‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 108 sur 289 · Regnard, p · texte numérisé non relu

Regnard, p

* Sans doute, en raison de ces innombrables anastomoses qui relient entre eux les éléments cellulaires, organes des fonctions psychiques, la lésion retentit aisément sur un ou plusieurs autres; mais ce n’est pas à dire que ce retentissement soit fatal, et même, dans les cas où il se produit, la maladie emprunte toujours un cachet spécial au délire primitif, qui demeure prédominant. J’entends bien que les gens affectés de pareils troubles, . appartiennent d’ordinaire à la catégorie de . ces malheureux qui apportent en naissant les stigmates héréditaires, transmis dans la succession de générations, tarées; j’ajoute même que nous sommes en mesure, aujourd’hui, de préciser davantage, et de rapporter, dans l’immense majorité des cas, à des malformations cérébrales, à des atypies, ces troubles partiels, si bien caractérisés dans leurs effets (Y. Folie). Il n’en reste pas moins acquis que dans la plupart de ces faits, la mécanique psychique est conservée, de sorte que, dit Schule, « une portion plus ou moins vaste du champs des fonctions cérébrales peut paraître intact, et, souvent demeure tel » ( Die Geisteskrankheiien, p. 467).

Et peu importe, après tout, que l’on démontré ou non, anatomiquement, l’existence de centres, spéciaux pour le sentiment, l’intelligence et le mouvement — sous un autre aspect, pour les émotions, l’intelligence et la volonté — la lésion partielle et indéniable de chacune de ces fonctions chez un trop grand nombre de malheureux suffit à démontrer leur localisation dans des centres', dans des cellules distinctes. D’ailleurs, l’ expression , dè monomanie n’avait jamais été abandonnée en Angleterre; on y revient aujourd’hui en France, et de Plus en plus, à mesure que la renaissance delà saine philosophie permet le retour des théories véritablement scientifiques.

t examinerai successivement les monomanies:

. • -De la sphère psycho-motrice : B. De la sphère Wellectuelle,

« <f' ®0nomanies de la sphère psycho-motrice. —

dnif* c.omPte dans chaque être humain ce qui 1« ®Ir® inscrit au compte de l’automatisme, de on ' U<*e’ des passions et surtout de l’imitation, taj Verra fiue le nombre des actes purement volon-

entrS’iaU Sens strict du mot' est bien Petit— Prise mata- habitudes qui la rendent inutile et les lonr*> ^ *a mutilent 011 lu détruisent, la vo- Les 6 n fSt fiu’uri accident- heureux ». (Th. Ribot, revient de la volonié> 1884, p. 173). Ce qui l’autnn a- 6 <ïue dans l’immense majorité des cas, àl’acSfh“e^oue le rôle attribué par le vulgaire imaginaire UD6 ^°rce sP®ciale» d’ailleurs purement

fiu’iinj°l°ntf’ toujours déterminée, n’est jamais esu!tante. Lorsque le caractère tout entier

est atteint avec la sphère affective, il s’agit de ces cas de folie morale ou de criminalité héréditaire étudiés ailleurs (V. Criminalité et Folie lucide J. Il me reste à examiner ici, les lésions de l 'activité proprement dite, les cas dans lesquels les troubles de la sphère psycho-motrice jouent le rôle prédominant.

La monomanie homicide en offre le type le plus parfait. En 1825, vivait à Paris, une jeune servante nommée Henriette Cornier, destinée à demeurer ■ éternellement fameuse dans les annales dè la psychiatrie. Née à La Charité, dans le département de la Nièvre, orpheline de bonne heure, cette fille était d’un caractère doux, habituellement gaie, rieuse quelquefois à l’excès, aimant naturellement les enfants; rien à noter dans les antécédents qu’une tentative assez rudimentaire de suicide. Le 27 octobre, elle entrait comme domestique dans un hôtel garni de la rue de la Pépinière; à côté se trouvait une boutique de fruitier, tenue par les époux Belon, ayant une petite fille nommée Fanny, âgée de deux ans et demi, et la plus gentille du monde. « Il n’existait entre les époux Belon et Henriette Cornier, dit l’acte d’accusation, ni haine, ni intimité, ni jalousie; seulement, depuis son court séjour dans la maison voisine, elle était accueillie dans la boutique de la femme Belon comme pratique du quartier, et toutes les fois’ qu’elle y venait, elle se récriait sur la gentillesse de la petite Fanny et se plaisait à la caresser ». Le 4 novembre, la jeune servante dont les allures étaient parfaitement normales, à part une grande tristesse dans laquelle elle semblait plongée, se présente chez la fruitière et obtient de celle-ci qu’elle lui confie pour un instant '’îaigetite Fanny, afin de s’en amuser, dit-elle. Elle emporte aussitôt l’enfant dans sa chambre, tout en F accablant -de caresses : mais à peine arrivée, elle l’étend sur leTio^en travers de sonjit, d’une main lui saisit la tête, et Me, l’autrejjii scie le cou, à l’aide d’un couteau de cuismV.ff£.*âvec tant de prompti- . tude, que la vicficné' n’a pas'-le temps de jeter un

crj. « je viens chercher mon enfant, donnez-le-

moi », dit en ce moment la femme Belon, qui arrivait sur le palier. — « Il est mort, votre enfant », répliqua Henriette Cornier, toujours aussi tranquillement, et en même temps elle se plaçait audevant de la porte de sa chambre comme pour en défendre l’entrée. Là, sur les nouvelles instances de la mère qui croyait toujours qu’elle plaisantait, elle répéta ces foudroyantes paroles : « Il est mort, votre enfant! » Alors, la femme Belon inquiète, la poussa pour pénétrer dans sa chambre, et aussitôt s offrit à ses yeux l’horrible spectacle des restes mutiles de sa fille. Elle jette un cri de douleur et Henriette Cornier s’écrie à l’instant : « Sauvez-vous, vous servirez de témoin ! » Puis ramassant sur le carreau la tête qu’elle y avait déposée, elle la jette par la fenêtre. Cependant, la mère éperdue se sauvait chez elle en poussant des cris affreux, et apprenait a son mari cette horrible nouvelle. Celui-ci, la croyant à peine, sort précipitamment de la boutique et le premier objet qui frappe sa vue, est la tête de son enfant, qu’une voiture avait failli écraser dans le

ruisseau. . . „ , ■

Il est difficile d’imaginer rien déplus effroyable et

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l’on ne voit pas bien ce qui a pu empêcher le père de monter immédiatement dans la chambre de cette malheureuse et de l’égorger avec le même couteau dont elle s’était servie pour- couper le cou de la petite Fanny. Mais la Société n’agit point par vengeance et sous le coup de la passion : quand elle tue, c’est froidement, avec préméditation et sans circonstances atténuantes. Guillotiner Henriette Cornier, qui avait agi sans raison aucune et sous le coup d’une impulsion irrésistible, c’eut été un assassinat légal de plus; et cependant, si la belle consultation de Marc, qui fait époque dans la science, la sauva de l’échafaud, elle ne put, suivant l’expression même de l’auteur, « soustraire cette malheureuse au châtiment afflictif et infamant qui, dans réchelle de la pénalité, suit immédiatement la peine de mort ». (Lire tout entière l’observation d’Henriette Cornier dans le beau livre de Marc : De la folie considérée dans ses rapports avec les questions médico-judiciaires. Paris, 1840, t. II, p. 71 sq.) Papavoine qui tua sans motif, dans le bois de Vincennes, deux petits enfants auxquels il était absolument étranger, ne put être arraché à l’échafaud; ce qui lui valut une popularité plus grande et l’honneur posthume de figurer dans « la chambre des horreurs », des musées Tussaud et autres. Son cas était de’ tout point anoldgue au précédent.

Ces deux observations achèvent de s’éclairer pa r la suivante : «Dans une maison respectable, en Allemagne, une mère de famille rentrait chez elle ; une domestique contre laquelle on n’a jamais eu de motif de plainte, paraît dans une grande agitation; elle veut parler seule à sa maîtresse, se jette à ses genoux et lui demande en grâce la permission de quitter la maison. Sa maîtresse, étonnée d’une semblable prière, veut en connaître le motif, et elleapprent que toutes les fois que la malheureuse domestique déshabillé l’enfant, elle est frappée de la blancheur de ses chairs et qprouve le désir presque irrésistible de l’éventrer. Elîé craint de succomber et préfère s’éloigner. Cet événement, ajoute Marc, s’est ' passé, il y a une vingtaine d’années, dans la famille de M. A. de Humboldt, et cet illustre savant me permet d’alléguer son témoignage » (Marc, loc. cit-, t.II, p. loi).

Remarquez bien qu’il ne s’agit pas ici de ces criminels héréditaires, de ces fous moraux en proie à toutes les mauvaises passions : bien que la relation soit étroite et la transition insensible, ce nui domine chez Henriette Cornier et ses pareilles c’est une impulsion passagère, d’ordinaire isolée c’est une aberration de l’activité due à un état morbide des centres psycho-moteurs. A peine la sensation a-l-elle eu lieu que, sans passer, pour ainsi dire par la sphère intellectuelle, eUe doit se traduire en acte, de sorte que le meurtre, dans le cas qui nous occupe, apparaît comme un véritable acte réfWp fatal et irrésistible.

De pareilles impulsions se remarquent assez souvent chez les épileptiques, et même on a prétendu qu’eHes étaient toujours le fait de cette maladiethéorie manifestement fausse et imaginée par les adversaires de la doctrine des monomanies, acculés dans leurs derniers retranchements. Il n’est pas vrai, d’autre part, que les impulsions des épilepti¬

ques soient toujours inconscientes, et bien y ait lieu de constater l’existence de ces impul^ chez certains monomaniaques simples et d^1 pilepsie, le processus intime ne peut être qu’an f gue dans les deux cas. Qu’il s’agisse d’une hvné ■ mie, comme le veut M. Luys, ou de telle autre m dification moléculaire des cellules grises, le phé ° mène se passe toujours dans la sphère psych!' motrice ; par quoi il faut entendre non seulement les centres moteurs proprement dits, mais encolles éléments anatomiques qui déterminent immé diatement leur action. Du reste, l’ancienne division en monomanies avec conscience et monomanies sans conscience est à peu près illusoire. « Le volontaire, dit excellemment M. Th. Ribot, est fait avec l’involontaire, qui s’appuie sur lui, tire de lui sa force et est, en comparaison, bien fragile. » {Loc. cit- , p. 105.) Bien qu’ayant connaissance de l’acte Henriette Cornier tue aussi nécessairement, aussi aveuglément que l’épileptique le plus inconscient.

La monomanie süicide est étudiée à propos du suicidé, dont elle constitue un cas particulier.

La monomanie DU vol ou Kleptomanie , n’est pas moins réelle que les précédentes. Elle s’observe très bien à l’état isolé, quoi qu’on ait pu dire, non associée à d’autres impulsions morbides : ces cas d’association, je le répète, portent sur la sphère affective tout entière et appartiennent à la folie morale. Lès faits de kleptomanie abondent, depuis celui de Victor Amédée, roi de Sardaigne, qui prenait partout des objets de peu de valeur, jusqu’à ce médecin dont parle Lavater et qui ne sortait pas de la chambre de ses malades sans leur dérober quelque objet, auquel ilne pensait plus ensuite. La grossesse favorise le développement de ce penchant ; mais on peut en constater les déplorables effets chez les deux sexes et à tous les âges ; 1 hérédité est parfois très accentuée. Ou 1 observe aussi dans toutes les classes de la société. Marc rapporte l’histoire d’une jeune fille riche et de noble extraction, qui éprouvait habituellement le besoin de s’emparer de toute sorte d’objets. Elle tenait en réserve un grand nombre de mouchoirs, de dés, de fichus, de bas, de gants, qu’elle avait enle-vés à, ses compagnes. La maîtresse de la pension fut obligée de la renvoyer à ses parents (Marc, loc . cit., t. II, p. 454).

