‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 210 sur 289 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

mû n’en retire un grand soulagement et qui n*y revienne l’année suivante avec une confiance

^Dfeoifs en terminant que les eaux de Royat se nservent admirablement en bouteille et produi- C°nt d’excellents effets, bues à domicile, ainsi qu’en témoigne le chiffre énorme de leur exportation annuelle, et rappelons que, pour la cure loin de la station, la source Saint-Mort s’adresse à la goutte, au rhumatisme et à la gravelle, la source Saint yictôr à l’anémie, à la chlorose, aux affections des voies respiratoires, et enfin la source César aux dyspepsies, aux gastralgies, aux flatulences, etc.

Dr Paul Labarthe.

RUBÉFIANT. — Nom donné à certains agents thérapeutiques qui, appliqués sur la peau, y déterminent une congestion sanguine accompagnée d’une forte rougeur, et que l’on emploie comme dérivatifs. Parmi les principaux rubéfiants, il faut citer la moutarde, le poivre, la rue, le sel de cuisine, les orties, l’eau chaude, etc... Certains rubéfiants peuvent produire la vésication lorsqu’on prolonge leur contact avec la peau pendant un certain temps. p. l.

RUBINAT (EAUX minérales de). — Rubinat est un tout petit village espagnol, de la province de Lérida, planté comme un nid d’aigle sur l’un des derniers contreforts de la puissante assise des Pyrénées, à quelques kilomètres de la frontière française, qui possède une source d’eau minérale purgative sulfatée sodique et magnésienne, découverte par le Dr Liorach.

Le lecteur s’étonnera peut-être de voir Rubinat figurer seule entre toutes les eaux minérales étrangères dans notre dictionnaire : cela tient à plusieurs raisons d’ordre différent.

Disons tout d’abord que, par une' bizarrerie singulière, notre pays, le plus riche en eaux minérales de toutes sortes, est dépourvu de sources purgatives, à part Montmirail et Châtelguyon.

De plus, nous trouvons que depuis la guerre de 1870, notre patriotisme ne nous permet plus de recommander les eaux purgatives allemandes. Or, Rubinat se trouve en Espagne, en pays ami, de face latipe comme nous, et à deux pas de notre frontière.

Enfin, Rubinat est de beaucoup la plus riche en principes minéralisateurs que l’on connaisse au monde. En effet, ainsi que cela résulte de l’analyse faite par l’Académie de médecine de Paris, contient par litre 96 grammes de sulfate e soude et 3 grammes et demi environ de sul- *ate de magnésie, tandis que la plus riche des eaux minérales allemandes, Rakokzi ne contient fiue 45 grammes de sel purgatif, Hunydi-Janos * grammes, Pulna 28 grammes et Sedlitz 25 grames. Ajoutons que ces diverses eaux ne sont pas proprement parler des eaux minérales naturelles, nentaiinS* ^ue nous Rapprend un hydrologue émipar p® Eabat, « ces eaux amères sont fournies COu , aU <*es Pluies flui, après avoir traversé des de m es plieuses imprégnées de sels de soude et gftesie qu’elle dissout plus ou moins, vient

s’amasser dans des puits creusés à cet effet, pourvus de revêtements de bois et d’une profondeur d’environ trois mètres. Durant la belle saison, on puise cette eau, on l’emmagasine dans de grandescuves où elle séjourne vingt-quatre heures à découvert, et ensuite elle est soutirée dans des cruchons prêts pour l’expédition. »

Je le demande, peut-on appeler des eaux ainsi obtenues des eaux minérales naturelles, et peut-on les comparer à l’eau de Rubinat qui jaillit claire et limpide à un mètre de hauteur du fond d’un torrent sinueux, et a été captée avec soin dans un trou vertical de huit mètres dont l’entrée est fermé» par une grosse porte en fèr qu’on ouvre seulement au moment de l’embouteillage de l’eau, c’est-à-dire avec toutes les garanties possibles d’authenticité.

