ODE
Peau. — L’odeur des enfants nourris au biberon rappelle celle du beurre fort, tandis que celle des enfants élevés au sein est beaucoup plus douce.
A la puberté, odeur du bouc, symptôme de la « fièvre séminale », de Bord eu.
Dans l’ictère, odeur musquée; dans la scrofule, odeur de bière aigre; dans le diabète, odeur d’acétone ; dans la; {teste, odeur mielleuse ; dans la dyssenterie, odeur fécale ; dans le typhus, odeur de souris; dans la fièvre puerpérale, odeur vinaigrée; dans la fièvre de famine, odeur de putréfaction ; dans le rhumatisme, aigu, odeur aigrelette pénétrante; dans la suette, odeur de paille pourrie; dans la variole, odeur de moisi ; dans la teigne fâveuse, odeur d’urine de chat.
Urine. — L’odeur ammoniacale sé change parfois en odeur dé macération anatomique, annonçant souvent la gangrène de la vessie, et la mort. Dans l'albuminurie, odeur de pain bouilli ou de bouillon de veau. .Dans le diabète, odeur particuculière de foin coupé, ou de petit-lait aigri.
L’odeur de l’urine décèle, selon ses variétés, l'ingestion du phosphore, de l’asperge, du copahu, du cubèbe, térébenthine, safran, musc, benjoin, genièvre, valériane, castoréum, cumin, eucalyptus, assa fœtida, etc. Ces diverses odeurs passent dans le produit de la miction plus ou moins modifiées, mais faciles a reconnaître aux nez instruits.
Haleine nasale. — Elle permet de distinguer . non seulement Tozène, mais ses diverses variétés.
Crachats. — Leur odeur distingue la gangrène, le cancer, l’hémorragie des poumons; les diverses bronchites, etc., etc.
Haleine buccale et air expiré. — Son odeur est fort utile dans le diagnostic des fièvres, des empoisonnements, du diabète, des maladies du foie, de l’appareil uro-génital et de l’estomac ; de la phthisie, gangrène pulmonaire, bronehorrée, maladies de la bouche et des dents, etc.
Je n’e.i finirais pas si je voulais seulement montrer l’importance de l’olfaction en chirurgie (pus, gangrène), et en médecine (odeurs des éructations, vomissements, défécation, odeurs génitales desdeux sexes, etc.).
Pus. — L’odeur du pus, dans le pansement de Guérin, diffère beaucoup de celle du pus exposé à l’air libre. Elle rappelle la senteur fade des pièces anatomiques macérées, tandis que dans le pus exposé à l’air libre, l’odeur est plus piquante.
Dans les ulcères calleux, la suppuration répand une odeur très fétide, parce que les callosités subissent un travail de sphacèle véritable ; il en est de même pour certaines ulcérations particulières Celles dues au farcin et à la morve, par exemple! Dans les brûlures, la suppuration est infecte pour une raison analogue : la putréfaction s’empare de nombreux détritus frappés de mort, que la suppuration entraîne avec elle.
Le pus des abcès froids s’altère très vite après l’ouverture de ces cavités; cela tient à son acidité due à l’acide lactique, et à son origine, souvent osseuse. Dupuytren attachait à l’odeur du pus osseux une grande importance diagnostique. Le pus des abcès, dans la nécrose phosphorée, possède uue senteur particulière, aUiacée, qui annoncerait,
d’après Bibra et Geist, la première période de cette maladie.
Le pus emprunte aux divers organes qu’il occupe ou avoisine leur odeur spécifique. Dans les abcès chroniques du foie, il répand, en général, une senteur ammoniacale de bile putrifiée. Cette odeur bilieuse se retrouverait aussi dans le pus de. la fin des anthrax, d’après Cheselden; c’est peut-être aussi à des principes biliaires qu’il faudrait attribuer l’odeur spéciale que Girard a prêtée à la supuration bleue.
L’écoulement de la balano-posthite simple possède une odeur sui generis que Melchior Robert compare à celle du poisson gâté. Toute différente et plus désagréable encore est l’odeur du séro-pus exhalé par les plaques muqueuses balano-préputiales. Les végétations du pénis, les ulcérations du gland, dues à des chancres ou à l’herpès, fournissent une suppuration caractéristique dont l’odeur, très repoussante, est analogue à celle du vieux fromage de Roquefort. Quant aux productions végétantes de nature cancéreuse, elles se distinguent des végétations simples par l’odeur infecte et caractéristique de l’ichor cancéreux.
Dans les otites externes, la suppuration, d’abord fade et nauséeuse, devient pénétrante et fétide à mesure que les lésions s’accentuent (ulcérations syphilitiques secondaires ou tertiaires du conduit auditif). Dans les otites moyennes, la fétidité de l’écoulement indiquerait souvent, nous dit Duplay, des lésions osseuses des parois de la caisse.
