‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 240 sur 289 · SUP · texte numérisé non relu

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SUE

SUPINATEUR.— Nom donné par les anatomistes à deux muscles de la région externe de l’avantbras et qu’on distingue en long supinateur et court supinateur.

Le long supinateur s’insère, en haut, au tiers inférieur du bord externe de l’humérus et, en bas, à l’apophyse styloïde du radius, il occupe la région superficielle et externe de l’avant-bras. Ce muscle fléchit l’avant-bras sur le bras et détermine un mouvement de pronation.

Le court supinateur s’insère à l’épicondyle, delà ses fibres contournent la face postérieure du radius pour s’insérer sur la partie supérieure de la face externe de cet os. Ce muscle porte l’avant-bras dans la supination. P.

SUPINATION. — On désigne sous ce nom un mouvement de rotation, de dedans en dehors, de l’avant-bras et de sa main, dans lequel la face antérieure de celle-ci devient supérieure. p. l.

SUPPOSITOIRE. — On appelle ainsi des médicaments solides, de forme conique, destinés a être introduits dans l’anus. On les prépare avec du savon, du suif, du beurre de cacao, du miel épaissi- Ceux de beurre de cacao sont les plus employés; on leur incorpore souvent des matières actives, telles que la belladone, leratanhia, l’extrait d’opium, etc., qui en changent les propriétés thérapeutiques. Ils ont une longueur de 5 à 7 centimètres, leur grosseur varie de celle d’une plume à celle du petit doigt et leur poids est de cinq grammes.

La préparation des suppositoires varie avec la substance que l’on met en usage. Le savon se taille en cône avec un couteau. Le beurre de cacao, le suif, se font liquéfier à une douce chaleur; on les coule ensuite dans des moules coniques en carte mince ou en papier, que l’on fixe par leur sommet dans une couche de sable fin ; on les retire lorsque la masse s’est figée. En été, ces cônes refroidis n’ont pas une consistance suffisante, il faut leur ajouter un dixième de cire blanche pour la leur donner. Si on veut les rendre médicamenteux, on leur incorpore la substance active avant de les couler dans les moules : les extraits doivent être préalablement dissous dans un peu d’eau, les poudres fmements pulvérisées, le camphre dissous dans un peu d’alcool, etc., puis on opère le mélange aussi exactement que possible.

Certains suppositoires, avant de les introduire dans l’anus, sont trempés dans un liquide médicamenteux approprié à l’effet qu’on veut produire • les suppositoires de savon sont de ce nombre Ils peuvent aussi être tout simplement graissés pour faciliter leur introduction ; ils agissent alors comme laxatifs et provoquent instantanément une ou plusieurs selles par l’irritation qu’ils déterminent sur les dernières fibres musculaires du rectum. On se sert très souvent des suppositoires de savon pour faciliter la sortie du méconium chez les nouveauxnés, et même un peu plus tard quand on craint que les purgatifs ne fatiguent un peu trop encore coq frêles créatures.

D’autres suppositoires, parmi lesquels on corn particulièrement ceux de beurre de cacao ni idi

menteux, sont destinés à être introduit nus où il faut les laisser fondre; fls peS dans l’avir, suivant les cas, à irriter le réctum eUt?lSer' 1er les hemorrhoïdes supprimées, à cal ppe~ douleurs de cet intestin, à guérir la fjSSu mer les nus, à agir contre la cystite, la prostatite la' Les suppositoires médicamenteux les nln* • sont les deux suivants : p Us,tés

1° Extrait de ratanhia . . . , Beurre de cacao très frais pour un suppositoire

1 gramme.

que l’on emploie souvent contre les fissures ■ l’anus et les hémorrhoïdes ;

2° Extrait de belladone. . . . 0,10 k 0,60 centigrammes

Beurre de cacao très frais . 4 grammes ’

pour un suppositoire

que l’on emploie contre la cystite aiguë, la prostatite, etc. Dr Mabc. Cambouliyes.

SUPPURATION. — Nom donné à un phénomène morbide-çaractérisé par la formation du pus (V.