La grande richesse de minéralisation de l’eau de Rubinat en permet l’administration à petites doses tout en obtenant des effets analogues à ceux que l’on obtient en ingurgitant d’énormes quantités d’eau que trop souvent l’estomac repousse. La dose normale pour obtenir une action sûre et rapide est d’un verre ordinaire pris le matin à jeun; souvent même un verre à bordeaux purge, toujours sans nausées ni coliques.

Quoique d’une saveur salée faible, douceâtre et légèrement amère, l’eau de Rubinat se boit facilement et sans dégoût. Aux estomacs délicats, nous rappelons, d’après M. Yvon, qu’il suffit d’un peu d’essence de menthe pour masquer absolument le goût des sulfates de soude et de magnésie, à la condition toutefois que la quantité de véhicule soit peu considérable. En laissant tomber 3 à 5 gouttes d’essence de menthe dans le verre, on enlèvera donc toute saveur désagréable à l’eau de Rubinat, sans nuire en rien à son efficacité purgative.

Cette eau trouve son indication dans tous les cas où les purgatifs salins sont indiqués; la constipation, les diarrhées liées à un embarras gastrique, alors qu’il n’y a pas d’appétit, que les aliments sont vomis ou traversent le tube digestif en se comportant eux-mêmes comme des purgatifs mécaniques; dans les diarrhées bilieuses, dites duodénales, où la bile étant déversée en trop grande quantité dans les intestins, en augmente la sécrétion; dans la dyssenterie, la fièvre typhoïde; dans la variole et les fièvres intermittentes au début; dans l’obésité ; dans les constipations qui accompagnent presque toujours la grossesse et plusieurs maladies des femmes, entre autres les métrites, ainsi que le recommande le Dr Desnos, médecin de la Charité, membre de l’Académie de médecine. Le l)r Guibout, le savant dermatologiste de l’hôpital Saint-Louis la prescrit tous les jours dans les maladies de peau qui demandent l’emploi des purgatifs salins. Enfin, pour ma part, je retire les meilleurs effets de l’eau du Rubinat dans les affections des organes génito-urinaires, où les purgatifs salins sont préférables aux autres purgatifs.

Dr Paul Labarthe.

rue. — La rue qui croît spontanément dans le midi de la France et qu’on cultive aussi dans les jardins, est une plante de la famille des Rutacées,

à tige rameuse, à feuilles éparses, glauques, parsemées d’un grand nombre de corps glanduleux, à fleurs d’un vert jaunâtre.

Toutes les parties ont une odeur forte, aromatique, désagréable et nauséeuse, une saveur chaude, âcre et amère, dues à une huile essentielle, volatile, d’un jaune verdâtre ou brunâtre, qu’elles contiennent dans de fortes proportions.

La rue appliquée sur la peau, agit comme rubéfiant, et son action peut aller jusqu’à la vésication si le contact est prolongé.

Administrée à l’intérieur Fig. ti35. — Rue. sous forme d’infusion, d’essence ou de teinture alcoolique, elle agit comme excitant et emménagogue, et peut dans certains cas produire l’avortement, avec hémorrhagie utérine très grave. Elle n’est guère usitée en thérapeutique. p. l.

RUPIA. - Le rupia est une maladie A. caractérisée par une éruption de bulles plat P-eàu lées, entourées d’une petite aréole inflamnïi -S0~ renfermant un liquide d’abord séreux puis fe' lent, qui se transforme au bout d’un certain tPUra' en croûtes de la grandeur d’une pièce de 20 f6^ environ, plus ou moins épaisses, noires aipants comparées à des écailles d’huître, et qui, lorsa^ a les détache, laissent voir au-dessous une ulcérât? °n Cette affection, qui siège généralement aux mem bres, principalement aux jambes, s’observe chT les enfants scrofuleux et chez les vieillards âfe ' blis et cachectiques, mais elle constitue surtout un des accidents tertiaires de la syphilis. Elle né cessite un traitement général et un traitement local. Le traitement général sera, suivant les cas celui de l’anémie, de la scrofule, de la cachexie de la syphilis; quant ou traitement local, il consistera surtout à faire tomber les croûtes au moyen de bains et de cataplasmes émollients, puis à panser les ulcérations avec les liquides antiseptiques (V. ce mot). P L