Le pus confinant des organes du tube digestif contient souvent des gaz dont l’odeur rappelle si exactement celle des organes voisins, que l’on peut, dit Velpeau, avec un odorat exercé, distinguer presque infailliblement le pus de la bouche, du gosier, des voies aériennes, et des différentes portions du tube intestinal.
Dans les abcès de l’amygdale, l’odeur sanieusè du pus, dont l’expulsion dégoûte tant le malade, et qui parfois est le seul symptôme de l’ouverture de ces abcès, intrigue beaucoup Niemeyer, si prompt, d’habitude, à tout interpréter. « On ne s’explique pas, dit-il, la cause de l’odeur extraordinairement fétide d un pus enfermé de tous côtés ët à l’abri du contact de l’air. » Cette odeur tient évidemment à la prolifération active des tonsiles et à la macération incessante dans le pus de leurs détritus épithéliaux abondants et de leur sécrétion caséiforme normale.
Le pus de la pourriture d’hôpital, riche en v Dirons, possède une odeur putrilagineuse âcre 1 fetide, sui generis, une de ces odeurs où riei comme le dit Vidal (de Cassis), ne peut remplaci 1 expérience, et qu’on ne peut ni définir ni con parer. On peut rapprocher de cette odeur « pourri et puante, de iéteur cadavéreuse » (A. Paré), 1< ulcérés dus au scorbut, qui exhalent une odeur : repoussante et si méphitique, qu’elle occasionr parfois chez le médecin, des nausées et des vomi: sements (Blanchard, Vinson), etc., etc.
our plus de détails, je ne peux que renvoyer mon livre : (Les odeurs du corps humain dai l état de santé et dans l'état de maladie, Paris, 1886
Dr E. MoniN.
OEIL
ŒIL
ODONTALGIE. — Mot synonyme de névralgie dentaire (Y. Dents). P. L.
ODONTOÏDE. — Nom donné par les anatomistes à la saillie ou à l’apophyse qui surmonte le corps del 'axis, et qui sert de pivot pour les mouvements de la tête (V. Axis). P. L.
ODONTOLOGIE. — Nom donné à cette partie des sciences médicales qui traite des maladies du système dentaire. P. L. .
ODORAT. — L’odorat est le sens destiné a percevoir l’impression des odeurs (Y. Olfaction).
ŒDÈME. — (V. Eydropisie.)
ŒIL. Anatomie —L’œil, ou globe oculaire, est l’organe essentiel par lequel s’exerce le sens de la vue (V. Vision). Il a la forme d’une sphère presque régulière, présentant une légère saillie à sa partie antérieure. Son diamètre antéro-postérieur est de 24mm,6, son diamètre transverse de 23mm,9, et son diamètre vertical, de 23mm,5. Chose remarquable, les dimensions de l’œil de l’enfant ne diffèrent que de 2 à 4 millimètres de celui de l’adulte. L’œil de la femme est généralement un peu plus petit que celui de l’homme. Mais il existe peu de différences réelles dans le volume de l’œil entre les divers individus; les différences apparentes, qui sont si accusées, se rattachent principalement à la. saillie plus ou moins grande du globe de l’œil et au degré d’ouverture des paupières.
On appelle axe de l’œil une ligne passant par son centre et le centre de la cornée. Les deux extrémités de cet axe sont les pôles de l’œil. On nomme équateur de l’œil un plan vertical et transversal perpendiculaire à son axe, qui divise le globe de l’œil en deux hémisphères. Enfin, on nomme méridien de l’œil, des plans conduits par son axe.
Le poids du globe de l’œil est en moyenne de | 7 grammes et demi.
Cet organe est placé dans la partie antérieure de Vorbde, à 20 millimètres au-devant du sommet de cette cavité, un peu plus près de la paroi inférieure que de la paroi supérieure et de la paroi interne que de l’externe, derrière les paupières qui le protègent.
L’œil est composé de membranes superposées et de parties centrales. On a coutume de dire les membranes et le milieu de l’œil.
Membranes de l'œil. — Elles sont au nombre de trois', et sont ainsi disposées- de dehors en dedans :
1* Membrane fibreuse ou sclérotique et cornée (Y. ces mots) ;
2° Membrane vasculaire ou musculaire, ou choroïde et iris (V. ces mots) ;
3* Membrane nerveuse ou rétine (V. ce mot). Milieux de l’œil. — Us sont liquides ou solides; si l’on traverse le globe avec une aiguille d’avant en arrière, on trouve derrière la cornée :
1* La chambre intérieure, remplie par l’humeur aqueuse ;
2* La pupille (V. ce mot), et la prétendue chambre postérieure ;
3° Le cristallin (V. ce mot);
4° Le corps vitré, derrière lequel on voit la rétine (V. ces mots).
