N OU VEAUX- VENU S DANS DES MILIEUX NOUVEAUX.
La qualité de nouveaux-venus résume tous les aspects de la non-assuétude que nous venons d’énumérer chez les soldats et son rôle absolument certain est dés plus remarquables. Il semble que les germes des maladies se revivifient au contact de ceux qui n’ont pas le bénéfice de l’accoutumance On voit, par exemple, certaines villes imprégnées de miasmes typhoïdiques, où la maladie paraît sommeiller ; mais, dès l’arrivée des conscrits, absolument vierges d’imprégnation et conséquemment réceptifs au premier chef, la fièvre typhoïde éclate soudainement dans la caserne, fait quelques victimes et retourne à la population civile, laquelle se
figure devoir aux troupes le fléau réveillé qUanj . s’est tout simplement renouvelé dans un terrain 4 ^ et propice. Le jeune soldat est devenu en qUeineuf sorte le réactif de la salubrité inhérente aux lités qu’il habite, et cette qualité il ne peut gUèrPT perdre du jour au lendemain. a
Toutes ces considérations nous permettent de bi faire comprendre en peu de mots les préceptes an' en découlent : les jeunes soldats doivent être w soigneux de leur propreté corporelle et vestimentaire; ils devront se laver au moins une fois par jour" changer souvent de linge et recourir au grand bain le plus que possible.
Chaque jour, au lever, les hommes doivent se nettoyer la tête, se rincer la bouche et se laver avec soin la figure et les mains; la serviette employée doit être propre ; il est interdit de se servir des serviettes d’un camarade.
Le linge de corps est changé au moins une fois par semaine; quand le linge n’est pas immédiatement envoyé au blanchissage, il est séché, plié et placé dans la poche du havresac destinée à. cet usage.
Une fois par semaine, les soins de propreté sont complétés par le lavage des pieds et des jambes, surtout s’il n’est pas fait usage de bains chauds ou froids. » (Règlement... Hygiène des hommes... Soins de propreté personnelle.)
Us resteront dans leurs chambrées aux heures des repas seulement et pendant la nuit; en dehors des heures de travail et d’exercices , ils feront bien de se distraire sagement et de quitter la caserne, non point pour s’enfermer dans un estaminet, mais pour se livrer à quelque promenade au grand air; ils se priveront de sortir de nuit, les permissions étant des heures prises sur le sommeil et des causes de fatigue sérieuse pour le lendemain; ils emploieront utilement leur argent de poche à se procurer maints accessoires du vêtement (gilets de laine avec manches, chaussettes, etc.) que le budget ne leur peut allouer. 11 faut qu’ils se gardent religieusement des dépenses futiles ou nuisibles; l’intempérance est un crime pour le jeune soldat, qui a tant d’avantages à choisir le meilleur moyen de manger son argent, mais non pas de le boire.
2° Réglementation militaire de l’hygiène. Jr Des abris, casernes, campements, bivouacs, — Quoique 1 on fasse, les soldats sont forcément et constamment réunis en groupes, qui se répètent indéfiniment pour constituer la grande collectivité régimentaire.
Dans les casernes, on peut ne mettre que 25, 20 hommes ou même moins, dans une chambre ; mais il faut bien que tout autour de cette chambre il y en ait de pareilles autant qu’il est nécessaire pour abriter 2,000 hommes. Tout ici semble prévu, ré- Entrav® Par ces règlements même, si difficiles a changer ou seulement à modifier, nous devons nous contenter d’en apprécier la teneur, en établissant quelques comparaisons, d’où viendront de certains conseils modérés, et dans la forme et dans le fonds.
w ûe Cartier (et encore, U r constitue qu une atténuation), c’est le casernemei a pavifions sans étage, séparés, établis sur ur hauteur dominant toutes les constructions voisine ou bien au voisinage d’un cours d’eau, qui, d’auti par , ne puisse jamais l’envahir en aucune faÇ01
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même dans les plus fortes crues. Les casernes à trrande superficie sont les meilleures, puisqu’elles = 'ont d’autant -plus salubres qu'elles contiennent moins de soldats , mais la question de surface reste au second plan et cède le pas à celle du cube d’air dévolu à chaque habitant. Avec 3m,75 carrés par fantassin et 4 mètres carrés par cavalier, corresb ^nt au moins à 12 et 14 mètres cubes, on doit se
tenir pour satisfait, pourvu que les cours soient largement établies et facilement saisies par la ventilation extérieure. En fait, la caserne Napoléon, à Paris, donne à chaque homme 3m70 de terrain bâti et non bâti ; la caserne Saint-Charles, de Marseille, donne 9m43 ; la caserne d’Aumale (Algérie), donne 9«44; la caserne B, à Lons-le-Saulnier, 14m92. La construction du bâtiment peut être, d’ailleurs, un puissant correctif au défaut de surface, de même que des bâtiments mal aménagés sont susceptibles d’annihiler tous les avantages à espérer d’un espace même considérable.