Dans une discussion assez récente à la Société de médecine légale, on s’est occupé du vol aux étalages et dans « les grands magasins », On sait avec quelle turie les femmes de tout rang se précipitent dans ces immenses bazars si bien approvisionnés de tous les objets propres à satisfaire la coquetterie

cette forme de la vanité si naturelle et d’ailleurs nullement repréhensible lorsqu’elle n’est pas poussée a-1 exces. - Mais l’occasion fait le larron, et I on comprend assez que le penchant au vol soit singulièrement favorisé par ces exhibitions attrayantes et d un abord si facile. Des dames du « meiUeur monde » ont été prises en flagrant délit, à iw! certai£ cas> des médecins experts ont conclu ;! P^Sab-lltepartielle» et avec ™ison (V. les àHh£?Jn!9Wne' 1881)- Le diagnostic est souvent tnhiû i ImPorte de ne pas oublier que de véri' les nhis°éîp ^ peuyent se renc(mtrer dans les classes les plus elevées : l’excentricité du larcin n’est pa*

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f llînurs une excuse. Telle cas de 1 homme auss Sement avare que puissamment riche, dont ^ Marc et qui se livrait à la plus étrange îndus- P. Pour ’Se procurer du bouillon à peu de frais, 7!vait imaginé de le soutirer du pot-au-feu de ses 11 J ins au moyen d’une seringue qu’il plongeait a 'TrU’dans leur marmite et qu’il dissimulait enpIiife dans une poche profonde/ Ce fait relevait ïrtout de la police correctionnelle. - *

f a Monomanie incendiaire ou Pyromanie, s observe 7 fréquemment, surtout chez les jeunes sujets, on moment delà puberté. « Ils mettent le feu sans rnntif appréciable, dit Marcé, et uniquement pour «satisfaire un besoin irrésistible, qu’ils ne peuvent p-smliauer. Ils incendient les propriétés de gens qu ils n’ont jamais vus, ils brûlent souvent leur propre maison. La vue des flammes, le tumulte, le son des cloches déterminent chez quelques-uns d’entre eux une admiration passionnée, qu’ils expriment tous en termes analogues et qui se traduit par une véritable extase ; ils se trouvent en même temps soulagés de cette angoisse inexprimable qui accompagne le développement de l’accès impulsif. » (Maladies mentales,]). 387.) « Quand ça me prenait, j’avais le cœur serré; quand ça flambait, j’étais soulagé, « disait au Dr lottet le nommé D..., convaincu d’avoir allumé en cinq ans 23 incendies. Ce malade souffrait de vertiges épileptiques; mais il avait parfaitement conscience de l’impulsion, et il apparaît bien ici que le processus est tout à fait analogue à celui qu on observe dans la monomanie simple.

La Dipsomanie, ainsi que la Morphiomanie sont des formes mixtes dans lesquelles le trouble des centres psycho-moteurs se complique d’une lésion de la sphère effective ou des penchants. La dipsomanie, souvent héréditaire, est caractérisée par des accès intermittents, pendant lesquels le malade est irrésistiblement poussé a boire les liqueurs alcooliques les plus fortes, parfois même les plus repoussantes, tels que les liquides où macèrent depuis longtemps des préparations anatomiques : elle se confond souvent avec l’alcoolisme. La morphiomanie est trop récente chez nous pour être déjà héréditaire ; il n’y a du reste ici, rien de nouveau dans ie fond; c’est la monomanie de l’opium, si fréquente en Orient, et qui nous envahit sous la forme des injections de morphine. Elle peut conduire a la cachexie et à la mort (Y. Morphinisme).

L’Erotomamie et la Nymphomanie appartiennent essentiellement à la sphère affective et ont été traitees à propos de la folie lucide.

J ai étudié jusqu’ici les troubles de la sphère psycho-motrice caractérisés par la surexcitation de activité; il faut dire un mot de l’état contraire.

L Aboulomanie, tel est le terme qui me paraît le P ns convenable (voy. Hammond, Treaty on Insa- New-York, 1883) pour désigner les diverses ormes de délire partiel dans lesquelles Y activité est neantie ou simplement diminuée. Un magistrat na “ a1E5uiro1 : « Je n’ai de volonté que pour ne i„ ^v?ul°ir> car j’ai toute ma raison; je sais ce que 3e dois faire, a» ie

tionnelle, mais non intellectuelle. Après avoir conçu le projet d’écrire un travail important sur le Traité d’économie politique de Ricardo, qui l’intéressait beaucoup, après avoir annoncé l’ouvrage, tous les arrangements avec l'éditeur étant pris, il se trouva complètement incapable de l’exécuter. « Chacun de nous, dit très bien M. T. Ribot, peut se représenter cet état ; car il n’est personne qui n’ait traversé des heures d’affaissement, où toutes les incitations extérieures et intérieures , sensations et idées, restent sans action, nous laissent froids. » (Loc. cit., p. 53.) ...

Une paralysie moins complète de l’activité se rencontre dans ces cas décrits récemment sous le nom d ’ Agoraphobie, peur des espaces. Bennett rapporte le fait d’un homme qui ne pouvait plus avancer, dès qu’en se promenant dans la rue il arrivait à quelques point ’ d’interruption dans la rangée des maisons ; la rencontre d’une place 1 arrêtait infailliblement. « Il faut rapprocher de ces faits le délire partiel appelé actuellement folie du doute et qui n’a trait qu’à la généralisation de ces cas décrit depuis longtemps par l’éminent aliemste Baillarger, sous le titre de « Monomanie avec crainte » (Leçons faites à la Salpêtnere en 1864, inédites). Tel malade relit cent fois une lettre, dans la crainte d’y laisser des fautes d’orthographe ; tel autre n’est jamais sûr, en sortant, d’avoir bien ferme sa porte. Une femme, fort intelligente, d ailleurs, citée par M. Legrand du Saulle, ne peut s aller promener daus la rue sans se demander : va-t-u tomber d’une fenêtre quelqu’un à mes pieds/ •sera-ce une homme ou une femme? cette personne se tuera-t-elle? D’autres n’osent plus toucher les boutons de portes, les pièces de monnaie, etc., etc. Sans doute l’élément intellectuel joue ici un rôle, mais bien secondaire; ce qui domine, c’est 1 irrésolution, la faiblesse du caractère, c’est-à-dire la paralysie plus ou moins complète de la sphère psychomotrice, la déchéance de l’activité, et c’est a tor que certains auteurs rangent ces étranges délires dans le cadre des monomanies intellectuelles.

B. Monomanies de la sphère intellectuelle.

Il s’agit ici des idées fixes, en prenant le mot idee dans son véritable sens, de représentation. On ne saurait trop, dans des matières si délicates, se limiter à des expressions précises et bien dehmes , et il est regrettable de voir certains auteurs classiques ou soi-disant tels, embrouiller les choses comme à plaisir, parlant - à propos des monomanies intellectuelles — de l’activité, des. passions et des penchants, etc. Les troubles dont va être question portent sur les centres e tion qui, d’après Flechsig, doivent se ^contrer dans les lobes frontaux et dans la zone temp occipitale; nul doute que le sentiment, quelles passions et les penchants ne jouent unxç ’ c’est la sphère intellectuelle qm se

“Xotrnf nEuaiEusE est parücuUèremeat caractéristique à cet égard. Certes, cette aberration intellectuelle est plus rare aujourdhui qu autrefois, mais on la rencontre encore trop souvent chez les gens bornés, et surtout prédisposés, que des pratiques et des enseignements d un autre âge font

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passer tous les jours du catéchisme et de l’Église dans nos asiles d’aliénés.

Augusta-Wilhelmine Strohm, de Dresde, âgée de 30 ans, d’une bonne constitution, se faisait remarquer par la ferveur et l’assiduité avec lesquelles elle remplissait ses devoirs religieux. Encore fort jeune, elle avait assisté à Dresde à l’exécution d’une femme condamnée à mort pour assassinat. Le soin avec lequel on prépara cette infortunée à mourir, sa marche à l’échafaud, son supplice, avaient produit sur Augusta Strohm une impression telle que, dès ce moment, elle regarda comme le plus grand bonheur celui de terminer sa vie d’une pareille manière, c’est-à-dire de pouvoir être préparée à la mort et de faire une fin aussi édifiante que la condamnée. Six semaines avant le crime que l’on va maintenant rapporter, elle avait encore assisté à l’exécution d’un assassin’ qui avait eu aussi, paraîtil, l’inappréciable avantage d’une mort « véritablement chrétienne ». Dès lors, elle n’y peut plus tenir. Un dimanche soir, elle invite une de ses connaissances, la nommée Sophie Flugel, belle et robuste fille de 24 ans, à prendre le café. Sophie, très fatiguée et qui avait additionné son café d’une ' certaine dose d’eau-de-vie s’étend sur le lit pour se reposer et s’endort. Aussitôt Augusta, qui l’épiait, va chercher dans la cuisine une hachette et un couteau qu’elle avait eu soin d’aiguiser d’avance, commence à assommer son amie à l’aide du premier de ces instruments et l’achève en lui plongeant à plusieurs reprises le couteau dans la poitrine. Le jour venu, elle s’habille avec soin, emporte avec elle un livre de prières, de l’argent et du linge et va se livrer à l’officier de police [Annales de médecine légale, de Hencke, 1813). Marc cite encore l’histoire d’un soldat allemand qui tua un enfant chéri parce qu’il s’imaginait que Dieu voulait l’éprouver ainsi qu’il éprouva Abraham ; puis celle d’une femme qui noya sa fille âgée de cinq ans et demi, et répondit tranquillement qu’elle avait voulu délivrer soh enfant des maux de cette vie et lui procurer le bonheur éternelf Loc. cil t. Ier, p. 234). I

.Quelle que soit 1 absurdité d’un dogme" religieux 1 immense majorité des fidèles se conduit , fort heureusement, d’après les règles ordinaires de la morale pratique — sans quoi il s’ensuivrait facilement la dissolution de la société. Mais qu’un tel dogme — dans le cas actuel, la croyance à l’admission certaine dans le Paradis à la suite d’une mort édifiante qui efface les plus énormes péchés — quun tel dogme- dis-je, s’implante dans le cerveau dun atypique et tout est perdu. L’idée s’incruste se fige pour ainsi dire dans les cellules de l’idéation, et trop souvent pour n’en plus sortir. Il y a suivant l’expression de Schule, une sorte d’état cataleptique des molécules qui, une fois déplacées de leur centre d’équilibre, tendent à persister indéfiniment dans leur nouvelle position. L’éréthisme nerveux, la convulsihilité prolongée des éléments psychiques peut ainsi conduire aux actes les plus Horribles ; mais qu’on le remarque bien, si le résktïïLeSt 16 mème que dans les. impulsions irré- P^Premenl dites, le processus est différent. Henriette Cornier tue pour le « plaisir » de

tuer sans savoir pourquoi; Augusta Strohm sine pour pouvoir mourir sur l’échafaud, pémSSlS' et sanctifiée, et par ce moyen acquérir la yi . k nelle. Dans le premier cas, c’est l’activité d’^' donnée de la brute : monomanie des c eS°r' psycho-moteurs — " dans le second, c’est eptres réfléchi sous l’influence d’un raisonnement f 4Cte monomanie des centres intellectuels proprement

Il n’est pas possible de décrire ici les formes' * variées du délire religieux. «C’est, dans tous J1 cas, dit Marcé, celui qui se transmet le plus vob tiers par la contagion; il suffit de rappeler ces épidémies nerveuses du moyen âge, si complexes au point de vue nosologique, qui envahissaient non seulement tout un couvent, toute une ville mais encore des contrées entières et prenaient les aspects les plus variés. Dans la démonolatrie, les hallucinés croyaient assister au sabbat et adorer le démon; dans la démonopathie (autre forme delà démonomanie) ils sentent en eux les souffrances causées par la présence du diable. » Et comme le penchant génésique ne perd jamais ses droits, on ne doit pas s’étonner de rencontrer -la folie érotique, comme complication de la monomanie religieuse. Le cas était fréquent chez les malheureuses sorcières qui, en proie aux hallucinations les mieux caractérisées, s’accusaient nettement d avoir cohabité avec le diable, sur quoi les de Lanere et les Spenger les faisaient brûler par milliers. L’hystérie joue aussi un grand rôle dans ces phénomènes.

