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règles. Les ouvriers ont le goût perverti, ih éj. rouvent du dégoût pour les aliments, dans certains cas üs ont des nausées, des vomissements, de la colique et de la diarrhée. En même temps on constate chez eux de l’oppression, une toux sèche, des palpitations de cœur et de fortes transpirations. Leur haleine fétide est toute imprégnée de l’odeur des vapeurs d’oxyde de carbone, il en est de même de leurs urines. A cette série d’accidents et de symptômes succèdent de l’abattement, de la tristesse et du découragement, une faiblesse musculaire des bras et des jambes, un engourdissement très prononcé des mains, qui va quelquefois jusqu’à la paralysie, une frigidité complète remplace l’excitation génésique. La vue se trouble, la cornée chez quelques ouvriers, atteint un tel degré d’insensibilité que MM. Bergeron et Lévy ont pu promener une barbe de plume à sa surface, sans que l’œil se ferme ; la mémoire s’affaiblit, l’ouïe s’émousse ; inutile d’ajouter que la santé générale est de plus en plus altérée et que bientôt, ne mangeant presque plus, ces malheureux deviennent profondément anémiques et arrivent à la cachexie.
En dehors de ces graves accidents produits sur les ouvriers, le sulfure de carbone est encore un grand danger d’incendie et de détonation, puisque nous avons vu au commencement de cet article avec quelle facilité ses vapeurs s’enflamment à l’air, à une assez grande distance des corps en ignition.
Les précautions à prendre concernent donc les chefs d’ateliers et les patrons.
Les industriels devront suivre les prescriptions édictées par le décret du 19 mai 1873, d’après l’avis du Conseil d’hygiène de la Seine : construire les ateliers en matériaux incombustibles, avec combles en fer; y pratiquer une ventilation énergique et bien conduite; les vapeurs de suffure de carbone étant plus lourdes que l’air, ainsi que le fait justement remarquer Bouchardat, établir un double plancher à claire-voie et établir les tuyaux d’aspiration non au platond, mais au niveau du premier plancher plein imperméable; éclairer les ateliers par la lumière du jour et n’y jamais pénétrer avec une lumière. Mieux vaudrait encore faire travailler les ouvriers en plein air sous des hangars.
Quant aux ouvriers ils devront, autant que possible, prendre dès le début certaines précautions d’hygiène préservatrice et chercher à se mettre à l’abri des vapeurs de sulfure de carbone en s’isolant au moyen d’appareils clos, communiquant avec une hotie de dégagement ou un tuyau de ventilation. Ils pouiTont dans ce but se munir de l’appareil inventé par l’un d’eux, M. Deschamps, de Belleville. Cet appareil clos consiste en une cage vitrée enveloppant la table de travail : la cloison du coté de l’ouvrier est pourvue d’orifices pour le passage des mains et des avant-bras ; des manches de caoutchouc, imperméables, souples et amples, serrées aux poignets garantissent l'occlusion complète des ouvertures pendant le travail et les ouvriers sont ainsi à l’abri complet des dégagements de vapeurs.
Lorsque, faute de précautions, les phénomènes d’intoxication commencent à se produire, les ouvriers suspendront tout travail, passeront la plus grande partie de la journée au grand air, prendront
CAR
CAR
une nourriture tonique et réparatrice, éviteront les excès de boisson, se livreront à des ablutions et à des bains généraux, stimulants, fréquents. Si les phénomènes de paralysie se montraient, il faudra avoir recours aux préparations de strychnine et à l’électricité, et ne pas oublier que malgré la gravité de feur forme, tous les symptômes de l’intoxication par les vapeurs de sulfure de carbone, disparaissent en général assez rapidement lorsqu’on en éloigne la cause première et qu’on les traite assez à temps.
!)'■ Paul Labarthe.
CARBONIQUE (acide). — L’acide carbonique est un gaz incolore, inodore, d’une saveur fraîche^ et piquante un peu aigrelette, soluble dans l’eau et l’alcool, impropre à la respiration et à la combustion. Il existe toujours dans l’air dans la proportion de 4 à 6 dix millièmes, en moyenne. Il est le produit de la respiration animale et se dégage pendant l’expiration, tandis que les plantes l’absorbent à leur tour en dégageant l’oxygène. Il se produit aussi pendant la combustion des divers charbons; il se dégage de certains volcans éteints; on le trouve combiné à la chaux sous forme de craie ou de marbre; il existe dans plusieurs eaux minérales, telles que Saint-Galmier(Badoit), Renlaigue, Fougues, Orezza, Vichy, Bigorre, Chatelguyon, etc., etc. Enfin, il se dégage pendant la fermentation alcoolique du vin, de la bière, etc., et pendant la fermentation putride.
L’acide carbonique existe dans notre organisme. Il se trouve dans tous les tissus et tous les liquides du corps humain, principalement dans le sang où il est surtout à l’état de bicarbonate de soude et à l’état libre, ou plutôt dissous, grâce aux phosphates de soude et de potasse que ce liquide contient. 11 provient des phénomènes chimiques de la nutrition qui se produisent plutôt dans les tissus en dehors des vaisseaux que dans le sang où il est déversé par exosmose â -travers, les parois des capillaires. Le sang artériel en contient en moyenne 30 p. 100 en volume et le sang veineux 35 p. 100.
■ Le sang se débarrasse d’une grande partie d& l’acide carbonique qu’il contient, en passant dans les poumons qui l’éliminent presque en totalité ; le reste s’élimine par la peau et par les reins, et l’élimination par les reins sert à nous expliquer les quelques effets diurétiques produits par l’acide carbonique. Ce gaz est donc un produit de la combustion organiqne, mais là ne semble pas se limiter son rôle dans notre organisme. D’après le physiologiste Brovm-Séquard, l’acide carbonique serait l’excitant nécessaire d’un des centres nerveux qui tient sous son empire l’importante fonction de la respiration.
Effets. — Projeté sur la peau saine, l’acide carbonique détermine d’abord une sensation de froid et de picotements bientôt suivie d’un sentiment de chaleur qui peut s’accompagner de rougeur de la peau. Si le contact est prolongé, il se produit un léger degré d’anesthésie.
Si au lieu de projeter le gaz sur la peau, on plonge le corps entier dans un bain d’acide carbonique, on observe les mêmes effets généralisés; mais de plus, d’après Rotureau, la chaleur sê
montre surtout au creux de l’épigastre, à la paninterne des membres, principalement des cuisses^ aux parties génitales et au périnée, où elle détermine des picotements et des chatouillements.
Enfin, appliqué sur la peau dénudée ou sur le muqueuses, l’acide carbonique produit les mêmes effets, mais plus rapides et plus intenses.
Respiré à l’état pur, l’acide carbonique qui, nous l’avons vu, est impropre à la respiration, détermine de la rougeur de la face, la proéminence des yeux de la céphalalgie, des vertiges, une sorte d’ivresse* une sensation de chaleur à l’épigastre et dans la poitrine, de la dyspnée, un besoin instinctif de res pirer et l’accélération des mouvements respiratoires l’élévation du pouls, des convulsions, enfin dû coma, de la cyanose, la paralysie de la respiration et la mort.
Lorsque l’acide carbonique est aspiré mélangé à l’air, dans les proportions de 1 cinquième d’acide carbonique et de 4 cinquièmes d’air ou d’hydrogène le mélange est encore respirable, mais ainsi que cela résulte des expériences de Demarquay : « il né serait pas prudent d’augmenter la dose ».
Enfin, lorsque l’acide carbonique est respiré en faibles quantités, il détermine des effets antipasmo- ’ diques.
L’acide carbonique introduit dans l’appareil digestif, sous forme d’eau chargée de cet acide (eau gazeuse), provoque une saveur piquante et une sensation de chaleur et de bien-être dans l’estomac. Sous son influence l’appétit est réveillé, les sécrétions salivaires ‘et gastro -intestinales sont activées ainsi que les contractions péristaltiques de l’estomac et des intestins. Ingéré en trop fortes quantités, l’acide carbonique détermine une légère excitation cérébrale, comme une légère ébriété, une accélération du pouls, une gêne épigastrique et, au lieu de stimuler l’estomac et de faciliter la digestion, il amène, comme le fait remarquer Bouchardat : « du météorisme, une distension exagérée de l’estomac qui ne sont pas indifférents pour la santé. » Aussi vaut-i toujours mieux boire des eaux gazeuses naturelles, telles que les eaux de Saint-Galmier (Badoit), Fougues, Orezza, Vichy, Chatelguyon, Royat, Renlaigue, etc., dans lesquelles l’acide carbonique setrouve naturellement à l’état de dissolution aqueuse, que les eaux gazeuses artificielles, eaux de seltz, etc., trop chargées d’acide carbonique sous une pression habituelle de 6 à 7 atmosphères.
Usages. — Les applications thérapeutiques de l’acide carbonique ne sont pas très nombreuses.
A l’extérieur, on l’a appliqué à la cicatrisation des plaies, depuis que Demarquay a démontré que ce gaz hâtait cette cicatrisation. On l’a aussi appliqué à cause de ses propriétés antiputrides et anesthésiques, en injections sur les cancers des seins et de l’utérus ulcérés; en douches vaginales pour combattre les douleurs utérines qui accompagnent souvent la période menstruelle (le meilleur appareil et le plus simple pour administrer les injections d’acide carbonique, est celui de M. Fordos, pharmacien distingué des hôpitaux de Faris); en bains locaux ou généraux contre les douleurs névralgiques, rhumatismales ou goutteuses. On est parvenu à faire disparaître des obstructions intesti-
nales en pratiquant dans le rectum des injections d^eau de seltz, et à soulager des cystites avec tenesme vésical, au moyen d’injections d’eau de seltz dans la vessie. . . ,
Dans certains établissements deaux minérales, riches en acide carbonique, on a administré ce gaz en inhalations dans certaines affections chroniques de l’appareil respiratoire, telles que bronchites, laryngites, angines granuleuses, avec un certain succès. Mais 'c’est surtout dans les digestions laborieuses, les crampes d’estomac, les vomissements, les catarrhes gastro-intestinaux, la constipation, les flatulences, que l’acide carbonique en dissolution dans l’eau trouve sa principale indication. Ajoutons en terminant qu’il est aussi utile chez les individus atteints de goutte phosphatique.
D' Paul Labarthe.
CARCANIÈRES (eaux minérales de). — Carcanières est un petit village de l’arrondissement de Foix, situé dans une gorge profonde et sauvage, sur les bords de l’Aude, qui possède des eaux minérales sulfurées sodiques, provenant de plus de 18 sources réparties entre quatre petits établissements où on les administre en boisson, en pulvérisation, en bains et en douches. Les malades qu’on rencontre à Carcanières sont surtout atteints d’affections ■ chroniques de l’appareil respiratoire, de rhumatismes et de maladies de peau. p. l.
CARCINOME. — (V. Cancer.)
CARDAMOME. — Le cardamome est le fruit de VEUétarie cardamome, plante de la famille des amomées, qu’on trouve sur la côte du Malabar, à la Jamaïque et dans les lieux humides et ombragés de l’Inde.
11 est constitué par une capsule oblongue, pointue aux deux bouts, de 3 à 4 centimètres de longueur, à trois faces et à trois valves constituant trois loges qui contiennent chacune, disposées sur deux rangées, cinq à sept graines très anguleuses, de couleur brun foncé, d’une odeur et d’une saveur forte, aromatique, suave, dues à une huile essentielle, soluble dans l’alcool, l’éther et les huiles grasses. Le cardamome jouit de propriétés stomachiques excitantes et carminatives. Il est peu usité en France, mais les Anglais et les Indiens l’emploient comme condiment, comme excitant et comme aphrodisiaque, sous forme de poudre ou de teinture alcoolique. 1^ cardamome entrait dans la composition de la thériaque. P
CARDEURS. — Hygiène professionnelle. — Les cardeurs sont les ouvriers qui sont employés au cardage du coton, de la laine, de la soie, du lin ou du chanvre, avant que ces substances soient soumises à la filature. Nous renvoyons le lecteur au mot Filature, où nous traiterons d’une façon complète l’hygiène des divers ouvriers qui y sont employés (Voy. Filature). P. L.
CARDIA. — Nom donné par les anatomistes à l’orifice supérieur de l’estomac qui fait communiquer celui-ci avec l’œsophage (V. Estomac). p. l.
CARDIALGIE. — Syfionyme de gastralgie (V. ce mot). P. L.
CARDIAQUE. — Mot employé par les anatomistes pour désigner les artères, les veines et les nerfs du cœur (V. Cœur). P. L.
CARDITE. — On donne ce nom à l’inflammation dü cœur, maladie rare qu’il est à peu près impossible de reconnaître pendant la vie, qui peut se produire à la suite des péricardites et des endocardites, par inflammation de voisinage où par altération du sang, à la suite de fièvres graves, principa lement de la fièvre typhoïde. Aiguë ou chronique, la cardite est toujours mortelle. P. L.
CARDON. — Le cardon est une plante de la famille des carduacées, originaire de Barbarie et très commune dans le midi de la France où on le cultive beaucoup dans les potagers pour ses feuilles à côtes épaisses, charnues et succulentes, qui se mangent euites dans du bouillon, après avoir été attendries par l’étiolement. Celui-ci se fait en liant en bottes les feuilles et en les entourant pendant un mois d’une chemise de paille ou de deux tuiles canal. Ainsi abritées de la lumière, les feuilles blanchissent, perdent leur âcreté et prennent un grand développement. Le cardon cuit au jus ou dans du bouillon, est un aliment sain, mais peu nourrissant, d’une digestion facile, très convenable pour les convalescents et pour les estomacs délicats, et propre à entretenir la liberté du ventre. Le cardon à la moelle, si fort exalté par Brillat-Savarin, est un met très délicat mais indigeste. Les fleurs bleues du cardon ont la propriété de cailler le lait, et sont vendues dans ce but sous le nom de petite chardonnette. D' Paul Labarthe.
CARICA PAPAYA. — Lecarica papaya ou papayer, de la famiUe des papayacées, originaire de l’Amérique du Sud, selon les uns, des îles Molusques, suivant les autres, qui se rencontre dans l’Inde, à l’île Maurice, à la Réunion, aux Antilles et dans toute l’Amérique du Sud, est un arbre qui a le port du palmier, au tronc peu résistant, au sommet duquel les feuilles très élégantes, palmées à 3 ou 7 divisions profondes, se trouvent reunies en forme de parasol, avec les fruits au-dessous. Ces fruits charnus et assez volumineux, d’une couleur vert jaune rougeâtre avant leur maturité, riches en amidon, deviennent farineux par la cuisson et entrent pour une bonne part dans l’alimentation des nè-
Ellétarie cardamome.
grès. Lorsqu’ils sont mûrs, ils sont sucrés et parfumés, se rapprochant comme goût des abricots de nos pays et sont très recherchés comme dessert aux colonies. Les graines enfermées dans le fruit
sont très nombreuses, rondes, chagrinées, marquées
de sillons'profonds, noires lorsque le fruit est mur, et ont une saveur chaude et poivrée qui rappelle celle de la graine de capucine.
Les différentes parties du carica papaya, mais plus particulièrement le fruit vert, incisé, fournissent en abondance un suc blanc laiteux, hqui e.
pouvait tirer de propriétés aussi merveilleuses. Des expériences de laboratoire furent instituées et donnèrent les résultats les plus surprenants. M. Wurtz, dans un rapport présenté à l’Académie des science^ le 15 novembre 1880, constate que la papaïne a dissous jusqu’à deux mille fois son poids de fibrine, opérant avec autant de rapidité et de régularité que la meilleure pepsine animale, et que le produit de cette digestion donne de la peptone et une substance analogue à la leucine.
Du laboratoire, la papaïne est passée dans la pratique, et des faits innombrables sont bientôt venus prouver que son action était certaine et constante. MM. Wurtz et Bouchut ont reconnu que toute matière azotée, lait, viande, fibrine, est digérée par le suc de carica papaya en quantité beaucoup plus forte que celle que "peut dissoudre la pepsine que sécrète l’estomac et qu’il présentait sur la pepsine
Fig. 218.
Carica papaya.
très coagulable à l’air, légèrement amer et styptique, avec un arrière saveur analogue à celle de la graine de capucine. Ce suc contient une proportion considérable d’un principe, la papaïne, principe amorphe, blanc, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, analogue à la pepsine animale, que l’illustre chimiste Wurtz et Bouchut ont analysé et expérimenté, et appelé pepsine végétale. Ce suc exerce une action prodigieuse sur la fibre musculaire qu’il ramollit instantanément et fait entrer en digestion. Les émanations même de l’arbre suffisent pour produire sur la viande cet effet singulier, et dans les pays où le papaya est cultivé, les habitants suspendent dans les hautes branches les viandes qu’ils veulent conserver.
On conçoit aisément le parti que la thérapeutique
Fig. 219.
Carica papaya, détail des fleurs et des fruits.
cet avantage qu’il dissolvait la matière azotée aussi bien dans un milieu acide que neutre ou alcalin.
Deux pharmaciens, M. Trouette, ancien interne des hôpitaux, lauréat de l’École de Pharmacie de Paris, et Perret, ex-préparateur à la Faculté de médecine de Strasbourg, se sont faits depuis quelques années les propagateurs de la papaïne, et l’offrent aux médecins et aux malades sous cinq formes différentes : sirop de papaïne, vin de papaïne, élixir de papaïne, cachets de. papaïne et dragées de papaïne. Chacune de ces préparations trouve son emploi suivant l’âge, le tempérament, et le goût du malade, mais leur effet constant peut être garanti.
Il résulte des nombreuses expériences thérapeutiques faites dans les hôpitaux de Paris par Bouchut, Dujardin-Beaumetz, Hillairet, Guéneau de Mussy, Constantin Paul, etc., et par beaucoup d’autres médecins français et étrangers, que la. papaïne
Trouette-Perret, trouve son application dans tous les cas où la pepsine est indiquée, c’est-à-dire dans les affections du tuhe gastro-intestinal, dans la dyspepsie, la gastralgie, les gastrites, les lientéries et dans toutes les maladies qui ont pour cause un mauvais fonctionnement de l’estomac. Le D" Moncorvo, de Rio-de-Janeiro, l’administre avec plein succès comme vermifuge. D’après le D' Vinson, la papaïne Trouette-Perret est un remède souverain contre le tœnia ou ver solitaire. Non seulement elle tue le ver, mais encore elle le digère. M. Bouchut, dans son service de l’hôpital des Enfants, a obtenu, par les applications locales de papaïne, la digestion des fausses membranes chez plusieurs petits malades atteints du croup, et par suite leur guérison. D' padl Labarthe.
CARIE. — La carie est une inflammation chronique des os ayant deux caractères constants : la suppuration et le ramollissement du tissu osseux. Elle affecte la substance spongieuse ou la substance compacte, les cartilages ossifiés, mais de préférence les os courts et les extrémités des os longs.
Dans un premier degré, on constate sur l’os carié les lésion de l’ostéite et celles de la périostite, avec ramollissement de la substance osseuse. L’os carié se laisse écraser sous le doigt et couper avec un scapel. Qu’on le coupe ou qu’on le presse, on voit sortir de ses aréoles un liquide sanieux, mélangé de pus et de sang. On observe aussi des bourgeons charnus répandus à sa surface. Autour du point carié, on constate la présence d’ostéopbytes.
Dans un deuxième degré, l’os devient rugueux, raboteux, et il prend une teinte brune et noire.
Dans un troisième degré, l’os a disparu en partie; il y a eu désagrégation moléculaire. La substance osseuse, dans la carie, perd une partie de sa matière morganique.
Au point de vue de la physiologie pathologique, l’évolution de la carie comprend deux périodes.
La première est caractérisée parla transformation graisseuse des corpuscules 'osseux, sans inflammation préalable. Cette lésion qui a été décrite par M. Ranvier, n’esf appréciable tout d’abord qu’au microscope. On constate en même temps que les noyaux de ces corpuscules sont atrophiés. Par suite de cette altération anatomique, due à un trouble de nutrition de l’os, les lamelles osseuses sont frappées de mort. Alors commence la deuxième période.
Dans la deuxième période, il s’établit autour des parcelles osseuses nécrosées une inflammation, une ostéite à forme particulière. C’est elle qui constitue la carie, telle qu’on l’a décrite jusqu’à présent.
La carie, nous venons de le voir, n’est qu’une ostéite spéciale, se développant sur un terrain altéré, pour ainsi dire, et souvent préparé par la scrofule, quel^efois même par la sypbibs. Elle peut être aussi occasionnée par des causes externes, telles que les violences extérieures, la présence d’un corps étranger dans un os, le voisinage d’une phlegmasie, etc.
Au début de la carie, le malade ressent dans un point déterminé d’un os des douleurs vives, intermittentes, souvent nocturnes, suivies d’une légère
tuméfaction et d’un peu de chaleur. Plus tard, le gonflement augmente, la peau prend une teinte d’un rouge sombre, s’amincit et -on peut sentir la fluctuation. L’abcès s’ouvre, et ü reste un trajet fistuleux, à travers lequel un stylet peut être introduit. Ce stylet rencontre l’os carié, dans lequel il pénètre le plus souvent sous l’influence d’une lé- ’ gère pression, en brisant quelques lamelles osseuses ramollies. Lorsqu’on le retire, il s’écoule un peu de sang par la fistule. L’ouverture fistuleuse a des bords saillants, fongueux; elle donne passage à un pus mal bé, souvent fétide.
La carie détermine, d’abord, des symptômes locaux, qui peuvent durer indéfiniment et qui sont sujets aux mêmes rémissions que ceux de l’ostéite. Plus tard, s’y joignent les symptômes des complications, qui peuvent amener une terminaison funeste.
Si la carie siège à l’extrémité d’un os long, elle donne naissance à une tumeur blanche; si elle siège sur les côtes ou sur les os du crâne, elle peut déterminer une pleurésie ou des symptômes de méningite. Elle est sujette à des complications, suite de suppuration ; aussi n’est-il pas rare de la voir se terminer par une infection purulente ou par infection putride.
Dans quelques cas, elle détermine des symptômes généraux caractérisés par l’amaigrissement, l’anémie et la diarrhée ; elle peut occasionner la fièvre hectique et la mort du malade par suppuration. On comprend que sa durée, longue ordinairement, doive varier.
11 est rare qu’elle guérisse spontanément. Cependant la partie cariée se détache quelquefois sous forme de séquestre ; la carie s’est alors transformée en nécrose, et la guérison peut avoir beu à la suite de l’expulsion de la partie mortifiée. D’autres fois, les fongosités se changent peu à peu en bourgeons charnus de bonne nature, et forment une cicatrice définitive.
La carie peut présenter diverses formes, et l’on conçoit qu’eUes entraînent quelquefois une certaine modification dans les symptômes. La carie peut être superficielle, ou profonde et centrale-, dans ce dernier cas, l’os se dilate, les douleurs existent, mais les autres symptômes ne surviennent que plus tard. 11 y a une carie dure et une carie molle, qu correspondent à l’ostéite raréfiante et condensante. La carie bulleuse est celle qui s’accompagne debour soufflement de l’os ; la carie térébrante présente des excoriations de la surface osseuse ; la carie nécrotique centrale s’accompagne de la nécrose de quelques lameUes osseuses. La carie sèche suppure peu; la carie fongueuse, moins grave, s’accompagne d’une grande production de fongosités; la carie torpide, atonique, est, de toutes, la plus grave ; eUe a une marche lente et s’observe surtout chez les scrofuleux. Enfin, on a distingué une carie scrofuleuse, rhumatismale, scorbutique, syphilitique, etc.
