‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 136 sur 289 · OLÉ · texte numérisé non relu

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pondu depuis 2 ou 3 jours; s'il flotte à la surface, on peut affirmer qu’il est pondu depuis au moins 5 jours; enfin, plus sa coque émergera du liquide, plus on peut être certain que l’œuf est plus yieux.

Il existe un troisième procédé pour s’assurer du plus ou moins de fraîcheur d’un œuf. Il consiste à l’exposer à une douce chaleur. Si on aperçoit sur la surface de sa coque une certaine humidité, due à un léger suintement aqueux, on peut dire qu’il est fraîchement pondu. Dans le cas contraire, on peut affirmer que sa ponte remonte à un certain nombre d’heures.

Comment peut-on conserver les œufs ? — Les

œufs s’altèrent assez rapidement au contact de l’air, qui pénètre à travers les pores de la coquille, ils se dessèchent, se vident en partie et entrent en putréfaction. Les divers procédés proposés pour obtenir la conservation des œufs ont tous pour but de les mettre à l’abri du contact de l’air. Le plus efficace et le plus simple consiste tout simplement à recouvrir complètement la coquille d’une couche de vernis, de parafine, ou de silicate de soude en solution. Cette couche s’oppose d’une part à l’évaporation de l’eau contenue dans l’œuf, d autre part, à la pénétration de l’air à travers la coque, et permetde conserver les œufs intacts pendant un an. Dr padl Labarthe.

OFFICIER DE SANTÉ. — • (Y. Médecin .)

OFFICINAL. — Nom donné aux plantes usitées en médecine, ainsi qu’aux médicaments que l’on trouve tout préparés d’avance dans les pharmacies.

OIE. — L’oie, que mon vieil ami Monselet a peutêtre un peu trop dédaigneusement baptisée le faisan de la cordonnerie, est un oiseau palmipède qui .entre pour une bonne part dans l’alimentation de l’homme. On en connaît deux variétés : l’oie sauvage et l’oie domestique.

Je ne dirai que peu de chose de l’oie sauvage qui séjourne habituellement dans les mers du Nord et ne descend dans nos pays que lorsque des hivers très rigoureux la chasse. Elle voyage par bande et s’arrête la nuit, au bord des étangs et des marais où on peut la chasser a l’affût Elle est plus petite que l’oie domestique, à laquelle elle ressemble du reste, absolument; et sa chair, maigre, dure, sans saveur agréable, n’est guère bonne qu’en salmis ou en ragoûts lourds et indigestes, quoi qu’en aient pu dire certains faux gourmets qui prétendent que sa chair est préférable à celle de nos oies domestiques.

L’oie domestique, elle, est un des oiseaux les plus précieux de nos basses-cours. Jeune, c’est-àdire âgée de 4 mois, elle constitue un excellent rôti. Plus âgée, sa chair . devient forte, fibreuse très abondante en graisse, et par suite plus difficile à digérer. Aussi ne convient-elle qu’aux personnes douées d’un estomac vigoureux et nullement aux convalescents. Dans plusieurs parties de la France principalement dans le sud-ouest, on sale la chair des oies pour la conserver, après les avoir engraissées, et on la mange soit seule, soit cuite avec des

légumes: tels que choux, haricots, lentilles Je ne connais rien de bon comme une soune^°1S' choux verts dans laquelle ont cuit deux quarrUX d’oie confite. Quant à la graisse d’oie, elle est, f'"8 fine et très délicate, et remplace le beurre et i’h ^ dans certaines parties delà France, principaleni en Gascogne et dans le Languedoc. Son foie auo î on arrive à donner, par l’engraissement, un développement tel, qu’il n’est pas rare d’en rencontrer qui pèsent 600, 800 grammes, et même 1 kilogramme, a une saveur extrêmement délicate" surtout si Foie a été gorgée de figues grasses, fl sert à fabriquer ces fameux pâtés de foie de Strasbourg et de Toulouse. Je préfère ceux-ci et, entre tous, ceux de la célèbre maison Tivoilier. Malheureusement les pâtés, délices des gourmets, sont loin de convenir à tous les estomacs. Ils sontlourds à digérer à cause de la grande quantité de graissé' qu’ils contiennent. Dr Paul Labarthe.

OIGNON. — Nom donné par les botanistes au bulbe de Yallium cæpa, plante de la famille des Liliacées, dont on cultive plusieurs variétés, parmi lesquelles nous citerons surtout le petit pignon blanc , le gros oignon blanc , Y oignon d'Egypte, Y oignon d’Espagne, Y oignon de, Bellegarde, Foignon rouge pâle, Y oignon blanc des vertus, etc..

Les oignons ont une odeur piquante qui porte aux yeux et fait pleurer ; une saveur âcre et morr dicante, mais moindre que l’ail. On y trouve une huile volatile sulfurée, âcre, blanche, du sucre, du mucilage, de l’albumine, de l’acide acétique, de 1 acide phosphorique, comme dans l’ail, dont ils sont le diminutif au point de vue alimentaire et médical.

On les utilise tous les jours comme condiments crus ou confits dans du vinaigre avec des cornichons, ou cuits dans les sauces, ou préparés seuls et entiers au jus. Mangés crus, ils stimulent l’appétit, lorsqu’on en mange en petite quantité, mais ils donnent à l’haleine une odeur repoussante*; occasionnent des éructations, de la flatulence; ils augmentent la sécrétion urinaire. Mangés cuits, ils perdent leur goût âcre, dû à l’huile volatile, deviennent sucrés et se digèrent alors facilement. Toutefois, préparés en purée pour potage, sous le nom pompeux de purée Soubise, ou farcis, ils sont i'ndigestes et occasionnent des renvois et des flatuosités infectes, d autant plus abondantes que les individus qui les ont mangés sont atteints de dyspepsie flatulente. • J r

Dans les campagnes on emploie souvent les oignons cuits en cataplasmes maturatifs contre les

panaris ; crus, peles et appliqués sur la peau, ils agissent comme rubéfiants et peuvent remplacer les synapismes. On leur a aussi attribué des pro-

u tmséesanthelm mt 1 q U 6S ’ mais on ne Ies a gUère

Dr Padl Labarthe. .

m? nÜf rINEDX‘ ~ Ûuaüficatif donné aux [ ont 1 aspect et la consistance de l’huile.

liquides p. h.

OLÉATE. —

qui se forment avec les alcalis

Nom donné par les chimistes aux sels par la combinaison de l’acide oléique ou les oxydes métalliques. P. L-

OLF

OLÉCRANE. — Nom donné par lés ananomistes à la saillie supérieure verticale située à l’extrémité supérieure du cubitus qui est souvent le siège de fractures (V. Cubitus). P. L.

OLÉINE. — Nom donné par les chimistes à une matière grasse constituée chimiquement par de l’acide oléique uni à la glycérine, et qui entre pour une bonne part dans la composition des corps gras tels que graisse de bœuf, de mouton, de porc, etc., huile d’olive, huile de poisson, etc. p. L.

OLÉIQUE (acide). — Nom donné par les chimistes à un liquide huileux, incolore, sans odeur ni saveur, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et Ééthêr, qui existe dans la plupart des graisses et dans les huiles a l’état de combinaison avec la glycérine. p- L*

OLETTE (EAUX minérales fl’). — Oletteest un petit bourg du département des Pyrénées-Orientales adossé aux Pyrénées, bâti sur les bords de la Tet, à environ 585 mètres au-dessus du niveau de la mer, qui possède des eaux sulfurées sodiques thermales qu’on administre en boisson, en bains, en douches,

en pulvérisations et inhalations, contre les affections

chroniques du larynx, des bronches et des poumons, contre les rhumatismes, contre les maladies de peau se rattachant à la diathèse dartreuse, etc.

OLFACTIF. — Nom donné par les anatomistes au nerf de Y odorat. Ce nerf, qui constitue la première paire des nerfs crâniens, prend naissance à la partie inférieure et interne du lobe frontal du eerveau par trois racines, deux blanches et une grise, il se dirige en avant, s’applique sur la lame criblée de l’os ethmoïde où il forme un renflement appelé bulbe du nerf olfactif, d’où naissent un ‘ grand nombre de rameaux (16 à 18) qui traversent la lame criblée et vont se distribuer à la muqueuse des fosses nasales. Ces rameaux se terminent par une extrémité qui s’épanouit en forme d’entonnoir à la partie supérieure des fosses nasales, disposition admirable pour recevoir les émanations odorantes apportées par l’air qu’on aspire. P. L.

OLFACTION. — Ce sens a pour siège la portion supérieure du nez et des fosses nasales, où se distribue le nerf olfactif. C’est Th. Protospatharcos qui découvrit la véritable fonction de ce nerf, au septième siècle. Depuis, Prévost a démontré que les bulbes olfactifs étaient atrophies chez les vieillards dont l’olfaction avait été diminuée ou abolie pendant la vie, et Schiff, en détruisant les nerfs olfactifs de jeunes chiens, a constaté que ceux-ci perdaient l’odorat à la suite de cette opération. On a cru un moment que le nerf olfactif n’était pas le nerf spécial de l’odorat, car en faisant respirer e l’ammoniaque à des chiens auxquels Magendie avait détruit le bulbe olfactif, on s’apercevait que ces animaux se rejetaient vivement en arriéré. Mais Eschricht a montré qu’en approchant un flacon d’alcali de l’anus d’une grenouille, la muqueuse anale était désagréablement impressionnée et 1 am-

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mal se grattait la région coccygienne. On voit donc que l’ammoniaque ne s’adresse qu’à l’excitabilité générale ét peut impressionner la pituitaire aussi bien qu’une autre muqueuse.

Pour que l’odorat s’exerce normalement, il est nécessaire que la muqueuse ne soit ni trop sèche ni trop humide^ comme cela se voit dans certaines affections des fosses nasales.

Ce sens n’est pas très développé chez l’homme; mais l’exercice, l’hérédité de certaines conditions dans lesquelles l’individu a besoin de suppléer à l’imperfection des autres sens, peuvent le développer à un haut degré. Ainsi, les sauvages de l’Amérique suivent une piste guidés par l’odorat. Les gendarmes corses poursuivent les bandits dans les maquis par l’odeur de la fumée de tabac. L’aveugle de Wardrop reconnaissait à l’odeur une personne de sa connaissance.

Les parfumeurs savent reconnaître les divers éléments d’un parfum. Les marchands de vins attribuent à ceux-ci, sans les déguster, leur âge, leur origine et distinguent même l’odeur des matières odorantes qu’on y mêle souvent.

Les animaux sont généralement mieux doués que: l’homme sous ce rapport : le chien, le renard, le sanglier se font remarquer par la finesse de ce sens. Un chien de chasse suit la piste d’un gibier.

« On dit que pendant la conquête du Nouveau- Monde, les Espagnols ne voulaient faire usage des fruits qui s’offraient à eux que quand leurs chevaux y avaient goûté. Levaillant, Gumilla, etc., racontent les services que leur ont rendus les singes, auxquels ils faisaient flairer les végétaux dont ils avaient l’intention de se nourrir, sûrs d’avance que ces animaux refuseraient toute substance vénéneuse. » (François-Franck).

L’odorat peut être volontaire ou involontaire. Le premier mode qui a reçu le nom de flairer esj; celui qu’on emploie pour rendre la sensation plus vive. Pour exécuter cette action, on ferme la bouche et l’on fait une série d’inspirations brèves et saccadées, propres à faire pénétrer l’air odorant dans les parties supérieures des fosses nasales. L’odorat involontaire consiste à sentir le moins possible, c’est-à-dire à faire une forte expiration et à ne plus respirer si ce n’est par la bouche.

Le courant d’air inspirateur ne peut produire l’olfaction que s’il a lieu d’avant en arrière.

Pour agir sur l’odorat, les différents corps doivent être à l’état de vapeurs. Les odeurs peuvent^ être condensées sur certains corps, c’est ainsi qu’elles sont emprisonnées par les étoffes. On a fait des expériences sur l’influence qu’avait à cet égard la couleur des étoffes, et on a constaté que les vêtements noirs condensent davantage les odeurs et les conservent plus longtemps que les autres.

La perception des odeurs ne se fait pas instantanément, il s’écoule un certain temps entre 1 excitation sensitive et la perception. M. Beaums a constaté qu’il s’écoulait 37 centièmes de seconde pour la perception de l’ammoniaque, 56 centimes de seconde pour celle du chloroforme, et 63 centièmes pour celle de la menthe.

