‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 112 sur 289 · MID · texte numérisé non relu

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veloppent en général rapidement, et lorsqu’elles ont acquis un certain volume, les unes s’atrophient lentement et peuvent même disparaître, les autres, les plus grosses, presque toujours se ramollissent et s’uleèrent. Autour d’elles, la peau est normale ou infiltrée. Ajoutons que, dans la période de ramollissement et d’ulcération, les malades s’affaiblissent beaucoup et arrivent à la cachexie. D’après Besnier, la terminaison du mycosis est presque toujours fatale.

On ignore, jusqu’à présent, les causes de cette affection. D’après Lancereaux, elle n’est presque jamais congénitale; on la rencontre depuis la première année de la naissance jusqu’à l’âge de 45 ou 50 ans, mais c’est entre huit , et vingt ans qu’on l’observe plus fréquemment et principalement chez les scrofuleux, les rachitique-' c’est-à-dire les individus chez lesquels le tempérament lymphatique prédomine.

On n’est pas fixé non plus sur le traitement de cette singulière maladie, et aucun de ceux qui ont été employés jusqu’à ce jour ne s’est montré efficace. On en est donc réduit à faire le traitement des symptômes, c’est-à-dire à administrer les toniques et les antiscrofuleux. v Paul Labarthe.

MYDRIASE.— La mydriase est la dilatation exagérée et permanente de la pupille. Elle est un des symptômes les plus ordinaires, mais non constants dans les affections connues sous les noms d’amblyopies, d’amauroses. Elle constitue, dans ces cas, un épiphénomène dont le traitement est subordonné a celui de la maladie principale. En dehors de ces conditions, on l’observe dans des circonstances où 1 appareil nerveux de l’œil, les milieux réfringents de l’organe, sont restés sains. On la nomme alors idiopathique. Cette variété se distingue de la précédente, en ce que la vision, devenue très confuse dans l’œil affecté, s’améliore et même se bonifie assez pour permettre la lecture de caractères d’imprimerie ordinaires, lorsque le malade regarde, soit a travers un petit trou dont on perce une carte, soit a travers un verrè convexe de 10 à 45 pouces ue foyer. Ce qui rend la vision mauvaise, c’est l’exageration du diamètre de la pupille, entraînant un changement dans les phénomènes normaux de la refraction de l’œil.

La dilatation de la pupille peut être la conséquence, ou bien d’une paralysie des fibres circulaire! de lins (mydriase paralytique), ou d’une exagéra tion d action des fibres radiées (mydriase spasmodique). La mydriase paralytique se rattache donc ; une paralysie partielle de la troisième paire U rhumatisme peut agir sur le névrilème des nerf ciliaires; c’est ainsi qu’on explique certaines mydria ses survenues après l’action d’un courant d’air sui l’œil. La mydriase a été observée à la suite d’une angine couenneuse; il existait en même temps une paralysie du voile du palais. La mydriase spasmodique peut être occasionnée par la présence de vers dans l’intestin, par l’administration d’un vomitif On a aussi mentionné des faits de mydriase consécutive à des névralgies de la cinquième paire on coexistant avec ces dernières.

Plusieurs auteurs ont signalé des cas de my-

driase intermittente. Les violences ‘extérieur portent sur l’œil même ou sur l’orbite et 68 ^Ul la tête, sont parfois suivies d’une dilatation « , e nente de la pupille (mydriase traumatique) ^

Signalons encore le séjour prolongé dans A cachots ténébreux, l’usage prolongé des insfii tiens de, sulfate d’atropine, dans le but de comb t une affection oculaire, la disparition subite d’ dartre au voisinage de l’œil, la suppression de? menstruation. Il suffit de rappeler les mydria ^ symptomatiques du glaucome, de rhydrophthalmiS et de l’amaurose cérébrale.

Quelques sujets éprouvent, au début, des dou leurs dans la région sus-orbitaire. Chez d’autres lè premier phénomène est le trouble de la vision. Les malades distinguent moins bien les petits objetsils cessent même de pouvoir lire et écrire correctement.

< Lorsque la mydriase est bornée à un seul côté l’œil mydriatique ayant un pouvoir réfringent différent de celui de l’œil sain, le premier fait des efforts d’accommodation qui ont pour résultat d’occasionner des douleurs de la région orbitaire. :

Le trouble de. la vision n’est pas constant, pas plus dans la mydriase congénitale que dans la mydriase acquise.