Grave, en général, le pronostic varie selon le siège et l’étendue de la carie. 11 est plus grave au voisinage d’uné articulation et dans les os qui avoisinent des organes importants, comme les méninges et les plèvres.
11 est bon de soumettre le malade à un traitement
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général qui s’adresse à la constitution du sujet : administrer les amers, les toniques, les ferrugineux, le phosphate de chaux, les antiscrofuleux ou les antisyphilitiques, suivant les cas. Le traitement local, plus important, se compose de moyens destinés à modifier les tissus malades, tels que : cataplasmes, bains, scarifications, vésicatoires volants , cautérisation transcurrente , cautères et moxas. Les autres moyens sont destinés à transformer la carie en nécrose. Le plus souvent, on porte directement le fer rouge sur le tissu malade, après en avoir enlevé la plus grande partie avec la gouge et le maillet. On place ensuite des compresses d’eau froide sur le point cautérisé. Ce moyen simple, applicable surtout aux os superficiels, détermine une prompte réparation de la partie que le fer a cautérisée. , ,
On peut, dans quelques cas, se frayer une voie à travers les parties molles et pratiquer la résection de la portion cariée, en conservant le périoste. Dans les cas où cette opération est impossible, l’amputation est souvent nécessaire. D' j.-a. fort.
CARIE DENTAIRE. — (Voyez Dents.)
CARMINATIF. — Nom donné en thérapeutique aux médicaments qui ont la propriété d’expulser les flatuosités ou gaz qui se forment dans le tube gastro-intestinal, et de prévenir leur accumulation. L’anis, la cannelle, le piment, la mélisse, la menthe, la noix vomique, l’élixir de Garus, etc., sont des carminatifs. p. L.
CARONCULE. — Nom donné par les anotomistes à plusieurs petits tubercules charnus qui se trouvent sur différents organes. Les principaux sont la caroncule lacrymale et les caroncules myriiformes.
Caroncule lacrymale. — Nom donné à une petite élevure charnue, située au niveau de la commissure interne de l’œil du côté du nez, formée par un amas de glandules sébacées surmontées de petits poils blancs, au-dessus de laquelle passe la conjonctive en s’y adossant pour former un petit repli placé verticalement entre la caroncule et le globe de l’œil. 11 arrive parfois que les poils de la caroncule prennent un développement anormal et déterminent de la conjonctivite, qui ne cesse qu’après leur extirpation. On a quelquefois, mais très rarement, observé des abcès de la caroncule lacrymale (V. Conjonctive).
Caroncules myrtiformes. — Nom donné à des petits tubercules rougeâtres, situés à l’entrée du vagin, plus ou moins fermés, très variables dans leurs dimensions et leur nombre, formés par les lambeaux de la membrane hymen, déchirée après les premiers rapprochements sexuels complets y. Hymen). p. L.
CAROTIDES. — Anatomie. — Nom donné par les anatomistes aux artères principales de la tête et du cou. On distingue les artères carotide primitive,
CAROTIDE EXTERNE et CAROTIDE INTERNE.
Les CAROTIDES PRIMITIVES sont au nombre de deux : l’une, droite, naît du tronc bracbio-cépbalique ; l’au-
GAR
tre, gauche, vient directement de la convexité de la crosse de l’aorte et est plus longue que la droite de toute la hauteur du tronc brachio-céphalique. Toutes deux sont situées à la partie antérieure et latérale du cou et séparées l’une de l’autre parla trachée-artère et le larynx ; on' peut sentir leur battement avec le doigt de chaque côté de cette saillie. Elles se terminent au niveau supérieur du cartilage thiroïde où
Fig. 220.
Région carotidienne. — A. Muscle sterno-mastoïdien tiré en dehors par une érigne. — B. Muscle omo-hyoïdien. — C. Muscle sterno-thyroïdien. — D. Muscle sterno-hyoïdien. — E. Muscle digastrique. — F. Glande parotide. — 6. Veine jugulaire interne. — H. Nerf grand hypoglosse. — I. Branche ascendante du grand hypoglosse. — J. Artère carotide primitive. — K. Artère carotide interne.— L. Artère carotide externe. — M. N. 0. Branches de la carotide externe. — P. Aponévrose du cou. — Q. Nerf pneumogastrique entre la -veine et l’artère, mais plus superficiel qu’il ne l’est en réalité. — R. Corps thyroïde.
elles présentent une légère dilatation et se divisent en deux branches, la carotide externe et la carotide interne. Les carotides primitives ne donnent naissance à aucune branche collatérale.
La CAROTIDE EXTERNE, destinée surtout au cou et à la face, va du niveau du bord supérieur du cartilage thyro'ide au col du condyle de la mâchoire inférieure, où elle se divise en deux branches, l’artère temporale superficielle et l’artère maxillaire interné, après avoir fourni sur son parcours six branches collatérales, dont trois antérieures, les artères thyroïdienne supérieure, linguale et /acmZe ; deux postérieures, les artères occipitale et auriculaire; et une interne, l’artère pharyngienne inférieure.
La Carotide interne qui se rend dans l’intérieur du crâne pour se distribuer au cerveau et à l’appareil de la vision, commence au niveau du bord supérieur du cartilage thyro'ide, passe entre le pharynx et la glande parotide, arrive à la base du crâne où elle pénètre par le canal carotidien du rocher, longe ce canal, passe plus loin sur la lame cartilagineuse qui ferme le trou déchiré antérieur, se dirige dans la gouttière caverneuse, traverse le sinus caverneux et se termine un peu au-dessus du trop optique où elle fournit quatre branches termi-
CAR
CAR
nales ; les artères cérébrale antérieure, cérébrale moyenne, communiquante postérieure et chordidienne et une seule branche collatérale, Tartère ophthalmique.
Blessures des carotides. — Les carotides primitives, par leur situation, sont très exposées aux plaies par instruments tranchants et piquants,' et aux plaies par armes à feu. Je dois dire que les plaies par instruments tranchants sont de beaucoup plus fréquentes et qu’elles sont presque toujours le résultat de tentatives de suicide. Elles sont généralement et rapidement mortelles, surtout lorsque l’artère a été largement ouverte, à moins que, le blessé tombant aussitôt en syncope, l’hémorrhagie ne s’arrête quelques instants et laisse au médecin le temps d’arriver pour pratiquer la ligature du vaisseau.
Anévrismes des carotides. — Les carotides peuvent être le siège d’anévrismes. Je dois dire cependant qu’ils sont très rares. Ainsi, sur 551 anévrismes, le D’' Crisp en a trouvé 25 siégeant sur les carotides, et ceux de l’artère carotide primitive étaient de beaucoup plus fréquents que ceux des carotides externe ou interne. On ne connaît même qu’un seul cas d’anévrisme de la carotide externe. (V. Anévrisme). D*’ Paul Labarthe.
CAROTIDIEN. — Qualificatif donné à tout ce qui a rapport aux carotides. p. l.
CAROTTE. — La carotte est une plante herbacée de la famille des ombellifères dont la racine occupe une place importante dans notre alimentation et dans celle des bestiaux que l'on veut engraisser. 11 y a des carottes blanches, jaunes, rouges et violettes. Les blanches et les jaunes sont de qualité inférieure; les rouges, principalement la toupie rouge de Hollande, la carotte de Paris et la rouge d'Achicourt sont les plus estimées. Tendres et sucrées lorsqu’elles sont jeunes, les carottes durcissent, deviennent ligneuses, perdent leur suc et acquièrent un goût âpre et fort qui les rend indigestes, lorsqu’on les laisse longtemps en terre. Tous les maraîchers et toutes les cuisinières vous diront que les bonnes carottes doivent se casser nettement par lemilieu lorsqu’on essaye de les pher en deux
La carotte qui sert à assaisonner la plupart des soupes, des sauces et des ragoûts, se mange aussi seule sautée au beurre ou cuite au blanc. Elle constitue un bon aliment, pas très nutritif ni très réparateur, cependant elle contient du gluten, de l'albumiiie végétale, du sucre de canne, de la mannite, de 1 acide pectique, une matière résineuse qui lui donne sa couleur et des principes volatils propres à stimuler ses propriétés digestives. En somme, la carotte est ma aliment salubre et d’une facile digestibilité. Les diabétiques devront s’en abstenir.
La semence de carotte, d’une odeur aromatique assez prononcée, d’une saveur un peu chaude, amère et également aromatique, est employée dans la cmsine chez les Turcs, qui la mêlent souvent à la bouillie des enfants. En Angleterre, dans certaines tamiUes, on remplace le thé par une infusion de graines de carotte.
La carotte a été fort employée jadis en médecine :
en topique contre le cancer; eu suc concentré contre l’extinction de voix, l’asthme, la phthisie ; en salade contre les vers intestinaux; en tisane contre la jaunisse. « Toutes les personnes qui ont la jaunisse, écrivait le professeur Richerand, ont la plus grande confiance à l’eau de carotte jaune, et lorsque j’y substitue une tisane plus laxative, elles se pro curent en cachette de l’eau de carotte et ne man ' quent jamais de lui attribuer leur guérison. Les malades sont persnadés qu’il existe un rapport mystérieux entre la maladie et le remède qu’ils emploient; il y a analogie de couleur et similes similibus gaudent, me disait l’un d’entre eux. » On a aussi attribué à la graine de carottes en tisane, des propriétés diurétiques, et certains médecins anglais l’ont administrée contre la gravelle et les coliques néphrétiques. Aujourd’hui, la carotte, dont les diverses propriétés thérapeutiques étaient absolument problématiques, n’est plus employée en médecine. Seuls, les paysans de certaines contrées de la France, font avec la pulpe râpée de carotte, des cataplasmes qu’ils appliquent sur les gerçures du sein et sur les brûlures. D'^ Paul Labarthe.
CARPE. — On appelle carpe, en anatomie, le squelette du poignet, c’est-à-dire de cette partie du membre supérieur comprise entre l’avant-bras et la main. Le carpe est composé de huit petits os disposés sur deux rangées : l’une supérieure comprenant de dehors en dedans le scaphoïde, le semi-lumaire, le pyramidal et le pisiforme, qui s’articulent par leur face supérieure avec les deux os de l’avant-bras, le radius et le cubitus ; l’autre inférieure ou métacarpienne, compenant de dehors en dedans le trapèze, le irapézoïde, le grand os et l’o^ crochu, qui s’articulent par leur face inférieure avec les os du métacarpe et par leur face supérieure avec la face inférieure des os de la première rangée. Tous ces os s’articulent entre eux par amphiarthroses (Voyez Poignet et Main).
CARPE. — La carpe est un poisson de la famille des cyprénides, très commun en France dans les rivières et dans les étangs, dont la chair, lorsqu’elle ne sent pas la vase, constitue une nourriture saine, légère et de bon goût. Les gourmands préfèrent la carpe laitée à la carpe œuvée, la carpe de rivière à la carpe d’étang ou de vivier, et choisissent celles qui sont larges et peu allongées. On les mange frites, grillées, à la Chambord ou en matelote. Les gastralgiques et les dyspeptiques ne les mangeront que frites ou grillées, la sauce au vin étant d’une digestion difficile. Quelques personnes mangent les œufs de carpe, mais ils sont considérés comme indigestes. P. L. '
CARPHOLOGIE. — On donne ce nom à des mouvements involontaires et automatiques des mains et des doigts que l’on observe chez certains malades qui semblent chercher à saisir dans l’air ou sur les draps de lit- des objets imaginaires, ou à ramener à eux les couvertures. Ces mouvements s’observent particulièrement dans la période ultime des maladies aiguës, dans les fièvres graves à forme ataxique et précèdent presque toujours l’agonie, p. l.
344 CAR
CARREAU. — On donne le nom de carreau à la tuberculisation des ganglions du mésentère ou pédicule membraneux que le péritoine forme à l’intestin grêle. Cette maladie, spéciale à l’enfance, s’observe surtout de trois à dix ans, elle est d’autant moins grave que l’enfant est plus jeune, et elle se développe sous l’influence de toutes les conditions débilitantes qui président à la genèse des tubercules. Pourquoi chez les enfants les tubercules affectent-ils les ganglions mésentériques ou bronchiques de préférence aux poumons? N’est-ce pas en raison de l’activité spéciale du système lymphatique à cet âge?
Les ganglions mésentériques sont tuméfiés au point d’acquérir les dimensions d’un œuf de poule, ils sont isolés ou réunis de façon à former une masse dure et bosselée, leur coque est épaissie; si on les incise, on les trouve criblés de petits foyers jaunes ou grisâtres de dimensions variables, de dépôts caséeux comparables à du fromage, ou même, si la lésion est- plus avancée, à un liquide puriforme; en somme, l’altération du ganglion consiste tantôt en produits tuberculeux, tantôt en dépôts caséeux, résultats de ces inflammations chroniques, si fréquentes chez les scrofuleux.
Chez la moitié environ des enfants emportés par le carreau on rencontre des ulcérations tuberculeuses dans l’intestin, les ganglions bronchiques, le péritoine, etc...
Le début de cette affection est des plus obscurs, et le carreau n’est reconnu que lorsque les lésions sont déjà avancées. On apprend alors que, depuis un certain temps, l’enfant s’affaiblit, il pâlit, maigrit, il a fréquemment de la diarrhée, mais il ne vomit pas, son ventre est gros. En somme, les symptômes sont-fournis ; 1“ par l’aspect du ventre; 2“ par les troubles digestifs; 3" par l’état général.
Le volume du ventre n’a pas, chez les enfants atteints du carreau, toute la valeur qu’on lui attribuait jadis, car le ventre peut grossir sous l’influence de causes' multiples, telles que nourriture grossière, digestions pénibles, dégagement anormal de gaz. Mais lorsque les parois peuvent être déprimées, on constate la présence de tumeurs bosselées et irrégulières, ce signe est caractéristique ; la pression est rarement douloureuse.
Les irouWes digestifs consistent en diarrhée, mais l’appéu^t est conservé; cette diarrhée se rattache moins à la maladie ganglionnaire qu’aux ulcérations intestinales qui la compliquent.
Le mauvais état de l’enfant, sa faiblesse, son dépérissement, tiennent à la fois à la tuberculose intestinale et à ce que les ganglions moins perméables arrêtent jusqu à un certain point le cours du chyle. Ajoutons qu’une santé parfaite est compatible avec des ganglions mésentériques très développés.
Le carreau a une marche fort lente, et sa durée est impossible à préciser; il peut guérir comme guérissent les adénites cervicales si fréquentes dans les mêmes conditions. Ce sont surtout les ulcérations intestinales qui aggravent le diagnostic.
La constatation directe des tumeurs abdominales est le signe caractéristique du carreau, la péritonite chronique est la seule maladie qui puisse ex-
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poser à une erreur, mais les vomissements verdâtres, les douleurs abdominales, le gonflement uniforme du ventre, caractérisent la péritonite.
Le traitement consistera surtout dans une alimentation substantielle et de facile digestion, unê bonne hygiène, le séjour à la campagne, l’hydrothérapie, les bains salés, iodés ou sulîureux. La diarrhée sera combattue par les moyens ordinaires D' Léon Moynac,
Ancien interne des hôpitaux, ancien professeur libre d’anatomie, de pathologie et de clinique médico-chirurgicale, ^
CARRELET. - (Voyez Plie).
CARRIERS. — Hygiène professionnelle. — Les
ouvriers employés dans les carrières sont exposés à une série d’accidents et de maladies. Parmi les accidents, nous signalerons les éboulements, soit des blocs de pierre, soit des terres escavées qui peuvent les ensevelir ou les écraser ; les chutes par suite de ruptures des échelles, des cordes, des chaînes qui supportent les bannes dans lesquelles ils sont placés pour descendre dans les carrières et en remonter. Parmi les maladies, nous signalerons les affections catarrhales, rhumatismales et névralgiques occasionnées par le séjour prolongé dans les galeries souterraines froides et humides, telles que bronchites, rhumatismes musculaires et articulaires, lumbago, névralgies musculaires, etc.; une irritation continuelle de la muqueuse du nez, du pharynx et des yeux, des blépharites ç#^iires; des conjonctivites, dues à l’action des poussières, etc.
L’hygiène préventive, c’est-à-dire l’usage de la flanelle sur le corps, de lunettes et de masques respirateurs, préviendra la plupart de ces maladies. Quant aux accidents, ils seront évités si le matériel est toujours en bon état et fréquemment vérifié, et si les exploiteurs de carrière se conforment aux ordonnances de police qui régissent la matière, c’est-àdire s’ils font toujours deux puits, un pour l’extraction de la pierre, l’autre spécial pour l’ascension et la descente des ouvriers, et s’ils font étayer les voûtes des carrières par des piliers suffisamment nombreux, au fur et à mesure des besoins.
D' Padl Labarthe.
CARTILAGE. — On donne ce nom en anatomie, à un tissu solide , moins dur que le tissu osseux, élastique et flexible, d’une couleur variant du blanc opale au blanc jaunâtre. On en distingue deux sortes : 1. les CARTILAGES PROPREMENT DITS, Comprenant : les cartilages du fœtus , tous les cartilages articulaires ; les cartilages du nez, du larynx, de la trachée, des bronches ; les cartilages costaux, etc. — IL Les FiBRO- CARTILAGES, parmi lesquels on trouve les cartilages tarses, les disques intervertébraux, le disque interarticulaire de l’articulation temporomaxillaire, le fibro-cartilage du pavillon de l’oreille, le cartilage de Santorini, etc.
1. Cartilages proprement dits. — Il en existe de deux espèces : les cartilages articulaires et fes cartilages périchondrés.
Les cartilages articulaires sont ceux qui revêtent les surfaces articulaires. Ils sont résistants et élas-
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tiques, disposés sous forme de lames, dont l’une des faces est adhérente à l’os, l’autre étant libre dans la cavité articulaire, lisse, onctueuse et en contact direct avec la synovie qui la lubréfie. Ils sont constitués par une substance fondamentale granuleuse, creusée de petites cavités que Robin appelle chondropZo^te^, ovoïdes , arrondies’, et renfermant des cellules, dites cellules de cartilage, s’élevant quelquefois jusqu’à vingt par cbondroplaste. Tous les anatomistes sont d’accord pour dire qu’ils sont dépourvus de vaisseaux et de nerfs.
Les cartilages périckondrés sont tous ceux qui né revêtent pas les surfaces articulaires. Ils sont caractérisés par la présence d’une membrane analogue au périoste des os et qui a reçu le nom de périchondre. D’un blanc terne , très résistants et très élastiques, ils sont constitués aussi par une substance fonda- , mentale homogène, dans laquelle sont creusés également des chondroplastes deux ou trois fois plus gros que ceux des cartilages articulaires et renfermant des cellules de cartilage.
IL Les FiBRO-CARTiLAGES. — lls font partie, pour la plupart, des articulations mobiles. Les uns remplissent l’espace qui reste libre dans certaines articulations dont les surfaces ne sont pas juxtaposées, et prennent la forme des surfaces avec lesquelles ils sont en contact : on les appelle disques interarticulaires. Les autres, en forme de bourrelets plus ou moins saillants, existent autour de certaines cavités articulaires ; on les rencontre autour de la cavité cotyloïde de l’os coxal, autour de la cavité glénoïde de l’omoplate, etc. Ils ont une structure plus complexe que celle des cartilages proprement dits, et paraissent constitués par un mélange de tissu fibreux, de tissu cartilagineux et de tissu élastique. On y rencontre des vaisseaux et des nerfs.
Les cartilages sont insensibles; ils peuvent s’enflammer, se nécroser, se ramollir (V. Arthrite, Tumeur blanche. Rhumatisme, etc.).
D' Paül Labarthe.
CARTILAGINEUX. — (V. Cartilage.)
CARUS. — (V. Coma.)
CARVI. — Le carvi est une plante de la famille des Ombellifères, dont les semences, noirâtres, analogues à celles du fenouil et de Tanis, d’une saveur aromatique, chaude et sucrée, sont employées en Allemagne comme condiment dans la confection de la choucroute, et comme médicament carminatif en infusion. L
CASCARILLE. — La cascÆ,rille est l’écorce du eleutheria, de Swartz, arbre des Antilles et de divers pays de l’Amérique méridionale, appartenant à la famille des euphorbiacées. Cette écorce se présente dans le commerce en petits fragments roules de 3 à 5 centimètres de longueur et de l’épissem du petit doigt. Leur surface est rugueuse, teuiiletee, leur couleur d’un brun obscur, leur cassure rameuse. Ils ont une saveur amère, un peu acre, très aromatique, donnant à l’analyse de la resme, une huile volatile verte et suave, un principe amer mucilagineux.
DlCnONNAlBE POPULAIRE DE MÉDECINE USUELLE.
D’après la composition de cette écorce, on peut présumer à l’avance qu’elle est à la fois stimulante et tonique : aussi l’a-t-on vantée dans les affections asthéniques, les diarrhées, les catarrhes et même contre les fièvres intermittentes. Dans ces cas là, on employait la poudre soit seule à la dose de 2 à 10 grammes en plusieurs prises soit associée au quinquina. Il est reconnu aujourd’hui que ce fébrifuge n’a qu’une très faible action antipériodique. La tisane, le vin, l’eau distiUée, le sirop et la teinture sont encore plus rarement employés que la poudre. La cascarille est un succédané de la cannelle ; elle entre dans la composition de la plupart des élixirs stomachiques. D' Marc. Camboulives.
CASÉINE ou CASÉUM. — On appelle ainsi une substance organique, blanche, molle, analogue à l’albumine, sans saveur, faisant partie constituante du lait, dans lequel elle se trouve presque entièrement dissoute. C’est la caséine qui , après avoir été coagulée et séparée de la crème ainsi que du petit lait, constitue le fromage blanc ordinaire ; unie au beurre, elle forme les fromages gras. (V. Lait, Fromage). P p
CASSE. — La casse officinale est le frui‘ ou sim-
Fig. 221,
Casse. — Feuille ; fleur ; fruit coupé et fruit entier.
plement la pulpe du fruit du cassier ou canéficier du cassia fistula, grand arbre de la famille des lé-
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gumineuses, originaire de l’Ethiopie, très commun aujourd’iiui dans les Indes, l’Egypte et l’Amérique du Sud. Ce fruit est une gousse siliquiforme, pendante, étroite, cylindrique, longue de 30 à 60 centimètres, lisse, noire, indéhiscente, marquée d’une bande longitudinale sur chaque suture. On y trouve à l’intérieur un grand nombre de loges séparées par des cloisons transversales. Chaque loge renferme une graine arrondie, plate, dure, entourée ellemême d’une pulpe brun rougeâtre ayant une saveur acidulé, sucrée, assez agréable et une consistance qui approche de celle du miel.
Ces diverses parties de la gousse ont reçu en pharmacie des noms différents. Ainsi l’on appelle casse en bâtons, le fruit à son état naturel; casse en noyaux, le fruit raclé dont on a retiré la pulpe et les graines ; casse mondée, la pulpe séparée des graines et passée à travers un tamis de crin ; casse cuite, la pulpe cuite avec une certaine quantité de sucre.
