‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 242 sur 289 · SUT · texte numérisé non relu

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retirer, et son bord inférieur se plaçant sous le accole occasionne une gène considérable et s’étè absolument du but auquel il est destiné. La car. produite par les sous-cuisses pendant la strIrChe est facilement évitée par un modèle spécial ® à Léon et Jules Rainai. Ce suspensoir.

Fig. 1185.

Suspensoir à ceinture élastique, à poche tricotée à jour et à sous-cuisses.

ainsi que les sous-cuisses, est en tricot très extensible; la forme de la poche est disposée de façon à contenir les testicules sans avoir besoin d’exercer une forte traction. Ce suspensoir, dans lequel il n’entre aucune partie d’élastique, se lave très facilement. La poche est fixée à la ceinture au moyen de boutons, ce qui permet de l’élever ou de la baisser à volonté suivant le plus ou moins de relâchement des parties.

On fait des poches de différents modèles. Dans les suspensoirs sans sous-cuisses, la poche est fixée à la ceinture au moyen de trois agrafes et lejs souscuisses sont remplacés par une bordure en tissu élastique. C’est cette variété dont font principalement usage les cavaliers, pour soutenir le scrotum et prévenir les contusions ou le froissement du testicule par le pommeau ou par tout autre point de la selle.

La poche de ce suspensoir est en tricot; sa capacité est proportionnée au volume des parties qu’il doit contenir ; l’élasticité du tricot lui permet de s’adapter à la forme des parties et de suivre leurs mouvements d’ex- Pension ou de resserrement. Dans d’autres suspen- ^01rs> la bordure de tissu élastique de la poche est snffjPlaCée par une coulisse; une fois appliqué, il bt simplement de tirer les deux cordons pour 1Ue le scrotum soit convenablement maintenu. ne 6 sbspensoir est usité par beaucoup de personde! c|uVsans avoir aucune affection du scrotum ou fias test'cu^es) ont presque toujours les bourses divîaUeS et pendantes. Il est indispensable aux incèle ULatteints d’orchite, de varicocèle, d’hydrodhématocèle, et, en général, d’une tumeur ^conque du testicule. p. l.

à fa^.'^bBlEN. — Nom donné par les anatomistes e§ion qui est située au-dessus du pubis. P. L.

^APULAIRE. — Nom donné par les anatoes a la région supérieure de l'épaule* P. L.

SUTURE. — On désigne sous le nom de suture une opération chirurgicale qui a pour but de rapprocher les lèvres d’une plaie fraîchement divisée et de les maintenir en contact pour amener leur réunion.

Pour pratiquer une suture, il faut avoir : 1° des aiguilles droites ou courbes, de dimensions différentes, à la fois piquantes et tranchantes; 2° une pince pour saisir les aiguilles et les faire pénétrer dans les tissus; 3° des fils qui peuvent être en soie, en chanvre, en crin ou en métal ; 4° des épingles en acier, longues et fines.

On a imaginé un grand nombre de sutures différentes; nous ne parlerons ici que des sutures qu’on pratique le plus habituellement et qui sont les suivantes : 1° la suture à points séparés; 2° la suture enchevillèe’, 3° la suture entortillée.

Suture à points séparés. — Pour pratiquer cette suture, on prépare autant de fils qu’on veut faire de

points, chaque fil est passé dans une aiguille, droite ou courbe, selon la région où l'on opère. On fait pénétrer chaque aiguille à 5 ou 6 millimètres environ de la lèvre droite de la plaie et on l’enfonce dans les tissus de façon à la faire ressortir à la même distance de la lèvre gauche. Lorsque tous les fils sont passés, on les noue séparément de façon à maintenir exactement au contact les lèvres de la plaie.

Suture enchevillèe. — Cette suture n’est qu’une variété de la précédente; elle en diffère en ce que

le fil, au lieu d’être simple est passé en double. Il en résulte qu’on a d’un côté de la plaie une anse et de l’autre les deux extrémités du fil* On fait glisser sous les anses un petit cylindre {cheville) formé par un bout de sonde, par une tige de plume ou par un rouleau de diachylon, puis, de l’autre côté de la plaie, on place une autre cheville sur laquelle on noue5 les extrémités de chaque fil. Cette suture a l’avantage d’exercer une pression égale sur tous les

en tricot et à coulisse,

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points; on l’emploie surtout dans les cas de plaie profonde.

Suture entortillée. — La suture entortillée se pratique à l’aide d’épingles qu’on enfonce comme on le ferait d’une aiguille à suture. Ces épingles doivent être placées symétriquement et à un centimètre

à disséquer la surface bulbaire iUSCTl , cul-de-sac conjonctival, en coupant lelamï près que possible de la cornée. On 1"™t)eauaassi le sommet de ce lambeau avec un fil .e alors aiguille à chaque extrémité. Chaque aS 4’Ulle sant de dedans en dehors, vient traverser! Pas' la paa-

Fig. 1191,

Opération du symblépharon. - Suture -de la. conjonctive.

environ de distance; on dispose ensuite de la manière suivante un long fil ciré : on enroule ce fil autour de l’épingle supérieure en lui faisant décrire plusieurs tours en huit de chiffre, on recommence la même manœuvre autour de l’épingle située immédiatement au-dessous, et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les épingles soient entourées. On peut aussi pratiquer cette suture, comme les deux précédentes; avec les fils métalliques. Dr Paul Labarthe.

SYCOSIS. — (V. Teigne.)

SYMBLÉPHARON. — Nom donné par les oculistes à l’adhérence entre la conjonctive palpébrale et la conjonctive bulbaire. Cette adhérence peut être partielle ou totale.

Dans le premier cas il peut n’existër qu’une simple bride, dans le second, le cul-de-sac a complètement disparu. Cet état est généralement la suite de brûlures, d’ulcérations : il peut accompagner la xérophthalmie. Le pronostic est d’autant plus grave que la lésion est plus étendue.

Le seul traitement à diriger contre le symblépharon est le traitement opératoire, et il devient obligatoire lorsque les adhérences recouvrent une partie de la cornée et troublent la vue. S’il s’agit d’une simple bride étendue de la paupière à la conjonctive bulbaire, on applique sur elle une ligature très serrée qui la divisera peu à peu. La séparation étant obtenue, on enlève la partie de la bride qui était adhérente à la conjonctive bulbaire où à la cornée, et l’on ferme la plaie par quelonpe points de suture, s’il y a lieu.

Dans le symblépharon complet, on ne peut < borner a ce procédé. Un moyen ingénieux consiste j

Fig. 1190.

A. Contour de la cornée recouvert par la paupière.

pière près du rebord orbitaire; les extrémités dii fil sont nouées ensemble sur un petit rouleau de diachylon qui les empêchera de couper la peau. La sui'face cutisée de ce lambeau est ainsi, en rapport avec la plaie de la conjonctive bulbaire. Celle-ci est fermée par des points de suture. On a proposé de combler cette plaie avec un lambeau pris sur une partie voisine de la conjonctive du malade ou sur la conjonctive d’un lapin. Les résultats donnés par cette opération sont généralement très beaux dans les jours qui suivent, mais plus tard, malheureusement, ils deviennent trop souvent illusoires, sauf dans les cas où l’autoplastie a bien réussi. Dr A. Chevallereau.

SYMPATHIQUE (grand). — Les anatomistes donnent le nom de nerf grand sympathique à l’ensemble du système nerveux ganglionnaire; formé par

un double cordon nerveux, situé dans l’intérieur des cavités splanchniques, l’un à droite, l’autre a gauche, le long de la colonne vertébrale, s’étendan

de la tête au coccyx, et offrant sur son trajet

ganglions très nombreux, auxquels aboutissent racines venant du système nerveux cérébro-spm^ et qui envoient des branches aux divers organ de la tête, du thorax, de l’abdomen et dubassim

Certains auteurs, en raison de sa situation, sent le grand sympathique en quatre portions • ^

portion cervicale; 2° la portion thoracique, portion abdominale; 4° la portion pelvienne- ^ nous, envisageant le grand sympathique dau 1 ]U!ensemble, nous dirons qu’il présente : 1° un 2° des racines; 3° des branches. du

Tronc du grand sympathique. — Le,f°cordo» grand sympathique est formé par un double ^ étendu de chaque côté de la colonne vertebr puis la base du crâne jusqu’à la pointe du ^ ^ qui présente, à des distances à peu près reg une série de renflements ganglionnaires, ganglions nerveux, dont le nombre est, ils

égal à celui des nerfs rachidiens avec leb7 rsaus.sont en rapport; ainsi, il en existe douze a

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lombaires, six sacrés; mais, à la région cer- CI-cale ces ganglions se réunissent entre eux pour V’ former que trois, ou même deux, plus volumineux, désignés sous le nom de gansons cervicaux.

0 Racines du grand sympathique.— On donne le nom de racines du grand sympathique, aux filets nerveux qui viennent, comme les racines des autres nerfs, de la moelle et du bulbe, s’accolent aux; racines antérieures des nerfs crâniens et rachidiens, traversent avec eux les trous de conjugaison, puis les abandonnent pour se diviser en deux filets, dont l’un, ascendant, va se jeter dans le ganglion du grand sympathique qui est au-dessus, tandis que l’autre, descendant, se porte au ganglion qui est au-dessous. Chaque ganglion sympathique a donc deux racines, sauf au cou, où les ganglions étant réunis en deux ou trois groupes, chacun d’eux possède trois ou quatre racines.

Branches du grand sympathique. —

Les branches du grand sympathique naissent; des ganglions de ce nerf et se portent aux différents organes. Les unes s’adossent aux artères, les suivent dans leurs trajets, leurs divisions et leur distribution, et forment, par leurs anastomoses, des plexus qui portent le nom des artères qu’ils accompagnent; les autres se portent, par un trajet assez direct, dans les viscères cervicaux, thoraciques, abdominaux et pelviens, et forment, au niveau de ces viscères auxquels elles se distribuent, des plexus nerveux qui portent ordinairement le nom du viscère auquel ils sont destinés. Toutes ces branches réunies constituent la plus grande partie des nerfs vaso-moteurs (Y. ce mot).

Structure du grand sympathique. — be grand sympathique a une structure semblable à celle des autres parties du système nerveux.

Fonctions du grand sympathique. —

Biehat et les physiologistes de son temps considéraient le grand sympathique comme ün système nerveux spécial, entièrement indépendant du système nerveux cérébro-spinal. Depuis les expériences de Claude Bernard, les physiolo- ^stes contemporains admettent que le grand sympathique ne forme pas un système indépendant, ®ais qu’il tire son principe d’action du système erveux cérébro-spinal. Toutefois, on ne possède Qcore que des n0ti0ns incomplètes et limitées sur fonctions spéciales.

^ e. §rand sympathique renferme des éléments senS-K-f-S’. mais ^ ne j°uit à l’état normal que d’une raid !.. t.rès obtuse qu’on ne peut éveiller qu’à l’infl6 ^ excitations répétées. Cette sensibilité, sous sVv!Uence de certains états pathologiques, peut Co n> rer et donner lieu à de vives douleurs me dans les coliques intestinales ou dans la Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

péritonite. Le grand sympathique est un conducteur d incitations motrices ; il préside à la contraction des fibres musculaires lisses et par suite à

Fig. 1192. — Montrant la chaîne du grand sympathique et le nerf pneumogastrique gauche.

22. Chaîne du grand sympathique. — 8". Ganglion cervical du grand sympathique. — 1. Crochet attirant en avant le corps thyroïde. — 2. Trachée. — 3. Poumon gauche attiré en avant.

— 4. Diaphragme. — 5, 18. Nerf pneumogastrique applique sur l’oesophage. — 6. Estomac. — 7. Aorte. — 8. Portion cervicale du nerf pneumogastrique. — 8', 16. Plexus pulmonaire

— 9. Plexus gangliforme du pneumogastrique. — 11 Ner glosso-pharyngien. — 12. Nerf laryngé supérieur. — 13. Plexus pharyngien. - 14. Nerf récurrent du côté gauche (la ligne du nu 14 se poursuit en blanc jusqu’au plexus pharyngien). - 15. Nerf récurrent. — 16. Plexus pulmonaire. — 17. Rameaux du pneumogastrique étalés sur la face antérieure de l’estomac. — 19. Filets du pneumogastrique se rendant au foie.

celle des organes qui en renferment et qui ne sont pas soumis à l’influence de la volonté. C’est ainsi qu’il détermine les contractions péristaltiques qui

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se produisent dans l’intestin pendant la digestion. La vessie,, les; .u-petères, les vésicules séminales, l’utérus et, les ^trompes , sont également soumis à l’influence motrice de ce nerf. Il exerce une action sur les mouvements du cœur et semble présider aux mouvements rythmiques de cet organe. Enfin, le grand sympathique produit la dilatation et la contraction des artères par l’action motrice qu’il exerce survies fibres lisses de la tunique musculaire de ces vaisseaux. p L

SYMPHYSE. — Synonyme d 'amphy arthrose IV ce mot^ p. l.

SYMPTOME. — On désigne sous le nom de symptôme toute '^modification survenant dans le fonctionnement-de nos organes. On distingue les symptômes locaux et les symptômes généraux. Les premiers sont ceux qu’on observe dans le point malade • les seconds, consistent dans un trouble général de 1 économie: la fièvre est un symptôme général qui accompagne un grand nombre ^affections. L ensemble des symptômes permet de faire le diagnostic d/une maladie et leur gravité permet d’établir le pronostic. p

SYNARTHROSE. — (Y. Articulation.)

