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Amygdales cérébelleuses ou tonsUles

collée par des épanchements sanguins variables dans leur siège et leur étendue.

Que deviennent les parties contuses? On sait que la destruction d’une partie de l’encéphale n’est pas une lésion incurable; ainsi, lorsqu’il ne survient ni encéphalite, ni méningite, complications malheureusement trop fréquentes, les petits dépôts sanguins disséminés dans la pulpe nerveuse subissent la transformation graisseuse, ils se résorbent;

le foyer se cicatrise ou se transforme en u mais cette terminaison est fort rare.

Dupuytren établit que la contusion cérébral donnait lieu, au moment de sa production cun symptôme, et que, seulement vers le cinqui’^'^' ouïe sixième jour, les signes d’une méningo-en^ phalite (V. ce mot) révélaient la nature de la lési C’est là un grand fait clinique qui domine l’étud' de la contusion cérébrale, étude que nous divisero*^^ en deux parties comprenant : 1° les phénomène qui se passent depuis le moment de l’accideM jusqu’au troisième ou sixième jour; 2» les nomènes d’encéphalo-méningite. ^

1” période. — Elle n’offre pas toujours les mêmes caractères. Tantôt, comme l’enseignait Dupuytren, elle n’est caractérisée par aucun symptôme : après un étourdissement de courte durée, le blessé se relève, reprend sa marche, et la contusion ne peut être soupçonnée jusqu’à l’apparition des phénomènes inflammatoires. Tantôt il existe des convulsions (muscles des lèvres, des paupières, des membres), des contractures, de l’agitation, des paralysies partielles, surtout de quelques-uns des muscles de la face, et même une hémiplégie.

Quelques auteurs pensent que ces différences tiennent surtout au siège de la contusion; lorsqu’elle occupe la substance grise qui ne commande ni ,à la sensibilité, ni aux mouvements, il y a absence de symptômes.

Lorsque la contusion occupe la substance blanche de la partie centrale et de la base ^ de l’encéphale, on voit survenir les contractures et les convulsions au moment même de l’accident.

2' période. — Vers le cinquième ou sixième jour, la méningo - encéphabte, cette complication si fréquente, s’annonce par l’apparition de la fièvre, l’élévation de la température, qui atteint 39 à 40 degrés. En même temps que la fièvre, surviennent des convulsions, des contractures, des paralysies et du coma; le malade meurt du huitième au dixième jour.

Cependant la terminaison n’est pas constamment fatale ; nous avons vu, en effet, que certains foyers de contusion pouvaient se cicatriser..

Le traitement consiste, autant que possible, à prévenir le développement de la méningo - encéphalite ; les purgatifs, les émissions sanguines, les sangsues à la. nuque, la diète, le repos, remplissent ces D' Léon Moynac.

CERVELET. — Le cervelet est situé en arrière et au-dessous du cerveau ; ü est renfermé dans l’espace compris entre le repu transversal de la dure-mère appelée la tente du cervelet et les fosses occipitales inférieures. Cet organe est relié à la masse encéphalique par des prolongements de substance blanche appelés pédoncules cérébelleux qui sont distingués en supérieurs» moyens et intérieurs. Les pédoncules supérie^ le rattachent au cerveau ; les inférieurs au bulbe, et les moyens à la protubérance annulaire.

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Le cervelet est formé de deux lobes latéraux sé- Tiarés médian, dont les saillies supé¬

rieures et inférieures constituent les verrais superior et inferwr. Le verrais infmor se termine en avant par une extrémité libre, qui plonge dans la cavité du quatrième ventricule comme la luette dans la bouche : de là Ini est venu le nom de luette cérébelleuse. Latéralement la luette donne attache aux ^altules de Tarin, qui ont été comparées à fjjx nid d’hirondelles et ont été assimilées aux piliers du voile du palais. Pour compléter l’analogie avec l’isthme du gosier, on donne le nom d'amygdales cérébelleuses à deux saillies dites encore lobules du bulbe, qui recouvrent les valvules de Tarin.

La surface du cervelet est parcourue par des sillons nombreux et concentriques qui la divisent en segments, lames et lamelles.

Si l’on pratique une coupe verticale antéropostérieure dans l’un des hémisphères cérébelleux, on constate que le cervelet est constitué, comme le cerveau, par une masse centrale de substance blanche, enveloppée d’une couche de substance grise dont la disposition foliacée lui a fait donner le ^om d'arbre de vie.

Fonctions du cervelet. — Les fonctions du cervelet sont encore fort obscures ; cependant les expériences de Flourens, puis celles de Bouillaud, de Longet et de Vulpian, nous permettent de penser que cet organe sert à coordonner les mouvements volontaires de la préhension et de la locomotion. Il est le principal organe directeur de l’équilibration, de la station et de la marche. Un animal privé du cerveau, mais conservant le cervelet, demeure en équilibre et marche relativement bien.

M. Luys fait du cervelet le réservoir central de l’influx nerveux de la motricité, et explique l’incoordination des mouvements qui résulte d’une lésion d’un de ses hémisphères par l’inégale répartition de cet influx dans chaque moitié du corps.

D' G. WiTKOWSKI.

CERVICAL. — Mot employé pour qualifier tout ce qui a rapport au cou, principalement à sa partie postérieure.

On donne le nom de vertèbres cervicales aux vertèbres du cou qui sont au nombre d® sept. Les deux premières vertèbres cer- ''^cales sont l'atlas et l'axis (V. ce mot.)

On donne le nom d’artères cervicales à ^es artères qui se distribuent aux muscles cou et qui sont au nombre de quatre ;

Les veines cervicales sont du même nombre et suivent la même direction que les artères.

Les nerfs cervicaux sont au nombre de* huit. Ils

1 artère cervicale postérieure ou profonde,

.^1 naît de la partie postérieure et pronde de l’artère sous-clavière ; 2“ l’artère ervzcale transverse, qui naît de la sous-clavièro ;

1 artère cervicale superficielle, qui est une canche de l’artère Iran s verse; 4“ l’artère cervicale ^cendante, qui est fournie par l’artère thyroïdienne inférieure.

Fig. 247.

Coupe verticale de la tête et du cou dans laquelle on peut voir les rapports du cervelet, du cerveau, de l’isthme de l’encéphale et de la moelle épinière.

1. Faux du cerveau. — 2. Sinus longitudinal supérieur. — 3. Sinus droit — 4. Sinus longitudinal inférieur. — 5. Corps calleux. — 6. Face interne de l’hémisphère cérébral droit recouvert de la faux. — 7. Ventricule moyen. — 8. Cervelet. — 9. Isthme de l’encéphale. — 10. Moelle épinière. — 11. Cornet inférieur relevé pour laisser voir l’ouverture inférieure du canal nasal dans lequel une sonde a été engagée. — 12. Orifice de la trompe d’Eustache. — 13. Cornet moyen relevé et méat moyen. — 14. Entrée de de l’antre d’Higmore. — 15. Ouverture du sinus frontal. — 16. Cornet supérieur recouvrant le méat supérieur. — 17. Entrée des cellules sphénoïdales et éthmoïdales postérieures. — 18. Coupe du maxillaire supérieur. — 19. Voile du palais. — 20. Fossette amygdalienne. — 21. Coupe de la langue et fibres du muscle génio-glosse en forme d’éventail. — 22. Muscle génio -hyoïdien. — 23. Coupe du maxillaire inférieur. — 24. Cavité pharyngienne. — 25. Epiglotte. — 26. Replis aryténo-épiglottiques. — 27. Cartilage aryténoïde recouvert de sa membrane muqueuse. —28. Coupe du muscle aryténoïdien. — 29- Coupe du cartilage cricoïde. —30. Coupe du thyroïde — 3t. Coupe de l’os hyoïde. — 32. Membrane thyro-hyoïdienne. — 33. Ventricule du larynx. — 34. Corde vocale supérieure. — 35. Corde vocale infériem’e ou vraie. — 36. Trachée. — 37. Œsophage. — 38. Coupe du corps thyroïde.

naissent de chaque côté du commencement de la moelle par deux racines et sortent par les trous de conjugaison des vertèbres certicales.

Le plexus cervical est formé par l’anastomose des branches antérieures des quatre premiers nerfs

cervicaux et se divise en plexus superficiel et plexus profond.

On donne le nom de ganglions cervicaux aux trois ganglions que forme le nerf grand sympathique qui occupent le cou. Le supérieur, situé sous la base du crâne, au-dessus et en arrière du maxillaire inférieur, s’étend de l’orifice inférieur du canal carotidien à la troisième vertèbre cervicale; le moyen, situé au niveau de la cinquième et de la sixième vertèbre cervicale; l'inférieur, placé derrière l’artère vertébrale entre l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale et le col de la première côte.

On donne encore le nom de ganglions cervicaux, à des ganglions lymphatiques situés sur les côtés du cou et vers sa région postérieure.

On appelle ligament cervical, la partie du ligament vertébral commun qui occupé l’espase médian intermusculaire de la nuque, et revêt la partie antérieure et postérieure des vertèbres cervicales. Ce ligament, qui est très résistant, est un puissant auxiliaire des muscles extenseurs de la tête.

Enfin, on donne le nom à.'adénite cervicale aux inflammations des ganglions lymphatiques du cou, occasionnées surtout par la scrofule et la syphilis (V. ces mots). p. l.

CÉSARIENNE (opération). — L’opération césarienne a pour but l’extraction du fœtus par une voie artificielle déterminée par deux incisions, l’une qui intéresse le ventre de la femme enceinte et l’autre l’utérus. Quand le fœtus se trouve dans l’abdomen, soit par suite d’une grossesse extra-utérine, soit comme conséiiuence d’une rupture de l’utérus survenue pendant le travail, l’opération à laquelle donne lieu l’extraction de l’enfant dans ces deux cas, et qui ne comporte que l’ouverture de l’abdomen, a reçu le nom de gastrotomie (Voy. ce mot).

Le nom de Césarienne, donné à l’opération dont nous nous occupons en ce moment, a fait le sujet d’interprétations diverses ; Les uns pensent que Césarienne, comme César, vient du verbe cœso, couper, parce que l’un des Scipions fut ainsi extrait du ventre de sa mère qui venait d’expirer, et reçut pour cela le surnom de César. Ce fut le premier qui porta ce nom. Les autres croient, au contraire, que l’opération prit le nom de l’enfant qui venait de naître.

Quoiqu’il en soit, il est certain que cette opération, pratiquée sur la femme enceinte qui vient de mourir, est de date très ancienne ; mais il faut arriver vers l’an 1500 de notre ère pour trouver le premier fait authentique d’opération césarienne pratiquée sur la femme vivante. Ce serait un châtreur de cochons, nommé Jacques Nufer, qui aurait osé ouvrir le ventre et l’utérus de sa propre femme pour en extraire l’enfant que plusieurs sages-femmes avaient renoncé de pouvoir amener par les voies naturelles. Cette tentative eut un plein succès. Depuis cette époque l’opération césarienne fut pratiquée un très grand nombre de fois avec des résultats très divers, et, d’une manière générale, on peut dire que les succès furent très rares dans les pands centres et principalement dans les Maternités, tandis que dans les campagnes un bon tiers au moins de femmes opérées furent sauvées.

Indications. — Dans quels cas est-on appelé à courir à une opération aussi grave? L’accouche^' sera conduit à pratiquer l’opération césarien^ quand les voies naturelles seront obstrué.es d’un^ manière indestructible ou présenteront un rétrécis^ sement infranchissable. En effet, certaines tumeurs osseuses développées a la face antérieure du sacrum ou sur la surface interne des os iliaques, peuvent tellement rétrécir la filière pelvienne, qu’il devient impossible non seulement de faire passer un enfant, mais encore d’introduire au-dessus d’elles le forceps ou le céphalotribe.

Mais ce sont les rétrécissements du bassin produits par le rachitisme ou Vostéomalacie (Y. ces mots) qui fournissent les indications les plus nombreuses d’opérations césariennes.

Ce n’est pas ici le moment de discuter qu’elle est la limite du rétrécissement qui autorise à pratiquer l’opération dont il s’agit, ni si la vie oü la mort de l’enfant doit entrer plus ou moins en ligne de compte dans l’adoption de telle ou telle résolution. Ces questions générales trouveront mieux leur place ailleurs à l’article Dystocie, où nous poserons les indications précises pour toutes les opérations obstétriales réclamées par les vices de conformations du bassin. Je dirai seulement qu’en présence d’ un enfant mort, l’accoucheur devra faire tous ses efforts pour éviter à la mère les suites toujours si graves d’une opération césarienne, et qu’il ne devra avoir recours à ce mode de délivrance que s’il lui est absolument impossible de faire passer le fœtus, même mutilé, à travers les voies naturelles. Au contraire, si l’enfant est vivant et viable, il ne faut pas oublier que les progrès récents obtenus par la chirurgie dans les opérations abdominales, grâce à l’emploi des antiseptiques et à certaines méthodes nouvelles, comme pour le cas qui nous occupe, l’opération de Porro (voir Eystérotomié) ont augmenté dans une très large mesure la somme des chances de succès pour les opérées.

Si l’état de vie ou de mort de l’enfant doit influer considérablement sur la, décision que prendra l’accoucheur, l’état de santé de la mère devra également être pris en très sérieuse considération. Mais il ne faut pas oublier que la plus grande somme des opérations césariennes se pratique en quelque sorte d’urgence, que le médecin appelé se trouve, lapluy part du temps, en présence d’un travail commencé depuis longtemps et qui nécessite une prompte terminaison.

Quelque décision qu’on prenne, en pareil cas, il ne faut pas négliger de s’assurer le concours de quelques confrères, dont les conseils seront précieux dans une aussi grave circonstance. Inutile de dire que dans les cas où l’opération césarienne est prévue à l’avance, l’accoucheur a dû s’assurer contre les possibilités d’erreur, les causes d’insuccès, de quelque nature qu’elles soient.

L’opération étant décidée, on doit mettre la femme dans de bonnes conditions hygiéniques, la transporter à la campagne, si elle habité une viUe populeuse, avoir soin que la chambre où elle devra séjourner soit vaste, parfaitement propre, facile a aérer et à chauffer. Il faut en effet que, pendant l’opération, la température soit portée à 20 ou 25 de-

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grés centigrades. Du reste, les préparatifs anté- Heurs et les précautions antiseptiques seront les mêmes que pour Y ovariotomie (V. ce mot).

Inutile de dire qu’on devra être assuré de l’acnuiescement de la malade si elle est en état de comprendre, ou de sa famille dans le cas con-

^^océdé opératoire. — Des diverses méthodes nni ont été successivement proposées, le procédé de Deleurge, qui a préconisé l’incision de la ligne blanche, est aujourd’hui le seul employé.

L’opération comprend trois temps ; 1“ ouverture l’abdomen et de la matrice ; %° extraction du fœtus et de ses annexes ; 3° réunion des plaies et

^ 1“ L’incision de la paroi abdominale se fait comme nous l’avons dit sur la ligne blanche de l’ombilic, à 3 centimètres environ du pubis. Il faut que la longueur de l’incision soit de 25 centimètres.

Cette ouverture se fera d’un seul coup de bistouri, comprenant le derme et une partie du panicule graineux sous-jacent. On fait ensuite à l’aponévrose une petite boutonnière, par laquelle on introduit une sonde cannelée, et le bistouri, glissant dans la rainure de la sonde, prolonge en haut et en bas l’incision de l’aponévrose pour l’identifier avec celle de la peau.

On voit alors le globe utérin facile à reconnaître à sa couleur lie de vin. L’aide, dont les mains sont placées de chaque côté de la partie supérieure de l’incision, aura soin d’appliquer bien exactement les bords de cette ouverture contre le globe utérin et, comprimant ‘de haut en bas, de faire exécuter à la matrice un mouvement de bascule en avant qui la fasse saillir, en quelque sorte, à travers la plaie. En même temps, on aura soin de ramener autant que possible la face intérieure de l’utérus en avant, de manière que l’incision sur cet organe porte sur la ligne médiane.

L’ouverture de la matrice se fera en plusieurs temps, on incisera le muscle utérin couche par couche, en ayant soin d’éviter l’ouverture brusque de l’œuf, s’il est encore intact, ou de blesser l’enfant. L’incision sera prolongée à la grandeur voulue, soit avec un bistouri, soit avec de grands ciseaux arrondis par le bout.

2“ Sitôt que l’ouverture est suffisante, on perce les membranes de l’œuf s’il est encore entier, et on introduit la main à la recherche des pieds de l’enfant. Pour éviter la pénétration du sang et du liquide amniotique dans la cavité péritonéale, les aides redoublent de précautions pour maintenir exactement appliquées sur la matrice les bords de 1 ouverture abdominale, en même temps que des épongés fines et préalablement trempées dans l’eau pheniqnée, auront été placées tout autour de la plaie utérine.

En général, les pieds de l’enfant se trouvant vers e fond de Putérus, seront de suite saisis par l’opéï’^teur ; mais il peut se faire que la tête fœtale soit contraire en rapport avec l’incision utérine.

ans ce dernier cas, si l’on peut saisir cette tête et i amener à l’extérieur, on fera bien de le faire, sinon c’est toujours vers les pieds que l’accoucheur

doit porter ses recherches, quelle que soit d’aüleurs la présentation fœtale. Un seul pied saisi suffira pour faire l’extraction (V. Yersion). Cette partie de l’opération doit se faire vite, sans hésitation; il y va souvent de la vie de l’enfant.

Pendant cette période d’extraction, les aides auront soin de presser bien exactement la paroi abdominale contre le globe utérin qui se rétracte à mesure que le corps du fœtus est attiré au dehors. C’est en effet à ce moment que se produisent le plus souvent les procidences intestinales par l’un des angles de la plaie.

L’enfant étant extrait, après avoir sectionné et lié le cordon ombilical, on le confie à une personne de l’entourage s’il ne réclame pas de soins immédiats, sans quoi c’est l’un des aides qui est chargé de l’insufflation, s’il y a lieu, et d’autres soins impérieux à donner. L’opérateur ne peut pas abandonner sa malade.