L’air des chambres doit être constamment renouvelé, le , jour, au moyen des fenêtres, la nuit, au moyen des appareils de ventilation, car les fenêtres sont alors toujours closes (même l’été, où l’on veille à ce que les portes restent ouvertes). Après le lever, èt lorsque les hommes sont habillés, toutes les fenêtres d’un même côté sont ouvertes; les chambres, une fois les hommes sortis, sont aérées le plus possible. Les fenêtres sont fermées un instant, quand les hommes rentrent ayant chaud.
L’hygiène du logement se résume en trois mots : nettoyer , aérer, désinfecter.
Au réveil, les lits restent découverts une heure durant; les chambres sont arrosées ensuite et balayées; les planches à pain, à bagages, les râteliers d armes, les tables, bancs, poêles, sont essuyés, les ordures descendues et déposées au lieu désigné dans le quartier.
U est défendu de battre ou nettoyer, à moins d’urgence, les effets dans les chambres, de placer du mge entre la paillasse et le matelas, de manger ar les lits, d’y déposer des aliments, de fumer vldS i cbambres pendant la nuit, d’y cracher et , e? P'Pes ailleurs que dans les crachoirs, ou y penetrer sans avoir décrotté ses chaussures, frotté °'S Par seniaine, les planchers sont lavés et qua s- av®c du safile humide additionné d’une petite les vit 6 Potasse> de soude ou d’acide phénique ; telacw SOnt nettoyées, les couvertures et les ma- BeMf “ au srand a>r-
mup ... . Par an ou plus, s’il est nécessaire, les
cbaus-iS intérieures sont blanchies à l’eau de de nétr’ i6 mobilier ^es chambres est lavé à l’huile bien im (L?t^n(bie de 9 fois son poids d’eau, ou les inspf 6 P°udre de pyrèthre pour détruire finnicratf 6S;, les locaux infestés sont soumis à des Rations de gaz sulfureux, ties du pam^res’ Pabers> corridors et autres parsème |S(:rnement des hommes sont tenus de la continneiipmere‘ b entçetien du sol des cours est tables sol ïûent ass.uré i les cuisines, les ustensiles, de propreté “lagasin aux vivres, sont dans un état ^ent aéré nfoureuseï le corps de garde large- Wne nlA;ne^,muni d’nn poêle surmonté d’une d eau; les salles de discipline et leur
baquet, les lieux d’aisances spécialement surveillés, sont convenablement désinfectés parle moyen dé 1 huile lourde de houille, la solution de sulfate de fer ou 1 eau phemquée.
Chez les troupes campées ou bivouaquêes, l’établissement des tentes est l’objet de prescriptions spéciales : propreté absolue à l’intérieur, sol simplement décapé et non creusé, rigole établie avec rebord, etc. Les hommes doivent se coucher sur de la paille sèche, de l’herbe, de la mousse, du foin ou des feuilles sèches, à l’exclusion de toutes plantes odorantes ou vertes, surtout venant d’endroits marécageux.
Il faut ouvrir et relever les tentes du côté du soleil pendant le jour, exposer et remuer la paille au grand air, sortir, battre, étendre les effets et les couvertures, nettoyer avec soin les abords des tentes, puis porter au loin, brûler ou enterrer les ordures; la feuillée, qui reçoit exclusivement toutes les déjections humaines, doit être à distance convenable de la ligne des tentes. Celles-ci seront hermétiquement closes pour la nuit ét l’on n’en sortira pas sans être entièrement vêtu et chaussé.
La vie au bivouac exige des précautions encore plus grandes; il faut se garantir le mieux possible du froid et de l’humidité (ceintures de flanelle, chemises de laine), se couvrir la tête de son manteau, pour la nuit, et se tenir les pieds près du feu.
