abord exposée. On fera avec le plus grand soin l’hygiène de l’enveloppe tégumentaire.

La peau, par les produits qu’elle élimine est le grand émonctoire de l’organisme. Il importe donc, en veillant à la vitalité de ses fonctions, de permettre l’échange des molécules et la transformation incessante des cellules qui constituent le phénomène intime de la vie normale du tégument.

C’est pourquoi l’herpétique, enfant de cancéreux, non seulement se livrera à des ablutions fréquentes, pour ne pas dire quotidiennes, mais il fera bien' d’exciter encore la vitalité du tégument en prenant de temps en temps des bains alcalins pour dissoudre les corps gras qui obstruent les pores, et sulfureux pour activer et régulariser. la circulation cutanée. Le massage est excellent, et l’on se trouvera également bien des frictions sèches pratiquées tous les matins avec un gant ou une brosse de crin. C’est d’ailleurs en se livrant à ces pratiques que les Romains de la décadence luttaient victorieusement contre les diathèses et conservaient une race saine malgré les excès et les orgies de toute espèce.

Donc, en première ligne, observer minutieuse-

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ment toutes les règles de l’hygiène de la peau. Les sujets qui nous occupent feront bien également de surveiller toutes les affections cutanées dont ils pourront être atteints, et de les traiter avec méthode et soin. L’arsenic est, on le sait, le ATai médicament de la peau. Volontiers nous en conseillerions l’usage à l’état simplement préventif. Que si la diathèse cancéreuse est certaine , comme après l’ablation d’une première tumeur, par exemple, nous la prescrivons sans hésiter, et chaque printemps nous soumettrons pendant au moins un mois le malade à son usage.

De même, le fils de cancéreux doit veiller d’une façon particulière aux moindres engorgements viscéraux ou glandulaires. La syphilis s’unit-elle chez lui à l’autre diathèse, il reviendra longtemps sur l’usage de l’iodure de potassium, évitant ainsi l’appel du sang sur un point et les dangers qui en résultent. ‘

Ce n’est pas tout, les congestions organiques auxquelles nous prêtons un rôle si grand dans le développement du cancer, seront autant que possible supprimées. Le prédisposé doit boire et manger avec modération, évitant de cette façon le travail congestif du côté de l’estomac et du foie, si fréquent chez les gros mangeurs.

La femme doit, au point de vue de l’hygiène du sein, suivre les indications de la nature et allaiter ses enfants si les glandes présentent une sécrétion sérieuse. Nous avons dit déjà ce que nous pensons de l’usage du corset. 11 est un autre point sur lequel nous voudrions pouvoir longuement insister. On sait combien est fréquent le cancer de l’utérus. Que les femmes qui ont des raisons de craindre le cancer surveillent donc spécialement cet organe. Qu’elles en évitent la congestion, qu’eUes en traitent avec tout le soin possible la moindre poussée inflammatoire.

Au début, comme tous les cancers d’ailleurs, celui de l’utérus peut être opéré avec succès. Une discussion récente à la Société de Chirurgie (juin et juillet 1884), ne paraît pas laisser de doute sur ce sujet. Que le malade aide donc le médecin, en se soumettant à un examen hâtif, à découvrir la lésion à temps.

Nous pourrions donner plus de développement à ce chapitre et montrer que l’irritation longtemps prolongée de la partie terminale du gros intestin peut devenir le point de départ d’un cancer du rectum, l’irritation de la gorge, l’origine d’une affection organique du larynx, etc., etc. Qu’il nous suffise d’avoir, au point de vue de l’hygiène des sujets prédisposés, bien mis en évidence ces deux règles qui résument tout ce que l’on pourrait dire : 1“ Vemer au fonctionnement normal de la peau ; 2° Eviter les engorgements organiques de toute espèce.

Traitement curatif. — Si le traitement préventif du cancer peut être présenté en quelques mots, disons^ inimédiatement qu’un seul résume la thérapeut^e curative. Du moment où la tumeur est constituée, 1 ablation seule peut en délivrer le malade. Certes, la « guérison radicale sans opération ni aoulem» pour employer la formule trop souvent usitee dans un certain monde, serait chose

bien séduisante. Mais si des esprits distingués et honnêtes ont cherché et cherchent encore tous les jours cette pierre philosophale de la médecine, nous devons ajouter que jusqu’ici personne ne peut se flatter de l’avoir découverte. Nous le savons, bien des gens affirment, et de bonne foi, avoir été guéris par quelque remède secret, bien des attestations, émanant de personnes honorables, vantent les cures de M. X ou de M. de Y, charlatans éhontés et gens d’autant plus dangereux qu’ils font souvent perdre . au malade un temps précieux et permettent à une lésion, facilement curable dans le principe, d’évoluer et de devenir inopérable. Voici, d’ailleurs, comment les choses se passent : sur dix femmes qui viennent consulter un médecin quelconque pour une tumeur du sein, quatre au moins ne présentent pas la moindre lésion. Natures impressionnables, elles ont vu mourir une amie du cancer du sein, elles ont appris de cette amie que le début devait en être rapporté à un coup sur l’organe. Aussi, du moment où leur sein subit quelqu traumatisme, sont -elles prises elles -mêmes d’une grande, inquiétude, et se mettent-eUes à l’examiner tous les jours. Sous l’influence de la pression répétée un lobe glandulaire se développe. La frayeur s’accentue et la malade... imaginaire court chez le chirurgien. Honnête, celui-ci lui dira que son cas est fréquent, très fréquent même, et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, et il la renverra immédiatement guérie de sa tumeur morale. Charlatan, il la traitera pendant des semaines (et dans quelles conditions!) lui imposant très facilement l’idée d’une guérison mystérieuse.