Dans certaines affections, 1 odorat acquiert une telle sensibilité que la plus .faible odeur détermine

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une impression pénible. Cloquet rapporte que pendant les accès de migraine, un médecin de Paris était continuellement tourmenté par l’odeur de cuivre que répandait une épingle perdue dans son lit.

D’autre fois l’odorat s’émousse, ainsi qu’on peut s’en assurer chez les personnes qui font usage de tabac à priser. Cette fonction disparaît encore fréquemment à la suite d’injections nasales à l’acide phénique, au chloral, ou lorsque la muqueuse a été impressionnée trop fortement, comme chez ce militaire qui, présidant au curage d’un cloaque infect, eut à souffrir de la puanteur des émanations qui s’en dégageaient : le lendemain, il remarqua qu’il n’avait plus d’odorat. Cet état persistait encore trente-six ans après, comme Graves, qui rapporte ce fait, eut l’occasion de s’en assurer. Aussi conseillerons-nous d’éviter les odeurs trop pénétrantes et engageons-nous nos lecteurs à ne pas renifler des liquides dont l’action peut émousser le sens de l’odorat, comme nous avons eu l’occasion de le constater maintes fois à la suite d’usage d’injections faites dans le but de remédier au coryza chronique .ou à la mauvaise odeur répandue par les fosses nasales de malades atteints d’ozène.

Dr J. baratocx,

OLIBAN. — (Y. Encens .)

OLIVE. — Nom donné par les botanistes au fruit de P olivier, arbre de la famille des Oléacées, originaire de l’Asie, anciennement transporté en Grèce,

Fig. 965. — Branche d’olmer a?ec ses olives.

aujourd'hui acclimaté dans les régions méditerranéennes de la France, de l’Italie et de l’Espagne.

L’olive est un fruit de forme ovalaire, lisse vert quand il n’est pas mûr, violet foncé lorsqu’il a atteint sa maturité, de saveur âcre, acide et désagréable à l’état frais, mais qui acquiert un goût agréable lorsqu’il a subi une certaine préparation. Celle-ci consiste à cueillir les olives encore vertes, à les plonger dans de grandes terrines remplies d’eau qu’on renouvelle tous les jours pendant une dizaine de jours; puis à les passer dans une solu¬

tion étendue de potasse ou de soude ; enfin à le mettre dans de l’eau fortement salée dans laquellS on les conserve. Lorsqu’on veut les manger comme hors-d’œuvre, ou s’en servir comme condiment pour préparer diverses sauces, on a soin, en les sortant de cette saumure, de les dessaler en les laissant quelques heures dans de l’eau ordinaire avant d’en faire usage. Certaines personnes mangent encore les olives mûres après les avoir fait séjourner pendant quelque temps dans la saumure additionnée dè graines de fenouil, et leur donnent même la préférence aux olives vertes. Pour ma part, au mépris de l’anathème que ne manqueront pas de me lancer bon nombre de provençaux, je trouve exécrables les olives mûres ainsi préparées et leur préfère de beaucoup les olives vertes, surtout celles de Lucques.

Huile d’olives. — La chair, le noyau et la graine de l’olive renferment une huile jaune verdâtre, très fluide, onctueuse, transparente, d’une odeur faible, d’une saveur douce et agréable, insoluble dans l’eau, fort peu soluble dans l’alcool, très soluble dans l’éther, qui se congèle à la température de 6 à 8 degrés au-dessus de zéro en devenant grenue, n’est pas siccative à l’air et ne rancit pas facilement, excepté lorsqu’elle provient de fruits trop mûrs. La quantité moyenne d’huile formée par les olives est de 20 à 24 p. 100. Elle est formée de 70 parties d'oléine, de 28 parties de margarine ^ d’un principe colorant jaune, d’une substance aromatique et de quelques traces de matières azotées neutres.

On fabrique plusieurs sortes d’huiles d’olive. La plus recherchée est Y huile vierge, c’est-à-dire celle qui surnage naturellement au-dessus du pâté des olives écrasées et sans expression ; elle est jaune verdâtre et a le goût du fruit; puis vient Yhuile d'olive ordinaire, qui résulte de l’expression du pâté des olives arrosé d’eau bouillante; elle est de couleur jaune; enfin, la moins bonne, que l’on n’emploie guère que pour l’éclairage ou pour la fabrication des savons, est celle qui reste à la surface du bain d’eau chaude résultant de la coction des résidus^du pâté; elle est appelée huile d’enfer ,

L’huile d’olive est très employée dans l’alimentation. Dans plusieurs contrées de la France, en Provence notamment, elle remplace le beurre dans les préparations culinaires. Elle est comme lui un aliment plastique et respiratoire , mais elle se digère moins facilement. La médecine, de son côté, utilise ses propriétés adoucissantes, émollientes, légèrement laxatives et anthelminthiques.

On administre souvent de l’huile d’olive dansiez empoisonnements où elle agit d’une façon simplement mécanique, en formant à la surface de la muqueuse digestive une couche protectrice et isolante qui empêche l’absorption de la substance toxique. De son côté, la pharmacie emploie l’huile d olive pour préparer bon nombre de pommades, d onguents et d’huiles médicinales.

Falsifications de l’huile d’olive et moyens de les reconnaître. - par suite de son prix élevé et de sa grande consommation, l’huile d’olive subit chaque jour un certain nombre de falsifications qui consistent a la mélanger d’une plus ou moins grande

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Quantité d’autres huiles à bon marché, telles que 1 Vhuile d 'arachide, de colza, de coton, à' œillette et de sésame.

Plusieurs moyens ont été proposes pour reconnaître ces falsifications. La plupart nécessitent l’emploi d’appareils spéciaux ou de réactifs dont le maniement est assez délicat et exige une grande habitude. Nous ne parlerons ici que des plus simples.

Et d’abord, rappelons que lès diverses huiles employés pour sophistiquer l’huile d’olive n’ont ni la même densité, ni le même poids que celle-ci, sauf celle d’arachide, ainsi que le montre le tableau ci-

dessous :

Huïles Densité Poids du litre

d’olive . 0,917 917 grammes

d’arachide . 0,917 917 —

de colza . 0,915 915 —

de coton . 0,9306 930^,6

d’œillette . 0,9258 925^5

de sésame . 0,9235 923 —

Elles n’ont pas non plus le même degré de congélation. Tandis que l’huile d’olive douce se congèle de 6 à 8 degrés au-dessus de zéro, la congélation de l’huile d’arachide se produit à la température de 7 degrés au-dessous de zéfro'; celle de l’huile de colza à 6 degrés au-dessous de zéro, et celle d’œillette, seulement à 18 degrés au-dessous de zéro. Les mélanges de deux huiles, selon les diverses proportions, se congèleront donc à des températures intermédiaires qui peuvent donner des indices.

D’après Lailler, 8 grammes d’huile d’ohve pure mise en contact avec 2 grammes d’un mélange de 2 parties d’acide chromique et de 1 partie d acide nitrique, commence à se concréter après 48 heures ; cette concrétion se termine en quelques jours, et l’huile prend une coloration bleue; ce caractère, que ne présentent pas les autres huiles grasses, ne se montre jamais dans l’huile d’olive sophistiquée. Ce fait est important à connaître, ainsi que celui-ci . si l’on verse 2 grammes d'acide chlorhydrique au 8e dans 8 grammes d’huile d’olive et si au bout de 24 heures le liquide est opaque, on peut dire que l’huile est falsifiée. ,

On distingue le mélange de l’huile d’arachide et de l’huile d’olive, à la limpidité que présente l’huile dans les couches supérieures, tandis qu un dépôt granuleux se forme lorsque sa température est descendue à 6 degrés au-dessous de zéro, tandis que dans les mêmes circonstances, ainsi que le fait reremarquer Payen, l’huile d’olive pure se prendrait en masse blanchâtre opaque.

On peut aussi rechercher l’huile d’arachide dans l’huile d’olive par le procédé suivant, dont nous empruntons la description à Girard : On dissout 200 grammes de potasse dans 500 grammes d alcool à 90°. On saponifie une petite quantité d’huile avec une partie de la solution potassique, et on laisse le mélange une demi-heure ou trois quarts d heure au bain-marie. Au bout de ce temps on le place dans un endroit froid de 0 à 6° au-dessus de zéro. 5 p. 100 d’huile d’arachide sont accusés par le depot sur les parois de grumeaux cristallisés d’arachidate de potasse insoluble dans l’alcool. S’il y a une grande

quantité d’huile d’arachide, le mélange se prend en masse. L’huile d’olive pure ne donne pas de grumeaux lorsqu’on la traite comme il vient d’être dit.

Quant à l’addition de l’huile d’œillette à l’huile d’olive, on la reconnaît lorsque, en agitant vivement le liquide dans une fiole, il se forme à la surface de petites vésicules qui persistent un. certain temps. On peut aussi reconnaître le mélange, en faisant usage d’un morceau de glace qui fige l’huile d’olive seule, celle d’œillette restant fluide au-dessus. Enfin, on peut encore reconnaître le mélange en répétant l’expérience de Lefebvre, qui consiste à abandonner l’huile suspecte à un repos complet pendant 8 ou 10 jours. On voit alors les deux huiles se séparer en deux couches, l’une inférieure formée par l’huile d’œillette qui est plus dense, l’autre supérieure formée par l’huile d’olive qui est plus légère. A ce moment, si l’on soutire à part une quantité égale de chaque couche d’huile et qu’on soumette les deux échantillons à une température de 6 degrés au-dessus de zéro, l’huile d’olive se congèlera, tandis que l’huile d œillette restera fluide. „ ,

On peut déceler la présence de l’huile de coton dans de l’huile d’olive, à l’aide de l’acide azotique. Pour cela, on verse dans un tube à essai un volume égal d’huile et d’acide, on le bouche, et après l’avoir agité fortement pendant une minute, on laisse reposer le contenu six à sept minutes. Au bout de ce temps, l’huile vient surnager l’acide. Avec de l’huile d’olive pure, dit Girard, on obtient une coloration gris clair avec un léger reflet jaunâtre. L’huile de coton, au contraire, devient brun foncé, presque noir, ressemblant à une infusion de café. Un mélange des deux huiles donne des nuances de plus en plus foncées, allant du jaune d’or au brun, en passant par l’orange, suivant que l’huile renferme plus ou moins d’huile de coton. Cette réaction permet de déceler une addition de 5 p. 100 d’huile de coton. „ ,

D’après Roth, l’acide azotique et 1 acide sulturique mélangés à parties égales et versés dans l’huile d’olive, dans les proportions de 2 grammes de mélange acide pour 10 grammes d’huile,' permettent de reconnaître si elle est pure ou mélangée d’une huile étrangère. Si l’huile d’olive est pure, elle prendra, en présence de ces acides, une coloration jaune clair ; si elle est mélangée d’huile d’ara chide elle prendra une coloration brun jaunâtre ; si elle est mêlée à l’huile de sésame, elle prendra une coloration rouge vif foncé.

Enfin, pour reconnaître le mélange d’huile de colza, de La Souchère, directeur du laboratoire municipal de Marseille , se basant sur ce fait que l’huile de colza contient du soufre au nombre de ses éléments, saponifie 10 grammes de l’huile à vérifier, a l’aide d’une dissolution alcoolique de potasse caustique exempte d’hydrogène sulfuré. Il agite le liquide avec une spatule en argent, et si celle-ci noircit, la présence de l’huile de colza est

vérifiée. , ,,

Terminons cet article déjà trop long par 1 expose du procédé de Maumené. Il est basé sur la propriété qu’a l’acide sulfurique verse dans l’huile I d’élever fortement la température de celle-ci, mais

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d’une manière variable suivant la nature de l’huile. Ainsi, lorsqu’on mêle 10 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré dans 50 grammes d’huile d’olive, au moyen d’un thermomètre employé comme agitateur, on .constate, au bout de deux minutes, .que la température de l’huile s’est élevée de 42 degrés. Or, si on répète la même expérience, avec le même acide et la même température extérieure sur d’autres huiles, voici les variations qu’on observe dans la température suivant la nature de l’huile: l’huile d’arachide s’élève à la température de 67°, l’huile de colza à celle de 58°, l’huile d’œillette à celle de 86°, 4, et l’huile de sésame à celle de 68 degrés.