SYNCHISIS. — Non donné à une, affection douloureuse du globe oculaire caractérisée par le ramollissement du. corps vitré. On distingue deux sortes de synchisis: i° le synchisis simple, dans lequel le corps vitré reste transparent, mais présente une consistance analogue à la glycérine ; 2» le synchisis etmcelant, dans lequel le corps vitré renferme des petits cristaux de cholestérine semblables à une multitude de paillettes brillantes. Les causes du synchisis sont peu connues, on les observe dans certai nés choroïdites et à la suite de l’opération delà cataracte par abaissement. On ne connaît pas de traitement propre à combattre cette affection. P. L

SYNCOPE. - La syncope est un état morbide nui consiste en une suspension plus ou moins complété du sentiment, du mouvement, de la circula bon et de la respiration. la

La syncope survient brusquement, ou elle est precedee pendant quelques instants de malaise d anxiété, de tintements d’oreilles, de vertiee dé nausées, etc. La face pâlit, se couvre d’une su’eur visqueuse les levres se décolorent, la station esï difficile , bientôt la perte de connaissance est complété, 1 individu tombe, la respiration s’arrête son pouls cesse de battre, le choc du coeur est inapnréciable, ses bruits sont très faibles ou ne peuvent même être entendus, l’individu est dans un état Hp mort apparente.

Il y a un point qui a été vivement discuté. Dans la syncope, les battements du cœur sont complètement suspendus ou sont-ils seulement beaucoup plus rares et beaucoup plus faibles? Cette dernière opinion est la plus probable, la plus acceptéemais on ne doit pas oublier que Parrot a cité des cas de syncope avec retour à la vie, dans lesquels 1 auscultation la plus minutieuse n’a pu entendre

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le moindre bruit du cœur, pendant ou moins long. un

La syncope ne se prolonge smèrp quelques secondes ou, au plus de a f deH nutes, puis elle se dissipe graduellement ? 68 mi' ration se rétablit, les yeux s’ouvrent i colore, les idées d’abord un peu va^l faces nent leur netteté, le malade se sent S! reprenturé. eourba-

La syncope peut se reproduire presque iW.tement ou à des intervalles plus oumoin^' dans d’autres cas, elle ne reparaît plus • différé88'5 naturellement en rapport avec causes. ue Ses

Par quel mécanisme se produit la syncope? -

La syncope paraît être produite par une anémie cerebrale. Ainsi les gens affaiblis qui ont, longtemps garde le lit tombent en défaillance lorsqu’ils se lèvent; d’une autre part, faites étendre, la tête touchant terre et les bras élevés, un individu qui se trouve mal et souvent la défaillance se dissipeen effet, la station verticale gêne l’afflux du sang artenel vers le cerveau, tandis que la position horizontale le favorise. Deux opinions ont été émises sur son point de départ :

lrc opinion. — La syncope commence par le cœur; elle est produite par un arrêt momentané de ses contractions, le- cerveau ne fonctionne pas parce que le cœur cesse de lui envoyer du sang (Bichat, Grisolle).

2e opinion. — La syncope commence par le cerveau et l’arrêt de la circulation est consécutif (Piorry, Bouchut, etc.).

L’étroite solidarité établie entre le cœur et l’encéphale par les nombreuses connexions qui les unissent rend fort difficile la solution de ce problème.

Sous quelles influences se produit la syncope?

1 0 Influences émotives ou nerveuses. — Les impressions morales ou sensorielles capables de produire la syncope sont aussi nombreuses que variées (elles ne peuvent d’ailleurs déterminer la syncope que chez les personnes qui y sont prédisposées); ce sont les vives émotions de plaisir, de peine, de terreur, la vue de divers objets (sang, rats, etc.), Ie contact de certains corps.

Dans cette classe doivent se ranger les syncopes consécutives à de vives douleurs ou se produisan dans le cours de certaines névroses (hystérie, etc.)- 2° Anémie cérébrale. — Toutes les circonstances capables de déterminer l’anémie cérébrale sont des causes de syncope. Nous citerons les hémorrhagiès> la ponction d’une ascite, d’un kyste de l’ovaire, la thoracentèse, l’application de la ventouse J une > dans ces diverses circonstances l’équilibre sangm est brusquement rompu, car le sang, affluant e grande abondance dans des régions où quelqu instants auparavant il arrivait avec peine, aba ' donne l’encéphale.

L’anémie cérébrale et par suite la. syncope Pe“'

vent encore être la conséquence de diverses le»0 organiques : ainsi la syncope est fréquente dans * epanchements péricardiques, dans les my°caIyflJ dans les maladies organiques du cœur, surtout 1 insuffisance aortique, dans les lésions desa

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isseaux, dans les embolies ; ici la gène ou plutôt rnsuffisance de la circulation cérébrale est la conséquence mécanique de la faiblesse de l’impulsion

cardiaque.

Il est une forme de fievre intermittente désignée sous le nom de syncopale en raison des syncopes fréquentes quelle occasionne; cette forme est rare, et c’est à peine si, même dans les pays marécageux, on peut en reconnaître assez rapidement la nature pour la combattre par le sulfate de quinine.

■ La syncope peut se produire par action réflexe à l’occasion de vers intestinaux, de lésions organiques de divers viscères, à la suite de flux intestinaux très abondants, etc.

Quel est le pronostic de la syncope ? — 11 se basera moins sur sa durée et ses retours plus ou moins fréquents, que sur le degré de résistance vitale du malade et la gravité de l’affection dont il est atteint. N’oublions pas que, dans certaines circonstances, la syncope est une circonstance heureuse : ainsi dans les hémorrhagies artérielles, elle suspend l’écoulement du sang et permet à un caillot obturateur de se former; elle favorise la réduction des luxations en plaçant les muscles dans une résolution complète, etc.

Avec quoi peut-on confondre la syncope ? — La

syncope peut être confondue avec l’apoplexie. Dans l’apoplexie, l’intelligence et le mouvement sont supprimés, mais la persistance intégrale de la respiration et de la circulation distingue nettement cet état de la syncope.

Lorsque la syncope se prolonge, il n’est pas facile de reconnaître si la mort est apparente ou réelle; cependant, lorsqu’il n’y a que syncope, une auscultation attentive révèle la persistance des bruits du cœur, très affaiblis il est vrai, mais encore appréciables. Alors même qu’on ne les entendrait pas, il ne faudrait pas perdre trop promptement l’espoir, car on a pu rappeler à la vie des individus chez lesquels ces bruits avaient cessé d’être perçus pendant plusieurs minutes.

Dans la syncope la température axillaire reste normale, tandis que dans la mort la température baisse d’heure en heure.

Quel est le traitement de la syncope? — L’indication principale consiste à favoriser l’afflux du sang vers le cerveau; dans ce but, on placera le malade dans la position horizontale, c’est-à-dire qu’on etendra par terre en élevant ses bras. En . même emps, on facilitera la circulation en délaçant les vetements, en projetant sur la face de l’eau froide PUre ou additionnée de quelque vinaigre excitant icau de Cologne, etc.); on fera respirer des sels ang^ns, des odeurs fortes, etc.

• 1 . sync°pe se prolonge au point de devenir gomtlelante, Ü faut Placer dans la bouche quelques jL ,es d’un liquide excitant, comme l’acétate d’am- - niaque, donner un lavement stimulant avec du froid*1 'dnaigre, faire avaler un verre d’eau ûe et pratiquer la respiration artificielle.

Dr Léon Moynac.

****** — On désigne sous ce nom une af- 0Q caractérisée par des adhérences de l’iris, mstingue deux variétés : la synéchie antérieure

dans laquelle l’iris adhère à la cornée transparente et la synéchie postérieure dans laquelle l’iris adhère a, v* capsule du cristallin. La première variété s observe à la suite des perforations de la cornée; elle est la plus fréquente, elle s’accompagne de photophobie, de larmoiement et de douleurs. La seconde variété est consécutive à une inflammation de lins. La pupille présente une déformation qui devient surtout sensible si l’on pratique des instillations d atropine dans l’œil; on voit alors les parties adhérentes rester fixes, tandis que les. autres se dilatent. Le traitement consiste à détruire ces adhérences; ‘ p L

SYNOQUE (FIÈVRE) ^ — On désigne sous le nom de fièvre synoquê ou de ' fièvre éphémère • prolongée ; une affection, qui consiste essentiellement en uh accès fébrile et qui ' se termine par le retour à' la santé. Cette affection débute généralement par un léger frisson, elle s’accompagne dé courbature, de céphalalgie, de soif, quelquefois mêmé d’un peu de délire. Elle dure en moyenne un ou deux jours; dans quelques cas cependant elle sè prolonge pendant cinq ou six jours. Elle s’observe surtout chez lés enfants et les jeunes gens, et elle reconnaît pour cause l’action dé la chaleur, les excès de toutes sortes, et en particulier l’influence du printemps.

Le traitement consiste dans le repos au lit, la diète, quelques sudorifiques, surtout au début, et du sulfate de quinine si la température est trop élevée. p. L.

SYNOVIALE. — Nom donné par les anatomistes à trois variétés de membranes séreuses qui sont : 1° les synoviales articulaires ; 2° les synoviales tendineuses; 3° les synoviales sous-cutanées appelées aussi bourses séreuses.

1° Synoviales articulaires. — Ce sont des membranes séreuses qui tapissent la surface interné des articulations mobiles et qui sécrètent la synovie (V. ce mot). Elles n’occupent point toute l’étendue de l’articulation et en cela elle diffèrent des grandes séreuses ; les surfaces articulaires en sont dépourvues. Elles se continuent avec la circonférence des cartilages articulaires; par leur surface externe elles sont en rapport avec les ligaments auxquels elles adhèrent, quelquefois avec des tendons* et presque toujours avec le périoste avant d’atteindre les cartilages articulaires. Les synoviales sont composées de deux couches : l’une externe, formée de tissu conjonctif condensé, de vaisseaux et de nerfs ; l’autre interne, formée d’épithélium. Elles présentent deux espèces de prolongements, les uns passent par des ouvertures situées au milieu des ligaments, pour faciliter le glissement des tendons, comme on l’observe à l’épaule pour le glissement des tendons du muscle sous-scapulaire et de la longue portion du biceps ; les autres plus nombreux et plus déliés flottent dans la cavité articulaire sous le nom de franges synoviales.

2° Synoviales tendineuses. — Elles sont toutes dépourvues d’épithélium et ne sont pas formées par une membrane propre et isolable. Leur liquide, qui n’est point un produit de sécrétion, est fourni

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par exhalation des vaisseaux qui rampent dans l’épaisseur de la paroi.

Les synoviales tendineuses sont situées au niveau des tendons qui sont le siège de frottements étendus. Elles sont d’autant plus spacieuses que les mouvements sont plus marqués. Les unes entourent complètement le tendon, on les appelle séreuses tendineuses engainantes ou vaginales ; et on nomme vésiculaires celles qui sont aplaties en forme de vésicules au-dessous des tendons plats.

Les premières se rencontrent autour de la plupart des tendons du poignet, du genou, des malléoles, etc. On rencontre les séreuses vésiculaires entre les tendons du muscle grand dorsal et du muscle grand rond, entre la tubérosité bicipitale et le tendon du biceps, au-dessous du tendon du muscle moyen fessier, etc.

3* Synoviales sous-cutanées. — Les synoviales sous-cutanées, appelées aussi bourses séreuses ou bourses muqueuses, sont des cavités situées dans le tissu cellulaire sous-cutané et destinées à faciliter le glissement de la peau dans les régions où elles existent. Ce ne sont pas des membranes séreuses, mais bien des surfaces. Les frottements en déterminent la formation; voici comment : par suite des mouvements de la peau, le tissu cellulaire souscutané devient plus lâche à ce niveau, et peu à peu les cloisons du tissu cellulaire, qui limitent les aréoles de ce tissu, finissent par céder et se déchirent.

On divise les bourses séreuses : l°en bourses normales ; telles sont les bourses qu’on trouve au devant de la rotule, à l’olécrâne, sur les malléoles, etc.; 2° en bourses pathologiques, comme celles qui se développent sous l’influence du frottement à la surface d’une tumeur ou d’une hernie pressée par un bandage; 3° en bourses professionnelles, ce sont celles qui se développent en certains points soumis à des frottements répétés ; elles s’observent chez les tailleurs, chez les frotteurs, chez les cordonniers, chez les couvreurs, etc. or j. a. fokt.

SYNOVIE. — On désigne sous ce nom un liquide visqueux, filant, d’une couleur blanchâtre, qui est sécrété par les membranes synoviales et qui est destiné à favoriser le glissement des surfaces articulations pendant l’exécution des différents mouvements. La synovie contient pour 1000 partie • eau, 928; chlorure de sodium et carbonate dé soude, 6; phosphate de chaux, 1,50; synovine, 64des corps gras et des matières organiques. La synovine est la matière qui rend la synovie visqueuse Les mouvements augmentent la sécrétion de la synovie. p. l ^

SYPHILIS. — La syphilis, appelée aussi mal napolitain, mal Françuis, vérole , etc., est une maladie virulente qui ne se développe pas spontanément mais se transmet par contact ou hérédité. ’

On ne s’accorde pas sur l'étymologie du mot syphilis. D’après Frascalor, il vient du nom du berger Syphilus qui, ayant outragé le Soleil, fut puni par celte maladie; pour d’autres, ce mot est forme de aü;, pourceau, et çiaeïv, aimer (amour immonde! On ne s’entend pas davantage sur son origine.

Pour les uns, la syphilis a existé de to.u . ils appuient leur opinion sur des na<J„ Tfc et de Galien, d’Oribase, de Martial, de Pauffi d ^tée, dans lesquels, sous les noms les plus dj,7gl lne.etc.’ philis se trouve dépeinte d’une façon C’est l’ opinion la plus acceptée. ° aPPante.

Pour d’autres, la syphilis date du XV' sièrio n ginaire d’Amérique, elle a été importée en °ri' par les*compagnons de Christophe Colnmh1*6 bien, quoique datant d’une époque amT-; °u c’est seulement au XV siècle qu’elle aurait caractère epidemique et que se seraient manife" les accidents constitutionnels (Simon Rollet) Pathogénie. - De même que les autres virus h virus syphilitique ne peut être reconnu qUe Z ses effets; il ne présente aucun caractère chimiL ou histologique spécial. H

Ce virus, sécrété par le chancre induré et les ma nifestations secondaires de la syphilis (plaques muqueuses, etc.), ne peut donner la syphilis qu’à la condition d’être mis en contact avec une surface legerement éraillée, ou peut-être d’être simplement déposé sur des muqueuses à épithélium très délicat, comme la vulve, le gland, le prépuce, etc.; mais ceci n’est qu’une hypothèse.