La Monomanie des persécutions est une forme très commune de délire partiel dans laquelle le malade se croit poursuivi par des ennemis imaginaires qui lui disent des sottises, l’empoisonnent, lui font respirer de mauvaises odeurs, le tourmentent par l’électricité, etc., etc. Cependant les hallucinations ne sont pas constantes et manquent souvent au début. Il est très juste de dire avec M. Baillarger, que c’est le sentiment de la crainte qui domine chez ces malades ; mais seulement lorsque 1 affection est pleinement développée. C’est une idée proprement dite et non un penchant, un sentiment qui forme le point de départ, l’origine des phénomènes. Par exemple, un homme né dans une belle position de fortune se désole de la ruine ultérieure de sa famille; cette idée le « travaille» sans cesse, suivant l’expression consacrée et, parti de prémisses trop réelles — la perte de sa fortune — il arrive à des conclusions fantastiques. Il accuse sa mere, restée veuve, de s’être appropriée l’argent de la famille et de vouloir l’empoisonner, etc., etc- Le genre de monomanie, surtout dépressive, se rencontre d ordinaire chez des atypiques, chez des dégénérés, prédestinés trop souvent à finir dans la demence.

La Monomanie hypochondriaque ou Nosomaïf S,Pre re S04n P°int de départ dans une maladie con^tanSaiSi Cause optionnelle n’est ?*!

nînfw fans tous les cas les affections les

plus leDeres deviennent souvent l’origine de con-

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1 santé, une fois incrustée dans la sphère ?e Uectuelle dévient la source des rêveries les plus h ' onues. Marcé a connu un hypochondriaque.qui, baT rsuiv'i par des odeurs fétides dues à des hallu- P.oU lions de l’odorat, croyait que ces odeurs provenaient de son corps gangrené. « Tel autre, 'oute-t-il, refuse de parler parce qu’il n’a pas de ^ nX. celui-là marche sur ses talons parce que eS jambes seraient incapables de soutenir le poids de son corps. On en voit qui manient à plaisir leurs matières fécales et cherchent minutieusement au milieu de leurs excréments, les vers, les crapauds, lés grenouilles qu’ils sentent remuer dans leur corps et auxquels ils attribuent tous leurs maux. » (Maladies mentales, p. 376.) Le délire hypochoùdriaque peut se rencontrer, comme tous les délires tristes, chez les mélancoliques ; d’autre part, simple et véritablement partiel au début, il finit souvent par s’associer à la mélancolie, en attendant la démence.

La Monomanie des grandeurs ou Mégalomanie est un délire complexe dans lequel le trouble intellectuel se . complique d’une lésion de la sphère affective. Elle rentre dans la catégorie désignée par l’éminent philosophe Pierre. Laffite, sous, le nom de «penchants composés»; l’exaltation de la vanité s’allie aune idée spéciale pour le constituer. Le malade se croit, selon le cas, roi, président de la République, empereur ; d’autre fois pape, Dieu, Jésus-Christ, etc. Même dans le cas de ces « incarnations» diverses, il ne s’agit pas de monomanie religieuse au sens propre du mot. Très souvent, les « idées de grandeurs» ne sont qu’un symptôme deda démence paralytique.

Aucun traitement, cela est trop clair, ne peut avoir d’influence décisive sur les monomanies, effet ordinaire de malformations cérébrales. Quand elles tiennent à des causes passagères, telles que Ihypérémie, elles peuvent guérir : les voyages, dans certains cas, la séquestration, favorisent la terminaison favorable; trop souvent le malade est v°ne à la mort dans la démence.

(y. Folie, Hallucinations, Lucide {Folie), Crimina Responsabilité , Suicide.) ■ a. Regnard.

MONORCHIDE. — Nom donné à un individu qui Ceo?u^n seul testicule apparent, c’est-à-dire desrest/1 . ,s *es k°urses> ou scrotum, l’autre étant ihttn ai>i ^ dans la cavité abdominale, dans le canal lngüinal, crural, etc. (V. Testicule). p. L.

MONSTRE. — (Y. Tératologie.)

aUSSUf0«eE p—?8’ ~ Le m0Ilt de VénUS> aPPel Saillantp a’ es.t une éminence plus oumoin la saillie’ i 6 torme triangulaire, située en avant d tre et an aS °S du pubis> au-dessous de l’hypogas formé nar> rSSi-S de *a vidve de la femme. Il ef très abonda U+ tlS^U cellulo-adipeux très dense < vèt la peau nt melangé de fibres élastiques que ri

Chez la femrnnt’ u6 m°nt de Vénus est peu marqm Rue celle-ci est’ eSt p*us ou m°ins accusé suivai ^iers mois h « ,grasse ou maigre. Pendant les pr< a grossesse, il devient plus saillar

et plus ferme. A l’époque de la ménopause, il s’affaisse très sensiblement.

Le mont de Vénus se couvre d’un léger duvet aux approches de la puberté et de poils lorsque la jeune fille devient femme. Ces poils sont un peu moins longs que ceux du pénil de l’homme, ils occupent aussi un espace moins étendu. Cependant, chez certaines femmes, ils acquièrent une longueur démesurée. Ainsi, on peut lire'dans les vieux traités l’observation d’une femme de Munster, d’ailleurs bien portante, dont les poils du mont de Vénus

Fig. 899. — Vulve chez la femme vierge.

1. Mont de Vénus. — 2,2. Face interne des grandes lèvres, — 3. Clitoris. — A. Face interne des petites lèvres. — 5. Vestibule. — 6. Méat urinaire. — 7. Orifice de la glande vulvovaginale. — 8. Orifice du vagin rétréci parla membrane hymen. — 9. Membrane hymen. — 10. Fourchette. — 11. Anus.

descendaient jusqu’aux genoux, et celle d’une Lithuanienne chez laquelle ils atteignaient 1 mètre 80 centimètres, si bien que, pour les empêcher de traîner à terre, elle était obligée de les enrouler autour de sa cuisse.

Les poils du mont de Vénus sont souvent d’une autre couleur que les cheveux. Gn a même observé des poils blancs chez une jeune femme dont la chevelure était brune. D’après Bartholin, Bichat, Roux et bon nombre d’autres médecins, ces poils friseraient plus chez la femme que chez la vierge. Certains observateurs ont prétendu aussi que plus le mont de Vénus est touffu, plus la femme est vigoureuse et portée aux plaisirs sexuels. Bon nombre de faits contredisent cette opinion. Par contre, ce qui est généralement vrai, c’est que les poils s’allongent beaucoup pendant la grossesse. Ce qui est également vrai, c’est que le mont de Vénus commence à se dégarnir de poils vers l’époque de la ménopause, et que les poils qui restent, en même temps qu’ils se décolorent, deviennent droits et allongés.

Quel est le rôle du mont de Vénus? D’apres Dionis, il sert « comme de petit coussin pour empêcher que la dureté des os ne blesse dans les approches conjugales. « Cette éminence paraît donc destinée surtout à protéger l’acte du coït.

Quant aux poils, nous ne saurions admettre avec certain anatomiste vraiment trop prude, qu’ils servent comme de rideau destiné «à voiler les organes ' génitaux ». Plusieurs physiologistes leur attribuent une part des sensations voluptueuses que procurent les rapports sexuels ; cette opinion est contredite par les femmes de l’Orient qui sont toujours épilées et qui sont cependant , très voluptueuses. Je crois plutôt que les poils servent, comme le mont de Vénus lui-même, à empêcher que les organes génitaux de l’homme se froissent contre ceux de la femme pendant le coït, et, en temps ordinaire, à entretenir dans la région de la vulve une plus grande chaleur. .

Disons en terminant que, chez les femmes qui font fi des soins de propreté# on rencontre des poux, vulgairement connus sous le nom de morpions (V. ce mot) qui se glissent sous l’épiderme du mont de Vénus. ûr Paul Labarthe.

MONT-DORE (eaux minérales du). — Le Mont-Dore est un village du Puy-de-Dôme, situé à 17 kilomètres de Lacueille, adossé aux flancs du mont de l’Angle qui domine une petite vallée, l’une des plus pittoresques et des plus curieuses de l’ancienne Auvergne, et au fond de laquelle coule la Dordogne encore à l’état de petit ruisseau. Ses eaux minérales, connues du temps des Romains, sont chlorurées sodiques mixtes arsenicales et proviennent de plusieurs sources qui alimentent un bel établissement où on les administre en boisson, en bains, en douches, en inhalations, contre les affections chroniques de l’appareil respiratoire, les rhumatismes, et les maladies de la peau de nature arthritique et herpétique. p. L. -

MQNTMIRAIL (eaux minérales de). — Montmirail est une petite commune du département de Vaucluse, située entre Orange et Carpentras, qui possède une source d'eau sulfatée sodique. et magnétique, unique en France. Cette source jouit de propriétés purgatives remarquables et aurait pu facilement remplacer toutes les eaux similaires allemandes et hongroises, si son propriétaire, plus avisé et plus patriote, avait su s’imposer quelques sacrifices pour la bien faire connaître en France, p. L.

MORBIDE. — Qualificatif employé en médecine pour désigner l’état de maladie d’un organe ou d’un individu [état morbide ) ; pour distinguer des symptômes produits par une maladie ( phénomènes morbides). P, l.

MORELLE. — (V. Douce-amère.)

MORGUE. — Nom donné au lieu où l’on dépose les cadavres trouvés sur la voie publique ou retirés de l’eau, quand ils ne portent sur eux aucun signe permettant d’établir leur identité. Us sont exposés ainsi, plus ou moins longtemps selon leur degré de

putréfaction, afin de permettre aux personnes passent ou qui les recherchent de venir les recoqul naître.

On porte également à la morgue le corps dp individus dont la mort n’a pas parue naturel! 1 Ces corps sont soumis à l’autopsie et à des r!' cherches médico-légales dans le but de découvrir là i véritable cause de la mort. A cet effet la morgue s possède un laboratoire admirablement outillé etles 1 travaux se font sous la direction du professeur de médecine légale de la Faculté de médecine, p, L j

MORILLE. — (V. Champignon.)

MORPHINE. — La morphine, de Morphœus dieu du sommeil, découverte par Sertuerner en 1816* constitue le principal alcaloïde de l’opium. Elle sé présente en cristaux prismatiques, incolores, brillants, doués d’une saveur amère et d’une réaction franchement alcaline. Elle est presque insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther, le chloroforme et les î huiles grasses.