L’extraction du délivre se fera par la plaie utérine contrairement à l’opinion de quelques auteurs, qui voudraient que l’on fit traverser à l’arrière-faix les voies naturelles pour les rendre plus accessibles à l’écoulement normal des lochies. Le placenta sera donc enlevé muni des membranes de l’œuf par la même voie que le fœtus, puis on aura soin de retirer les caiÊots qui auraient pu s’accumuler dans la matrice et par quelques frictions on favorisera la rétraction de l’organe.

3° Tout étant terminé, comment devra-t-on se conduire vis-à-vis de la plaie utérine? Contrairement à l’opinion d’hommes très éminents, comme les professeurs Paul Dubois, Stoltz, Depaul et d’autres, qui repoussaient toute suture appliquée sur l’ouverture utérine, je suis d’avis, — en me basant sur de nouvelles observations, et sur l’expérience obtenue par les nombreuses ovariotomies faites de nos jours, où l’on a pu voir l’innocuité des sutures métalliques abandonnées dans la cavité péritoniale,. — qu’il est bon de rapprocher les bords de la plaie utérine et de les maintenir en contact, soit avec des fils d’argent, soit avec des fils élastiques, soit avec le catgut lié d’une manière assez ferme pour que les nœuds ne puissent se desserrer sous l’influence de la chaleur, comme j’en ai publié un exemple. Je crois que grâce à cette suture, on évitera, mieux que par tout autre procédé, le [passage des lochies dans l’abdomen. Le nombre de points de suture sera déterminé par l’étendue de la plaie.

Cette première réunion étant obtenue, on fera la toilette du péritoine, puis la suture de la paroi abdominale avec des fils profonds et d’autres superficiels, le pansement extérieur où l’on devra mettre exactement en pratique le procédé de Lister se feront identiquement comme après l’ovariotomie (V. ce mot). La question de savoir s’il y a lieu de laisser à l’angle inférieur de la plaie une ouverture libre ou munie d’un tube en verre, afin de donner issue aux liquides qui pourraient s’échapper de la plaie utérine, sera également traitée aux mots Eystèr otomie. Ovariotomie.

Accidents immédiats. — Pendant l’opération, il y a à craindre certains accidents qu’il est bon de signaler : Si l’on a eu soin de s’assurer de la vaj cuité de la vessie et de l’abseilce de toute anse] in-

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testinale glissée au-devant de l’utérus, la section de plaie uterine, situation d’où sortira toujours un a la paroi abdominale ne donnera lieu à aucun acci- coucheur intelligent.

dent. Il n’en est pas de même de l’ouverture de la Enfin, pour terminer ce que nous avons à h: matrice. Bien qu’on prenne soin de n’ouvrir l’utérus sur ce sujet, nous ajouterons qu’on devra apnor^

que sur le milieu de sa face antérieure afin de ter tous les soins a ce que l’écoulement des locbip'

s’éloigner le plus possible du réseau vasculaire si suive la voie ordinaire ; c’est dans ce but qu’on*

abondant, qui recouvre les parties latérales de l’or* conseillé de ne pratiquer l’opération qu’aprèsledé

gane, ce dernier, à la fin de la grossesse, est le but spontané du travail et l’effacement complet du

siège d’une circulation si active que le tissu est en col utérin. C’est également pour favoriser cet écou-

tous ses points gorgé de sang et que l’hémorrhagie lement que quelques auteurs ont conseillé de prafi. est l’accident le plus fréquent à ce moment de la quer la délivrance par le vagin, section de la matrice. Il faut noter aussi que l’on Une autre question a été diversement résolue tombe malheureusement souvent sur le lieu d’im- Faut-il mettre l’enfant au sein de sa mère? Mon

plantation du placenta, par conséquent sur la partie opinion est qu’on fera bien d’éviter, si la chose est

de l’organe où les sinus utérins ont subi le déve- possible, cette nouvelle cause de fatigue et d’excita-

Fig. 248. — Opération césarienne. — Extraction de l’enfant.

loppement le plus considérable. Quelquefois en ter- tion à la mère qui, à l’époque où l’enfant devrait minant l’opération par l’extraction fœtale on voit, commencer à s’allaiter, le quatrième jour, a encore par suite de la rétraction utérine, qui suit la sortie besoin du plus grand repos et de tous le ménage-

du fœtus, l’écoulement sanguin s’arrêter ou dimi- ments possibles. Ant. de sotke.

nuer au moins considérablement ; mais si l’hémorrhagie persiste, que faire? Je crois qu’il ne faut pas CESTOIDES (vers). — (Voyez Tænia.) s’arrêter à tous les moyens proposés qui n’ont

donné que de mauvais résultats, et que ce serait le CÉTINE. — (Voyez Blanc de Baleine.) cas de s’adresser à la nouvelle méthode mise en " •

honneur par le professeur Porro, de Pavie, et qui. CÉVADILLE. — On donne le nom de cévadille ou consisle à faire la section complète de l’utérus au- poudre de capucin, à une plante de la famille des dessus d’une ligature jetée à un ou deux centimè- colchicacées, originaire du Mexique, dont les grai-

très au-dessus de l’orifice interne (V. Hystéro- nés douées d’une saveur amère, âcre et brûlante,

tomie). renferment un principe très vénéneux appelé Vérfl-

Parmi les autres accidents qui peuvent survenir trine (V. ce mot). p. L.

pendant l’opération, je ne parlerai pas de la hernie

de l’épiploon ou des intestins, qui se réduiront CHABETOUT (eaux minérales de). Chabetout est

toujours assez facilement (V. Ovarioionie), ni des une petite station thermale du département duPuJ' difficultés d’extraction du fœtus, déterminées par de-Dôme, située à 5 kilomètres d’Issoire, dont les sa présentation ou par la rétraction inopinée de la eaux bicarbonatées sodiques et calciques, gazeuses,

sont employ®®® en boisson, en bains et en douches (jans un petit établissement, contre les dyspepsies acides, les engorgements du foie, la gravelle, etc.

CEAIR- — En hygiène alimentaire on désigne sons ce nom toutes les parties molles des animaux Pt pies particubèrement les parties musculeuses nf riande). — En chirurgie on donne le nom de \j^irs à des excroissances formées par des bourgeons charnus vasculaires qui se forment souvent dans les solutions de continuité et à la surface des plaies en voie de cicatrisation. — Dans le vulgaire, chair de poule, sert à désigner l’aspect particulier, mamelonné et papillaire, que prend la peau sous l’impression du froid ou sous l’influence de la peur. P. L.

CHALAZION. — On donne ce nom à une petite tumeur des paupières, très commune, qui se forme dans l’épaisseur d’un des follicules de meibomius et logée par conséquent dans l’épaisseur du cartilage, tarse.

Le chalazion est le plus souvent unique; son volume varie depuis une tête d’épingle jusqu’à une

Chalazion de la paupière supérieure saisi entre les pinces de Desmarres, la paupière étant renversée afin de pouvoir l’opérer par le côté conjonctival.

petite noisette ; il est généralement globuleux, parfois étranglé dans un point de son étendue, bien circonscrit,' tout à fait immobile, où du moins ne se meut qu’avec le cartilage tarse de la paupière tout entier, dont il fait partie intégrante ; tantôt il proémine à peine en avant, du côté de la peau ; tantôt U forme de ce côté un relief plus apparent. Lors- ^ on renverse la paupière, de façon à avoir sous ms yeux sa face conjonctivale, on voit le chalazion faire de ce côté une petite saillie. La conjonctive, à : ®odroit correspondant, présente généralement une ^jection prononcée, apparaissant sous la forme <1 une petite tache d’un rouge sombre. En saisissant 3tors la tumeur entre le pouce appliqué sur la face conjonctivale et l’index appliqué sur la portion correspondante, il est facile de reconnaître que la tuteur est résistante, élastique, et parfois fluctuante, •Pi elle fait partie intégrante du cartilage tarse. La peau qui la recouvre ne lui est nullement adhéente et ne change pas de couleur, à moins qu’on Dichosnaibe populaibe de Médecine usuelle.

ne l’irrite par 1 application de certains topiques. Ce n est que lorsque la tumeur prend un certain accroissement et qu’elle proémine du côté de la conjonctive, qu’elle donne lieu, pendant les mouvements des paupières, à une sensation de gêne. Elle est toujours une difformité.

Il est incontestable que, chez quelques sujets, le chalazion disparaît spontanément; mais, dans la grande majorité des cas, cette tumeur nécessite un traitement chirurgical. L’incision de la tumeur, soit par la face cutanée, soit par la face conjonctivale, suivie de la cautérisation au nitrate d’argent contitue le meilleur mode de traitement et celui auquel je donne la préférence. La paupière étant renversée de bas en haut, si c’est la supérieure [fi g. 249] ; de haut en bas, si c’est l’inférieure; on saisit le chalazion avec la pince de Desmarres, puis après avoir incisé transversalement la paroi conjonctivale de la tumeur, on introduit dans son intérieur une curette pour en évacuer tout le contenu, puis on promène sur toute la surface un crayon de nitrate d’argent taillé en pointe, et on termine l’opération en pratiquant avec une seringue une injection d’eau salée sur la plaie pour prévenir la difîusion du caustique sur la cornée. Le chirurgien retire alors la pince et la paupière reprend sa position normale. Le pansement consécutif consiste simplement à appliquer, pendant les deux premiers jours, une compresse imbibée d’eau froide sur les paupières, et les jours suivants à baigner l’œil dans une solution étendue de sulfate de zinc. D' fano.

CHALEUR. — En physique on donne le nom de chaleur à la sensation particulière que l’on éprouve lorsqu’on approche la main d’un foyer de combustion, qu’on l’expose à l’action des rayons solaires, qu’elle touche deux corps fortement frottés l’un contre l’autre, etc. On a longtemps discuté sur la nature de la chaleur. Aujourd’hui cette question est expérimentalement et définitivement résolue, et on peut dire avec le professeur Gavarret que « la chaleur est le résultat des vibrations des molécules des corps qui, par leur ténuité, échappent à nos sens ; c’est la force vive de ces vibrations insensibles des derniers éléments de la matière, la somme des produits de la masse de chaque molécule par le carré de sa vitesse de vibration. » p. l.

CHALEUR ANIMALE. — Les corps inorganiques tendent à se maintenir en équilibre avec le milieu qui les entoure. Si ces corps peuvent momentanément être échauffés ou refroidis par des causes artificielles, ils tendent à reprendre cet équilibre dès que ces causes cessent d’agir.

Il n’en est pas de même des animaux. Ceux-ci ont en eux- mêmes une source de chaleur propre, dont nous verrons tout à l’heure le mode de production et dont l’intensité est généralement suffisante pour assurer à ces animaux une température supérieure à celle du milieu ambiant.

C’est à cette chaleur qu’on donne le nom de chaleur animale.

Tous les animaux produisent de la chaleui-, mais dans des proportions fort inégales. Les animaux supérieurs, l’homme en particulier, ont une tempéra-

ture assez élevée, notablement supérieure en général à celle de l’atmosphère ; la température moyenne des oiseaux oscille entre + 40“ et + 44“ centigrades, celle des mammifères entre + 36“ et 40“, celle de l’homme peut être évaluée à + 37“ en moyenne. Mais à mesure que l’on descend dans l'échelle des êtres (reptiles, poissons, invertébrés), la température des animaux s’abaisse, c’est-à-dire qu’elle se rapproche de plus en plus de celle du milieu ambiant. C’est à ce point de vue qu’on a distingué pendant longtemps des animaux à sang chaud et des animaux à sang froid. Ces expressions sont remplacées aujourd’hui parles dénominations beaucoup plus exactes i'animaux à température constante et d’auzmanxàtempérature variable. Les animaux supérieurs possèdent en effet la propriété de conserver une température toujours constance, malgré des écarts considérables et parfois rapides dans la température extérieure,’ non seulement quand cette température extérieure est plus basse que la leur, mais alors même qu’elle devient plus élevée. Les animaux inférieurs au contraire, qui produisent moins de chaleur et qui en perdent tout autant, tout en se maintenant en général un peu au-dessus de la température ambiante, sont subordonnés d’une façon incontestable aux variations de cette dernière, et cette circonstance justifie le nom d’animaux à température variable qui leur a été assigné.

Quelles sont les sources de la chaleur animale ? — Le fait de la production d’une certaine quantité de chaleur dans l’économie a été consacré de tout temps. Mais l’interprétation de ce fait a été longtemps obscure. Sans nous attarder à exposer les diverses théories erronées émises tour à tour, nous dirons que nous savons aujourd’hui que la chaleur animale est produite par les combustions qui s’opèrent au niveau des tissus, aux dépens de l’oxygène de l’air et des matériaux combustibles de l’économie ; matériaux fournis soit par les aliments, soit par nos propres tissus. Les expériences de Spallanzani, d’Edwards et de Magnus, ne laissent aucun doute à ce sujet. 11 n’y a pas dans l’économie un foyer central et unique préposé à la production de la chaleur animale, tous les tissus, à des degrés divers, prennent part à cette fonction. Le rôle du sang consiste à porter, des poumons aux éléments anatomiques, l’agent principal des phénomènes d’oxydation, l’oxygène qu’il a puisé à l’extérieur. Ces phénomènes s’accomplissent donc partout où le sang circule, c’est-à-dire dans les organes qui reçoivent des vaisseaux, et c’est à ce point de vue que le professeur Eéclard a pu comparer le système circulatoire « à une sorte de calorifère à eau chaude et à circulation continue. »

La chaleur animale se trouve donc liée par les liens les plus étroits à la nutrition, à la circulation et à la respiration (V. ces mots). j.-a. Fort.

CHALLES (EAUX minérai.es de). — Challes est composée simplement d’un vieux château seigneurial et d’un établissement thermal, situés sur le territoire de la commune de Triviers, à une demi-heure de Chambéry, dans la Savoie, dont les eaux minérales suif urées sodiques contiennent par litre près de 30 centigrammes de sulfure de sodium et sont

administrées en boisson, en inhalations enha' en douches dans les affections chroniques de pareil respiratoire, et les maladies qu’eneenll^^' lymphatisme exagéré et la scrofule. uu

CHAMPIGNON. — On donne le nom de cham ■ gnon à toute une classe de plantes cryptoeaT' renfermant une multitude de genres et d’esnè ^ très variés d’organisation, de forme et de leur.

Parmi les champignons, les uns sont comestibles les autres sont vénéneux. Existe-t-il des moyens certains de distinguer les premiers des seconds Vr» science, répondent Littré et Robin, ne possède aucun caractère certain qui établisse une limite tranchée entre les champignons comestibles et vénéneux » Aussi est-il prudent de ne manger que les champignons franchement reconnus et proclamés comestibles, ceux dont la vente est seule autorisée sur nos marchés : l’a^-anc comestible, le mousseron, la mo-

Jeunes agarics comestibles ou champignons de couche.

rille, la chanterelle, Voronge et le bolet comestible.

L’agaric comestible, appelé encore agaric des prés, agaric champêtre, Pratelle, Paturon, champignon de, couche, se rencontre à l’état sauvage, surtout en automne, dans les lieux humides et ombragés, le long des haies et dans les prairies et les herbages. On le cultive en grand pour l’approvisionnement de Paris, dans les carrières, les catacombes e| les champignonnières des environs de la capitale. C’est un jardinier nommé. Chambry qui eut, le premier, en 1810, la pensée de cultiver l’agaric comestible en couche.

Le champignon de couche est très reconnaissable à son chapeau épais, régulier, d’un blanc grisâtre, parfois un peu teinté de roux sur les bords, aux lamelles rosées qui sont au-dessous du chapeau et à son pédicule blanc et charnu pourvu d’un anneau- La peau du chapeau s’enlève très facilement. Lorsque le champignon est vieux, les lamelles perdent leur couleur rosée et prennent une teinte brune qui doit les faire rejeter comme suspects.

L’agaric comestible peut être confondu avec I’a- GARIC BULBEUX, appelé encore amanite bulbeux, oronge cigvM, qui est essentiellement vénéneux et par lequel sont occasionnés la plupart des empoisonnements que les médecins observent tons les ans.

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ment reconnaissable à son chapeau, ordinairement ovale, d’une couleur plus ou moins brunâtre et cendree, percé d’alvéoles qui lefont ressembler à uû gâteau de miel ; à l'absence de lamelles et à son pédicule uni, épais, blanchâtre, adhérant au chapeau et haut de 0 à 6 centimètres.

La morille, qu’on ne peut confondre avec aucune espèce vénéneuse, est agréable au goût et se digère facilement.

La CHANTERELLE, appelée aussi girolle, chevrette, jaunet ou jaunelet, est un champignon qu’on rencontre l’été dans en^oits frais peu ombragés, et qui, comme la morille, ne ressemble à aucune espèce vénéneuse. Elle est très facile à reconnaître à son chapeau d’un beau jaune doré, qui a la forme d’un entonnoir, et dont la face inférieure, devenue exter- Fig ne, présente au lieu de lamelles, nervures plusieurs fois bifurquées.

cassante, dont l’odeur rappelle celle de la est assez agréable à manger.

L’oronge, qui est aussi connue sous les noms de amanite aurantiaca, Joserand, jaune d'œuf, cadran, rare dans les environs de Paris, mais assez commune en Gascogne et dans le Limousin, pousse de l’été. Son chapeau, remarquable

j^’agaric bulbeux a des caractères spéciaux qui aident à le distinguer de l’agpic comestible. D’une odeur nauséabonde qui devient cadavéreuse avec l’âge, il a un chapeau de 6 à 8 centimètres de largSr’, nn peu verrugueux, visqueux, luisant, plus

ou moins convexe, non strié sur les bords. Sa peau adhère fortement à la chair qui est peu épaisse, ferme et blanche. Ses lamelles sont blanches ; son pédicule, long de 15 centimètres, est cylindrique,

toujours renflé à la base, avec un anneau blanc ou jaune, large, à bords entiers et réguliers.

Le MOUSSERON, appelé aussi agaric arhelle, est an champignon très parfumé qui pousse au printonips dans les friches. Il est caractérisé par un chapeau ferme, d’un blanc mat, à forme sphérique d abord, puis convexe aux bords repliés; par des ctuUets blancs et par un pédicule également blanc, charnu, court et renflé. Le mousseron se mange curement seul ; il sert surtout à relever les sauces, ^^quelles il communique son parfum et sa saveur très agréable.