La pulpe de casse est un laxatif doux qu’on emploie quelquefois dans les affections inflammatoires et fébriles, ainsi que dans les fièvres bilieuses et gastriques des pays chauds. Son goût agréable en fait un médicament précieux dans la médecine des enfants. Elle se prescrit généralement en infusion à la dose de :
Casse en gousse . 30 à 60 grammes,
Eau chaude . 500 à 1000 —
et se prépare de la manière suivante. On ouvre la gousse avec un maillet, on délaye la pulpe intérieure dans l’eau chaude et on passe à travers un blanchet ; cette tisane se prend par tasses dans la matinée.dans les fièvres éphémères, bilieuses, gastriques ou inflammatoires, comme tempérante et laxative. On prépare encore avec la casse un extrait que l’on fait prendre à la dose de 10 à 30 grammes en une seule fois. Enfin la casse entre dans le fameux traitement des frères de la Charité contre la colique des 'peintres (V. ce mot).
D*' Marc. Camboülives.
CASSIS. — Le cassis est le fruit du groseiller noir que l’on mange, en dessert, comme les groseilles blanches et rouges, et avec lequel on prépare une liqueur agréable dont voici la formule ;
Feuilles de cassis . 150 grammes
Cassis bien murs et mondés . 3 kilos
Cannelle . 3 grammes
Girofle . . . . . • . 2 —
Alcool à 56“. . . , . . 3 litres
Sucre. . . 1 kilo 300
Eau . 1 litre
On écrase les fruits de cassis et on les fait macérer avec les feuilles, la cannelle et le girofle, dans l’alcool pendant quinze jours; puis on passe avec expression, on ajoute l’eau et le sucre, on mêle et on filtre. Dans les ménages, on prépare simplement la liqueur de cassis en remplissant à demi une grande bouteille avec des fruits et le reste' d’eau-de-vie blanche, après y avoir ajouté un peu de sucre. On laisse infuser au soleü pendant deux mois, en agitant la
bouteille de temps à autre ; puis on presse et on passe. La liqueur de cassis, quelle que soit la formule adoptée, est d’un goût fin et délicat, stomachique, digestive, diurétique et carminative, qu’on boit pure et étendue d’eau.
Dans les campagnes, on applique les feuiUes vertes de cassis hachées sur les coupures et sur les panaris, pour en hâter la guérison. D' Paul Labarthe.
CASTERA-VERDUZAN (eaux minérales de). — Castera Verduzan est un petit village du département du Gers, situé à 22 kilomètres d’Auch, dans une jolie vallée, dont les eaux minérales sulfurées sodiques et ferrugineuses sont administrées en boisson, en bains et en douches dans un établissement élégant et confortable.
Parmi les affections qui se rencontrent surtout dans cette station, nous citerons la chlorose, l’anémie, les leucorrhées, les gastralgies et les gastrites chroniques, les catarrhes bronchiques et pulmonaires, les maladies de peau et les rhumatismes.
CASTORËUM. — Le castoréum est un produit oléo-résineux et fétide contenu dans les deux poches qui accompagnent les organes génitaux du castor, animal amphibie, un peu plus gros que le chat domestique. Ces deux poches se présentent dans le commerce sous l’aspect de deux masses piriformes, allongées, un peu comprimées latéralement, se réunissant ensemble par une anse plus étroite qui leur donne la forme d’une besace. A l’intérieur se trouve' disséminée dans les loges cellulaires, une matière brune ou jaunâtre, d’une odeur forte toute particulière, d’une saveur âcre et amère, c’est le castoréum proprement dit. Celui de Sibérie est plus estimé que celui du Canada; ils renferment tous deux une huile volatile, de la çastorine, de la résine, des matières albuminoïdes, des matières grasses et dés sels; ils sont insolubles dans l’eau, presque entièrement solubles dans l’alcool ainsi que dans l’éther. Introduits dans les voies digestives et absorbés, ils agissent à peu près comme l’asa-fœtida et la valériane en calmant la surexcitation morbide du système nerveux et sont ensuite expulsés au dehors avec les diverses sécrétions.
Plus souvent employé autrefois, le castoréum est un peu délaissé maintenant à cause de son action incertaine. Il se donne pourtant encore assez souvent dans l’hystérie, l’hypochondrie, les palpitations nerveuses, le hoquet convulsif et dans un certain nombre de maladies spasmodiques fébriles ou non fébriles. Mais il est surtout indiqué dans l’aménorrhée s’accompagnant de gonflement douloureux et tympanique du ventre, dans les coliques nerveuses dont le point de départ vient de l’intestin grêle et dans le travail pénible de l’enfantement. Le castoréum est même devenu un remède populaire dans le nord de l’Europe et de l’Amérique pour faciliter l’accouchement, calmer la violence des tranchées utérines, expulser le placenta.
On le fait prendre en poudre ou en teinture, rarement seul à cause de sa faible valeur thérapeutique, le plus souvent associé a l’opium, au camphre, à la valériane, à l’oxyde de zinc ou à d’autres substances
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qui relèvent ses propriétés antispasmodiques. Les doses sont à peu près les memes que celles de 1 asa*
Pig. 222.
Appareil du Castoréum. — a, a. Uretères, —è. Vessie. — c,c. Testicules. — d, d. Canaux déférents. — e, e. Vésicules séminales. — f, f. Glandes de Cooper. — g. Prostate. — h. Fourreau de la verge où viennent s’ouvrir les poclies du castoréum. — i. Verge. — fc, k. Poches où se dépose le castoréum. — /. Ouverture du prépuce dans le cloaque anal. — m, m. Glandes anales. — n, ». Orifice des glandes anales. — o. Anus. — p. Queue.
fœtida. La potion suivante dont la formule est empruntée au Codex :
Teinture de castoréum . 2 grammes.
Eau distillée de valériane . . . 60 —
Eau distillée de fleur d’oranger. ... 60 —
Éther sulfurique . 4 —
Sirop d’armoise composé . 30 —
à prendre par cuillerée toutes les heures, est la préparation la plus employée. Le castoréum entre ^ns la composition de la thériaque et des pilules e cynoglosse. Dr marc. Comboduves.
CASTRATION. — La castration est une opération a pour but l’amputation des deux testicules, ar extension, on a donné ce nom à l’ablation d’un sem de ces organes, et, en médecine légale, ainsi OJI le verra plus bas, on appelle castration l’ablation (1 un organe quelconque nécessaire à l’accompbssementdes foncüons génératrices.
La castration peut être le résultat d’accidents, de
CAS 347
plaies ou d’arrachement complet du testicule. On trouve dans les ouvrages de chirurgie d’armée, des observations de soldats qui ont eu la verge et les testicules emportés par un boulet.
Le fanatisme religieux, la jalousie, la vengeance, ont souvent armé des mains coupables ou porté des individus à se mutiler eux-mêmes. Tout le monde a présent à l’esprit le cas du fameux docteur de l’égbse, Origène, qui dans son exaltation mystique et pour se conformer aux paroles de l’évangile : « Si votre œil droit est pour vous une occasion de chute, arracbez-le et jetez loin de vous. » s’enleva les testicules. Nous savons aussi qu’il a existé une secte de chrétiens, connue sous le nom de Valériens, qui non seulement pratiquaient sur eux-mêmes la castration pour gagner le ciel, mais qui, dans leur fanatisme, mutilaient de la même façon, de gré ou de force, ceux qui tombaient sous leurs mains. La terrible vengeance du chanoine Fulbert sur l’infortuné Abeilard est dans toutes les mémoires.
Fig. 223,
Castration. — Ligature en masse du cordon.
Nous ne parlerons que pour mémoire des Italiens qui, pendant de longs siècles, pratiquèrent la castration sur de jeunes enfants, dans un but d’art et de luxe, pour donner à leur voix la douceur et la suavité de la voix de femme, avec uné^plus'^grânde étendue et un développement plus parfait; non plus que de la castration des hommes destinés à garder les femmes dans les sérails de l’Orient (V. Eunuque).
Enfin nous jetterons un voile sur ces opérateurs ignorants qui, au siècle dernier, parcouraient les campagnes et prétendaient guérir et prévenir les hernies par la castration, et contre lesquels plusieurs édits royaux furent lancés, grâce aux instances de l’iUustre chirurgien Vicq-d’Azir.
La castration, chirurgicalement parlant, est une opération qui n’est employée que pour enlever un testicule cancéreux ou tuberculeux. On peut la pratiquer avec le bistouri, avec l’écraseur linéaire ou avec l’anse galvanique. Généralement, c’est avec le bistouri qu’on opère. Le chirurgien, après avoir tendu le scrotum entre le pouce et l’index de la
main gauche, pratique, avec le bistouri qu’il tient de la main droite, une incision s’étendant d’ordinaire de l’orifice inguinal à la partie inférieure du scrotum; puis il divise successivement toutes les enveloppes du testicule.
Une fois sur le testicule, il le dégage en disséquant avec le bistouri ou une spatule les adhérences que la maladie peut lui avoir fait contracter ; il fait la ligature en masse du cordon, et le coupe au-dessous de la ligature avec un bistouri ou des ciseaux. La castration n’est pas regardée comme une opération dangereuse, et d’après le chirurgien anglais Curling, rarement elle se termine d’une manière fatale (V. Testicule). D-- Paul Labarthe.
Médecine légale. — Et d’abord voici les principaux articles du Code :
Code pénal, Art. 316. — Toute personne coupable du crime de castration subira la peine des travaux foi cés a perpétuité. . Si la mort en est résulté avant l’expiration des quarante jours qui auront suivi le crime, le coupable subira la peine de mort.
Art. 12o. — Le crime de castration, s’il a été immédiatement provoqué par un outrage violent à la pudeur, sera considéré comme meurtre ou blessures excusables (V. Blessures).
Le crime de castration existe chaque fois qu’il y a amputation, non seulement des testicules, mais encore d un organe quelconque nécessaire à l’accomplissement des fonctions génératrices (arrêt de la Cour de cassation, sept. 18U). L’amputation seule de la verge serait donc suffisante pour constituer le crime. Cette mutilation est assez rare aujourdhui, en tant que tentative criminelle, et ne s observe guère que comme acte de folie, de jalousie ou de fanatisme. Chez la femme, la castration est constituée par l’enlèvement des ovaires, et ne semble pas devoir prendre place parmi les tentatives criminelles visees par la loi. D^A.Ldtaud.
CATALEPSIE. — Sous ce nom, on désigne un atîection nerveuse dans laquelle on observe,— outi une perte complète ou simplement partielle de l’ii telligence et de la sensibilité,— l’abolition des moi wments volontaires, avec cette particularité que h membres demeurent immobiles dans la positio lA, 1 ^ au début de l’accès ou dans celle qu’c
se faire une idée ass( exacte de 1 aspect des malades frappés de catalepsi lA malheureux pétrifiés à l’aspect i
Av.,, ® ® Meduse, selon la fable, ou aux page ecuyers, dames d’honneur et autres, immobilisa uans la position où ils se trouvait, par la baguet Belle au bois dormant, avi cette différence que les cataleptiques ne dorme: pas d ordinaire, et qu’en moins d’une heure, dai ta plupart des cas, souvent beaucoup plus vite, l’a tion de la pesanteur reprend ses droits sur les mer bres immobilisés.
^ Les accès intermittents qui constituent cet étrange affection surviennent presque toujours bru quement. C’est ainsi que Boerhaave rapporte l’hi toire d’un individu atteint dans le moment où il r conduisait son médecin; Lafaille, celle de dei Cordeliers qui demeurèrent tout à coup immobil et comme foudroyés à la messe au moment du co
summatum est. En dépit de ces deux exemples typj. ques et toujours cités, c’est surtout chez les femmes que l’on observe la catalepsie, et, disons-le de suite dans l’immense majorité des cas, chez des femmes hystériques. C’est surtout chez celles-ci qu’on a signalé quelquefois des prodromes, parfaitement insignifiants d’ailleurs, consistant dans des bâillements, des vertiges, des maux de tête et — ce qui est le comble de la banalité quand il s’agit de femmes plus ou moins hystériques, — de la « mauvaise humeur » !
Presque toujours l’accès de catalepsie éclate subitement. Le malade, quelquefois sous le coup d’une grande frayeur, dans beaucoup de cas, sans cause déterminante appréciable, demeure immobile, sans regard et sans voix. Si l’on saisit un membre, qu’on le fléchisse ou qu’on le tende, qu’on le torde en un sens quelconque, il obéit avec la plus grande facilité et demeure immobile dans la situation où on l’a laissé; il semble que l’on malaxe de la cire molle {Jlexibilitas cerea). Yoila mouvements. — hÿ.
sensibilité est aussi altérée ; il peut y avoir insensibilité au toucher (anesthésie) et même à la douleur (analgésie) (V. ces mots). L’irritabilité reflexe est considérablement diminuée. — V intelligence, par; fois suspendue, est conservée le plus souvent : le malade entend, comprend, mais se trouve dans l’impossibilité d’agir, à moins qu’on ne lui communique l’impulsion initiale. Ajoutons que la respiration est inégale et ralentie, le pouls petit et moins fréquent ; la température peut s’abaisser notablement. L’évacuation des urines et des matières fécales est parfois retardée; la déglutition s’opère bien, pourvu que l’on ait soin d’introduire le bol alimentaire profondément dans le pharynx..
L’attaque se termine ordinairement en quelques minutes. Exceptionnellement on l’a vu durer des heures et même des jours ; mais ces derniers cas, d’ailleurs presque toujours compliqués, sont extrêmement rares. Il est plus fréquent d’observer des accès composés, se prolongeant pendant plusieurs jours, avec rémissions plus ou moins fréquentes. La fin de l’attaque est annoncée par des bâillements ; le malade se détire comme s’il sortait d’un profond sommeil et se plaint d’un peu de courbature. Il peut conserver quelque souvenir de l’accès, dans le cas où la connaissance n’était pas tout à fait abolie.
Les causes de la catalepsie seront difficiles à déterminer si l’on y veut trop de précision ; mais, de même que l’on arrive de l’aliéné à l’homme sain d’esprit en passant par des transitions insensibles, de même des phénomènes comme ceux-là peuvent se rencontrer chez tous les individus doués d’une extrême susceptibilité sous le rapport du système nerveux, depuis les malades sous le coup d’états pathologiques bien déterminés jusqu’aux sujets à tempérament nerveux prononcé. L’hystérie joue ici le principal rôle et avec elle toutes les causes qui la déterminent, émotions violentes, troubles psychiques variés, etc. Dans cet ordre d’idées, il faut citer en première ligne l’excitation cérébrale provoquée par les pratiques superstitieuses et le fanatisme.
On lira sans doute avec intérêt le récit du cas suivant, emprunté à la triste affaire des Ursulines de Loudun, récit dans lequel les symptômes caracté-
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ristiques de la catalepsie et, entre autres, la Jlexibilitas cerea sont décrits avec une précision parfaite. L’auteur de la relation dit que « Monsienr étant venu aux Ursulines l’après-dînée de ce même jour, on exorcisa cette religieuse (sœur Claire de Suzilly) en sa présence; que le démon, l’ennemi dela\ierge, parut, selon le commandement que lui en fit le père Elizéo, capucin, son exorciste ordinaire ; qu’il l’assoupit et la rendit souple et maniable comme une lame de plomb ; que l’exorciste lui plia ensuite le corps de diverses façons, en arrière et en avant et des deux côtés, en sorte qu’elle touchait presque la terre de la tête, et le démon la retenait dans la posture où elle avait été mise, jusqu’à ce qu’on la changeât... qu’eUe était presque insensible, puisque le père lui prit la peau du bras et la perça d’outre en outre avec une épingle sans qu’il sortît une goutte de sang ou que la fille en fit paraître aucun sentiment ; que Sabulon parut ensuite, qu’il la roula par la chapelle et lui fit faire diverses contorsions et tremblements....; qu’il lui fit après cela une extension des jambes en travers qui fut telle, qu’elle touchait du périnée contre terre ; que pendant qu’eUe était dans cette posture, l’exorciste lui fit tenir le tronc du corps droit et joindre les mains; que Sabulon, conjuré d’adorer le Saint-Sacrement, fit quelque résistance, etc. >j {Histoire des diables de Lou^ dun, Amsterdam, 1740, p. 331). Entendez que cet étonnant « Sabulon » est un diable qui s’est fourré dans le corps de la supérieure des Ursulines. Les annales de la science n’offrent pas d’observation de catalepsie plus caractéristique que celle de cette malheureuse possédée.
Il faut encore citer parmi les causes plus rares,, la chorée, la mélancolie, la manie ; la catalepsie est souvent associée avec l’extase. La catalepsie partielle a été observée, selon Rosenthal, à la suite des fièvres paludéennes, du typhus, de l’anesthésie par le chloroforme et l’éther. Les femmes sont surtout atteintes.
Enfin, les belles expériences de M. Charcot ont démontré que , l’hypnotisme pouvait faire naître l’état cataleptique chez les hystériques. {Comptes rendus de l’Académie des sciences, février 1882). Le célèbre professeur a rendu un immense service en déterminant les conditions scientifiques et expérimentales de ces phénomènes étranges, exploités de tout temps par tous les charlatans, religieux, magnétiseurs et autres, pour leur plus grand avantage personnel, au détriment du public, toujours naïf et toujours trompé.
Quant à la théorie des phénomènes cataleptiques, les expériences de Schiff et de Goltz, rapprochées des lésions trouvées dans deux cas par Schwarz et Meissner, et de l’ensemble des faits cliniques, ont perniis à M. .Rosenthal de la construire d’une façon satistaisante. La nature de cet article aussi bien que 1 esp^e hmité ne permettent pas de l’exposer
ans ses deteils ; j’indiquerai seulement que, dans
cas û un ébranlement considérable de l’influx nerveux, rendant difficile, sinon impossible la trans-
ission par les voies ordinaires, des ordres de la vo on e partis de la substance corticale du cerveau pour .gagner les racines antérieures des nerfs, on comprend très bien que le sujet demeure immobile
dans la position où l’attaque l’a surpris. De plus, ici, comme dans tous les cas de suppression de la volonté, les reflexes (voy. ce mot) s’exagèrent ; dans ces conditions, les mouvements que l’on imprime aux membres provoquent immédiatement la contraction reflexe des muscles qui, toujours en raison de la suppression de la volonté, demeurent dans l’état où on les laisse. Naturellement, il y a de plus une exagération du tonus musculaire, suffisamment expliquée par le trouble existant dans le centre d’innervation.
La catalepsie se distinguera toujours assez facilement par la possibilité de fixer les membres dans les positions les plus étranges et en dépit de la pesanteur. La « mort apparente » qui peut en résulter ne peut donc pas être confondue avec la mort réelle — sans compter que dans la catalepsie il y a persistance des bruits du cœur, — et c’est seulement en raison de la plus crasse ignorance qu’on pourrait observer l’inhumation de cataleptiques encore en vie. Il est vrai que la « crasse ignorance » est toujours la plaie saignante dans plus d’une bourgade civibsée, ou considérée comme telle. Le pronostic est relativement peu grave dans la catalepsie simple sans hystérie ; par malheur, il s’agit presque toujours d’une complication de la forme la plus grave de cette affection.
Le traitement, d’une façon générale, est celui de l’hystérie. Quant à l’attaque en elle-même; il faut d’abord coucher la malade dans la position la plus commode et attendre. Au bout de quelques minutes, l’accès persistant, on essaiera d’y mettre fin par des aspersions d’eau froide, par l’électricité, les sinapismes, quelquefois par des frictions douces, etc. Dans les cas de longue durée, on alimentera le sujet à l’aide de la sonde œsophagienne (Voyez Hypnotisme, Hystérie). A. Regnard.
CATAPLASMES. — Sous le nom de cataplasmes on désigne des préparations de la consistance d’une bouillie épaisse, ayant l’eau ou le lait pour excipient et pour base de la farine, des poudres ou des pulpes végétales. On peut les employer seuls ou arrosés de substances médicamenteuses, telles que l’huile, l’extrait de Saturne, le laudanum. Quelquefois on enduit la partie douloureuse d’un corps gras : cérat, pommade, onguent ou liminent, avant leur application. D’autres fois on incorpore à la farine de lin réduite en bouillie une autre substance qui en modifie les propriétés : poudre de ciguë, farine de moutarde, pulpes d’ail, de lis, d’oignon, etc.
De toutes les substances qui peuvent servir à la confection d’un cataplasme, la farine de lin est sans contredit la plus employée. EUe mérite de l’être parce qu’elle est la seule qui contienne à la fois de l’huile mêlée à une grande quantité de matière mucilagineuse; la fécule de pomme de terre, la mie de pain, le son, le riz, la pulpe de pommes cuites, les plantes émollientes bouillies, ne présentent pas autant d’avantages et ne s’appliquent qu’à un petit nombre de conditions morbides. Du reste, la préparation d’un cataplasme avec ces diverses substances est pour toutes à peu près la même. Si nous prenons comme exemple le cataplasme à la farine de lin, nous verrons qu’il peut se préparer par deux
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procédés différents : tantôt on verse l’eau bouillante sur la farine et l’on agite jusqu’à ce que la bouillie ait acquis une consistance convenable; tantôt on délaie la farine avec de l’eau froide et on fait cuire sur le feu en remuant continueUement, jusqu’à ce que la masse soit suffisamment bien liee. Dans tous les cas, il faut que la farine soit fraîche, ou récemment broyée, car la farine vieille fermente, et, au lieu d’agir comme émollient, elle détermine une éruption de petits boutons à la surface cutanée. Le même effet se produirait encore si on laissait le cataplasme appliqué sur le meme point pendant trop longtemps. En moyenne, un agent de cette nature doit être renpuvelé toutes les deux ou trois heures ; on évite par ce moyen qu il ne se refroidisse en certains endroits, ne se dessèche sur d’autres et ne produise une action contraire à celle qu’il eût été nécessaire d’obtenir.
Quand la bouillie est préparée et qu’elle n’est ni molle ni dure, on la verse sur un carré de linge un peu plus grand que le cataplasme que l’on veut faire, on l’étend avec une palette de manière à lui donner l’épaisseur d’une couche de deux centimètres environ, puis on relève les bords du linge, on les plie sur la pâte, on recouvre cêlle-ci d’un morceau de gaze ou on la laisse à nu, et le cataplasme est terminé. 11 ne faut jamais mettre la bouillie entre les replis d’une serviette, d’un mouchoir, tissu quelconque qui ne serait pas suffisamment fin, le suc de la composition cataplasmique ne filtrerait pas assez et l’effet désiré ne serait pas atteint. Après cela, on applique le cataplasme , sur la région malade, en ayant pris la précaution de le faire plus grand que ne l’est l’étendue du mal pour mieux en arrêter le progrès. Si on le recouvre ensuite d’un carré de flanelle, d’un morceau de taffetas gommé, d’une compresse et d’une bande de manière à ce que l’air ne pénètre pas et que l’appareil soit maintenu à une température constante on peut le laisser en place sans qu’il se dessèche ou s’aigrisse pendant douze heures, sinon il faut le changer, comme je l’ai dit, beaucoup plus souvent.
Les cataplasmes se préparent dans les maisons particulières, le pharmacien n’a qu’à servir les farines, lès poudres, les extraits, les sels, les huiles, les alcolats, les vins, les teintures dont le médecin a indiqué le mode d’emploi, soit qu’on doive les étendre à la surface, soit qu’on doive les incorporer à la masse. Règle générale, les poudres seront délayées dans une eau mucilagineuse, comme les infusions ou les décoctions de mauve, de guimauve, de lin, de bouillon blanc, la pâte sera mieux liée, plus émolliente, plus onctueuse et maintiendra plus longtemps sur son point d’application un bain d’humidité efficace. Les cataplasmes seront appliqués tîèdes dans la grande majorité des cas; trop chauds, ils produiraient des effets irritants et révulsifs qu’il est bon presque toujours d’éviter, à moins d’indication spéciale.