Ce principe a, à peu près, la même action physiologique que l’opium (V, ce mot).

La morphine peut se donner en potions, sirops, pilules, lavements ou pommades depuis la dose de 5 milligrammes jusqu’à 1 et 5 centigrammes par jour. Mais on l’emploie rarement à cause de son insolubilité, tandis qu’elle est très en usages au contraire, à l’état de sel; ainsi, combinée avec les acides chlorhydrique, sulfurique, acétique, -elle j forme des sels parfaitement définis et beaucoup plus solubles, tels que : le chlorhydrate de mor-: phine-, le sulfate de morphine et Y acétate de morphine. Nous ne parlerons ici que du premier qui j est de beaucoup le plus usité.

Chlorhydrate de morphine. — Le chlorhydrate de morphine, cristallisé en fibres soyeuses, est incolore, inodore., d’une saveur amère, soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther..

Comme l’opium, le chlorhydrate de morphine est hypnotique, anodin, sédatif, légèrement sudo- ; rifique et légèrement expectorant. Comme lui) A convient dans toutes les maladies où les symptômes insomnie, délire, malaise, douleur, prédominent, n ; a, du resté, les mêmes avantages thérapeutiques ■ que la morphine et l’opium, mais il en a aussi les mêmes inconvénients, on doit éviter de le prescrire aux sujets prédisposés aux hypérémies des centres j nerveux.

On administre le chlorhydrate de morphine par la bouche, par le rectum, par les méthodes hyP0' dermique et endermïque; on le prescrit en po®' made sur la peau, en poudre à priser pour 1© .

pénétrer et absorber par la muqueuse nasale : °D mêle 2 grammes de sucre avec 5 à 10 centigramme® de chlorhydrate de morphine, et l’on fait priser t® pincée de cette poudre toutes les deux on heures contre les névralgies faciales, sus-orbitai® ’ contre les céphalalgies nerveuses, les migraines, e‘

La poudre de chlorhydrate de morphine se ® quelquefois à d’autres poudres antidyspeptl(ïlL que l’on fait prendre avant chaque repas. Le P souvent elle se donne en potion ou pilules à ® de l à 5 centigrammes par jour. Les lavements

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recommandent lorsque les préparations précédentes ne peuvent être supportées par l’estomac.

Le sirop, dont chaque dose, de 20 grammes (une cuillerée à' bouche) représente 1 centigramme de sel narcotique, est très fréquemment employé pur, dans une tisane pectorale ou dans un julep. On le désigne sous le nom de sirop de chlorhydrate de morphine ou simplement sirop de morphine. Employé pur, il se prescrit à la dose de 30 à 30 gram. par cuillerées à café toutes les heures; dans une tisane appropriée, il se donne en une ou deux fois le soir en se couchant; enfin dans un julep gommeux de 120 grammes, on peut mettre 40 grammes de sirop de morphine, qu’on administre par cuillerées à soupe dans le courant de la journée.

Les injections hypodermiques sont très usitées dans les névralgies et surtout dans la sciatique, la pleurodynie, le lumbago, le tic douloureux et les contractions spasmodiques. On a adopté pour ces injections sous-cutanées la solution au 50e : un gramme de chlorhydrate ou de sulfate de morphine pour50grammesd’eau. Chaque goutte de la seringue Pravaz représente assez exactement un milligramme de principe narcotique. En injecter 10 à 13 gouttes sur le trajet du nerf malade, répéter tous les jours et même au besoin plusieurs fois par jour la même dose en augmentant progressivement jusqu’à 20 gouttes et au delà. Le plus souvent la. douleur est calmée cinq ou six minutes après l’opération, mais elle reparaît bientôt et plusieurs séances sont nécessaires pour obtenir la guérison complète.

Auguste Voisin a employé les injections hypodermiques de morphine à hautes doses contre les manies, folies, hallucinations, idées délirantes. Il a pratiqué plusieurs de ces petites opérations par jour sur le même sujet et a injecté depuis 2 ou 3 jusqu à 20 et 40 centigrammes dans les vingt-quatre heures sans observer le moindre symptôme d’empoisonnement; presque toujours ses malades ont e e guéris dans un espace de temps très court.

Quant à la poudre, on s’en sert pour saupoudrer es petits vésicatoires que J’on applique dans cerains cas sur des points douloureux. Avec ce mode e traitement, on est parvenu souvent à calmer des ?ies fiue d’autres remèdes avaient été impuisde on nia*llaser- Il faut toujours avoir recours à grammes a' ^l = 1 centi&ramme Par j°ur» 2 centi-

Dldn?0tiS0üüement par la morphine. — La morcênt: 6 S6S S6*S SOût toxiques à partir de 4 ou 5 Io^qac a^uuies. Ils produisent des symptômes anagiaues de l’opium, mais beaucoup plus énerempoisn ai ■ 1’ de P1118’ observé chez les individus à la DpaDûeS ■ r *,a morphine, une démangeaison éruntinn HlPre^e(iée. et accompagnée d’une petite (V. OpiUm\ petltes élevures arrondies et incolores ‘ Dr Marc. Camboduves.

table emnïuIISME‘ ~ Le morphinisme est un véritrop souvem°anement obtenu lentement par l’usage de chlorhvdratrepe^ des injections sous-cutanées facile de ^ealmî dacétate de morphine. Ce moyen seulement un iv * douleurs et de déterminer non

tation aeréahiA len"etre momentané, mais une exei- Dl P°Ur qoeifiues-uns, a conduit cer-

tains n dividus à abuser étrangement de la morphine, ils sont devenus mor phiomanes.

®.n comprendra facilement l’enthousiasme pour 1 injection hypodermique de morphine, lorsqu’on saura que cette injection anéantit brusquement non seulement la douleur physique, mais même l’insaisissable, l’incurable douleur morale. L’homme se passionne pour la morphine comme pour un stimulant, un excitant des plus énergiques. L’effet produit par la bienheureuse injection consiste en une sorte d’ivresse voluptueuse et gaie, qui renforce l’organisme tout en lui donnant (pour ainsi-dire) des ailes. Un état de vigueur mêlé à un état de légèreté; la loquacité vive, la hardiesse physique et psychique; en un mot, toutes les apparences de la force sont évoquées, d’abord, par un coup du merveilleux piston Voilà les effets primordiaux, la phase d'excitation -. Mais à cette phase ne tarde pas à succéder une phase absolument inverse, de faiblesse, de douleur, d’a battement, de tristesse, de lâcheté : c’est la période de dépression et de stupeur. Pour la chasser, on recourt de nouveau au flacon et à la seringue. L’habitude est créée.

La manie de la morphine choisit surtout ses victimes dans les classes qu’on nomme communément les classes élevées de la société. La principale raison' de cette délimitation, c’est ‘que la seringue et le poison coûtent assez cher. La maladie mentale dont nous parlons atteint souvent les cerveaux d’élite, les journalistes, les hommes de lettres, les politiciens de profession, et, malheureusement, surtout les médecins. Sur les 160 cas recueillis par le docteur P. Landowski, il y a 56 médecins et 28 personnes touchant, de près ou de loin à la médecine : femmes de médecins, sages-femmes, garde-malades, etc... C’est une misère de plus à ajouter à celles, trop peu connues, de l’infernale profession médicale.

Les symptômes du morphinisme consistent en insomnies, angoisses, hallucinations et cauchemars, illusions des sens, sensations fausses, sensibilité exagérée; névralgies multiples et étranges; tremblements analogues à ceux du délire alcoolique;perte de l’appétit, constipation opiniâtre, etc... La piqûre de l’aiguille détermine divers accidents locaux, phlegmons, abcès, érysipèles, parfois même de la gangrène. Le morphinisé devient d’une faiblesse extrême; il succombe quelquefois, subitement, dans une syncope ; mais, le plus souvent, il meurt de congestions internes, d’inflammation des reins; généralement il est d’une maigreur squelettique, et finit ses jours dans le marasme le pic complet, après avoir présenté les signes de l’albuminurie ou du diabète.

Nous ne pouvons ici que faire une pâle esquisse du tableau morbide du morphinisme : ses accidents locaux, indurations, abcès, ulcères, érysipèles, etc., finissent par faire ressembler la peau des morphiomanes à la peau de crocodile. Quant aux principaux symptômes (fièvre, délire, pâleur cadavérique, apathie, dégoût, perte de la mémoire, tædium vilæ. tendance au suicide, rides précoces, atonie du regard, démarche chancelante, maigreur, troubles profonds de la vue et de l’ouïe, bégaiement, titubation, impuissance, etc.), ils finissent par aboutir

- aux mortels accidents delà cachexie morphinique : vomissements, sueurs visqueuses, palpitations très douloureuses du cœur, tremblement de la langue, paralysie des sens, de la vessie et du rectum, engourdissements et fourmilleménts généralisés, albuminurie, glycosurie, etc.

Pour arriver à ces beaux résultats,, le morphiomane a souvent pris, progressivement, des doses incroyables de son poison. La dose normale et médicamenteuse de chlorhydrate de morphine est d'un centigramme au plus : eh bien ! il n’est pas rare de voir un morphiomane répéter, dans une -journée, cent fois cette dose. Le docteur Rochard a rapporté au congrès de la Rochelle le fait d’une jeune femme parvenue, dit-il, à une certaine célébrité, et qui, tous les^ jours, s’administre cinq grammes de morphine en injections!- Sa physionomie a un masque spécial, son regard est hébété et terne, son corps agité de tremblements convulsifs. La mort attend sa proie.

Selon nous, le traitement de la morphiomanie confirmée doit consister dans la suppression brusque du poison : sinon, le médecin est condamné à être la dupe de fraudes et de dissimulations constantes, de mensonges journaliers de la part des malades les plus intelligents : car la dégradation morale s’élève, chez le morphinisé, à la hauteur de la dégradation physique. L’hydrothé rapie aide puissamment a la cure. Pour déceler le morphiomane, il faut courir au signe que vient de signaler P. Landowski : rechercher sur l’index et le médius de la main droite, une sorte de callosité, qui est le résultat du frottement causé par le piston de la seringue, au niveau de la dernière phalange...

Mieux vaut prévenir que guérir. Pour arrêter la contagion toujours croissante du mal, il importe que le médecin seul se charge de la pratique des injections hypodermiques, et ne laisse jamais une seringue de Pravaz entre les mains d’individus étrangers à la médecine. Le pharmacien ne devra délivrer de solution morphinèe que sur une ordonnance fraîchement datée. On pourrait même à la •rigueur (et la rigueur serait ici de mise), empêcher les fabricants d’instruments et les brocanteurs de Rendre des seringues, à injection sous-cutanée autrement que sur ordonnance médicale. Il importe que l’on songe à appliquer cés prescriptions préventives, si nous ne voulons voir les Français ravalés plus bas que les Allemands, au-dessous même des mangeurs d’opium. Balzac écrivit un jour cette phrase : « On s’est effrayé du choléra : l’alcool est un bien autre fléau. » Aujourd’hui nous pourrions dire, avec tous nos confrères témoins des ravages croissants de la morphiomanie . « On s’effraie de l’alcoolisme : la morphine est une aussi grande calamité !... » .

