‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 256 sur 289 · TOU · texte numérisé non relu

TOU

• le produit ; dans la forme aiguë, rhumatismale, ^recommandera l’emploi de la chaleur, des fric- °-Ys avec un Uniment calmant, des révulsifs et de riectricité. Dans la forme permanente, avec con- Lacture musculaire, on commencera par essayer

^électrisation sous forme de courants iuterrompus

1 mieux de courants continus descendants et neu intenses. Le massage, pratiqué par des mains expérimentées, a donné plusieurs succès. On peut encore recourir à l’anesthésie par le chloroforme, pendant laquelle on obtient la résolution musculaire dont on peut profiter pour appliquer un appareil propre à maintenir la tête redressée. Enfin, lorsque tous ces moyens auront échoué, il faudra en venir, sans hésiter, à la ténotomie ; il est nécessaire d’appliquer, après l’opération, un appareil . orthopédique qu’on laissera en place pendant deux on trois mois.

Le torticolis non musculaire dépend d’un grand nombre de causes, il peut être : 1° cutané et produit par des cicatrices vicieuses résultant d’un phlegmon gangréneux, d’un lupus, d’un abcès tuberculeux ou d’une brûlure; 2° osseux et articulaire, se rattacher à des lésions osseuses ou articulaires de la portion cervicale de la colonne vertébrale.

Le traitement du torticolis paralytique consiste à chercher à ramener la contractilité musculaire à l’aide de moyens appropriés, tels que le massage, les douches, l’électricité, et à combattre l’attitude vicieuse à l’aide d’un appareil orthopédique.

Dr Louis Thomas.

TOUCHER (sens du). — Le toucher est celui des cinq sens qui nous permet d’apprécier les propriétés tangibles des corps, telles que l’étendue, la forme, la consistance, la température, la sécheresse ou l’humidité, l’état poli ou rugueux d’une surface. Le toucher réside sur toute la surface tégumentaire, mais la sensibilité tactile est plus ou moins développée selon les diverses régions de la peau. La main, grâce à la sensibilité exquise de son enveloppe cutanée et à la multiplicité de ses mouvements qui lui permet de se mouler exactement sur les objets, constitue le siège par excellence du toucher. L’organe propre du toucher est constitué par une série de petites saillies mamelonnées, contenues dans le derme et que l’on désigne sous le nom de corpuscules du tact. Ces corpuscules ou pa- Pûles nerveuses sont surtout nombreux à la face Palmaire des mains et des doigts, où ils forment de petits renflements auxquels, aboutissent l’extréddté terminale des fibres nerveuses destinées à transmettre aux centres nerveux les impressions .es. Après la main, les lèvres et la langue, T^e à sa forme et à sa mobilité, sont les organes toucher les plus développés. P- l.

toÜ'^GEER.— Au point de vue médical, on appelle doiafe-r U.n mode d’exploration qui s’opère avec le dan /nÜca*;eur> introduit soit dans le vagin, soit de la 6 rectum> et qui permet de se rendre compte ctde UUali?n’ de la direction, delà conformation cr»an modidcalions physiologiques ou morbides des aoiis v COntenus dans le bassin. D’après ce que venons de dire il faut distinguer deux sortes Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

de toucher : le toucher vaginal et le toucher rectal.

Le Toucher vaginal se pratique ordinairement avec 1 index seul, et dans ce cas les trois derniers doigts sont fermés dans la paume de la main, le pouce seul étant étendu. Quand, dans cette position 1 index est introduit dans le vagin, le médius et les autres doigts repliés appuient fortement contre le périnée et le repoussent; cela permet à 1 indicateur d’aller plus profondément explorer les culs-de-sac du vagin. Avec un doigt bien exercé le toucher peut donner, toutes les indications qu’on demande à ce mode d’investigation. Le toucher vaginal s’opère la femme étant couchée sur le dos, ou maintenue dans la station debout. Nous allons indiquer rapidement les diverses notions , qu’on peut acquérir par ce procédé.