Lorsque la vision est troublée, on la rétablit dans l’état normal, en prescrivant au malade de regarder à travers un trou plus petit que la pupille dilatée, trou que l’on perce dans une .plaque. de cuivre noircie Ou dans une carte. On arrive aussi au même résultat, en faisant placer devant l’œil affecté un verre convexe d’un numéro moyen. Quelques malades disent voir les objets plus petits de l’œil affecté que de l’œil sain.

La pupille est dilatée. Ce symptôme est facile à apprécier, lorsque la mydriase n’existe que d’un seul côté, parce qu’alors la différence de. grandeur des. deux pupilles frappe de prime-abord. Il l’est moins, en cas de mydriase double, parce qu’il existe de grandes variétés individuelles, sous le rapport du degré .de la dilatation de la pupille, dans l-’état d’intégrité de la vision.

la uuaiailüll COt pw.; ~ .

moins prononcée. Dans tous les cas, la pupille n obéit plus aux alternatives de lumière et d’obscurité, avec cette vigueur que l’on rencontre dans 1 état normal. Lorsque la dilatation est très pr°" noncée, les sujets se plaignent d’être incommodés par une lumière trop éclatante. Le contour de la pupille conserve généralement sa forme arrondie- Abandonnée à elle-même , la mydriase idiopathique ou essentielle peut disparaître spontanément) de même que, traitée par les moyens les plus rationnels, elle subsiste parfois toute la vie; elle peut récidiver après avoir disparu. Dans un grand nombre de cas, 1 affection résiste aux diverses médications, et le malade est condamné à faire usage d un traitement palliatif.

Le diagnostic est facile, car il se réduit à reconnaître si la dilatation de la pupille est une affection ou s* e^e n’est qu’un symptôme d’un état de souffrance de la rétine. On commence par présenter au sujet l’échelle de Jæger, composée de caractères imprimés de grandeur progressive, et on

. aU’eD plaçant le livre à la distance ordinaire de dans l’espace de quelques minutes. L’effet ne per-

centimètres, le malade n’arrive à lire que des siste pas au delà d’un certain temps; il faut revenir

Caractères d’une certaine dimension, le numéro 7 à cette préparation; en continuant l’usage du

ar exemple, et qu'il lui est impossible de lire des médicament pendant plusieurs jours, la pupille

Caractères plus petits. On s’aperçoit aussi que, même reprendra d’une manière définitive ses dimensions

03 ia lecture de caractères d’imprimerie ordi- normales.

Ses le malade a de la tendance à placer le livre Les exercices méthodiques de l’œil mydriatîque à une’ distance plus grande que la distance de la sont avantageux. Un moyen très simple consiste à vision distincte. On présente ensuite au malade contraindre cet œil à lire à une petite distance des ^s caractères imprimés plus gros; il les lit, à une caractères d’imprimerie ordinaires. On force, par

lus grande distance de l’œil affecté que de l’œil cet artifice, la pupille à se resserrer, parce qu’il est

sain Si les deux yeux sont mydriatiques, on cons- de règle que la pupille devient plus petite, quand tate pareillement que la lecture se fait à une plus on fixe des objets rapprochés. En faisant lire au

grande distance que la moyenne normale. Donc malade des caracières d’imprimerie de petites di-

l’acuité de la vision n’est pas diminuée; le sujet est mensions à travers des lunettes à mydriasîs, on

simplement hypermétrope. Reste à rechercher si espère qu’à la faveur d’une action réflexe qui se

cette hypermétropie est réellement le résultat d’une porte de la rétine sur l’iris, la pupille reprendra

exagération du diamètre de la pupille. Pour cela} sa contractilité normale. On a conseillé l’em-

donnez à lire des caractères d’imprimerie ordinaires, ploi de lunettes à verres convexes, de moins en

à travers une plaque de cuivre percée d’un trou plus moins forts, en commençant par le numéro 14

petit que la pupille du côté malade, et placée de- (ancien), et en descendant progressivement au 24,

vant cet œil, a la condition de bien éclairer la page 26. 33, 60, 80, 90. Se fondant sur ce fait que, d'ans

imprimée. Ces mêmes caractères, qui n’étaient vus le mouvement de rapprochement des paupières, la

que confusément à l’œil nu, seront distingués avec pupille se rétrécit, on a aussi conseillé de se livrer a

grande netteté. Introduisez une goutte de solution un exercice qui consiste à ouvrir et à fermer avec

d’ésérine (alcaloïde de la fève de Calabar) derrière force les paupières.