Si le malade échappe une première fois aux accidents morphiniques et renonce à la morphine il ne tarde pas à retomber dans ses funestes pratiques. Les récidives du mal sont très faciles. Leveenstein (de Berlin) a compté, sur 82 cas de morphiomanie, 61 récidives, dont 32 chez des médecins (ils savent pourtant à quoi ils s’exposent!), fl est non, toutefois, de dire que la morphiomanie

l est infiniment plus fréquente chez nos bons et tueux voisins que chez nous : le prince marck a été autrefois un morphiomane accomi.r' et ne s’est guéri que par un prodige de volonr prodige qu’un bon Français lui reprochera to6’ jours!-

Les morphiomanes sont curables par la surveil lance et l’isolement, un régime fortifiant, des vin' généreux, des frictions, des injections sous-cuta! nées d’éther, des préparations de strychnées. pê docteur Zambaco préconisme l’alcoolisme comme remède à la morphiomanie : le remède n’est-il pas pire que le mal? Et est-il plus facile de guérir la manie de boire que la morphiomanie?

Donc, selon nous, il ne faut pas hésiter à supprimer brusquement la morphine, à séquestrer les morphiomanes, à les priver entièrement de leur liberté. Sans ces mesures énergiques, ils courent de grands dangers. Toutefois, la suppression brusque du poison habituel et chéri s’accompagne souvent de vomissements, de délire, de troubles mentaux; ces accidents sont avantageusement traités par de petites doses souvent répétées de teinture d’opium. Il est certain, d’ailleurs, que Yopiophagie (si fréquente dans certains pays, au Céleste-Empire par exemple) est infiniment différente de la morphiomanie, et beaucoup moins grave qu’elle.

Il y a dans la question de la morphine, un côté peu étudié, et -qui mériterait les recherches d’un travailleur. Nous voulons dire le côté médicojudiciaire. Il est certain que la responsabilité légale est très atténuée chez les morphiomanes; leur volonté et leur libre arbitre sont fortement entamés. Sous Faction du délire maniaque et d’affreuses hallucinations, les morphiomanes se livrent aux écarts les plus violents Ils sont capables de meurtre, tout comme les alcooliques délirants. Ils sont aussi capables des délits les plus divers. Ainsi la dame dont le pharmacien a été condamne pour lui avoir livré sans ordonnance plus de 2,000 francs de morphine — (et dont les gazettes judiciaires ont rapporté l’intéressante odyssée), cette dame, disons-nous, avait été arrêtée comme voleuse dans un grand magasin. Ses facultés mentales étaient très endommagées; actuellement elle est dans une maison de santé, pour toujours peut- ®tre- Dr E. monin.

MORPION. — (V. Pou.)

iviunaunn.-

— wuiuoe uruuuue uni —

de 1 homme ou des animaux. La morsure est dite simple, quand l’animal qui l’a produite n’a pas dépose de virus dans la plaie. Au contraire, les morsures de serpents venimeux ou de chiens enrages sont dites compliquées. Les morsures les pl“s graves déterminées par les animaux domestiques bont celles faites par le cheval ; il est rare, f ’ ^ue Cf.«. truies ne s’accompagnent pas de

phlegmon diffus. Les morsures simples faites

par le chien sont moins graves que les précempnnfm 6n Ce (ïu’eUes déterminent plus rare;;

•î^grnon’ à m°insque les tissus attemts naient ete déchirés ou mâchés par l’animal. En

MOR

les dents canines s’enfoncent profondét0USfCdans les chairs et occasionnent une vive doumeD suivie presque toujours de suppuration. Le ' Ornent des morsures simples est celui des plaies tral rv ce mot). Quant aux morsures compli- Rage, Serpent, Venin. , r. L.

MORT. La mort est la cessation complète et définitive de tous les actes organiques dont l’ensemble constitue la vie de l’individu.

Sûmes de la mort. - Il n’est pas de question • ^ plus préoccupé l’opinion publique. Tout en reconnaissant l’exagération et les terreurs imaginaires qui ont été suscitées à ce propos, nous pensons que les signes de la mort réelle doivent être étudiés avec le plus grand soin par le médecin, et au’il convient de les passer en revue. On a cru longtemps, et beaucoup de personnes croient encore à l’incertitude des signes de la mort. « L’idéal cherché, nous dit le professeur Tourdes, était un signe pathognomonique, constant, irréfragable, facile à constater par tous ; les uns le placèrent dans l’extinction d’une fonction importante, les autres dans une modification organique. Si la certitude absolue , semblait se refuser à chacun de ses travaux de détails, bientôt on s’aperçut, que le problème était résolu, et que l’ensemble et l’association des caractères fournissent les éléments d’un diagnostic certain. » ;

Les signes de la mort ont été divisés en certains et en incertains. On les a également divisés en fonctionnels et en organiques : les premiers sont fournis par la cessation des fonctions qui caractérisent la vie, les seconds par les modifications qui se produisent dans les organes après la mort. Sans nous attacher à aucune division spéciale, nous allons décrire successivement les signes fournis par l’aspect général, la perte de la sensibilité, du mouvement, de la contractilité musculaire, l’abaissement de la température, .l’absence de respiration et de circulation, les signes fournis par l’œil, et enfin la rigidité cadavérique et la putréfaction.

1° Face, attitude, aspect général. — La face cadavérique n’est pas un signe caractéristique de la m°rt : elle n’existe pas chez les individus qui succombent à la suite d’un accident ou d’une malaie aiguë, et on peut l’observer pendant la vie. ta^en^ant 0n rï°it attacher une grande impor- ^ nce à la pâleur mortelle, à l’abaissement de la acùmre inférieure et à l’ouverture des yeux et de la bouche.

(ja^exPresri°n de la face est très variée et peut, Pend Ce.rlains cas> exprimer les sentiments éprouvés SOn • dernjers moments de la vie. Nous pendu cor*16 *exPressi°n de la face, jointe à l’attitude les Cj,,^S’ Peut quelquefois jeter de la lumière sur rons COnf 1 ances de la mort, mais nous ne considéuir Pa! . expression faciale comme pouvant foursuicidASl^aî r®eriement utile dans le diagnostic du

VanüY* rhomicide.

genre de^ Peut’ dans quelques cas, révéler le Pur la est P^us auvent déterminée

dernier mnmeUr et Par situation du corps au d’uutres aff ^ v*e< Dans tétanos et dans ections on constate une raideur qui

MOR 491

main lient le corps dans une attitude contraire aux lois de la pesanteur.

La flexion du pouce, résultat d’une dernière contraction musculaire pendant l’agonie, manque souvent. D après le Dr Josat, ce signe manque sep fois sur dix, et il existe à peu près dans la même proportion avant la mort consommée .

Les lividités cadavériques et les vergetures constituent un des signes les plus prompts et les plus certains de la mort. Le décubitus ayant lieu en general sur le dos, le sang abandonne la partie antérieure du corps et produit sur les parties déclives des colorations rougeâtres, violacées blanchâtres, sous forme de plaques et de. vergetures irrégulières qui dépendent de la pression des objets qui supportent le cadavre. Si l’on incise ces vergetures, on voit l’épiderme incolore et le réseau vasculaire distendu par du sang liquide, tandis que, lorsque la coloration de la peau est due à l’afflux vital du sang, le tissu du derme est piqueté et injecté par ce liquide. Ce signe est constant ; il peut se produire quatre ou cinq heures après la mort, mais il existe des différences notables, suivant les sujets, pour l’intensité du phénomène et l’époque de son apparition. La seule objection sérieuse qu’on puisse faire à ce signe, c’est qu’il peut déjà se manifester pendant l’agonie.

2° Perte de la sensibilité. — Elle doit être constatée, mais avec les précautions nécessaires pour que, en cas de survie, il ne reste pas des blessures graves. Les moyens les plus employés consistent en frictions, vésicatoires, acupuncture, applications de ventouses et brûlures. Ces procédés sont le plus . souvent appliqués sur la partie supérieure et anté- . rieure du thorax, les extrémités des doigts et des orteils, la^plante des pieds et l’épigastre. Desgranges (de Lyon) et Josat ont signalé le mamelon comme élant le siège de la sensibilité la plus vive. Ce dernier auteur a imaginé une pince spéciale dont les bords sont pourvus d’aiguillons qui s’enchevêtrent en pénétrant dans le mamelon ; ce procédé lui a permis de constater une mort apparente et de déjouer la ruse d’un magnétiseur, dont la volonté av dt résisté à tous les autres moyens douloureux.

La brûlure démontre non seulement l’extinction de la sensibilité, mais encore l’absence de certaines lésions telles que la phlyctène séreuse et l’auréole inflammatoire qu’on observe sur les tissus vivants. On se sert de l’eau bouillante, du fer rouge, de la flamme d’une bougie, de la cire brûlante. Jamais, sur le cadavre, on n’observe la phlyctène séreuse et la coloration rouge. Ce signe a une grande valeur et peut se reconnaître immédiatement ou peu de minutes après la mort.

3° Perte du mouvement et de la contractilité musculaire. — « Les muscles sont un des organes qui retiennent le plus longtemps leurs propriétés vitales, dit M. Tourdes, et qui fournissent ainsi, quand elles ont cessé, un des signes les plus certains de la mort. Nysten et Hallé ont déterminé expérimentalement la duréfe de la période pendant laquelle les muscles restaient contractiles, et ils ont trouvé une moyenne de sept à huit heures pour les muscles de la vie de relation. Les propriétés contractiles s’éteignent plus rapidement dans les

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muscles de la vie organique. L’application du galvanisme à la constatation de la mort se fait avec les instruments les plus variés, mais on emploie généralement les appareils à induction qui sont les plus répandus et les plus portatifs. L’absence de toute contractilité musculaire sous l’influence d’un appareil d’électricité d’induction capable de dégager des étincelles de 1 à 2 millimètres ou de 1 à 2 centimètres, suivant l’instrument employé, peut être considérée comme un signe certain de la mort. »

4° Abaissement de la température. — Considéré autrefois comme un signe très équivoque, il a pris de l’importance depuis que la précision a présidé aux recherches thermométriques. Il faut d’abord déterminer le temps nécessaire pour le refroidissement du corps et l’équilibre de sa température avec celle de l’air extérieur. Ce temps est plus ou moins long et varie suivant le genre de mort, l’obésité, l’âge, le milieu ambiant. Les expériences de Taylor et Wilk* citées par lourdes, montrent que, au bout de deux ou trois heures, la température du cadavre descend entre 18 et 34 degrés; au bout de quatre à six heures, elle est entre 16 et 30 degrés; après six ou huit heures, entre 18 et 26 degrés; après douze heures, entre 13 et 26 degrés. L’équilibre avec la température ambiante est rétabli de seize à vingt-quatre heures après la mort.

Il s’agit ensuite de déterminer le degré de température incompatible avec la vie. D’après les docteurs Si vas et Bouchut, on peut considérer la mort comme certaine lorsque le thermomètre descend graduellement à 28 ou 27 degrés. Il convient, dans cette exploration thermométrique, de répéter l’opération plusieurs fois dans l’aisselle et le rectum, et de constater l’abaissement progressif de la température en tenant compte de la chaleur du milieu ambiant.

Absence de la respiration. — Lorsqu’elle est constatée par un miroir ou une bougie placés devant les lèvres, elle est un signe des plus équivoques, puisqu’on a vu la glace conserver son éclat chez des asphyxiés et des hystériques qui ont été rappelés a la vie. Vimmobiliié du thorax, très difficile à constater, ne constitue pas un signe plus certam : Yauscultation donne une preuve meilleure mais il faut se tenir en garde contre les cas où là respiration est affaiblie au point de devenir insensible. On sait que la respiration s’éteint avant la circulation, et qu’on entend encore les bruits du cœur alors que les mouvements respiratoires ont cessé.