Il résulte des expériences de Maumené que ce phénomène reste constant après le mélange des huiles, c’est-à-dire que la température de l’huile d’olive étant de 42° et celle de l’huile d’œillette de 86°, 4, par exemple, si le mélange est fait avec 2 parties d’huile d’olive et 1 partie d’huile d’œillette, ce mélange’ sous l’influence de l’acide sulfurique concentré, doit s’échauffer de 2 fois 42°, plus 1 fois 86°, 4, soit de 170°, 4.

Ce qui arrive en effet, œ Paul labarthe.

OMBILIC. — On appelle ombilic ou nombril une dépression plus ou moins prononcée, qu’on rencontre sur la paroi abdominale antérieure. Cette dépression est le résultat de la cicatrice * qui suit la chute du cordon ombilical.

C’est .ainsi que l’ouverture faisant communiquer la cavité abdominale du fœtus avec le placenta, en livrant passage aux vaisseaux ombilicaux se trouve oblitérée (V. Fœtus). Elle est plus ou moins prononcée selon les individus. Très accentuée chez les personnes grasses, elle est beaucoup moins marquée chez les gens maigres. Elle peut être complètement effacée quand l’abdomen contient une tumeur ou une niasse liquide qui distendent outre mesure les parois de l’abdomen. Il en est ainsi dans une ascite volumineuse dans les kystes de l’ovaire, ou pendant la grossesse quand. 1 utérus a déjà acquis un certain développement. En général, la cicatrice ombilicale est toujours plus marquée chez la- femme que chez 1 homme, a cause du relief plus prononcé du basventre chez la femme, et de la couche cellulograisseuse sous-cutanée qui est toujours plus abondante chez cette dernière. F

L’ombilic se trouve sur la ligne médiane de l’abdomen, dans cette région placée entre les bords internes des deux muscles grands droits de l’abdomen, et qu’on appelle communément ligne blanche abdominale. La cicatrice ombilicale ne marque pas le milieu de la hauteur totale du corps. Elle est plus rapprochée du sommet de la tête chez l’adulte contrairement à ce qui s’observe sur l’enfant nou

VeaU-né- Dr A. DE SOYRE.

OMBILICAL. — Cordon ombilical. — • On appelle cordon ombilical la tige flexible qui va du fœtus au

placenta pendant la vie intra-utérine. Ce c a qui a une longueur très variable puisqued > quelques cas il est tellement court que jg r»i Ûans s’insère presque sur le ventre de l’enfant a d’autres cas une longueur démesurée, de plUs p • mètre par exemple. Ces anomalies ne sont pas***111 • danger pour l’enfant, car dans le premier ^ pendant la descente du fœtus, au moment de Y^y couchement, le placenta sera décollé et une hém^' rhagie s’en suivra qui peut être mortelle poun? fœtus et compromettre en même temps la vie de 1 mère. Dans le second cas, le cordon trop Ion» dé*1 crit toujours un certain nombre de circulaires autour des membres, du tronc ou du cou de l’enfant et il peut en résulter une atrophie d’un membre par suite de cette constriction ou même une • amputation véritable, le fœtus naît alors avec un ’ moignon. Quand le cordon est très serré autour du cou il peut déterminer la mort, par suite de la constriction qu’il exerce sur les vaisseaux du cou. ’

Fig. 966. — Cordon ombilical;

^ enroulées autour de la veine (2). .

EepS SS " r/,n,ia F*”"» 4e "®lls <3’ n .-

culaires ta HM 6n ■ * ^ RePlls diaphragmatiques ou crrartères (6, ’& 6") ’ 0uvertures latérales, faites à la paroi des

B'cissement ^au niveau d^6 1férale Présentant un rétré-

semi-lunaires (3 Z™'* dun repli inté.rieur W ” BephS

longitudinal montrant*63 art®res> Perpendiculaire à leur axe deux autres appartenant^ ^ appartenant à la veine (1), et

lunaire, Tautr^^SS68’ ^ ^ » Sen“':

ma^ioren0^1!1?1 dont nous avons vu la forau moment Pdp nf* de Vœu^ humain, est constitue veine ombihVaiA **aissaitce par trois vaisseaux : la prmîère e t b- deux artèpes ombilicales. La Ses Ces UC-°Up plus g^sse que les deux autres par une va!sseaux sont accolés les uns aux transparente d Sabstance Liane jaunâtre, presque transparente, demi-solide, qu’on appelle gélatine de

-VVbarton et qui augmente singulièrement le volume du cordon ombilical.

X l’extérieur, le cordon est recouvert par une ansion de l’amnios qui lui constitue une gaine allant du placenta a l’anneau cutané qui environne l’implantation du cordon sur l’abdomen de l’enfant. Les deux artères s’enroulent généralement autour ■ de la veine comme une plante grimpante autour d’un tronc d’arbre.

Après la ligature du cordon qui suit la naissance /y Nouveau-né) le bout qu’on laisse à l’abdomen tombe généralement du cinquième au sixième jour.

La chute a lieu par un mécanisme semblable a celui qu’on obtient en plaçant une ligature à la base d’une petite tumeur par exemple. La circulation est interrompue au-dessus de la ligature, les tissus se mortifient et tombent frappés de gangrène. Pour le cordon ombilical les choses se passent de la même façon. Seulement la ligature a lieu naturellement par la constr'iction des fibres musculaires qui environnent comme un sphincter l’ouverture abdominale où s’engagent les éléments du 'cordon. Après la naissance les fibres musculaires se contractent et font l’effet d’une véritable ligature. On voit alors le bout abdominal du cordon ombilical se flétrir, se sécher, prendre une teinte noirâtre, et finalement se détacher, laissant à sa place une cicatrice plus ou moins large, mais qui va peu à peu en se rétrécissant.

Hernie ombilicale. — On donne ce nom au passage d’une anse intestinale au travers de l’anneau ombilical. En général la hernie ombilicale est congénitale, c’est-à-dire qu’au moment de la naissance il y avait au milieu des éléments du cordon une anse intestinale déjà engagée dans l’anneau ou bien que dans les premiers mois qui suivent, soit à la suite des cris prolongés de 1 enfant, soit plutôt pour cause de faiblesse organique, une anse intestinale s’est insérée dans l’ouverture de l’anneau •encore mal resserré et repousse au-devant delle la pellicule mince, qui recouvre l’ouverture abdominale de l’anneau ombilical. On voit également la hernié se produire à la suite des distensions prononcées de la paroi abdominale par la grossesse, un kyste ovarique, etc., distensions qui. ont pour effet d’élargir les fibres de l’anneau ombilical et de rendre ainsi cette ouverture facilement permeable.

Pour remédier à la hernie de l’enfance , on a imaginé de petits bandages , en caoutchouc qui rendent de réels services, mais qui ne peuvent etre maintenus après dix-huit mois ou deux ans, c’està-dire à partir du moment où l’enfant marche seul. Il faut, alors appliquer un petit bandage à ressort avec une pelote (V. Bandages). D» A. de Soyre.

OMO-HYOÏDIEN. ■— Nom donné par les anatomistes à un muscle du cou, long et grêle, qui s étend du bord supérieur de l’omoplate au bord inferieur du corps de l’os hyoïde, et sert à abaisser ce dernier. p- L-

La face antérieure ou costale est concave ; on y remarque des crêtes obliques servant à l’insertion du muscle sous-scapulaire.

La face postérieure ou dorsale est divisée en deux parties par l’épine de l'omoplate, apophyse volumineuse située à l’union du quart supérieur avec les trois quarts inférieurs de l’os. La partié supérieure ( fosse sus-épineuse) est en forme de gouttière com-

OMOPLATE. — Anatomie. — L’omoplate est un os pair, aplati, de forme triangulaire et situé à la partie postérieure et supérieure du thorax. Il présente deux faces, trois bords et trois angles.

süT" Fig. 967. — Omoplate vu par la face >antëriéure.

1. Fosse sous-scapulaire. - 2. Bord, spinal de l’omoplate. — 3. Bord supérieur. - 4. Échancrure convertie en trou par un petit ligament. - S. Bord antérieur de .1 omoplate. - 6. Tubercule sous-glénoïdien. - 7. Cavité glenoide. — 8. Apophyse coracoïde. — Épine de l’omoplate. — 10. Acromaon.

Liée par le muscle sus-épineux. La partie inférieure [fosse sous- épineuse) est en partie remplie par le muscle sous-épineux. L’épine de l’ômoplate se termine par une apophyse aplatie désignée sous le nom A’acromion.

Le bord supérieur est court, mince. Il présente a sa partie externe une échancrure, échancrure coracoïdienne. Il se termine par l'apophyse, coracoïde, ainsi nommée, d’un mot grec qui veut dire corbeau, à cause de sa vague ressemblance avec le bec de cet oiseau.

Le bord interne ou spinal est mince et oblique. Le bord externe est épais. Il se termine par une surface excavée. Des trois angles de 1 omoplate, l’angle externe seul mérite d’être décrit. Il est épais, tronqué et présente une facette articulaire, concave, destinée à loger la tête de 1 humérus.

Fractures de l’omoplate. Cet os, grâce aux muscles épais qui le protègent, est rarement frac- „ turé. L’acromion et l’angle inférieur, étant situés pré- superficiellement, sont plus exposés aux fractures. I Viennent ensuite l’épine et le corps de l’os.

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Les fractures de l'acromion reconnaissent le plus souvent une cause directe. Elles donnent lieu aux signes suivants : la tête est inclinée sur l’épaule; le fragment antérieur est saillant tandis qu’on observe une dépression du fragment postérieur.

Le traitement consiste à rapprocher les deux fragments et à les maintenir en contact à l’aide d’une longue bande dont on fait passer quelques tours sous le coude tandis que les autres circulaires appliquent le bras contre le tronc.

Les fractures de l'angle inférieur s’accompagnent d’un déplacement considérable du fragment inférieur qui est projeté en avant et en dehors. Ces fractures, lorsqu’elles sont simples, offrent peu de gravité; mais elles peuvent être compliquées de plaies et d’esquilles qu’il faudra enlever en pratiquant des incisions.

Le meilleur traitement consistera dans l’application de l’appareil de Desault.

Dans les fractures du corps de l'omoplate , les fragments osseux sont maintenus par les ^fibres musculaires, aussi le diagnostic est quelquefois difficile. On cherchera à produire la crépitation.

Dans les cas simples, il suffit d’obtenir, à l’aide d’un appareil, l’immobilité du membre.

Cependant ces fractures sont souvent compliquées de contusions et de plaies. Dans les cas graves, lorsque ces plaies sont le siège d’une suppuration persistante et trop abondante, on aura recours à la résection partielle ou totale de l’os. Cette opération, pendant la dernière guerre, a été pratiquée plusieurs fois avec succès.

Enfin, nous neferons que signaler les fractures du col dé l' omoplate, car elles sont très rares.

Dr Lotus Thomas.

ONANISME. — L’Onanisme est un vice qui consiste à provoquer, l’orgasme vénérien en dehors de l’acte du coït. Aussi ancien que le monde, l’onanisme vivra autant que lui, envers et contre les médecins et les moralistes.

Quelles sont les formes de l’onanisme ? — Les deux sexes s’y livrent à peu près également, toutefois, je le crois plus fréquent chez l’homme que chez la femme. On le pratique à un ou à deux, entre hommes ou entre femmes-, entre homme et femme. C’est assez dire combien, sont variées Iles formes qu’il revêt.

^ L’onanisme chez l’homme peut être solitaire ou à deux, manuel ou non manuel.

U onanisme solitaire manuel est certainement; de beaucoup le plus fréquent. Il consiste à malaxer la verge entre ses doigts jusqu’à ce qu’elle entre en érection, puis à imprimer à tout le fourreau, principalement au prépuce, des mouvements de va-etvient répétés j usqu’à ce que l’éjaculation du sperme se produise.