Les cataplasmes sont émollients avec la farine de lin, la fécule de pomme de terre, la pomme cuite; calmants, avec la poudre de ciguë, les feuilles de belladone, de jusquiame, les décoctions de pavot, de morelle, les arrosages de laudanum, de teinture d’opium, de baume tranquille; ma-
turatifs, avec la pulpe d’oignon de lis, avec les onguents de la mère, basilicum et styrax ; résolutifs, avec les arrosages d’eau blanche, d’eau-de-vie camphrée, d’eau de sureau sur un cataplasme ordi. naire; astringents, avec les feuilles de ronces, de roses de Provins cuites et appliquées à froid, avec les poudres de tannin, d’alun, de ratanhia.
D' Marc. Cambodlives.
CATAPLASME HAMILTON. - (Voyez ^miZfon.)
CATARACTE. — En ophtalmologie, on désigne sous ce nom l’opacité du cristallin (Voy. ce mot). Le cristallin constitué par un assemblage de fibres d’une nature particulière, transparentes, douées d’une certaine élasticité, se présente sous la forme d’une lentille de 10 millimètres de diamètre chez l’adulte et d’une épaisseur de 5 millimètres en¬
Fig. 224.
Coupe antéro-postérieure de l’œil. — 1, Sclérotique divisée, dont les lambeaux sont écartés. — 2. Coupe antéro-postérieure du cristallin. — 3. Coupe de l’iris. — i. Canal de Schlemm. — 5. Procès ciliaires choroïdiens. — 6.6. Yasa vorticosa de la choroïde. — 7. Muscle ciliaire. — 8. Nerfs ciliaires. — 9. Rétine. — 10. Corps vitré. — 11. Cristallin.
viron. Cette lentille qui, grâce à son élasticité, peut, sous les efforts de certains muscles de l’œil, se gonfler ou s’aplatir et ainsi s’accommoder à la vision des objets rapprochés ou éloignés à la façon d’une lunette, est contenue dans une enveloppe absolument transparente, vitreuse et très élastique, de telle sorte qu’à peine déchirée, elle se rétracte en faisant une plaie de plus en plus grande. Le cristallin est suspendu à l’union du tiers antérieur du globe avec les deux tiers postérieurs,, au moyen d’un ligament très fin disposé en forme de collerette, (zone de Zinn) autour du cristallin. Il repose en arrière sur le corps vitré, et en avant il est au contact de l’humeur aqueuse et très rapproché de la face postérieure de l’iris, de sorte que, dès que l’humeur aqueuse s’est écoulée, le cristallin est refoulé en avant, et il vient s’appliquer immédiatement contre la face postérieure de l’iris et médiatement
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contre la face postérieure ou profonde delà cornée.
Variétés des cataractes. — L’opacité du cristallin qui est due à une sorte de dégénérescence (régression graisseuse; de ses fibres, reconnaît plusieurs causes qui sont : 1“ la sénilité ; 2° les lésions intérienres du globe, telles que les maladies de l’iris, du corps Titré, de la rétine, de la choroïde, le glaucome (V. ce mot), etc.; 3“ les altérations constitutionnelles, telles que le diabète, l’albuminurie, etc.; 4“ les traumatismes ou blessures de l’œü. Sous le rapport des causes, on peut donc classer les cataractes en sénües ou primitives, en consécutives, en constitutionnelles et en traumatiques.
En les envisageant au point de vue de leur nature ou constitution, on les classe en cataractes dures, demi-molles, molles, liquides. La masse des fibres semble-t-elle seule altérée, on dit que la cataracte est lenticulaire; la cristalloïde ou enveloppe paraît-elle présenter elle-même des altérations, on dit que la cataracte Q^X capsulo-lenticulaire.
En se plaçant au point de vue du siège de l’opacité, on distingue les cataractes nucléaires, dans lesquelles le noyau seul est pris; les cataractes corticales ou périphériques, dans lesquelles la couche la plus externe des fibres est seule ou presque seule envahie ; les cataractes zonulaires, dans lesquelles l’opacité occupe seulement quelques couches du cristallin, les plus rapprochées du noyau et la cataracte nucléaire pyramidale, dans laquelle l’opacité se présente sous l’aspect d’un petit noyau bien délimité, quelquefois très petit, avec un petit dépôt opaque saillant en forme de pyramide sur la cristalloïde. Enfin on désigne encore la cataracte polaire antérieure et la cataracte polaire postérieure, suivant que c’est le pôle antérieur ou le pôle postérieur du cristallin qui est le plus envahi.
Pour finir, il faut encore signaler la cataracte noire, dans laquelle le cristallin prend, sous l’influence d’une infiltration de l’hématine ou principe colorant du sang, une couleur acajou foncé, et la cataracte burséolée, ou en forme de poche, constituée par la cristalloïde, contenant les masses corticales ramollies et même liquides au milieu desquelles flotte parfois le noyau atrophié et dur.
Toutes ces désignations ne sont point une simple curiosité scientifique ; elles caractérisent des cataractes bien définies qu’il importe de connaître, car chacune d’elles ou tout au moins certains groupes d’entre elles exigeront une opération spéciale qui s appliquera mieux à leur nature ou à leur volume.
Par quels signes se manifestent les cataractes? — Les signes fournis par les cataractes au début sont peu accentués, et un malade peut rester longtemps sans se douter que son cristallin s’altère. Les premers effets sont la diminution de l’acuité visuelle pour les objets éloignés, et cela s’explique ail’arrêt des rayons lumineux par les opaci es de la lentille. Si le regard se porte sur une surace uniformément éclairée, comme la voûte des cieux, le cataracté aperçoit des taches grisâtres qui ^u a peu deviennent des corps plus ou moins bien ûetois (^oiqu’à forme irrégulière. Les malades voient généralement mieux le soir qu’en plein jour; cela tient à ce que le centre du cristallin étant habiuellement pris le premier, quand la pupille est ré¬
trécie sous l’influence lumineuse, les rayons ne peuvent plus arriver jusqu’à la rétine. C’est le contraire qui se présente dans la cataracte périphérique, car plus la pupille est rétrécie et plus la portion du cristallin traversée par les rayons lumineux est transparente.
Pour terminer l’énumération des troubles de la vision accusés par les malades, citons la polyopie ou vision multiple des objets, phénomène dû à ce que la pupille se trouve partagée en plusieurs parties par la présence de rayons opaques siégeant dans le cristallin; mais peu à peu, à mesure que l’opacité progresse, les objets ne sont plus vus qu’au travers d’un voile de plus en plus épais, par conséquent les sensations du début disparaissent pour faire place à une perte de la vision qui n’est cependant jamais absolue si aucune lésion du fond de l’œil ne vient compliquer la cataracte. Les malades gardent toujours la sensation lumineuse, et ils ont toujours conscience que c’est en fuyant l’action directe de la vive lumière sur leur pupille qu’ils perçoivent le moins mal les gros objets. Avant que l’ophtalmologiste eut à sa disposition les moyens d’investigation dont il nous reste à parler, on attachait une grande importance à l’attitude des cataractés qui fuient la lumière, et on tirait de ce symptôme un signe distinctif entre le cataracté et. l’amaurotique dont les. yeux dirigés en haut semblent chercher l’éclat du jour.
Comment arrive-t-on à préciser la nature, le siège, l’origine et l’étendue d’une cataracte? — Si les renseignements fournis par le malade sont presque nuis au point de vue du diagnostic de la nature de la cataracte, de son siège, de son origine, de son étendue, l’examen direct permet de préciser tous ces points. Sans parler de l’état de la pu-, pille, qui chez les personnes atteintes de cataracte complète est extrêmement blanche, je ferai connaître le moyen de diagnostiquer les moindres lésions du cristallin. On se sert pour çela de l’éclairage oblique et de l’éclairage direct. L’éclairage oblique s’obtient au moyen d’une lentille convergente à l’aide de laquelle on concentre les rayons d’un foyer lumineux, lampe, bec de gaz, bougie, etc., pour les diriger sur la pupille. Sous l’influence de cet éclairage que l’on fait varier en déplaçant dans divers sens la lentille, on voit la pupille se dilater ou se contracter, ce qui permet d’apprécier le degré de liberté plus ou moins absolue de la pupille. C’est ainsi que l’on reconnaît les cataractes compliquées de synéchies postérieures ou adhérences de la capsule cristallinienne avec l’iris. Les détails de la cataracte apparaissent également avec une netteté qui ne laisse rien à désirer : le siège, la forme, la consistance de l’opacité peuvent être analysés et définis avec une admirable précision. La cataracte dure se montre avec une teinte ambrée et grisâtre caractéristique. La chambre antérieure est-elle en même temps peu profonde, l’iris est- il assez plat, cela démontre que s’ü y a déjà eu résorption d’une portion des masses corticales, le noyau en sera d’autant plus ferme, et que l’on devra dans le cas d’extraction, compter sur une incision large pour la sortie facile du cristallin sans qu’il contusionne les bords de la plaie. Si la cataracte apparaît au con-
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traire d’un blanc nacré avec des reflets correspondants à des rayons de la lentille, c’est qu’elle est demi-molle, à savoir que les masses corticales sont fortement imbibées par l’humeur aqueuse, qu’eUes ont, pour ainsi dire, augmenté de volume, qu’eUes distendent outre mesure la capsule du cristallin ; c’est du reste ce qui ressort de l’examen de la chambre antérieure qui est moins profonde, attendu que l’iris est refoulé en avant par le volume du cristallin et qu’il vient bomber dans la chambre antérieure. Ce signe indique à l’opérateur que le cristallin étant volumineux, il lui faudra également une large porte de sortie lors de l’extraction ; mais que cette fois U pourra compter sur des niasses corticales nombreuses, qui devront attirer spécialenient son attention immédiatement après l’extraction, afin de les expulser aussi complètement que possible, pour éviter plus tard la cataracte secondaire qui est constituée par des masses restées dans les débris de la capsule laquelle, en vertu de son élasticité, se recroqueville en emprisonnant les fibres qui sont restées adhérentes.
Si la cataracte est uniformément blanche comme du lait, eUe est alors liquide et l’opération ne sera plus faite par le procédé de l’extraction. Cette cataracte ne se rencontre que sur de jeunes sujets ; passé l’adolescence, il est bien rare de l’observer.
Quand l’examen montre une opacité d’un blanc crayeux, avec une chambre antérieure parfois profonde et un tremblement de l’iris, il y a lieu de porter le diagnostic de cataracte capsulo-lenticulaire, aride-siliqueuse, suivant l’expression des vieux auteurs. C’est dans ces cataractes que l’on voit parfois le noyau se déplacer dans la masse liquide chaque fois que l’œil est mis en mouvement.
• Ces cataractes ont, en général, subi un degré plus ou moins avancé de régression ; elles sont souvent atrophiées, souvent même elles ne sont plus immobilisées par la zone de Zinn. Elles relèvent alors d’un mode opératoire qui donne dans ces circonstances des résultats supérieurs à tout autre : l’extraction dans la capsule.
Par l’éclairage oblique on reconnaît très facilement la cataracte dite noire, mais à vrai dire fortement colorée en brun acajou, aux stries qu’elle présente et qui empêchent de la confondre avec une autre maladie du fond de l’œil entraînant la cécité.
Que la cataracte soit zonulaire, pyramidale, polaire antérieure, polaire postérieure, corticale, périphérique ou nucléaire, l’examen à l’éclairage oblique permettra de l’établir d’une façon précise.
L’éclairage direct rend également de "grands services dans le diagnostic de la cataracte, surtout lorsque l’éclairage oblique n’a rien révélé, c’est-à-dire dans le cas d’opacités cristalliniennes très limitées et encore peu accusées. La lumière projetée obliquement par la lentille n’est point arrêtée par ces opacités et celles-ci passent inaperçues, tandis que par l’éclairage direct que l’on obtient en dirigeant la lumière d’une lampe sur la pupille avec le miroir à ophtalmoscope, principalement le miroir plan, on voit toutes les opacités du cristallin se détacher en noir sur le fond rouge de la pupille. Cet examen donne toujours dans l’œil du cataracté
une sensation lumineuse très appréciable, si toutefois le fond de l’œil ne présente pas une aliél ration telle que le décollement rétinien ou l’atro'. phie rétino-choroïdienne, qui rendent impossible toute perception lumineuse.
Pour pratiquer ces examens complets de la cataracte, il est indispensable de dilater préalablement la pupille par l’instillation d’un collyre d’atropinede cette façon on s’assure de la liberté de l’iris, de la situation et de l’étendue exacte des opacités et l’on peut même le plus souvent reconnaître l’état du fond de l’œil au moyen de l’ophtalmoscope ; car il arrive bien rarement que les deux yeux soient également cataractés et que l’on ne puisse pas, sur l’un d’eux faire pénétrer assez de, rayons lumineux pour apercevoir la papille et établir par induction s’il n’existe ni ramollissement du corps vitré, ni scléro-choroïdite postérieure, conditions qui exposent, lors de l’opération, à une perte partielle du corps vitré.
Quelles sont les causes des cataractes ? — Nous connaissons encore bien peu de choses sur l’étiologie de la cataracte. Les hommes en sont plus fréquemment atteints que les femmes ; les deux yeux sont également affectés et cependant, ainsi que nous l’avons déjà dit, ils sont rarement arrivés ensemble au même degré d’opacité. Mais ce qui ne laisse aucun doute dans l’esprit des ophtalmologistes, c’est l’influence de l’hérédité. Les maladies générales qui altèrent la constitution et modifient la nature du sang, sont une des causes de la cataracte et en hâtent le développement. Le diabète phosphatique ou sucré, l’albuminurie produisent en quelques mois des cataractes complètes. La sénilité paraît dans la majorité des circonstances être le point de départ de la régression des fibres cristalliniennes qui conduit à la cataracte. Cependant on rencontre très fréquemment des cataractes chez le nouveau-né. Dans ce cas, elles sont dues à un arrêt de développement pendant la vie intra-utérine.
Certaines cataractes sont intimement liées à des maladies des membranes profondes de l’œil : c’est ainsi qu’on reconnaît des cataractes choroïdiennes qui se manifestent par des opacités siégeant au pôle postérieur du cristallin ou au pourtour de son limbe ou équateur. L’origine traumatique est évidente dans bien des circonstances, non seulement lorsqu’un corps étranger pénétrant dans le globe vient ouvrir la capsule et mettre les fibres du cristallin au contact de l’humeur aqueuse qui les gonfle en leur faisant perdre leur transparence ; mais alors même qu’il n’a pas eu plaie de la cristalloïde, on voit parfois, à la suite d’une chute, d’un choc, une cataracte se développer, sans que la zone de Zinn ait été non plus rompue.
Certaines professions qui exigent une application très prolongée de la vue ou qui exposent l’œil à un feu ardent et très vif, telles que celle du forgeron, du verrier, du cuisinier, semblent prédisposer au développement de la cataracte.
Quelle est la marche de la cataracte? — marche de la cataracte est très variable; tandis que la cataracte sénile, nucléaire ou dure met des années à se développer, la cataracte demi-molle a une marche beaucoup plus rapide; mais, ainsi que nous l’avons dit, si elle est sous la dépendance
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d’un diabète phosphatique ou sucré, de l’albuminurie, il suffit souvent de quelques semaines, tout au plus de quelques mois, pour la voir arriver à sa complète maturité. La cataracte congénitale ou pyramidale reste généralement sans modification bien, sensible jusqu’à ce que le malade ait dépassé la quarantaine. Celles qui ont pour origine le traumatisme ont une marche rapide. Si la cristalloïde a été ouverte, souvent la lentille est totalement opaque en quarante-huit heures; parfois aussi, l’opacité reste limitée à une faible partie de la lentille ; ces cas sont rares ; cependant, j’ai eu l’occasion de les observer plusieurs fois. Plus les cataractes sont anciennes et plus elles ont eu le temps de résorber leurs masses corticales ; moins dans ces conditions, elles sont épaisses et plus eUes sont dures ; c’est cet état que l’on recherchait autrefoispour pratiquer les opérations. Aujourd’hui que les procédés opératoires ont été considérablement perfectionnés, il n’y a plus lieu de s’arrêter devant la présence de nombreuses masses corticales, mais bien de faire choix d’un procédé opératoire rationnel et en rapport avec la nature de la cataracte.
Quel doit-être le traitement de la cataracte ? —
Le TRAITEMENT MÉDICAL de la Cataracte n’existe pas en réalité. Dans l’état actuel de nos connaissances, aucun agent thérapeutique n’est capable de rendre aux fibres du cristallin dégénérées leur transparence primitive. Si des observateurs sérieux ont parfois rencontré des cataractés chez lesquels la vue s’était améliorée, cela tient à ce que l’opacité du cristallin était sous la dépendance d’une maladie de la choroïde ou de l’iris et que, celle-ci guérie, la lentille a recouvré une portion de sa transparence, ou bien à ce que, comme je l’ai dit plus haut, les masses corticales se sont peu à peu résorbées ne laissant plus que le noyau ambré qui permet encore le passage des rayons lumineux, ou bien encore il y a lieu de supposer qu’il y a eu luxation de la cataracte. Enfin, je ne cite que pour mémoire les erreurs de diagnostic qui peuvent faire prendre pour une véritable cataracte ce que l’on appelle une fausse cataracte, c’est-à-dire des dépôts inflammatoires sur la capsule qui sont souvent résorbés par une médication appropriée.
Le seul traitement rationnel de la cataracte est le TRAITEMENT CHIRURGICAL; mais, ainsi que nous l’avons fait remarquer déjà à plusieurs reprises, le talent du chirurgien est moins de pratiquer habilement une opération, ce à quoi on peut toujours arriver, que de faire un choix rationnel de la méthode à laquelle on devra avoir recours dans un cas donné.
Il spste, en effet, plusieurs procédés d’opération ^’il importe de bien connaître. Ils reposent ; 1“ sur la kératotomie, c’est-à-dire sur une ouverture pratiquée à la cornée dans le but de permettre la sortie ou extraction du cristallin; 2“ sur la division de la capsule ou déchirure de cette enveloppe de façon à mettre les fibres du cristallin au contact de l’humeur aqueuse qui les dissout peu à peu lorsqu’elles ne présentent pas toutefois de sclérose du noyau, et 3“ sur 1 opération aujourd’hui tout à
ait abandonnée à cause des accidents graves tardifs quefie entraînait le plus souvent qui consistait à
niCnONNAIBE POPDLaIKE de médecine USUELLE.
introduire une aiguille à cataracte ou à abaissement dans la sclérotique à trois ou quatre millimètres du bord de la cornée, à transfixer la cataracte d’arrière en avant avec l’aiguille, à abaisser le cristallin en le faisant basculer derrière l’iris jusqu’à ce qu’il vienne reposer sur la partie inférieure du corps ciliaire. Ce corps étranger, au contact de la partie la plus vasculaire et la plus nerveuse de l’œil, ne tardait pas à amener des irido-choroïdites qui, souvent, entraînaient la perte du globe. ^ ^ ^
Traitement par extraction. — Les procédés d extraction sont journeUement appliqués ; ils sont nombreux et ont tous leur raison d’être ; ils méritent une description spéciale, quoique très courte, pour rester dans le cadre qui nous est tracé.
Autrefois, les cataractés étaient généralement opérés assis; aujourd’hui, ils sont le plus souvent étendus, soit sur un fauteuil à opération, soit sur un lit de fer ordinaire tout à la fois solide et maniable, de façon à pouvoir être facilement roulé vers une fenêtre. L’œil à opérer doit toujours être placé du côté de la fenêtre. Le chirurgien se place^ à gauche du malade pour opérer l’œil gauche et il se place derrière la tête du malade pour opérer l’œil droit, car on n’opère plus qu’avec la main droite, tandis que jusque vers 1860, presque tous les oculistes opéraient l’œil gauche avec la main droite et l’œil droit avec la main gauche. De même autrefois on soumettait les malades à un régime sévère pour les préparer, disait-on, à l’opération. On les purgeait, parfois même on les saignait, on les tenait à la diète plus ou moins sévère. Ces mesures extrêihes sont inutiles. La théorie de l’inflammation qui jouait encore à l’époque dont je parle, il y a vingt ans à peine, un rôle si important, est aujourd’hui remplacée par une autre beaucoup plus rationnelle et plus vraie, car elle repose sur des faits bien établis et sur des expériences que l’on peut répéter chaque jour, c’est la théorie de la greffe. Sur un même malade deux plaies égales étant pratiquées dans les mêmes conditions, si la coaptation des lèvres de l’une est parfaite, la réunion aura lieu par première intention, tandis que la suppuration s’établira dans l’autre plaie, si la coaptation des lambeaux n’est pas intime.
Ajoutons à cela la connaissance que nous possédons aujourd’hui des micro-organismes qui transportent les maladies, engendrent l’inflammation et la suppuration, et nous aurons fait connaître les conditions qu’il faut rechercher et celles qu’il faut éviter pour arriver à une prompte guérison ou cicatrisation par première intention. Dans ces conditions, on voit que l’état général joue un rôle bien moins important qu’on ne pensait autrefois. Ce n’est pas à dire pour cela qu’il faille négliger l’examen de la constitution de ses opérés. Au contraire, il importe toujours de ne faire une opération de cataracte qu’après avoir procédé à l’examen des urines, s’être assuré que les voies digestives sont dans un état satisfaisant, que les poumons ne sont point malades et s’être assuré surtout que l’économie ne produit pas de pus, encore moins dans le voisinage de l’œU ou dans ses annexes, tels que la conjonctive, les voies lacrymales, etc. C’est là le moyen d’éviter l’auto-inocudation par les microbes qui pour-
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raient pénétrer dans la plaie. Mais il est une précaution non moins importante à prendre contre les organismes inférieurs venus du dehors, ceux qui vivent incessamment autour de nous. Pour ce a i sera bon de purifier l’atmosphère dans leque s trouve le malade. C’est généralement au moyen des vaporisations d’acide phénique, à 1 aide de app reil de Lister que cela se pratique.
Les procédés d’opération auxquels on a donne le
nom d’extraction ont ce caractère commun, que le
cristalin opaque est enlevé de 1 ^ (eü
afin de rétablir la vision. Les caractères résident le plus souvent dans la forme, 1 ^
la plaie faite pour permettre la ^
Le mot d’extraction que 1 on emploie est défectueux en ce sens qu’il implique une certaine violence po^ur aller chercher la lentille et la détacher de ses adhe-
lentement pour éviter la sortie de 1 humeur aqueuse et l’on introduit par la plaie un kystitome pour diviser la capsule du cristallin. Celle-ci, en vertu de son élasticité, se rétrécit et laisse une large voie à k sortie du cristallin, qui étant constitué par des masses corticales molles, s’échappe à la moindre pression sur le globe, pression que l’on exerce à la fois sur les deux lèvres de la plaie, sur l’une avec la curette ou une spatule de caoutchouc, sur l’autre avec le bout du doigt au travers de la paupière, de façon à les entrebâiller. Aussitôt la pupille apparaît noire et la vision est rétablie. Le pansement est fait comme nous le dirons tout à l’heure et la cicatrisation a lieu dans ces conditions par première intention, sans donner lieu à la moindre inflammation.
Ce mode opératoire ne convient que pour les ca-
Fig. 225.