les paupières ; la pupille se resserre promptement ; Lorsque la mydriase ne cède pas aux divers ■dès qu’elle est arrivée à des dimensions plus exi- moyens que nous avons passés. en revue, il convient

guës, le malade lit les caractères d’imprimerie les de recommander, à titre de palliatif, l’emploi de

plus fins. On complète l’examen, en recherchant, lunettes à mydriasis, ou de verres convexes d’un

au moyen de l’ophthalmoscope, s’il n’existe aucune numéro proportionné au degré de dilatation delà

altération, ni de la rétine, ni de la papille optique, pupille. Dr fano..

Le traitement de la mydriase est curatif ou palliatif. L'indication à remplir est de ramener la pu- MYDRIATIQUE. — Qualificatif donné par les ocupille à des dimensions plus exiguës. Les moyens listes aux médicaments qui jouissent de la propriété

-employés agissent, soit en stimulant la contractilité de dilater les pupilles. Le plus usité est l 'atropine

des fibres circulaires (mydriase paralytique), soit (Y. ce mot). p. t.

en modérant l’excès de contractilité des fibres

rayonnées (mydriase spasmodique). La plupart MYÉLITE. — La myélite est l’inflammation de des médications usitées dans la paralysie de la la moelle. Elle peut être aigue ou chronique .

troisième paire trouvent leur place; quelques Myélite aiguë. — La myélite aiguë est l’inflamautres sont plus spéciales à la mydriase et méritent mation aigue de la névroglie ou du tissu conjonctif d’être mentionnées ici. Lorsque îa dilatation de la qui entre dans la structure de la moelle. LeS trapupille n’est pas accompagnée de symptômes con- vaux de Charcot et Jofifroy ont démontré que les gestion nels, on emploie avec avantage les divers éléments nerveux eux-mêmes, cellules et tubes nerstimulants locaux : embrocations sur l’orbite avec veux prennent part à la phlegmasie. préparations aromatiques, éthérées, ammoniacales; La myélite aiguë est surtout produite par les vésicatoires sur la paupière supérieure avec la pom- blessures de la moelle ou parles altérations des made de Gondret; attouchements de la paroi mu- vertèbres dont le voisinage irrite la moelle. En flueuse des paupières, tous les deux jours, avec un dehors de ces causes bien déterminées, il est diffi-

crayon de suif , te de cuivre; cautérisation, sur la cir- cile de lui en assigner d’autres même simplement

conférence de la cornée, avec un crayon de nitrate probables; on a prétendu que les excès de coït, les

argent taillé en pointe; sternutatoires. J’ai obtenu changements brusques de température, les mala-

yexcellents résultats, dans un cas de mydriase dies de vessie, pouvaient engendrer des myélites

théhm-atiC,Ue’ d’une pommade à l’extrait gommeux aiguës, mais c’est fort douteux.

naïque, au cinquième, à introduire entre les Les symptômes delà myélite aiguë se déduisent Eett^iere>S’ conmie un pois, deux fois par jour, très exactement des propriétés physiologiques du lanrf PréParati°n est beaucoup plus active, que le segment de la moelle qui est intéressé; ils consisnanum de Sydenham. tenten : 1° fièvre; 2° douleurs; 3° troubles du mou-

fève^61^*! ergoté a ®té aussi employé. L’extrait de vement; 4° troubles de la sensibilité ; 5° troubles est l’ait ni - jbar’ surtout la solution d’ésérine, qui nutritifs.

ïnconiest °hi de fève de Calabar> a une efficacité 1° La fièvre est à peu près constante, sans carac-

cédents5 rr Ct bien suPérieure aux agents pré- tère spécial.

■suffisent ne 011 deux S°uttes de cette solution 2° Les douleurs sont vives; leur foyer correspond

Pour diminuer le diamètre de la pupille 1 au segment de la moelle qui est malade; delà elles

onnairb populaire tm Médecin

MYO

s’irradient soit en ceinture, soit dans les membres ; elles suivent, en un mot, le trajet des nerfs dont les racines émergent des parties malades.