La MORILLE, qui pousse au printemps, est faeüe-

couleur jaune orange, est orbiculaire et uni ; ses feuillets larges et couleur d’or ou de soufre; son pédicule, également jaune d’or, long de 4 ou 3 pouces est plein, bulbeux, entouré d’un large anneau rabattu.

L’oronge a un parfum très fin et très délicat. Elle est d’autant plus appréciée des gourmets (^’on ne peut s’en procurer que pendant un mois à peine. C’est de tous les champignons le moins indigeste. 11 se mange seul sauté au beurre, ou mieux à rhuüe, qui développe encore son parfum, ou dans des omelettes que beaucoup de personnes prisent à l’égal des omelettes aux truffes.

L’oronge vraie peut être confondue avec la fausse ottONGE, qui est très vénéneuse et occasionne annuellement presque autant d’empoisonnements que l’agaric bulbeux. C’est même à ces deux champignons que seraient dus les cinq sixièmes des empoisonnements.

La fausse oronge se distingue par son odeur désagréable et sa saveur salée, un chapeau visqueux, moucheté de petites peaux blanches, écailleuses, des lamelles et un pédicule blanc, un peu bulbeux et

Oronge vraie.

écailleux à sa hase. Sa chair est blanche et ne change pas de couleur à l’air quand on la coupe.

Le BOLET COMESTIBLE, plus connu sous le nom de cèpe ou àe potiron, est très commun en France, surtout dans le Centre et le Sud-ouest, où on le trouve en août, septembre et octobre, dans les bois de chêne et de châtaigniers.

On mange deux variétés de cèpes : le cèpe ordinaire et le cèpe bronzé.

Le bolet ou cèpe ordinaire est caractérisé par un chapeau épais, plus ou moins large, à surface convexe, lisse, un peu ondulée sur les bords, de couleur fauve et à peau adhérente. A la face inférieure du chapeau, les lamelles sont remplacées par ce qu’on appelle le foin, formé par des tubes cylindriques sporulifères, jaunes, très abondants, qui adhèrent entre eux et à la face inférieure du chapeau, mais peuvent s’en détacher facilement ainsi que se séparer les uns des autres. Le pédicule, d’une couleur plus claire que le chapeau, est épais, court, et plus ou moins renflé à la base. La chair est ferme et très parfumée.

Le bolet ou cèpe bronzé, a un chapeau plus foncé, qui présente un aspect velouté, le foin blanc et le pédicule cylindrique. Sa chair est plus ferme que celle du précédent, blanche et un peu vineuse sur les bords. Cette variété est un peu moins commune que l’autre ; elle est plus fine, se conserve plus longtemps et, pour ces deux motifs, beaucoup plus recherchée des gourmets. La chair des deux variétés

ne change pas de couleur à l’air quand on i coupe.

Les cèpes se mangent sautés à l’huile ou cuit sur le gril. Quoique très agréables au goût q sont d’une digestion difficile et ne convienne^ guère aux estomacs délicats ou paresseux. ^

On peut les conserver en- les faisant sécher ' l’ombre dans un endroit aéré, ou dans un fou^ chauffé modérément. On peut encore les conserver entiers, soit dans l’huile, soit dans du sel, mais il vaut toujours mieux les manger frais qu’en conserves.

Le bolet comestible peut être confondu avec des espèces vénéneuses, qui sont d’après le professeur Moquin-Taudon ;

Fig. 2S6.

Bolet ou cèpe comestible.

1“ Le BOLET PERNICIEUX dont le foin est rouge, et dont la chair molle et jaunâtre devient bleue, verte,, puis vert noirâtre rapidement, en répandant une odeur nauséabonde lorsqu’on le coupe;

2“ Le BOLET CUIVRÉ dont le foin est jaune;

3® Le BOLET CHICOTIN, dont le foin est blanc et dont la chair devient rose à la cassure;

4® Le BOLET INDIGOTIER, dont le foin est blanc et dont la chair devient bleue à la cassure.

Voilà les seuls champignons que nous conseillons à nos lecteurs de manger, s’ils veulent être sûrs d’eviter tout accident d’empoisonnement. Ce sont du reste les seuls admis sur les marchés de la ville de Paris pour la consommation, et chaque jour les arnvages sont examinés attentivement et rigoureusement vérifiés par des inspecteurs spéciaux.

Je sais bien que beaucoup de personnes, parmi lesquelles on compte même des naturalistes et des médecins, ont proposé divers moyens pour reconnaître parmi les innombrables espèces de champi' gnons, quels sont ceux qui sont vénéneux et ceux qu’on peut manger impunément. On a dit que les champignons qui poussent dans les lieux couverts, humides, obscurs, sur les corps en décompositiom sur les fumiers, sur les bois morts, sont vénéneux ce qui est faux. On a dit que les champignons à couleurs éclatantes, à saveur âcre, poivrée, amère ou acide, sont vénéneux : autre erreur. On a écrit que les insectes et les limaces qui mangent des

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hampi'TioDS n’attaquent jamais les champignons ; autre erreur, caries limaces ne mangent Snais la chantereUe qui est comestible, et s’attaî^nt surtout à la fausse oronge si vénéneuse pour nus sans en être nullement incommodées. — Qui a! TOUS n’a entendu répéter vingt fois que les cham- ^i<mons vénéneux font cailler le lait, font brunir w oi<mons et noircissent l’étain, l’argenterie et les uièees° de monnaie d’argent? autant d’absurdités et le faussetés, car ce sont précisément les plus vénéneux qai sont sans action sur ce légume ou sur ces métaux. — On a dit que la cuisson dans de l’eau salée, ou que la macération pendaftt une heure dans de réau fortement additionnée de vinaigre ou de jus de citron, enlevait aux champignons vénéneux leur propriété toxique. Ne vous y fiez pas, car ces moyens sont absolument inconstants et sans aucun effet dans la plupart des cas. En somme, nous en sommes encore réduits aujourd’hui à déclarer avec Littré et Robin que « la science ne possède aucun

CARACTÈRE CERTAIN QUI ÉTABLISSE UNE LIMITE TRAN¬ CHÉE ENTRE LES CHAMPIGNONS COMESTIBLES ET VÉNɬ NEUX.

Quelle est la valeur alimentaire des champignons? — Les champignons ne sont pas seulement un mets recherché à cause de leur goût fin et délicat, ils constituent encore un puissant moyen d’alimentation, car ils renferment, quelle que soit la variété, les trois ordres de matériaux qui constituent l’aliment complet, avec une prédominance de principes azotés qui les mettent sur le même rang que les substances animales. De là les noms pittoresques de « viande végétale » et de « gibier sans patte » que leur a donné Bertillon. Seulement, nous devons rappeler que les champignons sont indigestes, qu’il faut les manger très frais, bien cuits et en petite quantité. C’est assez dire qu’ils ne conviennent ni aux convalescents, ni aux personnes affligées d’un estomac délabré ou paresseux.

Empoisonnement par les champignons. — Nous avons dit plus haut que les cinq sixièmes des empoisonnements par les champignons étaient produits par la fausse oronge et l'agaric bulbeux. Les effets varient un peu suivant l’espèce qui les a fait naître. Mais, d’une manière générale, ils peuvent être réduits aux suivants, dont nous empruntons la description à l’instruction rédigée par le Conseil d Hygiène de salubrité delà Seine :

« Les personnes qui ont mangé des champignons Malfaisants éprouvent plus ou moins promptement tes accidents qui caractérisent un poison âcre, stupéfiant; savoir : des nausées, des envies de vomir, des efforts sans vomissements avec défaillance, anxiété, sentiment de suffocation, d’oppression; souvent ardente soif, con striction à la gorge, doueup constante à la région de l’estomac; quelquefois ab^ ^°“^‘®®®Ments fréquents et violents, des selles ^ ondantes, noirâtres, sanguinolentes, accompagnees de coliques, de ténesme, de gonflement et de ension douloureuse du ventre. D’autres fois, au ontraire, il y a constipation, rétraction et enfonce- (( A ^’onabilie, rétention d’urine.

, “ premiers symptômes se joignent bientôt déli^^ pesanteur de la tête, la stupeur, le

1 assoupissement, la léthargie, des crampes

douloureuses, des convulsions, le froid des extrémités et la faiblesse du pouls. La mort vient ordinairement terminer cette scène en deux ou trois jours. La marche, le développement des accidents présentent quelques différences suivant la nature des champignons, la quantité qu’on en a mangé, et la constitution de l’individu; quelquefois les accidents se déclarent peu de temps après le repas ; le plus souvent ils ne surviennent qu’après dix ou douze heures. «

La première chose à faire dans un empoisonnement par les champignons, c’est de débarrasser les voies digestives du poison. Pour cela, on administre un éméto -cathartique, d’après la formule suivante :

Émétique. . 0,10 centigr.

Sulfate de soude . 15 grammes.

Eau chaude . 250 —

qu’on donne en trois doses à un quart d’heure de distance, jusqu’à ce que le malade ait des évacuations. Si l’on est loin d’un pharmacien, on cherche à faire vomir le malade en lui mettant le doigt dans le fond de la gorge ou en lui titillant le gosier avec les barbes d’une plume. Dans les premiers instants de l’empoisonnement, les vomissements suffisent quelquefois pour entraîner tous les champignons et faire cesser les accidents ; mais si les accidents ne se sont montrés que plusieurs heures après le repas, on doit présumer qu’une partie des champignons a passé dans l’intestin, on administrera alors après l’éméto-cathartique, l’huile de ricin à la dose de 40 à 60 grammes pour chasser tout ce qui reste de poison. Contre l’irritation et les douleurs gastrointestinales, on appliquera des cataplasmes Hamilton sur le ventre, on fera boire de la tisane gommeuse, faite avec 30 grammes de gomme dans un litre d’eau bouillante, et on administrera un lavement préparé avec 100 grammes de guimauve dans un litre d’eau bouillante additionnée de quelques gouttes de laûdanum.

S’il y a de la stupeur, on fera boire une potion cordiale faite avec :

Eau de tilleul . 100 grammes,

Sirop diaeode . 30 —

Eau de vie de cognac . 40 —

OU bien avec :

Eau de tilleul . 100 grammes,

Sirop de capillaire . 30 —

Teinture de cannelle . 10 —

en en faisant prendre une cuillerée à soupe tous les quarts d’heure. On pourra également lui faire boire du café ou quelques gouttes d’éther dans un peu d’eau.

Quant à l’antidote chimique on ne l’a pas encore trouvé, ignorant que l’on est jusqu’à présent du véritable principe toxique des champignons vénéneux. Toutefois on a conseillé la solution de tannin, l’iodure de potassium ioduré, mais, disons-le, avec une efficacité contestable. O' a.-E- Labarthe, père.

CHANCRE. — On donnait autrefois le nom de chancre à tout ulcère ayant une tendance à envahir

et à ronger les parties environnantes, et plus spécialement les ulcérations de la langue ou des fosses nasales.

Dans le langage médical actuel, on désigne seulement sous le nom de chancre une ulcération vénérienne essentiellement contagieuse et s’accompagnant souvent de complications diverses plus ou moins sérieuses. On reconnaît aujourd’hui deux espèces de chancres : 1° le chancre .simple; 2° le chancre infectant. Nous ne nous occuperons ici que du chancre simple, renvoyant pour l’étude du chancre infectant au mot syphi'is.

Chancre simple. — Le chancre simple — ulcère contagieux, ulcère vénérien, chancre non infectant, chancre non induré, chcincre mou, chancroïde, chancrelle — est une lésion siégeant le plus ordinairement sur les organes génitaux, essentiellement locale, et jamais suivie d’accidents constitutionnels ; contagieuse au plus haut degré, caractérisée par une ulcération à base molle, à bords taillés à pic, très souvent accompagnée d’un bubon suppuré sympathique ou spécifique, et dont la sécrétion qui peut s’inoculer à l’infini sur le sujet lui-même ou sur un autre, reproduit toujours une ulcération semblable.

Le chancre simple, qui était connu dès la plus haute antiquité ainsi que nous en avons la preuve dans plusieurs passages des œuvres d’Hippoc.rate, est une maladie vénérienne très commune. Tout le monde est d’accord sur ce point. Le chancre simple est cependant moins fréquent que la blennorrhagie. Tout le monde est encore d’accord sur ce point, établi du reste par les statistiques. Est-il plus fréquent que le chancre infectant ou moins fréquent? Ici les avis sont partagés, les uns disent oui, les autres •non, et tous sont arrivés à ces deux conclusions opposées par les statistiques-. Cela tient à ce que les statistiques des uns portent sur les malades d’hôpital et celles des autres sur la clientèle dé ville. Mais, de toutes ces diverses statistiques il ressort d’une manière évidente qu’à l’hôpital on rencontre plus de chancres simples que de chancres infectants, tandis que les chancres infectants sont plus fréquents chez les malades des consultations’ particulières que les chancres simples.

L’explication de ce fait qui semble au premier abord très difficile à trouver, n’est cependant pas impossible, et, avec Fournier, nous croyons qu’on peut en rendre compte par deux raisons :

1® Les ouvriers, les soldats, et en général tous les gens du peuple, ceux qui vont aux consultations gratuites des hôpitaux et des dispensaires, fréquentent surtout les maisons de tolérance de barrière, les maisons de filles des boulevards extérieurs, qui sont le plus souvent peuplées de vieilles prostituées depuis longtemps vérolées, n’ayant que des accidents tertiaires non contagieux, et plutôt affectées de chancres simples ou de vaginites, pour lesquelles il n’y a ni prescription, ni immunité. Les hommes des classes élevées, favorisés de la fortune, qui vont consulter le médecin d.ins son cabinet, fréquentent au contraire les filles qui se livrent à la prostitution clandestine. Ces femmes, demoiseUes de magasin, danseuses, actrices, cocottes, qui ne sont pas sous le contrôle de la police, et qui sont jeunes pour la

plupart, sont fréquemment atteintes de cha infectants ou d’accidents secondaires, dont la tagiosité n’est plus un doute pour personne

2® Lorsque les prostituées des basses classes atteintes de chancres simples, elles ne se tra’?*^ guère et n’interrompent pas leur triste métier”^ il faut avant tout qu’elles vivent, et elles vivent jour le jour, sans avoir la moindre économie 7 côté. Les prostituées clandestines des boulevard des quartiers riches, au contraire, possèdent en ^ néral des ressources suffisantes pour pouvoir ces^^' leur métier pendant quelque temps et suivre traitement convenable sitôt qu’elles se sentent ma*^ lades. Ajoutez que, d’ailleurs, elles sentent bien mieux, comme le fait judicieusement remarquer Fournier, la nécessité de se traiter pour un chancre simple, maladie douloureuse, aiguë, inquiétante et non susceptible de passer inaperçue, que pour un chancre infectant, peu douloureux, ne donnant lieu qu’à une réaction locale insignifiante, et des accidents éloignés d’une maladie qu’elles croient toujours éteinte, accidents souvent légers, indolents n’éveillant que peu ou pas l’attention, et pouvant même être ignorés de bonne foi. Cette classe de prostituées est donc plus dangereuse que la première en ce qu’elle donne plus souvent la vérole.

Le chancre simple est-il solitaire ou multiple? — Le chancre simple peut-être solitaire ou multiple. Toutefois, le chancre simple solitaire est exceptionnel ; le plus souvent il est multiple.

Les chancres peuvent être solitaires ou multiples d'emblée, c’est-à-dire que le malade péut en voir apparaître plusieurs en même temps ; leur multiplicité dans ces cas est expliquée par l’état de l’organe sur lequel ils se développent, et qui est toujours le siège d’érosions ou d’excoriations multiples au moment de la contagion. Alors chaque solution de continuité est inocculée et fournit un. chancre.

Les chancres peuvent aussi devenir multiples raccessivement, c’est-à-dire que- le malade, après un certain temps de durée de l’ulcération première, voit apparaître de nouveaux chancres développés i au voisinage des premiers, ou sur une autre partie du corps, par suite du transport, par un moyen' quelconque, du pus chancreux sur ces régions. Dans ce cas, les chancres multiples sont dits chancres à' inoculation de voisinage ou d’auto-inoculation. Ils se produisent toutes les fois que le pus chancreux est mis en contact avec un point quelconque de la peau ou de la membrane muqueuse dénudée de son épiderme.

D’après ce que nous venons de dire, il est facile de concevoir qu’on doit rencontrer les chancres multiples d’inoculation de voisinage, de préférence dans certaines parties du corps qui sont, chez l’homme, la région glando-préputiale, surtout dans les cas de phimosis et chez la femme, la région de l’anus principalement. .

Il est à remarquer , et cette remarque est ic résultat de nombreuses observations personnelles, que les chancres simples développés par inocculation de voisinage diffèrent de ceux d’où ils dériven ^ Ils prennent généralement une moins grande extension, ulcèrent peu les tissus sur lesquels ils ’ ont une durée plus courte et guérissent plus ^

les chancres de première formation, souvent même avant eux, quoique leur étant postérieurs.

e médecin peut facilement reconnaître par la cimple observation, si les chancres se sont dévelop- ^successivement. D’ailleurs, le plus souvent, le P^j^e lui-même, par ses explications, éclaire préri^ment le médecin en lui disant : « Pendant plu- Seurs jours, je n'ai eu que deux chancres ; puis, au bout d’un certain temps, j’en ai vu de nouveaux se former autour des premiers. » Ce qui est facile à vérifier, le caractères variant avec l’âge des chancres, et’ leur période de début, de progrès, d’état ou

(}e réparation.

Voici, au sujet du nombre des chancres simples, les résultats très significatifs de plusieurs statistiques dressées par Ricord, Debauge et Fournier, et portant ensemble sur un total de 368 individus affûtés de chancre simples multiples. Ces 568 malades sont répartis de la manière suivante :

Malades présentant 2 chancres simples . 104

__ ■ — 4 à 6 chancres simples. . 298

— 10 à 24 — . . Il

Total . 368

d’où il résulte que, le plus souvent, le nombre des chancres simples varie entre 1 et 24, et que, dans la très grande majorité des cas, on observe chez les malades de 3 à 6 chancres environ. Toutefois, il peut arriver qu’un malade présente un nombre de chancres bien plus considérable que ceux que nous venons de citer. C’est ainsi qu’en 1868 nous avons vu dans le service de Fournier, à Lourcirie, une femme qui en présentait lè nombre prodigieux de 73 ! (L’observation est consignée dans notre livre : Le chancre simple chez V homme et chez la femme, in-8. Paris, 1872).