Absence de la circulation. — La cessation définitive des mouvements du cœur et de là circulation, cçnstatée par l’auscultation, est un signe d’autant plus certain qu’elle entraîne immédiate ment la cessation de la respiration et des fonctions du système nerveux, lorsqu’elle n’en a pas été précédée.

Il reste à déterminer pendant combien de temps l’absence des battements du cœur peut n’être qu'une simple suspension, au bout de combien de temps cette absence des contractions du cœur doit être, sans crainte d’erreur, regardée comme une cessation définitive : or, dans les agonies qui ont été observées, le maximum d’intervalle entre les j

derniers battements a été d’environ sept se La Commission de l’Académie de médecine pLn^e^ en 1848, d’étudier cette question et dont Ra ar^e rapporteur, pense : ^er fat

1° Que l’absence des battements du cœur tatée par l’auscultation sur tous les points ’ peuvent naturellement ou accidentellement VS entendus, et sur chacun, pendant l’intervalle g cinq minutes, c’est-à-dire pendant un espace A temps cinquante fois plus considérable que cel • qui a été fourni par l’observation des bruits T cœur dans les cas d’agonie jusqu’à la mort, ne neiîf laisser aucun doute sur la cessation définitive de ces battements du cœur et sur la réalité de 1

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yuoiqu on ait oppose a cette conclusion de l’Aca démie quelques observations dans lesquelles des malades ont été rappelés à la vie malgré la sud pression des bruits cardiaques pendant une demi heure et plus, on peut admettre que la cessation des battements du cœur, constatée par l’auscultation, est un des meilleurs signes de la mort Si l’interruption momentanée de la circulation n’est pas une preuve absolue de la mort, on peut renouveler l’auscultation un grand nombre de fois et à quelques minutes d’intervalle, pour tenir compte des intermittences, et on acquerra ainsi la certitude de la mort.

L innocuité des plaies du cœur, faites sur des animaux à 1 aide d’aiguilles très fines, a donné lidée d appliquer l'acupuncture à la constatation des mouvements de cet organe. Sous le nom d ’akidopeirastique, Tourdes décrit, d’après Middeldorf, le procédé suivant : on enfonce une aiguille très fine, longue de 10 centimètres, au milieu du point ou ordinairement on perçoit les battements du cœur, dans le cinquième espace intercostal, à trois travers de doigt du sternum, à deux au-dessous du mamelon ; 1 aiguille est poussée par un mouvement de rolation dans la paroi du ventricule gauche, 5 centimètres au plus de l’aiguille doivent pénétrer dans les tissus ; on observe alors si elle est agitée par un mouvement oscillatoire, par un simple tremblement ou si elle reste immobile.

L application de ligatures et de ventouses scarifiées a été proposée pour démontrer l’absence delà circulation capillaire. En plaçant une ligature sur 1 avant-bras ou sur un doigt, l’extrémité du membre se colore d un rouge plus ou moins violacé si l’individu est vivant, et la coloration disparaît quand on enleve le l.en ; rien de semblable ne se produit sur le cadavre. Il en est de même lorsqu’on ap- “nevent°u®e scarifiée; l’impossibilté d’ameang en dehors des vaisseaux indique Tabra osculation capillaire, et par conséquent maison CeStd,eUX si§nes ont beaucoup de valeur,

ZZZrV™ 0bjecter fiue les mouvements du

capillaire * exister sans influencer la circulation

portants f?urnit également des signes i®;

s’onLe de ml?endamment de la coagulation q® encore tenfr ^ a S1X heures après la mort, il/aut aui ont AtA ^?lB.Pte des caractères hislologiqueS Tourdes deCJ?£s P.ar le* professeurs Feltz et modifications suivantes dans l’état du

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fl îde nourricier sont des indices de la réalité et de 1 date de la mort : 1° la persistance des globules en pile et àe la forme nummulaire pour les prexnières heures du décès; 2° la disparition des piles, la déformation des globules, qui deviennent rugueux, ridés, parsemés à leur surface de petits grains blancs fibrineux, après une douzaine d’heures; 3° la réunion en masses irrégulières de ces globules altérés, mêlés, fondus, avec quelques globules blancs distincts, après quarante-huit heures et plus; 4» l’apparition des bâtonnets, dont la présence constitue une des phases de la destruction qui dure, en été et en automne, du cinquième au douzième iour; 5° la dissolution du liquide en granulations fines, avec des globules de graisse et des cristaux de formes diverses. A cette époque avancée, la structure du sang n’est plus à reconnaître.

7 » relâchement de tous les sphincters. — « Le relâchement brusque et presque instantané de tous les sphincters, y compris celui de la pupille, est bien, chez l’homme, dans l’immense majorité des cas, l’effet de la mort et non d'un état morbide ; cependant, le relâchement de tous les sphincters a lieu dans beaucoup d’agonies, et certaines affections cérébrales peuvent entraîner en même temps que. le relâchement des sphincters, la dilatation de la pupille : aussi vos commissaires pensent-ils que ce signe n’a pas un degré suffisant de certitude.» Ainsi s’exprimait Rayer, dans son rapport à l’Acadésur ce signe auquel les auteurs avaient attaché une si grande importance. Il est en effet certain que la dilatation des sphincters peut être le résultat de la syncope, qu’elle a été constatée chez des asphyxiés qui ont été rappelés à la vie, et que ce signe ne peut acquérir de la valeur que par sa persistance.

8° Signes fournis par l’oeil. — « Ce sont les plus nombreux et les plus sûrs depuis l instant même du décès jusqu’à une époque avancée de la décomposition » JTourdes). Voici les principaux :

^7 -Affaissement et flaccidité du globe oculaire. — L affaissement a lieu aussitôt après la mort, pai suite de l’arrêt de la circulation. La flaccidité se montre un peu plus tard et est due à l’évaporation es liquides, principalement de l’humeur aqueuse. ? n. y a encune maladie, aucune révolution dans corps humain qui puisse opérer un pareil chang ment; ce signe est caractéristique, j’ose le.donnei nlaJ^f indubita^. » Ainsi s’exprimait Louis, qu iPC °a,t avec raison le. ramollissement de l’œil parm ms preuves les plus sûres de la moH.

/ ’ nier,sibilitè delà conjonctivite et dé la cornet

tml^merite ’ Verte de l'éclat de l'œil et de le sianlfaretnce des mHieux. — Le premier de cei sensihim- UDe. b?nne Preuve de l’abolition de h Phvxio ; 6’ mai® b existe dans l’aneslhésie et l’as laine • ncoiJ1Pl6te- Le second a également une cer ^ansnarp!? r aCe’ ™.ais ^ importe de noter que h heures aprèsl m'bejlxPeutPers‘ster une douzaim

delaVupille. — Bouchut a beau temps oup i~SU1î*c? siêne> ffui se produit en mêm fournit Unp re ac^emeut des autres sphincters, e manque ra^^reuve immédiate. Cette dilatatioi 4 rarement, mais on sait qu’elle peut êtr

produite par la belladone et par certaines affections cereb raies. En tenant compte de ces circonstances, on peut dire que ce signe est un des plus sûrs et des plus faciles à constater immédiatement.

D. Immobilité et déformation de l'iris. — Une heure ou deux après la mort, l’iris reste immobile et insensible à l’action de la lumière. La déformation commence au moment où la dilatation diminue, mais elle ne devient manifeste que lorsque l’affaissement de l’œil se produit. Ce dernier signe a une valeur réelle, mais il n’est pas facile à constater pendant les premières heures qui suivent le décès.

E. Tache noire de la sclérotique. — Indiqué par Sommer et étudié de nouveau par le Dr Larcher, ce signe a quelque valeur. La scérotique prend une teinte jaunâtre deux ou trois heures après la mort ; cette teinte devient plus prononcée sur un point, et se transforme en une tache bleuâtre oœ noirâtre. La tache apparaît presque toujours du côté externe de l’œil ; une fois formée, elle est noire, de forme longue ou ovale. Une autre tache, moins prononcée, se forme ensuite sur le côté interne ; plus tard, les deux taches se rapprochent et forment un segment d'ellipse à concavité inférieure. Larcher attribue cette tache à l’imbibition cadavérique.

F. Décoloration de la rétine. — Bouchut a le premier appelé l’attention sur ce signe. L’œil étant le seul point où l’on puisse voir une artère à découvert et remplie de sang, c’est là où l’on peut aussi constater la vacuité du système artériel que produit la mort. En effet, le fond de l’œil, qui était rosé pendant la vie, se décolore tout à coup, et après la mort, on observe les signes suivants : disparition de la papille du nerf optique, vacuité complète de l’artère centrale du nerf optique et de la réfine, vacuité par place&des veines de la rétine, décoloration grisâtre de la choroïde.

9° Rigidité® cadavérique. — Ce signe est un des plus certains de la mort. Déjà connu de Zacchias, il a surtout été mis en évidence par Louis. La rigidité cadavérique apparaît au moment où cesse la contractilité musculaire, et est produite par une modification moléculaire et chimique du système musculaire. Voici l’explication qu’en donne Tourdes: Le muscle devient acide après la mort, comme à la suite d’efforts violents; peut-être est-cé sa réaction habituelle, masquée par le liquide alcalin qui l’imbibe; quand la circulation s’arrête, l’acidité prédomine et détermine la coagulation de la myosine, matière albumineuse qui remplit la fibre. Cette matière coagulable est comme à l’état de solution concentrée dans le muscle vivant; elle passe après la mort à l'état de grumeaux. Quand on exprime cette substance du muscle, il perd la faculté de se raidir. Le muscle redevient souple quand l’ammoniaque sature l’acide et quand la fibre se désorganise.

La rigidité cadavérique commence trois ou quatre heures après la mort; elle ést générale après vingt-quatre heures; elle diminue ensuite pour cesser après trente-six ou quarante heures. Elle est plus rapide chez les vieillards et les sujets affaiblis par les maladies ; elle se manifeste plus tard chez les jeunes sujets et chez ceux qui ont péri de

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• mort violente, et particulièrement chez les asphyxiés par le charbon. Elle se prolonge beaucoup plus longtemps lorsque la température est sèche et froide. Il faut distinguer la rigidité cadavérique de la congélation. L’état des tissus congelés se distingue aisément en fléchissant les jointures: on entend alors un petit bruit comparable au cri de l'étain , et qui est causé par la rupture des petits glaçons renfermés dans le tissu cellulaire.

10° Putréfaction. — La décomposition du corps humain est certainement le signe le plus caractéristique de la mort: Elle se reconnaît aux caractères suivants : 1° coloration bleuâtre, verdâtre ou brunâtre des téguments; 2° ramollissement des tissus ; 3° odeur cadavérique ; 4° développement de gaz ; 5° apparition d’organismes accessoires. D’après Tourdes, la décomposition se révèle pav des signes évidents ou bout de 24 ou 36 heures, c’est-a-dire au moment ou la rigidité cadavérique disparaît. Mais cette époque est nécessairement variable, selon la température, l’humidité, l’état du sujet, et le genre de mort (Y. Putréfaction).

Dr A. Lutaud.

MORTALITÉ. — On désigne sous ce nom la proportion qui existe entre le nombre des vivants et le nombre des morts dans un pays, dans un lieu, déterminé, pendant un temps donné. C’est ainsi qu’on dit que, pour la France, la mortalité annuelle est d’environ 23 à 14 pour 1,000. On calcule encore quelquefois la mortalité pendant une épidémie. Par exemple, on dira que sur 100 individus atteints de variole, de fièvre typhoïde, de choléra, il en meurt 20, 30 ou 40. La mortalité pour cette épidémie est donc de 20, 30 ou 40 pour 100. P. L.