La, syphilis, une fois contractée, imprime à l’organisme un état spécial et diathésique, qui se traduit par des manifestations variées pouvant se montrer à des époques très éloignées du moment de la contagion, par l’impossibilité de contracter un nouveau chancre, etc.

La gravité de la syphilis varie beaucoup : 1° suivant les climats ; ainsi les climats chauds exerceraient sur elle une bonne influence (Lagneau, Follin); 2° Suivant les tempéraments : la syphilis aurait plus de prise sur les gens lymphatiques et scrofuleux, etc.; '3" suivant la façon dont aurait déjà été combattu le virus : ainsi la syphilis contractée dans les républiques espagnoles, où l’on a horreur du mercure, détermine des accidents très graves, etc. L’évolution de la syphilis peut être exposée ainsi :

A. Le chancre induré, se manifestant de quinze jours à un mois après la contamination (coït ou contact avec une syphilitique) et dans le point ou elle a eu lieu, chancre s’accompagnant d’un adénite polyganglionnaire indolente et sans suppuration-

B. Les accidents généraux constitutionnels, indiquant que tout l’organisme est infecté, et se manifestant à des époques plus ou moins éloignées, ce qui les a fait distinguer en accidents secondaires et tertiaires (le chancre est l’accident primitif) : .

1° Les accidents secondaires se manifestent six semaines environ après le chancre; ils consiste^ en : fièvre dite syphilitique, roséole, plaques mu queuses, syphilides, iritis, etc.

2° Les accidents tertiaires, dont l’époque dapp rition n’a rien de fixe (de un à vingt ans et P après le chancre), consistent en gommes, lesio osseuses, lésions viscérales, etc. . ,te

Hunter et Ricord ont fait remarquer avec Jus raison que la syphilis marche de la périphérie corps vers ses parties centrales; à ses déb*ls’tissU trappe la peau et les muqueuses, plus tard le . cellulaire, les muscles, les os, et en dernier le* cères.

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L'étude de la syphilis doit donc se diviser en trois

chancre infectant ou accidents primitif; v Les accidents secondaires; q Les accidents tertiaires.

/ Accident primitif de la syphilis ou chancre inf ctant- — Le chancre infectant ou induré est la remière manifestation de la syphilis; bien difféj!ent du chancre simple qui est et qui reste une affection purement locale, le chancre induré, bien niie développé au niveau du point contaminé, est [indice d’un état général.

Le chancre se contracte par le coït (ou le simple contact d’une partie ulcérée) avec une personne atteinte d’un chancre semblable ou de plaques muqueuses.

Nous avons déjà dit que dans le coït, si le gland ne présente pas la moindre éraillure et surtout s’il est enduit d’un corps gras, le chancre ne se développe pas; toutefois certain auteurs pensent que le simple contact est suffisant.

Le pus des chancres ou des plaques muqueuses, inoculé à une autre personne, donne la syphilis (qui débute toujours par le chancre); mais si on inocule le pus du chancre induré sur la personne qui en est atteinte, l’inoculation restera sans résultat, car une personne qui a déjà la syphilis ne peut, quelle que soit l’ancienneté de sa maladie, contracter un nouveau chancre induré; tandis que le chancre mou, étant une affection purement locale, s’inocule sur la même personne aussi souvent qu’on voudra.

Le chancre ne paraît pas aussitôt apres le coït, mais seulement de quinze à trente jours après; c’est la période d’incubation, dont Ricordnie l’existence, en l’appelant période d’inobservation, et disant que le chancre, encore fort petit, a passé inaperçu pour le malade.

Cette question de l’incubation est très importante; car si elle existe, ainsi qu’on le croit généralement, le chancre induré n’est plus un accident d abord local, puis se généralisant à tout l’organisnne, accident qu’il faut se hâter de détruire, de Lrûler, afin d’arrêter son œuvre d’infection ; mais au contraire, le chancre n’est que la première manifeslalion d’un état général et sa guérison ne peut ayoir d’influence sur les accidents constitutionnels.

Le chancre infectant est ordinairement solitaire, arrondi; sa surface est lisse, irisée, avec des reflets rougeâtres ou brunâtres. Il est beaucoup moins Pp°fond que le chancre mou; il semble être creusé ,n godet à l’évidoir, et ses bords ne sont ni taillés aPic, ni décollés. Parfois il se présente sous l’ascreuse)Uüe ^a(^ue assez ®l'endue (érosion chan-

jJ\a SuPpuration est toujours moins abondante, in Y^.Phlegmonéuse que celle du chancre mou; dp Ük au sujet lui-même, elle ne développe pas eh ancre.

une CSt k'en entendu que si elle était inoculée à na*u autre personne non syphilitique, elle ferait LahD c^ancre-

gi0g asa du chancre est dure, résistante, cartilai-ation e’ • 0la nom de chancre induré. Celte indu •

fiui est un des caractères du chancre syphili¬

tique, s’enfonce plus ou moins profondément dans les tissus. Parfois, c’est une simple lame étendue en surface et non en profondeur (induration parcheminée de Ricord).

Cette induration du chancre infectant est une lésion du tissu conjonctif qui, d’après Cornil et Ranvier, ne diffère pas essentiellement de celles que produit l’inflammation dans ce même tissu.

Adénite syphilitique. — Le chancre induré détermine constamment l’engorgement des ganglions auxquels aboutissent les lymphatiques de la partie ulcérée. La syphilis détermine des adénopathies de deux ordres : 1° les unes, précoces, immédiates, liées au chancre induré : ce sont elles que nousétudions ; 2° les autres, tardives, se produisent dans n’importe quelle région, soit comme manifestation de la diathèse, soit comme symptômes des lésions consécutives. Cette adénopathie est multiple, indolente, dure, et ne suppure pas. Parmi la pléiade de ganglions engorgés, il en est souvent un qui l’est plus que ses voisins (ganglion anatomique de Ricord); d’ailleurs l’adénopathie est rarement limitée à l’une des régions inguinales; ordinairement elle les occupe toutes deux. Il est entendu que si le chancre occupe les lèvres, l’engorgement porte sur lés ganglions sous-maxillaires, etc.

Les ganglions roulent sous les doigts; ils sont indépendants les uns des autres, dépourvus de tout phénomène inflammatoire caractérisé, ce qui distingue l’adénite syphilitique de l’adénite simple et du bubon chancreux. Parfois ils se trouvent reliés au chancre par plusieurs petits cordons indurés donnant au toucher la sensation du canal déférent : cé sont des lymphangites indurées.

Ces ganglions restent stationnaires pendant assez longtemps ; ils survivent au chancre et peuvent, lorsque celui-ci a disparu, fournir de précieux renseignements. Ne négligez jamais, disait Ricord, d’interroger les ganglions lorsqu’un malade affecté d’accidents constitutionnels se présente à vous en niant toute espèce d’accidents suspects; ils finissent par se résoudre avec une grande lenteur, mais la résolution est leur mode de terminaison et la suppuration est tout à fait exceptionnelle, ce qui a permis à Ricord de formuler cette loi : le bubon qui suppure n’est pas syphilitique.

Revenons au chancre. Sa durée varie de quatre a six semaines; il peut passer inaperçu, car il est indolent et suppure peu; l’induration persiste encore quelque temps, puis elle s’efface à son tour; si le chancre occupe une surface cutanée, sa cicatrice présente pendant fort longtemps une teinte foncée assez caractéristique.

Le pronostic du chancre induré se confond avec celui de la syphilis, dont il est la première manifestation. . ,

Le chancre induré doit être différencie du chancre simple. Les caractères qui permettent d établir cette différence ont été exposés d’une façon très complète par notre éminent directeur et ami, le docteur Paul Labarthe, dans son magistral article sur le chancre simple (V. ce mot). Nous ne pouvons qu’y renvoyer le lecteur.

A une certaine époque, Ricord préconisa comme traitement la méthode abortive, espérant ainsi

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anéantir le fléau syphilitique. On sait aujourd’hui que, lorsque le chancre se montre, l’économie est déjà infectée et que le traitement local du chancre n’a, par conséquent, qu’une importance secondaire.

En conséquence, dès qu’on a constaté l’existence d’un chancre infectant, il faut: 1° instituer le traitement antisyphilitique (voyez plus loin) ; 2° panser le chancre induré soit avec une pommade au calomel, soit avec de l’onguent napolitain, soit avec du vin aromatique.

B. Accidents secondaires. — Deux mois environ après son apparition, le chancre est suivi d’accidents généraux désignés sous le nom d’accidents secondaires.

Ces manifestations de la diathèse syphilitique se produisent avec une intensité variable, mais avec une constance absolue, que le chancre soit très circonscrit ou très étendu, qu’il ait été cautérisé et guéri ou abandonné à lui-même et en pleine évoi lution. Ce qui prouve que lé chancre induré n’est que la première manifestation d’un état général, et non une affection d’abord locale devenant un foyer d’infection.

Ces accidents secondaires sont la fièvre syphilitique, la céphalalgie, la roséole, les plaques muqueuses, l’alopécie, les syphilides, etc.

Fièvre syphilitique. — Quelques semaines après l’apparition du chancre induré, l’individu qui en est atteint, et dont la santé n’avait présenté jusqu’alors aucun trouble appréciable, éprouve un sentiment de malaise, de faiblesse ; il se plaint d’accès fébriles, de vertiges, d’éblouissements et surtout d’un mal de tête très intense ; cette céphalalgie, plus prononcée pendant la nuit que pendant le jour, résiste à tous les moyens ordinaires et ne cède qu’à la médication mercurielle.

Les yeux expriment un grand abattement, les membres sont courbaturés, le moindre exercice est pénible, un bruit de souffle cardiaque et des souffles vasculaires indiquent l’anémie plus ou moins grande dans laquelle est tombé le malade.

Ces symptômes généraux précèdent ou accompagnent les manifestations cutanées et muqueuses de la syphilis.

Syphilides. — La syphilis donne lieu à des éruptions de nature diverse, dont l’étude doit tenir une large place dans la description de cette maladieces éruptions ont reçu d’Alibert le nom de syphilides.

Les différences tranchées que présentent les syphilides ont. donné lieu à de nombreuses classifications; chaque auteur a proposé la sienne- les principales sont celles :

1° De Ricord, qui les divise en deux classes les syphilides précoces et les syphilides tardives • ’

2° De Bazin, qui les divise en syphilides résolutives et syphilides ulcéreuses.

Sans nous arrêter à ces divisions, nous allons exposer les principales variétés de syphilides en suivant, autant que possible, leur ordre d’an™, ntion.

Mais il peut être utile d’indiquer, au préalahïn ie” syphmd”sTbre de caraclères comm““s à toutes

1° La couleur cuivrée (cuivre rouge! • gnalée par Swédiaur comme étant ^ été siéruptions syphilitiques; le fait est vr!feciale constant ; dl> n^is n0!1

2° L’absence de prurit a plus de valeur a guère que les éruptions syphilitiqJ;? 11 chevelu qui déterminent des démangeait “ Cuir

3” La disposition en groupes arrondis Z/ « egalement aux éruptions syphilitiques PP rtlent aux éruptions tardives et dont la {mérk^ S?tout chaine; prison est A.

4» Les petites dimensions des squasmes n • recouvrent qu’incomplètement la papule’ SB

sTphiîiSuü; Bi6lt C°mmeTOresa^ éruptions

5° L’efficacité du traitement mercuriel est enm» une véritable pierre de touche propre à démontr la nature syphilitique de l’éruption ;

6° Il est rare que l’individu ne présente pas quel ques autres manifestations syphilitiques, traces de chancres, céphalées nocturnes, engorgement du ganglion cervical postérieur, adénite inguinale multiple, etc.

Enfin, si ces divers caractères n’ont pas une valeur absolue lorsqu’ils’ sont pris isolément, leur réunion fait aisément reconnaître la syphilis.

Roséole ou syphilide érythémateuse. — La première éruption syphilitique consiste en petites taches roses ou rouge pâle, s’effaçant par la pression et disséminées en quantité très variable sur la poitrine, l’abdomen, le dos, etc. Ces taches peuvent, par exception, former un certain relief ou présenter une teinte d’un rouge cuivré. Elles sont disposées en cercle, demi-cercle ou corymbe.

Cette roséole, n’éveillant aucun symptôme désagréable et ne se développant ni sur la figure ni sur le cou, n’est reconnue que par une circonstance fortuite ou bien elle passe inaperçue; cependant elle n’existe pas isolément et s’accompagne presque toujours soit de la fièvre syphilitique, soit de plaques muqueuses, soit d’éruptions croûteuses du cuir chevelu.

Abandonnée à elle-même, la roséole dure de deux à cinq mois; mais si la syphilis a été traitée, a durée .de la roséole est singulièrement abrégée.

La roséole syphilitique pourrait être confondue avec la roséole produite par le copahu et les autr balsamiques, mais cette dernière se montre auto des poignets et des malléoles; elle est prnrigmeu et très fugace.

Plaques muqueuses. — Les plaques muqueus se montrent à peu près à la même époque que roséole et coïncident fréquemment avec elle- 192 malades atteints de roséole’ Bassereau a r contré 88 fois des plaques muqueuses. . s

Elles appartiennent aux accidents seconda ^ mais elles sont contagieuses; ainsi l’inoculation pus provenant d’une plaque muqueuse fait na un chancre induré. a.

Les plaques muqueuses sont des sypbilides V{ puleuses ou tuberculeuses qui doivent leur a e spécial au terrain sur lequel elles se montrent-^

On les rencontre sur les muqueuses exP°s®eLi, contact de l’air ou dans les régions de là P®* prépar le degré de chaleur et d’humidité qu e* s

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t se trouvent dans les mêmes conditions que

56 muqueuses (Follin); ce sont, par ordre de fré-

leS 01 la vulve, l’anus, la gorge, le scrotum, le <Pe.n .J les lèvres, la langue, les espaces interdi- Pfn?es’des pieds, le creux de l’aisselle, etc. d’aspect de ces plaques varie un peu suivant leur .. g. en général, elles ont la forme d’un ovale ou cercle, leurs bords sont élevés, leur surface, hanche ou rosée ; tantôt sèches, le plus souvent humides et sécrétant un liquide âcre et irritant, gHes déterminent fréquemment des démangeaisons, des douleurs et des adénites.