Ce n’est pas tout, la tumeur peut exister, mais ne pas être constituée par un cancer. Alors le charlatan en pratique l’ahlation avec des flèches caustiques, c’est-à-dire en soumettant la malade à un supplice bien plus grand que celui de l’ablation par les moyens ordinaires. Mais la reconnaissance d’une femme guérie est si grande qu’elle signe néanmoins sans peine le certificat attestant sa guérison « sans opération ni douleurs. »

Quant aux véritables cancers, M“ X et de Y les connaissent assez pour ne pas les attaquer euxmêmes. « Vous venez trop tard » est une phrase qui leur permet de conserver intactes leurs statistiques et de continuer l’exploitation des patients.

^Encore une fois, nous admettons la possibilité d’un médicament spécifique du cancer, mais nous affirmons que ce médicament n’est pas encore trouvé. Le savant heureux qui ferait cette découverte la cacherait d’autant moins qu’elle lui procurerait, avec la fortune et la reconnaissance de tous, les plus grands honneurs qu’un bienfaiteur de l’humanité puisse rêver.

Nous ne croyons donc pas, quant à présent, à l’efficacité des médicaments internes dans le cancer, et, à ce point de vue, nous pourrions citer un récent travail du professeur Vulpian qui, tout en affirmant l’efficacité du bichromate de potasse dans les cas de pseudo-cancer, considère que le fait seul de la guérison doit faire rejeter le diagnostic de cancer vrai.

On a préconisé la compression, l’électrolyse, les révulsifs, les emplâtres médicamenteux, etc. etc. mais tous ces moyens sont infidèles, de même que

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les agents internes. La compression faite’d une façon énergique dans certains cas de cancers extérieurs, de cancer du bras par exemple, en arrête, il est vrai, quelque temps la marche ; mais ce moyen lui-même est dangereux en raison de la généralisation qui peut en être la conséquence.

Donc, une seule méthode de traitement du cancer développé : Y ablation.

Faite très vite, bien faite, elle peut donner les meilleurs résultats. Tous les chirurgiens pourraient citer dans leur clientèle des malades demeurés gue- * ris pendant de longues années. Au début de 1 tion de la tumeur, en recommandant au malade de prendre après l’opération les précautions hygiéniques que nous avons signalées, on peut certainement obtenir une guérison radicale.

Maintenant, comment enlever le cancer ? Le bistouri, les flèches caustiques, le couteau du thermocautère, l’anse galvanique, l’écraseur de Chassaignac, etc., etc., ont été successivement préconisés. Tous ces procédés ont leur indication et leurs raisons d’être dans des cas déterminés que nous n’avons bien entendu, pas à analyser ici. C’est ainsi qu’au col utérin l’anse galvanique est d’un, maniement beaucoup plus facile que les instruments tranchants, — qu’il est préférable d’attaquer le sein avec le bistouri afin de laisser la tumeur pour ainsi dire sous les yeux,— le rectum avec le thermocautère pour éviter les hémorrhagies.

Qu’il nous suffise de dire que les flèches caustiques assez, en faveur chez certains médecins parce qu’elles permettent d’éviter les dangers du chloroforme et qu’elles n’inspirent pas la répulsion d’une opération sanglante, ont le grand inconvénient d’être plus douloureuses que les autres agents, et de transformer les tissus d’une façon telle qu’il est souvent impossible de reconnaître exactement les limites du cancer, partant, d’en pratiquer l’extirpation radicale.

On doit tout enlever quand on attaque un cancer, et c’est même pour cela qiie dans les organes à travées celluleuses, comme la langue par exemple, il faut dépasser de beaucoup les limites apparentes du mal, ces travées favorisant au plus haut point l’extension du mal. Que si par malheur une parcelle est oubliée dans les tissus, on doit la poursuivre immédiatement avec des caustiques, et ne considérer l’opération comme terminée que lorsque toute partie, même suspecte, a été radicalement supprimée.

Disons, en terminant ce chapitre du traitement curatif du cancer, que les progrès si considérables de la chirurgie moderne enlèvent aux opérations que nèus venons de décrire tout caractère de gravité. Les malades ne souffrent pas puisqu’ils sont anesthésiés, et les plaies pansées suivant' nos méthodes antiseptiques se réunissent ordinairement avec une rapidité surprenante; aussi combien de cancers réputés autrefois incurables ont été franchement attaqués parles chirurgiens d’aujourd’hui. On enlève le rein cancéreux (Péan), la rate dégénérée (Péan), on supprime les tumeurs cancéreuses de l’ovaire, de l’utérus, de la vessie, de l’intestin, et même de l’estomac (Bilroth). Malheureusement, les limites de cet article ne nous permettent pas d’ex¬

poser ici les indications de ces opérations. Q^’il nous suffise de les signaler pour montrer qu’il est sage de ne pas désespérer des cas les plus graves et pour faire comprendre la bénignité relative des tumeurs que l’on observe le plus ordinairement.