SABINE. - La Sabine est une plante de la famille des Conifères commune dans les Alpes, en Italie, en Espagne et dans les conlrees mendmnales de la France, toujours verte, a rameaux très grêles, multiples, couverte de feuilles fort petites, oui dégagent une odeur forte, nauséabonde, un peu analogue à celle de la térébenthine, e on un saveur âcre, amère et irritante, dues a une huile essentielle volatile et à la résine qu elles contiennent dans une assez forte proportion. La sabine produit les mêmes effets que la rue (V. Rue).

SABLES-D’OLONNE (bains de mer des). — Sablesd’Olonné est une petite ville de 7,000 habitants, située dans la Vendée, à 32 kilomètres de la Rochesur-Yon, bâtie sur une langue de sable au bord de l’Océan, qui possède, sans contredit la plus belle plage de nos côtes, formée sur toute son étendue '8 kilomètres), d'un sable très fin et très doux. Un y trouve aussi un casino et plusieurs établissements de bains de mer chauds. p- L-

SABLINE. — Nom donné parfois à la plante Plus connue sous le nom d 'arénaria (V. ce mot).

SABURRAL. — Mot employé en médecine pour désigner l’état particulier de la langue, lorsqu elle est chargée d’un enduit blanc ou gris sale, qui c°ncorde toujours avec un dégoût des aliments et ernbarras gastrique. Au lieu de dire langue saurrale, le vulgaire dit simplement langue chargée.

o,SACCHAROLÉ. - Nom donné d’une manière e^le’ ea Pharmacie, aux médicaments dans fcquels le sucre ou le miel entrent soit comme soit comme principe dominant. Les sid jf ’ , relûtes, les pastilles, les tablettes, sont

ues saccharolés. p. L.

SACCHARURE. — Nom donné en pharmacie a des médicaments pulvérulents ou granulés formés par du sucre uni aux principes médicamenteux débarrassés de leur dissolvant par évaporafion.

SACRÉ. — Nom donné par les anatomistes à des artères, à des veines, à des nerfs et a un plexus nerveux qui ont rapport au sacrum ou qu occupent la région de cet os.

Les artères sacrées se distinguent en : 1° artère sacrée moyenne, impaire et médiane, qui naît de la face postérieure de l’artère aorte, un peu au-dessus de sa bifurcation, descend verticalement sur la face antérieure du sacrum et se termine au coccyx par deux branches qui vont s’anastomoser de chaque côté avec les branches terminales des artères sacrées latérales; 2° artères sacrées latérales, au nombre de deux, qui naissent de l’artère iliaque interne et descendent, une de chaque côté, tout le long du sacrum, puis du coccyx, et se terminent en s’anastomosant avec les deux branches terminales de l’artère sacrée moyenne, après avoir fourni plusieurs rameaux collatéraux dont' les uns se ramifient sur la face antérieure du sacrum et les autres pénètrent dans les trous sacrés antérieurs de cet os.

Les veines sacrées accompagnent les arteres du même nom et se jettent: la veine sacrée moyenne dans la veine iliaque primitive gauche; les vemes sacrées latérales dans la veine iliaque interne correspondante.

Les nerfs sacrés sont les six dernieres paires de nerfs rachidiens, dont les branches postérieures, très courtes, se perdent dans les muscles et dans la peau des régions du sacrum et du coccyx, tandis que les branches antérieures, se dirigent en avant et en dehors et s’anastomosent entre elles, en se joignant au nerf lombo-sacré pour former ce qu’on appelle le plexus sacré. •

Le plexus sacré, qui a la forme d un triangle, est

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