L 'onanisme solitaire non manuel est moins fréquent. 11 consiste tantôt dans le frottement de la verge en érection contre le matelas du lit, dans le décubitus dorsal, celle-ci se trouvant entre l’hypogastre d’une part et le matelas de l’autre, tantôt dans son introduction dans un matelas ou un oreiller troué. On a vu des jeunes gens introduire leur membre viril dans un goulot de bouteille, dans

un robinet de baignoire; on rapporte même h faits de garçons bouchers l’introduisant dans £ poumon de veau. Plusieurs poussant plus l0in pUn berration, pratiquent l’onanisme soli taire' non J*' nuel en introduisant dans le canal de l’urèthre corps étrangers, tels que crayons, tuyaux de piD!S plumes d’oiseaux, épis, épingles à cheveux, etc. au ’ quels ils impriment des mouvements de va-et-vient qui finissent par déterminer l’orgasme vénérien L 'onanisme à deux, entre hommes, est assez fré quent surtout -dans les collèges, et tout le monde connaît les expressions de lapin appliquée au masturbateur et de chasseur donnée au masturbé. Souvent cet onanisme à deux est manuel, il peut aussi être non manuel, et alors il est presque toujours buccal, c’est-à-dire que l’un pratique avec la bouche la succion de la verge de l’autre jusqu’à ce que l’éjaculation se produise. Cette variété d’onanisme bu’ccal entre hommes se pratique plus qu’on ne croit, en dehors des collèges, parmi les adultes, dans les urinoirs publics, dans les massifs des Champs-Elysées ou du bois de Boulogne; elle conduit tôt ou tard ceux qui s’y livrent à la sodomie. ' L’onanisme chez la femme peut être comme chez l’homme, solitaire ou à deux , manuel ou non manuel.

L onanisme solitaire chez la femme peut être vaginal ou clitoridien. L’onanisme vaginal consiste à introduire dans le vagin, le doigt, une chandelle, Une carotte, un navet, un étui à aiguille, un phallus, etc., et à lui imprimer des mouvements de vaet-vient L onanisme clitoridien consiste à exercer des frottements légers, des titillations délicates sur. le clitoris avec le doigt, ou à imprimer au capuchon qui recouvre le gland du clitoris, tenu entre le pouce et le médius, des mouvements de va-et-vient jusqu’à production du spasme voluptueux. L’onanisme clitoridien est de beaucoup plus fréquent que 1 onanisme vaginal, car le clitoris est, de tous les organes génitaux féminin, celui qui est doué de la plus vive sensibilité. On le rencontre aussi bien chez les femmes que chez les jeunes filles. C’est celui qui domine dans les pensions de demoiselles.

Il est un autre mode d’onanisme clitoridien qui se pratique par le frottement des cuisses, la femme restant debout ou assise. Il s’accomplit par un mouvement particulier du bassin, par un balancement des hanches, grâce auquel les cuisses étant posées lune sur l’autre et fortement croisées, la Diction chtondienne se produit par un frottement de la partie interne et supérieure des cuisses. On rencontre cette variété d’onanisme chez les coutuneies, es lingères, les femmes qui travaillent à la machine a coudre, les modistes, etc. Il se pratique aussi dans les pensions et les couvents.. nuPl^ a7deux’ ™tre femmes, peut être rna- CCal’ mais ü est toujours clitoridien.

manue], les deux femmes se titilnismc W™<ïiUemeilt le, clit°ris avec le doigt. L’onalano-ue an r Cônj?lste à se servir des lèvres et de la SriP mU-de la main, pour exciter et chavoWueux la î18 jUSqU’a Productiûn du spasme toris ctt ’. 1 gue servant à frictionner le cU;

mité'inÊ^aoeP,rSU“: “ SUCCi°" * r“lre'

Cette variété d’onanisme a reçu le nom de saphisme, depuis que l'illustre grecque Sapho l’éleva à la hauteur d’un culte avec les Lesbiennes comme prêtresses, ce qui prouve que de tout temps la langue et les lèvres ont pris une large part aux plaisirs de l’amour contre-nature.

Sans remonter à Sapho, on trouve dans l’histoire moderne des exemples authentiques de ce vice, notamment chez les filles du Régent. « L’abbesse de Chelles, dit mon savant ami P. Garnier, fut accusée de se livrer au saphisme avec les jeunes religieuses de son couvent qui lui accordaient des témoignages de la plus infâme complaisance. Sa sœur, la reine d’Espagne, à peine âgée de 16 ans, attaquait toutes celles de ses caméristes qu’elle jugeait passionnées.

Le roi, prévenu, chassa les beautés lesbiennes qui s’étaient prêtées au goût de la reine; mais, après le pardon conjugal, elle reprit ses divertissements. » Tout le monde se souvient du salon d’une princesse qui, sous l’empire, réunissait chez elle des femmes de la cour de Napoléon III, avec des chanteuses qui se saphisaient à l’envie. Enfin, les Parisiens n’ont pas oublié l’aventure de ce mari qui, en 1883, surprit dans l’arrière-boutique d’un magasin interlope de parfumerie du quartier de la Madeleine, sa propre femme en train de se faire saphiser par la jolie parfumeuse.

Le saphisme est surtout fréquent dans les maisons de prostitution et entre prostituées libres. Il se pratique aussi beaucoup dans les appartements particuliers tenus par des matrones, dans certains magasins de parfumerie, de gants, de modes, de papeterie même, où la clientèle se compose moins de femmes galantes que de femmes du monde qui, blasées, perverties et libidineuses, viennent là se faire saphiser pour satisfaire leurs excitations génésiques et payent les femmes qui leur procurent cette jouissance, mais sans jamais se lier de cœur avec elles, absolument comme les hommes vont dans les maisons de tolérance ou chez une fille.

L’onanisme entre les deux sexes est .celui dans lequel la bouche de la femme sert de vagin et la langue de l’homme remplace le pénis. Cette variété se rencontre presque exclusivement dans la catégorie des ménages irréguliers et réguliers., Il se pratique beaucoup plus fréquemment qu on ne le pense, entre amant et maîtresse,, entre mari et femme ; moins par pure perversité voluptueuse, que par crainte de -faire des enfants, étant donné le nombre considérable des adeptes de. la fameuse théorie de Malthus, le célèbre économiste anglais.

Il y a encore une autre forme d’onanisme entre l’homme et la femme, c’est Yonanisme entre les deux seins serrés Vun contre Vautre, la femme étant dessous et l’homme dessus ou inversement. On y a rarement recours, soit à cause de la position incommode, soit parce que le nombre est grand des femmes dont les seins n’offrent pas de développement suffisant pour cette manœuvre. .. Pour en finir, rappelons une dernière variété d’onanisme, qui est bien le résultat de la plus horrible dépravation’ et la preuve d’une formidable aberration du sens génésique. Je veux parler de l’onanisme clitoridien que certaines femmes se font, pratiquer par, des chiens dressés à cet effet.

Ces faits de bestialité sont moins rares qu’on ne croit, dans les grandes villes surtout. Méfiez-vous des femmes, en général des prostituées et des femmes galantes, que vous voyez toujours avec ces affreux Kings-Charles qu’elles portent sous leurs

bras et qu’elles comblent de caresses .

Quelles sont les causes de l’onanisme? — « L’habitude de l’onanisme, dit Deslandes, peut avoir trois origines : elle peut venir : 1° de ce que l’individu a découvert spontanément sans le secours de personne l’art de se masturber; 2° de ce que cet art lui a été enseigné; 3° de ce qu'étant privé, dans cet âge où le besoin du coït se fait sentir, des moyens de le satisfaire, il a cherché dans l’onanisme une ressource. »

Parmi les causes d’onanisme, il en est qui sont spéciales à l’homme ; d’autres qui sont particulières à la femme ; un certain nombre qui sont communes aux deux sexes.

Au nombre des causes spéciales à l’homme, il faut citer : la conformation et la disposition des organes sexuels. Il est évident qu’un petit garçon « ayant sur lui, comme dit Pouillet, à sa portée, sous sa main, un organe saillant, le considère ainsi qu’il ferait d’un jouet, il s’en amuse; il -le prend, ln frotte, lè tiraille; les nerfs, extraordinairement susceptibles, recueillent ces impressions, entrent en action, engendrent l’érection, d’où résultent une sensation nouvelle, une idée de plaisir, un germe de jouissance. Ces influences subséquentes engagent à leur tour le sujet à continuer des manœuvres primordiales, auxquelles met seulement fin une détente spasmodique du système nerveux arrivé a son summum d’excitation: la masturbation est trouvée. «

Le prépuce a aussi une influence pernicieuse et est une cause toujours prédisposante et souventdéterminante de masturbation. « Tantôt, dit encore Pouillet, fourreau mobile, le prépuce, dans divers mouvements généraux, se plisse et se déplisse plus ou moins, ou encore permet au gland de rouler sous lui; il résulte de ces déplacements un frottement qui, chez les uns, éveille l’idée du plaisir et invite à le satisfaire ; qui, chez les autres, détermine, par action réflexe, la turgescence du pénis et la sensation agréable que provoque cette tension ; choses plus que suffisantes pour attirer la main ou engager à des mouvements propres à renouveler le frottement produit par l’accident. Tantôt très allongé, encapuchonnantle gland, comme chez bon nombre de jeunes sujets, il laisse s’accumuler et emprisonne, entre la muqueuse du gland et la sienne, le smegma et même l’urine, véritables corps étrangers qui irritent la terminaison des nerfs et occasionnent l’érection, soit d’emblée, soit secondairement à du prurit suivi de manœuvres tentées pour le faire cesser. Tantôt enfin, le prépuce, voile serré exactement sur l’extrémité du gland, établit une constriction assez gênante, assez forte pour exciter l’enfant à tirailler avec les doigts ce manchon compresseur ; pratique qui sollicite l’éréthisme et ses suites. »

Il existe d’autres causes personnelles qui poussent l’homme à l’onanisme. Chez les uns, c’est une trop grande timidité qui ne leur permet pas

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d’aborder une femme; chez d’autres, c’est la crainte d’attrapper une maladie vénérienne par le coït ou de faire un enfant ; chez les gens difformes, bossus, boiteux, cul-de-jatte, ceux qui ont une verge trop petite, qui sont affligés d’une maladie repoussante, c’est la honte d’exposer aux femmes leurs infirmités, et la peur d’être repoussés et ,de leur servir d’objet de risée; chez les matelots, à bord des navires, chez les prisonniers, c’est la continence prolongée par suite du manque absolu de femmes, etc.

Parmi les causes qui poussent la femme à se livrer a l’onanisme, il faudrait citer toutes celles qui la privent du plaisir que la nature leur a donné le droit de ressentir : le défaut d’harmonie des organes de la copulation de l’homme avec les siens, la frigidité, l’impuissance du mari ou de l’amant; l’inhabileté de celui-ci à lui procurer le spasme voluptueux pendant le coït; la haine qu’il peut lui inspirer ; des vicès de conformation, une laideur repoussante; certaines infirmités qui l’empêchent de se marier ou d’avoir un amant, etc.

' Quant aux causes prédisposantes pathologiques communes aux deux sexes, leur nombre est très grand : l’hérédité, le tempéramment bilioso-sanguin et nervoso-bilieux, la constitution érotique;

— l’érythème, l’impétigo, l’eczéma, l’intertrigo, l’herpès génital; — les végétations anales, la présence dans la région ano-génitale de vers oxyures vermiculaires, la constipation, les hémorrhoïdes ;

— l’épilepsie, l’hystérie, l’hypochondrie, l’idiotie, l’ataxie locomotrice, etc.

Au nombre des causes que j’appellerai physiques, il faut citer-: les climats chauds; — les vêtements rugueux et poilus, les pantalons trop collants; — l’équitation, la vëlocipédie, le jeu de la balançoire, la danse, la trépidation des wagons, le roulis et le tangage des navires; les machines à coudre; — certains aliments excitants, tels que: gibier, venaison, œufs, cervelles, langoustes, homards, huîtres, etc.; la plupart des condiments : poivre, muscade, moutarde, truffes, etc.; ' — enfin certains médicaments, tels que : cantharide, phosphore, strychnine, cannabis indica, aloès et autres purgatifs drastiques, etc.

Dans la classe des causes sociales je ferai rentrer ■ la richesse et la pauvreté. — La richesse, qui entraîne une nourriture succulente, la vie sédentaire, les siestes, le désœuvrement, les lits de plumes chauds et moelleux dans des alcôves parfumées, etc.

— La pauvreté, qui entraîne l’entassement, la promiscuité des sexes, les enfants des deux sexes couchant pêle-mêle, dans la même pièce, à côté du père et de la mère, qui ne se gênent guère pour s’habiller, se déshabiller, faire leur toilette, et souvent même se livrer aux rapprochements sexuels sans pudeur ni vergogne.