Ces plaques sont discrètes ou confluentes, opalines, érodées, ulcérées. En les étudiant dans les diverses régions, on remarque que:

1» Les plaques muqueuses de l’anus, de la vulve, exposées à des frottements réitérés, s’érodent, s’ulcèrent; leur surface est souvent rose et saignante ;

2» Les plaques muqueuses de la bouche sont parfois recouvertes d’une pellicule blanche (plaque muqueuse opaline) ; cependant elles peuvent aussi s’éroder; de plus, il est rare que leurs bords fassent un relief aussi accentué ;

3° Les plaques des commissures des lèvres, des espaces interdigitaires ont la forme des fissures;

4° Les plaques de la peau sont, en général, sèches, à bords très élevés, ce qui leur donne l’aspect de condylomes ;

5° Ricord a observé la transformation du chancre en plaques muqueuses.

Abandonnées à elles-mêmes, les plaques muqueuses ont une longue durée, surtout lorsqu’elles sont entretenues par une irritation locale (malpropreté, fumée de tabac, etc.) ; mais elles cèdent aisément soit au traitement général, seul ou associé a un pansement local (cautérisations au nitrate d’ar- j gent, à la teinture d’iode, charpie saupoudrée d’amidon ou d’iodoforme).

Les plaques ou papules muqueuses sont assurément les plus fréquentes, mais non les seules lésions syphilitiques des membranes muqueuses; on observe encore de l’érythème, des vésiculo-pustules et des tubercules.

Ces diverses éruptions se font dans la cavité buccale, sur la langue, la voûte palatine ; les tubercules , qui sont les plus importantes , forment d abord sous la muqueuse un noyau circonscrit et indolent qui s’ulcère, gagne en surface et en proondeur et détermine de graves lésions; telles sont es perforations du voile du palais, les nécroses de a voûte palatine.

Syphilides pustuleuses. — Acné et ecthyma syphi- 'tiqces. — La forme pustuleuse des éruptions iJPhilitiques est fréquente; elles revêtent habituelœent la physionomie de l’acné et de l’ecthyma ®eme, d’après Bassereau, celle de l’impétigo, acné syphilitique, de même que l’acné ordirei Se développe sur le dos et les membres ; il ïû PreSente sous l’aspect de petites saillies d’un PuiP Cuiyré, dont le sommet devient purulent, prim SG Cr^ve en laissant une petite cicatrice deqUesee’ entourée de quelques débris épidermi-

^ impétigo syphilitique, qui se développe de pré¬

férence sur la face ou sur la tête, à la racine des cheveux, dans les sourcils, etc., commence par des ampoules très vite changées en croûtes d’un jaune verdâtre, semblables à celles de l’impétigo simple; aussi le diagnostic ne peut-il se baser que sur la coexistence d’autres manifestations syphilitiques.

L’ecthyma syphilitique se présente sous l’aspect de grosses pustules opalines entourées d’une auréole cuivrée; ces pustules sont disséminées sur tout le corps , caractère important en ce qu’il permet de distinguer l’ecthyma syphilitique de l’ecthyma galeux, qui ne s’observe que sur les mains, les pieds et leur voisinage et s’accompagne d’ailleurs de vives démangeaisons.

Les syphilides pustuleuses sont très longues à guérir et très sujettes aux récidives.

Syphilide papuleuse. — Cette syphilide, dont l'apparition est précoce, se présente sous l’aspect de saillies pleines, dures, ayant la forme de lentilles (syphilide lenticulaire), de grains de mil (syphilide miliaire), de petits cônes (syphilide conique).

Ces papules n’ont guère de lieu d’élection : on peut les rencontrer presque partout. Sur le ventre elles ressemblent aux taches lenticulaires de la fièvre typhoïde, et leur coexistence avec la fièvre et la céphalalgie syphilitiques a contribué dans certains cas à faire croire à la fièvre typhoïde.

Ces papules présentent une teinte d’un rouge cuivré ; elles accompagnent d’ailleurs d’autres manifestations syphilitiques qui ne laissent pas de doutes sur leur nature (éruption du cuir chevelu, engorgement du ganglion cervical postérieur, plaques muqueuses, etc.).

Cette éruption papuleuse peut se prolonger plusieurs mois, mais elle se termine toujours par résolution. Les papules ont une grande tendance à se recouvrir de squames, et l’on peut avaiicer que l’éruption papulo-squameuse est une des éruptions syphilitiques les plus fréquentes.

Syphilides squameuses. — Psoriasis syphilitique. — Il est très ordinaire de voir des écailles épidermiques se développer sur diverses éruptions syphilitiques, particulièrement sur les papules et les tubercules. Mais, en outre, les squames peuvent exister isolément sous forme de psoriasis.

Le psoriasis syphilitique s’observe de préférence sur la paume des mains et la face plantaire des pieds; il consiste en squames blanchâtres épaisses, se détachant plus ou moins aisément, et au-dessus desquelles la peau présente une teinte violacée caractéristique. , . , . .

Plus rarement le psoriasis est disséminé sur tout le corps, mais principalement sur la face externe des membres, où il forme des plaques d un rouge cuivré, plaques recouvertes d’écailles epidermi-

^ Syphilis tuberculeuse. — Les tubercules syphilitiques se présentent sous des aspects divers, qui on servi de base à de nombreuses classifications.

Souvent ils sont disséminés sur tout le corps sous l’aspect de reliefs arrondis, du volume d un pois, rouge, sombre, et parfois recouverts d une légère couche épidermique. Ces tubercules disséminés constituent une éruption précoce, et ils dis-

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paraissent sans laisser de traces. Dans d’autres cas, les tubercules sont groupés en cercle, en ellipse, en demi-cercle, etc.; leurs dimensions sont très variables, leur couleur d’un rouge cuivré, et ils laissent après eux des taches livides.

Syphilides tuberculo-ulcéreuses. —Elles sont très communes et débutent par des reliefs plus ou moins saillants dont le sommet ne tarde pas à se recouvrir d’une croûte verdâtre, rugueuse, très épaisse; cette croûte, en tombant, met à nu une ulcération profonde, grisâtre, baignée de pus ; cette ulcération peut gagner en surface, elle est serpigineuse, ou en profondeur, elle est alors térébranle. Bazin a décrit sous le nom de syphilide gommeuse des tubercules qui, développées dans le, tissu cellulaire sous -cutané, roulent sous la. peau comme le ferait une noisette ou un pois; après un certain temps ils se ramollissent, la peau se perfore, il en résulte une ulcération à bords durs et taillés à pic, et qui a une tendance à s’enfoncer de plus en plus.

Quelle que soit la variété à laquelle ils appartiennent, les tubercules syphilitiques ont toujours une marche chronique ; c’est par années que se compte leur durée, et leur passage laisse des cicatrices indélébiles.

Syphilide bulbeuse. — Pemphigus. — Rupia. — Le pemphigus et le rupia peuvent se produire sous l'influence de la syphilis, mais plus rarement que les diverses formes de syphilides que nous venons de passer en revue.

Pemphigus. — Il n’est pas très rare de voir, chez un nouveau-né, la syphilis se révéler par un pemphigus;. mais, chez l’adulte, le pemphigus syphilitique est si rare, qu’on a nié son existence (Bazin, Hardy, Ricord) ; cependant Depaul et Bassereau en ont publié des observations concluantes.

Quoi qu’il en soit, le pemphigus se présente sous l’aspect de bulles larges, aplaties, pleines d’un liquide séro-purulent et entourées d’une auréole rouge ; elles ne se montrent guère qu’à la paume des mains et à la plante des pieds.

Le pemphigus est, chez le nouveau-né, d’une grande gravité.

Rupia.' — Par opposition au pemphigus, le rupia syphilitique ne s’observe que chez l’adulte, et les membres inférieurs sont ses lieux d’élection, bien qu’il puisse se manifester ailleurs.

Son évolution comprend plusieurs phases; ce sont: 1° des bulles entourées d’une auréole cuivrée; 2° ces bulles se transforment très rapidement en larges croûtes noirâtres, épaisses, d’un vilain aspect ; 3° les croûtes se détachent et laissent à leur place des ulcérations profondes à bords taillés à pic ; 4" la cicatrisation de ces ulcères se fait sous la forme de larges maculatures livides ; 5° elles se transforment graduellement en cicatrices blanches et déprimées. Leur pronostic est grave.

A quelle époque apparaissent les syphilides? — Les syphilides appartiennent aux accidents secondaires, mais leur apparition est plus ou moins précoce et fréquente :

1° Les unes, telles que la roséole et les plaques muqueuses, suivent de quelques semaines le chancre induré et ne manquent jamais ;

2° Puis viennent les syphilides pustuleuses, acné

et ecthyma syphilitiques, accidents nnW quents; precoces et

3- En troisième ligne peuvent se piace. , philides papulo -squameuses, qui, bien qu’a 6S Sy~

munes, ne présentent pas le même h ■ c°®quence ; gre de fré.

4o Puis encore les tubercules syphilitiffMPS , les uns sont précoces et les autres tardifs-’ dont

5° Les syphilides les plus rares etles’nW, dives sont le pemphigus, qui ne s'observe 1 • que chez le nouveau-né, et le rupia. ®Uere

Le traitement des syphilides sera exposé en temps que celui de la syphilis. 6me

Accidents de transition. - Les lésions syphili tiques des yeux, des testicules et certaines svnhi Mes déjà décrites ne surviennent que longteL après le chancre; ainsi, bien que l’on continue à les ranger dans les accidents secondaires, on a exprimé l’époque de leur apparition en les désignant sous le nom d'accidents de transition, c’est-à-dire intermédiaires aux accidents secondaires et tertiaires.

Parmi ces accidents de transition, il faut ranger : l’iritis syphilitique; le testicule syphilitique.

Iritis syphilitique. — Nous n’insisterons pas ici sur l’iritis syphilitique qui a été étudiée par- notre distingué collègue, le docteur Dehenne, à l’article iritis (V. ce mot).

' Testicule syphilitique. — Le testicule syphilitique, appelé aussi orchite syphilitique ou sarcocèle syphilitique, s’observe souvent de un à trois ans après le chancre infectant. 11 se développe spontanément, sans cause appréciable, à l’insu du malade, qui ne s’en aperçoit que par hasard. Il se traduit par des signes physiques et fonctionnels.

A. Signes physiques. — Les enveloppes scrotalcs restent absolument intactes à toutes les périodes delà maladie; mais les bourses présentent une tuméfaction unie ou bilatérale (suivant que l’orchite est simple ou double), dont le volume varie suivant la présence ou l’absence de l’hydrocèle.

Y a-t-il hydrocèle, l’épanchement reste toujours très limité et le volume de la tumeur ne dépasse guère celui d’un petit citron; s’il n’y a pas d’hydrocèle, son volume est encore moindre;- le testicu conserve sa forme, mais sa consistance présente notables modifications; tantôt il offre çà et la ^ points d’une grande dureté, mais sans reliefs; • tôt, et c’est le plus ordinaire, il est parsème petites bosselures très dures qui donnent à sa s^ face un aspect mamelonné; c’est là un des gnes les plus importants du testicule syp tique.

La présence de l’hydrocèle, sans s’opposer^ perception de ces bosselures, la rend plus dl ^

En général, l’épididyme est intact; il es exceptionnel de le trouver gonflé et indure.

B. Signes fonctionnels. — La tumeur es ÿ. lument indolente, et elle l’est à toutes ses Per^|jCUn de plus, elle n’appelle l’attention Par. de

trouble fonctionnel. Les personnes attei

testicule syphilitique continuent à éPr.°uVs>eftefdésirs vénériens; l’érection et l’éjaculation tuent bien; mais si la sclérose est aV,* désir8 double, les fonctions génitales déclinent, Ie

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^paraissent; plus tard même le malade devient ^puissant, mais ces faits sont rares.

Cette orchite évolue avec une grande lenteur; epe peut rester très longtemps stationnaire et l’on ne saurait préciser sa durée ; mais, dans son évolution, il est trois points qu’il est fort important de connaître : 1° jamais elle ne suppure; 2° elle guérit merveilleusement bien par l’iodure de potassium ;

3» si elle est abandonnée à elle-même, elle détermine à la longue l’atrophie du testicule.

Le traitement, par excellence, c’est l’iodure de potassium (à la dose de \ à 2 grammes par jour), le mercure est ici moins efficace. Souvent, après une ou deux semaines de traitement, l’amélioration est déjà très sensible.

Le traitement local a peu d’action : aussi peut-on renoncer sans inconvénient à l’usage des pommades iodées ou mercurielles; on se bornera à envelopper la tumeur de ouate et à la soutenir avec un suspensoir. L’hydrocèle concomitante ne réclame pas de traitement spécial, elle guérit en même temps que le testicule.

C. Accidents tertiaires. — Les accidents tertiaires, dont l’apparition toujours tardive est cependant sujette à de nombreuses variétés, comprennent :

1° Les gommes syphilitiques;

2° Les lésions syphilitiques du tissu osseux et du périoste;

3° Les lésions syphilitiques viscérales.

A. Gommes syphilitiques. — Les gommes, ainsi nommées eu raison de l’aspect de ta substance qui les forme à une certaine période de leur développement, constituent un accident tardif, mais bien ca" ractéristique de la syphilis.

D’après Ricord, elles ne se manifestent qu’au moins un an après l’infection et ne se montrent souvent que beaucoup plus tard, dix et quinze ans apfès. On les connaît d’ailleurs depuis longtemps,

| Puisque, signalées par Fracastor en 1536, elles ont parfaitement décrites par Van Swieten, Astruc, Hiinter, etc.

Les gommes se présentent sous l’aspect de tumeurs mal circonscrites dont l’évolution comprend rois périodes : 1° la formation ; 2° le ramollissement ; 1 ulcération.

