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mer, sur une colline boisée, à une heure de Tarbes, sur la ligne du chemin de fer de Toulouse à Bayonne. Cette station thermale, très ancienne, mais peu connue et qui fut longtemps fréquentée par les seuls malades des départements limitrophes, a vu sa vogue et son succès s’accroître singulièrement dans ces dernières années, et le nombre des malades qui s’y rendent, à chaque saison, dépasse plusieurs milliers. Ce résultat est dû à ce que les eaux de Capvem sont mieux connues, grâce aux travaux des docteurs Ticier, Delfau, Garrigou, Calés, et à ce que la nouvelle Compagnie concessionnaire a métamorphose cette station qu’elle a doté d’hôtels splendides et confortables, de villas délicieuses et d’un nouvel et magnifique établissement thermal, élevé d’après les plans du célèbre architecte Abadie^ de l’Institut, et qui, grâce à l’activité et aux conseils éclairés du médecin inspecteur actuel, notre savant ami le docteur Calés, réalise, tant au point de vue de l’installation balnéaire qu’en matière d’hydrothérapie, tout ce que la science et l’art moderne ont créé de plus parfait. Cette superbe construction a été inaugurée le l"juin 1884.
Les eaux minérales de Capvern appartiennent à la classe des eaux sulfatées calciques et faiblement magnésiques. Elles p'rovienent de deux sources, le Hount-Caoudo qui débite plus de 2 millions de litres d’eau, et le Bouridé qui, dans le même temps, en fournit plus d’un million ! D’une limpidité parfaite, sans odeur, ce qui est une exception dans les eaux pyrénéennes, d’une saveur douce, mais d’un arrière-goût un peu salin, d’un toucher rude, les eaux de la Hount-Caoudo offrent un dégagement spontané et continu d’un gaz incolore et laissent déposer un léger sédiment de couleur ocreuse. Celles du Bouridé sont aussi limpides, mais n’ont pas le même goût styptique que celles de l’autre source.
On administre les eaux de Capvern en boisson, en bains et en douches. En boisson, elles excitent l’appétit, se digèrent facilement, augmentent dans de notables proportions la sécrétion urinaire et sont , légèrement laxatives. Elles se prennent à la dose quotidienne de 2 à 6 verres, le matin à jeun, à un quart d’heure d’intervalle. En bains et en douches, les eaux de la Hount-Caoudo sont plus particulièrement excitantes et celles du . Bouridé sont, au contraire, sédatives, ce qui est une ressource de plus pour le médecin qui peut ainsi modérer ou modi-. fier, selon les besoins, les effets des unes par ceux des autres.
Les maladies que l’on soigne à Capvern d’une -manière toute particulière et toute spéciale et avec un plein succès sont les affections des voies urinaires, la gravelle urique, la néphrite calculeuse, le catarrhe vésical, les inflammations chroniques de la prostate. Les eaux de Capvern sont aussi très heureusement administrées aux goutteux, aux individus atteints de gastralgie, de dyspepsie, de constipation, et à ceux qui ont des engorgements du foie et des coliques hépatiques.
Disons en terminant que les eaux de Capvern, grâce à leur conservation parfaite, peuvent se boire transportées, èt que le nombre des bouteilles consommées annuellement loin des sources dépasse plusieurs centaines de mille. Dr paol Labarxhe.
CARBONATE. — Nom donné par les chimiste aux sels formés par les combinaisons de l’acide car bonique avec différentes bases. Les principaux car' bonates usités en médecine sont le carbonate dè chaux (V. Chaux)-, \c. carbonate de fer (V. Fer)- 10 carbonate de Lithine (V. TMhine) ; le carbonate de magnésie (V. Magnésie)-, le carbonate de plomb (V. Plomb, Céruse)-, le carbonate de potasse (V. Pq. tasse)-, le carbonate de soude (V. Soude), etc. p
CARBONE. — Le carbone est un métalloïde très répandu dans la nature, où on le rencontre sous des formes très variées ; à l’état pur et cristallisé il constitue le diamant; à l’état amorphe et plusW moins pur, il constitue le charbon (V.. Charbon). Le carbone, par sa combinaison directe avec l’oxygène forme l’oxyde de carbone et le sulfure de carbone par son union directe au soufre. Ces deux produits ont une certaine importance en hygiène, en thérapeutique et dans l’industrie.