Enfin, il y a des causes intellectuelles et morales qui ont, elles aussi, une influence énorme sur l'onanisme. Telles sont la vue des statues nues, des peintures érotiques, des images lascives, des photographies de femmes fortement décolletées ou simplement vêtues d’un maillot; la lecture des romans d’amour, des contes pornographiques; le théâtre,

. les ballets, les tableaux vivants, les féeries, etc. Tels

sont encore les gestes et les conversations obscène et surtout les mauvais exemples donnés dans i?* ateliers, les pensionnats, les lycées, les couventsS les séminaires, dont on peut dire qu’ils, sont W véritables foyers où s’entretient et se perpétue l’onanisme.

Signalons aussi d’une manière toute particulière le défaut de retenue en présence des enfants, négligence excessivement commune dans les familles et qui a souvent des conséquences fâcheuses. « Tantôt c’est une fille qui se met à l’aise et se couche à peine vêtue devant un garçonnet; tantôt ce sont des dames qui emmènent un enfant au bain avec elles et, malgré leurs précautions, ne peuvent lui cacher qu’une partie de leur nudité. Ici, ce sont une sœur, une mère qui, en s’occupant de leurs parures, laissent à découvert épaules ou jambes, sans penser qu’elles ne sont pas seules, et qu’un frère ou un fils les suit sournoisement de l’œil; là, enfin, ce sont dés femmes qui, poussées par leur amour des câlineries, embrassent avec excès des adolescents, les caressent, les assoient sur leurs genoux et les mettent de cette sorte à même de sentir des saillies mammaires, et de plonger des regards, plus qu’il ne faudrait, dans les profondeurs de leur corsage.. Qu’on y veille! ce sont là des imprudences qui,' tôt ou tard, doivent nuire à l’enfant ; ce dernier, en effet, étonné de l’impression agréable qu’il perçoit en semblable occurrence, s’efforcera à la rencontrer sous peu ou en conservera le souvenir pour l’utiliser à un moment donné. » (Pouillet.)

Il me reste, pour être complet, à parler d’une causé religieuse qui n’est ni la moins commune ni la moins grave, j’ai nommé : la confession.

La confession est, en effet, plus souvent qu’on ne le pense généralement, la cause des pratiques onanistiques par les questions indiscrètes du confesseur. Le Père Debreyne, un moine de la Trappe, qui est en même temps un docteur en médecine érudit et, par conséquent, doublement compétent, le reconnaît dans son ouvrage classique ( Mœchiologiê , — Traité des péchés contre le 6e et le 9e commandement, 2e éd., 1846) : « La trop grande curiosité du confesseur, dit-il, est capable de perdre les jeunes gens de l’un et 1 autre sexe. On en a vu qui, après avoir été imprudemment interrogés sur le 6e commandement, ont essayé de. faire ce que leur confesseur leur avait appris par son indiscrétion.» Plusieurs le font sans doute, d’après leurs manuels théologiques, sans en connaître ni en prévoir le danger. Les plus vertueux peuvent même être les plus dangereux à cet égard.

Comme le dit fort justement notre savant ami, le Dr Garnier, il est facile de le comprendre : « un jeune confesseur, soumis par sa continence à une excitation génitale permanente, augmentée souvent par sa bonne chère, son isolement et son défaut d exercice, peut-il se trouver secrètement face à tace et presque bouche à bouche au confessionnal, avec une jeune pénitente, lui faisant l’aveu de certaines fautes, sans en éprouver une surexcitation sensuelle qui le porte à s’appesantir et à insister sur les plus petits détails? Il demandera ainsi si les mauvaises pensées, les tentations ne sont pas accompagnées de désirs ou suivies d’actes, de baisers, d attouchements impudiques, et de quelle manière

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ils se font. Si la femme est mariée, il s’enquiert si ; l’acte conjugal est normal, sans attouchements, ni poses impudiques, sucube ou incube, et si l’émission séminale n’a pas lieu extra vas ou indebito. D’autres questions aussi intimes et encore plus obscènes, formulées explicitement en latin dans les livres de théologie morale et érotique, sont faites tous les jours à de jeunes filles ou femmes innocentes, comme à de jeunes garçons, en les initiant à des détails que souvent ils ignoraient. Le confessional devient ainsi une école d’immoralité, quand il n’en est pas par la pratique ou l’exemple. Les femmes sont surtout les victimes de cet enseignement, non seulement parce qu’elles fréquentent plus le confessionnal que les hommes, mais parce que leur dévotion ardente et l’exaltation religieuse qui y conduit la plupart les poussent davantage à l’érotisme. Une veuve hystérique, sur le retour, en me consultant sur les tourments et les souffrances érotiques qu’elle éprouvait, m’avoua que son plus grand bon- j heur était d’aller se jeter dans , le confessionnal de l’ancien couvent des Barnabites, aujourd’hui démoli, quand un certain confesseur l’occupait. Une autre dame m’a dit avoir perdu l’habitude de s’y rendre, après avoir été scandalisée,' étant jeune fille, des questions de son confesseur; elle avertit assitôt sa mère qu’elle ne ferait plutôt pas ses pâques que d’y retourner. Toute femme religieuse de bon sens, calme et froide, quoique convaincue, agirait de même. »

Quels sont les signes auxquels on peut reconnaître qu’un individu, homme ou femme, se livre à l’onanisme? — Il faut bien l’avouer, ces signes sont nuis si l’onanisme n’est pratiqué que de temps en temps. Quant aux prétendus signes auxquels on reconnaît le masturbateur de profession, « le teint pâle et plombé, un cercle noirâtre autour des orbites, les yeux éteints, un caractère de faiblesse ' générale, la taciturnité, l’humeur morose, la recherche de la solitude, autant pour satisfaire Son funeste penchant que pour fuir la société qui lui est à charge, etc. » (Deslandes), j’avoue, avec Lasègne, que « comme tableau... de fantaisie, ce n est pas mal, mais je dirai avec l’éminent professeur, à la honte de la morale, que ce masturbateur-là, je ne le connais pas, je ne l’ai jamais rencontré.»

Les seuls signes réels auxquels, on puisse reconnaître qu’un individu se livre assidûment à la masturbation, sont les signes locaux qui consistent dans des déformations spéciales des organes génitaux.

Chez l’enfant masturbateur, les organes sexuels ont un développement précoce, c’est-à-dire quils ont des proportions plus considérables que ne le comporte l’âge : la verge est plus longue et plus grosse ainsi que les testicules. Le prépuce ne recouvre plus le gland, qui est pâle et flétri en général.

Chez l’ adolescent et le jeune homme, la verge est allongée, ridée, décrépite à l’état de repos ; le gland a pris la forme d’une massue, son extrémité est arrondie, hypertrophiée et simule à peu près la tête d’une massue dont la tige serait la verge ; les bourses sont molles, flasques, pendantes et sont, avec l’eotre-cuisse, le périnée et le pubis, dans un état presque constant de moiteur sudorale.

Chez les femmes qui se livrent à l’onanisme, les

organes subissent aussi des déformations caractéristiques qui ont été très bien décrites par mon excellent ami Martineau, médecin de Lourcine.

Ces déformations varient suivant le genre d’onanisme auxquels se livrent les femmes.

Chez celles qui se livrent à l’onanisme clitoridien manuel, on constate un allongement de tout le clitoris qui peut atteindre le double de' sa longueur normale. Cet organe est aussi plus volumineux. Son extrémité ou gland est plus allongé, plus rouge, plus turgescent; il est saillant, il déborde le capuchon ou prépuce qui ne le recoiivre plus qu’en partie. Le capuchon est lâche, allongé, glabre, plissé, plus consistant et plus épaissi. Les petites lèvres, surtout lorsque la masturbation a commencé dès le jeune âge, sont allongées, elles dépassent les grandes lèvres, elles sont flaSqùes, pendantes, ridées, réticulées, avec exagération de leur forme triangulaire, surtout vers leur extrémité supérieure. Elles ne sont plus rosées, mais brunes, grises, ardoisées ; leur bord libre et parfois leur face externe, sont parsemés de taches noires, tandis que sur leur face interne on remarque une série de petits points jaunes ou blancs constitués par des glandes hypertrophiées. Martineau insiste sur la constatation de ces petits points jaunes, dont l’existence 'indique une inflammation datant de l’enfance, ou une affection prurigineuse qui est souvent l’origine des habitudes vicieuses contractées par l’enfant et qui peuvent devenir invétérées chez la femme. Quant aux grandes lèvres, elle sont aussi flasques et ridées. Le méat urinaire, au lieu d’être fermé, est ouvert et élargi. Enfin la membrane hymen a subi un relâchement considérable, et le muscle constricteur ayant perdu une grande partie de sa ténacité, on pèut facilement pratiquer le toucher vaginal ; dans certains cas même, ainsi que l’a dit le professeur Tardieu, on a pu pratiquer le coït sans amener aucune déchirure de l’hymen.

Chez celles qui pratiquent l’onanisme par le frottement des cuisses l’une contre l’autre, les déformations vulvaires offrent, dit Martineau , des caractères assez particuliers, pour qu’on puisse reconnaître leur origine. Le capuchon clitoridien, ordinairement très développé dans la masturbation manuelle, est ici peu développé relativement au volume acquis par le gland clitoridien. Il n’est pas aussi allongé; il ne présente pas de plis; il ffest pas ridé; il ne se détache pas complètement du gland et pourtant il ne le recouvre pas complètement. Le gland clitoridien, en effet, est proéminent ; son extrémité est renflée, plutôt aplatie qu’allongée. Aussi peut-on dire que le gland clitoridien est en massue, son diamètre transversal étant plus étendu que le diamètre longitudinal. Il est presque continuellement turgescent ; sa coloration est rouge sombre violacé. Les petites lèvres sont moins développées, moins volumineuses, moins allongées que dans l’onanisme manuel, ce qui n’a rien d’étonnant puisque ces caractères de la masturbation manuelle apparaissent dès le premier âge alors que l’enfant tiraille constamment les petites lèvres par suite du prurit vulvaire existant.

Chez les femmes qui ont pratiqué la masturbation manuelle longtemps avant la masturbation par

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le frottement des cuisses l’une sur l’autre, on constate les signes principaux qui caractérisent ces deux variétés de masturbation réunies.

Chez les femmes enfin qui ont recours à l'onanisme clitoridien buccal, c’est-à-dire au saphisme, les déformations vulvaires offrent des caractères qui participent à la fois de ceux produits par l’onanisme manuel et par la succion. Elles sont caractérisées, dit Martineau, par une élongation de tout l’organe clitoridien, par un aspect ridé, flasque, du fourreau et du capuchon qui se détache en partie du gland. Celui-ci est en partie découvert ; il est volumineux et turgescent. Ces caractères appartiennent à la friction clitoridienne. Par le fait de la succion,' quelques-uns d’entre eux sont plus accusés ; quelques autres qui n’existaient pas se développent. C’est ainsi que la procidence du clitoris est plus marquée, que tout l’organe est plus proéminent ; aussi fait-il saillie entreles grandes lèvres. Le capuchon surtout est volumineux ; il se détache complètement du gland clitoridien qu’il laisse la plupart du temps à découvert. Il est légèrement remonté en haut, formant ainsi au-dessus du gland un repli saillant comparable à un casque, en même temps son bord libre est plus épais, la consistance en est plus ferme. Les freins du clitoris, replis formés parle dédoublement de l’extrémité antérieure des petites lèvres, sont plus accusés, plus saillants, plus épais ; ils ont plus de consistance. Le gland est très développé, très saillant, et, tout en étant allongé, son extrémité est renflée. Son diamètre transversal est augmenté ; il est légèrement aplati sur les bords, saillant et un peu bombé à sa partie médiane; en un mot il est en rfiassue; son aspect rappelle, en effet, la déformation qu’il subit dans la masturbation par le frottement des cuisses. Sa coloration est rouge intense, parfois violacée ; sa turgescence est presque constante, alors surtout que le saphisme est journalier. Quant aux grandes et petites lèvres, elles ne présentent, soit dans leur volume, soit dans leur conformation, aucune déformation spéciale au saphisme.