Pendant la période de formation ce sont des tuleurs dures et indolentes, d’un volume variable. a?fes un temps très variable elles se ramollissent, uerent à la peau qui se perfore et laisse couler “ liquide gommeux et mai lié.

pers°'tVertUre reste ûstuleuse et la suppuration uée 1 JUSclu’a ce que toute la gomme soit élimi-

tachVv • yer Se tarit alors> laissant aPrès lui une

ciJ!lvlde qui se transforme graduellement en une

"'«"ce blanche et déprimée

déveift^0Inmes sont souvent multiples et elles se jPPent dans des tissus très divers :

Peau aa^ ^ üssus cellulaire sous-cutané et la ÿ font leurs lieux d’élection ;

SuPerfi^S|i P®ri°ste les os, surtout dans les os crâne jleletnent placés comme le tibia, les os du tant soi,U \fz’ la clavicule, etc., où elles se présen- ^°rmentS <*eux ^ormes ! tantôt circonscrites, elles seUx et iUQe !0r^e de cône qui pénètre le tissu os- ^ e raréfie, laissant après elles une cicatrice

deprinaée dont les bords, taillés à pic, sont atteints de sclérose : c’est la carie sèche syphilitique de Virchow; tantôt diffuses, c’est ce qui a lieu d’ordinaire sur la voûte du palais, dont elles amènent fréquemment la nécrose.

Les gommes des os se traduisent par deux symptômes locaux : la douleur et la tuméfaction.

Les douleurs, probablement éveillées par la chaleur du lit, se manifestent souvent la nuit; d’abord vagues et peu intenses, elles se fixent et présentent une grande acuité (douleurs ostéocopes nocturnes).

La tuméfaction est plus ou moins appréciable suivant le siège de la gomme. D’abord dures, les gommes osseuses se ramollissent, suppurent et s’ulcèrent, se compliquent souvent de nécrose et de carie, et peuvent, par leur siège, donner lieu à des symptômes de voisinage très graves, notamment a des accidents cérébraux.

3° Dans les muscles, les gommes se présentent sous la forme de nodosités du volume d’une noisette ou d’une noix; on les trouve dans les muscles fessiers, sterno- mastoïdien, triceps, dans la langue, le cœur, etc., d’abord -dures, puis ramollies et suppurées, elles gênent le jeu du muscle et ont des conséquences en rapport avec leur siège.

4° Les viscères qui sont le plus fréquemment le siège des gommes sont : le foie, les reins, les testicules, le cerveau, le poumons, le rectum, etc.

Le diagnostic des gommes, souvent facile, non seulement par les caractères delà gomme, mais encore par les antécédents syphilitiques du sujet et par les heureux effets du traitement.

Le pronostic est assez sérieux en raison de leurs conséquences (nécrose, perforation de la voûte palatine, cirrhose, troubles cérébraux, etc.). Leur gravité varie suivant le siège des gommes et la constitution du sujet.

Les gommes, alors même qu’elles sont arrivées à un ramollissement avancé, guérissent merveilleusement par le traitement des accidents tertiaires (iodure de potassium).

Gomme traitement local, on aide leur résolution par des badigeonnages à la teinture d’iode et, si elles sont ouvertes, par des injections iodées, par des cautérisations légères au nitrate d’argent et un pansement avec du diachylon.

B. Lésions syphilitiques des os. — Elles sont très fréquentes et consistent en périostites, ostéite, carie, nécrose, gommes, exostoses,

L 'ostéite, la carie et la nécrose ont déjà été étudiées d’une manière générale; nous nous bornerons a signaler les particularités qu’elles doivent à leur nature syphilitique.

Elles affectent de préférence les petits os de la face (voilier, ethmoïde, os palatin) ; on les rencontre encore sur un grand nombre d’os superficiellement placés (os du crâne, sternum, clavicule, etc.).

On ne peut guère les distinguer des caries et nécroses scrofuleuses par leurs caractères propres; de plus, Bazin a insisté sur un fait vrai, c’est que la syphilis réveille les autres diathèses; mais, en général, leur nature se trouve très nettement indiquée par leur siège, l’âge, les antécédents du malade, les renseignements qu’il fournit, etc. L’io-

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dure de potassium pourrait juger en dernier ressort.

Le périoste des os superficiels est fréquemment touché par la syphilis, qui y détermine des tumeurs en général de nature gommeuse, situées entre l’os et le périoste (ayant déjà étudié la gomme, nous n’avons pas à revenir sur la périostite gommeuse); dans d’autre cas, la périostite est franchement inflammatoire.

Exostoses. — La syphilis donne fréquemment naissance à des exostoses, c’est-à-dire à des tumeurs dures développées sur la continuité des os; ces exostoses s’observent particulièrement sur lesos du crâne, où elles déterminent des phénomènes de voisinage nombreux et en rapport avec les organes dont elles gênent les fonctions; on les rencontre encore sur les os superficiels (face interne du tibia, clavicule, etc.). Ces exostoses sont le résultat de l’irritation du périoste et de l’os occasionnée par les gommes, les ostéites, etc.

Gommes des os. — Dans l’étude que nous -venons de faire des gommes en général se trouve comprise la description des gommes du tissu osseux.

Douleurs ôstéocopes. — Les altérations osseuses de nature syphilitique s’accompagnent ordinairement de douleurs vives et spéciales, survenant plus particulièrement pendant la nuit, douleurs que l’on a désignées sous le nom de douleurs ostéocopes. Ces douleurs osseuses sont de même nature que les douleurs dans les membres qu’éprouvent les malades au début des accidents secondaires (douleurs rhumatoïdes) ; leur cause est tout aussi inconnue.

C. Lésions viscérales. — Les organes atteints par la syphilis sont :

1° Le foie, qui devient le siège d’une cirrhose ou de gommes.

2° Les reins, chez lesquels la syphilis détermine une forme de mal de Bright;

3° Les testicules, dont nous avons décrit l’orchite syphilitique et les gommes ;

4° Les organes respiratoires, spécialement le larynx ; on sait combien les laryngites syphilitiques sont fréquentes (V. Laryngite) ; les cartilages du larynx peuvent être atteints de carie, de nécrose; l’œdème de la glotte vient parfois compliquer ces lésions et nécessiter la trachéotomie.

Les lésions syphilitiques de la trachée, des bronches et des poumons sont infiniment plus rares et moins connues; on a signalé l’existence d’ulcérations sur la muqueuse trachéale et bronchique, et le rétrécissement consécutif de ces conduits; on cite également quelques observations de pneumonies ou de phthisies pulmonaires, que l’on peut regarder comme étant de nature syphilitique soit parce qu’elles ont guéri sous l’influence de l’iodure de potassium (cas de Leudet, Grisolle et Velpeau), soit parce qu’à l’autopsie on a trouvé des gommes dans le tissu pulmonaire, ainsi que cela a été constaté par Depaul chez des nouveaux-nés syphilitiques.

5° Les organes circulatoires sont si rarement touchés par la syphilis, que Follin n’a pu réunir que cinq observations de péricardites, endocardites

myocardites développées sous l’j philis.

6° Système nerveux. ~ Les manifest-œ veuses de nature syphilitique doivent S Der' en deux groupes : etre divisés

A. Les unes sont le résultat de la comm* • delà destruction des éléments nerveux nL f10n 0a toses ou des gommes situées dans le vmY exos'

eveau ou des nerfs; ces manifestations 5§e4u sont fréquentes et bien connues; elles se t,ad -Ctes par des attaques épileptiformes, des convulsion? l’hémiplégie si la compression porte surlecem? par des troubles fonctionnels extrêmement vaS’ mais en rapport parfait avec les données physioin giques, si la compression porte sur un nerf (para' lysie des nerfs moteurs de l’œil, paralysie faciale,

B. Les autres lésions sont bien moins certaines' elles consisteraient en une action directe de la syphilis sur le cerveau et les nerfs, dont elle troublerait les fonctions sans en altérer la texture ou en produisant des épaississements du névrilème. Elles consisteraient en névralgies, hyperesthésies, paralysies, troubles de l’intelligence, perte de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, etc. Sans vouloir nier la possibilité de cette action directe de la syphilis sur le système nerveux, il est fort probable que, dans la plupart des cas où l’on a cru à son influence, il existait soit une gomme du cerveau, soit une tumeur voisine, de telle sorte que les accidents reconnaissent une altération organique.

Quel est le traitement de la syphilis? — Le traitement de la syphilis peut se diviser en prophylactique et curatif.

Traitement prophylactique. — Bien des moyens prophylactiques ont été proposés pour prévenir la syphilis; on peut les résumer ainsi :

1° La visite des femmes publiques ; ce moyen, encore employé de nos jours, fut, pour la première fois, officiellement prescrit par le fameux édit de la reine Jeanne (8 août 1347). Dans un certain nombre de villes, les filles renfermées dans des maisons sont visitées une fois par semaine et les filles ;en carte un peu plus rarement; ces visites, ainsi qn on en a chaque jour des preuves, sont un peu inuS^t res, car, d’une part, cet examen est trop souV très superficiel, et d’une autre part, les filles q sont soumises à des heures déterminées Peu' parfaitement, par la miction ou par des jnJec lje,

astringentes, faire disparaître momentanemen traces de certaines maladies vénériennes; de P ’ il est difficile de distinguer la blennorrhagie nique de la leucorrhée, etc. . , une

2° La visite des hommes, qui, examines p ^ fle matrone connaissant les maladies vénérienn pénétreraient dans le lupanar que munis d un délivrée par elle ; onctioû

3° Des précautions, telles que : d’abora flBe faite avec de l’huile fraîche, puis lavage av solution de soude; . T renne

4° La syphilisation, par laquelle Auzias-i uf3 prétendait mettre à l’abri des accidents, ut u sj de la vérole en l’inoculant; il estpeu d’erreu étranges que celle-là. , ja sÿ

B° Le véritable moyen prophylactique

SYP

SYP

consiste à ne pas s’y exposer, ainsi que l’a

g spirituellement Ricord Traitement curatif. — Les accidents secondaires la vérole seront traités par le mercure (ainsi , . aU mercure que l’on aura recours contre le Cancre induré, les syphilides, les plaques muqueuses l’alopécie, l’onyxis, l’iritis).

Les accidents tertiaires ou de transition (le testiule syphilitique, les gommes, les lésions osseuses St viscérales) seront traités par l’iodure de potas-

iV1fraitement mercuriel. — L’emploi du mercure contre la syphilis est de date fort ancienne; il entrait dans la composition du fameux remède proposé par Frédéric Barbero u sse à François Ier. v Le mercure peut être employé à l’extérieur et à l’intérieur ; à l’extérieur on peut administrer: l°en bains : les bains de sublimé rendent des services contre les syphilides rebelles ; 2° en frictions faites avec de l’onguent napolitain sur la face externe des cuisses, des jambes, des bras; 3° en fumigations, qui consistent à exposer les parties affectées aux vapeurs d’une bougie de cinabre. C’est là, paraît-il, un moyen employé par les Chinois pour guérir les ulcères syphilitiques (Collin) ; 4° en injections hypodermiques.

C’est à l’intérieur qu’on l’administre d’ordinaire avec ou sans applications extérieures ; nous nous bornerons à indiquer les préparations les plus usuelles. La plus célèbre est la liqueur de Van Swieten. Cette solution, malgré son mauvais goût et la difficulté de sa digestion, est encore prescrite, car elle est très efficace; quelques médecins en ont modifié la formule.

Les pilules de Ricord au protoïodure de mercure dosées à 5 centigrammes jouissent également d’une grande réputation.

Le mercure présente certains inconvénients : il fatigue beaucoup l’estomac ; il affaiblit et surtout il détermine de la salivation et une stomatite. Appliqué sur la peau, il l’irrite.

. Ces inconvénients seront combattus par l’association de l’opium au mercure, ainsi que l’ont fait Du- Puytren et Ricord, par une alimentation tonique, et Par 1 usage de chlorate de potasse ou de borate de soude à l’intérieur, à la dose de 4 grammes par jour dans un verre d’eau. Il est plus commode et faussi efficace d’avoir recours au chlorate de poasse. sous forme de pastilles [Pastilles Dethan ? Pastilles de Palangié) ou au borate de soude égaement sous forme de pastilles ( Pastilles de Vigier).

ontre les accidents de transition, on pourra utiv®eilt recourir à un traitement mixte formé par sociation du mercure à l’iodure de potassium, Gih 1 ^Ue Ce^a exisfe dans les sirops de Bazin et de jjj:ept et dans les pilules du Dr Labarthe. Ces derpL^es s°nt incontestablement plus commodes et elle- apdables à avaler que les sirops, aussi sont- 2 mm- emPl°y®es- Chacune d’elles contient §ram ^rarï).mes de biiodure de mercure, 20 centid’estr*11-? S ^durede potassium et 10 centigrammes dose m .°.u de quinquina. Elles se donnent à la y^^dienne de 5 à 10 suivant les cas.

caCjt ; Tne^ Par l’iodure de potassium. — L'effie l’iodure de potassium contre les accidents

tertiaires de la syphilis est encore plus manifeste que celle du mercure contre les accidents secondaires. Wallace a fait connaître la valeur de ce médicament, que Ricord et Bassereau ont vulgarisé. On administre d’abord une dose de 50 centigrammes à 1 gramme, puis on augmente de façon a en donner 2 grammes par jour. La meilleure Solution à laquelle on puisse avoir recours est le sirop de Laroze à l’iodure de potassium et au sirop d’oranges amères.

L’iodure de potassium détermine fréquemment un coryza spécial, avec une grande sécrétion de larmes et parfois une éruption acnéiforme sur le front. Il faut, dans ce cas, suspendre le traitement, puis y revenir par des doses plus légères.

Dr Léon Moynac.

SYPHILIS HÉRÉDITAIRE. — SYPHILIS DES NOUVEAUX-NÉS. — L’hérédité de la syphilis était déjà connue de Paracelse; mais c’est à partir de la fin du XVIIIe siècle, époque à laquelle on fonda à Vaugirard un hôpital spécial pour les femmes enceintes atteintes de syphilis, que la syphilis des nouveaux-nés a été convenablement étudiée.

Si, au moment de l’accouchement, la femme est atteinte de chancre ou de plaques muqueuses des organes génitaux, l’enfant peut s’infecter au passage : il contracte un chancre et la syphilis se déroule chez lui comme chez l’adulte.