Opération de la cataracte par extraction linéai'
rences ; au contraire, règle générale, on doit considérer comme le but à atteindre, la création d’une porte large, de dimension plus considérable que le diamètre du cristallin (10““), de façon à permettre à la lentille de s’engager entre les lèvres de l’incision dès que la capsule ayant été ouverte, on exerce sur elle la plus faible pression. A côté de ce résultat que doit donner l’incision que l’on pratique à l’œil, il est une condition qu’elle doit remplir, c’est celle d’une parfaite coaptation des lèvres de la plaie. On comprend qu’à cet égard, plus la plaie se rappro • chera de la linéarité et plus l’affrontàtion des lèvres sera intime.
Extraction linéaire simple. — Sur ces avantages de la linéarité est basée l’opération d’extraction simple, que l’on doit à Gibson et Travers. Elle consiste, après avoir immobilisé les paupières par un écarteur à ressort et l’œil avec la pince à fixation, à ouvrir la chambre antérieure à l’aide d’un couteau lancéolaire droit, de 9 à 10 millimètres de diamètre, que l’on fait pénétrer dans la chambre antérieure au niveau de la partie moyenne du rayon externe de la cornée, parallèlement à l’iris et jusqu’à ce qu’on ait obtenu une plaie linéaire de 9 à 10 millimètres. L’instrument est retiré très
taractes molles sans noyau sclérosé, par conséquent il n’est applicable que chez les très jeunes sujets. Si les masses sont assez dures pour ne point s’échapper aisément et pour exiger l’introduction d’instruments, tels que la curette pour l’extraction des fragments durs et volumineux, ce n’est point à ce procédé que l’on doit avoir recours, car il devient dangereux par suite du froissement de la plaie que cause l’introduction répétée de la curette.
C’est avec intention que nous n’avons pas parlé de l’instiUation de l’atropine avant l’instiUation, ce mydriatique ne serait d’aucun secours, et, au contraire, il peut y avoir intérêt, dans certaines circonstances, telles que la tendance à l’enclavement de l’iris dans la plaie, à employer l’ésérine qui, par son action myotique s’opposera à l’établissement de synéchies antérieures. Or, si l’instillation de l’atropine avait précédé l’opération, l’ésérine resterait à peu près sans effet, l’action des mydriatiques étant beaucoup plus puissante que ceUe des myotiques.
Extraction linéaire combinée. — Cette méthode opératoire, qui est celle que l’on pratique le pins communément aujourd’hui, a été imaginée par de Græfe (1858). EUe consiste : 1“ à faire une incision de l’iris préalablement à l’extraction soit quel-
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ques semaines d’avance, soit inunédiatement et concurremment avec l’extraction; 2° à pratiquer une plaie aussi large que possible en gardant, autant que faire se peut, la linéarité de l’incision de la cornée.
Le malade étant couché, les paupières étant maintenues par l’écarteur à ressort et le globe immobilisé par la pince à fixer, le chirurgien prend de la main droite le couteau de de Græfe et fait la ponction à i mülimètre 1/2 de la cornée, à 2 millimètres au-dessous de la tangente horizontale supérieure de la cornée ; le couteau, le tranchant tourné en haut, est poussé dans la chambre antérieure, vers le centre de la pupille, c’est-à-dire obliquement de haut en bas ; mais dès que la pointe dépasse le niveau du centre pupillaire, elle est redressée jusqu’à l’horizontalité et poussée de façon à exercer
Quand la masse cristallinienne est sortie, on s’efforce, en répétant les mêmes pressions elles mêmes mouvements, d’expulser toutes les fibres corticales qui auraient pu être retenues dans la chambre antérieure ; enfin, avant d’abandonner le malade, on s’efforce de réduire les enclavements iriens qui siègent aux commissures de la plaie.
Ce procédé opératoire convient surtout pour toutes les cataractes dures, demi-dures, à noyau sclérosé, en nn mot aux cataractes volumineuses. Mais il présente certains inconvénients, tels que l’enclavement de l’iris dans les angles de la plaie qui est souvent la cause d’iritis tardives suivies d’irido-choroïde et finalement de perte de la vue.
C’est là ce qui explique comment on est arrivé peu à peu, tout en respectant les grands principes tracés par de Cræfe à modifier un peu l’emplace-
;Opération de la cataracte par extraction linéaire.
la contre-ponction dans un point identique à celui de la ponction. L’incision de la cornée est achevée en portant le couteau légèrement en avant, afin de le faire sortir à l’union de la cornée à la sclérotique et plutôt sur la cornée. C’est là ce qui constitue le premier temps; le second comprend l’iridectomie. A l’aide de la pince à iris courbe, on va chercher dans la chambre antérieure l’iris, s’il ne fait pas hernie entre les lèvres de la plaie, ou dans le cas contraire on le saisit avec les pinces droites et en deux ou trois coups de ciseaux, le lambeau irien est excisé aussi près que possible de ses attaches.
La discision de la capsule constitue le troisième temps; elle se fait à l’aide du kystitome à crochet, et le quatrième temps comporte l’issue de la lentille, résulte! que l’on obtient en exerçant sur la cornee, à l’aide de la curette de caoutchouc, une pressnm sur le bord inférieur du cristallin, de façon a le taire basculer pour qu’il prenne la direction de a plaie vers laquelle on le dirige et dans le canal de laquelle on l’engage par des glissements de la curette, tandis que la lèvre supérieure de la plaie est legerement déprimée à l’aide d’une pression exercee par le doigt au travers de la paupière.
ment de la ponction et de la contre-ponction et à faire pénétrer la pointe du couteau non plus dans la sclérotique, mais dans la cornée ou tout au moins à l’union de ces deux membranes ; or, comme cette pratique diminuait sensiblement l’étendue de la plaie qui, par le fait, aurait pu n’être plus suffisamment grande pour permettre la sortie d’un cristallin de 9 à 10 millimètres de diamètre, on a descendu la ponction et la contre-ponction, augmentent ainsi la hauteur du lambeau de façon à rendre à la plaie l’étendue suffisante à l’issue du cristallin. Aujourd’hui les chirurgiens pratiquent à peu près tous, et cela au grand avantage des malades, l’extraction de la cataracte par la méthode modifiée de de Cræfe.
Extraction dans la capsule. — Cette méthode, qui avait été expérimentée par Daviel, Richter et Beer, dans la seconde moitié du siècle dernier, a été reprise dans ces dernières années et principalement par Pagenstecher et Weber. Ce procédé opératoire, qui prête beaucoup à la critique par ce qu’il expose assurément aux grands dangers d’une perte grave du corps vitré, est cependant la seule méthode applicable dans certains cas et, je dirai plus, la moins dangereuse chaque fois que l’on se trouvera en pré-
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sence d’un cristallin atrophié dans sa capsule avec rupture plus ou moins complète de la zone de Zmn et ramollissement du corps vitré. Considérant comme d’une extrême gravité, dans ces conditions, toute pression exercée sur le globe pour évacuer la cataracte, je pratique l’extraction dans la capsule et j’ai toujours beaucoup à me louer de cette façon de procéder dans ces cas si difficiles. C’est, du reste, le seul procédé qui, ne laissant pas de masses corticales dans la pupille, n’expose pas aux cataractes secondaires. ^ - a ^
Cette opération exige- une large ouverture oe la chambre antérieure, car la'plaie cornéenne doit donner issue non seulement à la cataracte dans sa capsule, mais aussi et en même temps à la curette. Dans le but de faciliter l’extraction, la kératotomie doit être faite à environ 1 millimètre 1/2 à 1 millimètre en dehors de la cornée; la plupart des oculistes pratiquent cette ouverture à la partie inférieure ; mais elle peut, avec autant de sécurité, être faite à la partie supérieure, pour peu que l’on ait affaire à un malade un peu docile.
L’iridectomie est faite comme d’habitude en prenant le soin d’exciser l’iris aussi près que possible de son attache ; de cette façon, on découvre très nettement la zone de Zinn et l’on peut faire pénétrer la curette, au manche de laquelle on a donné une courbe convenable, derrière la face postérieure du cristallin, jusqu’à ce que le centre de celui-ci corresponde au centre de la curette ; on le soulève de façon à l’appliquer doucement contre la face postérieure de la cornée et on pratique l’extraction lentement en veillant pendant toute la manœuvre opératoire à n’exercer aucune pression sur le globe, sans cela on s’exposerait à une perte grave du corps vitré ; c’est pour ce motif que, dès que le lambeau cornéen a été taillé, il faut enlever l’écarteur et soulever soi-même de la main gauche la paupière supérieure, tandis qu’on tient la curette de la main droite.
Je le répète, cette opération délicate doit être réservée pour les cas spéciaux que j’ai indiqués plus haut.
Extraction par le procédé a grand lambeau. — C’est au chirurgien français Daviel què revient l’honneur d’avoir le premier opéré (1747) la cataracte par l’extraction ; ses procédés se répandirent bientôt dans le monde entier ; on adopta sa méthode et ses instruments ; mais peu à peu ceux-ci -furent modifiés, bien que la méthode à grand lambeau (nom moderne donné à cette méthode pour la distinguer des procédés récents dans lesquels on s’est longtemps efforcé de pratiquer de très petites incisions soit demeurée intacte). Nous nous sommes déjà expliqués sur la valeur de ces petites incisions qui, par la difficulté que rencontre la cataracte à sortir, sont exposées à être violentées et froissées au grand détriment de la coaptation des tissus.
Le premier temps de cette opération consiste dans la taille du lambeau. Après avoir immobilisé l’œil, soit avec la pique de ^ Pamard, ou mieux avec la pince à fixation à laide de laquelle on saisit ime portion de la conjonctive et du tissu conjonctival, le chirurgien, à l’aide du couteau de Beer, dont le tranchant est tourné en haut, fait line ponction à la cornée, au niveau ou un peu
au-dessous du diamètre horizontal, à 1/2 millirnètr en dedans du limbe sclérotical. Le couteau est poussé parallèlement à l’iris, de façon à ce que la contre-ponction soit faite au point identique à celui de la ponction ; par le seul mouvement de là propulsion du couteau, le lambeau se trouve taillé sur un cercle passant à 1/2 millimètre du limbe sclérotical.
Le second temps comprend l’ouverture de la capsule à l’aide du kystitome qui, étant introduit couché de façon à éviter de blesser l’iris, est retourné lorsqu’il se trouve en face de la pupille de façon à permettre de déchirer la capsule dans deux diamètres perpendiculaires.
Le troisième temps est rempli par la sortie du cristallin, laquelle est le résultat d’une douce pression que le doigt exerce au travers de la paupière, sur la lentille, en lui imprimant à la fois un mouvement de propulsion en haut et de déclinaison en avant dans la direction de la plaie faite à la cornée.
Il reste encore à nettoyer la pupille des masses corticales qu’elle peut contenir. Cela se fait aisément en laissant se reproduire l’humeur aqueuse et en évacuant celle-ci qui entraîne avec elle les masses détachées et demeurées derrière l’iris. En répétant deux ou trois fois cette manœuvre, la pupille prendra une teinte noire caractéristique. L’opération est ainsi terminée ; il ne reste plus qu’à faire le pansement dont nous parlerons bientôt; mais il faut, avant d’y procéder, s’assurer que l’iris n’est point enclavé dans les angles de la plaie.
L’opération à grand lambeau est applicable à toutes les formes de cataractes dures ou demi-dures chaque fois du moins qu’elles ne seront point compliquées soit de synéchie postérieure, soit d’altéra. tion de la capsule, soit de ramollissement du corps vitré.
Procédé par discision. — Cette opération ne convient absolument, ainsi que je l’ai dit plus haut qu’aux cataractes molles ou liquides, ne présentant aucune sclérose du noyau. Celui-ci, en effet, ne pourrait être résorbé et, demeurant au centre de la pupille, il rendrait tout au moins inutile l’opération qui aurait été faite, pourrait même être la cause d’inflammations graves du globe.
Les paupières et le globe étant immobilisés simplement à l’aide du pouce et de l’index de la main gauche, tandis qu’on opère de la main droite, l’aiguille est piquée dans la cornée un peu en dehors de la pupille et poussée jusque vers le cristallin; on fait alors, suivant l’un des rayons, une déchirure de quelques millimètres de long à la cristalloïde, de façon à mettre la masse des fibres en rapport avec l’humeur aqueuse qui se chargera de les dissoudre, après les avoir gonflées. Il importe de ne pas faire une incision trop grande à la capsule afin d’éviter un boursouflement trop rapide du cristallin.
Opération par dilacération. — Dans quelques circonstances, c’est à l’aide de deux aiguilles que l’on déchire la capsule; il faut dans ce cas que la zone de Zinn soit très résistante à cause des violences qui sont exercées sur la capsule et qui retentissent sur elle. Cette dilacération ne convient que dans les cataractes siliqueuses, membraneuses et secondaires.
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Cataractes secondaires. — On donne ce nom aux opacités qui surviennent dans une pupille après qu’on a extrait le cristallin, en laissant par mégarde, dans la capsule, des fragments de masses corticales qui, peu à peu, se sont opacifiées, emprisonnées qu’eUes sont dans les lambeaux de cristalloïde qui s’est recroquevillée. On remédie à la cataracte secondaire par des opérations diverses parmi lesquelles nous citerons la dilacération à deux aiguilles, la capsulotomie et l’iridotomie.
Soins et précautions après l’opération de la cataracte. — Les soins à donner aux opérés de cataracte sont peu variés ; après une bonne opération, la guérison prompte est assurée si le malade sait garder le calme et l’immobilité qui conviennent. Du reste les yeux sont généralement couverts d’un appareil qui les maintient dans des conditions de chaleur, d’immobilité et d’antisepsie convenables. Il y a cependant des chirurgiens qui ont proposé de laisser l’œil libre de tout bandage : nous considérons cette liberté comme une imprudence grave.
Dès que l’opération est terminée, que la plaie a été bien débarrassée avec la pince à caillots de toutes les petites impuretés qui pouvaient se trouver à son contact, telles que fragments d’urée, masses corticales, débris de capsule, caillots, etc., que l’on s’est bien assuré que la coaptation de la plaie était parfaite, qu’il n’y avait pas trace d’enclavement de l’iris dans les angles de la plaie, on attend quelques instants pour que l’humeur aqueuse soit reconstituée ; pendant ce temps l’opéré se remet de son émotion, qui généralement est beaucoup plus grande que la douleur qu’il a éprouvée ; car on ne saurait trop le répéter, la souffrance causée par l’opération de la cataracte est très supportable et bien loin d’être comparable aux douleurs que cause la présence d’un corps étranger sur la cornée. Dès que la chambre antérieure est reconstituée, on permet au malade d’ouvrir l’œil opéré audevant duquel on place un verre convexe de 14 dioptries environ, et on lui présente à une distance de 15 à 20 centimètres, une montre. Si la pupille a été bien débarrassée de toutes les masses corticales, le malade distingue exactement l’heure. Cette épreuve donne généralement beaucoup de confiance au malade et l’encourage à la patience pendant les quelques jours qu’il demeurera dans l’obgcurité.
Sur les paupières qui ont été lavées avec soin une dernière fois avec de l’eau rendue antiseptique, soit par de l’acide borique, de l’acide phénique du ■phénol Bobœuf ou du coaltar Le Beuf, on applique un linge antiseptique, tel que le lin boraté ou une sorte de compresse constituée par de la gaze antiseptique et du coton bygropbile, destiné à absorber les larmes ou les liquides s’il s’en écoule bors de l’œil. Pour rendre cette sorte de matelas antiseptique, nous avons pris l’habitude de déposer dans son épaisseur des fragments d’acide borique ; nous préférons cette pratique à celle qui consiste à mouiller la compresse dans de l’eau borique avant de l’appliquer sur l’œil, parce qu’il nous a paru que c’était s’éloigner, en opérant ainsi, des conditions physiologiques de l’œil. L’autre œil est également recouvert par un pansement analogue. Cette réclusion a pour but d’immobiliser davantage
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l’œil opéré. Une bande de flanelle ou tout autre appareil, tel qu’une petite pièce de tricot, munie de cordons, sert à maintenir l’appareil. On a soin de ne pas serrer la bande ou les cordons, car toute pression sur le globe est douloureuse d’une part et empêche d’une autre l’écoulement des larmes, et la rétention forcée de celles-ci sous les paupières est souvent très douloureuse.
Les soins généraux après l’opération sont nuis. Le malade est alimenté dès le premier jour, mais on évite de lui donner rien qui nécessite une forte mastication.
Le plus souvent on n’instille après l’opération aucun collyre dans l’œil, ainsi que nous l’avons dit déjà; autrefois on ne manquait pas de projeter d.e l’atropine; aujourd’hui, au contraire, ce serait plutôt à l’ésérine que l’on aurait recours pour prévenir les enclavements de l’iris.
Le pansement est levé au bout de 24 heures. Si les paupières sont agglutinées, on lave bien délicatement les cils avec de l’eau chaude antiseptique, on sèche ensuite les paupières avec un linge fin et on soulève, à l’aide du doigt, la paupière supérieure afin de s’assurer que la plaie est bien coaptée, et de se renseigner sur l’état de la pupille et de la chambre antérieure. Pour faire cet examen on se sert ordinairement d’une lumière artificielle, car la chambre est rendue obscure, afin d’éviter au malade l’impression de la lumière qui est toujours pénible pendant les premiers temps qui suivent l’extraction.
Si toutes choses sont régulières, le pansement est refait pour 24 heures, dans les mêmes conditions. Le malade qui a gardé le lit, peut se lever au bout de 48 heures et souvent au bout de 3 à 4 jours la réunion de la plaie cornéenne ayant eu lieu par première intention, on peut laisser l’œil sain libre. Au bout d’une douzaine l’opéré peut, sans danger, s’exposer à la lumière avec des lunettes coquilles fermées ou bleutées et au bout d’un mois, après qu’on a donné à l’opéré des lunettes pour voir de loin et pour voir de près, c’est-à-dire travailler, écrire et lire, il peut reprendre ses occupations habituelles.
Telle est la marche et la durée de l’opération d’extraction de cataracte, qui est si bien réglée et si précise, aujourd’hui, que les statistiques de succès donnent un chiffre qui dépasse 98 0/0.
A. Gillet de Grandmont, Chirurgien-oculiste adjoint dés Maisons d’éducation de la Légion d’honneur.
CATARRHAL. — On donne ce nom à un état morbide des diverses membranes muqueuses, qui se développe d’ordinaire lentement sous l’influence de diverses causes, et caractérisé par une augmentation exagérée des sécrétions de ces muqueuses (V. Catarrhe). P. L.
CATARRHE. — Mot employé pour désigner une augmentation morbide des sécrétions habituelles des membranes muqueuses. On peut admettre autant de variétés de catarrhes qu’il y a de muqueuses distinctes. Les principaux sont : le catarrhe de la muqueuse de l’oreiUe (V. Otorrhée)-, le catarrhe de
la muqueuse nasale (V. Coryza)-, le catarrhe de la muqueuse du larynx (V. le catarrhe des
bronches (V. Bronchorrhée); le catarrhe pulmonaire (V. Bronchite chronique)-, le catarrhe de l’estomac (V. Gastrorrhée, Pituite); le catarrhe de l’intestin (V. Diarrhée, Entérité); le catarrhe de l’urèthre (V. Blennhorrhée); le catarrhe de la vessie (V. Cystite chronique); le catarrhe de l’utérus (V. Leucorrhée, Métrite), etc. P- L-
CATARTHIQUE. — On donne ce nom en thérapeutique à un certain nombre de purgatifs plus forts que les laxatifs, mais moins actifs que les drastiques, parmi lesquels nous citerons le séné, le jalap, la rhubarbe, la podophylle Coirre et la crème de tartre (V. ces mots). P- L-
CATHÉRÉTIQUE. On donne ce nom à certaines substances faiblement caustiques, telles que la pierre infernale, l’alun calciné, etc., qui ne produisent qu’une eschare très superficielle. p. l.
CATHÉTER. — On appelait autrefois cathéter tout instrument rigide ou flexible, plein ou creux, destiné à pratiquer l’exploration de l’urèthre et de la vessie ou à évacuer cette dernière. Les cathéters creux ont reçu le nom de sonde, les cathéters pleins celui de bougie (V. Bougie, Sonde). Ce nom est aujourd’hui plus particulièrement réservé à un instrument dont on se sert dans l’opération de la taille, sorte de tige métallique en acier, pleine, ayant à peu près la forme et la longueur d’une sonde en métal, mais creusée à sa partie postérieure convexe) d’une cannelure large, profonde, à parois polies, carrée dans son fond, et terminée, près du bec de l’instrument, par un cul-de-sac creux de 3 à 4 millimètres (V. Taille). p. l.
CATHÉTÉRISME. — On donne ce nom à une opération qui a pour but d’explorer l’urèthre ou la vessie et d’évacuer l’urine contenue dans celle-ci : d’où, suivant les cas, le cathétérisme explorateur et le cathétérisme évacuateur.
Le cathétérisme explorateur se pratique lorsqu’on veut constater la forme du canal de l’urèthre, la présence de rétrécissements ou de corps étrangers dans cet organe; lorsqu’on veut explorer la vessie et constater la présence d’un calcul ou d’un corps étranger quelconque dans ce réservoir.
Le cathétérisme évacuateur se pratique lorsqu’on veut débarrasser la vessie de l’urine qu’elle renferme et que, pour une cause quelconque, elle ne peut plus chasser au dehors.
Nous étudierons successivement le cathétérisme chez l’homme et chez la femme.
Cathétérisme chez l’homme. — Le cathétérisme peut se pratiquer chez l’homme avec des instruments RIGIDES, COURBES OU DROITS, et avec des instruments FLEXIBLES.
Quel que soit l’instrument employé, droit ou courbe, rigide ou flexible, il faut toujours s’assurer de son bon état et vérifier s’il est uni et poli sur toute l’étendue de sa surface extérieure. Il faut, de plus, avant de s’en servir, toujours le graisser avec de l’huile ou du cérat pour faciliter son introduc¬
tion et ■ son glissement dans le canal, et si on le graisse avec du cérat, s’assurer qu’il ne s’est pas accumulé à l’extrémité de la sonde et qu’il n’en bouche pas les yeux, ce qui serait un obstacle à l’entrée de l’urine dans la sonde et à sa sortie au dehors. Enfin, si c’est l’hiver ou si le malade est impressionnable, il faut, avant de graisser la sonde la tremper quelques instants dans de l’eau tiède pour éviter l’impression du froid qui, chez plusieurs individus, occasionne des contractions spasmodiques de l’urèthre, nuisibles à la facilité du cathétérisme.
Cathétérisme avec les sondes rigides. — Ce cathétérisme peut se pratiquer avec des sondes courbes ou droites, le malade étant couché ; mais il constitue toujours une opération délicate, difficile, qui exige une grande légèreté et une grande dextérité de mains et beaucoup d’habitude. Il doit toujours être pratiqué par le chirurgien et jamais, absolument jamais, parle malade, à cause des accidents nombreux et graves auxquels il expose, lorsqu’il est pratiqué de travers,
Cathétérisme avec les sondes rigides courbes, le malade étant couché. — Le malade doit être couché sur le bord de son lit, le bassin soulevé par un coussin plus ou moins épais, suivant la mollesse du lit, l’âge et l’embonpoint de l’opéré; les cuisses et les jambes écartées et reposant sur le lit par leur face externe et non par les talons, afin que ceux-ci ne puissent pas prendre de point d’appui; les épaules basses, la tête légèrement fléchie sur le thorax et les mains jointes sûr la poitrine.