La constatation des signes que nous venons de passer en revue permet d’affirmer l’existence de 1 onanisme. Toutefois, il est préférable, pour arriver a une affirmation irrécusable, de chercher à surprendre le masturbateur en flagrant délit. Pour cela le meilleur moyen est d’observer, sans qu'il s en doute, sa manière d’être au lit. Elle a .été depemte de main de maître par Pouillet « A peine y est-il entré, qu’il s’empresse, après avoir plié son corps et ramassé en chien de fusil, selon une expression vulgaire, qu’il s’empresse de plonger sous les couvertures ses mains et très souvent sa tête comme pour dérober les expressions qu’on y pourrait lire. Persuadé que simuler le sommeil est le meilleur moyen d’imposer aux parents et aux surveillants une sécurité complète, il ne se fait point scrupule d’user de cette feinte, en faisant aussitôt entendre le bruit d’une respiration uniforme et même d’un ronflement sonore. Le matin, dès qu’on pénètre auprès de lui, il fait le même manège. Le réveille-t-on en le secouant, — un appel ne peut servir de rien à qui ne veut l’entendre, — q se frotte les yeux, s’étire les membres, bredouille,

reproduit en l’exagérant la scène du dormeu i terrompu en sursaut, puis se plaint d’un mal a ^ conque, accuse la fatigue d’une longue insomet cela, bien entendu, dans le but d’éloigner p,nie portun et de pouvoir à son aise accomplir1!11' manœuvres ordinaires avant de se lever. es

« Si toutefois pris d’un soupçon l’on voulait dérouter la perspicacité inquiète du vicieuxj on n devrait point hésiter à paraître dupe de sa feinte ^ alors choisissant le moment où il s’attend le moins à un examen minutieux, que l’on survienne à l’improviste auprès du lit, et l’on percevra une série de phénomènes propres à découvrir la fraude. C’est ainsi que sa figure loin d’exprimer le calme et le -repos, présentera de la rougeur, de la congestion; que malgré une température ambiante moyenne’ la sueur perlera sur son front ; ce n’est pas tout: sa respiration sera saccadée, suspirieuse; son pouls battra fortement et rapidement; la peau sera chaude ; tout son corps en un mot, dénotera la fausseté du simulateur, en laissant voir cet orgasme qui accompagne la mise en jeu des organes génitaux.

• « Qu’alors on le découvre brusquement, comme, l’indique Deslandes, on trouve ses mains, s’il n’a pas eu. le temps de les déplacer, sur les organes dont il abuse, ou dans leur voisinage. Si c’est pn garçon, on peut aussi trouver la verge en érection, ou même les traces d’une pollution récente; celle-ci pourrait encore être reconnue à l’odeur spéciale qui s'exhale du lit, ou dont les doigs sont imprégnés.» Si c’est une fille, on peut trouver ses doigts humides de salive et de sécrétion vaginale dont l’odeur se reconnaît facilement.

Le moyen que nous venons d’indiquer pour arriver à pouvoir affirmer l’existence de l’onanisme,

lulu, oAucmjut, qu u est, n est guere appii came que lorsque l’enfant vit dans la famille. Il est impraticable dans les lycées et les pensions, les séminaires et les couvents. Pour lès jeunes gens, il faut alors avoir recours à d’autres moyens : remarquer s’ils portent les mains dans leurs poches pendant une grande partie de la journée; s’assurer si les poches ne sont pas percées, surtout sur le côté interne qui correspond à l’appareil génital; examiner attentivement les draps de lit, les chemises, les mouchoirs, pour voir si on n’y trouve pas de taches de sperme. Pour les jeunes filles, il faut observer celles qui se retirent à l’écart pendant la récréation et les promenades, remarquer si elles n’exécutent pas ce Balancement particulier du bassin que nous avons décrit en parlant de la masturbation entre les cuisses serrées l’une contre l’autre; se rendre comptées] en classe ou en étude elles ne répètent pas ce balancement ; examiner leurs ongles et voir st ceux de certains doigts, principalement du médius, ne sont pas plus courts que ceux des autres. Pour les garçons comme pour les filles, remarquer si elles ont un ami ou une amie plus intime, et

iemhtUner1eUr1physionoraie lorsqu’ils sont ensemble. De plus, lorsqu’une enfant va aux lieux d aiïn!ii?P!er exactement le temps qu’il y reste, de oasser t0US leS moyens flue nous venon5 denSnt i!«ireVUe’ ü en est ™ serait évi- P us simple : obtenir du masturbateur

l’aveu de son habitude vicieuse. Mais cet aveu est i très difficile à obtenir. Voici comment Deslandes conseille de s’y prendre pour arriver à ce résultat.

« Quelle que soit la manière de l’obtenir, dit-il, toujours est-il qu’on ne peut le faire qu’en nommant ou en désignant l’action qu’il s’agit d’avouer. Àvecles hommes et généralement aussi avec les jeunes gens, le choix des mots est facile, et l’on peut soit nommer la masturbation, soit la désigner clairement sans craindre de blesser des oreilles pour lesquelles ceci n’a rien de neuf. Mais il n’en est pas de même avec des femmes, des demoiselles et des jeunes sujets. Ici, on s’adresse à des personnes au moins pudiques et quelquefois chastes : | il faut bien considérer, d’ailleurs, que si un aveu est nécessaire, c’est que l’on a des doutes, et qu’on peut avoir affaire à une personne fort innocente, ou fort ignorante du fait dont on la soupçonne. En quels termes désignera-t-on, en pareille occurence, une action telle que ceux qui s’y abandonnent ne peuvent eux-mêmes en entendre parler sansrougirj? Plutôt que d’affronter ces difficultés, beaucoup de praticiens, quand il leur vient des soupçons sur les personnes dont nous parlons, s’abstiennent de les exprimer. D’autres fois, ils se servent dé formés tellement obscures et équivoques qu’ils ne sont pas compris. Aussi est-il arrivé que les réponses qu’ils obtenaient donnaient lieu à de véritables méprises.

J’ai vu de jeunes sujets, garçons et filles, s’avouer coupables, de maniéré à faire croire qu’ils l’étaient réellement, bien que de fait et de pensée il fussent purs d’onanisme; mais ils avaient appliqué à des actions très naturelles les discours qu’on leur avait tenus. Concilier les ménagements que l’on doit au sexe et à l’âge, avec la nécessité de se faire comprendre, voilà, quand on veut exprimer à des femmes ou à de jeunes sujets le fait dont on les soupçonne, le problème qu’il faut résoudre. On sent que je ne peux rien dire de plus précis à cet égard, seulement j’ajouterai qu’il m’est arrivé plus dune fois de me borner dans ce cas embarrassant, à donner un simple conseil ; je pouvais voir à la manière dont -il était reçu que j’étais tombé juste et que je n’àvais plus besoin de questionner.

« Demander l’aveu, n’est pas, il s’en faut, le meilleur moyen de l’obtenir. Agissant ainsi, on convient implicitement de ses doutes, et il est rare que le masturbateur s’empresse de les dissiper. Mieux vaut, quand on a des présomptions très fortes,, et que le sujet est de ceux avec lequel on peut s’expliquer sans réserve, lui dire nettement qu’on n’ignore pas ■qu’il se masturbe. De la sorte on lui évite la peine que l’on éprouve constamment à s’accuser soimême d’un fait réputé honteux ou ridicule. Rarement il cherche à s’en défendre, ou, s’il essaie d’abord, il ne persiste pas longtemps. L’embarras, la maladresse de sa défense montrent, au surplus, qu’on a pu se permettre le langage qu’on lui a tenu. Avec certains sujets il convient, tout en paraissant instruit, de ne s’exprimer qu’à demi mot. S’ils sont masturbateurs, ils comprendront de suite, et leur facilité à saisir un langage obscur pourra dispenser de questions nouvelles : s’ils ne le sont pas, on aura été trop peu explicite pour exposer son crédit. Qu’on sache bien encore que l’aveu qui coûte le plus i Dictionnaire polulaire de Médecine usuelle.

est celui du principal : aussi doit-on, souvent, ne questionner que sur l’accessoire. Tel sujet qui aurait répondu négativement à cette question. « N’auriez-vous pas l’habitude de vous masturber? » sera plus franc, si, paraissant instruit à cet égard, on s’informe seulement de l’époque où, pour la première fois, il a porté les mains sur lui et s’il les y porte souvent. De la sorte, on lui sauve une partie et la plus rude partie du chemin; car il faut considérer que le plus pénible, pour un masturbateur, n’est pas d’être connu comme tel, mais de confesser qu’il l’est. Placé entre le désir de se conserver et la honte d’un aveu, il pourra sacrifier le premier à celui-ci; mais ce n’est pas sans peine qu’il fera ce sacrifice. Que le médecin tâche surtout, dans ses rapports avec les masturbateurs, d’acq uérir leur cofifiance, de les mettre à l’aise. Ce n’est pas devant un front sévère, ou quand ils s’attendent à une leçon de morale, qu’ils ont de la franchise, il faut que le médecin ne soit avec eux que médecin. Pour lui, l’onanisme ne doit être qu’une cause de maladie, c’est-à-dire une chose analogue à un excès de travail, à un régime mauvais, à toute influence enfin qui pourrait nuire à la santé. S’il se fait moraliste, on le redoutera et il n’obtiendra aucune de ces confidences qui lui permettraient d’employer à temps ses conseils et ses ressources. »

Quelles sont les conséquences de l’onanisme ? —

Et d’abord, je déclare que, .Tissot, dont l’ouvrage qui remonte à 1760, a le tort d’être encore considéré comme classique, a considérablement exagéré les conséquences de l’onanisme, et que Réveillé-Parize, de son côté, a été tout simplement absurde lorsqu’il a écrit ceci : « A mon avis, ni la peste, ni la guerre, ni la variole, ni une foule de maux semblables n’ont de résultats plus désastreux pour l’humanité que la funeste habitude delà masturbation; c’est l’élément destructeur des sociétés civilisées, et il est d’autant plus actif qu’il agit continuellement et mine peu à peu les populations.» Combien je trouve plus sages, plus justes et plus exactes ces lignes de Félix Roubaud, que je contresigne volontiers: « Tous les auteurs qui ont pris la masturbation pour sujet de leurs études se sont plu, dans une intention louable sans doute, mais qui, bien souvent, n’a pas atteint le but qu’ils se| proposaient, se sont plu, dis-je,- à rembrunir sans mesure les couleurs avec lesquelles ils peignaient tles maux qu’entraîne cette funeste habitude. »

Ceci dit, je reconnais que l’onanisme, lorsqu’il est fréquent et invétéré, finit par produire, surtout chez les enfants et les adolescents, un certain nombre d’affections toujours fâcheuses et souvent très graves. Ces affections sont les unes locales, les autres générales.

Les affections locales diffèrent naturellement pour chaque sexe.

Chez les enfants et chez les jeunes gens, latius de la masturbation peut déterminer le paraphimosis, la balano-posthite , l’uréthrite, l’orchite, le pissement de sang, l’engorgement de la prostate, la cystite, l’incontinence d’urine, le varicocèle, des pertes séminales involontaires, ou spermathorrée, qui ont souvent pour conséquence l’impuissance. Chez les petites filles et les demoiselles, l’abus de

l’onanisme occasionne de la rougeur des parties génitales, des excoriations des petites lèvres et du clitoris, de la vulvite, des déchirures de l’hymen, de la dysurie, un écoulement leucorrhéique, de l’eczéma de la partie interne des cuisses, le relâchement de la muqueuse vaginale et des ligaments de l’utérus qui peuvent entraîner des déplacements de cet organe.

Les affections générales, qui peuvent être la conséquence dirécte ou éloignée de l’abus de l’onanisme, sont : la dyspepsie, la gastralgie, les névralgies, l’anémie, la nervosisme, la contracture essentielle des membres inférieurs, la chorée, l’épilepsie, l’hystérie, l’hypochondrie, la folie, la congestion du cerveau,- de la moelle, du poumon, l’ataxie locomotrice, la phthisie, la consomption. Je dois ajouter, que ces affections graves ne se développent pas chez tous les masturbateurs, mais que l’abus de la masturbation favorise singulièrement leur éclosion chez les individus qui sont déjà sous l’influence d’une prédisposition héréditaire ou diathésique.

Quant à l’homme . et à la femme faits qui, ne s’étant jamais masturbés dans leur enfance ou ne l’ayant fait que très rarement, pratiquent l’onanisme pour une cause telle que le veuvage, une séparation prolongée s’il sont mariés ou concubins, la crainte d’avoir des enfants, la peur d’attraper une maladie vénérienne, etc., mais ne le pratiquent que de temps en temps, quoique blâmables au point de vue de la morale, il est évident qu’ils n’ont pas à redouter les conséquences que nous venons d’énumérer.

Quel est le traitement de l’onanisme? — Le traitement de l’onànisme doit être préventif ou curatif.