Où siège le chancre simple? — On peut rencontrer des chancres simples sur toutes les parties du corps. Envisagés au point de vue de leur siège, on les a divisés en génitaux- et extra-génitaux.

Chancres génitaux chez l’homme. —Chez l’homme, le chancre simple génital a presque toujours son siège sur le gland et le prépuce. On le rencontre très souvent dant le silloyi bala7io -préputial, c’est-kdire derrière le gland, dans le voisinage du frein, et sur le frein lui-même. Il est moins fréquent sur la/oce interne du prépuce, .&m limbe, et surtout sur le fl'larad, principalement sur les sujets circoncis; enfin, il est très rare sur la surface interne ou cutanée du prépuce.

Les chancres simples du méat urinaire ne sont pas très fréquents ; ils peuvent siéger sur les deux evres de l’orifice uréthral, ou seulement sur une. U les rencontre de préférence chez les individus ont le prépuce est très long, et surtout chez ceux qui ont déjà d’autres chancres siégeant sur le sillon. Os chancres du méat peuvent pénétrer plus ou oins avant dans le canal et donner alors naissiè ^ ^ chancres appelés intra-urélhraux, qui t fi ordinaire dans la fosse naviculaire. Touois, nous devons dire que ces chancres sont très s, et plnsieurs spécialistes distingués n’en ont

jamais rencontré dans leur pratique et ont nié leur existence.

Les chancres du scrotum sont, de tous les chancres génitaux, ceux qu’on rencontre le plus rarement; ils sont presque toujours consécutifs et dus à des auto -inoculations de voisinage.

Cha.\cres génitaux chez la femme. — Chez la femme, le siège de prédilection du chancre simple est la muqueuse vulvaire. Parmi les chancres de la vulve, ceux qu’on observe le plus souvent dans la pratique, sont les chancres de la fourchelle et ceux de la fosse naviculaire. D’après nous, les raisons de cette fréquence se trouvent : 1“ dans la fréquence même chez l’homme du chancre du frein, qui, dans le co’it normal, se trouve naturellement en contact avec ces deux organes; 2® dans la facilité avec laquelle les érosions et les écorchures peuvent se produire pendant le coït; 3® enfin, dans la facilité qu’a le virus de se déposer dans les replis de la muqueuse et d’y séjourner pendant un temps assez long.

Après les chancres de la fourchette et de la fosse naviculaire viennent, par ordre de^ fréquence, les chancres du méat urinaire, qui, d’après les observations du docteur Debauge, pénètrent assez souvent à une certaine profondeur dans le canal de l’urèthre ; les chancres des grandes et des petites lèvres, ceux de Ventrée du vagin, du vestibule, des caroncules, du clitoris, etc.

Les chancres du vagin sont très rares. Debauge n’en cite que 7 cas et, pendant son long séjour à Saint-Lazare, Clerc n’en a rencontré que 8 ou 10, qui étaient situés à l’extrémité supérieure du vagin, dans le voisinage du col, et coïncidaient, pour la plupart, avec un chancre du col de l'utérus.

A propos de ces derniers, les avis sont partagés. Les uns prétendent qu’ils sont assez communs ; les autres, parmi lesquels Debauge, qui n’en cite qu’un cas, et Fournier, disent qu’ils sont très rares. Pour ma part, je me range de l’avis de ces derniers, car je n’en ai encore observé aucun, pas plus à Lourcine qu’au Dispensaire de salubrité et que dans ma clientèle.

Enfin le chancre simple peut quelquefois siéger jusque dans la cavité meme de l’utérus. On ne connaît qu’un seul cas de chancre simple occupant le corps de l’utérus seul; il a été observé par M. Combat, à Montpellier.

Chancres extra-génitaux. — Nous les étudierons en même temps chez l’homme et chez la femme. Et d’abord, constatons d’une manière générale qu’ils sont bien plus fréquents chez la femme que chez l’homme. En nous appuyant sur diverses statistiques, nous voyons que sur 3,193 chancres simples observés chez l’homme, 39 seulement étaient extragénitaux, tandis que sur 206 chancres observés chez la femme, on en comptait 40 extra- génitaux !

Après les organes génitaux, c’est sur la région anale qu’a été constaté le plus grand nombre de chancres simples. Les traités spéciaux et les recueils périodiques en renferment une cinquantaine d’observations.

Les chancres de Vanus s’observent bien plus souvent chez la femme que chez l’homme, puisque, sur les 28 chancres observés dans cette région, 23 l’ont

été chez des femmes, et 3 seulement chez l’homme.

Cette fréquence tient à plusieurs raisons : d’abord à la structure anatomique de la femme. Chez elle, en effet, les organes génitaux sont très voisins de la région anale, et le pus des chancres vulvaires et vaginaux peut ainsi se répandre très facilement sur le périnée et les environs de l’anus. De plus, surtout chez les femmes grasses, l’anus est souvent le siège d’érosions, que le pus des chancres génitaux, lorsqu’il s’y dépose, transforme en chancres consécutifs, produits par auto-inoculation. Enfin, il faut bien avoir le courage de l’avouer, la principale cause de la fréquence du chancre simple de l’anus, chez la femme, c’est le peu de moralité qui règne souvent dans les rapports sexuels, et le développement assez grand des rapports a venere prœpostera, chez les filles publiques.

Cette dernière raison ne peut être invoquée pour l’homme, car c’est par exception qu’il se soumet au rôle passif dans ces actes d’odieux libertinage ; généralement il joue un rôle actif qui exclut chez lui les chances d’infection anale.

A propos du chancre de l’anus, le professeur Tardieu, a noté une particularité importante au point de vue médico-légal. « Ces ulcérations étant presque toujours la conséquence des rapports contre nature, dit l’éminent médecin-légiste, il n’est pas rare de les voir siéger du même côté sur l’organe passif et sur l’organe actif; ce qui est le contraire de ce que l’on observe dans les cas de rapprochements naturels entre les deux sexes, et ce qu’explique suffisamment la différence de position. J’ai noté plus d’un exemple de ce genre, dans lequel la vérité jaillissait, pour ainsi dire, de la simple comparaison des deux individus soumis à l’examen. »

Les chancres simples de la région anale occupent soit la marge de l’anus, soit Vorifice anal, et plus particulièrement la ligne médiane, en avant et en arrière. Rarement on les voit siéger au-dessus du sphincter. Iis passent inaperçus lorsqu’ils sont petits, cachés qu’ils sont par les replis de la membrane muqueuse; mais, dans le plus grand nombre des casj ils s’étendent jusque sur la paroi qui entoure l’anus.

Les chancres simples peuvent encore se développer sur les différentes parties des membres et du tronc. C’est ainsi qu’on en a observé à la partie in~ terne des cuisses, à la face antérieure de la jambe, ainsi que nous en rapportons un exemple personnel au chapitre consacré à l’étiologie; à la face dorsale du pied, aux orteils, aux mains et aux doigts. Clerc en a observé un entre les seins, chez une femme galante, dont les réponses embarrassées à ses questions, sur son mode de formation, lui firent assez comprendre qu’eUe ne l’avait pas contracté en se grattant. On en a Tencontré encore au thorax, à Yabdomen, sur le nombril, et enfin dans la région inguinale. Presque toujours les chancres qui siègent sur les diverses parties que nous venons d’énumérer sont des chancres consécutifs produits par des inoculations de voisinage, ou par des auto-inoculations.

Chancre céphalique. — ^ Jusqu’à présent nous n’avons pas parlé du chancre de la tête. Jusqu’à ces dernières années, la presque unanimité des syphili-

graphes a cru que la tète était à l’abri de la p gion du chancre simple. Aujourd'hui cette n’est plus soutenable, car l’expérimentation pÎ’”® certain nombre d’observations cliniques ri<ïou sement relevées ont démontré d’une manière futable que la tête n’est nullement à l’abri dT^' contagion du chancre simple. Ainsi Clerc, Puchp ^ Millet ont rencontré chacun un chancre simple del^^ lèvre inférieure situé sur la ligne médiane; Bois d Loury et Costilhes ont vu un chancre simple d l’angle interne de l’œil droit. Enfin moi-même, pen dant le siège, j’ai eu l’heureuse bonne fortune*(Tob^ server un chancre simple de la région céphalique siégeant sur la lèvre inférieure au milieu de la partie située entre la ligne médiane et la commissure gauche, et qui est rapportée dans mon livre {Le chancre simple chez l’homme et chez la femme in-8“, 1872. Paris), où j’ai traité à fond la questiou du chancre céphalique.

A quoi tient cette grande rareté des chancres céphaliques? A ce que, à moins d’accidents, ils ne peuvent guère se communiquer que par le coït buccal. Or il est aisé de comprendre que tout individu qui aura sur la verge un ou plusieurs chancres simples ne sera guère tenté de se livrer à ce rapprochement anormal. D’un autre côté, il est peu probable que la femme, après examen préalable des parties, consente à se prêter à cet exercice pornographique.

Quelle est la cause du chancre simple ? — Pendant longtemps on a cru que le chancre simple reconnaissait la même cause que le chancre infectant; le virus syphilitique, dont l’action se généralise ou se localise, suivant que certaines conditions physiologiques ou pathologiques se produisent ou non. Nicolas Massa, Thierry de Héry, Fallope, Nicolas de Blégny, Astruc, Fabre, Hunter parmi les syphiligraphes des quatre derniers siècles ; Lagneau, Cazenave, Gibert, Vidal de Cassis, Cullerier, Davasse, Melchior Robert, Langlebert, parmi les contemporains, ont aussi attribué le chancre simple à la même cause que le chancre infectant, c’est-àdire au virus syphilitique. Nous ne saurions partager cette opinion, que nous rangeons au nombre des vieux errements des temps passés. La science moderne, exclusivement fondée sur l’observation et l’expérimentation , a reconnu dans le chancre simple une maladie spécifique dont le développement est dû à Faction exclusive d’une cause spécifique. Bassereau, dès 1852, puis Clerc, Dron, Diday, Rollet, Fournier, ont démontré d’une façon irréfutable que le chancre simple est toujours occasionné par un chancre simple, et le chancre infectant par un chancre infectant ; qu’il y a donc deux sortes de chancre qui constituent deux maladies distinctes. Ils ont établi, en un mot, le dualisme chancreux admis aujourd’hui par la presque universahté des syphiligraphes, Ricord en tête.

Le chancre simple n’est donc jamais le résultat d’un travail morbide spontané. Il ne constitue pas une manifestation héréditaire, comme certains accidents syphilitiques, ce qui se conçoit très bien, puisque étant une maladie locale, il ne crée pas une diathèse, un état constitutionnel qui puisse se transmettre par l’hérédité. 11 dérive toujours d’une cause extérieure accidentelle, d’un contact, d’une

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i-nntagion. C’est exclusivement par la contagion et Y inoculation, qui est une contagion artificielle, jTg le chancre simple se transmet et se propage.

^ Comment se produit cette contagion ? Dans la resque totalité des cas — 99 fois sur 100, — la ^Ql^ion du chancre simple est déterminée par un commerce vénérien.^ Toutefois l’origine du chancre impie n’est pas toujours et fatalement vénérienne, et fôlui-ci peut se développer indépendamment de tonte condition inhérente au coït. Pour le chancre simple, comme pour le chancre syphilitique, il suffit de l’application du pus virulent sur les tissus, de mielque façon qu’elle se produise d’ailleurs, pourvu toutefois que ces tissus se trouvent dans des conditions de réceptivité qui les rendent propres à subir l’influence du pus contagieux.

La contagion peut se produire de par tous les contacts possibles et imaginables. Ainsi un- malade affecté de chancres simples à la verge peut s’inoculer, en se pansant, un chancre à la main et principalement au doigt. 11 suffit pour cela que celui-ci soit le siège au niveau de l’ongle d’une ennie, et que le pus la touche. On a observé des malades qui, en se grattant le dos, la poitrine, la figure, les pieds, etc., avec leurs doigts souillés de pus, ont déterminé des chancres sur ces diverses régions. C’est ainsi que M. Desprez nous a dit avoir vu à Lourcine une femme atteinte de chancres simples à la joue, déterminés par les égratignures d’une autre femme du service qui avait volontairement imprégné ses doigts de pus.

Parfois des individus sains peuvent attraper des chancres par contagion médiate. Ainsi, pendant le siège de Paris, nous avons donné nos soins à un jeune mobile de l’Hérault, atteint d’un chancre simple à la face antérieure de la jambe droite, où il avait une écorchure résultant d’une chute, et qu’il prétendait avoir attrapé avec son camarade de lit. Ce dernier, qu’il me conduisit et que j’examinai, présentait en effet trois superbes chancres du prépuce suppurant très abondamment. Dans ce cas, la jambe du premier malade avait évidemment touché pendant le sommeil ou les parties génitales du second, ou un endroit de sa chemise, ou les draps souillés du pus de ses chancres.

Tout le monde sait que Ricord et Puche ont gaun chancre phagédénique du pouce et de l’indox, en explorant les parties génitales des femmes Malades de leurs services. On se rappelle aussi ces eux internes de l’Antiquaille, de Lyon, qui conractèrent des chancres simples des doigts par congion médiate en accouchant des femmes du ser- ■'ce, et dont l’un fut suivi. d’un bubon de l’aisselle qui suppura et fut ouvert.

len plus, ü n’est pas même besoin d’un substrapour que la contagion puisse s’exercer, ina l’intermédiaire d’un corps

li^®*®® quelconque, imprégné du pus chancreux, exe'’^’ 1 instruments de chirurgie, etc... Les

gçj Mpies de ce mode de contagion que possède la von^*!f sont pas très rares. Ainsi, nous troudenf • Fabrice de Hilden l’histoire d’une noble Val q^i’ ^ée de 15 ans, et faisant le carna-

ieunp'u^ seigneurs, changea d’habits avec un omme et eut des ulcères chancreux aux par- DictioNîjaihe populaire de médecine usuelle.

ties génitales, par le seul attouchement des culottes. Fournier a eu un client, sur la véracité duquel il fait absolument foi, qui contracta un chancre en se lavant dans la même eau où un de ses amis, affecté de chancres, s’était lavé quelques instants auparavant. Ce fait s’explique très bien car ce n’est pas dans la quantité, mais dans la qualité du pus virulent, que réside la propriété contagieuse, ainsi que l’a démontré Puche, en produisant des chancres avec une goutte de pus mélangé à un demi-verre d’eau.

Les annales ds l’hôpital du Midi renferment plusieurs observations de plaies simples résultant de circoncisions qui se sont inoculées et transformées en ulcères chancreux, soit parce que l’on s’était servi, comme je l’ai vu en 4868 dans le service de Simonet, de ciseaux ayant servi à débrider un phimosis et mal essuyés par l’infirmier; soit parce que les serres-fines employées pour réunir la plaie avaient déjà servi quelque temps auparavant, ainsi que cela est arrivé à Vidal de Cassis et n’avaient pas été nettoyées, soit enfin parce que le malade ou l’infirmier avaient employé, par mégarde, pour panser la plaie, de la charpie souillée du pus d’ulcères chancreux.

Enfin, il est un mode, extrêmement curieux, mais fort rare, de contagion médiate : c’est celui dans lequel un individu sain semble recevoir un chancre d’un autre individu sain lui-même ! Ainsi il peut arriver qu’un individu contracte des chancres simples avec une femme saine, mais qui, peu d’instants avant, aura eu des rapports avec un individu affecté de chancres simples. Dans ce cas, le vagin sert de réceptacle au virus, et la femme, demeurant indemne, ne fait, comme l’a dit Cullerier, que servir de véhicule au virus et favorise à soninsu une contagion médiate.

Ce genre de contagion avait été signalé par Nico-' las de Blégny, qui écrivait, dès 1674, les lignes suivantes : « Quelques femmes qui ont- esté trouvées saines n’ont pas laissé de gaster les hommes qui ont eu leur compagnie... Une femme peut recevoir la semence d’un homme impur et se joindre peu après à un autre, sur la verge duquel cette matière corrompue pourra s’attacher et y faire une impression pernicieuse, quoique ensuite de cela, cette mesme femme puisse rejeter tout ce qu’eUe aura reçu de l’un et de l’autre sans estre endommagée. »

Istruc, Cullerier, Ricord, Puche, ont corroboré par des expériences et des observations cliniques l’opinion de Nicolas de Blégny. Il est donc parfaitement évident que la contagion médiate par l’intermédiaire d’un individu, homme ou femme, resté sain, existe. Toutefois, je dois dire qu’on la rencontre fort exceptionnellement, et les médecins de- \ront se tenir en garde contre les individus qui exploitent cette variété pour dissimuler la source véritable de leurs chancres.

Nous avons' vu que le chancre se produit toujours par contagion, c’est-à-dire par le contact du pus chancreux sur un point quelconque de la surface cutanée ou muqueuse du corps humain. Il nous reste à savoir mainteoant si cette contagion du pus chancreux donnera toujours lieu à la pro-’ duction d’un chancre. Autrement dit, quelles sont

les conditions que réclame la contagion pour s’exercer? Ces conditions peuvent être classées en deux grandes catégories : celles qui tiennent aux tissus sur lesquels le pus est déposé, et celles qui tiennent à la matière virulente elle-même. Nous les examinerons successivement.