3? Troubles de la motilité. — Ils consistent en une paralysie qui occupe toute la moitié du corps située au-dessous de la zone médullaire enflammée; c’est ce que l’on nomme une paraplégie.

La paraplégie, est bornée aux membres inférieurs, aux muscles de l’abdomen, à la vessie et au rectum lorsque la myélite occupe la région dorso-lombaire; quand c’est le centre cilio-spinal (de là cinquième vertèbre cervicale à la sixième dorsale), la paraplégie, frappe les membres .supérieurs; de plus, comme de ce centre partent des filets nerveux qui se rendent au cœur et à la pupille, il se produit des palpitations de cœur, une dilatation de la pupille, puis un rétrécissement.

Enfin, si la myélite occupe cervicale de la moelle, outre du tronc et des membres, on observe la dysphagie et de la dyspnée.

Lesmouvements réflexes sont dans la partie du^eorps située au-dessous de la région malade, car les impressions sensitives ne pouvant arriver au cerveau se transforment en mouvements dans la moelle elle-même; si après quelques jours on constate la disparition de ces mouvements réflexes, il faut en conclure que la myélite descend progressivement et a détruit la partie inférieure de la moelle.

Les. convulsions et contractures sont fréquemment observées, surtout lorsque les méninges, sont en cause et qu’il existe une méningo-myélite.

4° Troubles de la sensibilité. — Ils comprennent d’abord les douleurs dont nous avons déjà parlé, puis se sont des sensa-

naire, mais les parties’détruites ne se séparent il en résulte une paraplégie définitive. Pas>

Son traitement, est )le même que celui de la ï ningite aiguë (Y. Méningite). "r '

Myélite chronique. — (Y. Sclérose.)

D1 Léon Moynac. ■

MYLO-HYOÏDIEN. — Nom donné par les anatomistes à un muscle de la région sus-hyoïdienne' large et mince, qui constitue la paroi inférieure dé la cavité buccale ou plancher de la bouche. Il s’in. sère, en haut, à la ligne oblique de la face interne de l’os maxillaire supérieur; et en bas, au bord supérieur de l’os hyoïde. Ce muscle élève le plancher de la bouche, applique la langue sur la voûte palatine et joue, par conséquent, un grand rôle

(La glande s

lions étranges de fourmillement, d’en- 12. Muscle myio-hyoïdien.

gourdissement; l’hyperesthésie est assez rare, cependant, parfois, le moindre contact éveille dans l’autre membre des sensations douloureuses : on a considéré ce phénomène comme un symptôme propre à la myélite; l’anesthésie est bien plus commune, elle occupe en général les parties paralysées. Il n’est pas rare d’entendre les malades se plaindre de régions complètement insensibles à toute excitation directe, c’est ce que l’on nomme l’anesthésie douloureuse.

n° Troubles nutrit.ijs. — La myélite aiguë détermine très rapidement un affaiblissement considérable dans la nutrition, aussi voit-on se produire des eschares, de l’œdème, et la moindre excoration suffit pour déterminer des plaques de gangrène. .

Charcot a décrit sous le nom de myélite centrale ou ascendante une forme de myélite qui se traduit par de la paraplégie, de l’anesthésie, etc. mais dont le caractère principal est une' tendance à s’élever vers la région cervicale, il en résulte une paralysie ascendante rapidement mor telle.

Habituellement mortelle en quelques jours la myélite aiguë peut, par exception, rester station-

ms-

% Muscle masséter. — 8. Artère . mig

1,1. Artere faciale aceompagnéet’par la veine faciale. —3. Expansion apone vrotique etendue du bord antérieur du muscle sterno-mastoïdien à l’angli de la mâchoire, et séparant la glande parotide de la glande sous-maxil laire. i. Grande parotide. — 5,5'. Muscle . digastrique. —6. Artère carotide T.7' Artfre carotide 'primitive. — 9. Veine jugulaire interne. hy,0lde;-11- Nerf Srand hypoglosse. - 13. Muscle stylo-hyoïdien. - 14. Muscle sterno-mastoïdien. - 15. Muscles sterno-hyoïdien et thyro-hyoï-

dans le premier temps de l’acte delà déglutition (V, ce mot). P L.