Traitement préventif. — Il consiste dans une série de précautions hygiéniques et morales. Tout d’abord, il faut dès le bas âge avoir soin de tenir très propres les organes sexuels des garçons et des fillettes, au moyen de lavages à l’aide d’une éponge trempée dans l’eau tiède : ces lavages, que l’on fera matin et soir, au lever et au coucher, éviteront l’accumulation du smegma entre le prépuce et le gland et dans les replis de la vulve, et les démangeaisons prurigineuses qu’il occasionne. A la première apparition dans ces régions d’une rougeur, d’un peu de prurit, d’intertrigo, d’eczéma, il faudra instituer un traitement curatif approprié. Il faut coucher les enfants dans une chambre sans parfums, dans ûn lit de crin, sans duvet ni édredon, enfermés dans une chemise très longue fermée parle bas, les bras hors des couvertures; ne les laisser dormir que sept ou huit heures, et les lever sitôt qu’ils sont réveillés. Le linge de corps doit être doux, en coton. ou en fil.

L’alimentation doit être simple et rafraîchissante c’est dire que les mets épicés, le gibier, les viandes noires, les truffes, les huîtres, homards, langoustes crevettes, doivent en être proscrits, ainsi que les spiritueux et le vin pur. Il faut éviter la constipation et s’assurer que les enfants n’ont pas de vers oxyures vermiculaires. Si les enfants sont très nerveux, on leur interdira la balançoire, l’équitation le vélocipède, les voitures mal suspendues, que l’on remplacera par la marche, la course, les sauts, la

gymnastique, exercices qui sont certainement meilleur moyen préservatif de l’onanisme. 1 ie

Autres choses importantes : il faut surveille nourrices, les bonnes et les domestiques qui r es souvent les initiatrices des enfants aux pratiff0nt de l’onanisme. 11 faut aussi éviter de mettre s les yeux des enfants des statues, des peintures rfUS gravures ou des photographies représentant’ deS nudités, des tableaux obscènes ou voluptueux- $ pas leur laisser lire de romans d’amour; ne pas le6 conduire au bal, en soirée, au théâtre, aux féeries* mais au contraire leur faire faire des promenades’ de§ excursions, des voyages. Il faut éviter de s’habiller et de se déshabiller devant eux; ne pas déshabiller le frère devant la sœur, à plus forte raison ne pas les coucher dans le même lit, ne pas non plus les mettre au bain avec soi.

Point capital : que tous les parents qui peuvent faire instruire leurs enfants chez eux, sous leurs yeux, le fassent aussi longtemps que cela sera possible, car les pensions, les lycées, les séminaires et les couvents sont les foyers publics de l’onanisme.

« Si j’en juge par ma propre observation, écrit Lallemand, sur dix masturbateurs dont la santé s’est, altérée immédiatement ou consécutivement, on peut en compter neuf qui se sont perdus au collège ou dans un pensionnat. Tout ce que j’ai lu dans les auteurs m’a convaincu que cette proportion n’était pas exagérée. L’enfant élevé dans le sein de sa famille est entouré de causes capables d’éveiller sa curiosité, ses désirs; mais elles agissent isolément, accidentellement; elles ne produisent un effet profond que sur les imaginations ardentes : mille distractions peuvent en détourner l’influence. Au collège, ces causes n’existent pas, mais il y en a d’autres ; elles sont moins nombreuses, moins variées, mais elles agissent d’une manière plus active et plus continue; leur effets sont directs et presque inévitables.

« L enfant trouve en arrivant un foyer de contagion qui s étend bientôt jusqu’à lui, car le mal y est établi d’une manière endémique et se transmet, sans interruption, des anciens aux nouveaux venus. Si quelques individus privilégiés échappent d’abord a ces initiations perfides, ce sont ceux qui n’y éprouvent encore aucun plaisir; mais leur temps viendra plus tard. Quand les sens parleront, les memes objets se représenteront alors à la mémoire .sous un jour moins dégoûtant...

« Je n entrerai dans aucun détail, quoique j’aie reçu des révélations bien multipliées, bien circonstanciées. Comment pourrai-je reproduire ce que ces malades osaient à peine me confier en tête-à-tête et presses par l’intérêt puissant de leur conversation / L un d eux me disait encore, il y a quelques jours, sans vouloir s’expliquer davantage : « Sachez seulement que les infâmes ouvrages du marquis de pai yue»S°nt qUe d6S églogues auprès de ce que

« D après tout ce qui m’est revenu des sources les plus directes et les plus variées, je ne crains pas rme' Aue’ nu^e part, on ne se procure aussi tacitement de mauvais livres, que nulle part ils ne

la aaVGC ^*US ^'impudence et de sécurité; que

ta cause du mal n’est pas seulement dans les élèves,

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mais encore .dans les domestiques et les surveil- che lants ; que les abus ne se bornent pas toujours à la I masturbation;... qu’ils ne se propagent pas seule- dir ment par l’exemple et la séduction, mais qu’ils les s’imposent même quelquefois par la menace et la la violence. Et que l’on ne croie pas que je ne parle tel ici que de faits rares, exceptionnels, ou que je me pe les exagère ; je n’ai pas connu cette vie d’immobi- sie lité recluse, et j’en bénis souvent la prudence paternelle ; mais je parle sur des preuves multipliées pr ,€t concordantes. D’ailleurs, tout ceux qui se sont cb occupés de ce triste sujet rapportent des faits sem- m blables. Le docteur Téraube, surtout, en parle Ion- F Lmement : il n’y a rien d’exagéré dans tout ce qu’il dit et c’est la meilleure partie de son ouvrage. » n( De son côté, le docteur J. Agrippa, écrit avec au- w tant de raison : « Le vice germe spontanément sur IL cet engrais malsain du collège ; en tant que régime P d’emprisonnement et d’agglomération, l’internat « ■est mortel aux inclinations honnêtes, et — pardon 11 du mot — à la vertu. Toutes les améliorations qu’on pourra inventer sont inutiles. ?

« Je plaide la suppression de l’internat, la fer- 11 meture de mauvais lieux où, sous prétexte de latin P .et de grec, la chair et l’esprit de nos enfants sont gâtés et s’atrophient sans retour. *

« Que l’affection que j’analyse soit uniquement 4ue à l’internat, je ne le prétends point, mais je montre que l’internat la développe au point de la | rendre quelquefois incurable. Loin de moi la pensée d’attaquer ni l’Université ni aucun corps enseignant : je fais le procès d’un système. 1

« Que nos enfants soient instruits au dehors, soit. ' Mais c’est vous seul, -père de famille, qui devez -élever vos enfants, parce qu’il n existe pas un individu sur la terre, qui vous puisse remplacer dans •ce quotidien labeur. » . . .

Enfin, il faut, à un moment donné, qui variera suivant la précocité des enfants, ne pas hésiter à indiquer, aussi bien aux garçons qu’aux jeunes filles, le rôle naturel que les organes génitaux sout appelés à jouer un jour, et à les mettre en garde contre leur usage prématuré et contre leur abus. Pour ma part, je trouve absurde les meres 4e famille qui croient devoir laisser jusqu’au jour de leur mariage les jeunes filles dans l’ignorance absolue de l’usage de certaines parties de leur corps. Il y a au contraire avantage à instruire les jeunes gens sur ce chapitre délicat; « caron evi e ainsi les élans d’une inquiète curiosité, on prévient les funestes écarts où s’égare 1 imagination, » comme l’écrit fort judicieusement Londe.

Si on a été assez heureux pour préserver les en- I fants de l’onanisme jusqu’au moment où, devenues pubères, ils sentent, les jeunes gens surtout, s eveiller fortement le sens génital, qu’il leur sera très difficile de dompter pour peu qu’ils aient un tempérament érotique, mieux vaut alors conseiller à ces jeunes- gens le coït que de risquer, c qui arriverait fatalement, de les laisser deviner la • masturbation à laquelle ils s’adonneraient avec ardeur. Mais s’ils abusent du coït, dira-t-on . D’abord il est plus difficile à pratiquer que la masturbation, et puis, comme le dit Jean-Jacques . Rousseau à Emile : « quoi qu’il arrive vous 1 arra¬

cherez plus facilement aux femmes'qu’à lui-même. »

Pour en finir avec le traitement préventif, nous dirons qu’il faut, lorsqu’elles existent, débarrasser les enfants de toutes les affections qui exercent sur la genèse de l’onanisme une influence manifeste, telles que l’eczéma, l’érythème, l’herpès génital ou péri-génital, les vers oxyures vermiculaires dont le siège de prédilection est l’anus et la vulve, etc.

J’allais oublier une opération chirurgicale qui a été proposée comme traitement préventif de l’onanisme chez l’homme : la circoncision. C’est un excellent moyen, et il n’est pas douteux qu’en retranchant le prépuce, on diminue considérablement les chances d’excitation chez l’enfant, puisque les idées libidineuses ne s’éveillent qu’à l’âge de la puberté. Du reste la plus grande rareté de l’onanisme chez les juifs que chez les individus non circoncis en est la preuve manifeste. Van.ier a donc raison de dire que « la circoncision est à l’onanisme ce que la castration est aux plaisirs intersexuels pour 1 adulte. » Traitement curatif. — Lorsque le traitemen préventif n’a pas été employé, ou lorsqu li ante inutile et impuissant à empêcher 1 °namsme de se produire, il faut chercher à l’enrayer et ale détruire P Chez les peti’s enfants, il faut soigneusement rechercher; quelle est la cause locale qui les détermine à ‘se polluer; malpropreté des parties génitales, eczema, prurit, impétigo, intertngo, oxyures vermiculaires, balanite, vulvite, etc., et des qu on l’aura découverte s’appliquer à la faire disparate au moyen (l’une hygiène et d un traiteuient appro priés Très souvent la -disparition delà cause a pour conséquence heureuse la cessation des manœuvres

Chez les adolescents qui s’adonnent depuis un certain temps à l’onanisme, le traitement devient plus difficile, on peut employer les moyens de dou- . ceur d’abord, puis, s’ils échouent, se décider a avoir , recours à ce que j’appellerai les moyens coercitifs.

Les moyens de douceur consistent dans la per- ; suasion par la parole. Les parents, surtout pour J les garçons, auront de préférence recours au medey. rin T30ur 16S 8.dmoii6st6r. , .

e Les moyens de coercition consistent dans 1 emploi r d’appareils spéciaux destinés à rendre impossib e e les manœuvres de l’onanisme aussi bien chez le

garçon que chez la fille. Æ

lc Certains auteurs ont proposé de pratiquer 1 mfi- L bulalion, opération fréquente chez les Romains de Z l’ancienne Rome, et qui consiste a faite un trou de ", chaque côté de l’extrémité du prépuce chez le garçon, et sur chacune des deux grandes levres chez la fille, puis à passer dans ces trous un aime es métallique, en or ou en argent, que °a s

façon à ce qu’il soit impossible aux masturbateurs

2 d( uS^ÎStionest efficace chez l’homme^c^eEe 1er s’oppose à toute érection volontaire d’une’ nart le ce fetf si celle-ci tente de se

ier gland vient se heurter ^ité eS ^ière, subit

3nî deftimiUements ?rès douloureux, et la verge redet Ï en vTte flasque et molle. Mais ce procédé à l’inia vient v 2 d rendre impossibles les

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vorisér l’accumulation du smegma dont le séjour prolongé sur la muqueuse balano-préputiale occasionne plus d’une maladie, aussi n’en sommesnous pas partisans.

Chez la femme, l’infibulation est absolument illusoire, car elle n’empêche pas celle-ci d’introduire son doigt jusqu’au clitoris ; et elle n’empêche pas non plus l’onanisme par le frottement des cuisses fortement serrées l’une sur l’autre.

Sprengel et après lui Simon, de Metz, avaient proposé comme moyen radical l’ablation des testicules. Hâtons-nous de dire que nous ne citons ce procédé barbare que pour mémoire, car je ne pense pas qu’un seul médecin oserait sérieusement le proposer, encore moins l’appliquer! J’en dirai autant de l’extirpation du clitoris chez la femme, proposée par le professeur Braun, de Vienne.

Larrey faisait une injection irritante dans le canal de l’urèthre de façon à déterminer une inflammation assez vive, une véritable uréthrite; Lallemand arrivait au même résultat en plaçant dans le canal une sonde à demeure, et ces deux chirurgiens sont arrivés à guérir ainsi plusieurs masturbateurs de leur déplorable habitude.

Pouillet a réussi deux fois à déraciner l’habitude Je l’onanisme à l’aide de scarifications superficielles faites sur la peau de la verge avec un bistouri. On comprend aisément que l’érection de la verge ainsi scarifiée est très douloureuse et que les masturbateurs font tout pour éviter qu’elle se produise.'