• Et d’abord les conditions qui tiennent aux tissus sur lesquels le pus est déposé. Il faut, avons-nous dit plus haut, pour que le chancre se produise, que les tissus sur lesquels est déposé le pus chancreux présentent des conditions de réceptivité, qui les rendent propres a suhir son influence. «Or, dit avec raison Ricord, la condition la plus favorable à la contagion est une solution de continuité, une éraillure, une plaie d’origine quelconque, surtout récente, siégeant sur les organes qui se trouvent exposés. C’est, en effet, sur les parties les plus susceptibles de se laisser déchirer, en raison soit de la finesse des tissus, soit de dispositions anatomiques spéciales, que nous voyons le chancre se développer le plus souvent. Cela explique, par exemple, sa prédilection pour la commissure inférieure de la vulve, pour le frein, pour la muqueuse préputiale, etc... Supposez, au contraire, qu’une partie des téguments, bien intacte et recouverte d’un bon épiderme, soit exposée, durant un temps plus ou moins long, au contact du pus virulent ; ce contact sera presque à coup sûr sans résultat, et la contagion ne se produira pas. C’est grâce à l’immunité des surfaces exemptes de toute érosion et pourvues d’une doublure épidermique résistante, qu’il nous est permis de toucher et de manier chaque jour un grand nombre de chancres sans subir nous-mêmes la contagion. La même raison nous explique encore comment l’on peut échapper à la contagion dans un rapport avec une femme affectée de chancres. Cette immunité s’étend même aux muqueuses que recouvre seulement un épithélium beaucoup moins épais et plus facilement vulnérable. » Nous avons hâte d’ajouter, après cette citation d’un grand maître, qu’il ne faudrait pas se figurer que la pénétration du pus virulent ne peut se faire que par des solutions de continuité, on tomberait dans une grave erreur. Le pus chancreux peut lui -même ouvrir la brèche nécessaire à son action spécifique. 11 suffit pour cela qu’il reste un certain temps en contact avec la muqueuse, surtout si elle est délicate et fine. Le virus, très âcre, très irritant, détermine une excitation analogue à celle que produisent toutes les substances irritantes que l’on applique sur les tissus. Son premier effet est une irritation simple, puis survient un érythème, puis une érosion, puis enfin l’ulcération caractéristique. 11 est aisé de comprendre que les chancres développés par ce dernier genre de contagion sont plus longs à paraître que ceux qui naissent sur une surface cutanée ou muqueuse dénudée, et que leur apparition est subordonnée au plus ou moins de finesse des tissus sur lesquels le pus a été déposé.

Il nous reste, pour terminer cette question de la contagion, à dire quelques mots des conditions qui tiennent à la matière virulente elle-même.

Tout pus provenant d’un chancre simple est-il contagieux? Oui, à condition qu’il n’ait pas subi d’altération. La quantité du pus est indifférente.

puisque nous avons vu M. Puche produire du ch cre avec une goutte de pus mélangé à un de verre d’eau. L’âge du pus est aussi indifférât' puisque Ricord a pu conserver le pus virulent da°^’ des tubes très bien fermés, pendant dix, quinze même dix-sept jours, sans lui rien enlever de propriétés virulentes. Nous lisons même dans u ouvrage de Sperino un fait qui prouve que le pm de chancre peut conserver pendant très longtemns ses propriétés contagieuses, alors même qu’il desséché. « Une lancette, — dit l’éminent syphifi. graphe italien, — dont je m’étais servi pour^unè inoculation, n’avait pas été essuyée, et se trouvait encore couverte vers la pointe d’une couche légère de pus concret ; sept mois après, je l’humectai avec de l’eau, et je fis trois piqûres qui ont donné lieu à trois chancres dont on reconnut la virulence. »

Plusieurs expérimentateurs ont cherché si les liquides pathologiques sécrétés par l’individu malade peuvent modifier le pus chancreux, l’altérer et lui enlever ses propriétés virulentes et contagieuses. Ils ont pratiqué des inoculations avec le pus mélangé au muco-pus de l’uréthrite, de la vaginite, de la balanite, et jamais le pus chancreux n’a été altéré dans sa composition, jamais il n’a perdu sa virulence, puisque toutes les inoculations ont été positives.

On, a aussi voulu voir si les liquides normaux sécrétés par l’économie ne modifieraient pas la composition et les propriétés du pus chancreux. Pour cela, on l’a mélangé tour à tour à l’urine, au mucus vaginal, à la salive, à la sueur, au sperme, et les inoculations faites avec ces divers mélanges ont toujours donné des résultats positifs. Donc, pas plus que les liquides pathologiques, les liquides norniaux de l’économie n’altèrent le pus virulent dans sa composition ni dans ses propriétés.

Jusqu’ici la sécrétion purulente du chancre simple n’a été modifiée que : 1° par un altérant organique, la gangrène, qui détruit la propriété contagieuse du pus ainsi que l’ont démontré plusieurs inoculations pratiquées avec le pus de chancre gangréneux, qui toutes sont restées négatives ; 2“ par les réactifs chimiques, tels que les acides acétique, nitrique, sulfurique, chlorhydrique, l’ammoniaque, la potasse, le vin, l’alcool, les chlorures, etc. Lorsqu’ils sont mélangés au pus virulent, ces divers corps lui enlèvent sa propriété contagieuse, ainsi que l’ont démontré les inoculations avec le pus traité par ces liquides, qui ont toutes été néga--. tives.

Quelle est la marche ou l’évolution du chancre simple? — Nous considérerons dans l’évolution du chancre simple quatre périodes parfaitement distinctes : 1° la PÉRIODE DE DÉBOT ; — 2“ la PÉRIODE DE PROGRÈS ; — 3“ la période d’état ; — 4“ la période DE RÉPARATION ET DE TERMINAISON.

1“ PÉRIODE DE DÉBDT. — Le chaucre simple étant, comme nous l’avons dit, une maladie purement locale, n’a pas d’incubation. Il se développe immédiatement après le coït contagieux, comme après l’inoculation artificielle. Dès que le pus virulent qu’il sécrète se trouve en contact avec un point quelconque de la surface cutanée ou des membranes muqueuses dépourvues d’épiderme ou d’épithélium?

action morbide commence. Les circonstances ^ déterminent cette dénudation de la peau ou de la muqueuse sont, le plus souvent, de petites écorriiures, des éraiUures à peine perceptibles, produites, dans la plupart des cas, par le simple frottement du coït. Une vésicule herpétique, psorique, ^^émateuse, une pustule d’acné ou d’impétigo, une végétation préexistante, peuvent aussi la déter-

miuer. i. ^ ,

Quelques auteurs, que 1 on peut classer en. deux gatégories, ont prétendu, à tort, que le chancre simple a une incubation. Les uns se fondant sur des observations de faits, dans lesquels le pus virulent avait été déposé sur un tégument sain, et dans lesquels, par conséquent, la pustule ne s’était montée que 7, 8, 9 ou même 10 jours après le coït, ont admis une période d’incubation de 7, 8, 9, et même 10 jours. Nous leur répondrons avec Ricord que lorsque le pus virulent est déposé sur un tégument sain, il ne se développe pas une inoculation immédiate; il faut d’abord que le pus se fasse une voie, s’ouvre une tranchée, en corrodant, en détruisant l’épiderme, après quoi, seulement, il exerce son action spécifique. Or, ce travail préparatoire . demande évidemment un certain temps pour s’accomplir et retarde d’autant l’éclosion du chancre. De là, comme conséquence, une incubation apparente, laquelle n’est, en réalité, qu’un stade d’élaboration insensible et de silence actif de la maladie. '

Les autres, déclarant que le chancre n’a commencé à exister qu’à partir de l’apparition de l’ulcération spécifique, ont considéré, comme période d’incubation, tout le teinps qui s’écoule entre l’inoculation et le moment où se montre l’ulcération. Ces auteurs sont dans l’erreur en raisonnant ainsi, car ils prennent, pour le début du chancre un symptôme qui n’est pas le premier. Le chancre, en effet, date du moment même de l’apparition delà rougeur érithémateuse qui se montre presque aussitôt après le coït.

Le chancre simple n’a donc pas d’inoculation. Il débute, dans l’immense majorité des cas, par une pmtule ecthymateuse. On peut cependant observer des chancres débutant sous' une autre forme, sans pustule, et d’emblée : c’est lorsque le pus virulent a cte déposé sur une surface dénudée, sur une fissure, une écorchure, une plaie, en un mot. 11 est codent que dans des cas, la pustule initiale est physiquement impossible.

Période de progrès. — Que la maladie ait ubuté par une pustule ou par une excoriation, elle ^ outit toujours à une ulcération spécifique, qui

le chancre simple. Cette ulcération qui pparaît vers le cinquième jour, progresse dans les gp jours d’une manière rapide et continue, gg s grandit en conservant la forme arrondie, et nairp^^f on même temps. Dès le premier septeseconH 1 ^0 diamètre d’une lentille ; dans le

vin^ ^ J prend les dimensions d’une pièce de Passp centimes, rarement elle dé-

cres toutefois, on a observé des chan-

Dîèi>p a la proportion formidable d’une

de cinq francs.

il est parvenu à son entier développement.

le chancre simple se présente à l’œil de l'ohservateur avec les caractères suivants : ulcère arrondi, plus ou moins profond, et dont les bords sont taillés à pic comme avec un emporte-pièce, légèrement décollés, à base molle et souple, suppurant abondamment, et occasionnant une douleur assez vive. Il est bien entendu que ces caractères s’appliquent au chancre développé sur les tissus homogènes. En les étudiant chacun séparément nous verrons que certaines conditions peuvent les modifier.

1° La forme du chancre, avons-nous dit, est généralement arrondie, principalement dans les premiers jours de son évolution. Toutefois, elle peut subir de nombreuses variations, dues à diverses causes. C’est ainsi que la vieillesse du chancre la modifie, soit par suite de la réunion de plusieurs chancres en un seul, soit par suite du développement du chancre qui se fait de préférence sur les points où il rencontre moins de résistance. Le siège des chancres peut encore modifier leur forme. Ainsi, lorsque ceux-ci s’établissent dans une solution de continuité préalable, et à forme déterminée, comme dans les fissures du prépuce, de la fourchette, de l’anus, etc..., ils sont allongés, linéaires, fissuaires; lorsqu’ils se développent dans la rainure glando-prépuliale, ils sont d’ordinaire elliptiques, et ont leur axe principal dirigé parallèlement à la couronne du gland ; lorsqu’ils prennent naissance dans des replis ou des enfoncements, qui permettent aux parties voisines de se toucher, comme dans l’anneau inférieur du prépuce chez les individus affectés de phimosis congénital ou accidentel, ils sont fissuaires ou divisés en deux moitiés adossées comme les feuillets d’un livre, etc.

2® Le fond de l’ulcère chancreux est plus ou moins profond et d’étendue variable. Il est tapissé, surtout à son centre, d’une sorte de membrane très adhérente, rugueuse et inégale, de couleur grisâtre, que les auteurs ont comparée les uns à une couenne, les autres à un enduit pultacé, d’autres à une sorte de détritus organique. Cet aspect diphthéritique que prend le fond de la plaie n’est point dû, comme dans la diphthérite, à la production d’une pseudomembrane fibrineuse blanche, mais bien, comme l’a dit Robin, à la mortification qui continue à la surface des tissus dénudés.

3® Les bords du chancre offrent le même aspect que le fond. Ils sont taillés à pic et comme à Vemporte-pièce, parce que l’ulcération détruit dans toute leur épaisseur les diverses membranes qu’elle rencontre sur son passage. Ils sont ordinairement décollés; cela tient à la résistance inégale qu’offrent à l’ulcération les différents tissus. Or les tissus cellulaires sous-cutanés et sous-muqueux, et, en général , le tissu lamineux, cédant plus facilement que la peau et la muqueuse’, on comprend très bien comment la maladie fait plus de progrès au-dessous de ces dernières membranes qu à leur surface. Quelquefois, ils sont renversés en dehors et comme enroulés légèrement sur eux-mêmes, ce qui donne alors à la plaie l’aspect un peu infondibuliforme.

Circonscrits par une auréole inflammatoire, rouge plus ou moins foncé, suivant l’intensité de l’inflammation des parties voisines, mais surtout suivant le degré de décollement et d’altération, les bords

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offrent enfin à l’oeil armé d’une loupe, une série dé petites dentelures qui ont quelque chose de caractéristique.

4® La base du. chancre simple est molle et souple, comme celle des plaies ordinaires. Ce caractère est si constant, et quelques auteurs lui ont donné une telle importance, que pour eux il est pathogonomique et qu’ils ont appelé le chancre simple : chancre mou. Il n’existe pas toujours cependant, et on peut observer quelquefois un épaississement et un engorgement des tissus sur lesquels repose l’ulcère, ou qui l’environnent; mais cet engorgement n’a jamais l’apparence du disque fibro-plastique induré caractéristique du chancre infectant. Il ne déborde pas d’ulcération ; il est mal circonscrit, et consiste simplement dans une sorte d’empâtement diffus de -la base du chancroïde. Jamais il ne précède l’ulcération de la surface du chancre; il apparaît, au contraire tardivement, et diminue et disparaît même avant la cicatrisation de la plaie.

Lorsque l’on rencontre cette induration spéciale du chancre simple, elle est presque toujours due à l’emploi de certaines substances médicamenteuses spéciales, telles que le nitrate d’argent, la pâte de Vienne, le chlorure de zinc, les acides sulfurique et nitrique, et en général presque tous les escharotiques usuels ; le sublimé, le bichromate de potasse, l’alcool et la cendre de tabac, à laquelle le public attribue, à tort, une grande propriété cicatrisante.

S® Le chancre simple fournit une suppuration abondante. Le pus, qui est contagieux au plus haut degré, et qui seul communique la maladie, est jaunâtre, mal hé, souvent mêlé de sang, de sanie et de détritus organiques. Il jouit au plus haut degré de la propriété virulente, et a reçu des syphilisateurs le nom de pus fort, ce qui veut dire qu’il détermine infailliblement un chancre lorsqu’on l’inocule. soit au malade, soit à un autre individu. L’examen microscopique n’y a fait découvrir jusqu’ici aucun parasite, ainsi que l’ont prétendu quelques auteurs.

6® Le chancre est ordinairement assez douloureux. Le contact de certains médicaments irritants, tels que le vin aromatique, le tartrate ferrico-potassique ; les ablutions d’eau froide, les frottements contre les corps étrangers, les érections, provoquent des douleurs assez vives qui s’exaspèrent encore chez certains malades, ceux qui se livrent, par exemple, à des excès alcooliques. Moins douloureux, en général, chez la femme que chez l’homme, le chancre simple acquiert cependant une sensibilité excessive chez la femme, lorsqu’il siège sur certaines parties. C’est ainsi que le chancre du clitoris est excessivement douloureux et rend quelquefois le sommeil impossible. Viennent ensuite les chancres de l’anus, de la peau qui recouvre les parties voisines de l’appareil génital ; ceux qui siègent sur la muqueuse des grandes lèvres, sur les nymphes ; ceux qui entourent le méat urinaire. Celui de la fourchette, ainsi que celui de l’orifice du vagin, sont à peine sensibles. Chez l’homme, les chancres du frein sont les plus douloureux.

L’observation a démontré que les dimensions et la profondeur des chancres n’ont pas tme grande influence sur la douleur qu’ils occasionnent.

3® PÉRIODE d’état. — Lorsque le chancre sim a atteint son entier développement, on le voitre t un certain temps stationnaire, sans avoir tendance à s’étendre, non plus qu’à se limiter'^'^^ présenter tous les symptômes de la période de p’r^ grès que nous venons de passer en revue ; surtout son aptitude inoculatrice et éminemment conta^ gieuse.

Cette période, trop variable pour être précisée peut durer de quelques jours seulement à deux où trois semaines ; il n’est pas très rare de la voir durer plusieurs mois, et même en dépit de tout traitement. ^

4® PÉRIODE DE RÉPARATION. — Après être resté plus ou moins stationnaire dans sa marche, l’ulcère qui jusque-là avait sécrété abondamment un pus virulent, change tout à coup de physionomie. Et d’abord la suppuration diminue d’une manière très sensible ; le fond se déterge, grâce à la chute de cette membrane pulpeuse qui le recouvrait; de grisâtre qu’il était, il devient rose. Les bords, qui étaient décollés et renversés, s’affaissent et se rapprochent du fond auquel ils adhèrent. Bientôt, on voit poindre, sur divers points de l’ulcération, des bourgeons charnus qui font disparaître les inégalités du fond; ils sont recouverts d’un pus jaune, facile à détacher, et en tout semblable à celui qui se produit à la surface d’une plaie ordinaire en voie de cicatrisation. L’auréole rouge qui entourait le chancre change de couleur et devient d’un gris perle ; celui-ci perd sa forme arrondie à mesuré que le travail de réparation se fait. Enfin, apparaît, sur les bords, une pellicule de couleur cendrée, doublée d’un liseré violacé qui indique l’apparition du tissu cicatriciel ; alors la cicatnsation s’opère de la périphérie au centre par la formation d’une série de zones concentriques: qui se juxtaposent et finissent par recouvrir toute la surface de l’ulcération.

La cicatrisation ne marche pas toujours d’une façon aussi régulière. 11 peut arriver qu’au lieu de s’établir d’emblée sur toute l’étendue de la plaie, elle se fasse seulement sur quelques points, tandis que les autres continuent à sécréter un pus virulent. Dans ces cas, il est dangereux de laisser longtemps le pus spécifique en contact avec les parties qui se cicatrisent, car ces parties pourraient s’inoculer de nouveau.

Plusieurs auteurs, Hunter et Ricord entre- autres, ont prétendu que le signe caractéristique de la période de réparation serait Vextinction de la spécificité virulente. Le premier disait dans son remarquable ouvrage : « Le pus qui est sécrété le dernier par un chancre n'est pas vénérien, f second : « A cette dernière période, la spécificité est éteinte ; le pus sécrété n’est plus que l’analogue du pus des plaies simples ; il a perdu toute propriété virulenté ! » Mais depuis, de nombreuses expériences ont été faites par Fournier, Poisson et autres, et ces expériences ont amené une conclusion tout à fait contraire à celle des deux illustres sypm' ligraphes, à savoir que le chancre reste chancre jusqu'à ce qu'il soit complètement et absolument cicatrise; c’est-à-dire que tant qu’il reste un poi^ ulcéré, ce produit, si petit soit-il,, continue de du pus spécifique et, par conséquent, inoculabio*

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J g^e nous venons de le voir, le chancre i offre dans son évolution quatre périodes parment distinctes, dont la marche est plus ou •S rapide. Règle générale, le chancre progresse rapidement à son début et dans la quinzaine suit sa naissance. Passé cette période, il se ram sensiblement, et cela d’autant plus qu’il de- • t plu® ancien. Enfin, pendant la période de ^^®ration, le travail cicatriciel, s’il n’est entravé ^^^\ucune. complication, se fait assez rapidement. P^g chancres -n’ont pas toujours la marche régulere que nous venons de décrire. Ainsi, l’on en oit qui semblaient parfaitement limités, et même en voie de réparation, subir une recrudescence subite, dont on ne peut pas toujours apprécier la cause. D’autres fois, on en voit qui se cicatrisent sur un point de leur surface et s’étendent en progressant sur un autre. Mais ce sont là des exceptions, et dans l’immense majorité des cas, les chancres accomplissent leur évolution complète d’une manière très régulière.