Oxyde de carbone. — L’oxyde de carbone est un gaz incolore, inodore, plus léger que l’air, très peu soluble dans l’eau, brûlant avec une flamme bleuâtre caractéristique en se transformant en acide carbonique. Il est impropre à la respiration et agit comme un véritable poison. Les empoisonnements accidentels ou volontaires par l’oxyde de carbone sont très fréquents. En France on se suicide volontiers par ce gaz, par suite de ce préjugé que la tapeur de charbon ne fait pas souffrir. Quant aux empoisonnements accidentels, voici comment il se produisent : l’oxyde de carbone se diffuse à travers les poêles en fonte et se mêle à l’air des appartements que chauffent ces appareils, et, d’après les analyses de MM. Henri Sainte-Claire Deville et Troost, l’air qui entoure un poêle en fonte allumé contient de 13 centilitres à 1 litre 30 d’oxyde de carbone. Qr, d’après M. Leblanc, qui a si bien étudié les causes de viciation de l’air, 2 à 3 miUièraes d’oxyde de carbone dans l’air sont suffisants pour tuer un chien. L’oxyde de carbone détermine la mort, ainsi que l’a démontré Claude Bernard, en rendant les globules rouges du sang, sur lesquels il se porte, impropres à absorber l’oxygène de l’air, et en se substituant à lui, l’hématose ne se faisant plus, le sang devient impropre à entretenir la vie et l’individu meurt. Ainsi que nous le verrons dans l’article Charbon, dans l’asphyxie par le charbon, c’est surtout l’oxyde de carbone beaucoup plus que l’acide carbonique qui agit comme toxique.
On a essayé d’introduire l’oxyde de carbone dans la thérapeutique. C’est ainsi qu’en 1837, le professeur Toûrdes l’a conseillé comme anesthésique, après une série d’expériences sur les animaux, desquelles il résulte que ce gaz produit en effet une anesthésie rapide dans laquelle on remarque une période d’excitation, pendant laquélle l’animal se débat, en même temps que sa respiration et sa circulation sont accélérées , et une période d’anesthésie caractérisée par la résolution musculaire, le ralentissement de la respiration et de la circulation, l’insensibilité et la stupeur ; mais, en présence des dangers graves auxquels expose l’oxyde de carbone, il n’a jamais été employé comme anesthésique, au moins pour produire l’anesthésie générale. En re-
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vanche le Koze, de Strasbourg, l’a utilisé avec succès comme anesthésique local, en douches vaginales pour calmer les douleurs dans le canal de l’utérus et, dans les hystéralgies ; il l’a aussi employé directement sur les parties douloureuses, dans les rhumatismes et les névralgies.
Sulfure de carbone. —Le sulfure de carbone dont le principe de la préparation consiste à faire passer de la vapeur de soufre sur du charbon chauffé au rouge, est un liquide incolore, d’une odeur désagréable, rappelant celle du chou pourri, très mobile, fort peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool pur et l’éther, facilement inflammable, brûlant avec une flamme bleue et donnant naissance à l’acide carbonique et à l’acide sulfureux. Si on le mélange à l’oxygène, sa vapeur produit, au contact d’un corps qui brûle, une forte détonation.
Comme l’oxyde de carbone, le sulfure de carbone, ainsi que l’a montré Simpson, est un anesthésique puissant, et plusieurs médecins anglais l’ont administré à la dose de 1 à 3 gouttes contre les douleurs rhumatismales et comme emménagogue. Le D' Pilaski a conseillé une potion au sulfure de carbone, d’après la formule suivante :
Sulfure de carbone rectifié . 20 gouttes,
Éther. . 4 grammes,
Laudanum de Sydenham . 30 gouttes,
Sirop simple . 30 gi’ammes.
Eau distillée de menthe poivrée . . . 123 —
à prendre par cuillerée à bouche, une toutes les heures, dans le choléra. Ce produit a aussi été conseillé à l’extérieur comme caustique léger contre les plaies atoniques et les ulcères variqueux.
En raison de ses propriétés parasiticides et après de nombreuses expériences, le grand chimiste Dumas a conseillé l’arrosage des vignes infestées de phylloxéra avec une solution de sulfure de carbone et jusqu’ici, nous devons dire que c’est encore le meilleur remède à opposer à ce terrible dévastateur.
Le sulfure de carbone n’est pas seulement utilisé par la médecine et l’agriculture, l’industrie, mettant à profit ses propriétés dissolvantes, l’emploie pour éliminer les traces de phosphore blanc du phosphore amorphe, pour dégraisser les étoffes de laine, et principalement pour vulcaniser le caoutchouc.
Hygiène industrielle et professionnelle. — Les ouvriers qui dans ces diverses industries font usage du sulfure de carbone, sont soumis à l’action de ses vapeurs qui déterminent chez eux, au bout d’un temps plus ou moins long, une sorte d’empoisonnement chronique qui a été très bien étudié par Delpech. D’après les deux mémoires publiés par le médecin de Necker, en 1857 et 1866, les ouvriers soumis habituellement aux vapeurs de sulfure de carbone, ressentent des maux de tête accompagnés de battements douloureux aux tempes, des. douleurs musculaires et articulaires, des fourmillements et des crampes, surtout aux membres inférieurs, de l’anesthésie de la peau; ils sont agités, rient et pleurent sans motif, s’irritent et s’emportent à propos de rien; leur esprit devient très mobile ; les hommes ont une excitation génésique assez prononcée et on constate chez les femmes une exagération des Dictioxxaire populaire de Médecke usuelle.