Traitement palliatif. — Maintenant, supposons un cancer d’un organe inaccessible, un cancer du foie par exemple, du péritoine, du poumon, de la partie inférieure de l’œsoph^e, etc., supposons une tumeur arrivée à une période de dégénérescence ganglionnaire avancée, inopérable ; le chirurgien restera-t-il inactif?

Assurément non. D’abord la présence seule du cancer peut déterminer des troubles qui nécessitent son intervention immédiate ; l’asphyxie, par exempie, l’obligerait à pratiquer la trachéotomie pour le cancer du larynx, l’oblitération de l’œsophage à faire la gastrotomie ou mieux la dilatation du conduit pour une dégénérescence cancéreuse. Voilà donc une première série d’opérations d’urgence qui, palliatives, n’ont aucunement, on le voit, la prétention de déterminer la guérison complète.

Ce n’est pas tout. On a remarqué que certaines opérations peuvent supprimer les douleurs excessives du cancer de différents organes ; la colotomie, par exemple (ouverture du gros intestin), pour le cancer du rectum ; la cystotomie (ouverture de la vessie), pour le cancer du réservoir urinaire. On peut donc pratiquer ces opérations, mais également à titre purement palliatif, bien qu’elles déterminent ordinairement une certaine survie.

, Enfin par des pansements appropriés à l’acide phénique ou mieux au coaltar Le Beuf ou au phénol Bobœuf, à l’essence de Gaulthéria, au salicol Dusaule, au vinaigre de Pennes, etc., par des applications légèrement caustiques et modificatrices, on supprime à peu près complètement les symptômes, l’odeur, la fétidité et les écoulements sanieux des ulcérations cancéreuses. Troisième série d’opérations palliatives que nous n’avons qu’à signaler pour en démontrer l’efficacité.

En dehors de ces soins locaux, le médecin s’efforcera de calmer l’état inflammatoire du voisinage. H enverra à Vichy les malades atteints de cancer du foie; il soignera avec la plus grande attention la gastrite des cancéreux de l’estomac. Mettant en jeu toutes les ressources de la thérapeutique, il s’efforcera surtout de supprimer la douleur, et à ce point de vue il trouvera dans les préparations opiacées un moyen presque certain d’y arriver. Les malades, bien entendu, seront laissés dans l’ignorance la plus complète de leur état. On s’efforcera de leur donner de leurs symptômes une explication satisfaisante et de les rassurer jusqu’à leur dernier moment, se souvenant de cette belle devise de notre profession qui est faite, on dirait, pour les affections cancéreuses : « Le médecin guérit quelquefois, soulage souvent, console toujours. » j)' F. joüin,

Ancien interne des hôpitaift.

CANCROIDE DES LÈVRES, ou CANCER DES FU¬ MEURS. — Si la cause du cancer, disions-nous en résumé (article Cancer) , doit être cherchée surtout dans la constitution intime du sujet, son siège relève presque toujours d’une irritation locale. Le cancroïde

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Ipvres est une preuve bien évidente de la seconde ^e de cette proposition. « Un homme, dit Lassus f^esde Paris, 1860), dont la profession consistait à en<Tmsser de la volaiUe en soufflant tous les jours des ^ins dans le bec de ses animaux, fut attaque

d’un ulcère rebeUe de la lèvre inférieure, qui, dans pÆt exercice, était continueUement mordue au même endroit » Peut-on trouver un exemple plus démonstratif de rappel local d’une maladie générale?

Maintenant, sans être aussi mathématique, le fait de l’irritation déterminée par les pipes à tuyau très court ne laisse pas d'être également très concluant.

• Roux et plus tard Bouisson (de MontpeUier) donnèrent au cancroïde des lèvres le nom caractéristique de cancer des fumeurs. Nous approuvons absolument l’opinion de ces savants. L'affection , en effet, est dix fois plus commune chez l’homme que chez la femme, et sur 70 cas, Hurtaux l’a trouvée 63 fois à la lèvre inférieure , plus exposée, on le sait , à la cause irritante. Ce n’est pas tout ; les malades font très bien remarquer qu’elle prend précisément naissance dans les points où ils ont continué de placer

Cancroïde de la lèvre inférieure.

le tuyau de leur pipe. Toutes ces observations ne sauraient laisser de doute dans l’esprit.

Le cancroïde des lèvres peut être considéré comme le type du cancer épithélial, c’est-à-dire des tumeurs formées par un dépôt successif de cellules qui ont avec les cellules de l’épithélium parimenteux une très grande analogie. Ces corpuscules infiltrent progressivement les tissus normaux auxquels ils se substituent, gagnent les ganglions voisins et, s’ils sont abandonnés à eux-mêmes , entraînent la mort soit par cachexie, soit indirectement en rendant l’alimentation impossible, soit plus souvent par diffusion des éléments morbides ou d’autres éléments cancéreux dans l’organisme entier. En un mot, le cancroïde, plus lent peut-être dans son évolution, se comporte comme tous les autres cancers possibles.