Quelle est la durée des chancres simples? —

Elle est très variable; mais d’une façon générale, on peut dire qu’elle est longue, car jamais elle n’est moindre de 3 semaines, et le plus souvent elle est de 5, 6, 7, 8 et 9 semaines. Les chancres qui durent plus de 2 mois sont très rares, et alors ils sont toujours compliqués de phagédénisme.

Plusieurs circonstances influent d’une façon très marquée sur la durée de cette affection. Parmi les principales, nous citerons son étendue, son siège, son traitement et le régime du malade, enfin les complications.

Ainsi il est bien évident que des chancres de petites dimensions guériront, plus promptement que les chancres présentant une vaste surface d’ulcération.

Les chancres qui siègent sur des régions exposées aux frottements des corps extérieurs, tels que le hmbe du prépuce, le gland chez les circoncis, l’anus dans les deux sexes, la vulve et la fourchette chez la femme, guérissent lentement. Ceux qui siègent sur le méat sont continuellement irrités par l’urine, ce qui rend leur guérison longue et rebelle. Souyent même celle-ci entraîne des rétrécissements modulaires, plus ou moins grands, de l’orifice du canal. Nous en dirons autant des chancres intrauréthraux. Les chancres qui siègent sur la verge, eu général, sont très longs à guérir, exposés qu’ils sont à des' tiraillements violents occasionnés par lerection. De même ceux qui siègent sur le clitoris chez la femme, la turgescence de cet organe, exposant ces parties à des tiraillements et à des congestions répétées. On comprend enfin que la défécation fend très difficile et très longue la cicatrisation des Chancres de l’anus.

hes chancres que l’on ne panse pas et sur lesquels on laisse séjourner le pus, ceux que l’on panse yec des topiques irritants, d’une manière abusive, enflamment, s'étendent et durent un temps parfois tfes considérable.

liai naarche, d’équitation, les abus des

ans foftes de la part des malades, prolongent Enfî^ de leurs chancres.

uu, tout le monde comprend que les complica¬

tions, telles que les phimosis, les paraphimosis, le phagédénisme, augmentent d’une manière quelquefois terrible et toujours déplorable la durée des chancres. Seule parmi toutes les complications, la gangrène diminue leur durée en détruisant le principe virulent de l’ulcération, qu’elle transforme en une eschare qui s’élimine assez promptement pour ne laisser subsister qu’une plaie simple.

Quelle est la terminaison dn chancre simple?

Le chancre simple, lorsque aucune complication ne survient, se termine toujours par la guérison. Nous disons : lorsque aucune complication ne survient, car on a observé des chancres compliqués de phagédénisme entraîner la mort des malades.

La cicatrice, qui indique la terminaison réelle du chancre simple, n’offre rien de particulier et ressemble à celle des plaies ordinaires. Si le chancre a été superficiel et de peu d’étendue, elle esf à peine visible et disparaît à la longue ; si, au contraire, la chancre a été profond, vaste, elle est très apparente, ressemble à la cicatrice que laisse la vaccine, et, comme elle, est ineffaçable. Éphémère lorsque le chancre siège sur la muqueuse, elle persiste d’une façon indélébile lorsque le chancre siège sur la peau.

Existe-t-il un moyen sûr de reconnaître un chancre simple ? — Dans beaucoup de cas, le chancre simple se présente à l’observateur avec un tel ensemble de symptômes qu’il suffit d’un coup d’œil, au praticien un peu exercé, pour le reconnaître.

Ainsi, lorsqu’un individu se présente à l’observation avec une ulcération de forme arrondie, à base molle,

'a bords taillés à pic et comme à l’emporte-pièce à fond grisâtre recouvert d’une couche comme diphthéritique, entourée d’une auréole rouge et enflammée, sécrétant un pus abondant et manifestant une tendance marquée à l’agrandissement dès les premiers jours qui suivent son apparition ; lorsqu’enfin l’individu ajoute que l’ulcération s’est montrée dans les trois ou quatre premiers jours qui ont suivi le coït suspect, vous pouvez affirmer qu’il a un chan- ■ cre simple. A plus forte raison porterez-vous ce. diagnostic si les ulcérations se sont montrées multiples d’emblée, pu consécutivement par suite d’autoinoculation, et s’il existe dans le pli de l’aine des adénites aiguës ou bubons.

Toutefois, nous devons dire que, lùalgré leur grande importance, aucun de ces signes n’est véritablement pathognomonique. Un seul, que nous n’avons pas encore indiqué, permet d’établir d’une façon péremptoire le diagnostic du chancre simple. Ce signe est fourni par Vinoculation du -pus qu'il sécrète ; car, ainsi que l’a dit très justement Ricord, le chancre n’est, ni dans sa forme ni dans son fond, ni d’une manière absolue dans aucun de ses caractères extérieurs : il est tout entier dans le pus qu’il sécrète.

1“ Le chancre simple est inoculable à coup sûr au sujet qui le porte, à toutes ses périodes, sauf à la période de cicatrisation très avancée.

2® Le chanjcre simple est la seule des ulcérations dû origine vulgaire, vénérienne ou syphilitique, qui soit susceptible de reproduire par auto-inoculation une ulcération semblable à elle-même.

Ces deux propositions qu’il est aujourd’hui impos-

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sible de nier, reposent sur de nombreuses expériences faites dans les hôpitaux par plusieurs auteurs, et qu’il est inutile de rappeler ici.

L’auto-inoculabilité est donc le seul et véritable signe pathognomonique du chancre simple.

Voyons dans quelles circonstances et comment doit se pratiquer l’inoculation.

Pendant longtemps il fut d’usage à l’hôpital du Midi de pratiquer l’inoculation avec une lancette. Depuis quelques années, la lancette a été abandonnée, et on Ta remplacée par l’épingle ordinaire.

A l’hôpital du Midi, on pratique d’ordinaire l’inoculation sur le bas-ventre, au-dessous du nombril et sur la ligne médiane. En ville, quelques praticiens la font sur la cuisse, d’autres sur le bras ou l’avant-bras. Nous n’avons, pour notre part, aucune préférence, et nous nous en rapportons au gré des malades.

Pour pratiquer l’inoculation, on charge avec soin la pointe de l’épingle sur l’ulcération dont on veut établir le diagnostic, puis on fait sur la partie désignée d’avance une piqûre aussi petite et aussi superficielle que possible. On doit se contenter de soulever l’épiderme avec l’épingle et n’intéresser que le réseau vasculaire de la peau : l’apparition d’une gouttelette de sang indique que la dilacération des vaisseaux capillaires aeuh'eu.

Pour reconnaître plus facilement le point inoculé, on fait autour un léger attouchement de nitrate d’argent. Quelques auteurs ne trouvent pas utile de le protéger et l’abandonnent à lui-même. Nous trouvons plus sage de protéger l’inoculation contre les froissements qui pourraient enlever le pus, déchirer la pustule et irriter la plaie. Ricord avait l’habitude de recouvrir ses inoculations d’un verre démontré, appliqué et maintenu sur l’endroit inoculé au moyen d’une bande de diachylon. Cette pratique ne nous paraît pas très commode pour le malade, et nous préférons recouvrir le point inoculé d’un morceau de baudruche gommée recouvert, sur ses bords, d’une légère couche de collodion.

Si l’inoculation doit être positive, lé travail morbide qui doit donner naissance à un chancre simple commence aussitôt. Si l’inoculation doit être négative,. on, n’observe à l’endroit inoculé qu’une légère rougeur avec inflammation de la peau, qui disparaît bientôt.

A quel moment faut-il pratiquer la cautérisation destructive de la pustule produite par l’inoculation, lorsque celle-ci est positive? Il fut longtemps d’usage au Midi de la pratiquer immédiatement après son installation, afin, disait-on, d’abréger le plus possible la durée du nouveau chancre inoculé. Rien de plus logique en apparence et rien de plus mauvais en réalité. En effet, si l’on pratique la cautérisation aussitôt que la pustule d’inoculation est produite, on ne sait pas ce que l’on détruit, et l’inoculation ne donne qu’un résultat incertain. 11 ne faut détruire par le caustique la plaie d’inoculation que lorsqu’on a bien et dûment constaté le caractère chancr eux. Inutile de dire que nous ne partageons nuUement l’opinion de ceux qui, ennemis acharnés des cautérisations, préfèrent abandonner à lui-même le nouveau chancre.

Quelles sont les affections qui peuvent être con¬

fondues avec le chancre simple ? — Elles sont nombreuses. Parmi les principales et les plu! munes, nous citerons le chanciie infectant

PHILITIQUE, I’hERPÈS, leS AFFECTIONS SECONDAIRES^^' TERTIAIRES DE LA SYPHILIS, leS PLAQUES MUQüEDSP les GOMMES ULCÉRÉES.

Un mot sur chacune de ces affections.

Le diagnostic différentiel du chancre simple et 6 CHANCRE INFECTANT constitue un des points les bI importants de la pathologie vénérienne. Il donc de le bien établir. Le chancre infectant pr"^ sente une incubation qui varie entre douze jours et deux mois, il est presque toujours unique et débute par une papule. Cette papule s’excorie au bout d’un certain temps, et l’exulcération qui en résulte se présente avec des caractères spéciaux. Elle est généralement superficielle et, dans les neuf dixièmes des cas, elle n’intérésse que la surface des téguments, recouverte d’une fausse membrane grisâtre excepté sur ses bords. Ceux-ci sont d’un rouge vif ou même rouge vineux, luisants comme s’ils étaient recouverts d’une couche de vernis, inclinés et se raccordant avec le fond, ce qui donne à l’ulcération l’aspect cupuliforme, sur lequel a insisté Ricord. Dans beaucoup de cas, les bords sont continus et de niveau avec le fond. La base présente une induration spécifique, élastique, et donnant au doigt la sensation d’une feuille de parchemin ou d’une rondelle de caoutchouc, d’un morceau de fibro-cartilage ou même de cartilage. Elle est parfaitement limitée à l’étendue de l’ulcère, et ne se perd pas en se confondant insensiblement avec les tissus sains environnants comme l’induration inflammatoire ; enfin, elle persiste longtemps après la cicatrisation du chancre.

Le chancre infectant est le plus souvent unique; il s’enflamme rarement, n’a pas de tendance à s’étendre, suppure peu, détermine peu ou pas de douleur, donne naissance à une suppuration peu abondante qui a une tendance à se concréter, en une pellicule blanchâtre d’apparence couenneuse, ou bien en une véritable croûte.

Le chancre infectant s’accompagne toujours d’une

adénopathie symptomatique spéciale. Cette adénopathie se montre le plus souvent au moment où l’induration du chancre se produit. Elle débute d’abord par une simple tension ganglionnaire du côté correspondant au siège du chancre, et, dans beaucoup de cas, des deux côtés. Au bout de quelques jours, on remarque une tuméfaction dure et indolente des ganglions. Ces ganglions qui constituent une véritable pléiade, forment une série de petites tumeurs ovoïdes, très dures, mobiles sous le doigt et indépendantes les unes des autres. Parmi eux, on en trouve toujours un plus développé que les autres ; c’est celui, dit Ricord, auquel viennent aboutir directement les lymphatiques de la partie ulcérée. Ces ganglions ne s’enflamment et ne sup^ purent jamais, et leur induration persiste longtemps après la cicatrisation du chancre.

Le chancre infectant provient toujours d’un chancre infectant ou d’un accident secondaire. 11 ne peut pas s’inoculer à l’individu qui en est porteur, ni a tout autre individu atteint de syphilis. Il est. la première manifestation d’une maladie générale et

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’ toujours dune série d’accidents qui 1

5 ®^ssent dans un ordre régulier et à des époques près déterminées. Enfin, il est spécial à pe^ce humaine et ne peut pas se transmettre aux

l’ensemble des caractères du chancre infArfant Si on le compare à l’ensemble des caractères au chancre simple, il sera facile d’établir le

fiostic différentiel..

^ AFFECTIONS HERPETIQUES peuvent être confon- , ^avec le chancre simple, et leur diagnostic dif- Sntiel est parfois très difficile à établir. Reconnaissons toutefois que, le plus habituellement, on V parviendra en tenant compte des quelques considérations suivantes que nous empruntons à Fournier.

10 Les ulcérations herpétiques sont généralement plus nombreuses, plus petites et plus superficielles que les ulcérations chancreuses. Ce triple signe n’est cependant pas absolu, puisque l’herpès peut être solitaire, creux et large, mais il ne présente que rarement ces trois caractères associés.

2» Les ulcérations de l’herpès sont généralement pruriginetLses, et produisent une ardeur, une excitation locale, « un feu », comme disent les malades, dont ne s’accompagne pas habituellement, le chancre.

3» Fort souvent l’ulcération herpétique présente une configuration, consistant en ceci :.le contour de l’ulcération n’est pas constitué, comme celui du chancre, par une ligne plus ou moins régulièrement circulaire, mais bien par une série de segments de circonférence, ce qui tient à ce que la plaie totale résulte de la fusion de plusieurs plaies circulaires. Cette disposition, quand elle existe, est presque pathognomonique de l’herpès. Elle ne s’observe pas avec le chancre. Lors même que plusieurs chancres viennent à se fusionner, leur contour figure plusieurs grands cercles réunis, mais U ne présente jamais ces petits segments de circonférence, que je n’hésite pas à donner comme caractéristique de l’herpès.

4“ Il existe presque toujours, en même temps que les ulcérations chancriformes de l’herpès, d’autres manifestations herpétiques non douteuses, telles que vésicules encore intactes, ulcérations petites et groupées, etc. Ajoutons que l’éruption herpétique se fait quelquefois par poussées succesde sorte que la présence d’une vésicule, soit ^ntérieure, . soit postérieure à l’ulcération doupeut éclairer le diagnostic de cette dernière.

5“ Il est assez rare que l’herpès ne se produise que pour une fois et d’une façon purement accienteUe. Le plus souvent il constitue une affection ti une véritable diathèse à poussées mul-

aui^* même un grand nombre de malades

moi ^ff^^ctés d’herpès génitaux se répétant de plus' de quinzaine en quinzaine, et cela

hère^^'^^u de suite. Cette disposition singu-

^ s observe aussi dans le sexe féminin, mais à foute^^ lûoindre de fréquence. Certaines femmes ona prises d’herpès vulvaire presqu’à cha-

menstruelle.

fîcative^ l’évolution de la maladie est plus signiuncore que tous les caractères précédents.

L’herpès ne tend pas à s'étendre et se répare bien plus facilement que le chancre. — Cependant il faut savoir qu’il affecte parfois une durée assez longue, surtout dans sa forme ulcéreuse, ou bien lorsqu’il a été irrité par de mauvais pansements ou des cautérisations répétées.

Dans ces cas, si ce que nous avons dit plus haut ne suffit pas pour faire reconnaître l’herpès du chancre, l’inoculation ne laisse plus de doute. Si elle est positive, l’ulcération sera un chancre simple, si elle est négative, ce sera de l’herpès.

Le diagnostic est peut-être plus important chez la femme que chez l’homme, car il peut se faire que le médecin soit consulté par un tribunal, comme cela arriva à Legendre. On lui amena un jour une jeune enfant qui avait été victime d’une tentative de viol, et que l’acte d’accusation disait atteinte « de chancres de la vulve. » Ce médecin l’examina et aperçut, en effet, des ulcérations qui simulaient très bien les chancres simples. Mais un examen plus attentif et quatre inoculations, toutes négatives, lui permirent de dire, avec toute la certitude possible, que la jeune enfant n’avait pas de chancres simples, mais seulement de l’herpès de la vulve.

Les AFFECTIONS SECONDAIRES ET TERTIAIRES DE LA SYPHILIS peuvent, dans certains cas, être prises pour des chancres simples. Ainsi les plaques muqueuses qui siègent sur les parties génitales peuvent embarrasser le médecin et lui en imposer, surtout lorsqu’elles ont été irritées et ulcérées par des frottements, des cautérisations répétées ou diverses autres causes. Elles offrent alors une ressemblance très grande avec les chancres simples; comme lui elles sont multiples, de couleur grisâtre, à base molle, etc. 11 en est de même des tumeurs gommeuses ulcérées qui siègent sur le fourreau de la vèrge, le gland, le scrotum, la vulve, le col de l’utérus, etc. Comme le chancre simple, en effet, elles ont les bords taillés à pic, le fond grisâtre et pultacé, une longue durée, etc. Dans ces cas, il faut consulter les antécédents, examiner toutes les parties du corps, pour voir si on ne rencontre pas sur d’autres points des ulcérations du même genre, et si cet examen ne suffit pas pour éclairer le diagnostic — mais il suffit souvent, — avoir recours à l’inoculation, car le chancre simple, ainsi que nous l’avons vu, s’inocule à l’infini au porteur, tandis que les affections syphilitiques ne s’inoculent jamais à l’individu qui en est porteur.

Dans la pratique, on rencontre souvent des malades chez lesquels manque l’ensemble des signes caractéristiques du chancre simple que nous avons énumérés au commencement de ce chapitre, et. chez lesquels l’affection est en quelque sorte marquée par des symptômes insolites. Le diagnostic est alors compliqué, et dans certains cas, il peut devenir très difficile.