MYOME. — On désigne sous le nom de miome, des tumeurs bénignes formées par du tissu musculaire. On en distingue deux variétés : les myomes a fibres striées et les myomes à fibres lisses, correspondant aux deux classes de fibres musculaires des mêmes noms. Les premiers sont extrêmement rares, aussi n’en dirons-nous rien. Quant aux myomes à fibres lisses, ils sont très fréquents et comme leur siège de prédilection est l’utérus, nous renvoyons le lecteur à l’article utérus, où ils seront étudiés tout au long. P# l.

MYOPIE. — Le mot myopie vient de imetv, cligner œil, parce que les myopes rapprochent les pan* pières pour distinguer les objets éloignés.

Dans un œil^normal ou emmétrope, les obje 3

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MYO

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• sont placés à la distance de 30 centimètres Aviron, forment leur image sur la couche des bâets 'de la rétine. Il est des yeux organisés de façon à ce que l’image de ces objets, placés à la même distance, se forme au devant de la rétine : la vision est alors confuse ou même impossible à cette distance. Si on rapproche l’objet de l’œil, l’image se forme plus en arrière, c’est-à-dire sur la rétine, et la vision est nette : telles sont les conditions dans lesquelles se trouvent les yeux myopes.

Quel est l’état de l’œil chez les myopes? — On a expliqué la myopie par un état anormal des milieux réfringents de l’œil, ou par une exagération dans le diamètre antéro-postérieur de l’organe : convexité exagérée de la cornée, épaisseur trop considérable de cette membrane, excès de densité d’un seul ou de tousles milieux transparents de l’œil, convexité trop prononcée du cristallin,; axe optique trop allongé, soit primitivement, soit consécutivement à l’action incessante des muscles de l’œil, que celui-ci soit normal, ou que le segment postérieur ait subi un amincissement qui ait diminué la résistance de cette portion de l’organe à l’action des cordes motrices qui l’entourent. On a prétendu à tort qu’on trouve chez presque tous les myopes, neuf fois sur dix, un staphylôme postérieur. Chez la plupart des myopes que j’ai examinés à l’ophthalmoscope, j’ ai trouvé le pigment choroïdien disposé sous ; forme de lignes ou de taches irrégulières bien accentuées. Cela prouve que la myopie essentielle est rare; qu’il existe, chez les myopes, d’autres conditions anatomiques qu’un simple trouble de la réfraction, ou que du moins celui-ci s’accompagne d’une altération de la membrane sentante de l’œil. Effectivement, on s’assure que, chez la plupart des myopes, 1 ’ acuité de la vision a diminué plus ou moins notablement.

La myopie peut être congénitale et héréditaire, b’autres fois , elle se développe à l’âge de la puberté; elle succède alors communément àl’application suivie des yeux sur des objets petits et rapprochés; soit que, par suite d’une accommodation forcée et continuée longtemps, l’œil s’allonge d avant en arrière, sous l’influence d’une contraci°n prolongée des muscles de l’organe; soit que, Par le fait d’une congestion rétino-choroïdienne, fes milieux réfringents acquièrent un indice de rétraction plus considérable que dans l’état normal.

La myopie paraît être plus commune chez les garçons q ue chez les filles, Chez les hommes que

ez *es. femmes. Elle est plus fréquente dans la soc‘Ur °û ^es v*^es et dans la classe aisée de la dan6 1 ^Ue c^ez *es habitants des campagnes et les S ^6S c^asses pauvres. Elle est très rare chez Ten?eu^es nomades. Toutes ces circonstances prourôle r ^ ^ravad assidu des yeux joue un grand

t üans ie développement de la maladie, ehe’ m^°Pes 0Qt souvent des yeux proéminents ; 3ntérieUX’ *ac°rnée est plus bombée, la chambre plus JT3 Profonde, la pupille large. L’œil est est T>arP°S-’ ^US Estant à la pression. Le regard ce nui r 1S S?ns exPression, comme hébété et vague, distan ce ^ a ^ que le suîetne voit qu’à une faible et qu’il paraît étranger à ce qui l’entoure.

Quand on présente une feuille imprimée en caractères ordinaires à un myope, celui-ci la rapproche des yeux, d’autant plus que la myopie est plus prononcée. Dans les cas de myopie exagérée, le süjet serait forcé de se rapprocher tellement du livre, qu’il intercepterait la lumière. Alors il place le livre de côté, et ne lit que d’un œil, pour permettre à la lumière de tomber obliquement sur l’objet qu’il regarde. Les myopes emploient plusieurs artifices pour distinguer les objets éloignés: le plus communément, ils resserrent l’orifice interpalpébral, en rapprochant, jusqu’à un certain degré, les paupières l’une de l’autre. De cette façon ils masquent la partie périphérique de la pupille; celle-ci n’admet plus que les rayons centraux.