Son début est variable et mérite de nous arrêter un instant.

Un développement exagéré des papilles, qui tantôt ï'pste limité à un point circonscrit de la lèvre, tantôt s’étend plus ou moins loin, peut en constituer le point de départ : sous cette forme, la maladie ordinairement demeure longtemps stationnaire.

Une autre forme, également bénigne, consiste

OlCnOSNAIBE POP CLAIRE DE MÉDECINE DSDELLE.

dans la production de dépôts squameux, durs, résistants , semblables à de la corne , d’où le nom de papillômes cornés. Ils sont fortement adhérents par leur hase et se continuent avec la couche épidermique. Tantôt l’altération apparaît à leur centre, tantôt elle se développe à leur pourtour.

Enfin, dans une troisième forme , la plus ordinaire, le cancroïde débute par une tumeur variqueuse ou par une fissure du pli labial. Cette fissure interminable mène rapidement à l’ulcération. Quant aux petites tumeurs variqueuses, grisâtres, épaisses, bouclées , elles n’y arrivent qu’après avoir été plusieurs fois écorchées par le malade qui , pressé par la démangeaison dont elles sont le siège , ne peut s’empêcher de les gratter.

Quoi qu’il en soit du point de départ, Fulcération, qui est la conséquence de toutes les formes de début, finit par se constituer. Ordinairement sinueuse et déchiquetée, à bords inégaux, durs , violacés, à base sanieuse grise ou rouge brun , saignante, elle est presque toujours douloureuse par accès , et les malades accusent à son niveau des sensations de brûlure ou de picotement.

Si le cancroïde n’est point supprimé , il ne va pas tarder à envahir les tissus voisins , et cela rapidement, beaucoup plus que ne l’aurait laissé supposer la lenteur de son début. Les muscles, par leurs interstices celluleux, se prêtent d’ailleurs admirablement à son extension. Tout le bord de la lèvre est donc pris. La lèvre indemne elle-même se recouvre d’énormes bourgeons. La joue s’indure, on voit le néoplasme gagner les côtés du menton et, remon- ■ tant par le canal dentaire, pénétrer dans Fépaisseur même du maxillaire.

Inutile d’insister sur la gêne de la parole et de la mastication qui est la conséquence fatale de la marche progressive. La salive, dont la sécrétion est d’ailleurs exagérée par la présence dans la houche du tissu cancéreux, coule sur les téguments de la lèvre et du menton qu’elle ulcère. Les os eux-mêmes se prennent et se détachent en parcelles ténues, et dès lors le plancher de la bouche, la langue, le voile du palais ne tardent pas à être envahis. Nous arrivons à la période d’infection ganglionnaire et de cachexie sur laquelle nous ne voulons pas insister, l’ayant suffisamment développée dans nos considérations générales sur le cancer.

Telle est la symptomatologie générale du cancroïde. On voit que s’il est permis d’hésiter au début sur la réalité de son existence, le doute n’est guère possible quand le mal est arrivé à sa période d’ulcération.

On pourrait cependant confondre le cancroïde avec le cancer vrai, avec le chancre et les manifes~ iaiions tertiaires de la syphilis, enfin avec le lupus.

Mais le cancer vrai ne se développe pas sur la muqueuse. Il débute toujours dans le tissu cellulaire et sa marche est beaucoup plus rapide que celle du cancroïde.

Pour les ulcérations syphilitiques nous avons les commémoratifs, la marche plus rapide, l’aspect moins malin, l’absence de sécrétions irritantes, enfin Faction des médicaments spécifiques qui permettent toujours de les distinguer.

Le lupus surtout pourrait induire en erreur un

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observateur superficiel. Mais presque toujours développé chez des sujets jeunes, superficiel, sans vitalité, il se déplace et s’accompagne d’autres manifestations scrofuleuses qui ne laissent que. peu de place à l’erreur.

Nous serons bref sur le traitement préventif du cancroïde. Prendre les précautions générales contre le cancer; éviter l’irritation locale d’une pipe à court tuyau; telles en sont les deux principales indications. Au contraire, nous nous étendrons plus longuement sur le traitement curatif.

Et d'abord est-il besoin de le dire, les moindres croûtes suspectes de la lèvre seront l’objet d’une surveillance minutieuse. On les ramollira à l’aide de petits cataplasmes d’amidon ou de fécule ; on les lotionnera avec du vin aromatique très étendii ou tout autre liquide astringent.

Que si l’erreur n’est plus possible, que si l’existence du cancroïde est véritablement indéniable, on attaquera franchement la tumeur sans s’attarder aux moyens palliatifs trop dangereux quand il s’agit d’ajffections de cette gravité.