Nous avons dit plus haut que le chancre simple avait une base molle. Cela est vrai d’une manière générale. Cependant on observe assez fréquemment des chancres simples dont la base offre au toucher une résistance qui est l’indice manifeste de l’exis- , tence de produits plastiques. Cette induration est loin d’être spécifique ; eUe est accidentelle, de nature purement inflammatoire, et déterminée par des topi-

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ques irritants ou des caustiques que les malades I appliquent sur leurs chancres avant d’aller consulter un médecin. Celui-ci ne la confondra pas avec l’induration spécifique du chancre infectant ; car elle présente des caractères parfaitement distincts. Ainsi, tandis que l’induration propre au chancre infectant est nettement circonscrite, « ne se perd point, comme l’a dit Hunter, d’une manière graduelle et insensible, dans les parties environnantes, mais se termine brusquement », ressemble assez, suivant l’expression si juste de Bell, « à la moitié d’un pois qui serait placé au-dessous de l’ulcération; » tandis qu’elle présente presque toujours une surface plus étendue ou plus large que celle de l’ulcération, se montre tardivement, augmente d’intensité à mesure que le chancre vieillit et persiste très longtemps après sa cicatrisation. L’induration qui accompagne quelquefois le chancre simple est au contraire diffuse, mal circonscrite et ne dépassant guère les limites de l’ulcération, d’une courte durée et ne persistant pas après la cicatrisation de l’ulcération.

Enfin, Yâge du chancre, les modifications de forme qu’il présente parfois, le siège qu’il occupe, la coïncidence avec d’autres maladies vénériennes, peuvent devenir autant de causes d’erreur et compliquer le diagnostic.

. Quel est le pronostic du chancre simple? — Le pronostic du chancre simple peut être -divisé en pronostic général et en pronostic local.

. Le pronostic général a été magistralement for- .mulé par Ricord dans la phrase suivante : Le chancre simple est une affection purement locale qui borne ses effets à la région qu’elle attaque, qui ri a jamais de retentissement général, qui ne s'accompagne jamais d’accidents constitutionnels; en d'autres termes, c'est un chancre qui n'infecte pas l'économie, c'est tin chancre sans vérole.

Le pronostic ZocaZ est peu grave, nous pouvons même dire bénin, dans l’immense majorité des cas, Jorsque l’ulcération suit sa marche naturelle, est soignée selon les règles, et qu’aucune complication ne survient.

; ^ Nous venons de dire que la constitution de l’indidu est toujours à l’abri des atteintes du chancre .simple. 11 n’en est pas de même de l’organe sur lequel il. siège. Celui-ci est bien moins protégé ; l’ulcération peut le mutiler, le déformer, le détruire même, en tout ou en partie, selon que se produisent certaines complications qui viennent accroître son extension ou sa durée; et le pronostic, dans ces cas-là, peut devenir plus ou moins grave.

Les principales complications qui aggravent le pronostic du chancre sont, chez l’homme : la balanite, la balano-posthite, le phimosis, le paraphimosis, les abcès péri-uréthraux, etc.; chez la femme : Vœdènie des grandes lèvres, la métriie, les condylomes de l’anus, etc.; dans les deux sexes l’inflammation, les bubons, la gangrène, le phagédénisme, etc. (V. ces mots.)

La grande tendance à s’étendre et à se multiplier par auto- inoculation ou par des inoculations de voisinage, sont deux conditions qui retardent souvent la guérison du chancre simple et font varier

son pronostic. Sa forme et son étendue ont sur lui une grande influence. Ainsi, il est é qu’un chancre superficiel exulcéreux sera grave qu’un chancre profond ulcéreux, à bor^r^^ lés à pic et s’étendant jusqu’au tissu cellul • sous-cutané ou sous-muqueux ; un chancre tites dimensions guérira plus vite qu’un autre la surface ulcérée sera très étendue.

Le siège qu’il occupe exerce encore sur lamarch et la durée du chancre simple une influence tr' manifeste, et doit être pris en grande considération relativement au pronostic. D’une manière générale celui-ci est d’autant plus grave que l’ulcère occunè une région plus exposée aux contacts extérieurs aux tiraillements, et sur laquelle les applications topiques sont moins faciles à faire.

Ainsi, le chancre du frein est grave, parce que, s’il le détruit en partie, il laisse sur le prépuce et sur le gland deux petits tubercules qui constituent une difformité, et s’il le détruit en totalité, il laisse sur le gland une sorte d’entaille ou de rigole régulière , en forme de V. Dans quelques cas, heureusement fort rares, le chancre du frein, après avoir totalement détruit cet organe, peut en se creusant arriver jusqu’à l’urèthre et déterminer une perforation du canal compliquée bientôt elle-même d’un chancre endo-uréthral.

Le chancre du méat urinaire est long à guérir, irrité qu’il est sans cesse par le contact de l’urine ; son pronostic est grave, parce que des rétrécissements inodulaires de son orifice peuvent survenir après sa cicatrisation.

Le chancre uréthral et endo-uréthral est aussi rebelle et long à guérir. Son pronostic est grave, parce que les érections nocturnes peuvent le dilacérer et produire des hémorrhagies, des abcès périuréthraux, et même des perforations du canal; de plus, leur cicatrisation détermine, comme au méat, la production d’un rétrécissement.

Les chancres sous-préputiaux sont graves, à cause de leur grande tendance à s’enflammer, à s’élargir et à se creuser. De plus ils peuvent se compliquer de lymphite et de phimosis. Enfin, lorsqu’ils sont multiples, ils peuvent’ se réunir et, dans certains cas, entraîner des perforations du prépuce qui nécessitent son excision, sous peine d’une difformue très désagréable. Comme les chancres du frein, du méat et de l’urèthre, ils sont sans cesse irrites et dilacérés par l’érection.

Les chancres des grandes lèvres peuvent déterminer un œdème et des abcès de cet organe, et le détruire en partie. Ceux du clitoris sont très long à guérir, la turgescence de cet organe s’opposan a la cicatrisation. Ils sont de plus très douloureux^ Ceux du capuchon présentent les mêmes inconvénients que ceux du prépuce. .

Les chancres du vagin se cicatrisent difficileme par suite des conditions anatomiques de cet organ • Ceux du col de l’utérus sont moins graves et gu rissent plus vite. Ceux du corps de l'utérus so plus graves, guérissent lentement et se complifl’i® souvent de métrites.

Les chancres de l’anus sont fatalement irrités qu’ils sont par les produits de la et par le tiraiUement qu’ils subissent chaque

,P celle-ci a lieu. Inutile d’ajouter qu’ils sont de Vus très douloureux.

P jodépendaninient de toutes les conditions locales nous venons de passer en revue, il faut encore Sir compte, pour le pronostic, des conditions générales de l’individu. Ainsi, il est évident qu’il sera nias ou moins grave selon que le malade sera d’une Lnne ou d’une mauvaise constitution, d’un tempé- -jnent fort, lymphatique ou scrofuleux; selon gn'il sera- alcoolique ou non, qu’il observera ou non les règles d’une bonne hygiène, etc.

Disons enfin que le chancre simple des organes génitaux est en général moins grave chez la femme Le chez l’homme. Nous ne connaissons pas encore toutes les raisons de cette différence; mais nous pensons qu’il faut l’attribuer au régime, au genre L vie, à la conformation toute différente des organes génitaux de la femme, etc.

Quel doit être le traitement du chancre simple ? Aujourd’hui que la théorie du dualisme chancreux est bien établie et acceptée par la presque universalité des syphiligraphes, le traitement du chancre simple se simplifie singulièrement. En effet, ce chancre étant une maladie purement locale, point n’est besoin pour le guérir d’un traitement général : un traitement simplement local suffit.

Ce traitement peut être abortif et curatif, selon qu’il détruira le chancre radicalement dès son apparition ou qu’il ne fera, pour ainsi dire, que l’accompagner dans sa marche naturelle, en accélérant son évolution.

Traitement abortif. — Le traitement abortif est celui qui consiste à détruire complètement le chancre dès son apparition, c’est-à-dire à transformer un ulcère virulent et contagieux en une plaie simple non contagieuse. Plusieurs auteurs en ont à tort attribué l’invention à Hunter, car bien avant lui, Jean de Vigo l’avait indiqué dans son remarquable ouvrage sur la maladie vénérienne; mais c’est à Hunter que revient l’honneur de l’avoir, le premier, formulé d’une façon claire et magistrale. Après Hunter, Ricord, Velpeau, Diday, Rollet, etc., ont préconisé le traitement abortif.

fie traitement comprend deux méthodes distinctes ; lyxcision et la cautérisation.

^excision ne peut se pratiquer que dans des cas tout à fait exceptionnels, lorsque les chancres siè- ?6nt sur des parties qui peuvent être sacrifiées sans ^ucun^inconvénient, comme l’extrémité du prépuce *^hez l’homme, le bord libre des nymphes ou des ^ndes lèvres chez la femme. EHe est absolument ^praticable lorsque les chancres siègent sur le ^opuce, le frein, le sillon balano-préputial, le ca^^^ ^t’inaire, le col de l’utérus, etc., d’abord à DarT^ structure et de la conformation de ces et ^ cause de la très grande douleur

pj.. ^ ^^'•^lutilation qu’eUe entraîne avec eUe, des parc minutieuses qu’eUe exige, et enfin,

treu^ qu’une seule goutte de pus chan-

fomf plaie pour que ceUe-ci se trans-

diiP ^ nouveau chancre de plus grande éten-

le premier.

Qon au contraire, est applicable, si-

des moins à l’immense majorité.

Imt, avons-nous dit, ést de transformer OnONNilBE populaire de Médecinb usuelle.

le chancre en plaie simple. Pour l’atteindre, il faut donc avoir recours non pas à des cautérisations légères, superficieUes et fréquemment répétées, mais à une seule cautérisation énergique et profonde, de façon à détruire le chancre dans toute son étendue et dans toute sa profondeur. La cautérisation doit tuer le chancre sur place.

Quels sont les caustiques capables de produire cette destruction? 11 y en a plusieurs qui ont été préconisés par divers auteurs, entre autres le fer rouge, le nitrate acide de mercure, h. potasse caustique, le caustique de tienne, le caustique Filhos, la pâte de Ganquoin au chlorure de zinc. Un mot sur chacun d’eux.

Le fer rouge est évidemment le plus sûr et le plus énergique de tous les caustiques, et nous nous en servirions de préférence à tout autre, si les malades effrayés ne refusaient obstinément de s’y soumettre.

Le nitrate acide de mercure a eu un moment de vogue, mais il a été abandonné dès qu’on s’est aperçu qu’il ne produisait que des cautérisations superficielles, bornait son action à la surface de l’ulcère et ne pouvait que très rarement atteindre toute la profondeur de la couche chancreuse.

La potasse caustique cautérise très bien; mais elle se liquéfie facilement et détermine souvent des eschares sur les parties saines.

Le caustique de Vienne a été pendant longtemps préconisé par Ricord, puis abandonné par lui, à cause de l’inconvénient qu’il a de se ramollir, de couler souvent sur des parties saines et d’y produire des eschares très graves, comme cela peut avoir lieu lorsqu’on l’applique sur des chancres siégeant sur le prépuce dont il peut amener la perforation.

Le caustique Filhos a été imaginé pour obvier aux inconvénients de la potasse caustique et du caustique de Vienne. Il est formé d’un mélange de deux parties de potasse et d’une partie de chaux ; il se solidifie et se durcit en refroidissant et peut recevoir toutes les formes voulues, selon les usages auxquels on le destine ; il n’est pas déliquescent, il n’éprouve au contact de l’air ou des tissus qu’un simple ramoUissement; il est comparativement moins douloureux que les autres caustiques ; son action est prompte, énergique, et toujours bornée au point où on l’applique. Quelques minutes suffisent pour détruire le chancre. Quant à l’eschare qu’il produit, elle s’étend beaucoup plus en profondeur qu’en largeur, et tombe du 5® au 8® jour laissant à découvert une plaie simple qui marche très rapidement vers sa cicatrisation.

La pâte carbo-sulfurique, imaginée par Ricord et à peu près exclusivement employée par lui, depuis quelques années, est formée d’acide sulfurique uni à la poudre de charbon dans les proportions nécessaires à la constitution d’une pâte demi-solide. Ce caustique, je le reconnais, est un caustique profond qui modifie an loin les tissus avec lesquels il est en contact, mais il a le grand inconvénient d’être d’une application excessivement douloureuse.

La pâle de Canquoin au chlorure de zinc est à peu près exclusivement employée à Lyon par Rollet, Diday et Dron. Ces messieurs la laissent en 5â

place pendant deux heures. L’eschare produite se détache ordinairement le troisième jour et laisse à découvert une plaie simple sans virulence, qui marche vers la cicatrisation d’une manière assez rapide, puisqu’elle est complète au bout de 8 à 10 jours. La cautérisation à la pâte de Canquoin est bien moins douloureuse que la cautérisation à la pâte carbo-sulfurique de Ricord, et Rollet dit que ses malades lui ont toujours avoué qu’ils n’avaient pas beaucoup souffert.

En résumé, de tous les caustiques, le caustique Filhos et la pâte de Canquoin sont ceux auxquels nous donnons de beaucoup la préférence.

La cautérisation doit être pratiquée à la période de début, alors que le chancre est petit, peu étendu, car alors on a pour soi toutes les chances de succès, et la douleur déterminée par l’opération est très minime. Plus tard, elle est inutile ou dangereuse.

Il faut s’abstenir de cautériser les chancres multiples l’un après l’autre, car on s’exposerait à les renouveler sans cesse. Il faut les détruire tous ensemble, dans la même séance, ou n’en détruire aucun.

Enfin, il faut, dans la cautérisation des chancres, tenir compte de leur siège. Lorsqu’ils occupent une partie où on ne peut les atteindre que très difficilement et très incomplètement, il faut renoncer à les cautériser. Ainsi, les chancres du méat urinaire, les chancres uréthraux, les chancres préputiaux compliqués de phimosis congénital ou accidentel, ne doivent pas être cautérisés. Il en est de même des chancres du vagin et du rectum. Dans tous ces cas, outré la difficulté de faire une cautérisation complète, à cause de la conformation particulière des parties, on s’expose à avoir des .accidents plus ou moins graves, tels que des perforations de l’urèthre et du prépuce, des perforations de la cloison rectovaginale, des rétractions et des rétrécissements du rectum, etc.

Traitement coratif ou rationnel. — Lorsque la cautérisation ne peut pas être pratiquée, soit à cause du siège du chancre, soit, ce qui arrive le plus souvent, à cause du refus obstiné des malades par trop pusillanimes, à quel traitement doit-on soumettre l’individu atteint d’un chancre simple?

Tout d’abord, ainsi que l’indique le simple bon sens, on proscrira les alcooliques, on engagera le malade à éviter les fatigues, les marches forcées, les veiUes, et à garder le repos, afin d’éviter le plus possible la production du bubon. S’il est anémique ou faible de constitution, on lui conseillera un bon régime, les amers et les ferrugineux. Ce traitement tonique aura pour effet de relever l’organisme affaibli par la suppuration de l’ulcère, et de placer ce dernier dans les meilleures conditions de cicatrisation et de guérison.

Quant aux pansements locaux, quelle que soit la substance médicamenteuse employée, ils devront être fréquents, c’est-à-dire renouvelés, selon les cas, deux à quatre fois par jour. Chaque fois qu’on les renouveRera, on aura soin de mettre à nu la partie malade et de la laver, afin d’éviter l’accumulation et le séjour du pus dans les tissus environnants, car ü constitue ime cause réelle d’excitation, d’entretien

et souvent d’inoculation. Il faudra cependant é • de faire saigner la plaie et de la déchirer, car L que écorchure s’inocule aussitôt et augmente l’ét due du chancre ou en forme un nouveau.

Quels sont les médicaments à opposer au chan simple? Ils sont excessivement nombreux : cha*^^^ auteur a préconisé le sien. Nous n’avons pas la tention de les passer ici tous en revue; nous non contenterons de signaler les principaux. ^

Tant que la distinction entre le chancre simple et le chancre infectant ne fut pas établie d’une façon irréfutable, on fit usage de Vonguent napoliS^ contre les deux espèces d’ulcérations, indistinctement. Plusieurs médecins continuent encore de nos jours cette pratique. C’est là un traitement déplorable, aussi nuisible au chancre simple qu’il est favorable au chancre infectant. « L’onguent napolitain, dit avec raison Ricord, constitue pour le chancre simple un irritant par excellence ; c’est une cause d’inflammation, et d’extension violente ; c’est même l’une des origines les plus fréquentes du phagédénisme. » Il doit donc être absolument abandonné, ainsi que tous les corps gras en général, qui tous agissent de la même manière que l’onguent napolitain, mais avec plus ou moins d’intensité, suivant le médicament qui leur est incorporé.

Fournier emploie la charpie sèche et lui donne même le premier rang parmi les divers topiques. C’est, dit-il, le plus simple et le plus utile peut-être de tous les pansements. Je ne partage pas son avis. Certes, on rencontre des chancres qui guérissent sans autres remèdes, mais ils sont rares. De plus, la charpie sèche est souvent irritante à la période de progrès et pour les ulcérations qui s’enflamment.

Ricord a recours d’ordinaire au vin aromatique, • qu’il considère comme un des meilleurs topiques pour diminuer la sécrétion du chancre. Il fait laver l’ulcère avec le vin aromatique, en évitant de le faire saigner; puis ille fait recouvrir avec un tampon de charpie fine, assez imbibé du même topique pour rester humide sans couler, et il fait renouveler les pansements quatre ou cinq fois par jour. Lorsque le chancre est trop douloureux, il additionne le vin aromatique de 60 centigrammes d’extrait d’opium pour 30 grammes de vin.

Rollet, de Lyon, emploie à peu près exclusivement les applications de charpie imbibée de nitrate d’argent au 30% au W et même au 10^ Ce traitement est assez douloureux. .

Melchior Robert, de Marseille, employait souvent le traitement de Ricord. Il avait aussi recours à la solution de Tartrate ferrico-potassique.

Liégeois avait institué à l’hôpitâl du Midi le traitement par Valcool concentré. Ce traitement était très douloureux et les malades ‘s’y soumettaient très difficilement.

Champollion, chirurgien militaire, a préconisé le camphre en poudre. Un de ses collègues, M. Bernard, a conseillé de soumettre les chancres simples à des irrigations d'eau fraîche d’une demi-mi' nute, 8 à 10 fois par jour,^ ce qui est un moyen bien peu pratique.

Desprès, Mauriac et quelques-uns de leurs élèves pansent les chancres simples avec une solution de chlorure de zinc qui varie de 1 à 4 grammes de

ehlorore de zinc pour 100 grammes d’eau distillée,

médecins ont employé diverses autres Uitions telles que la solution àn sulfate d'alumine à la dose de 5 grammes pour 100 grammes la solution de coaltar saponiné de Le Beuf, la liqueur de Labarraque, additionnée d’un ^'^'ds 4^ d’eau; le Phénol Bobæuf, au 100' ; la softion de salicylate de chaux à la dose de 2 grames poar 11*® grammes d’eau, etc.