Pour le diagnostic de l’existence et de l’âgé de la grossesse on reconnaîtra le ramollissement du col, son raccourcissement et son effacement, la perméabilité de ses orifices, les modifications du segment inférieur de la matrice, la présence ou l’absence d’une partie fœtale reposant dans le cul-de-sac antérieur du vagin, et par conséquent l’existence d’un ballottement.

L’index, pour entrer dans le vagin, si la femme est recouverte d’un drap, devra suivre le sillon anovulvaire, remonter par conséquent le long du périnée. Au moment de pénétrer dans le vagin, le doigt peut se rendre compte de l’état des organes génitaux externes, il sentira si les grandes lèvres, le vestibule et le pourtour du clitoris sont le. siège de dilatations variqueuses ou de végétations. Il reconnaîtra les lésions produites par les accouchements antérieurs, à la vulve, au périnée comme au col. On s’assurera par le toucher de la bonne conformation du bassin et des parties molles du canal vulvo-utérin. Ceci- peut avoir une importance capitale pour décider s’il faut laisser la grossesse se continuer jusqu’au terme ou s’il faut provoquer l’avortement. C’est par le toucher qu’on peut savoir , quelle est la présentation et la position de l’enfant au moment du travail de l’accouchement et qu’on peut suivre la marche de l’expulsion fœtale.

Dans le vagin, le toucher permettra de reconnaître la présence d’un kyste du vagin, d’un kyste de l’ovaire, d’une tumeur fibreuse, d’une exostose, d'un rétrécissement de ce conduit, etc.

Pour les maladies des organes génitaux internes, c’est encore le toucher qui met en évidence un changement de situation ou de direction de l’utérus. L’augmentation du volume de l’organe, congestion, engorgement, hypertrophie, son degré de sensibilité, la présence de productions morbides sur le col et les différences de consistance de son tissu, etc.

Tout ce que nous venons de dire s’adresse surtout aux cas où la femme est maintenue couchée. Quand on pratique le toucher vaginal, la femme étant debout/ on veut principalement se rendre compte des modifications dans la situation et la position de l’utérus, et de l’intégrité des articulations du bassin.

Le Toucher rectal, qu’on ne pratique qu’après avoir vidé au préalable le rectum par un. ou plusieurs lavements, s’emploie d’abord quand on veut explorer l’anus, le rectum et les organes qui

sont en rapport avec ce conduit. Ce sont donc pour l’intestin lui-même, les hémorrhoïdes, le cancer, la chute ou les rétrécissements du rectum, et les végétations de la marge de l’anus. Le toucher rectal est employé chez la femme pour diagnostiquer l’absence totale de l’utérus, l’inversion de cet organe, et les retro-versions et flexions, l’hématocèle retro-utérine et les kystes du vagin, les exostoses des parois pelviennes et les tumeurs fibreuses de l’utérus.

Pour, le toucher vaginal ou rectal, le doigt, avant d’être introduit et pour glisser plus facilement, devra être enduit d’un corps gras, huile, cérat, ou mieux, vaseline blanche, qui a l’avantage de ne pas

ranCir- D'A. DE SOVRE.

TOURBE. La tourbe, produit delà décomposition des végétaux submeigés, jouit de propriétés absorbantes antiseptiques et antiputrides, comme le prouvent les cadavres qu’on a trouvés conservés dans les tourbières. Le Dr Nèuber, de Kiel, a essayé la tourbe dans le pansement des plaies. Le pansement de ce médecin allemand se compose de deux sachets de gaze remplis de poussière brute de tourbe, dont il entoure la plaie et qu’il y fixe au moyen de bandes de gaze. Il laisse le pansement intact jusqu’au jour de la guérison présumée. Il résulte des observations nombreuses du Dr Neuber, que la tourbe absorbe avec énervie les sécrétions des plaies, que sa porosité favorise une évaporation très rapide des parties liquides des sécrétions; le pansement devient tout à fait sec et il se produit une guérison sous-cutanée. Enfin la réaction acide de la tourbe et l’occlusion absolue empêchant l’arrivée de l’air dans la plaie, ont aussi de l’importance au point de vue des bons résultats. Le Dr Leisrink, de Hambourg, a fait des tampons de gaze ordinaire remplis de tourbe et les a appliqués avec succès au tamponnement du vagin, dans les cas de mélrorrbagie et dans les affections du col de l’utéius qui réclament l’emploi des topiques. p. l.