Fig. 938. — Coupe antéro-postérieure de l’œil.
1. Nerf optique. — 2. Gaine du nerf optique. — 3. Cornée. — 4,4. Sclérotique. — S, 5. Canal de Fontana. — 6,6. Choroïde.
— 7. Portion antérieure de la membrane de l’humeur aqueuse.
— 8. Portion postérieure de la membrane de l’humeur aqueuse.
— 9,9. Corps ciliaire — 10. Procès cil aire. — 11. Iris. — • 12. Pupille. — 13,13. Rétine. — 14,14. Membrane hyaloïde. — 15.15. Portion ciliaire de la membrane hyaloïde. — 16,16. Zone de Zinn. — 17. Adhérences de la zone de Zinn avec la capsule cristalline. — 18. Canal de Petit. — 19. Cristallin. — 20 Capsule cristalline. — 21. Corps vitré. — 22. Chambre antérieure.
— 23. Chambre postérieure.
Muscles de l’œil. — Les muscles de l’œil sont au nombre de sept. Six sont destinés au globe oculaire ; le septième, à la paupière supérieure. Parmi les six premiers, quatre sont appelés muscles droits, et deux muscles obliques, d’après leur direction.
Releveur de la paupière supérieure. — Ce muscle s’insère par son point fixe à la face inférieure de la petite aile du sphénoïde, près du sommet de l’orbite. De là, il se porte en avant en suivant la paroi supérieure de l’orbite, et vient s’épanouir par un large tendon. Ce large tendon constitue son insertion mobile ; il se fixe au bord supérieur du cartilage tarse, et par ses deux extrémités à la partie externe et à la partie interne de la base de l’orbite.
Muscles droits de P œil. — Au nombre de quatre, ces muscles, d’après leur situalion, portent les noms de droit supérieur, droit inférieur, droit interne et droit externe.
Ils s’insèrent tous en arrière, autour du trou optique et sur la gaine fibreuse du nerf optique, au niveau de ce trou. Les droits supérieur, inférieur et externe paraissent naître d’un petit anneau fibreux, anneau de Zinn, que quelques auteurs considèrent comme une bifurcation du tendon du muscle droit externe. De là, les muscles dr..its se portent en avant et se divisent au niveau du globe oculaire, en deux tendons, l’un oculaire et l’autre orbitaire.
Le tendon- oculaire traverse le feuillet oculaire de l’aponévrose de l’orbite et se porte, en se coudant légèrement, sur la face externe de la. scléro-
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tique avec laquelle il confond ses fibres. Ace niveau, la sclérotique est amincie et séparée de ces tendons par un tissu cellulaire très lâche, transformé quelquefois en bourse séreuse. Le tendon du droit supérieur s’insère à la sclérotique, à 8 millimètres en arrière de la cornée, le droit externe à 7, le droit inférieur à 6, et le droit interne à 5.
Le tendon orbitaire se confond avec l’aponévrose orbitaire et va s’insérer avec ses ailerons ligamenteux à la base de l’orbite. Parmi ces tendons, ceux des muscles droit interne et droit externe sont très résistants; ils s’insèrent aux extrémités du diamètre transversal de la base de l’orbite; celui du droit supérieur s’insère à la partie supérieure de cette base par un tendon mince et large; enfin celui du droit inférieur se porte dans l’épaisseur de la paupière inférieure.
D’après ces détails, il est facile de comprendre que chaque muscle entraîne la pupille de son côté, en faisant tourner le globe oculaire dans la coque fibreuse que lui forme l’aponévrose orbito-oculaire.
Muscle grand oblique. — Le muscle grand obli-
Fig. 939. — Muscles de l’œil.
ï. Globe oculaire. — 2. Muscle relevenr de la paupière supérieure attiré en avant. — 3. Muscle droit interne. — 4. Muscle droit supérieur. — 5. Muscle droit externe. — 6. Muscle petit oblique. — 7. Muscle grand oblique — 7. Tendon du muscle grand oblique. — 8. Section de l’orbite — 9. Chiasma des nerfs optiques. — 10. Artère carotide interne — il. Nerf trijumeau. 12. Nerf moteur oculaire commun.
que, ou oblique supérieur, s’insère par son point fixe en dedans et au-dessus du trou optique, et sur la gaîne du nerf optique.
Il seporte en avant vers la partie interne de l’ar¬
cade orbitaire, où il devient tendineux. Arrivé p il glisse dans la poulie cartilagineuse située à c’ niveau, au moyen d’une synoviale, et se réfléchu pour se porter, en s’élargissant, à la partie postérieure et externe du globe oculaire, sur lequel il s’insère.