On place entre les cuisses du malade un bassin destiné à recevoir les urines.
Le chirurgien, debout à gauche du malade, en face du bassin, un peu plus haut que les organes génitaux, prend la verge entre l’annulaire et le médius
Fig. 227.
Premier temps du cathétérisme.
de la main gauche, leur face dorsale tournée en bas, puis entraîne la peau du prépuce et du fourreau vers la racine de la verge, prend le gland par sa base, c’est-à-dire au niveau de sa couronne, entre le médius et l’index et attire la verge dans une position presque perpendiculaire. Puis, tenant à pleine main droite la sonde par son pavillon, de façon que
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le pavillon de la sonde repose sur l’articulation de la première phalange de l’index avec la seconde, le
Deuxième temps du cathétérisme.
bec tourné en bas et en arrière, il introduit celui-ci dans l’urèthre, en maintenant le pavillon rapproché du ventre- jusqu’au moment où le bec est descendu au-dessous de la symphyse du pubis. Une fois arrivé là, le chirurgien écarte le pavillon du ventre et le ramène doucement, sans pousser ni presser, vers les cuisses ; grâce à cette manœuvre, le bec de la
Fig. 229.
Troisième temps du cathétérisme.
sonde pénètre pour ainsi dire de lui-même dans la portion membraneuse et dans la portion prostatique du canal, et arrive enfin dans la vessie.
Le cathétérisme peut donc être divisé en trois temps principaux : — un •premier temps, pendant lequel la sonde est glissée papallèlement au ventre, et pénètre dans l’urèthre jusqu’au niveau du pubis ;
un second temps, pendant lequel le pavillon de la sonde est porté en avant jusqu’à ce qu’il
soit perpendiculaire à l’abdomen, et le bec passe sous le pubis et pénètre dans le col de la vessie ; — un troisième temps enfin, pendant lequel le pavUlon de la sonde est abaissé entre les cuisses, et le bec pénètre dans la vessie.
On peut encore pratiquer le cathétérisme avec les sondes rigides courbes, le malade étant couché, en employant le procédé dit : le tour de maître. 11 diffère du précédent en ce que le chirurgien tourne la convexité de la sonde vers le ventre au lieu d’y tourner sa concavité, et lorsque le bec de la sonde est ainsi arrivé au niveau de la symphyse du pubis, tandis que le pavillon est entre les jambes du malade, il fait exécuter à la verge et à la sonde un demi-tour complet autour du bec, qui ramène son pavillon vers l’aine gauche du malade, puis en haut au-devant de l’abdomen, et il termine le cathétérisme comme dans le procédé précédent. La manœuvre du tour de maître, qui, disons-le hautement, n’a d’autre but que d’éblouir les assistants ignorants, n’est plus pratiquée de nos jours.
Enfin, on peut, comme le conseille le professeur Guyon, tenir dans le premier temps la sonde d’abord parallèle au pli de l’aine et ne la ramener vers la ligne médiane du ventre qu’au fur et à mesure qu’elle pénètre dans le canal.
Cathétérisme avec les sondes rigides droites, le malade étant couché. — Ce cathétérisme, introduit dans la pratique de la chirurgie urinaire par Amussat père, et qui fut assez employé lorsqu’on faisait la lithotritie à l’aide d’instruments droits, n’a plus sa raison d’être aujourd’hui qu’on broie la pierre avec des lithotriteurs courbes, et a été complètement abandonné. Aussi nous semble-t-il inutile d’en donner la description.
Cathétérisme avec les sondes rigides droites ou courbes, le malade étant debout. — J’en dirai autant du cathétérisme avec les sondes rigides droites ou courbes, le malade étant debout. 11 se pratique tout à fait exceptionnellement et ne vaut pas la peine d’être décrit.
Difficultés du cathétérisme chez l’homme. — Plusieurs obstacles peuvent se présenter pendant les divers temps de l’opération du cathétérisme chez l’homme. A peine dans le canal, le bec de la sonde peut être arrêté par les valvules de Guérin. Cette valvule sera évitée en appliquant le bec de la sonde contre la paroi supérieure du canal, jusqu’à ce qu’on ait franchi les 3 ou 4 premiers centimètres, tandis que dans le reste du cathétérisme on suivra la face supérieure du canal. Le bec de la sonde peut aussi être arrêté à la symphyse du pubis, surtout chez les sujets gras. Pour éviter cet obstacle, et faire passer facilement le bec de la sonde sous les pubis, il suffit de placer la sonde dans la direction du pli de l’aine, comme le conseille le professeur Guyon et de l’y maintenir jusqu’à ce que le bec soit engagé sous le pubis et ait pénétré jusqu’au bulbe. Ici, un nouvel obstacle se présente : le cul-de-sac du bulbe, surtout chez les vieillards. Pour l’éviter, dès que le bec de la sonde est arrivé dans le bulbe, il faut retirer un peu vers soi et abaisser très lentement le pavillon de façon à ce que le bec se relève et vienne en contact avec la paroi supérieure du canal, en même temps exercer
une légère pression, et le bec s’engage dans la région membraneuse. Arrivé à la prostate, nouvel obstacle! Chez quelques sujets et principalement chez les vieillards, le bec se trouve arrêté par la saillie que forme en avant du col de la vessie et en se recourbant en haut, l’extrémité vésicale du sillon, quelquefois très profond, de la paroi postérieure de la prostate. On l’évite en amenant à soi le pavillon de la sonde et en rabaissant très lentement entre les cuisses du malade et dans la direction d’une ligne presque parallèle à l’axe du corps.
Je n’ai pas signalé le spasme de l’urèthre parmi les obstacles naturels du cathétérisme, car je suis de l’avis de Thomson, qui a dit en parlant de lui : « Le spasme peut à la rigueur empêcher l’urine de sortir, je ne sache pas qu’il ait jamais empêché un instrument d’entrer. La plupart du temps, la faute est à la main de l’opérateur, non au spasme. »
En résumé, si l’on a soin de prendre toutes les précautions que je viens d’énumérer, si on agit doucement et avec lenteur, en ayant toujours pré- 1 sente à l’esprit la phrase que Civiale aimait à répéter : « Une sonde ne va bien que lorsqu’elle est avalée par l’urèthre ; aucun mouvement plus rapide et plus puissant ne peut lui être permis. » Si, enfin, on ne néglige jamais de faire avancer la sonde en même temps qu’on abaisse le pavillon, — car c’est précisément dans la combinaison de ce double mouvement de renversement et de progression qu’on imprime à l’instrument que consiste le grand art de sonder, — on sera sûr d’éviter toujours ces obstacles naturels de l’urèthre et de rendre le cathétérisme une opération facile et exempte d’accidents et de complications graves telles que fausseroutes, hématuries, orchites traumatiques, fièvre urineuse, etc. (V. ces mots).
Cathétérisme avec les sondes flexibles. — Le cathétérisme avec les sondes flexibles est généralement facile et le malade peut souvent le pratiquer luimême sans danger lorsqu’il est adroit, que son canal est libre et que le chirurgien lui a montré plusieurs fois la manœuvre. Pour le pratiquer, la verge étant tenue comme pour le cathétérisme avec les sondes rigides, on pousse la sonde dans le canal sur lequel, grâce à sa flexibilité et à sa mollesse, elle se moule en suivant tout naturellement sa direction. Si l’on éprouve une résistance à un point quelconque, il faut s’arrêter et ne jamais chercher à vaincre l’obstacle par la force, mais simplement retirer la sonde de un ou deux centimètres, puis la pousser de rechef.
Chez les vieillards, il arrive souvent que l’olive de la sonde s’engage dans le cul-de-sac du bulbe et va butter contre la lèvre postérieure du col. Dans ces cas, on a conseillé de placer dans la sonde un mandrin en tige de laiton, de. volume en rapport avec le calibre de la sonde et préalablement courbé au degré voulu; le cathétérisme se pratique alors comme avec les sondes rigides. Je dois dire que le cathétérisme avec mandrin est plus difficile, car le chirurgien n’est jamais absolument maître de cet instrument composé de deux pièces, il l’a moins en main. De plus, le mandrin n’ayant pas, comme les sondes en métal, un pavillon, il se rend plus difficilement compte de la direction de la partie courbe.
Enfin, lorsque le mandrin est un peu court et an dans les tâtonnements du cathétérisme il se rei^i^ un peu, il peut s’engager dans un des yeux de k sonde et racler ou même déchirer les parois du canal. Il est vrai que pour obvier à ces divers in. convénients, notre regretté maître, Voillemier à imaginé des mandrins dont le talon est conique dans l’étendue de 3 à 4 centimètres et entre à frottement dans la sonde avec laquelle il ne fait qu’un et de plus est garni d’une plaque comme les cathéters de Béniqué, qui permet à l’opérateur de se rendre compte de la direction du bec de la sonde. Mais quant à moi, je préfère me servir d’une sonde mé’ tallique que de la sonde en gomme munie d’un mandrin, même du mandrin de Voillemier.
Évacuation de l’urine. — Quel que soit le procédé employé pour pratiquer le cathétérisme, l’urine sort toujours par les yeux pratiqués non loin du bec de la sonde. Pour qu’eUe s’écoule au dehors, il faut que le pavillon soit maintenu au-dessous du niveau du col de la vessie. Dans la plupart des cas, le chirurgien facilité la sortie de -l’urine en pressant légèrement de la main gauche la région hypogastrique correspondant au-dessus delà vessie, principalement dans les cas de paralysie de la vessie, ou lorsqu’à la suite d’une rétention d’urine, la vessie ayant été très fortement distendue, ne peut plus se contracter.
Pendant l’évacuation de l’urine il peut survenir ’ une interruption brusque du jet, soit parce que les yeux de la sonde sont bouchés par des mucosités, des caillots ou des graviers, et alors une légère injection d’eau tiède dans la sonde, ou siniplement ■ l’introduction d’un stylet dans son intérieur jusqu’aux yeux, suffisent presque toujours à chasser l’obstacle. Dans les cas de distension énorme de la vessie, les yeux peuvent être recouverts par la muqueuse vésicale qui revient sur elle-même par suite de l’évacuation de l’urine. Pour les débarrasser et rétabhr le cours du liquide, il suffit de placer la sonde dans une partie de la vessie distendue par l’urine.
Cathétérisme avec la sonde a demeure. — Il arrive
Fig.
Appareil pour fixer la sonde à demeure, souvent dans la chirurgie des foies urinaires qu’on
est forcé de laisser la sonde à demeure dans le canal d’un jnalade. H faut alors la fixer de telle façon qu’elle ne sorte pas de la vessie. On a proposé dans ^ but plusieurs bandages différents.
Voici le bandage (pie j’ai souvent vu employer à mon maître Voillemier, dans son service de l’Hôtel- Dieu, et <pie j’emploie fréquemment moi-même : La sonde, une fois introduite dans la vessie à la profondeur voulue, il fixait sur la partie libre, à 3 centimètres du méat urinaire, un long fil de coton à ravauder assez épais pour pouvoir être divisé en quatre chefs. Alors ü appliquait en arrière du gland et circulairement tme bandelette de diachylon large de 2 ou 3 centimètres et longue de 20 centimètres environ. Il s’arrêtait lorsqu’il avait fait un premier tour qui servait à protéger la peau de la verge ; puis, après avoir rabattu en arrière et à égale distance les uns des autres les quatre chefs de fil de coton, il continuait le bandage.
Un autre moyen bien simple consiste à fixer les liens qui embrassent le pavillon de la sonde aux poils du pubis, près de la racine de la verge. Ce moyen a l’avantage de prévenir le malade lorsque la sonde tend à sortir de l’urèthre, par la sensation douloureuse produite par le tiraillement des poils.
Cathétérisme de la femme. — Le cathétérisme se pratique bien plus rarement chez la femme que chez l’homme, les affections de la vessie en général et la rétention d’urine en particulier étant peu communes chez elles ; et, règle générale, la femme est beaucoup plus facile à sonder que l’homme. Cela tient à la brièveté du canal de l’urèthre, dont la longueur ordinaire est de 3 centimètres, à sa direction presque rectiligne et à la grande élasticité de ses parois. La seule difficulté est de trouver l’urèthre. Il faut se rappeler qu’il est situé au-dessus de la paroi antérieure du vagin^ et qu’il vient s’ouvrir à la vulve, entre les petites lèvres, immédiatement au-dessous du clitoris.
Le cathétérisme se pratique généralement avec une sonde métallique, droite jusqu’à son bec, qui est très légèrement relevé, beaucoup plus courte que celle des hommes et d’une longueur de 15 centimètres environ.
La femme étant couchée horizontalement, le bassin soulevé par un coussin, les cuisses un peu écartées et fléchies sur le bassin, la tête légèrement relevée ; le chirurgien, placé à droite, écarte les grandes et les petites lèvres avec le pouce et le médius de la main gauche, afin de découvrir le méat urinaire, tandis que l’indicateur, dont la pulpe est tournée en haut du côté du vestibule, dirige dans le méat urinaire la sonde qu’il maintient de la main droite, comme une plume à écrire, la concavité tournée en haut, et qu’il pousse doucement dans l’urèthre directement en arrière, en abaissant légèrement le pavill(m aussitôt que le bec arrive à la symphyse nu pubis pour la franchir et pénétrer dans la vessie. ^ ce qu on appelle le cathétérisme à découvert. eaucoup de femmes jeunes et vieilles, très pudi- (jues, ne vexent pas se laisser sonder ainsi àdécou- 1 ^ ‘^^ï‘|irgien doit alors savoir sonder sans les yeux, et pratiquer ce çpi’on PP e le cathétérisme à couvert ou sous les draps, peut se pratiquer de la manière suivante : La
DiCTIOXXAIBE POPULAIBE DE MÉDECINE DSCEU.E.
femme étant couchée comme je l’ai dit plus haut, le chirurgien, placé à gauche, introduit ses deux mains sous les draps, pousse le doigt indicateur de la main gauche de la partie supérieure à la partie inférieure du vagin et d’avant en arrière, reconnaît le clitoris, le franchit et continue jusqu’à ce qu’il arrive sur l’orifice du canal de l’urèthre. La pulpe de l’indicateur tenu fixe sur le méat sert alors de conducteur pour y introduire le bec de la sonde et terminer le cathétérisme parle mouvement décrit plus haut.
Ce procédé (iéplaît encore à beaucoup de femmes nerveuses et excitables, à cause de l’attouchement pratiqué sur le clitoris qui, chez elles est l’organe de l’érection et le siège de la jouissance génésique.
On peut alors le remplacer par le suivant. La
Fig, 231.
Appareil pour 'fixer la sonde à demeure.
femme étant toujours couchée comme précédemment, le chirurgien, après avoir écarté les grandes et les petites lèvres avec le pouce et le médius de la main gauche, porte l’index à l’entrée du vagin et le ramène doucement et lentement d’arrière en avant jusqu’à ce qu’il rencontre sur la ligne médiane un petit tubercule au-dessus duquel est le méat urinaire. Il fait alors glisser la sonde et pratique le cathétérisme comme dans le procédé précédent.
Lorsqu’on est forcé de laisser une sonde à demeure dans la vessie d’une femme, il faut la fixer, ce qui n’est pas toujours facile à faire d’une manière solide. Le procédé le plus simple et le meilleur est encore celui du professeur Bouisson, de Montpellier, qui consiste à attacher par leur partie moyenne deux longs rubans de coton dont les chefs embrassent les cuisses de la malade. Pour empêcher ces rubans de glisser, à cause de la forme conique des cuisses, il sont soutenus par deux bandes de toile qui les embrassent à leur partie moyenne devant et derrière et qui sont attachées elles-rnêmes à une autre bande passée en ceinture sur les hanches.
D"- Paul Labakthe,
CATHOLICUM. — On appelle ainsi un vieil élec-
die
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tuaire purgatif, aujourd’hui inusité, dans la composition duquel entraient le séné, la rhubarbe, les racines de chicorée, de polypode, de réglisse, d’aigremoine, de scolopendre, de pulpe de casse, de tamarin, etc. p. L.
CATILLON (GLYCÉRINE DE). — C’est grâce aux travaux, remarquables tant au point de vue chinaique qu’au point de vue physiologique et thérapeutique, publiés depuis 1877, par le savant et laborieux pharmacien chimiste Catillon, ancien interne des hôpitaux, que la glycérine, jusque-là usitée surtout à l’extérieur, a été et est employée chaque jour sur une plus vaste échelle à l’intérieur, dans plusieurs affections dont le nombre augmente de jour en jour. .
Sans entre:r ici dans l’exposé de l’action physiologique et thérapeutique de la glycérine (Voyez ce mot), nous dirons qu’à la suite de ses recherches et de ses expériences, M. Catillon a été conduit tout naturellement à faire de ce précieux médicament la base d’un certain nombre de préparations pharmaceutiques spéciales qui ont, dès le début, conquis la faveur du corps médical et des malades.
1“ La glycérine de Catillon,, absolument pure, qui est un véritable succédané de l’huile de foie de morue, toujours bien tolérée, qui active la nutrition au profit de l’organisme, augmente le poids du corps et peut être employée à la dose dé 2 à 4 cuillerées à soupe par jour, dans tous les cas. où l’huile de foie de morue était jusqu’ici conseillée.
2° La La glycérine créozotée de Catillon qui contient par cuillerée à bouche 0,20 centigrammes de créosote vraie de hêtre et trouve son indication dans les affections chroniques de l’appareil respiratoire (bronchite, catarrhe, phthisie au premier et au deuxième degré, etc.).
3* Le vin de Catillon à la glycérine et au quinquina, dont chaque verre à liqueur représente 0,30 centigrammes d’extrait alcoolique de principes actifs du quinquina, que la glycérine dissout sans précipitation, et qui peut être administré dans tous les cas où le quinquina trouve son indication, à la dose de 1 à 4 verres à liqueur, pur ou coupé avec de l’eau.
4° Le vin ferrugineux de Catillon à la glycérine et au quinquina, qui n’est que le précédent additionné par verre à liqueur de 0,10 centigrammes de citrate de fer, dans lequel la glycérine contrebalance Faction constipante du fer et du quinquina et de plus empêche le quinquina de précipiter le fer, et qui se prend aux mêmes doses que le précédent. M. Catillon prépare aussi un sirop ferrugineux à la glycérine et au quinquina, plus spécialement destiné aux enfants.
3" L'élixir de pepsine à la glycérine de Catillon, dans lequel la glycérine conserve la pepsine et la rend plus active en ajoutant son action tohi-reconstituante à celle de la pepsine, et dont chaque cuillerée à soupe représente 1 gramme de pepsine eu poudre. Cét élixir s’administre par cuillerées à soupe pour les adultes, par cuillerées à café pour les jenfants, pur ou coupé d’eau (ce qui n’altère en rien ses effets), au début, au milieu ou à la fin des repas, dans toutes les affections de l’appareil di-
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gestif qui réclament l'emploi de la pepsine (V. mot). D' L SAINTrANTONlN,
CATILLON (PEPTONES DE). — Les peplones (V. ce mot) ne sont que de la viande digérée artificiellement par la pepsine et rendue assimilable par l’estomac et l’intestin, sans nécessiter de leur part aucun travail digestif, ni aucune fatigue. Si la pepsine facilite la digestion des malades qui mangent les peptones constituent un progrès de plus, puisl qu’à elles seules elles peuvent suffire à la nutrition sans le concours actif des organes. C’est à M. Catillon que nous devons les premières expériences sur les peptones au point de vue de l’alimentation des malades dont l’appareil gastro-intestinal est devenu impuissant à accomplir la digestion des aliments. A la suite de ses expériences confirmées chaque jour par les observations de nombreux médecins, M. Catillon a présenté au corps médical et aux malades diverses préparations de peptones, préparées par la pepsine, parmi lesquelles nous citerons :
1“ La poudre de peptone Catillon, pure, concentrée par dessiccation à un très petit volume et à l’abri des fermentations, dont chaque cuillerée à café représente 40 à 50 grammes de viande assimilable et qui s’administre à la dose de 4 à 6 cuillerées avec du rhum ou du cognac, ou encore en lavement chez les malades qui vomissent les aliments.
2“ Le vin de peptone Catillon au malaga, dont chaque verre représente 30 grammes de viande . assimilable et qui se prend entre les repas ou au dessert, à la dose d’un verre à madère, pur ou coupé d’eau.
3” L'elixir de peptone, qui se prend à la fin des repas, à la dose d’un verre à liqueur représentant 30 grammes de viande digérée.
4® Le chocolat à la peptone Catillon, en tablettes et en croquettes, plus spécialement destiné aux enfants, dont chaque tablette représente 20 grammes de viande assimilable et chaque croquette 8 grammes.
Ces diverses préparations sont toutes agréables au goût, toni-nutritives et rendent de grands services dans tous les cas où la nutrition est incomplète et en particulier dans les maladies d’estomac, d’intestin, de poitrine, dans l’anémie, la débilité des enfants, chez les nourrices, les vieillards, les convalescents, etc. D' L. Saint-Anto.xin.
CATILLON (POUDRE de viande de). — La poudre de viande très employée en thérapeutique, depuis les travaux de M. Debove, à cause de l’avantage qu’elle a d’offrir l’aliment sous une forme très digestible, grâce à son état de division extrême, est très difficile à préparer sans odeur désagréable et à conserver. La poudre de viande de Catillon est agréable, sans goût, sans odeur, grâce à la qualité toujours supérieure de la viande employée et aux procédés spéciaux de fabrication adoptés par M. Catillon. Elle s’administre à la dose de 2 cuillerées à soupe dans un verre d’eau bien sucrée, additionné de rhum ou de cognac, ou dans du bouillon chaud. M. Catillon prépare aussi de la poudre de viande additionnée de farine de lentilles, et de la poudre de viande additionnée de farine de maïs, qui repré-
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sentent mieux l'aliment complet et qui, par lei^ goût et l’ensemble de leurs propriétés, sont préfé- .rées dans beaucoup de cas à la poudre de \iande pure (V- Viande). D'' L. s.Aix-T-AjiTONix.
CAUCHEMAR. — On donne ce nom à cet état particulier qui survient pendant le sommeil, dans lequel on a le sentiment d’un poids qui comprime la poitrine ou la région de l’estomac, avec impossibilité de se mouvoir, de respirer, de parler, et qui se termine par un réveil brusque, en sursaut, suivi d’une anxiété et d’une lassitude extrêmes. Très souvent .pendant le cauchemar le malade croit voir des fantômes plus ou moins bizarres avec lesquels on lutte sans pouvoir arriver à s’en débarrasser ; ou bien des animaux s’élancer sur son lit, s’asseoir sur sa poitrine; d’autre fois le malade croit être au bord d’un précipice et sent qu’il va y tomber, malgré tous ses efforts pour se retenir; ou bien il est dans une maison en feu, et fait des efforts désespérés pour fuir sans pouvoir y parvenir, etc.
Une digestion laborieuse, une mauvaise position du corps pendant le sommeil, une maladie du cerveau, du cœur, de l’estomac ou des poumons ; les affections nerveuses, hystérie, épilepsie, hypochondrie, etc.; de grandes préoccupations, ou grande fatigue intellectuelle, etc.; telles sont les principales causes du cauchemar.
Le temps n’est plus où on l’attribuait à des esprits dont on était .obsédé et qui se couchaient sur les individus [incubes) ou sur lesquels les malades étaient couchés (sMccMôes). La théorie du cauchemar est plus simple : c’est celle du rêve (V. ce mot).