Des vêtements, équipement, uniforme, chaussure. — L 'habillement du soldat ne paraît pas encore arrivé au point où le voudrait l’esprit de critique et d’innovation qui fait le fonds de notre époque, puisque l’on cherche toujours à établir un uniforme de véritable protection contre la chaleur, le froid et la pluie, tout en restant aussi peu encombrant que possible et peu visible au loin, ce qui veut dire modeste dans sa couleur et ses ornements. Le règlement toutefois a compris que les vêtements ajuslés ont fait leur temps; les effets d’habillement sont assez larges pour ne pas gêner ou comprimer le corps dans ses diverses parties, surtout aux entournures; la coiffure et la cravate ne doivent déterminer aucune constriction d’aucune sorte.
Les soldats sont pourvus de deux coiffures : le képi et le shako ou le casque, et tous ont la cravatte bleue à deux tours, sauf les cuirassiers, auxquels paraît encore nécessaire l’ancien col rigide. La tunique de l’infanterie, la tunique de la grosse cavalerie, le dolman de la cavalerie légère ou de l’artillerie, ont leurs qualités et leurs défauts, dont se préoccupe toujours la commission de l’habillement; un nouveau manteau plus ample et d’une couleur plus appropriée aux circonstances de la guerre vient d’être ordonnancé.
11 est bon que le vêtement permette l’interposition d’un supplément pour la saison froide, bien qu’en général les hommes aient une forte tendance à se trop couvrir, mais que de pleurésies et de rhumatismes sont évités par l’emploi d’une simple chemise de flanelle!
Le port des bretelles est indispensable, pour permettre à l’homme de relâcher complètement la ceinture du pantalon, qu’elles soutiennent en lui épargnant toute espèce de constriction.
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Les chaussures doivent être adaptées à la conformation du pied; elles ne doivent présenter à l’intérieur ni aspérités, ni saillies, ni coutures mal effacées, ni vis métalliques, ni chevilles en bois mal rasées. Elles doivent avoir un centimètre de longueur de plus que le pied lui-mème, avec une largeur suffisante à la partie antérieure, pour que les doigts ne chevauchent pas l’un sur l’autre ; l’empeigne doit avoir assez d’ampleur pour permettre au pied de s’étendre en se posant à terre et de se cambrer en se relevant. Le modèle actuellement adopté est le soulier napolitain.
Les réservistes, qui se présentent munis de chaussures en bon état pour leur période d’exercices, ont droit à une indemnité représentative; mais il est assez rare de rencontrer, même chez eux, une paire de brodequins irréprochables. Aussi ne saurait-on assez répéter les recommandations spéciales pour les marches et les manœuvres.
Les pieds doivent être l’objet de soins constants, graissés aux endroits délicats avec du suif la veille de chaque marche, chaussés de souliers brisés et assouplis et munis de chaussettes bien tendues et sans aucun pli. Dès qu’il y a écorchure, il faut entourer la plaie avec une bande imbibée d’eau blanche et graissée extérieurement, de manière à adoucir le frottement. S’il survient des ampoules (et les plus douloureuses siègent à la racine du gros orteil), les hommes les traversent, au moyen d’une aiguille, d’un fil graissé, abandonné sur place et graissent ensuite avec du suif.
Chaque soldat est toujours pourvu de deux paires de chaussures, et, les alternant d’un jour à l’autre, il aura plus de chances d’éviter toute excoriation.
A l’arrivée au gîte, les soldats avisés, loin de se laver les pieds à grande eau, se les nettoient simplement avec un linge légèremënt humide, puis les essuient doucement avant de procéder à un nouveau graissage, s’il est nécessaire. Nous avons vu autrefois les troupiers finis user d’un moyen particulier : ils cassaient un œuf dans leurs chaussures et y enfilaient le pied muni d’une chaussette suiffée. Certains restaient ainsi quatre jours sans ôter leurs souliers et affirmaient s’y très bien trouver.
La sueur des pieds est un inconvénient de premier ordre; on y remédie avec des bains fréquents de décoction de feuilles de noyer, ou bien d’une solution de tannin et d’aloès.
La charge du soldat d’infanterie, en manœuvre et en campagne, est énorme :
A. Effets que l’homme porte sur lui ... . 5k,580 )
B. Équipement et armement ........ 6k,908 > 32k,918