MORT-NÉ. — On donne le nom de mort-né au fœtus mort dans le sein de sa mère, pendant le travail de l’accouchement ou aussitôt après sa naissance, mais avant d’avoir respiré: Les causes de la mort du fœtus sont multiples. Le Dr de Soyre a déjà énuméré les conditions morbides qui atteignent le fœtus dans le sein maternel en traitant de l’avortement. Quant à la mort qui survient pendant le travail de l’accouchement, notre éminent collaborateur en a donné l’explication à l’article Dystocie et aux mots qui s’y rapportent. Enfin souvent l’enfant amené vivant subit, dans les premières heures de sa vie, l’influence des maladies qui ont entravé son développement l Albuminurie, Monstruosités Syphilis, etc.) ou des opérations pratiquées pour sa délivrance (V. Ambry otomie, Forceps, Naissance Version). y l ’

MORTON (fabine). — La farine Morton est un produit alimentaire excessivement employé, qui est né en 1874, à la suite des remarquables expériences chimiques et cliniques sur la larine d’avoine d’Ecosse dans l’alimentation du jeune âge, par notre grand thérapeutiste Dujardin-Beaumetz et Déminent chimiste E. Hardy, communiquées à la Société médicale des hôpitaux en 1873, expériences qui ont démontré : 1° que la farine d’avoine est un aliment d’une valeur nutritive très grande; 2° qu’elle présente une analogie très grande avec le lait de

femme, dont elle se rapproche même plUs lait de vache au point de vue des proportion11 Ve éléments plastiques et respiratoires; 3° qu’elleS ^ tient en outre une forte proportion de fer phosphate de chaux, si nécessaires à l’enfant à 1 1 période de la vie, pour la constitution des os et A tissu musculaire; 4° que, donnée avec le lait ? vache, elle a produit sur des enfants de 4 à 11 mnle même développement quotidien — constaté n des pesées — que chez les enfants qui prennem exclusivement le sein d’une bonne nourrice 5° enfin qu’elle ne donne pas de diarrhée, mais l’arrête au contraire quand elle existe.

Pour obtenir de semblables résultats, il faut bien se garder d’employer la farine obtenue en moulant simplement l’avoine dans les conditions ordinaires des autres céréales, car on n’obtient qu’une masse pâteuse et noirâtre, qui ne se conserve pas mais pas de farine réelle. Il ne faut pas non plus faire usage de cette farine d’avoine dont la blancheur semble être une preuve de bonne fabrication et n’est due, au contraire, qu’à ce que la farine a été dépouillée précisément de la partie avoisinant l’enveloppe, et qui contient l’azote, le fer et le phosphate de chaux, c’est-à-dire la meilleure partie de ses qualités nutritives. Il faut employer de la farine comme celle qui a servi aux expériences de Dujardin-Beaumetz et Hardy.

La farine Morton est seule dans ce cas. Fabriquée d’abord par M. Coirre, puis par MM. Piot frères, elle est préparée avec du gruau d’avoine concassé et moulu, puis torréfié avec le plus grand soin à laide de manipulations et de procédés spéciaux Elle est d’une finesse moyenne et uniforme, d une couleur bise qui tient, d’une part, à la torréfaction indispensable à la bonne conservation et nécessaire d ailleurs -pour toutes les farines destinées à 1 alimentation des enfants; d’autre part, à la présence de toutes les parties nutritives de l’avoine. Son odeur franche rappelle celle du pain qui sort du four, et sa saveur, qui se rapproche de celle de la vanille, est très agréable. Elle se digère facilement, ne produit jamais de diarrhée, mais au contraire, la combat avec un grand succès.

A partir du troisième ou du quatrième mois, la farine Morton peut entrer dans l’alimentation des petits enfants, comme un adjuvant précieux venant suppléer à l’insuffisance du lait de la nourrice, ou bien encore venant aider l’allaitement artificiel au biberon. Nous ne rappellerons pas les noms des nombreux médecins qui préconisent ce produit : de Piétra-Santa, Brochard, Blanc-Aillaud, Bouchut, etc. Qu il nous suffise de citer ce passage de Bouchut dans ses leçons cliniques de l’hôpi; tal des enfants : « Je me suis toujours servi de la farine Morton avec avantage, non seulement chez les enfants bien portants, connu é alimentation normale, mais chez les enfants malades atteints de dyspepsie laiteuse ou d’entérite catarrhale. Dans ces cas, la digestion troublée devient plus régulière, les enfants qui ne digèrent qu imparfaitement le. lait, peuvent mieux digérer la bouillie faite avec cette farine. « C’est surtout au moment souvent si difficile du sevrage, que Ja farine Morton est d’une grande utilité. Ajoutons

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fin au’elle constitue un mets aussi léger que eD rrjssant pour les adultes cpnvalescents.

^ farine Morton s’emploie à la dose de 2 à 4 illerées à café pour un verre de lait, suivant l’âge de l’enfant et la quantité de lait qu’on lui donne par jour. On la délaye dans un peu de lait froid, puis on la jette dans le lait chaud, avant au’ilne soit en ébullition, et on ajoute du sel et suffisamment de sucre. On peut aussi la faire cuire avec de l’eau, mais il est évident qu’on obtient alors un mets moins nourrissant, mais cependant très

Dr L. Saint-Antonin.

MORUE- — La morue est un poisson excessivement abondant sur les côtes de Norwège, d’Ecosse et d’Irlande, mais principalement à Terre-Neuve. Sa pèche n’occupe pas moins de 6,000 navires qui livrent en moyenne 36 millions de morue par an à l’alimentation. Il y a trois espèces de morue : la morue proprement dite, la morue cgre fin et la dorsche ou petite morue.

La morue fraîche, appelée aussi cabillaud , est assez agréable à manger et sa chair est très nourrissante. La morue salée a besoin, pour être mangée, d’être dessalée et ramollie dans l’eau froide pendant 24 ou même 48 heures. Sa chair est moins délicate qu’à l’état frais. Mais elle est très savoureuse et les estomacs ordinaires la digèrent facilement, surtout lorsqu’elle est préparée à la maître d’hôtel ou à la hollandaise; accommodée à la provençale ou en brandade, elle est indigeste, et les dyspeptiques ainsi que les personnes affligées d’un estomac délicat devront s’en abstenir complète nieilL Dr Paul Labarthe.

MORUE (huile de foi*e de). — L’huile de foie de morue est une huile généralement extraite du foie de la morue fraîche. C’est un corps gras d’une importance capitale. Introduite dans la thérapeutique européenne depuis un temps immémorial, l’huile de mie de morue n’a joué un grand rôle en France que depuis les travaux de Schenck, de Bretonneau et de ouchardat. Aujourd’hui son usage est si universelement répandu qu’on en dépense par an plusieurs dhlbons de kilogrammes.

, e,hnile est de couleur différente, suivant le PP cédé qui a servi à sa préparation. La blanche est ,a première. à paraître et à surnager, à la surface v 0les îu’on a préalablement entassés dans de 0 es tonr)eaux; la blonde se forme dès que ces co^f COminencent à entrer en décomposition et cède j.1106 couche située au-dessous, de la pré- Leaifd ’ f ?ru?îe,s’0^tient en. faisant bouillir dans falsifi ' 6S ^°*es rïé-ffi ulffirés. La première, souvent l’aeitîfr avec de Plmile d’œillette ou décolorée par charhn10n aV6C Une. eau dlcdUne et la filtration au mais an ’ m4 la moxns forte» la moins désagréable, leur ninS e a î1101113 efficace; la seconde, de cou- Tuoiai,PSi -°ncee’ 11,1X1:16 odeur de poisson sensible, excitante ^ 1suPPortat)le» d’une saveur amère et Par cela’™- la plus apte a lacure des maladies et enfin la h/™6 la plus fréquemment employée; odeur de G^niere> très foncée en couleur, d’une sivement a?°D nauséabonde, d’une saveur excesere> dere et repoussante, est la plus

active, mais peu employée à cause du dégoût souvent invincible qu’elle cause aux malades.

La composition de l’huile de foie de morue est très complexe : outre l’oléine, la margarine et la butyrine faisant partie de presque tous les corps gras, elle renferme un principe actif, la gaduine, de l’iode, du chlore, du brome, du phosphore, du soufre, de la chaux, de la magnésie, de la soude et du fer dans des proportions infinitésimales et encore mal connues. Ainsi, un kilogramme d’huile ne contiendrait que quelques milligrammes d’iode, de chlore, de brome, etc., en somme des quantités si faibles qu’elles suffisent pour réfuter l’opinion de ceux qui veulent rapporter exclusivement à ces éléments l’action médicatrice de ce précieux remède; la plus grande part revient évidemment aux corps gras et aux parties aromatiques et sapides qui y sont unies.

Bien supportée, l’huile de foie de morue est un médicament reconstituant par excellence ; elle donne de l’appétit, facilite la digestion, procure de l’embonpoint et des forces, change la crase du sang et des humeurs en augmentant le nombre des globules sanguins et en diminuant la trop grande quantité de sérum, fournit des éléments importants à la nutrition et à la respiration en jouant le rôle d’aliment thermogène par l’énorme proportion de corps gras qu’elle contient. C’est, en un mot, le médicament de la misère physiologique et du délabrement général de l’économie; il convient aussi bien aux faibles et cachectiques des villes qu’aux lymphatiques et tuberculeux des campagnes.

Son administration est indiquée toutes les fois que les actes d’assimilation et de calorification languissent, comme dans l’anémie, le rachitisme, la scrofule, la phthisie, quelques maladies de la peau, et généralement dans toutes sortes de cachexies.

L’huile de foie de morue devrait s’administrer pure. Les enfants s’habituent à sa saveur et à son odeur et finissent par l’avaler sans trop de difficultés. Beaucoup, cependant, ne peuvent s’y habituer. Quant aux grandes, personnes, elles éprouvent en général pour ce médicament une répugnance invin: cible. Chez elles, l’huile de foie de morue détermine des aigreurs d’estomac, des nausées, des vomissements, de la diarrhée, enfin un malaise tel qu’il faut en supprimer l’emploi.

Cette répugnance a donné l’idée d’en masquer la saveur dans des potions, du vin, du café, du sirop d’écorce d’orange amère, ou avec quelques gouttes d’essence de citron, d’anis, de menthe poivrée, etc. Ces diverses préparations n’ont été adoptées ni par les médecins, ni par le public. Elles ont l’inconvénient de coûter cher, d’augmenter le volume du médicament, de lui faire perdre une partie de sa valeur thérapeutique, sans avoir l’avantage den masquer complètement le goût désagréable. De plus, l’intolérance de l’huile de foie de morue subsiste malgré tout, car elle réside moins dans son odeur et sa saveur nauséeuses, que dans la peine insurmontable qu’éprouvent les voies digestives, languissantes et débilitées, à assimiler les diverses substances alimentaires, et surtout les corps gras.