^^iprèsBesnier, Féréol et Simonet, nous avons emoioA et nous employons encore journellement, depuis 1871, avec le plus grand succès, Viodoforme, nonenglycérolé ou en pommade, mais simplement en poudre très fine. Ce précieux médicament jouit de propriétés anesth étiques remarquables, et nous avons toujours vu les malades atteints de chancres excessivement douloureux, éprouver un soulagement notable dans leurs souffrances dès le premier jour du pansement à l’iodoforme, et ceUes-ci disparaître totalement après le second ou le troisième jour. Il jouit aussi de propriétés cicatrisantes manifestes, et dès le lendemain de son application on peut constater la modification survenue dans l’ulcération et sa tendance à la cicatrisation. •

Voici comment nous pratiquons le pansement à l’iodoforme. Après avoir lavé le chancre, nous projetons sur toute la surface, à l’aide d’une petite poire en caoutchouc, la poudre d’iodoforme très finement pulvérisée, puis nous recouvrons le chancre avec des bandelettes dè diachylon imbriquées les unes dans les autres, ou avec un carré de baudruche gommée ou de taffetas Marinier-, ou seulement avec un petit tampon d’ouate, suivant la partie où siège l’ulcère. De cette façon, le médicament est maintenu en contact intime avec les tissus malades, l’occlusion de la plaie est obtenue et celle-ci se trouve ainsi, saturée en quelque sorte par les émanations du médicament. Nous renouvelons le pansement tous les deux ou tous les jours, ou même deux fois par jour, selon les cas ou suivant le siège du chancre.

En somme, l’iodoforme nous paraît supérieur à la plupart des autres médicaments dont nous avons parlé. 11 n’a que deux inconvénients ; il est un peu cher et il a une odeur très désagréable, très pénétrante et très persistante, ce qui le rend souvent inapplicable. Cependant, on est arrivé aujourd’hui a masquer d’une manière très sensible l’odeur de liodoforme, à le désinfecter presque complètement, rien lui enlever de ses vertus curatives, par laddition d’une goutte d’extrait alcoolique de fève de Tonga, qui lui donne une odeur d’amande, ou û une goutte d’essence de musc, on encore d’un peu U essence d’eucalyptus, ou de menthe, ou de berga- ^otte. On peut aussi l’additionner d’un peu d’esuéroli, de vanille et de lavande, comme le oseille M. Turquéti, et l’iodoforme exhale alors véritable parfum.

®®Puis 1881, chez les malades qui refusent l’iodoi’^oiploie l’acide pyrogallique qui me donne ]p beaux succès. MM. Besnier et Terrillon, de ^.‘^bté, ont constaté les excellents effets de ce P ^‘^^ent; seulement, tandis que mes confrères oiploient en pommade, je l’emploie en poudre

comme 1 iodoforme. Son application détermine tout d’abord un léger sentiment de brûlure ou plutôt de cuisson, mais très supportable et qui disparaît du reste au bout de cinq ou six minutes. Sous l’influence de l’acide pyrogallique, le chancre se modifie et se nettoye très rapidement, et dès le quatrième jour sa virulence a disparu, ainsi que j’ai pu m’en assurer par des inoculations qui ont été négatives dans la presque totalité des cas. Grâce à ce médicament, le chancre est donc rapidement transformé en une plaie simple qui guérit en très peu de jours. Pendant la période de réparation de la plaie, je mélange l’acide pyrogallique avec de la poudre d’amidon ou de talc, par parties égales.

Maintenant que nous connaissons les principaux médicaments mis en usage dans le traitement du chancre simple, il nous reste, pour terminer, à dire quelques mots des indications thérapeutiques spéciales auxquelles il donne lieu par son siège. Mais, auparavant, disons que dans tous les cas de chancres génitaux de l’homme, l’érection étant un obstacle sérieux à la guérison, il faut administrer des antiphrodisiaques tels que le sirop de bromure de potassium de Laroze ou les capsules au bromure de camphre du i)' Clin.

Lorsque le chancre siège à V ouverture du méat, il faut avoir soin d’intercaller entre les lèvres de l’orifice un petit cône de charpie imbibée du liquide que l’on devra employer, ou un petit cône de ouate chargé d’iodoforme en poudre ou sous forme de glycérolé.

Lorsque les chancres siègent sous le prépuce et qu’il existe un phimosis congénital, ou qu’un phimosis accidentel est en train de se former, il faut pratiquer plusieurs fois par jour des injections détersivês, désinfectantes et résolutives, en se gardant bien d’avoir recours aux cataplasmes, et se contenter de bains locaux plusieurs fois répétés dans les vingt-quatre heures.

Lorsqu’on a affaire à des chancres de Vanus ou de la partie inférieure du rectum, la première condition sera une extrême propreté. Il faudra, de plus, faire prendre au malade des laxatifs par en haut ou en lavements, afin de diluer les matières et d’éviter ainsi les tiraillements et les déchirements de l’ulcère. Les chancres seront traités au moyen de mèches de charpie, introduites dans le rectum, après avoir été préalablement enduites d’iodoforme incorporé à un glycérolé d’amidon, ou d’une pommade à l’acide pyrogallique.

Les chancres de la vulve réclament des soins tout particuliers, qui sont d’une application en général difficile. Ce qu’il faut éviter ici, ce sont surtout les inoculations de voisinage, et pour cela, assurer le mieux possible l’isolement des surfaces ulcérées. Dans ce but, on recouvre les chancres d’un tampon de charpie ou d’ouate imprégnés du médicament choisi ; pnis on introduit dans l’origine du vagin, en les y étalant, des tampons aplatis de charpie destinés à éponger le pus virulent. On fixe le tout à l’aide d’un bandage en T, ou par un procédé analogue à celui que les femmes emploient pour se garnir à l’époque de leurs règles. Ce pansement sera -renouvelé après chaque mixtion, puisque cet acte physiologique exige qu’il soit défait et que, d’un

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autre côté, on ne peut, sans danger, laisser séjourner longtemps dans le vagin les tampons de charpie imbibés de pus virulent.

Les chancres du vagin et du col de l'utérus doivent être cautérisés avec le caustique Filhos ou une solution de chlorure de zinc, puis, on pousse dans le vagin une injection d’eau tiède, et on pratique le tamponnement avec de la charpie ou de la ouate recouverte de la poudre médicamenteuse choisie. Pour faire ce tamponnement, nous nous servons d’un tampon composé de la manière suivante : dans une petite pièce de grosse gaze, nous plaçons un petit carré d’ouate dans lequel nous mettons la poudre médicamenteuse ; nous enfermons la poudre dans la ouate; nous replions la gaze autour de la ouate et nous nouons les chefs du carré de gaze réunis en bourse, avec un- gros fil double dont on laisse pendre les chefs d’une longueur de 15 ou 20 centimètres. Ce fil, qui pend en dehors du vagin, sert à enlever le tampon que l’on place, à l’aide du spéculum, jusque sur le col. On renouvelle ce pansement tous les jours, afin de ne pas laisser séjourner ce pus dans la cavité vaginale, et, au bout de quelques jours de ce traitement, on arrive à la guérison des ulcérations chancreuses des organes génitaux internes de la femme. D>- Paul labarthe,

Ex-médecin des vénériens militaires et du Dispensaire de salubrité, Professeur de Syphiligraphie et de Chirurgie urinaire à l’École pratique de la Faculté.

CHANCRELLE. - (V. Chancre.)

CHANCROÏDE. — (V. Chancre.) .

CHANDELLES (FABRiauES de). — Hygiène industrielle. — Les fabriques de chandelles ont été rangées dans la troisième classe des industries insalubres à cause de l’odeur incommode qu’elles dégagent et des dangers d’incendie auxquels elles exposent. Pour obvier à ces deux inconvénients, le conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine impose aux fabricants de faire la fonte au bain-marie ou à la • vapeur et de n’employer que du suif en pains, épuré en dehors de l’établissement, de n’avoir aucun bois apparent dans les ateliers de fusion et de rendre son sol imperméable, de le ventiler convenablement ; de placer la chaudière sous une hotte suffisamment élevée, et de placer l’ouverture du foyer en dehors de l’atelier. p. l.

CHANT. — (V. Voix:}

CHANTERELLE. — (V. Champignons.)

CHANTEURS. — Hygiène professionnelle. — (V.

Voix.)

CHANVRE INDIEN. — Le chanvre indien, appelé cannabis indica, Hachüch est une plante de la famille des cannabinées, originaire de l’Inde et de la Perse. Il paraît être identique à notre chanvre indigène que nous utilisons comme matière textile, sauf qu’il est plus petit, à feuillage plus sombre, à ramifications moins étalées et à semences plus petites.

Les propriétés physiologiques et théranenf du chanvre indien sont dues à deux princinp, '^’^ huile essentielle, fluide, plus légère que l’eV couleur ambrée et dégageantnne odeur dech^ ^ caractéristique, et surtout une résine appelée nabine ou hachischin», de couleur vert brunAt**^' dégageant une odeur nauséeuse et pénétrante douée d’un goût âcre, poivré, nauséabond qui pose à ce qu’on l’emploie seule. Ces deuxproduT se retirent des feuilles et des sommités fleuries ^ Les orientaux utilisent les sommités du chanvr indien sous forme de tabac qu’ils fument dans des pipes ordinaires; trois ou quatre pipes suffisent pour leur donner un sommeil agrémenté de rêves et d’allucinations voluptueuses. Ils les font auw;

torréfier et les prennent mélangées avec du nfiei . ou bien ils les font bouillir dans l’eau avec du beurre frais et, ainsi préparé, il constitue un ali. ment recherché ; enfin, ils font aussi une teinture alcoolique qui, prise à petite dose, les plonge dans une ivresse voluptueuse.

Effets. — Toutes les préparations de cannabis indica ou hachisch exercent une action remarquable sur le système nerveux. « Sous son influence, dit le professeur A. Héraud, dans son nouveau Dictionnaire des plantes médicinales, toutes les manifestations des nerfs acquièrent une plus grande activité ; cette excitation se communique également aux fonctions digestives et génésiques. A dose plus élevée, elles déterminent de l’analgésie, de l’anesthésie, un état cataleptique; la pupille se dilate. L’ivresse qu’elles occasionnent est gaie, quoique accompagnée d’hallucinations bizarres, surtout du côté de la vue et de l’ouïe. Cependant, il arrive parfois que les mangeurs de hachisch deviennent furieux et portés à commettre toutes les violences. Les breuvages à l’aide desquels le Vieux de la Montagne, au temps des croisades, obtenait le dévouement fanatique de ses sectateurs ou hachischins (dont on a fait le nom français assassin), avaient, dit-on, le hachisch pour base. Ces symptômes d’excitation font place, suivant la dose, soit au sommeil, soit à la stupeur. Son usage permanent détermine une intoxication qui plonge ceux qui s’y livrent dans un état de torpeur, d’imbécillité et d’idiotisme. En résumé, le hachisch serait enivrant, exhilarant, soporifique, stupéfiant, anesthésique, mydriatique et. modérateur de la contraction musculaire. Quelques-unes de ces propriétés sont utilisées en médecine. »

Usages. — Le cannabis indica a reçu plusieurs applications en thérapeutique. Moreau, de Tours, qui, un des premiers en France, a expérimenté ce médicament dès 1845, l’a administré avec succès contre la monomanie. On l’a ensuite employé contre le délirium tremens, la manie aiguë et chronique, les névralgies, l’hystérie, la chorée. Debout et Van der Corput, de Bruxelles, l’ont donné, associé au lupulin, dans les cas d’aménorrhée accompagnée de migraine, aux époques menstruelles. Le D'' Michel, de CavaiUon, a publié, en 1880, dans le Montpellier médical, un mémoire dans lequel, apres avoir constaté les bons effets relatifs du cannabis indica dans la chorée, le tétanos, le délirium tremens et les névralgies, il insiste plus particulière-

„j. l’action de ce médicament dans les meet dans le travail de l’accouchement, ^“îcSipare à celle du seigle ergoté.

st principalement comme anti-asthmatique que \^nabis indica a été préconisé dans ces derannées. Parmi les préparations anti-asthmaà base de cannabis indica, nous citerons, en recommandant d’une manière spéciale, les cigaindiennes de Grimault, qui sont composées Æ les cigarettes de belladone du Codex, préalahlement imprégnées d’une solution titrée de can- ^abin® nitrate de potasse. Ces cigaréttes amènent un grand soulagement chez les asthmatiques Pendant l’accès, et peuvent le prévenir.

* U' Paul Labahthe.

CHAPELIERS. — Hygiène professionnelle. — Les

ouvriers chapeliers sont disposés à une série d’accidents professionnels qui varient suivant qu’ils sont employés à la fabrication des chapeaux de feutre ou à céUe des chapeaux de soie.

Odvriers employés a la fabpjcation des chapeaux DE FEUTRE,:— Sans entrer dans tous les détails de la fabrication des chapeaux de feutre, qui ne seraient pas à leur place dans ce dictionnaire, nous devons cependant rappeler sommairement les principales, opérations de cette fabrication.

Tout d’abord, on commence par le nettoyage des peaux qui consiste à les râcler et à les battre jusqu’à ce qu’on les ait débarrassées de toutes les poussières qu’elles contiennent. Puis vient le secrétage, qui consiste à frotter les peaux avec une brosse imbibée d’un liquide destiné à faciliter la chute du poil. Le plus souvent le liquide employé est une solution mercurielle de nitrate acide liquide de mercure, que quelques fabricants additionnent de 3 à 4 parties d’acide arsénieux. Après le secrétage on procède à Véjarrage, qui n’est autre chose que l’arrachage de tous les poils adhérents à la peau, soit avec la main, soit avec une machine. Lorsque les poils sont arrachés on procède à Yarçonnage, opération par laquelle, au moyen d’une sorte d’archet mis en vibration, on agite les poils, additionnés de laine dans les proportions voulues, dans tous les sens, de manière à en former une masse nuageuse et vaporeuse qu’on appelle étoffe. Lorsque les poils sont suffisamment arçonnés,. on commence leur agglutination, on en forme par le feutrage une sorte d’étoffe que l’on dispose en cônes creux ou bonnets. Ces cônes sont ensuite soumis à la foule, qui leur donne la forme de chapeau. Pour cela, on trempe le bonnet dans une chaudière remplie d’eau très chaude (80“) additionnée d’acide sulfurique et de lie de vin, et on le presse, on le foule dans tous les sens, pendant trois ou quatre heures, sur un banc avec un rouleau de bois ou avec les mains, à la façon des blanchisseuses qui pressent le linge au avoir. Puis le bonnet est arrosé d’eau froide et mis forme.

Plusieurs de ces diverses opérations exercent une action nuisible sur les ouvriers. Le nettoyage, par ® grand dégagement de poussières auquel il donne cil; le sécrétage,ps.T l’action des vapeurs acides, erc^ieiies et arsénicales; Yarçonnage, par l’acon des poussières mêlées de laine et de poils et

aussi de particules de sel mercuriel, déterminent chez eux des ophthalmies rebelles et douloureuses, avec larmoiement, de l’inflammation de la bouche et des gencives; l’altération et la chute des dents; l’irritation des bronches, du catarrhe bronchique, s’accompagnant à la longue d’accès d’asthme, de crachements de sang et de phthisie chez ceux dont la poitrine est délicate. Enfin, la foule occasionne des ampoules, des gerçures, des crevasses aux doigts et aux mains, et les buées acides qui se dégagent de la chaudière exercent aussi une action très irritante sur les bronches et les poumons.

Les mesures prophylactiques consistent a pratiquer le nettoyage, le sécrétage et Yarçonnage au grand air, ou dans des pièces largement ventilées; à employer pour Yéjarrage des machines spéciales, comme celle de M. Gaumont, approuvée par l’Académie des Sciences, ou si cette opération est pratiquée par des ouvriers, imposer à ceux-ci un masque respirateur, destiné à débarrasser des poussières nocives l’air qu’ils respirent. Il serait même préférable de se servir d’un masque à double grillage métallique garni de morceaux de gaze trempée dans une solution alcaline. Enfin, pour neutraliser autant que possible les vapeurs nitreuses et mercurielles, les patrons devront avoir recours au dégagement de vapeurs ammoniacales dans les ateliers.

Quant aux ouvriers employés à la foule, nous leur conseillons de ne pas se servir de gants de caoutchouc comme ils le font d’habitude, mais plutôt de se frotter les mains avec de la graisse ou tout autre corps gras, qui protégera bien mieux leur peau contre l’action de l’eau acide.

Ouvriers employés a la fabrication des chapeaux DE SOIE. — La fabrication des chapeaux de soie est beaucoup plus simple que celle des chapeaux de feutre. Ils sont formés : 1° d’une galette ou carcasse, en grosse toile gommée ou enduite d’un vernis imperméable, composé de caoutchouc, de gomme copal et de térébenthine ou de gomme laque et d’alcool; 2“ d’une calotte en peluche de soie qu’on applique sur la galette.

La préparation du vernis qui est très inflammable, expose les ouvriers à des brûlures ; de plus, l’odeur âcre qu’il dégage les saisit à la gorge et les incommode souvent. Enfin, les vapeurs de l’alcool méthylique employé pour dissoudre les vernis, les exposent à une série d’accidents fort bien décrits par Dron, chirurgien de l’Antiquaille, dans un excellent mémoire publié dans le Lyon Médical, en 1874, et qui consistent dans l’inflammation de la conjonctive, accompagnée de larmoiement et de photophobie, dans un coryza intense, dans une irritation des bronches avec toux opiniâtre et fatigante; enfin, dans de violents maux de tête, compliqués d’étourdissements. Avec notre éminent confrère de Lyon, nous ne voyons de remède préventif contre ces divers accidents que l’abandon de l’alcool méthylique dans la préparation des vernis.

D' Paul Labarthe.

CHAPOTEAUT (pepsine de). — La pepsine (V. ce mot) est un suc particulier, sécrété par l’estomac de l’homme et des animaux, qui porte le nom de suc gastrique, et qui possède la propriété de désa-

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