SURDI-MUTITÉ. — La surdi-mutité peut être congénitale ou acquise. C’est cette dernière qui est la plus commune; dans les statistiques on note généralement que sur 100 sourds-muets, 25 seulement le sont de naissance.

L’hérédité directe ne joue pas un grand rôle dans la genèse de cette affection, car Wilde n’a observé qu’un seul enfant atteint de surdi-mutité sur 123 enfants nés de 98 ménages de sourds-muets.

La surdi-mutité frappe quelquefois exclusivement les enfants d’un même sexe; ainsi nous avons vu dans une famille composée de trois garçons et de trois filles, les trois garçons être sourds-muets, tandis que leurs sœurs entendaient très bien.

On a aussi exagéré l’importance des mariages consanguins dans la production de la surdi-mutite. On ne trouve guère qu’une proportion de 8 p.lM de sourds par suite de mariages entre parents. Cependant la race juive semble fournir une plus grande quantité de sourds-muets.

L'influence du climat, de la nature et de la configuration du sol; les malformations et les arrêts de développement de l’oreille; les anomalies des organes crâniens : telles sont les causes congénitales de la surdi-mutité avec l’hérédité et la consanguinité. .

La surdité acquise est produite par la méningi^ la fièvre typhoïde, la scarlatine, la rougeole, les t meurs adénoïdes du pharynx et les affections l’oreille. . .

11 faut savoir qu’un enfant âgé de 6 ans attei de surdité, si celle-ci est complète, perd la lac du langage et devient ainsi sourd-muet. > •

En effet, l’enfant n’apprend à parler qu’en i tant les sons qu’il entend. S’il survient une a tion de l’oreille occasionnant la surdité, l’éduca de la parole est compromise. On cesse de gt cet enfant qui lui-même ne cherche plusà Par^jeS. devient ainsi muet, ne parlant plus que Par Ç deS Aussi est-il important de soigner la surdi ,;0as jeunes enfants de même que toutes les allée

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anvpnt engendrer celte grave conséquence (Y. 7°* r maladies de Z’|).

n ne devra pas négliger le traitement pédagogi- , H jeune sourd. Il faudra- surtout avoir recours ^thode orale pure ; en effet, la lecture sur les | a une supériorité incontestable sur la mimilèŸr6ainsi que nous avons pu le constater dans de ^mbreux établissements d’Allemagne où cette mé- Dh° de est exclusivement enseignée, contrairement à oui se faisait encore il y a peu d’années à l’institut des sourds-muets de Paris.

La méthode orale a, du reste, été connue avant l mimique. C’est le hollandais Jean-Conrad Amman lui est regardé comme le père de la première méthode (1692), quoique cependant dès 865, un archevêque d’York ait appris à parler à un sourd-muet. Cette méthode n’a été connue en France qu’en 1749, où elle fut introduite par Jacob Rodrigue Perelre, et en Allemagne en 1778, époque à laquelle une école fut ouverte à Leipzig par Heinike.

Dr J. Baratoux.

SURDITÉ. — On appelle surdité, la perte ou la diminution considérable de l'ouïe.

Là surdité se manifeste d’abord par la perte de l’audition de la parole, puis par celle du cri, enfin par celle du bruit.

Ce sont divers degrés dans la gravité de l’affaiblissement de l’ouïe.

Dans la plupart des cas, la surdité est due à une affection de l’oreille moyenne, c’est-à-dire de la partie qui est chargée de mettre en communication le monde extérieur avec l’appareil de réception (oreille interne). Nous avons vu que le tympan jV. Ouïe) jouait un rôle majeur dans l’audition ; aussi ne sera-t-on pas étonné lorsque ses lésions (défauts de tension, épaississement, perforation, etc.), amèneront des troubles considérables de l’ouïe. Il en sera de même pour la caisse du tympan qui peut présenter des altérations considérables dues à de longues suppurations, ou des formations de . tissu fibreux déterminant l’ankylose des osselets, ou encore des exsudais liquides (sérum, mucus, pus), remplissant plus ou moins s i cavité : toutes lésions uiebant obstacle à la transmission des sons vers 1 oreille interne. De même lorsque la trompe d’Eustache, destinée à laisser passer l’air de la gorge dans la caisse tympanique, sera obstruée par épaississement, inflammation ou compression de ®es parois, le fonctionnement de l’appareil de conductibilité ne sera plus régulier et la transmission es sons ne sera plus nette. . , ,

Quand la partie de l’oreille interne destinee a a réception des sons (limaçon) a été atteinte de ïjacrose, 0u flue ses éléments ont été détruits par naorrhagie, etc., il est clair que le malade sera .eint de surdité complète.