Il nous suffit donc de signaler la possibilité de cette inoculation et nous ne nous occuperons dans cet article que de la syphilis héréditaire.

Syphilis héréditaire chez les nouveaux-nés. — Les premières manifestations de la syphilis héréditaire n’apparaissent que du premier au troisième mois de la vie, très rarement plus tôt, très rarement plus tard.

Elles consistent en syphilides, plaques muqueuses, lésions osseuses et viscérales.

Les plaques muqueuses sont les manifestations les plus ordinaires ; elles se développent dans les régions humides (bouche, scissure intra-fessière, plis des cuisses, etc.), sous l’aspect de saillies ou de plaques humides recouvertes d’un suintement séreux et fétide.

Les syphilidfes cutanées sont tout aussi fréquentes : la peau du visage présente une teinte bistrée comparable à celle des éphélides; plusieurs parties du corps, l’anus, les cuisses, etc., sont rouges; la roséole peut même se généraliser à tout le corps; la peau des pieds et des mains est rugueuse, ridée, les ongles sont atteints d’onyxis; cette peau se détache sous forme de squames et au-dessous d’elle le nouvel épiderme est rouge et luisant.

Le pemphigus est chez le nouveau-né la syphilide la plus commune (grosses bulles distendues par un liquide citrin, purulent ou sanguinolent); nous l’avons déjà décrit, nous n’y reviendrons pas, mais nous insisterons sur ce fait qu il coïncide habituellement avec un coryza intense.

Les lésions osseuses consistent en ostéo-périostite et surtout en une altération spéciale du tissu osseux, altération fort semblable au rachitisme et que Parrot à décrite sous le nom de dystrophie osseuse syphilitique des nouveaux-nés.

Les lésions viscérales portent sur le foie : l’enfant présente des troubles gastro-intestinaux, il vomit, le ventre se météorise, il est très sensible à la pression; il existe de la constipation et l’enfant meurt en quelques jours. A l’autopsie, on trouve le tissu du foie parsemé de noyaux indurés assez semblables à des gommes commençantes (Gubler). Les poumons et le thymus peuvent présenter des indurations semblables, mais sur la nature desquelles l’accord n’est point aussi unanime, puisque Depaul les regarde comme syphilitiques et Cazeaux comme simplement inflammatoires.

La syphilis héréditaire est très grave; les nouveaux-nés qui en sont atteints succombent d’ordinaire, car, outre les manifestations syphilitiques, ils sont encore affectés d’ophlhalmie, de diarrhée, etc., et ils contractent, avec la plus grande facilité, toutes les maladies épidémiques régnantes.

Quel est le traitement de la syphilis héréditaire? — Lorsqu’un enfant naît de parents syphilitiques, si cet enfant est venu à terme, s’il paraît fort et bien constitué, il ne faut commencer le traitement mercuriel qu’à la première manifestation syphilitique; car la transmission de la syphilis est loin d’être constante et l’usage du mercure n’est pas sans quelques inconvénients.

Mais si cet enfant est venu avant terme, s’il est faible, il faut commencer tout de suite le traitement spécifique.

Ce traitement peut être indirect ou direct.

Le traitement indirect consiste à faire prendre à la nourrice du mercure sous forme de sublimé ou de protoiodure; si la mère est syphilitique, le traitement est naturellement indiqué; si elle est saine, il faut l’avertir de l’innocuité du traitement mercuriel, mais j’ajoute, du danger quelle court en nourrissant cet enfant. Il vaudrait mieux dans ce cas se servir de lait d’ânesse ou de chèvre auxquelles on fait absorber du mercure par de larges onctions d’onguent napolitain. En tout cas, lorsqu’on craint qu’un enfant soit syphilitique, il faut faire à sa mère un devoir de le nourrir.

Le traitement direct consiste en frictions d’onguent napolitain suivies de bains savonneux, afin de diminuer autant que possible l’influence irritante de ce médicament , qui s’enlève difficilement, et surtout dans l’administratioh à l’intérieur de 2 à 3 grammes de liqueur de Van Swieten qu’on fait prendre dans un peu de lait.

Souvent le traitement mercuriel suffit pour faire disparaître toutes les manifestations syphilitiques des nouveaux-nés; Diday estime qu’il doit être continué pendant trois mois, mais il n’est pas de règles précises sur ce sujet. De plus, s’il existe des syphilides profondes ou des accidents tertiaires il faudra administrer l’iodure de potassium à la dose de 5 centigrammes par jour.

Questions qui se rattachent à l’étude de la syphilis héréditaire. — A l’étude de la syphilis héréditaire se rattachent une foule de questions d’une haute importance; elles comprennent : A. l 'infection de l'enfant. ; B. l 'infection par l'enfant.

A. Infection de l’enfant. — Voici philitique : de qui peut-il tenir cette ^Sfantsyce de son père, qui seul est syphilitiaSSrï8’ ®8U sa mere, qui seule est syphilitique? fJ Est'Ce^ père et de sa mère, qui, tous deux ont l 6 de 5on ce sont là trois cas que nous allons étudi Syphüis-

1° Transmission par le père. — Lors ^ seul est syphilitique, peut-il donner la vK^ disent Trousseau, Depaul, Mazé, etc Nnn '1 >

peSNOlta’ Et "0US

Quelques auteurs pensent que les accidents s condai.es, seuls contagieux, sont seuls tranlt sibles ; mais que les accidents tertiaires, non Z' tagieux, produisent chez le fœtus d’autres di!' 1 thèses, surtout la scrofule.

2° Transmission par la mère. - Presque tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître qu’une femme syphilitique, qu’elle le soit avant la conception ou depuis la grossesse, donne naissance à un enfant syphilitique.

3° Transmission par le père et la mère. — Ceci n’est pas sujet à contestation ; mais il ne faudrait pas croire, avec quelques auteurs, que l'enfant né de cette union sera fatalement syphilitique; ila seulement de grandes chances pour l’être.

Syphilis acquise par le nouveau-né. — Le fœtus n’avait pas la syphilis, mais l’enfant peut la contracter : 1° au moment de l’accouchement, si les organes de la mère sont atteints de chancre ou de plaques muqueuses; toutefois l’enduit graisseux qui recouvre le corps de l’enfant le protège contre ce genre d’inoculation, qu’il rend plus rare qu’on ne serait tenté de le croire.

2° Par sa nourrice : il n’est pas probable que le lait d’une femme syphilitique puisse clonner la vérole; mais ce qui la donne, ainsi que Ta démontré Diday, ce sont les syphilides du mamelon.

B. Infection par l’enfant. — On a dit qu’un

fœtus engendré par un père syphilitique pouvait, non seulement se former syphilitique, mais infecter sa mère, et la possibilité de ce fait est admise par Depaul, Ricord. Mais un fait bien moins contestable, prouvé par un grand nombre de cas e qui a une haute importance en médecine léga e^> c’est qu’un nourrisson peut donner la syphilis a s nourrice. Dr Léon Moynac.

SYSTÈME. — Mot employé par les anatomis^ pour désigner t tout ensemble de parties si muai composées d’un même tissu, plus ou ®01D^in)e pandues dans l’économie, ensemble décrit c0 formant un tout » (Robin). Les principaux sy^ mes sont: les systèmes musculaire, osseux, veux, etc. P'L’

SYSTOLE. - On donne ce nom à l’état de T*®* rement par lequel le cœur chasse le sang a ^ artères. La systole est le contraire de la " oU qui est l’état de repos et de dilatation du c^ ^ des artères au moment où le sang pénetr

TABAC. — Le tabac est une plante herbacée annuelle de la famille des Solanées, originaire de l’Amérique méridionale, où elle fut decouverte, en 1518, par les Espagnols, sur les bords du Mexique, à Tabaeo. Les Indiens lui donnent le nom Aepetum, mais les Européens l’ont baptisé du nom de la ville où il fut découvert, et en France c’est la dénomination de tabac qui a définitivement prévalu. C’est seulement en 4560 qu’il fut importé chez nous par Jean Nicot, ambassadeur de France à la cour de Portugal, qui en présenta à la reine Catherine de Médicis. On lui donna alors le non de Nicotiane, Herbe de l’ambassadeur, Herbe sacrée, Herbe à la Reine Louis XIII en autorisa la vente chez tous les apothicaires. Jacques Ier, au contraire, l’appela herbe sale ou puante. L’impératrice Élisabeth proscrivit sa culture, édicta des peines sévères contre les fumeurs rebelles et fit confisquer les tabatières dans les églises ; le pape Urbain XIII alla encore plus loin et excommunia les personnes qui prisaient pendant les- offices. En Perse, ce fut encore pire : Amurat IV fit couper le nez aux priseurs. Louis XIV, plus malin, imagina de faire de l’usage du tabac un revenu pour l’Etat et il en afferma la vente qui rapporta 500,000 francs au Trésor, pour les deux premières années. Ce fut l’origine du monopole qui subsiste encore aujourd'hui et qui rapporte par an plus de 300 millions à l’État.

On connaît environ une cinquantaine de variétés de tabac, mais on n’en cultive généralement que deux : le tabac ou nicotiane rustique et le nicotiane tabac.

. lje tabac rustique ou nicotiane vulgaire dont, la hge.ne dépasse guère 60 à 90 centimètres de hauteur, a des feuilles ovales, obtuses, pétiolées, un Peu ondulées, longues de 25 à 30 centimètres et dune couleur vert foncé; ses fleurs sont d’un Jaune verdâtre. Enfin toute la plante est recouverte ae poils glutineux et fétides. On le cultive dans, le ® . i de la France, en Asie, en Afrique et dans 1 A- ®enque du Sud. Il fournit un tabac grossier, mais dx et assez riche en arôme, à 9 6 Mcotiane tabac, dont la tige atteint de 4 mètre Bip na®1;res de hauteur, a des feuilles alternes, sims> oblongues, lancéolées, entières, molles, plus

longues que celles du tabac rustique, et d’un beau vert pâle ; ses fleurs sont grandes et colorées en rose. Enfin toutes les parties de la plante sont recouvertes de poils visqueux, très courts, et exhalent une odeur forte, vireuse, très caractéristique.

Fig. 1193 F'g- 1194*

Tabac rustique. Tabac nicotiane.

Le nicotiane tabac est celui que l’on cultive en grand en France pour la production du tabac. On le cultive également en Algérie, en Belgique, en Hollande, en Virginie, à la Havane, à Cuba, etc.

Au point de vue des différentes sortes usitées dans la consommation, on peut diviser les ta acs en quatre grandes classes :

1° Les tabacs indigènes, prépares en L rance dans quinze établissements spéciaux, sous la surveillance et le contrôle de l’Etat : Pans (Bercy et Gros- Caillou), Bordeaux, Châteauroux, Dieppe, Havre, Lille, Lyon, Marseille, Morlaix, Nancy, Nantes, Nice, Tonneins et Toulouse; marrna

2° Les tabacs D’EUROPE, tels que ceux d Allemagne,

de Belgique, de HoUande, de Hongrie, etc. ;

3“ Les tabacs DU levant, parmi lesquels il faut citer notamment le Latakié ; .

4» Les tabacs du levant, qui comprennent prmci-

TAB

2,00 pour 100

998 TAB

paiement le Maryland, le Havane, le Manille, le Virginie, etc.

Examiné au point de vue chimique, le tabac contient un alcaloïde volatil, appelé nicotine (V. ce mot); des acides organiques (acide malique, citrique, acétique, oxalique); des corps neutres organiques (résine, gomme, albumine végétale, gluten, amidon) ; diverses bases minérales (potasse, chaux, magnésie, fer, ammoniaque); des acides minéraux (acides azotique, chlorhydrique, sulfurique), et quelques autres substances minérales. De tous ces principes, c’est la nicotine, douée d’une odeur âcre et vire u se, rappelant celle du tabac, d’une saveur caustique, et douée d’une puissance toxique telle, que 15 a 30 centigrammes suffisent pour donner la mort, c’est la nicotine, dis-je, qui est le plus actif de tous (V. Nicotine).

Voici d’après Schlœsing, les proportions de nicotine contenues dans les tabacs les plus usités dans la consommation :

Tabac de la Havane . 2,00 pour 100

~ des Arabes . 2 00

— du Brésil . 2,00

— de Maryland . 2 V

— d’Alsace .

— du Pas-de-Calais.

d’Ille-et-Vilaine .

— du Nord . H|

— de Virginie . 6,8

— du Lot-et-Garonne . .

~ du Lot .

Différentes manières d’absorber le tabac. — Eitets produits suivant le mode d’absorption. - Il

y a trois manières d’absorber le tabac : par la machcatwn, en le prisant, en le fumant. Voyons /IL? P UÎtS Pai> 16 tabac chiqué, prisé et

Tabac chiqué. — La chique, puisqu’il faut l’appeler par son nom, est l’apanage à peu près exclusif des militaires et surtout des marins, cependant des gens fort distingués ont été des chiqueurs endums : le professeur Forget, de Strasbourg, chi-

fpmmp16 C6lebr-e Malbôrou§h chiquait, et une femme, une princesse, s’il vous plaît ! Caroline d Angleterre, « la patronne des arts et des sciences », se livrait aux joies pures de la machination.

„ V R dans ces exemples prit bien haut, de quoi réhabiliter la chique?

d.nl1iabUïdtdeuhiqUer a pour inconvénients de donner a la bouche une odeur fort désagréable • en ôutre les dents des chiqueurs se déchaussent, jaunissent et se corrodent; leurs gencives se racornissent Ajoutons, avec le Dr Fanton, de Marseille, que la chique détermine l’inflammation de la bouche et du pharynx, que cette inflammation atteint souvent les amygdales et les piliers du voile du palais et devient la cause d’une hypertrophie de ces organes, dont le volume, amenant une obstruction mécanique de la trompe, est une cause de gêne de louie. On a noté des troubles intestinaux allant parfois jusqu’à l’empoisonnement, des maladies de la bouche, du pharynx et de l’appareil visuel produits par l abus de la chique. Les marins attribuent a la chique la propriété de les préserver du scorbut.