Il porte son point d’insertion mobile vers la poulie de réflexion, et par conséquent, la pupüie en bas et en dehors.
Muscle petit oblique. — Le petit oblique, ou oblique inférieur, est large et court. Il s’insère par son point fixe sur le plancher de l’orbite, près de sa base et du sac lacrymal, et prend même quelques insertions sur la paroi du sac lacrymal. De là ses fibres se portent en arrière et en dehors, pour s’insérer à la face externe de la sclérotique, au-dessous du tendon du grand oblique.
Ce muscle porte le point mobile vers le point fixepar conséquent, il porte la pupille en haut et en dehors.
Les deux obliques réunis forment une ceinture musculaire entourant obliquement la partie posté-
Muscles de l’œil et aponévrose orbito-palpébro oculaire.
1. Pourtour osseux de l’orbite. - 2,2. Portion palpébro-oculaire de 1 aponévrose, vue par sa face antérieure. — 3. Muscle grand oblique. — 4. Muscle droit supérieur. —5. Muscle droit inférieur. - 6. Muscle droit interne. — 7. Muscle droit externe. - 8. Globe oculaire.
neure et externe du globe oculaire. Cette ceinture est fixée par sa partie moyenne à la sclérotique; par ses extrémités, elle correspond à la partie interne du rebord orbitaire supérieur et du rebord orbitaire inférieur. Ces deux muscles ont pour mission de faire mouvoir le globe oculaire en sens inverse de la tête, quand celle-ci s’incline.* Ces mouvements ont pour but de conserver un rapport constant entre l’objet que l’on regarde et l’image que cet objet forme sur la rétine : car si les globes oculaires suivaient les mouvements de la tête, il y aurait de la diplopie pendant les mouvements d’incLnaison.
D après ces détails, on comprend facilement que» dans 1 inclinaison de la tête à droite, il est indispensable que le grand oblique droit et le petit oblique gauche se contractent pour que les yeux ne suivent pas le mouvement de la tête; de même que le grand oblique gauche et le petit oblique
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droit se contracteront lorsque la tête s'inclinera à
^Vaisseaux de l’œil. — Le sang arrive au globe oculaire par les artères, comme dans tous les organes de l’économie. Les artères donnent naissance à des capillaires, d’où partent les veines.
Toutes les artères de l’œil viennent de l’artère ophthalmique ou de ses branches ; toutes les veines se rendent dans la veine ophthalmique ou dans auelques-uns de ses branches. Ces vaisseaux appartiennent presque tous à l’appareil d’adaptation, c’est-à-dire à la choroïde et à l’iris.
Artères. — Les artères du globe oculaire sont : 1» la centrale de la rétine ; 2° les ciliaires courtes postérieures ; 3° les ciliaires longues postérieures ; 4° et les ciliaires courtes antérieures. Les trois premières sont fournies par le tronc de l’ophth algique; les dernières viennent des musculaires,
branches de l’ophthalmique.^
1» Artère centrale de la rétine. — (Y. Reüne.)
2° Artères ciliaires courtes postérieures. — Ces artères, au nombre de quinze à vingt, sont fournies par le tronc de l’ophthalmique. Elles traversent la sclérotique autour du nerf optique, et pénètrent ensuite la choroïde pour se distribuer à cette membrane. Ces artères affectent une direction postéroantérieure; elles se terminent dans la choroïde et jusqu’aux procès ciliaires ; elles fournissent peu de branches à l’iris (V. Choroïde).
3» Artères ciliaires longues postérieures. — Ces artères sont au nombre de deux. Elles traversent
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liaire, et leurs deux branches de bifurcation se portent en haut et en bas, vers celles du côté opposé, pour concourir à la formation du grand cercle artériel de l’iris, qui est complété par les ciliaires courtes antérieures.
4° Artères ciliaires antérieures. — Parties des artères musculaires, les artères ciliaires antérieures pénètrent la sclérotique à la partie supérieure et à la partie inférieure, au niveau des tendons des muscles droits supérieur et inférieur. Elles sont au nombre de trois ou quatre de chaque côté. Après avoir traversé la sclérotique, ces artères s’anastomosent au niveau du muscle ciliaire, à la grande circonférence de l’iris, avec les branches de bifurcation des artères ciliaires longues postérieures et forment avec elles le grand cercle artériel de l’iris. Du grand cercle artériel naissent une grande quantité de rameaux se portant vers la pupille, où ils. forment parleurs anastomoses le petit cercle artériel de l’iris.
Veines. — Les veines qui rapportent a la veine ophthalmique le sang du globe oculaire viennent
Fig. 941; — Artères de l’œil.
1. Artères ciliaires courtes postérieures. - 2,3. Artères longues postérieures. - 4. Artères ciliaires anterieures.