Gn a, ces temps derniers, préconisé contre le cancroïde l’usage local du chlorate de potasse. Nous avons tenu pendant des semaines, sans les modifier, de véritables petits cataplasmes de cette substance sur des cancroïdes des lèvres. Par contre, nous devons avouer que chez les sujets très âgés, alors que la vitalité des tissus même néoplasiques a perdu beaucoup de son intensité, les caustiques les plus simples nous ont quelquefois donné de véritables guérisons. Mais qu’on le sache bien, il faut pour que le nitrate d’argent, l’acide chromique, la pâte de Vienne, la pâte de Canquoin et le chlorure de zinc lui-même, le plus énergique de tous les caustiques, produisent cet effet, que le cancroïde soit tout à fait à son début et qu’on l’observe chez un malade déjà d'un certain âge. Dans les autres conditions, c’est à l’extirpation de la tumeur qu’il faut dès le début se décider, de même qu’on doit y avoir recours immédiatement si la première cautérisation n’amène pas une très rapide amélioration. Nous conseillons d’autant plus vivement cette extirpation qu’elle est ordinairement facile à pratiquer, et que, faite à temps et suivie des précautions générales indiquées à l’article Cancer, elle met très souvent le malade à l’abri d’une récidive, déterminant ainsi une guérison radicale.

L’extirpation peut se faire avec l’anse galvanique, dont l’application est facile et la manœuvre très simple. Malheureusement, nous n’avons pas toujours sous la main l’appareil compliqué qu’elle nécessite. De plus, le bistouri permet de mieux voir l’état des tissus suspectés. Aussi nous en tiendronsnous à la description des procédés d’exérèse sanglants. On a préco'nisé Veicision simple, V excision cunéiforme, Vexcision en V.

h’excision simple consiste à saisir solidement la tumeur avec les jioigts et, à l’aide des ciseaux ou du bistouri, à la détacher des parties saines environnantes, en suivant une ligne semi-lunaire à concavité supérieure. Elle est excellente lorsque l’ulcération est superficielle, mais elle ne saurait convenir dans les autres cas.

Voici comment on procède dans Vexcision cunéi¬

forme. La muqueuse et la peau sont disséquée avant et en arrière de la tumeur. Prolongeauff^ incisions au delà de ses limites, on taille un vért

ble coin à base supérieure, dans lequel se trou^' bien entendu, le néoplasme, puis on l’enlève muqueuse et la peau sont ensuite réunies à r'aîd de quelques points de suture. Comme on le voit procédé ne peut encore s’appliquer qu’à un certar nombre de cas dans lesquels le néoplasme est ne^ étendu. ^

Pour les autres, c’est Vexcision en V qui est préférable. Rapide, facile et applicable dans tous^les cas où l’épithéliome est développé plutôt verticalement qu’horizontalement, c’est d’ailleurs à ce procédé qu’on a presque toujours recours. Deux incisions cernent la tumeur. Partant du bord libre de la lèvre, elles vont se réunir en V très aigu, plug ou moins près du menton, suivant l’étendue de la lésion. On détache le triangle de tissus malades et il ne reste plus qu’à rapprocher exactement les deux surfaces de section par quelques points de suture ou mieux par une suture entortillée. Si, pour opérer ce rapprochement, les tissus sont trop tiraillés, on dissèque et l’on mobilise avec le bistouri les deux lambeaux latéraux.

Maintenant, quel que soit lé procédé que l’on adopte, l’on se trouvera bien de la précaution suivante préconisée par Péan et qui facilite singulièrement le manuel opératoire. On sait que les artères coronaires donnent une certaine quantité de sang pendant l’opération et en augmentent ainsi les difficultés. En plaçant en dehors des limites de la tumeur sur la lèvre deux pinces hémostatiques, la circulation se trouvant interceptée, on opère pour ainsi dire à blanc, les tissus sous les yeux, sûr de ne pas laisser de traces néoplasiques et tout à son aise pour pratiquer les sutures et rapprocher exactement les tissus.

• L’opération du cancroïde peut même, à ce point de vue,!^ ainsi que celle du bec-de-lièvre, être considérée comme un des succès de la méthode du pincement préventif, méthode préconisée par le chirurgien de l’hôpital Saint-Louis.

Nous n’avons parlé que des cas simples. Si la joue est envahie, si les os sont pris, si tes ganglions sont dégénérés, l’opération devient plus compliquée. 11 ne faut pas désespérer du succès pourtant; le pincement préventif aidant, on peut tailler des lambeaux dans les régions voisines, déplacer ces lambeaux mobilisés et pratiquer une véritable restauration de la région après l’ablation complète des parties dégénérées. Il est d’ailleurs extraordinaire de voir avec quelle facilité les tissus se prêtent à ces modifications; avec quelle perfection les formes se reconstituent. On a pu enlever des morceaux considérables autour de l’orifice buccal, amener à leur place des portions de peau disséquées dans la région sus-hyoïdienne et rendre aux sujets, avec la lèvre inférieure perdue, toutes les fonctions de celte membrane. On comprend que nous n’insistions pas plus longuement, chaque cas comportant un plan d’opération particulier et en rapport avec la disposition des tissus lésés. Dr p,

CANINES (DEKTS). — (Voyez Denis.)

nAWITlE. Oü donne ce nom à la décoloration

des cheveux (jui deviennent blancs (V. Chmem).

CANNABIS INDICA. — (Voyez Chanvre.)

CANNE DE PROVENCE. — La canne de Provence, appelée encore roseau cultivé, grand roseau, roseau à^enouille, est une plante de la famüle des graminées, très commune dans les terrains humides de la vlgion méditerranéenne, dont la racine est la , seule partie usitée en médecine.