Tabac puisé. - «Le tabac à priœr iin Mer, cause sur la muqueuse nasillé lep,Cir sensation olfactive et tactile. Celle ri Une d°uble un picotement donnant lieu par ar ;nCOnsiste en des éternuements plus ou moins répété réfle*eà gnés d’une abondante sécrétion 'de mn acc°mPajour de la poudre de tabac dans les n2 Le sé' produire dans quelques cas des étourdi?/^11 de la somnolence et même des accidents ni nts’ yes ; mais de tels phénomènes liés à l’ah S gra' des principes actifs du tabac ne sont pOssihwPtl0n lorsque la sécrétion muqueuse fait défaut I S qUe convénients du tabac à priser sont plus manif!/' lorsqu’il se répand dans l’arrière-gorge et suri?! lorsqu'il est dégluti, il eu résulte^ét«S

les effets des petites doses prises directement par b bouche. « Pris en petite quantité, le tabac en J? dre excite le cerveau dans une juste mesure de maniéré à rendre plus actives et plus, fortes les fa cultes auxquelles cet organe préside. Le tabac ahsorbe par le nez, dégage une odeur désagréable surtout pour les voisins des priseurs, — ces derniers, quand ils ne sont pas propres et soigneux sont aussi insupportables à la vue qu’à l’odorat. On cite, cependant, bon nombre de priseurs fameux : contentons-nous de. nommer le grand Frédéric et Napoléon Ier et de supposer qu’ils prisaient proprement.

Tabac fumé. — Le nombre des fumeurs est de beaucoup plus considérable que celui des chiqueurs et des priseurs. On pourrait faire un volume en réunissant d’un côté, les opinions des auauteurs favorables au tabac fumé, d’un autre, celles des auteurs qui en sont les ennemis.

L’usage immodéré du tabac fumé, c’est-à-dire l’abus, entraîne une intoxication lente, des troubles de la digestion, de la dyspepsie, des vomissements glaireux, puis alimentaires ; de l’anémie, des battements du cœur plus faibles et plus irréguliers, de l’angine de poitrine, un amoindrissement des facultés cérébrales, la perte de la mémoire, des troubles de la vue, une diminution très sensible de la puissance génésique, etc.; de plus, les fumeurs acharnés ont les dents noires, les gencives irritées, le larynx enflammé et atteint de ce qu’on appelle la laryngite des fumeurs. Enfin on a attribué à l’action de fumer l’origine du cancroïde de la lèvre ou cancer di des fumeurs. Il est bon toutefois de faire observer, avec le docteur D1' Pietra Santa, que le cancer des lèvres existe chez des femmes et des enfants n’ayan jamais funaé.

S’il est vrai que l’usage immodéré du ta ae fumé soit véritablement nuisible à la santé, en re vanche nous dirons, avec le professeur Sée,

« la fumée du tabac, à dose modérée, produit Iecitation cérébrale et facilite le travail », et avec docteur Viry « qu’elle augmente l’activité du veau, donne momentanément plus de lucidité a ^ pensée, calme l’ennui et berce l’imagination- ^ « Ainsi le tabac s’élève au rang de modifie» moral, et dès lors il faut l’apprécier, non plu» a de les seules donnéès de la chimie, mais au p01*" gi vue des réactions morales qui jouent un ro^ considérable dans Thvgiène humaine » ' jé-

Lévy), Nous conclurons donc, avec le grand nyD

TAB

TÆN

- Rouchardat : « Ne soyons pas un senseur abo'=te , tabac, car il est des conditions dans lessûIUl on ne saurait blâmer son usage modéré.

^ vrier après les durs travaux de la journée, W un grand bonheur, en rentrant dans son Sicile, à fumer une ou deux pipes; je n’oserais îrrndre le tabac au soldat dans le bivouac et au arin qui navigue. L’ennui est un mal qui, chez le tfat le marin, peut conduire à la nostalgie ; le S°bac est un remède dont on ne saurait méconnaître k puissance. Le vieillard qui est gagné par l’ennui le vieillir trouve dans le cigare une consolation, une douce habitude dont la privation devient plus dure que celle des aliments ; pour plus d’un malade c’est un lien qui le rattache à la vie; dans la convalescence c’est le premier plaisir. »

Ajoutons que si Goethe n’admet pas qu’un homme de génie puisse fumer, en revanchè, Bacon, Locke, Kant, Newton, Milton, Addison, Walter Scott, Byron, Jules Favre, Gambetta, Émile Augier, Jules Simon, Caro, Octave Feuillet, Sardou, de Lesseps, Dueamp, Corot, Garnier, et avec eux nos grands littérateurs, nos grands peintres et nos grands sculpteurs, sans compter presque tous les grands médecins, Robin, Gavàrret, Béclard, Yulpian, Charcot, Ricord, Sée, Trélat, etc..., ont été et sont des fumeurs.

Terminons par quelques conseils aux fumeurs de cigare, de cigarette et de pipe. Lorsqu’on fumé un cigare ou une cigarette, il est -bon de se servir d un porte-cigare ou d’un porte-cigarette de façon à empêcher le contact direct de la muqueuse avec le tabac, ce qui diminue considérablement les inconvénients de celui-ci. Lorsqu’on fume la pipe, il faut la choisir à tuyau long,'- en terre poreuse ou en écume, parce qu’elles absorbent bien la nicotine. La pipe à réservoir d’eau est de beaucoup la meil- . leure, car le tabac y brûle lentement et sa fumée traversant le liquide y laisse une certaine quantité de ses principes toxiques. Dans tous les cas, il ne j faut jamais fumer dans une pipe trop culotée, encore moins dans un « brûle-gueule ».

Sous quelle forme que l’on fume, il faut toujours fumer du tabac de bonne qualité et bien sec, fumer lentement, ne pas avaler la fumée, cracher assez souvent, enfin ne jamais fumer, autant que possible, qu’en plein air ou dans de vastes pièces, largement aérées.

Falsifications du tabac. — En France, le tabac étant le monopole de l’État, on peut affirmer que le tabac de la régie n’est jamais falsifié. Il n’en est pas de même des tabacs provenant des pays étrangers.

, sont l’objet de très nombreuses sophistications, cest ainsi qu’on y a trouvé mélangés des feuilles de rhubarbe, de chicorée et de chou, du varech, de a mousse, des racines de chicorée, du foin, etc. On a couvé, en outre, dans les tabacs à priser du sel, de a silice pulvérisée, de l’ocre, du minium, du chro- ^ate de plomb, du marc de café, de la poudre de j tes à brûler, etc.

Les cigares que l’on vend très chers, les fameux avanes, sont aussi très souvent falsifiés. C’est j, qu’en France et en Angleterre on a imaginé à .Caeter des cigares à très bas prix à Hambourg, 411Vers, et de les envoyer â la Havane, où on les

met dans des caisses étiquetées pour les renvoyer en Europe, où on les vend fort chers, sous le nom de véritables Havanes. D’après Cardon, bon nombre de fraudeurs ne feraient même pas subira leur marchandise un aussi long voyage. « Il se fait, ditil, en Belgique, à Hambourg et à Francfort un très fructueux commerce de cigares feuilles de choux , vendus comme purs Havanes, sous le cachet de la régie, qu’ils ont acquis le droit de porter, en payant les droits comme s’ils étaient de provenance directe. Le procédé est bien simple : aussitôt qu’un vaisseau est signalé à l’entrée de la Baltique ou dans la Manche, comme venant de Cuba, on expédie à sa rencontre des barques chargées de caisses de cigares, exactement de même forme que ceux de la Havane; le bois des caisses est exotique, les bandes portent le nom de manufactures créoles, mais le tabac est hollandais ou allemand ; qu’importe, le cachet de la douane change sa nationalité, et Te baptisant Havane, décuple sa valeur. Le tour est joué. » Avis aux fumeurs de cigares étrangers!

Usage médical du tabac. — Le tabac, qu’on appelait, dans le principe, herbe à tous les maux, et dont on avait singulièrement exagéré les vertus médicamenteuses, est aujourd’hui rarement employé, à cause de ses propriétés irritantes et toxiques, dues à la nicotine. On ne l’utilise guère qu’en poudre incorporée à Paxonge pour détruire les poux de la tête et du pubis.

Empoisonnement par le tabac. — (Y. Nicotine.)

Dr Paul Labarthe.

TABES DORSALIS. — Nom donné à une affection caractérisée par la sclérose des cordons postérieurs de la moelle. Le tabes dorsalis n’est autre chose que Y ataxie locomotrice (V . ce mot), p. l.

TACHE. — On désigne sous le nom de tache tout changement de coloration de la peau, sans élevure ni dépression sensibles. La couleur et la dimension des taches sont très variables; on en compte un grand nombre d’espèces, parmi lesquelles nous signalerons les taches de rousseur (Y. Éphélide ), les taches sanguines, vineuses (V. Nævus), etc. P. L.

TACT. — Synonyme de toucher (V. Toucher).

TÆNIA. — Les tænias sont des vers aplatis, rubanés, formés d’un grand nombre d’anneaux se détachant lorsqu’ils sont parvenus à développement complet. Les espèces que l’on rencontre le plus fréquemment dans l’intestin de l’homme sont : le tænia solium, le tsenia medv>canel lata et, beaucoup plus rarement, le botriocéphale.

Le tænia solium ou ver solitaire, (parce qu’on n’en rencontre gén râlement qu un seul à la fois chez le même individu), présente un corps en forme de ruban, remarquable par sa longueur qui dépasse parfois huit mètres. Sa tête, supportée par un cou étroit et flexible, du volume d’une tête d’épingle, présente quatre ventouses par lesquels le tænia adhère à l’intestin et se termine par un renflement ( rostre ) muni d’une double couronne de crochets. Son corps, blanchâtre, est formé d’une

série d'anneaux présentant sur leurs parties latérales l’ouverture des organes reproducteurs et contenant un grand nombre d’œufs qui s’éliminent avec les matières fécales. Lorsque ces œufs sont ingérés par certains animaux, comme le porc, par exemple, ils subissent une première phase de leur évolution et se transforment en cysticerques. Si

du malade, il s’agit du tænia meHin„ au contraire, ils sont expuhfaT S®*; < garde-robes et par fragments de cinq n , ent £ gît du tænia armé. ^ 0u Slx> fl &’a

D’une manière générale, le traitement m •

donner d’abord un tænifuge, nuis COnsiste à après, un purgatif (huile J “1^ Parmi les préparations les plus souvent J* °melînous citerons : les fleurs de kousso à T S°yées’

4. Tête et cou de grandeur naturelle. — 5. Tête agrandie vue de côté ; .elle présente quatre ventouses et une double couronne de crochets. — 7. Anneaux du corps qui sont plus longs que larges.

l’homme, à son tour, vient à se nourrir d’animaux renfermant des cysticerques, ces derniers parviennent a leur état de développemeut complet et se transforment en tænias.

Le tænia mediocanellata présente des anneaux plus longs et plus épais que ceux du tænia solium; sa tête est dépourvue de crochets. Il existe, à l’état de cysticerque, chez le bœuf.

Le botriocéphale a une tête munie de deux fossettes latérales et dépourvue de crochets’ ses anneaux sont plus larges que dans les autres espèces et présentent, sur leur milieu, l’ouverture des organes sexuels.

Le tænia solium se rencontre surtout en Allemagne, en France et en Angleterre; le tænia mediocanellata est très commun en Autriche et en Bavière ; le botriocéphale est très fréquent dans la Suisse occidentale.

La présence des tænias dans les voies digestives entraîne, dans un certain nombre de cas des symptômes qui consistent: en bourdonnements d’oreilles, en étourdissements, en troubles de la vue (dilatations des pupilles); en troubles des fonctions digestives (ballonnement du ventre, coliques* diarrhées, nausées, vomissements, etc.); en démangeaisons dans le nez ou à l’anus et en convulsions chez les entants. Mais tous ces symptômes peuvent manquer, et souvent le malade n’est averti de l’existence du tænia que par la présence d’anneaux dans les selles, ce dernier symptôme est le seul signe vraiment pathognomonique. L’ex.imen des anneaux permet de reconnaître à quelle espèce ils appartiennent; s’ils sont rendus isolément et à l’insu

Fig. 1196. — Botriocéphale.

1. Tête et cou de grandeur naturelle. — 2. Tête arrondie présentant deux fossettes en oscules. — 3. Anneaux du corps qui sont plus larges que longs.

20 grammes en infusion, la macération d’écorces de grenadier sauvage à la dose de 60 grammes, l’extrait éthéré de fougère mâle. Dans ce dernier cas, on peut aussi avoir recours aux capsules tœnifugesde Limousin, formées d’extrait éthéré de fougère mâle associé au calomel. Enfin on recherchera avec soin si la tête a été rendue, car lorsqu’elle reste dans l’intestin le tænia ne tarde pas à se reformer. D' Louis Thomas.

TÆNIFUGE. — Nom donné à certains médicaments destinés à provoquer l’expulsion du tæwa ou ver solitaire (V. Tænia , Fougère, Grenade, Kousso ). F- L-

TAFFETAS VULNÉRAIRE MARINIER. - (V- m'

rinier.)

TAIE. — Nom donné par les oculistes aux taches de la cornée (V. Cornée ). p- L

TAILLE. - La taille, ou stature de [hom^ varie suivant les contrées, les conditions hyg1 ques, l’âge, le sexe et les individus. eS

Variations suivant les contrées. — Les b°® g les plus grands du globe se rencontrent en,ffioflS et en Patagonie; les plus petits habitent le^ re°oflS. polaires: tels sont les Kamtchadales, les L*Ldes les Groenlandais, les Esquimaux, les Sana°Meïnt et les Ostiaques; la taille des premiers 2 mètres, et celle des autres ne dépasse pas En France, les carabiniers, dont la taille °

TAI

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taire est de lm,70 au minimum, sont recrutés ®en j jes habitants des départements de l’Est;

dans le Midi, au contraire, que les cas d’exemp- C-6n du service militaire pour insuffisauce de taille 00 t ^s plus nombreux.