Pour ma part, je compte plusieurs cas de guérison de l’onanisme, grâce à la circoncision. Le Dr Vanier, du Havre, et plusieurs autres médecins ont aussi obtenu des succès par ce procédé. La circoncision, en effet, nécessite une interruption forcée de la masturbation jusqu’à la cicatrisation complète de la plaie ; de plus en plus elle effraye l’enfant, circonstances qui exercent une salutaire modification dans sa conduite.

Bon nombre de médecins ont proposé l’emploi de la camisole de force, fermée par derrière, avec des manches jointes l’une à l’autre de façon à forcer les bras à rester croisés sur la poitrine. Bonne

pour l’homme, inutile pour la femme chez laquelle elle n’empêchera pas l’onanisme par le frottement des cuisses, la camisole de force a en outre l’inconvénient capital de ne pouvoir être appliquée que dendant la durée du séjour au lit.

De tous les appareils, tour à tour proposés, les

deux auxquels je donne la préférence sont ceu sont représentés par les figures 968 et 969. Cet ^ pareil, dont l’un est destiné à l’homme, l’autre femme, peuvent se garder nuit et jour ; ils nPrm *

tant ail y pnfants Hp nnntimipr lac met¬

tent aux enfants de continuer les exercices du

corps

Fig. 969. — Appareil contre l’onanisme chez les filles.

si variés, se composent d’une ceinture métallique très flexible, fortement rembourrée de laine à son intérieur, recouverte de peau à la partie extérieure et s’adaptant exactement aux contours des crêtes iliaques.

Sur le milieu de la ceinture est fixée une plaque en melchior ou en argent, destinée à emprisonner la verge chez les garçons, le vagin et la vulve chez les petites filles; deux sous-cuisses attachées au bas de la plaque, passant par un anneau situé sur les côtés de la ceinture, viennent se joindre à la partie antéro-postérieure de cette même ceinture, où ils sont maintenus, ainsi que le cercle pelvien, au moyen d’un petit cadenas. Ces appareils se dissimulent très bien sous les vêtements, ils permettent aux enfants de continuer tous lesexercices du corps; ils servent le jour et la nuit, et les enfants qui en sont munis ne peuvent, quoi qu’ils fassent, porter leurs mains sur les organes génitaux.

Beaucoup de médecins joignent à ces moyens chirurgicaux l’administration à l’intérieur de médi-

^iw-apuruuisiaques, têts que le nromure ud potassium ( sirop de Laroze), le bromure de camphre [capsules du Dr Clin), etc.

Mais, en somme, le meilleur moyen de débarrasser les jeunes gens des pratiques onanistiques, c’est de leur ordonner le coït. Jean-Jacques Rousseau l’a dit avec raison : « Si les fureurs d’un tempérament ardent deviennent invincibles, mon cher Emile, je te plains; mais je ne balancerai pas un moment, je ne souffnrai.pas que la fin de la nature soit éludée. S’il lautqu un tyran te subjugue, je te livre parpréférence a celui dont je peux te délivrer; quoiqu’il arrive, je t arracherai plus aisément aux femmes qu’à toi. » De son cote, Lallemand parle de la même façon, mais avec la précision du médecin: « Le coït est 1 unique moyen véritablement efficace pour le présent et pour l’avenir, le seul qui puisse changer complètement des goûts contre nature, en faisant apprécier 1 immense distance qui sépare ces tristes jouissances de celles qui sont dans l’ordre physiologique. « Le coït, voilà donc le remède pour les rrr8’, dès qu’iIs ont atteint l’âge de la pnoerte. Pour les jeunes filles, le meilleur moyen de

ONG

les guérir, c’est de les marier le plus tôt possible.

Quant aux masturbateurs endurcis, aux masturbateurs de profession, qui, pleins d’aversion et de dégoût pour la femme, continuent à se livrer à leurs habitudes vicieuses pendant la jeunesse, et même pendant l’âge mûr, aucun remède ne les guérira, ce sont des candidats à la folie. Dr Paul labarthe.

ONGLE. — Anatomie. — Les ongles sont des n

lames cornées, oblongues, recouvrant l’extrémite >-

de la face dorsale des doigts et des orteils. Ils sont c

loo-és dans un repli du derme, en forme de fer a 1

rbeval, nommé rainure unguéale. On distingue fl

dans l’ongle une partie postérieure ou racine, e

une partie moyenne ou corps et une partie anterieure ou bord libre. La face supérieure est convexe j transversalement; la face inférieure concave, créa- t sée de sillons longitudinaux et très adhérente au derme. La racine est plus molle que les autres parties; elle est cachée dans la rainure unguéale, sauf un petit espace blanchâtre, semi-lunaire, appelé lunule. Cette partie n’existe pas aux ongles des orteils. La racine, appelée aussi matrice de l'ongle, se termine en arrière

par un bord mince, tranchant, tandis que A

le bord libre est épais. Les deux bords sont rectilignes, logés dans la rainure unguéale. L’épiderme de ces replis se détache parfois sous forme de lamelles appelées envies. Z3I

Les ongles sont des productions de 4 fjgjj| nature épidermique; ils sont formés dp WSÈÊm feuillets superposés. Ils ne reçoivent ni s-WÊm

vaisseaux ni nerfs. Ils sont donc insen- ^ sibles et le mot « onglée » par lequel on 3--tag| désigne la sensation douloureuse que fait HP? éprouver le froid est donc une expression impropre. . . .

Ils apparaissent vers le cinquième mois de la vie foetale, leur accroissement se fait surtout en longueur • ils se renouvellent environ tous les cinq mois.

Les ongles sont destinés à soutenir la pulpe des doigts et des orteils ; aussi les individus qui marchent beaucoup, ont-ils un certain intérêt a porter les ongles du pied un peu longs. A la main, ils servent à la préhension des objets en fournissant à la pulpe un point' d’appui. De là, 1 habitude dar rondir leur extrémité libre. Dans l’exercice du tact, l’ongle intervient utilement, il forme un plan résistant, recouvrant toute la pulpe du doigt et permettant ainsi de recueillir le plus grand nombre dim-

ŒÏÏS’ Ongle a été «e. de certains soins. C’est ainsi que quelques seigneurs eMO et annamites laissent leurs ongles atteindre une longueur de 4 à 3 centimètres.

On sait que, sous Louis XIV, il était de bon goût de porter l’ongle du petit doigt plus long que tes autres. L’ongle présente par transparence une tein

rosée. En Egypte et en Orient, il est de bon ton

chez les femmes, de se servir de carmin pour

lui donner plus de coloris.

Chez certains animaux, les ongles constituent un puissant moyen d’attaque et de defense,

l’homme, cet usage est assez rare pour qu’il soit utile d’y insister.

Altérations des ongles. — Un grand nombre d’affections altèrent l’accroissement, la forme et la constitution des ongles, h' hypertrophie com siste en un épaississement et un allongement plus ou moins considérables, pouvant transformer l’ongle en une véritable corne, analogue à celle des animaux. Lancereaux a rencontré plusieurs fois à La Salpêtrière des femmes âgées dont les ongles, recourbées, avaient une forme prismatique et une longueur qui, au pouce, n’avait pas moins d’un décimètre en longueur et d’un centimètre en

épaisseur ( fig . 971). .

Dans certaines maladies aigues (fievre typhoïde, pneumonie, rougeole, scarlatine, rhumatisme), on observe une déformation consistant en

Coupe de lamatrice'et de la racine de l’ongle (grossissement 25). (Fort).

1, Papilles sous-unguéales. - 2. Corps muqueux. - -3. Corps de l’ongle. — 4. Epiderme sus-unguéal. —5. Fusion des 1 deux couches précédentes. - 6. Papilles. - 7. Corps muqueux. - 9, 11. Tissu du derme. — 10. Epiderme.

une sorte de 'sillon transversal. Il existe une altération de l’ongle, propre aux tuberculeux, désignée sous le nom de doigt hippocratique. En même temps que la dernière phalange s’hypertrophie, l’ongle s’incurve dans le sens antéro-postérieur. Dans le rachitisme, l’ongle est plus large que long. Ces altérations sont dues aux troubles nutritifs qui résultent de toutes les affections que nous venons I d’énumérer. .

Parmis les affections chirurgicales, citons les contusions, le décollement, Yarrachement des ongles. L’inflammation du derme sous-ungueal donne lieu à une affection commune, vulgairement appelée toumiol, parce qu’elle fait le tour de 1 ongle. On donne le nom d 'onyxis (V. ce mot), aux differentes inflammations de la matrice de 1 ongle. Une variété des plus fréquentes constitue Y ongle incarne.

Ongle incarné. — Nommé encore par les auteurs, onyxis latéral, on vulgairement ongle rentré dans les chairs, l’ongle incarné consiste en une

ONG

ONG

inflammation de la matrice de l’ongle. Les ans ont soutenu que l’ongle s’enfoncait et déterminait ainsi une ulcération; lès autres ont prétendu que les chairs remontaient par-dessus l’ongle et s’ulcéraient

. Fig 971.

Ongle du gros orteil hypertrophié ayant acquis un accroissement excessif.

à son contact. Le gros orteil est le siège presque exclusif de cette affection. .

, Boy®r attachait une grande importance à la façon de couper les ongles; selon lui, les ongles coupes en rond ont une grande tendance à pénétrer dans les chairs. Quoiqu’il en soit, presque tous les chirurgiens sont d’accord pour accuser la chaussure d’être la cause principale de l’ongle incarné ; des chaussures trop courtes' ou mal faites, exerçant une pression au niveau de l’ongle, tendent àl’incarner. On comprend sans peine l’influence désastreuse de ces chaussures trop étroites et ridiculement effilées, où les orteils sont obligés de s’entasser les uns sur les Fig. 972. autres.

Position vicieuse du second orteil début, on ressent

amenant l’incarnation de l’on- une légère douleur nengie du second orteil. dant.la marche, mais la

peau qui se trouve pn contact avec 1 ongle ne tarde pas à s’ulcérer et bientôt se développent des fongosités. La douleur augmente devient continue et la marche est impossiblf • bientôt le malade ne peut même plus rester debout L inflammation gagne la racine de l’ongle les fon* gosités se développent davantage, la suppurât, ‘en

25? “ * ? »lus “ p>- •ÆÏ2

séri 11 feUt al°rS lntervemr sous peine d’accidenLs

On peut obtenir, au début, du soulagement en interposant entre le bord de l’ongle et le renli cutané, quelques brins de charpie; mais les douleurs ne tardent pas à reparaître, et il faut avoir recours au traitement chirurgical.

De nombreux procédés ont été, tour à tour, proposes. Velpeau en a compté près de cent; il nous

suffira de rappeler ceux qu’on emploie iP souvent. e Ptos

Parmis les chirurgiens, les uns se sont att* . aux chairs, les autres à l’ongle. • a<p*es

Dans l’ablation des chairs, on peut, comme T ■ franc, retrancher les fongosités à l’aide dubiston : on cautérise ensuite la plaie ; d’autres chirurdmL produisent cette perte de substance au moyen d feu où des caustiques. Le professeur Guyon enlève

Fig. 973.

Opération de l’ongle incarné. (Procédé de Guyon.) |

un lambeau de chair sur la face latérale de l’orteil, puis entr’ouvrant les deux lèvres de la plaie il éloigne ainsi l’ulcère du bord de l’ongle. ’

Quelques-uns ont essayé do rétrécir l’ongle en amincissant le milieu, de manière à le séparer en deux moitiés, que l’on rapprochait ensuite l’une de l’autre (Dionis).

Desault a tenté de redresser l’ongle en introduisant entre celui-ci et les chairs l’extrémité recourbée d’une lame de fer-blanc.

L’ablation de l’ongle peut être partielle ou totale. Dans le premier procédé (Dupuytren), on glisse sous 1 ongle, jusqu’à la racine, des ciseaux droits, pointus, à plat; on coupe, puis, avec l’aide d’une

chait’tonin?1^? la moîtié nuisible. Velpeau arrad’anîès le nrci68 /eUX moitiés’ L’ablation totale’ la racine de l’nnïi de Long’ consiste à glisser sous vivement en 1 0-n? e> une spatule qu’on fait avancer cule de lui.imPri'nant un mouvement de bas- ÏÏ’tolîS,* !>r0duire le et l'avul-

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