Heureusement, l’ingénieux pharmacien Th. De-

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fresne, ancien interne des hôpitaux, si connu pour ses beaux travaux sur le suc pancréatique, mettant à profit la propriété remarquable qu’a ce suc d’émulsionner les corps gras et de les rendre assimilables par l’économie, l’a utilisée pour rendre l’huile de foie de morue parfaitement digestible et assimilable, même pour les estomacs les plus difficiles. La plupart des professeurs et des médecins des hôpitaux, Gubler, Béclard, Potain, Delpech, Chauffard, Guéneau de Mussy, Isambert, Huehard, Moissenet, etc., et, après eux, un très grand nombre de praticiens, ont sanctionné cette idée et, grâce à la combinaison de l’huile de foie de morue avec le suc pancréatique, Defresne est arrivé à présenter à Y état de crème, 1 huile de foie de morue, et à en faire un corps demi-solide pouvant s’aromatiser au gré du malade et se délayant très bien dans le lait, le café, le café au lait, le chocolat, le bouillon, etc. Aussi, Yhuile de foie de morue pancréatique Defresne est, aujourd’hui, sans contredit, la meilleure préparation d’huile de foie de morue. Les malades la prennent sans aucun dégoût et la digèrent sans peine, si bien que, lorsqu’ils en ont commencé l’usage, ils ne peuvent plus revenir à l’huile de foie de morue ordinaire.

La dose moyenne de l’huile de foie de morue a donner à un adulte est de deux cuillerées à bouche dans les 24 heures, ce qui correspond à deux cuillerées à café chez un tout jeune enfant. On peut, dans des cas particuliers, élever progressivement cette quantité jusqu’à trois, quatre, même six cuillerées par jour et continuer la même médication pendant des mois et des années avec de nombreux intervalles de repos.

Ajoutons en terminant que dans les* capsules Danois créozotées, l’huile de foie de morue sert de véhicule à la créosote (V. Dartois).

Dr Marc. Camboulives.

Falsifications de l’huile de foie de morue. —

On falsifié surtout l’huile de foie de morue avec de l’huile de poissons ou avec de l’huile de graines diverses. Enfin, on livre souvent au public de 1 huile de foie de nmrue rance.

On peut s’assurer de la pureté de l’huile de foie morue par plusieurs procédés dont deux surtout sont très simples et à la portée de tous

Le premier dû à Gobley, consiste à verser de 1 huile de foie de morue sur une plaque de verre en contact avec l’acide sulfurique. Si elle est pure elle offre une auréole d’un beau violet, qui passé bientôt au cramoisi, puis, mais au bout de quelques minutes seulement, elle prend une teinte brune.

Le second, proposé par Boudard, consiste à verser dans l'huile, goutte à goutte, de l’acide nitrique pur et fumant. Si chaque goutte est tour à tour circonscrite par une auréole rosée, on peut affirmer que l’huile est pure; s’il n’y a pas de coloration rose et si la transparence de l’huile est légèrement troublée, c’est qu’on a ajouté à l’huile de foie de morue son poids d’huile de poisson.

Pour reconnaître le mélange de l’huiffide foie de morue avec de l’huile de graines, il suffit de la soumettre à la distillation. Si l’huile est pure, la

distillation donnera un produit solide et fusibl l’huile est mélangée, le produit distillé ne difie pas. D’¬

Quant à l’huile de foie de morue rance ell distingue de la fraîche, en ce que, tandis que celle Sn’est pas colorée par la rosaline, l’autre se CofCl en rouge d’autant plus intense que le degré de ra^ cité est plus prononcé. Dr Paul Labarthe.

MORVE. — Médecine vétérinaire. — La morve nous devrions dire la maladie morvo-farcineuse p0u’ ne pas séparer la morve du farcin, puisque ces deux affections sont de nature identique, la morve est une maladie générale, virulente et éminemment contagieuse.

Elle est propre au cheval, à l’âne et au mulet, elle peut se communiquer, par inoculation, à d’autres espèces animales, — voire à l’homme lui-même comme on le verra plus loin.

On reconnaît à la maladie farcino-morveuse deux formes distinctes.

On l’appelle morve quand elle s’attaque aux organes internes, particulièrement à ceux de la respiration. On lui donne le nom de farcin lorsque ses manifestations se produisent à la surface de la peau.

1° Morve. — La morve est surtout caractérisée par trois signes bien distincts :

1° Un écoulement nasal, mueo-purulent, pois-, seux, adhérent aux ailes du nez, qui, ordinairement, n’a lieu que d’un seul côté — * le plus souvent du côté gauche ;

•2° Un engorgement circonscrit, dur, indolent, des ganglions sous-glossiens qui adhèrent au maxillaire inférieur — engorgement qui se montre tantôt des deux côtés, tantôt du côté seul qui correspond au jetage;

3° Des ulcérations grisâtres, à bords saillants, taillés à pic, appelés chancres, qui se forment sur la muqueuse du nez.

Ajoutons que les malades ont le poil terne, l’air fatigué, encore bien qu’ils continuent à manger et à travailler.

^ cAioLc eu cure men u autres symptômes, nous n y insisterons pas. Contentons-nous de faire remarquer que la présence des trois signes « cardinaux » que nous venons d’indiquer : le jetage ,’le glandage et les chancres , suffisent toujours pour affirmer l’existence de la maladie.

La morve se montre sous la forme aiguë et sous la forme chronique.

Dans le premier cas, les symptômes, dont nous venons de parler, s’accompagnent d’un état fébrde plus ou moins proponcé et se terminent généralement parla mort à brève échéance; dans le second, la maladie peut exister sans fièvre et durer pendant un temps plus ou moins long.

Voilà pour la morve, voici pour le farcin :

2“ Farfn; ~ Tandis que la morve, comme nous venons de le voir, atteint surtout les muqueuses et les organes internes, le farcin, lui, s’attaque à 1* peau au tissu cellulaire et aux lymphatiques.

Il se montre sous forme de boutons disposés en

superflcTelUs “ n0ueuses’ sur le Wi<* des vei“

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Plus ou moins douloureux, ces boutons produit du pus et se transforment en ulcères peu profonds, mais difficiles à cicatriser.

1 pendant longtemps on a cru à la spontanéité de l morve ; aujourd’hui, on n’admet- plus qu’une eule cause capable de la produire : la contagion. b D’après les partisans de M. Pasteur, la maladie serait due à un microbe spécifique, d’où cette formUle : la morve 'provient, de la morve et ne saurait être engendrée par aucune autre cause.

Ce qui n’empêche pas que les causes banales, jadis invoquées pour expliquer sa genèse, telles que l’excès de travail, l’insuffisance de la nourriture, l’humidité des habitations, etc., n’aient une grande part d’influence sur la propagation du mal, en préparant l’économie à recevoir l’ensemencement viru-

Quant au virus on peut dire qu’il est un peu partout dans l’économie, dans le jetage, dans le produit des boutons, des tumeurs, des ulcères, dans les liquides provenant de plaies accidentelles, même dans le pus du séton, employé à combattre le mal.

Police sanitaire. — Nous ne dirons rien du traitement de cette affection, la loi ordonnant de faire disparaître immédiatement, par voie d’abatage, tout animal atteint de morve.

Mais nous devons parler des mesures de police sanitaire à appliquer dans le cas de constatation de cette maladie.

C’est ainsi que, dès qu’elle est constatée, déclaration doit en être faite immédiatement à l’autorité : en même temps, il importe de séquestrer le malade afin de prévenir la contagion.

Aussitôt que le vétérinaire commis par l’autorité a reconnu l’existence du mal, on doit procéder surle-champ à l’abatage de l’animal.

Son cadavre dpit être enfoui ou livré à l’équarisseur. Dans aucun cas, il ne peut être livré à la consommation, Quant à la peau, elle ne peut être vendue qu’après avoir été désinfectée à la suite d’une

mmersion complète dans une solution de sulfate de zinc à 2 pour 100.

R faut, en outre, désinfecter tous les locaux et eojets ayant servi à l’animal malade ; arroser sur P a°e, avec un liquide désinfectant, phénol Bofo'-.’ Maigre de Pennes, etc., les litières, les nners, les restes de fourrage, puis procéder à leur li^fment; gratter à fond les mangeoires, râtelesa’ ~^ancs > seaux et toutes les surfaces sur posée - i *6S mat^res contagieuses ont pu être dédëtru'S’ iaver*e s°l) les murs et toutes les boiseries, corriefai par le feu les éponges, brosses, licous, •lue m attac*\e> etc- ; flamber les objets en fer, tels al’eau°hS’ ?^aes d’attache, étrilles, etc.; nettoyer On le °. aQte.les harnais et les couvertures, plus Prescrit contre cette maladie les

sentir ia -S Précautions, Et pour en faire mieux ^servat;060688^’. ^ nous suffira de rappeler une M. Manne^n P^f'Çe, il y a quelques années, par picole tt Vférina>re à Arras, dans le Moniteur î116 ce ûrar . tivat.eur possédait quatre chevaux morveux A1C16v avait conseillé d’abattre comme laire, s’en raU ilGU de ?uivre ce conseil, le propriéuT PPortant a un empirique, conserva les I1*E popu,'Xihe de Médecine iisiieixe.

animaux. Deux ans après, ils travaillaient encore, mais les fils de la maison avaient contracté la morve en les soignant et ils expiraient, à quinze jours d’intervalle, après six semaines des plus horribles souffrances. Gaston Percheron, Médecin- vétérinaire,

Rédacteur en chef de la France agricole,

Secrétaire général de la Ligue de l'Enseignement agricole.

MORVE. — Médecine humaine. — On désigne sous ce nom une maladie virulente caractérisée anatomiquement : 1° par des éruptions, avec exudats spécifiquès sur la peau et diverses muqueuses;'

2° Par des collections purulentes dans le tissus cellulaire, les lymphatiques, les muscles et même certains viscères.

Lorsque les lésions se limitent aux téguments et aux tissus sous-cutanés, la maladie porte le nom d & farcin.

Lorsque les lésions sont plus profondes et envahissent les muqueuses nasale et respiratoire, elles prennent le nom de morve.

L’affection farcino-morveuse ne se développe pas spontanément chez l’homme, elle est toujours chez lui le résultat de la contagion , or la contagion peut s’effectuer par inoculation ou par infection ; aussi ne l’ observe-t-on que chez les hommes qui vivent avec les chevaux (cavaliers, palefreniers, charretiers, etc.), et chez les médecins qui soignent les morveux, car la morve est transmissible de l’homme à l’homme.

L 'inoculation est produite par le contact de la peau ou d’une muqueuse dépourvues de leur épiderme avec la matière du jetage nasal, des boutons ou des ulcères farcineux ; l 'infection résulte de la cohabitation avec des animaux malades.

L’affection farcino-morveuse présente dans sa marche et ses localisations des différences qui ont conduit tous les auteurs à en décrire quatre formes : 1° farcin aigu; 2° morve aiguë; 3° farcih chronique; 4° morve chronique.

1° Farcin aigu. — S’il est produit par inoculation, la plaie qui a été mise en contact avec la matière virulente, prend un mauvais aspect, les vaisseaux lymphatiques du membre se dessinent sous l’aspect de traînées noueuses et bosselées qui aboutissent à des ganglions engorgés .(cet état ressemble à celui que provoque une piqûre anatomique), le membre devient le siège d’un œdème douloureux et parfois d’un véritable phlegmon.

S’il y a eu infectio'n, les phénomènes locaux manquent.

En tout cas, il existe des phénomènes généraux frissons, céphalalgie, malaises, nausées, vomissements, fièvre, douleurs violentes dans les membres.

En même temps surviennent : 1° des collections purulentes, se présentant sous forme, de petites tumeurs molles et fluctuantes disséminées dans diverses parties du corps; 2“ des éruptions cutanées c’est-à-dire de petites élevures entourées dune auréole rouge comme celle du vaccin et qui ne tardent point à s’ulcérer et à suppurer.

La mort a lieu ordinairement vers la troisième semaine; dans certains cas, la maladie s’est bornée à l’angioleucite et a pu guérir.

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