L’application de l’extrait de fève de Calabar sur la conjonctive de sujets myopes, en rétrécissant la pupille, produit le même effet. En comprimant le globe d’avant en arrière, à travers la paupière supérieur, avec la pulpe du doigt, les myopes raccourcissent l’œil dans son diamètre antéro-postérieur ; ils avancent l’écran, représenté par la rétine, de l’ouverture de la chambre noire que représente l’œil, c’est-à-dire de la pupille, et ils arrivent aussi à mieux distinguer les objets éloignés.

La myopie existe à un degré plus ou mains prononcé : d’où trois variétés : la myopie faible latente, qui permet de distinguer assez bien les objets éloignés, et très nettement les objets rapprochés ; la myopie moyenne, qui ne permet de voir distinctement que les objets rapprochés; la myopie forte, dans laquelle il est impossible de lire avec les deux yeux simultanément, parce que le livre doit être tellement rapproché, qu’une somme suffisante de lumière n’arrive plus sur la page imprimée, et que les deux axes optiques ne peuvent plus se rencontrer à cette faible distance; le sujet ne se servant le plus souvent que d’un seul œil, l’autre reste dans l’inaction, et la sensibilité de la rétine diminue;

L’impossibilité de voir les objets éloignés, sans que les yeux soient armés de verres, concaves, est le signe pathognomonique de la myopie. Cette épreuve pérmet de différencier la myopie de Yamblyopie ; dans cette dernière, les verres concaves, au heu d’améliorer la vision, la rendent trouble.

La myopie essentielle étant relativement rare, il convient de rechercher s’il n’existe pas une véritable diminution dans l’acuité de la vision, et si les membranes profondes de l’œil n’offrent pas quelque altération.

Il ne suffit pas de reconnaître qu’un sujet est myope. Il faut déterminer le degré de la myopie, c’est-à-dire la distance exacte de la vue distincte du myope , afin de choisir le numéro des verres concaves .qu’on lui fait porter. Dans ce but, on peut, pour arriver à une mesure exacte, se servir de Yoptomètre. Dans la pratique, on se contente de présenter au sujet des caractères d imprimerie de grandeur ordinaire, et de mesurer la distance entre les yeux et la page imprimée, pour que la lecture soit facile. De cette façon, on constate aussi très bien, si le degré de myopie est le même poulies deux yeux; il suffit de faire fermer alternativement chacun d’eux pendant la lecture. On peut, du reste, varier les épreuves, en faisant lire des carac-

tères plus petits, à la distance ordinaire, et de grands caractères, ceux d’affiches, par exemple, placées de l’autre côte de la rue.

La myopie essentielle diminue avec l’âge. Beaucoup de sujets qui se servaient de verres concaves dans la jeunesse, y renoncent complèlement dans l’âge mûr. Parfois même l’œil devient hypermétrope. Il n’en est pas de même de la myopie liée à quelque altération des membranes profondes de l’œil; celle-ci s’accroît, ou tout au moins s’accompagne, à une certaine période, d’une diminution plus ou moins notable de l’énergie visuelle ; alors les verres concaves n’améliorent plus la vision que médiocrement.

Le pronostic est subordonné à l’état des parties profondes de l’œil, au degré d’acuité de la vision. La myopie essentielle est bien moins grave que celle qui est accompagnée d’une scléro-chorbïdite postérieure, d’une choroïdite congestive ou atrophique.

Le traitement palliatif consiste à faire porter des verres concaves d’upe force appropriée à la myopie. Il faut conseiller aux myopes d’avoir deux paires de lunettes d’un numéro différent, des verres plus faibles pour voir de près, des verres plus forts pour voir plus loin. Au delà d’une certaine distance, certains myopes ne trouvent plus de verres concaves pour voir distinctement, et ils sont obligés de se servir d’une petite lorgnette de théâtre.

Divers moyens ont été proposés pour guérir la myopie : le resserrement de la pupille par des frictions sur l’orbite avec la teinture concenlrée de gingembre ou de poivre , ou par l’instillation de l’extrait de fève de Calabar; l’aplatissement de la cornée obtenu en comprimant le miroir oculaire par les paupières un peu rapprochées et attirées très légèrement en dehors avec le doigt appuyé sur la commissure externe.