Jaune, dure à 1 extérieur, marquée d’un grand nombre d’anneaux, blanche et spongieuse à l’intérieur, inodore quoiqu elle contienne une matière résineuse aromatique, dune saveur douce et sucree quand elle est récente, insipide lorsqu’elle est vieille et sèche, cette racine, qui se trouve dans le commerce coupée en tronçons plus ou moins volumineux ou en tranches, est employée en décoction à la dose de 20 à 30 grammes pour un litre d’eau, par les nouvelles accouchées qui, ne nourrissant pas, veulent faire passer leur lait et par les nourrices au moment du sevrage. Quitte à froisser le préjugé de bien des femmes, je dois dire que la propriété antilaiteuse de la canne de Provence est des plus contestables. D' A.-L, Labarthe. père.

CANNE A SUCRE. — On donne ce nom à une plante de la famille des graminées, originaire des Indes orientales, très cultivée aujourd’hui à Maurice, à Bourbon, à la Guadeloupe, à Tahiti, etc., dont la tige haute de 2 à 3 et 4 mètres, cylindrique et noueuse est remplie dans son inférieur d’un tissu spongieux qui fournit de 18 à 20 p. 100 de sucre (V. Sucre.) P. L.

CANNELLE. — La cannelle est l’écorce dépouillée de son épiderme du cannelier de Ceylan, du laurus cinnamomuni (laurier cannelier), de la famille des laurinées. Cet arbre exotique, de moyenne grandeur, toujours vert, originaire des contrées orientales de l’Asie, est cultivé en grand pour son écorce à l’Ile de France, à File de Ceylan, aux Indes, aux Antilles, à Cayenne. Cette écorce se récolte sur les branches âgées au moins de trois ans. On gratte l’épiderme grisâtre avec un couteau, puis on fend celle-ci dans le sens de sa longueur, on la sépare du bois et on la fait sécher au soleil.

Ainsi préparée, la cannelle du commerce est en morceaux roulés, minces, durs, cassants, à texture fibreuse, à surface striée, d’une couleur jaune rougeâtre. On en distingue de plusieurs sortes : celle de Ceylan est la plus estimée, celles de la Chine et de Cayenne sont d’un prix moins élevé et de qualité inférieure. Ces trois espèces, renferment une huile volatile, du tannin, du mucilage, de la matière colorante, de l’acide cinnamique, de l’amidon. L’huile volatile leur donne une odeur aromatique suave, connue de tout le monde, une saveur sucrée et piquante des plus agréable. Le tannin leur communique un léger degré d’astringence, capable de réveiller la vitahté des tissus. Aussi les préparations de ces substances sont-elles souvent utilisées comme des toniques stimulants d’une grande valeur thérapeutique et des correctifs précieux toutes les fois qu’il

faut masquer le goût d une potion trop fade outro amère.

Son action physiologique est celle des stimulants

en général. Prise à doses moyennes, elle produit une sensation de chaleur à l’épigastre, augmente la sécrétion du suc gastrique, stimule l’appétit, facilite

Fig. 213.

Cannelle de Cuba.

la digestion, apaise les coliques ; puis, elle est absorbée, passe dans la circulation générale, excite le pouls, élève la température et est éliminée en partie par les sécrétions. De là, son utilité réeUe dans les gastralgie, les coliques abdominales, dans tous les

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cas de phlegmasies, dans les convalescences longues, pénibles, la cannelle relève les forces et redonne aux organes leur activité fonctionnelle primitive.

Elle se prescrit ordinairement en teinture ou en eau distillée dans une potion cordiale, stimulante ou tonique. La poudre, l’alcoolat, l’essence, le sirop et le vin reçoivent des indications d’une moindre fréquence. La cannelle entre encore dans une foule de liqueurs de table et de préparations stomachiques, telles que l’élixir de Garus, l’élixir de la Grande- Chartreuse, l’eau de mélisse, le sirop antiscorbutique, la thériaque, le laudanum, etc. C’est un des condiments les plus employés.

La cannelle blanche et la cannelle girojlée, quoique moins appréciées, ont des propriétés analogues. Leurs préparations se ‘prescrivent plus souvent en potion que de toute autre manière.

D" Marc. Camboülives.

CANNES (STATION HIVERNALE DE). — Cannes est une ville de 10,000 habitants, du département des Alpes- Maritimes, hâtie au bord de la Méditerranée, sur une plage en pente douce, au milieu d’une splendide végétation, et entourée de montagnes qui la mettent à l’abri des vents. Cette station maritime jouit d’une température assez élevée, qui est en moyenne de 16“,2 pour l’année, 10'',2 pour l’hiver, 17“,9 pour le printemps et 32° pour l’été. Cannes est donc une station hivernale avant tout. Cependant on va y prendre des bains de mer au printemps et à l’automne. p. L.