îm a,®u.rdité, peut encore reconnatlre pour cause ran lf.s*on du nerf acoustique qui est atrophie, , °lh, comprimé ou détruii par une tumeur. Ces soif I'Ses Aérations se produisent soit sur son trajet, 11 a son origine dans le bulbe. Dans ce dernier quail--S méningites, les anévrysmes, les kystes du CQn„ je.nae ventricule peuvent produire des troubles nsiderables de l’ouïe.

Quelques lésions de certaines parties du cerveau peuvent aussi engendrer la surdité. C’est ainsi que des tumeurs ou des hémorrhagies siégeant au niveau de la partie postérieure de la capsule interne, ou à la base de la couronne rayonnante de Reil atteignant de cette façon les conducteurs sensitifs ou centripètes, peuvent provoquer une abolition de la sensibilité générale du corps en même temps que celle de la sensibilité spéciale de l’ouïe.

Enfin, il existe une autre forme de surdité, appelée surdité des mois , qui est due à l’abolition de l’audition verbale. Dans ce cas, les patients entendent le bruit, la voix, savent les rapporter à l’objet qui les produit, mais ils ne cornprennent plus le sens des mots. Qu’une sonnette résonne à leur oreille, ils percevront les vibrations du son ; ils sauront que le bruit est produit par une sonnette, mais qu’on prononce devant eux le mot « sonnette » ils ne comprendront pas le sens de ce mot conventionnel, que nous avons, par éducation, coutume d’associer à l’idée de l’objet.

Cette forme de surdité est due à une lésion de la première circonvolution temporale qui est le siège des images auditives verbales.

11 existe encore des surdités par action réflexe. Nous avons démontré que des lésions du nerf, trijumeau amenaient des troubles de nutrition dans l’oreille avec hémorrhagie et suppuration de la caisse et du labyrinthe. C’est ainsi que la carie dentaire, l’éruption des molaires causent de (louloureux retentissements à l'oreille: l’otalgie, l’otite, etc. Ce fait s’observe assez souvent chez les enfants. La névralgie faciale détermine quelquefois à la longue une diminution de l’ouïe parla répétition des poussées hyperémiques et des fluxions auriculaires. C'est par un même mécanisme que la surdité survient dans le cas de compression ou de blessure du grand sympathique à la région du cou (anévrysme, tumeurs du corps thyroïde, engorgement ganglionnaire). ;

La surdité est encore due aux intoxications par l’abus du tabac, du sulfate de quinine, du salicylate de soude, par l’huile de chenopodium^usitée comme vermifuge aux États-Unis et parliodure de potassium. Dans l’empoisonnement chronique par les sels de plomb, on note aussi de la surdité, fait que nous avons eu l’occasion d’observer quelquefois.

La perte de l’ouïe peut encore être produite par la foudre qui détruit l’appareil auditif et la sensibilité du nerf acoustique, par différentes maladies nerveuses telles que le tabes et la sclérose en plaques, dans lesquelles les noyaux du nerf sont altérés et enfin dans l’hystérie, où la diminution de l’ouïe peut être unilatérale ou bilatérale. Les hystériques présentent un curieux phénomène qui consiste en ce que dans la surdité unilatérale, 1 affaiblissement de l’ouïe peut à volonté être transféré au côté sain ; l’oreille primitivement mauvaise recouvre alors sa fonction, tandis que la portée de l’ouïe diminue d’autant dans l’oreille primitivement

saine. , . , ,

Nous avons déjà vu qu’un certain nombre de maladies générales (fièvre typhoïde, scarlatine, variole rougeole, diphthérie) , déterminaient des

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