L’exercice méthodique des yeux a plus d’importance. On le pratique de diverses manières. Un moyen très simple consiste à faire lire des caractères d’imprimerie de dimension constante, en les éloignant tous les jours un peu plus des yeux. On peut aussi prescrire la lecture des caractère d’imprimerie, d’une grandeur immuable, en se servant de verres concaves de moins en moins forts.

Lorsque la myopie est récente, qu’elle a succédé à une application trop prolongée des yeux sur de petits objets, qu’elle paraît la conséquence d’une congestion rétino-choroïdienne, on prescrit la cessation de tout travail pendant un certain temps; l’abstention de lunettes à verres concaves, l’exercice en plein air, des promenades à pied et à cheval dans la campagne, où la vue se repose sur des objets éloignés et à grandes dimensions.

Partant de ce fait, que certaines myopies sont dues à une élongation de l’axe antéro-postérieur de l’œil, élongation produite par la contraction exagérée des muscles qui entourent l’organe, ou par une brièveté primitive de ces cordes motrices, quelaües chirurgiens ont proposé et exécuté la section de quelques-uns de ces muscles. Dr fano.

MYOSIS. — On donne ce nom au resserrement exagéré de la pupille. Tantôt ce resserrement est

permanent; d’autres fois il se montre sous form d’accès, cette dernière forme, désignée par mj, ques auteurs sous le nom à'hippus, est propre a»' hypocondriaques, aux femmes hystériques. *

Le myosis ne se montre pas seulement dans ce dernières conditions. Il succède parfois aux ophthat* mies inlernes ; il peut être congénital. On l’attribué à l’application habituelle des yeux -sur de petits objets, surtout quand ceux-ci sont fortement éclairés. C’est ainsi qu’on explique le développe, ment du mal chez les brodeurs, les horlogers, les monteurs de bijoux. Le resserrement de la pupille étant la conséquence d’une prédominance d’action des fibres circulaires sur les fibres rayonnées de l’iris , on comprend l’idée de mettre le point de départ du myosis sur le compte d’une affection du cordon cervical du grand sympathique qui préside aux contractions des fibres rayonnées.

Le myosis accompagne parfois l’atrophie des nerfs optiques, bien que dans ces cas la mydriase soit la règle.

Le myosis atteint simultanément les deux yeux. Il présente, en général, de nombreux degrés, depuis unelégère diminution dans le diamètre de l’ouverture pupillaire, jusqu’à une étroitesse telle, qu’il serait impossible d’y faire passer une aiguille. La pupille ne présente plus des alternatives de resserrement et de dilatation, sous l’influence du jeu de la lumière et de l’obscurité. L’état de la vision est d’ailleurs très variable, selon que le myosis est essentiel, ou qu’il se rattache à d’autres altérations de l’œil; suivant encore le degré de resserrement de la pupille.

On ne confondra pas le myosis avec l’atrésie de la pupille, parce que, dans le premier cas, le contour de l’ouverture est régulier, que la dilatation artificielle de la pupille par l’atropine permet de reconnaître qu’il n’existe aucune adhérence avec la capsule du cristallin.

Le traitement du myosis est subordonné à sa cause. Dr fano.

MYOSITE. — On donne le nom de myosite à l’inflammation des muscles. Cette inflammation peut être primitive ou secondaire.

Les causes ordinaires de la myosite primitive sont les plaies, les contusions, les ruptures souscutanées des muscles, et enfin les grandes fatigues qui prédisposent beaucoup aux suppurations, ainsi qu’on a souvent lieu de l’observer chez les animai surmenés.

Les . myosites secondaires ou symptomatiqueS sont aiguës et suppurées ou ch roniques et fibreuses- Les premières surviennent dans le cours des maladies septiques ou virulentes (infection purulente, fièvre typhoïde, fièvres éruptives, ictère graV&> morve et farcin). Les secondes se développent Par irritation de voisinage, autour d’os nécrosés, d articulations fongueuses, par le contact du pus. ain® que cela s’observe pour le muscle psoas il‘aï , dans le mal de pott ; dans ce cas la myosite e> souvent suppurée.

La myosite aiguë survenue à la suite d’eff01*s’ de contusions, etc., se traduit par une douleur >, et assez vive au niveau des muscles enflant

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