^Variations suivant les conditions hygiéniques.

le campagnard est plus petit de taille que le 'Tjadin, à cause des fatigues qu’il supporte et surjet de’ l’attitude courbée qu’exige la culture de la

46 Le "séjour prolongé au lit gonfle les cartilages des articulations, tandis que la marche les tasse et diminue la hauteur du corps. C’est pourquoi la taii]e paraît plus élevée pendant la convalescence des longues maladies. Certains conscrits ont été réformés après avoir fait de longues marches en portant un fardeau sur les épaules.

Variations suivant les âges. — A l’état d’embryon, l’homme présente, à un mois, une longueur de 2 centimètres et demi ; à deux mois, il mesure 5 centimètres; à trois mois, 10 centimètres; à quatre mois, 15 centimètres; à cinq mois, 20 centimètres; à six mois, 25 centimètres; à sept mois, 35 centimètres; à huit mois, 40 centimètres; à neuf mois, sa longueur est de 50 centimètres.

A partir de sa naissance, l’homme continue a grandir de 10 centimètres par an jusqu’à quatre ans et demi ; de 4 centimètres par an jusqu’à treize ans et demi et de 2 centimètres par an jusqu a 30ans, époque où sa taille reste stationnaire jusqu’à cinquante ans, pour décroître insensiblement à partir de cet âge.

Les statistiques faites en Belgique et en France dans ces dernières années permettent de fixer approximativement la taille moyenne au moment où elle atteint son maximum, c’est-à-dire vers la trentième année; elle est en France de lm,66 et en Belgique de im, 68.

11 résulte de ce court exposé que la taille se développe avec plus de rapidité au début que dans le cours de la vie, puisque à trois ans l’hommé a atteint la moitié de sa hauteur définitive.

La connaissance des variations que subit la taille aux différents âges sert à la solution d’un grand nombre dé questions de médecine légale, notamment lorsqu’on veut déterminer l’âge d’un individu * après sa mort, par l’ensemble de ses qualités physiques.

Variations suivant les sexes. — La stature de la manne atteint son maximum de développement mrs vingt-cinq ans; elle est donc stationnaire, alors que celle’ de l’homme continue à grandir, ette circonstance explique l’infériorité de la taille e la femme sur celle de l’homme, bans le bas âge, les deux sexes suivent sensible- ^mut les mêmes lois de croissance ; aussi est-il souvent difficile de distinguer, par la taille, le sexe mjfants qui portent le même costume, dp a de l’espèce humaine est elle en déca- 0 ÛCe.- ~~ La plupart des auteurs ont résolu cette sey 10a Par l’aftirmative. Or tous les statisticiens chert* ^ePu’s> se sont livrés à la même rostai Cae ’ au ^eu d’accuser une diminution de a Veara de l’espèce humaine, affirment au contraire, b- Planche « que depuis vingt-deux siècles il Dictionnaire populaire os! Médecine usuelle.

est parfaitement établi que l’homme, de la plante des pieds au sommet du front, compte sept têtes et demie et que les dimensions des têtes anciennes sont sensiblement égales à celles des têtes modernes ». La taille n’a donc pas varié, et si en France les dernières lois sur le recrutement militaire ont baissé le minimum de la taille, c’est parce qu’on a voulu atteindre un plus grand nombre de recrues. Voici le tableau de la taille minimum et maximum exigée de nos jours dans les différentes armes:

Cuirassiers . . . 1.70 1.78

Artillerie, pontonniers. ...... 1.67 1.78

Dragons, génie . 1.66 1.72

Train d’artillerie . . 1.64 1.72

Chasseurs, hussards, chasseurs d’Afrique, spahis, train des équipages . 1.62 1.68

Zouaves, chasseurs à pied, tirailleurs algériens, infanterie de ligne . 1.54 1.67:

Rapports de la taille et de l’intelligence. — Il

semble que la nature, dans la répartition de ses dons, ait procédé par système de compensation. Les fleurs, qui exhalent les plus doux parfums, ne sont pas généralement celles qui offrent aux yeux les couleurs les plus éclatantes ; et les plus grands esprits n’habitent pas toujours un corps sans défaut, ainsi que le prouve l’exemple d’Esope, de Scarron, de Byron et de tant d’autres. On sait, comme d’observation journalière, que les bossus sont rarement des sots. De même on a reconnu de tout temps que les hommes de petite stature étaient les mieux doués sous le rapport des facultés intellectuelles., Virgile en fait déjà la remarque dans ce vers:

Ingéniés animos angusto corpore versant...

« Ils portent dans un petit corps un esprit supérieur; » et V. Hugo, en parlant de Charlemagne, dit « qu’il était un de ces très rares grands hommes qui sont aussi des hommes grands ».

Tailles exceptionnelles. — La taille de l’homme peut offrir des écarts considérables par suite dune anomalie dans son évolution :■ elle peut être de beaucoup supérieure à la moyenne: c est la taille des géants ; elle p ut, au contraire, lui être beaucoup inférieure : c st la taille des nains.

Parmi les géants authentiques des temps modernes, nous citerons le kalmouck Margrath, qui mesurait 2m,53,et le Finlandais Caianus, dont la taille s’élevait à 2m,83. Les os du premier sont conservés dans les vitrines du musée Orhla.

Les nains les plus célèbres ont été Nicolas Ferry, plus connu sous le sobriquet de Bébé, nain de Stanislas Leczvnski, roi de Pologne, qui ne mesurait que 89 centimètres et dont le squelette est au Muséum du Jardin des Plantes et son mannequin au musée Orfila. Citons encore. Barw.loski attache à la comtesse Hnmieszka, dont la taille ne dépassait pas 76 centimètres, Jeffery Hugdson, nain de la duchesse de Buckingham qui n avait que 56 centimètres de hauteur, et le fameux general Tom Pouce que tout Paris a vu, ainsi que le prince Colibri. O- G. WnKûwsKi.

TAILLE. — La taille est une opération chirurgicale par laquelle on fait une ouverture artificielle à la vessie pour en extraire des calculs ou des corps étrangers quelconques. On peut pratiquer cette ouverture par trois régions différentes :1e périnée, le rectum ou l’hypogastre, d où les noms de taille périnéale, taille recto -vésicale, s taille hypogastrique. Disons tout, de suite que la taille périnéale est presque la seule .

qui se pratique, car elle répond à la généralité des cas ; on n’a recours que tout à fait exceptionnellement à la taille hypogastrique. Nous ne parlerons donc ici que de la taille périnéale.

Taille chez l’homme. — Taille périnéale. — La taille périnéale, avons-nous dit, est celle dans laquelle, pour arriver dans la vessie, on fait une ouverture à travers le périnée. Cette ouverture se fait par des ineisions que l’on pratique dans des sens variés.

Les instruments nécessaires pour cette opération sont : 1° un bistouri à manche long, à lame fine courte, à dos convexe, à tranchant droit, à pointe acérée mais trapue; 2° un cathéter en fer uni creusé d’une cannelure large et profonde occupant toute la convexité de la courbe jusqu’au bec et qui se termine par une extrémité arrondie (la courbure du cathéter doit être un peu brusque ainsi que le recommande notre ami Reliquet)- 3° un lithotome (toujours celui du frère Côme, mais plus droit), composé d’une lance latérale tranchante par son côté extérieur , cachée lorscrue

instrument est fermé, sortant par une pression

un lavement, sur une table, la tête sur un °rel les poignets attachés auxcous-de-pieds par àes celets, le siège près du bord de la table et de ^ la fenêtre de la pièce. Après avoir rasé les P®11 périnée, un aide donne le chloroforme tandis deux autres, placés à droite et à gauche de la !

en arrière des membres inférieurs, écartent ce ^ d’une façon constante et égale; un quatrième placé à gauche du sujet lui tient les bourses vées avec la main gauche. , ^afls

L’opérateur après avoir introduit le cathéter veSle canal de l’urèthre du malade jusque dans sie, s’assied en face du périnée de l’opéré, cède alors à l’opération de la taille pr°Pr

dite. jg cette

Nous n’entrerons pas ici dans les détails a

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TAI

Dération, nous dirons seulement d’une façon très Sommaire qu’elle comprend 5 temps.

5 pans le premier temps, le chirurgien incise la eau et Jes tissus sous-cutanés; — dans le second temps* il ponctionne l’urèthre, en arrière du bulbe à l’aide du bistouri dont la pointe se trouve placée dans la canelure du cathéter; — dans le troisième temps* il introduit le lithotome en le poussant dans la canelure du cathéter, en même temps que l’aide mii tient lé cathéter abaisse le pavillon de celui-ci, eotnme pour introduire son bec dans la vessie; — dans le quatrième temps, l’opérateur incise Je col de la vessie en ouvrant le lithotome et en l’attirant directement et horizontalement au dehors, pûis il referme le lithotome et le retire ; — dans le cinquième temps, il introduit son indicateur gauche dans la plaie, conduit sur ce doigt le bouton à crête jusque dans la vessie, la crête en haut; puis, sur cette crête, il conduit les tenettes jusque dans la vessie, écarte les deux branches de l’instrument, saisit Ja pierre et en fait l’extraction après s’être assuré qu’il ne pince pas la vessie.

Une fois la pierre enlevée, le chirurgien, au moyen d’une grosse sonde introduite par la plaie dans la vessie, procède au lavage de celle-ci, soit avec dé l’eau phéniquée au millième, soit avec de l’eau boriquée (40 pour 1000), à la température du corps. Ensuite, pour que l’urine puisse s’écouler constamment à l’intérieur, il place dans la plaie une très grosse sonde en gomme qu’il fixe par des liens à une ceinture, et qui doit rester en place pendant plusieurs jours, jusqu’à ce qu’ily ait organisation de la plaie. Par cette canule on fait de temps en ! temps une injection d’eau phéniquée ou boriquée.

Dans le lit, l’opéré doit rester couché sur le dos, les épaules et la tête relevées par des oreillers. Le bassin est placé sur un coussin à air en caoutchouc, ayant la forme d’un croissant et assez épais.. Le périnée étant ainsi élevé au-dessus du lit, on place facilement au-dessous de la sonde un vase plat et une éponge molle. Celle-ci s’imbibe du liquide qui coule constamment de la sonde. Les membres inférieurs, écartés et à demi fléchis, sont soutenus, reposant sur un coussin placé sous chaque jarret. Ces coussins doivent être disposés comme le double plan incliné ; toutes les faces inférieures des cuisses des jarrets et des jambes doivent être soutenues. C opéré, bien installé dans cette position, y repose e y reste sans fatigue; et pour surveiller la sonde o la plaie on n’a pas besoin de se déranger, il sufl de relever les couvertures (Reliquet).

Juant au régime de l’opéré, il doit être doux, aïs substantiel (viandes rôties, légumes verts et °? VJn)> H faut éviter les farineux et les féculents h i occasionnent des gaz intestinaux et de la cons- Pation. Les malades doivent toujours avoir le effn t6 ^re et des se^es molles, afin d’éviter les tiona de la défécation, si nuisibles à la cicatrisa- 50 cp t- P^e- Peut faire prendre au malade Par jSrammes à 1 gramme de sulfate de quinine, jour, à doses fractionnées.

trouvaDt a-UX indications de la taille, le lecteur les cré Bera siSnalées dans l’article magistral consa- (V. ce savant arai Reliquet à la lithotritie

Taille chez la femme. — Les calculs sont rares chez la femme, de plus, le canal de l’urèthre est chez elle très facilement dilatable jusqu’à 3 centimètres, si bien que la lithotritie est bien plus souvent pratiquée que la taille. Cependant, dans certains cas, il se peut que le volume de la pierre, sa dureté, forcent le chirurgien à avoir recours à la taille. Mais comme ces cas sont excessivement rares, nous croyons inutile d’insister sur cette opération chez la femme. Dr Paul Labaethe.

TAILLEURS D’HABITS. — Hygiène professionnelle. Les tailleurs d’habits et les couturières sont exposés à un certain nombre d’affections dues à une vie sédentaire, à des attitudes professionnelles vicieuses, à un travail pénible, souvent prolongé pendant une partie des nuits et à une hygiène physique et morale essentiellement défectueuse. Ces affections sont les unes locales, les autres générales.

Parmi les affections locales, nous signalerons : une sorte de spasme fonctionnel, analogue à la crampe des écrivains, et dû à l’exercice professionnel des doigts; des piqûres plus ou moins profondes, souvent suivies de panaris ; chez les tailleurs, la voussure du dos, due à leur attitude penchée, des callosités au niveau de la région du sacrum, de l’atrophie musculaire des membres inférieurs habituellement croisés et un affaiblissement de ces membres produisant une certaine difficulté dans la marche, des névralgies sciatiques; chez les coupeurs, des ampoules et des callosités au niveau du pouce et de l’index qui sont en contact avec les anneaux des ciseaux destinés à tailler les habits; chez les ouvrières qui travaillent au crochet, de l’usure de la peau à l’extrémité de l’index gauche, des durillons au pouce et à l’index droit qui tiennent le crochet et une diminution notable de la sensibilité tactile.

Parmi les affections générales, nous signalerons : l’anémie, la chlorose, des douleurs au creux épigastrique, des troubles gastro-intestinaux et chez les femmes des troubles menstruels. Chez les tailleurs et chez les couturières, la phthisie est une affection très fréquente; d’après Hannover, sur 100 décès, 48 sont dus à la phthisie. On a reproché à la machine à coudre d’être la source d’un grand nombre d’affections (chlorose, malaise général, épuisement, dyspepsie, leucorrhée, crampes, paralysies, etc.) chez les ouvrières qui en font usage. Ce sombre tableau nous paraît exagéré et nous pensons que l’usage de la machine à coudre, à la condition de ne pas travailler plus de quatre heures par jour, est exempt de tous ces inconvénients.

Ajoutons que la mise en mouvement de la pédale entraîne chez la femme un frottement de la partie supérieure et interne des cuisses ainsi que des grandes et des petites lèyres, ce qui détermine une excitation agréable et voluptueuse du clitoris, qui pousse les couturières, et généralement les femmes qui se servent fréquemment de la machine, à cou* dre à se livrer à l’onanisme clitoridien (Y. Onanisme).

Les tailleurs et couturières sont fréquemment atteints de troubles visuels caractérisés par un affaiblissement de la vue et dus aux fatigues de Ion-

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