CANQUOIN (PATE DE). — On donne ce nom à une pâte caustique faite avec :

Chlorure de zinc . . . 50 grammes,

Farine de blé . 50 —

humectés d’eau distillée et triturés dans un mortier de porcelaine, d’après la formule du D” Canquoin, chirurgien français de la première moitié du XIX* siècle. Cette pâte est d’une application douloureuse pendant lès deux premiers jours, mais commode et sûre, et l’eschare qu’elle forme tombe du 8* au 10* jour, sans produire d’hémorrhagie, en laissant une plaie nette, régulière et qui se cicatrise rapidement. On l’emploie surtout pour détruire les tumeurs cancéreuses ou fibreuses, les lipomes, les grosses verrues, etc. Les flèches caustiques, dont Maisonneuve se servait souvent à l’Hôtel- Dieu, étaient faites avec la pâte de Canquoin. p. l.

CANTHARIDES . — Les cantharides sont des insectes de l’ordre des coléoptères et de la famille des trachélides. Elles ont le corps oblong, presque cylindrique, de 14 à 22 millimètres de longueur sur 3 à. 7 millimètres de largeur. La tête triangulaire et légèrement inclinée en bas est séparée du corps par une espèce de col renflé, limité par deux siljons transversaux. Les ailes membraneuses sont entièrement recouvertes par les élytres. Les pattes au nombre de six sont grêles et terminées par des crochets divisés en quatre et cinq articles. L’insecte en entier présente une belle couleur vert doré, à

reflets métalliques, à l’exception de ses antennes qui sont d’un noir brillant.

On trouve les cantharides en grande abondance dans le Brésil, l’Italie, l’Espagne et le midi delà France. Elles s’abattent par nombreux essaims sur les peupliers, les lilas et surtout les frênes autour desquels elles répandent une odeur fétide pénétrante. Elles ont bientôt dépouillé ces arbres de la plus grande quantité de leurs feuilles et ne vivent en général que huit à dix jours pendant lesquels on doit s’empresser d’en faire la récolte. On les prend dans le mois de juin, avant le lever du soleil, au moment où elles sont encore engourdies par la température de la nuit; pour cela, on étend des draps sous les arbres, qu’une personne gantée et masquée secoue fortement. On les jette aussitôt dans du vinaigre étendu d’eau ou bien on les expose simplement aux ' vapeurs du vinaigre en ébullition pour les faire mourir, on les fait ensuite sécher au soleil, à l’étuve ou au four et on les' livre au commerce.

C’est une récolte irnportante beaucoup trop négligée de nos jours; elle procure cependant de grands profits et occasionne fort peu de dérangements. On a le tort dans la plupart des contrées où paraissent ces in-sectes de ne pas savoir les connaître et de ne pas les recueillir a.vec soin. On doit les conserver pour les besoins de la pharmacie, dans des bocaux her- , métiquement, fermés ; sans cette précaution, ils sont bientôt détruits en grande partie par l’humidité.

Robiquet a trouvé pour la composition des cantharides les résultats suivants ; une huile verte, une matière noire, une matière jaune, un principe actif la fiantharidine, quelques acides et quelques sels. La cantharidine est fine substance blanche, inodore, cristalline, volatile à la température ordinaire, d’une saveur excessivement âcre, insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme et les huiles. Son action physiologique est semblable à celle de la poudre de cantharides dont elle ne diffère que par l’intensité. Sa puissance vésicante est extrême, puisqu’il suffit d’appliquer un demi-milligramme de ce principe actif sur la lèvre inférieure pour produire un petit -vésicatoire au bout d’ûu quart d’heure. Elle n’a pas reçu d’application thérapeutique interne à cause de son extrême violence; tout au plus pourrait-elle entrer pour l’usage externe dans la préparation du collodion çantharidal et d’une pommade formée de 5 centigrammes d’alcaloïde dans 30 grammes d’axonge . (Soubeiran). .

Effets. — Mais si la cantharidine est un alcaloïde dont on ne peut faire usage à cause de son excessive âcreté, il n’en est pas de même de la poudre de cantharides et de ses diverses préparations ; huile, extrait éthéré, teinture alcoolique, dont on retire tous les jours les plus grands avantages comme un révulsif vésicant des plus précieux. En effet, mis en

contact avec la peau, la poudre ou sa dissolution dans l’huile, l’alcool, l’éther détermine au bout d’une heure en\iron une sensation de chaleur suivie bientôt de douleur et d’une légère tuméfaction. Cette tuméfaction inflammatoire augmentant, l’épiderme se soulève, il forme de petites vésicules d’abord isolées qui deviennent ensuite confluentes, se transforment en bulles et arrivent quelques-unes à l’état de grosses phlyctènes remplies de sérosité albumino-fibrineuse. Cette action n’est complète qu’au bout de 6, 12 ou 24 heures, suivant la ténuité de l’épiderme ou la susceptibilité des individus ; il y en a même qui se montrent tout à fait réfractaires ou moins chez lesquels la cantharide n’agit que d’une manière à peu près insignifiante. Ces cas sont fort rares, et généralement l’exsudation ne manque pas de s’opérer dans l’espace de 10 à 12 heures sur toute l’étendue de la surface cutanée occupée par la matière vésicante.