A proprement parler, il n’y a pas d’autre traitement du cauchemar que de réveiller le malade. Cependant nous croyons avec Dechambre que, l’accès terminé, l’art peut intervenir utilement soit pour dissiper un endolorissement consécutif de la tête, une fatigue générale, un sentiment d’oppression et dans ce but, on pourra administrer une infusion de quelques plantes aromatiques ou de fleurs de coquelicot, des bains à l’eau de son, etc.; soit pour écarter de l’imagination, chez les feipmes surtout, les appréhensions que peut leur avoir causé le sujet même du cauchemar.
Pour prévenir le retour du cauchemar, il faut instituer un traitement qui ne sera autre que celui de la cause qui le produit et conseiller en outre aux personnes qui y sont sujettes, de ne pas trop manger et surtout des aliments indigestes ; de laisser écouler un temps assez long entre le repas et le coucher, de façon à laisser à la digestion le temps de se faire avant le sommeil ; de se coucher sur le côté droit, la tête et les épaules un peu élevées; de ne pas lire avant de s’endormir des histoires tristes ou effrayantes, mais, au contraire, gaies et agréables.
D' Paul Labahthe.
CAUSES. — On appelle cause, en médecine, tout ce qui produit ou concourt à produire des maladies. L étude des causes des maladies est de la plus grande importance pour le médecin et elle intéresse tout le monde, puisque leur connaissance permet 4e prévenir les maladies ou de les traiter plus surer ment et plus rapidement lorsqu’elles se sont pro¬
duites. Malheureusement cette connaissance est encore bien incomplète sur bien des points.
On a fait jusqu’à ce jour de nombreuses classification des causes. On les a divisées en externes et internes ; en principales et accessoires ; en physiques et chimiques ; en prédisposantes et occasionnelles, etc. Pour nous, nous diviserons les causes en :
L Causes prédisposantes ; — 11. Causes occasionnelles bu déterminantes ; — IIL Causes accidentelles ET spéciales ou SPÉCIFIQUES.
I. Causes prédisposantes. — Les causes prédisposantes sont celles qui exercent sur l’homme une action lente et progressive qui, par un mécanisme que nous ignorons encore, le préparent au développement d’une maladie. Elles sont prédisposâmes générales, lorsque leur action s’étend à un grand nombre d’individus à la fois, comme les divers états de l’atmosphère, les saisons, les climats, la lumière, etc. Elles sont prédisposantes individuelles, lorsque leur action ne s’exerce que sur un individu isolé, lorsqu’elles lui appartiennent en propre, en quelque sorte, comme l’âge, le tempérament, la constitution, l’hérédité, l’habitude, la profession, etc.
IL Causes occasionnelles ou déterminantes. — Les causes occasionnelles ou déterminantes sont celles qui, impuissantes à produire une maladie à elles seules, peuvent la faire éclater lorsque l’individu a déjà subi l’influence des causes prédisposantes. L’action du froid, les variations brusques de la température, les impressions morales, la suppression subite de la sueur, des règles, du lait, etc.,^ sont parmi les causes occasionnelles, celles dont l’action est le plus souvent démontrée.
Certaines causes sont en même temps prédisposantes et occasionnelles ou déterminantes : ainsi, la station debout habituelle et prolongée prédispose aux varices et peut en outre occasionner l’augmentation de leur volume et leur ulcération lorsqu’elles existent.
IIL Causes accidentelles, spéciales et spécifiques. — Les causes accidentelles sont les violences extérieures et les traumatismes quels qu’ils soient. Parmi les causes spéciales, nous citerons les animaux parasites, tels que acarus, trichines, tænia, lombrics et autres vers intestinaux, etc. Quant aux causes spécifiques, les principales sont les effluves, les miasmes, les poisons, les venins et les ■''irus. D' Paul Labarthe.
CAUSTIQUES. — On désigne sous ce nom les corps qui ont la propriété d’altérer ou de détruire profondément l’organisation des tissus sur lesquels on les applique. Parmi les caustiques, les uns sont très actifs et produisent de véritables eschares, les autres ont une action faible et ne produisent que des cautérisations superficielles. Les premiers ont reçu le nom d^eschar cliques, les seconds, celui de cathérétiques ou corrosifs (V. ces mots).
11 y a des caustiques solides et des caustiques LIQUIDES. Parmi les caustiques solides les plus usités, nous citerons le nitrate d'argent ou pierre infernale ; le chlorure de zinc, qui fait la base de la pâle de Canquoin; la potasse et la soude caustique ; la pâte de Vienne et le caustique Filhos, composé
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de 40 parties de potasse caustique et de 60 parties de chaux vive ; l’ocide arsénievx, qui fait la base de la pdfe de Romselot; le bichlorure de mercure, etc. (V. ces mots). Parmi les caustiques liquides, le nitrate acide de mercure, Vacide acétique, V acide nitrique fumant, Vacide sulfurique, Vacide chromique, Vacide chlorhydrique, sont ceux dont on se sert le plus habituellement (V. ces mots). p. l.
CAUTÈRE. — Le cautère, appelé aussi /on^icw/e, est un petit ulcère artificiel que l’on ouvre dans le but d’entretenir une suppuration constante sur un point déterminé du corps. Cette espèce d’exutoire est le plus souvent employée pour améliorer une affection générale ou pour modifier la crase du sang et des humeurs. On l’établit de préférence sur trois points différents, savoir : au bras, dans l’enfoncement qui correspond à l’insertion du deltoïde ; à la cuisse, à trois travers de doigt au-dessus du condyle interne du fémur ; à la jambe, à trois travers de doigt au-dessous du condyle interne du tibia. On l’établit aussi quelquefois à la nuque, sur les côtés de la colone vertébrale ou auprès d’une articulation comme moyen dérivatif pour certaines maladies du voisinage.
Un cautère peut être ouvert avec le bistouri, le vésicatoire ou les caustiques. Si Fon se sert du bistouri pour cette petite opération, on incise les téguments sur une étendue de un à deux centimètres et à la profondeur de la couche celluleuse sous-cuta- ^née; on emplit cette plaie d’une boulette de charpie Wen serrée qu’on recouvre d’un plumasseau et d’un bandage approprié. Trois ou quatre jours après, au moment où doit apparaître la suppuration, l’appareil est retiré et remplacé par un pois sec qu’on change tous les jours ou plus souvent.
Si l’on se sert du vésicatoire pour établir un cautère, on applique le pois sur la peau dénudée et on ly maintient avec un morceau de diachylon; ce pois, préalablement recouvert de pommade épispastique, finit par se creuser un trou au milieu de la surface suppurante. Ce procédé est moins expéditif et ne donne pas toujours de bons résultats.
Le meilleur moyen pour ouvrir un cautère qui doit suppurer longtemps consiste dans l’emploi des caustiques :1a potasse caustique et la pâte devienne sont depuis de longues années consacrées à cet usage. La première n’agit qu’en cinq ou six heures tandis que dix minutes sufiisent à la seconde pour prodmre une eschare semblable à la première. Une fois l’eschare formée, ou bien on la laisse tomber et l’on ne met le pois qu’après la chute qui a lieu du dixième au vingtième jour, ou bien on la fend crucialement, on dissèque les lambeaux et l’on met au centre de la plaie un pois fixé par un emplâtre de diachylon. Dans ces conditions, il est facile d’entretenir la suppuration à cause du peu de tendance qu’a la plaie à se cicatriser, on observe tout le contraire lorsque le cautère a été établi avec l’instrument tranchant ou le vésicatoire.
Pour bien conduire un cautère, il faut faire deux pansements par jour, enfoncer chaque fois un pois sec ordinaire et mieux un pois élastique Le Ferdriel dans le trou, le recouvrir avec une feuille de lierre, mettre par-dessus une compresse en
fil et maintenir le tout avec un tour de bande quelconque, ayant soin de ne pas trop serrer pouj. laisser la circulation du sang libre et éviter les bourrelets de chair. Dans certains cas où le cautère tend à se fermer, il faut entretenir la suppuration en roulant le pois dans un peu de pommade épispastique avant de le placer, ou mieux en employant le pois élastique Le Perdriel au garou. De cette manière le cautère coulera tout le temps qu’il sera nécessaire et l’on aura ainsi un puissant dérivatif contre une foule de maladies chroniques, menaçant de plus ou moins près les individus qui en sont affectés. La bronchite chronique, la phthisie pulmonaire caséeuse, l’ulcère de l’estomac, les engorgements ganglionnaires ou viscéraux seront les principales affections morbides que ce précieux révulsif guérira ou améliorera infailliblement.
A une époque où la diathèse scrofuleuse joue un si grand rôle dans la gravité des maladies, les dépuratifs aidés des dérivatifs produiront sur certaines constitutions délabrées les meilleurs résultats. 11 est à regretter que la médecine actuelle, dirigeant un peu trop ses tendances vers l’emploi des alcaloïdes, néglige beaucoup trop aujourd’hui ces efficaces moyens. D" Marc. Camboulives.
CAUTÈRES. — Les cautères sont des [instruments en métal dont on se sert pour cautériser après les
Fig. 232.
Diverses formes de cautère actuel.
avoir préalablement chauffés au rouge. Les principaux cautères employés en chirurgie sont les eau-
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ttres actuels, les cautères électriques et le thermocautère.
Le cautère actuel est un instrument en fer, plus souvent en acier, que l’on fait rougir au feu et que l’on applique immédiatement sur la partie à cautériser. Les formes du cautère actuel varient à l’infini, ainsi que l’on peut s’en rendre compte par les divers modèles représentés dans la figure 232, selon la conformation de la partie sur laquelle on veut opérer et le genre de cautérisation qu’on veut pratiquer. Tous ces divers cautères peuvent se monter sur un manche commun. Quant au degré auquel on doit les chauffer, il varie du rouge hlanc au rouge gris.
Lorsqu’on applique le cautère actuel sur une partie quelconque du corps, il faut toujours prendre un certain nombre de précautions : nettoyage complet préalable de la plaie ; préservation des parties environnantes, au moyen de compresses imbibées d’eau, dans laquelle on a fait dissoudre de l’alun, ou, comme le faisait Voillemier, au moyen de plusieurs badigeonnages de coUodion ; se servir d’une canule métallique pour introduire le cautère, lorsqu’on le porte dans une cavité ou dans un trajet fîstuleux, etc.
L’application du cautère actuel détermine une douleur excessivement vive, mais dont l’intensité est en raison inverse de la chaleur de l’instrument. Cette application produit immédiatement une eschare noirâtre, dont l’épaisseur est subordonnée à la température du cautère et à la durée de son contact avec les tissus. Cette eschare se détache plus vite que l’eschare produite par les caustiques, en laissant au-dessous d’elle une plaie plus large que sa propre superficie, mais qui guérit, en général, assez rapidement.
Le cautère électrique est un instrument en platine, à formes variées, qui agit comme le fer rouge, mais qui est chauffé au moyen d’un courant électrique (V. Galvano caustique).
Quant au thermo-cautère, dont notre très ingénieux ami, le D' Paquelin, a enrichi l’arsenal chirurgical et qui remplace dans la grande majorité des cas le fer rouge et le galvano-cautère, nous renvoyons pour sa description à l’article Thermocautère. D' Paul Labarthe.
■ CâïïTERETS (eaux minéeaies de). — Cauterets est une charmante petite ville des Hautes-Pyrénées, et la station la plus fréquentée comme la plus utile de la région : située à près de 1,000 mètres d’altitude, au fond d’une vallée bien abritée, elle possède un climat doux et sain. La notoriété de ses eaux remonte au temps de Charlemagne et lui est probablement antérieure.
Les eaux sulfiireuses, sodiques, alcalines et thermales de Cauterets donnent un débit de près de deux millions de litres par jour, alimentant neuf Et^lissements et trois buvettes séparées. Dans la viUe même, se trouvent les Thermes, les Néo-thermes, les Thermes des Œufs, Pause-Vieux, Pause- Nouveau et la Vieille buvette de César. Au sud, à 1,200 ou 1,500 mètres de distance sont la Raillère ^ sa buvette incomparable, les établissements du Petü-Saint-Sauveur, du Ré, du Bois, et les deux buvettes de Mauhouraf.
La température de ces eaux varie de 34" a 56" C. Les travaux de Filhol et O. Reveil, et ceux plus récents du D' Garrigou (de Luchou) ont bien fait connaître leur composition, qui est très variée.
Embouteillées, ces eaux supportent sans grande altération leur transport au loin, et perdent proportionnellement moins de leurs principes que les autres eaux sulfureuses; elles sont aussi beaucoup moins altérées par la pulvérisation, comme l’a montré dernièrement notre savant camarade le D'’ Duhourcau, dont le nom prend de jour en jour plus d’autorité en hydrologie, et sont par conséquent préférables, pour l’exportation, à toutes leurs similaires.
Les installations des établissements, des plus complètes, permettent d’utiliser sur place ces richesses thermales et de les approprier, selon les indications des médecins, à la cure de très nombreuses affections.
Parmi celles que l’on guérit le plus sûrement à Cauterets, il faut citer en première ligne les affections dé la gorge, les angines, les laryngites, les maladies du nez et des oreilles, les affections pulmonaires, catarrhes, asthmes, emphysèmes, pleurésies, et enfin la phthisie. Cette terrible maladie trouve dans l’eau de la Raillère un de ses plus puissants remèdes qui, aidé de l’eau de Mauhourat, double les chances de guérison. Dans certains cas déterminés même, Mauhourat combat ou permet d’éviter certains inconvénients qu’on pourrait avoir à redouter de l’action énergique des eaux de la Raillère.
Autant celle-ci et César ont d’heureux effets dans toutes les affections des bronches et du poumon, autant Mauhourat, de son côté, agit efficacement contre les maladies des voies digestives, les dyspepsies, les gastralgies, le rhumatisme intestinal et les entérites.
Les diathèses herpétique et rhumatismale trouvent dans les bains des Espagnols, du Ré, des (Eufs et du Rois, de puissants agents qui modifient leurs influences fâcheuses ou leurs effets.
Les maladies de la peau sont traitées efficacement par les mêmes bains ou par ceux de Pause- Vieux.
La scrofule et ses manifestations, la chlorose, l’anémie, les cachexies trouvent dans les eaux de Cauterets des modificateurs actifs et des toniques reconstituants.
Les maladies des femmes sont avantageusement traitées par les bains du Petit-Saint-Sauveur et du Rocher.
Les affections des reins, de la prostate et de la vessie, ceUes des voies génitales retirent d’exceUents effets de ces eaux ou de celles des Œufs, dont l’installation balnéaire est remarquable.
Dans la syphilis les eaux de Cauterets rendent de réels services ; au premier rang il faut placer les bains très sulfureux de la RaiUère ou des eaux mercurieUes du Petit-Saint-Sauveur.
Les affections du système nerveux, congestions de la moeUe, ataxie locomotrice, paralysies, retirent souvent des améliorations durables de l’usage des eaux des Œufs.
Enfin, bien que Barèges semble avoir la spécia-
lilé du traitement des affections chirurgicales, blessures de guerre, luxations, caries osseuses, ulcères, etc., les eaux sulfureuses fortes de César, des Espagnols, du Bois, peuvent enregistrer sur ce terrain de nombreuses guérisons.
Ainsi que l’a fait ressortir le D'’ Duhourcau (de Cauterets) dans ses écrits déjà nombreux, tous ces effets sont dus, non seulement aux principes sulfureux, salins ou gazeux de ces eaux, mais aussi à leur température, à l’électricité qu’elles dégagent, et à la façon habile dont elles sont utilisées.
D' Paul Labarthe.
CAVERNEUX. — Qualificatif employé en anat mie pour désigner certaines parties des divers or' ganes. Ainsi on appelle corps caverneux, les deu' cylindres qui forment les deux tiers du volume d* la verge (V. Verge) ; — artères caverneuses, les bran ches fournies aux corps caverneux par l’artère honteuse interne, etc. — En pathologie, on donne le nom de bruits caverne wx aux bruits sonores crue l’on perçoit pendant la respiration, la voix et la toux, en auscultant la poitrine des individus tuberculeux dans les poumons desquels existent des cavernes. P, £
CAUTÉRISATION. — La cautérisation est une méthode thérapeutique qui a pour but de modifie) de désorganiser ou de détruire des tissus sains ou malades, à l’aide des tères ou des caustiques.
Lorsque la cautérisation est faite avec des cautères, elle est dite actuelle, lorsqu’elle est pratiquée avec des caustiques, elle est appelée potentielle.
Il existe plusieurs variétés de cautérisation ACTUELLE t 1° La cautérisation inhérente, qui consiste à appliquer un cautère chauffé au rouge sur la partie que l’on veut désorganiser; la cautérisation transcurrgnté, qui consiste à promener très légèrement et très rapidement sur la peau un coxAêre, cultellaire, de façon à ne pas désorganiser toute l’épaisseur du derme et à produire simplement ce qu’on appelle les raies Jeu\ la cautérisation ponctuée,, qui consiste à appliquer sur la peau, de distance en distance, un cautère en pointe, de façon à désorganiser toute l’épaisseur du derme, à la couvrir de ce qu’on appelle \e,s, pointes de feu. n
Quant à la cautérisation potentielle, elle peut être obtenue par les caustiques liquifèants qui produisent une eschare molle, ou par les caustiques coagulants, dont l’eschare est au contraire sèche et solide. P. L.
Fig.
8. Veine cave supérieure formée par la réunion des deux troncs veineux broclûocéphaliques. — 1, 2, 3, 4, 5. Poumons. — 6, 7. Cœur enfermé dans le péricarde.— 9, 10. Veines sous-clavières. — 11, 12. Veines jugulaires internes. — 13. Artère carotide primitive. — .13. Nerf phrémique. — 16, 17. Coupe des feuillets pleuraux. — 18. Face supérieure du diaphragme.
G AU VAL AT (eaux minérales de).’ — Cauvalat est un petit village situé à un kilomètre de Le Vigan, sous-préfecture du département du Gard, dans une gorge pittoresque, au milieu d’un pays qui réunit toutes les beautés des Pyrénées et de la Suisse, dont les eaux minérales sulfatées calciques|faibles alimentent un bel établissement où on les administre en boisson, en bains et en douches, dans les catarrhes des voies respiratoires, les rhumatismes et certaines maladies de peau. p, £
CAVALIERS. — Hygiène privée. — (V. Équitation. )
CAVERNE. — On* donne ce nom à l’excavation ç[ui se forme dans les poumons à la suite du ramollissement et de la fonte des tubercules (V. Tuberculose, Phthisie). P. £,
le sang veineux de toutes les parties du corps, si ce n’est toutefois celui des parois du cœur lui-même : la veine cave supérieure et la veine cave inférieure.
La veine cave supérieure, appelée encore thoracique ou descendante, reçoit le sang veineux qui vient de la tète, de la poitrine et des membres supérieurs, c’est-à-dire de toute la région sus-diaphragmatique du corps. Elle est formée par la réunion des deux troncs veineux brachio-céphaliques, commence au-dessous du cartilage de la première cùte droite, descend verticalement derrière le bord droit du sternum, et va se jeter, après un trajet de 4 à O centimètres de longueur, en décrivant une légère courbure à concavité dirigée à gauche, dans
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CAYAPONA. — On appelle ainsi un arbre du Brésil de la famille des cucurbitacées, dont le principe actif, connu sous le nom de cayaponine, est employé avec succès au Brésil et dans l’Amérique centrale, comme purgatif. La cayaponine est très active et purge sans douleur ni coliques à la dose minime de cinq à six milligrammes , en provoquant des selles séreuses et abondantes. P. L.
rieure. — 1. Diaphragme vu par sa face inferieure. — 2. Œsophage. — Ouverture aortique du diaphragme. — 5. Muscle carré, des lombes. — C Muscle transverse de l’abdomen. — 7. Portion iliaque du muscle psoas iliaque ; on voit qu’elle tapisse toute la face interne de la fosse iliaque : la longue portion descend sur les côtés de la colonne lombaire. — 8. Muscle pectiné. — 9. Muscle couturier. — 10. Muscle tenseur du fascia lata. — 11. — Muscle triceps fémoral. —12. Aorte. — 13. Artère iliaque primitive droite. — 14. Artère iliaque interne ou hypogastrique. — 15. Artère iliaque externe. — 16. Tronc coeliaque. — 17. Artère mésentérique supérieure. — 18. Artère rénale. — 19. Ajtère spermatique., 20. Ai-tère mésentérique inférieure. — 21. Artère circonflexe iliaque. — 22. Artère épigastrique. — 23.' Artère et veine sacrée moyenne. — 24. Veine rénale. — 25. Veine iliaque primitive du côté gauche. — 26. Veine spermatique. — 27. Reins. — 28. Capsule surrénale. — 29. Uretère. — 30. Rectum. — 31. Vessie. — . .32. Canal déférent. — 33. Veine saphène interne. — 34. Ligament suspenseur de la verge. — .35. Arcade crurale. — 36. Nerf crural placé entre les deux portions du muscle psoas iliaque.-
nale ou ascendante, reçoit le sang veineux qui vient de toute la r^ion sous-diaphragmatique du corps. Elle est formée par la réunion des deux veines iliaques primitives au niveau de l’articulation de la quatrième vertèbre lombaire avec la cinquième ; de là elle monte verticalement le long de la partie
CÉCITÉ. — On appelle ainsi l’état d’un individu privé de la lumière, aveugle par suite d’une amaurose, d’une cataracte ou de diverses autres affections des yeux. p. l.
CÈDRON. — Le cédron est un arbre de la famille des simaroubées, originaire des régions tropicales de l’Afrique, ayant l’aspect et le port d’un palmier, dont les fruits et les semences sont doués de propriétés fébrifuges manifestes, quoique moins sûres que celles du sulfate de quinine, et passent, mais à tort, pour un antidote des morsures des serpents et des chiens enragés. L’action du cédron paraît due à un principe résineux, très amer, très soluble dans l’eau et non cristaUisable, désigné sous le nom de cédrine. D’après les expériences de Dujardin- Beaumetz et Respetro, communiquées en 1881 à l’Académie des sciences, la cédrine tue un lapin à la dose de 10 centigrammes, et 4 milligrammes en injection hypodermique chez l’homme provoquent des vertiges. p. L.
l’oreillette droite, s’ouvrant à la partie supérieure de cette cavité. Dans ce trajet, elle reçoit au niveau du péricarde, la grande veine azygos qui s’omTe dans sa partie postérieure.
inférieure appelée encore ahdom'-
latérale droite de la colonne vertébrale, parallèlement à l’aorte, se dirige un peu à droite au niveau du foie, passe dans le sillon qui se trouve à la face inférieure et au bord postérieur de cet organe, traverse le diaphragme, soulève le feuillet séreux du péricarde dans une étendue de 3 à 4 centimètres, se dirige à gauche et va s’ouvrir dans la partie inférieure et postérieure de l’oreillette droite du cœur. Dans ce trajet, elle reçoit les veines sus^hépathiques, sacrée moyenne, lombaires, spermatique gauche, rénales, capsulaires moyennes et diaphragmatiques inferieures.
D' Paul Labarthe.
CAVIAR. — On donne ce nom à un aliment préparé avec les œufs de différentes espèces de poissons, mais principalement avec les œufs d’esturgeon. La variété d’esturgeon connue sous le nom de sterlet est celle qui fournit le caviar le plus délicat le plus recherché. C’est surtout en Russie, où l’esturgeon est très commun, que le caviar joue un grand rôle dans l’alimentation. Et, de fait, d’après Payen, il renfermerait plus de substances assimilables que la viande de bœuf; on le prépare en salant les œufs lavés et débarrassés de leur pellicule, et en les entassant dans des barils où on les conserve, p. l.