Dès lors une plus ou moins grande quantité du principe actif de la cantharide est absorbé, passe dans la circulation générale et est éliminé par les organes génito-urinaires, qu’il irrite quelquefois au point de produire de l’albuminurie, la cystite cantharidienne, l’uréthrite aiguë, les érections et le priapisme. Ces accidents sérieux n’ont pas empêché quelques praticiens d’en faire usage à l’intérieur à de très faibles doses; l’estomac en a été très peu dérangé; les reins, la vessie et l’urèthre ont repris provisoirement une virilité factice, inconnue jusqu’à ce jour. Mais le remède est dangereux, car, pour si peu qu’on dépasse la dose voulue, on observe la constriction de la gorge, la difficulté d’avaler, de vives douleurs dans les reins et le bas-ventre, des érections pénibles, la rareté des urines, le pissement du sang. Ces phénomènes peuvent même, si la proportion est trop forte, s’accompagner de délire, de convulsions, d’insensibilité, du coma et de la mort. A l’autopsie, on trouve les traces d’une violente inflammation du tube digestif et des voies urinaires, surtout de la vessie (Gubler).

Usages. — Malgré l’activité des cantharides produisant rapidement sur un point donné l’inflammation et la vésication, l’uréthrite et la cystite, quelques thérapeutistes recommandables n’ont pas craint d’employer ce remède à l’intérieur pour agir fortement contre certaines maladies de l’appareil génitourinaire. Il va sans dire qu’ils ont donné ce médicament à doses faibles et progressives pour n’avoir pas à essuyer des mécomptes. Ils ont enregistré ainsi de bons résultats dans la dysurie par atonie des parois vésicales, dans la paralysie de la vessie, l’incontinence d’urine, la leucorrhée, la spermatorrhée, le catarrhe vésical, l’anaphrodisie et l’impuissance. Ils se sont servis, dans tous ces cas, presque toujours de la teinture alcoolique, qu’ils ont prescrite à la dose de 5 à 30 gouttes par jour dans une potion ou dans une tisane diurétique. La majorité des praticiens n’a pas obtenu les bons effets qu’on leur avait annoncés, et l’on peut dire aujourd’hui avec Gubler que « la cantharide, si héroïque dans la médication révulsive, n’est qu’un agent incertain ou périlleux de la médication interne ».

A l’extérieur, l’usage des cantharides est d’un emploi excessivement fréquent dans une foule d’é¬

tats morbides les plus variés. La plupart des maladies de la tête, de la poitrine, de l’abdomen et des membres sont améliorés par l’application d’un ou plusieurs vésicatoires sur le point douloureux ou loin de l’organe malade, suivant le genre' de révulsion nécessaire. En général, les phlegmasies aiguës traitées au début par les antiphlogistiques achèvent de se résoudre avec les vésicants cantharidiens, tandis que les affections chroniques et les affections nerveuses retirent, dès le principe, de précieux avantages de l’emploi de ces agents.

La cantharide est la base de toutes les préparations vésicantes employées àujourdhui, sauf dans les cas exigeant l’application d’un vésicatoire extemporané.'

La forme la plus usitée de ces vésicatoires cantharidés est le sparadrap vésicant ou toile vésicante, dont le type le plus parfait et le plus commode est réalisé par le vésicatoire d' Albesipeyres, constitué par une toile cirée très souple, recouverte, à l’aide de procédés mécaniques, d’une couche de masse emplastique dans laquelle sont incorporées les cantharides en poudre, titrées d’après le procédé du docteur A. Fumouze {S. Albespeyres, Vésicatoire).

D' Marc. Camboulives.

Empoisonnement par la cantharide. — Médecine légale. — La cantharide est le seul poison énergique que présente le règne animal. L’empoisonnement par les cantharides occupe le dixième rang dans la statistique criminelle, et on en a relevé vingt-trois cas de 1851 à 1863.

Les propriétés aphrodisiaques de cet agent, qui étaient déjà bien connues dans l’antiquité, augmentent encore la fréquence de l’empoisonnement criminel et accidentel par les cantharides.

Les cantharides . doivent leurs propriétés toxiques et vésicantes à un principe vénéneux très énergique, 1b, cantharidine. Cinq centigrammes de cantharidine suffisent pour produire des accidents mortels, tandis qu’il faut 4 à 8 grammes de poudre pour produire la mort.

Aussitôt après l’injection du toxique, on observe une sensation de brûlure dans la bouche et dans la gorge; des vomissements de matières sanguinolentes, dans lesquelles on trouve souvent des parcelles de poison sous forme de points brillants d’un vert bronzé ; la langue et les glandes sous-maxillaires se gonflent; l’haleine, les matières vomies et les selles exhalent l’odeur de la cantharide; les urines deviennent albumineuses, sanguinolentes et même purulentes. Les symptômes observés du côté des organes génitaux sont des plus remarquables ; l’homme éprouve un priapisme opiniâtre et extrêmement douloureux ; l’organe érectile de la femme devient lui-même turgide, la vulve est enflammée par suite de son contact avec la cantharidine qui s’élimine par les urines. On. observe ensuite du délire, des convulsions, des accès tétaniques ; le pouls, qui était d’abord accéléré, se ralentit ; les malades s’affaiblissent de plus en plus, les parties génitales tombent quelquefois en gangrène, et la mort arrive du premier au cinquième jour.

La muqueuse de l’estomac est injectée et présente une coloration d’un rouge noirâtre; les méninges

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