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CEINTURE. — Considérée comme partie du vêtement, la ceinture est une bande d’étoffe ou de cuir, de largeur et de forme variables, destinée à entourer le corps au niveau des hanches et de la paroi abdominale, pour retenir le pantalon, ou pour renforcer les parois abdominales chez ceux qui se livrent à des exercices et à des efforts violents, ou encore pour préserver l’abdomen et le bas des reins de l’action du froid.
Considérée au point de vue chirurgical, la ceinture est un appareil en coutil, en tissu élastique ou en peau de chien, muni de boucles, qui prend son point d’appui sur toute la circonférence qu’il enveloppe. Les ceintures prennent le nom d’oôdominaZe, di' hypogastrique ou diombilicale suivant qu’elles sont destinées à être employées chez la femme dans les maladies des organes du petit bassin ou pour contenir les hernies ombilicales (V. Abdominale, Hypogastrique, Ombilicale). p. l.
CEINTURE HUMIDE. — La ceinture humide est un procédé hydrothérapique qui consiste en une compresse mouillée placée sur la région épigastrique, abdominale et hypogastrique, maintenue par une compresse sèche ou par une ceinture molleton. Ce n’est en somme qu’une compresse excitante qui peut rester appliquée pendant longtemps ; quelques malades la gardent pendant le repas, à la promenade et même toute la nuit.
La ceinture que nous employons habituellement se compose d’une bande de toile assez large pour couvrir l’épigastre et le ventre, et assez longue pour faire trois ou quatre fois le tour du corps. A l’une des extrémités sont attachés deux ou trois rubans qui servent à la fixer. Pour l’appliquer, on mouille l’extrémité qui n’a pas de rubans, on exprime l’eau qu’elle contient et on place la partie humide sur la région abdominale en ayant soin d’éviter qu’elle forme des plis ; on recouvre avec soin cette portion de ceinture avec ce qui reste de la bande de toile, de manière à empêcher l’air de pénétrer. Le malade s’habille, puis se promène ou se repose, suivant les circonstances et conserve la ceinture environ deux ou trois heures. Cette application qu’on peut, du reste, renouveler plusieurs fois dans la même journée, détermine une excitation dont l’influence est incontestable sur les engorgements chroniques et sur l’atonie des différents organes contenus dans l’abdomen, sur le météorisme, sur la constipation et sur cet état morbide qu’on désigne sous le nom de pléthore abdominale.
D' Béni-Barde.
CÉLERI. — Le céleri n’est autre chose que Vache des marais (V. Aehe) cultivée pour notre alimentation sous forme de céleri ordinaire et de cêleri-rave. En salade ou à la Russe, le céleri est d’une digestion difftcile, malgré sa saveur; cuit au jus, au contraire, il devient facile à digérer. De toutes les façons, c’est un aliment peu nourrissant. p. l
CELLES (eaux MINÉRALES DE). — Celles est un petit hameau, situé dans l’Ardèche, à quelques minutes de La Voiilte, dont les eaux minérales bicarbonatées calciques, très chargées d’acide carbonique, sont ad¬
ministrées en bains, en boisson, en douches l’acide carbonique en inhalations, dans un étabV^^ sement confortable, aux malades atteints de km' phatisme, de scrofule, de maladies de l’appareil res' piratoire, et de certains engorgements de l’utérus
CELLULAIRE. — Qualificatif dont la signification varie suivant le mot auquel on l’applique.
Tissu cellulaire. — On donne le nom de tissu cellulaire, conjonctif ou lamineux, à un tissu qui est destiné à combler les intervalles que les organes laissent entre eux, à les isoler les uns des autres à les protéger et à faciliter leurs mouvements. Il est répandu à peu près par tout le corps et présente trois variétés : le tissu cellulaire sous-cutané le tissu cellulaire profond ou sous-aponévrotique et le tissu cellulaire splanchnique.
Le TISSU CELLULAIRE SOUS-CUTANÉ forme au-dessous de la peau une couche, partout en communication avec elle-même, qui occupe tout l’espace compris entre la peau et l’aponévrose et qui communique en plusieurs points avec le tissu cellulaire sous-aponévrotique, notamment à la racine des membres. Velpeau divisait le tissu cellulaire en deux couches : la première ou couche aréolaire, .située immédiatement sous le derme, renferme une plus ou moins grande quantité de graisse, et la couche lamelleuse onfacia super ficiales, plus profonde, disposée en membranes ou lamelles, entre lesquelles serpentent les veines et les nerfs sous-cutanés.
Le TISSU CELLULAIRE PROFOND OÙ SOUSrAPONÉVRO-
TiQUE- entoure les muscles, les vaisseaux et les nerfs et est aussi partout en continuité avec lui-même. Il accompagne les vaisseaux et établit ainsi une communication importante entre le tissu cellulaire sous-cutané et le tissu cellulaire splanchnique.
Le TISSU CELLULAIRE SPLANCHNIQUE est rare dans la cavité crânienne, où il en existe à peine une très légère couche qui concourt à la formation de la pie-mère ; celui du thorax est situé dans le médiastin qu’il occupe tout entier, formant une sorte d’atmosphère ceUulo- graisseuse dans laquelle sont plongés tous les organes de cette région importante; celui de la cavité abdominale est rare et serré autour des viscères, sous le péritoine viscéral et très abondant à la face profonde du péritoine pariétal, surtout dans les régions lombaire, pelvienne et iliaque.
Le tissu cellulaire qui se présente à l’œil nu sous l’aspect de lamelles rosées sur le vivant et blanchâtres sur le cadavre, est constitué essentiellement par des lamelles minces, limitant des aréoles ou cellules communiquant entre elles et dans lesquelles est déposée la substance graisseuse. Lorsque cette substance graisseuse existe dans des proportions considérables, on dit que l’individu est atteint de polysarcie (V. ce mot).
Le tissu cellulaire joue un rôle considérable dans les phénomènes de Vinjlammation et de la suppu- ration (V. ces mots).
Théorie cellulaire. — On donne ce nom à une théorie d’après laquelle la ceZZwZe serait l’origine de tous les autres éléments anatomiques qui conipO"
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sent nos tissus. Tous ces éléments dériveraient directement, et par un simple changement de forme ou par soudure, des cellules qui, primitivement constituent l’embryon. D’’ paix labaethe.
CELLULE. — La cellule est la forme la plus élémentaire de l’organisme vivant, le corps le plus simple, irréductible en parties plus simples, autrement que par destruction mécanique ou par décomposition chimique. La céllule, en un mot, est l’élément anatomique par excellence, d’où dérivent toutes les autres formes d’éléments anatomiques. Sa forme, primitivement sphérique, peut devenir polyédrique, aplatie, lamellaire, étoilée, etc., et ses dimensions, généralement égalés dans tous les sens ou à peu près, varient de 1 millième de millimètre à un dixième. En général, incolore et très élastique, la cellule, lorsqu’elle est complète, se compose d’une masse fondamentale ou corps pleine ou creusée d’une cavité et pourvue d’un noyau contenant un ou plusieurs nucléoles. Beaucoup de cellules ne possèdent pas de cavité' et sont par conséquent dépourvues d’enveloppes; elles ont reçu le nom de proloblastes. La cellule peut aussi manquer de noyau et par suite de nucléoles.
Les .cellules sont des éléments anatomiques vivants, ayant une existence propre, indépendante; elles sont le siège de phénomènes nutritifs d’assimüation et de désassimilation, présentent des mouvements vibratiles et contractiles, se développent, se reproduisent en se segmentant et se changent en éléments anatomiques tels que fibres, canaux, tubes, etc., enfin, disparaissent en tant que cellules par chute mécanique, par transformation chimique, graisseuse le plus souvent, ou par liquéfaction en fournissant des matériaux à différentes sécrétions. D' Paul Labaethe.
CELLULOÏD. — Hygiène industrielle et privée.
— Le celluloïd est un produit industriel inventé en 1869 par un Américain nommé Hyati, mais qui n’a pris une place importante dans la fabrication des articles de Paris que dans ces dernières années. C’est un corps solide, un peu plus pesant que l’eau, insoluble dans ce liquide, d’un aspect corné, qui sert à imiter l’ivoire, l’ébène, le corail, le lapis, l’ambre, l’écaille, etc., et avec lequel on fabrique des billes de billard, des peignes, des bagues, des broches, des boucles d’oreille, des porte-cigares, des étuis à cigarettes, des montures de lorgnon, des incrustations de bois de meubles, des pierres lithographiques et une foule d’autres objets.
Le ceUnloïd est une sorte de fulmi-coton légèrement modifié, coloré diversement et mélangé avec du camphre et d’autres corps gras et résineux, tous^ plus inflammables les uns que les autres. Voici comment M. Besançon, dans son rapport sur les travaux du Conseil d’hygiène de la Seine, décrit les procédés employés pour sa fabrication :
« Sur ime feuille de papier qui se déroule d’une manière continue, tombe un jet de liquide compose de 5 parties d’acide sulfurique et de 2 parties d acide nitrique, lequel transforme la cellulose en nne sorte de pyroxyhne (fulmi-coton) ; celle-ci est pressée pour enlever l’excès d’acide, puis lavée à
DlCnoXNAIEE POPULAIBE DE MÉDECEfE USUELLE.
grande eau jusqu’à disparition complète de toute trace d’acides. La pâte lavée, égouttée, séchée en partie dans une essoreuse, est broyée dans un moulin, puis mélangée avec du camphre. Le tout est repassé sous les meules, comprimé fortement et séché sous une presse hydraulique entre des feuilles de papier joseph, coupé, broyé, laminé, et enfin comprimé de nouveau dans des appareils spéciaux convenablement chauffés, d’où le celluloïd sort sous forme de plaques ou de baguettes translucides et élastiques. »
La fabrication du celluloïd, on le voit, expose à des dangers d’incendie et à des accidents de brûlures, qui nécessitent de la part des industriels et des ouvriers un certain nombre de précauiions formulées dans un arrêté du 7 octobre 1880. d’après l’avis du conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine.
Tous les objets fabriqués avec le celluloïd, lorsqu’ils sont un peu détériorés par l’usure, sont susceptibles d’entrer en combustion immédiate et d’être complètement détruits dès que la moindre étincelle de feu les atteint. Cette combustion peut être comparée à celle du phosphore, ou bien encore à celle d’une traînée de poudre. Les exemples d’accidents ne sont pas rares parmi les personnes qui portent des objets de toilette ou des parures en celluloïd.
M. Voinesson a vu la petite fille d’un gardien de la paix qui a eu les cheveux brûlés par la combustion d’un peigne de celluloïd en s’approchant trop près du feu ; une autre dont la tête a été complètement brûlée pour avoir approché trop près d’une lampe ses cheveux relevés par un peigne dè celluloïd; ü a vu aussi une ouvrière en perles, qui avait au doigt une bague de celluloïd imitant un serpent et qui s’est fait une brûlure très grave en allumant un réchaud. Moi-même, j’ai vu une petite fille jouant avec sa poupée, dont la tête, les oreilles et le cou étaient ornés de peignes, boucles d’oreilles et collier en celluloïd, brûler sa poupée qu’elle avait approchée d’une bougie et se brûler la figure et les mains en cherchant à éteindre le feu. Ces exemples suffisent, je pense, pour montrer tous les dangers des bijoux en celluloïd et faire comprendre à combien de dangers et d’accidents ils exposent ceux qui en sont porteurs. 'd>^ Paul Labaethe.
CELLULOSE. — On donne ce nom à un principe organique qui forme la partie fondamentale et essentielle des cellules végétales et que certains acides, l’acide sulfurique entre autres, transforment en dextrine. P. l.
CENTAURÉE (peute). — La petite centaurée, appelée aussi érèthrée, herbe au centaure, est une jolie plante annuelle, de la famiUe des gentianées, très commune en France où on la rencontre dans les bois taillis, au bord des haies et dans les prairies, à tige grêle un peu quadrangulaire, de 25 à 30 centimètres de hauteur, à feuilles opposées, sessües, ovales, d’un vert jaunâtre, et à jolies fleurs d’un rose tendre, qui s’épanouissent en juillet et août.
Les fleurs sont la seule partie usitée en médecine. D’une odeur très faible, elles ont une saveur
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amère franche très prononcée et jouissent de propriétés toniques apéritives, stomachiques, carminatives, fébrifuges et vermifuges. On les emploie comme tonique apéritif dans l’anorexie; comme stomachique dans les dyspepsies douloureuses; comme carminatif contre les flatuosités gastrointestinales, en poudre à la dose de 4 à 10 grammes, ou mieux en infusion à la dose de 10 à 30 grammes
Petite centaurée,
pour un litre d’eau avec laquelle on coupe le vin aux repas. On les conseille en décoction concentrée administrée en lavements froids contre les oxyures vermiculaires. Enfin, ses propriétés fébrifuges sont souvent mises à profit contre les fièvres intermittentes ordinaires, comme adjuvant du quinquina. Dans ces cas, on associe parfois la petite centaurée à la gentiane ou à la camomille.
D' Paul Labarthe.
CÊPB. — (Voyez Champignon.)
GEPEÀLÂL6IE. — Le mot céphalalgie sert à désigner une douleur de tête, ainsi que l’indique son étymologie.
Il est une chose digne de remarque, c’est que le siège anatomique et la physiologie pathologique de la céphalalgie sont encore inconnus.
La céphalalgie peut être générale, c’est-à-dire étendue à toute la tête, mais elle est plus souvent partielle et limitée soit à une moitié latérale (hémicrânie), soit à une région (frontale, occipitale), soit à un point (clou hystérique). Son intensité est très variable ; elle est aiguë ou sourde, légère ou violente, passagère ou continue; c’est tantôt une gêne, une lourdeur, une sensation de chaleur, de tension,
de constriction, tantôt des éclairs de douleur, desdéchirements, des pulsations, etc. ’
Il est rare que la céphalalgie ne s’accompagne pas de quelques troubles dans les organes des sens ^bo^donnements d’oreille, grande sensibilité à k lu! mière, etc.), et qu’elle n’étende son influence au delà du domaine cérébral, en particulier sur les voies digestives, d’où anorexie, nausé^j, vomissements Le malade est fatigué, courbaturé, triste ; il re! cherche le calme, le silence, l’obscurité, etc.
La marche de la céphalalgie n’a rien de fixe; elle est continue, intermittente, périodique, noclu - ne, etc. Sa durée présente les mêmes variétés que ses autres caractères.
La céphalalgie iSe rencontre dans un grand nombre d’affections très différentes, que nous allons passer en revue en adoptant l’ordre suivant : .
A. CÉPHALALGIES LIÉES A UNE LÉSION ORGANIQUE DE LA TÊTE. — 1» De la peau, des muscles et tissus fi-breux, des os du crâne. — Les téguments du crâne peuvent être le siège d’érysipèle, de phlegmon; on les reconnaît au gonflement œdémateux du cuir chevelu, devenu sensible à la pression, à l’engorgement douloureux des ganglions, etc.
Le nerf sous occipital et les filets du trijumeau qui se rendent au cuir chevelu peuvent être atteints de névralgies; il en résulte des éclairs de douleurs sur le trajet des nerfs malades, douleurs réveillées par une pression exercée au niveau des points d’émergence des principaux rameaux nerveux ; ces douleurs reviennent par accès, accès parfois périodiques.
Le rhumatisme du cuir chevelu, c’est-à-dire du muscle occipito-frontal, n’est point rare chez les personnes chauves, chez celles qui, pour un motif quelconque, ont la tête exposée au froid; il se traduit par une douleur superficielle générale augmentant par la pression ; cette douleur se distingue des névralgies en ce qu’elle est continue et générale au lieu de revenir par accès et de suivre le trajet d’un nerf.
Le cZoM Aysiénqwe, localisé dans un point de la tête, s’observe chez les personnes nerveuses, au milieu d’un ensemble de symptômes très significatifs.
Les douleurs de tête de nature syphilitique, douleurs si remarquables par leur intensité et leurs exaspérations nocturnes, se rattachent souvent à l’ostéo-périostite, à la nécrose, aux gommes des os du crâne; mais elles peuvent être indépendantes de toutes lésions appréciables; on les reconnaît à l’existence d’autres manifestations syphilitiques.
Le coryza peut produire une céphalalgie frontale très vive par extension de la phlegmasie aux sinus frontaur; l’otite peut entraîner la carie des os du crâne, des méningo-encéphalites, etc.
Le , maladies du fond de l’œil, et surtout le glaucome, donnent lieu à des douleurs de tête circumorbitaires fort remarquables.
2» nés centres nerveux. — La douleur de tête est très vive dans la première période des méningites; elle arrache au malade des cris plaintifs.
Le ramollissement cérébral donne lieu à une douleur de tête fixe, se prolongeant pendant des mois, I des années, jusqu’à la désorganisation complète des
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parties malades ; l’affaiblissement graduel de l’intelligence et de la motilité, les attaques apoplectiques caractérisent la nature de la maladie.
Les congpstions cérébrales s’accompagnent d’un sentiment de pesanteur et d’embarras plutôt que d’une douleur véritable.
Les tumeurs du cerveau peuvent être l’occasion de Couleurs fixes accompagnées de convulsions épileptiformes, de paralysies partielles, etc.
B. CÉPHALALGIE DANS LES FIÈVRES. — Toute fièvre,
quelle qu’en soit la nature, le point de départ, la durée (fièvres éruptives, fièvre typhoïde, fièvres paludéennes, fièvre traumatique, etc.), détermine une céphalalgie dont la valeur séméotique est rendue bien faible par cette généralisation.
D. Céphalalgie dans les maladies éloignées de l’encéphale. — Les liens sympathiques qui unissent les systèmes cérébral et digestif ont, de tout temps, appelé l’attention des médecins, et nous expliquent la fréquence des douleurs de tête dans la plupart des maladies de Vestomac et de L’intestin.
Ainsi la céphalalgie accompagne l’indigestion, l’embarras gastrique, les diverses formes de dyspepsie; on l’observe également dans la constipation, dans l’affection vermineuse, etc.
Appareil respiratoire et circulatoire. — Les maladies fébriles du poumon et de la plèvre donnent I fréquemment lieu à de la céphalalgie ; en cela elles ; ressemblent à toutes les affections fébriles. Cette douleur de tête ne présente, d’ailleurs, aucun caractère qui la rende utile au diagnostic. Les maladies du cœur ne s’accompagnent de céphalalgie que dans leur période ultime, alors que les désordres de la circulation ont produit la congestion et l’œdème des viscères.
D. Céphalalgie dans les anémies et les intoxications. — Les douleurs de tête sont très fréquentes chez les anémiques et les chloro-anémiques ; elles se rencontrent presque constamment dans toutes les intoxications (tabac, alcool, plomb, opium, vapeurs de charbon, iode, copahu, etc.). Chose remarquable, la pléthore détermine une céphalalgie semblable à celle de l’anémie ; rien n’est plus ordinaire que la pesanteur de tête ches les gens habitués aux écoulements sanguins fhémorrhoïdes), chez les femmes à l’époque de la ménopause.
E. Céphalalgie dans les névroses. — Toutes les névroses (hystérie, chorée, épilepsie, hypochpndrie) déterminent des maux de tête plus ou moins intenses.
F. Céphaialgie dans les diathèses. — La goutte, le rhumatisme, la syphilis, donnent lieu à des douleurs de tête plus ou moins vives. D’après Bazin, la diathèse herpétique produit une céphalalgie vive, lancinante et partielle, tandis que la diathèse arthritique engendre la pesanteur et la lourdeur de la tête plutôt qu’une douleur aiguë.
Telles sont les principales circonstances dans lesquelles on observe la céphalalgie. On conçoit que son traitement variera avec l’état pathologique qu elle accompagne. D'^ Léon motnac.
CÉPHALÆMATOME. — On désigne sous ce nom une tumeur , formée de sang épanché, et qu’on observe sur la tête de l’enfant nouveau-né. U ne faut
pas la confondre avec la bosse séro-sanguine qui se remarque aussitôt après la naissance, tandis que le céphalæmatome passe le plus souvent inaperçu à ce moment, et ce n’est que le lendemain ou les jours suivants qu’on remarque sa présence.
Cette tumeur assez rare (1 fois sur 250 environ) siège de préférence sur les pariétaux, très rarement sur l’occipital ou le frontal. Presque toujours unique, on peut cependant observer deux et même trois céphalæmatomes sur la même tête. Jamais la tumeur ne passe dessus une suture ou une fontenelle. Elle reste toujours limitée à la surface osseuse où elle a pris naissance. Son volume est très
Fig. 236. — Cavité d’un céphalæmatome dont on a retiré le sang, — A. B. Dissection du cuir chevelu et du périoste qui recouvraient la tumeur et en formaient la partie supérieure. — C. Bourrelet osseux circonscrivant le céphalæmatome. — D. Surface de l’os en contact avec le sang.
variable, depuis la grosseur d’une noisette jusqu’à celle d’un œuf de dinde et même davantage; elle forme sous la peau du crâne une saillie arrondie, ovoïde, plus ou moins tendue, fluctuante, et totalement insensible. La peau qui la recouvre ne présente pas de coloration particulière, à moins que le céphalæmatome ne soit en même temps le siège de l’infiltration séro-sanguine résultant du travail de l’accouchement.
Dès le début de sa formation le céphalæmatome ne contient que du sang épanché plus ou moins fluide, placé dans une cavité formée par le soulèvement du périoste. La surface de l’os en contact avec le sang reste lisse pendant les premiers jours qui suivent la formation de l’épanchement, mais eUe ne tarde pas à devenir rugueuse et à présenter des aspérités plus ou moins prononcées pendant les semaines suivantes. En même temps il se produit au point où le périoste soulevé vient rejoindre l’os, au pourtour de la tumeur, un bourrelet osseux de forme Iriangulaire, qui enserre la tumeur, manquant rarement par places, et qui constitue un signe caractéristique de ce genre de production.
Il n’est pas facile de déterminer avec certitude
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les facteurs qui agissent dans la formation du céphalæmatome. Cependant, comme il s’observe sur des os d’où le périoste se décolle facilement, les auteurs ont admis que pendant le travail de l’accouchement, la tête fœtale poussée par les contractions utérines sur des surfaces plus ou moins dures pouvait subir des contusions diverses déterminant une sorte de glissement du périoste sur la surface. osseuse sous-jacente, et la production d’une cavité qui se remplit de sang, véritable thrombus péricrânieh.
En général, les céphalæmatomes abandonnés à eux-mêmes se résorbent graduellement. On peut dire que ceux-là seuls suppurent qui subissent des contusions subséquentes ou des traitements mal appropriés. Quant à la durée du travail de résorption, il est très variable. .Tantôt la tumeur disparaîtra dans l’espace de quinze jours, tantôt elle subsistera pendant six semaines, deux mois et même plus.
Quant au traitement, il faut mettre de côté toutes les méthodes chirurgicales, séton, cautère, incision et. même la ponction. L’expectation, aidée d’applications résolutives comme le vin, le vinaigre aromatique, l’eau-de-vie camphrée, l’eau blanche, etc., constitue la conduite la plus sage. On peut encore aider à la résolution en appliquant une légère compression sur la tumeur. Dr a. de Soyre.