TOURNIOLE. — Nom sous lequel on désigne vulgairement le panaris superficiel^. Panaris), p. l.

TOUX. — La toux est une succession rapide d expirations brusques et saccadées, généralement précédées d’une inspiration violente, s’accompagnant d’un bruit particulier produit par le passage de l’air expiré à travers le larynx. La toux présente deux phénomènes principaux qui sont : le besoin de tousser qui est provoqué par une sorte de chatouillement au niveau du larynx; 2° la toux proprement dite qui est produite par une contraction violente du diaphragme et des muscles expirateurs. Dans certains cas, la toux s’accompagne d’une expectoration plus ou moins abondantelorsque l’expectoration manque, la toux est dite sèche. Elle présente un grand nombre de variétéselle peut être rare ou fréquente, courte ou prolongée sous forme de quintes plus ou moins longues s’accompagnant de rougeur de la face, de larmoiement, parfois d’une sensation de suffocation très pénible et déterminant, dans certains cas, des vomissements. La toux quinteuse est caractéristique

l coqueluche. La toux

sa résonnance, un certain nombre de VeQlent „ pendant de la force de l’individu, de 1 Variétésdésa poitrine et de la nature de l’affection Ca?aeité de voque. Elle est éclatante , rauque ou «J laProla laryngite striduleuse; sourde, étouffé ^ ^ croup; éructante, dans la laryngite' strMi 8 le sèche et quinteuse chez les femmes nerveuse ' ÏUSe;

Parmi les causes nombreuses capables de quer la toux, nous citerons : l’inflammatinïT voies broncho-pulmonaires, l’irruption d’ des quide, l’introduction d’un corps ' étranger d^' voies respiratoires, etc. Enfin, dans certains cas 1 toux est sympathique, c’est-à-dire qu’elle est nro iâ quée par une affection étrangère aux voix aériln nés, comme la toux qu’on observe chez les hystéri ques ou chez les femmes enceintes.

Le traitement delà toux varie avec la maladie sous l’influence de laquelle elle se produit (V. Angine, Bronchite, Laryngite, Phthisie, Hystérie, etc.).

Dr Louis Thomas. :

TREMBLEMENT. — Le tremblement, que son nom seul dépeint avec exactitude, consiste en une série de petits mouvements oscillatoires réguliers rapides et involontaires.

Le tremblement occupe une étendue variable; il peut être général ou limité, soit à la moitié du corps, soit à un membre, soit à un groupe de muscles (muscles des mains, des doigts, du cou, des lèvres, etc.).

Il présente également des degrés très divers : parfois il est difficile à reconnaître, tant il est faible; parfois il est tellement prononcé, que la marche, la préhension des objets, sont impossibles les genoux se heurtent, la tête est violemment agitée. Chose remarquable, le tremblement rie se manifeste que lorsque les membres affectés entrent en jeu. Mais, sauf pendant le repos, le tremblement est à peu près continuel; il ne diminue quelorsque le malade fait effort pour contracter énergiquement les muscles tremblants. Sa durée, son intensité, etc., sont subordonnées à la maladie qui l’engendre.

Le tremblement pourrait être confondu avec la chorée ou avec l’ataxie ; mais, dans la chorée, Je sautillement se produit aussi bien dans le repos que dans le mouvement; dans l’ataxie, il y aincoordination du mouvement et non tremblement.

Les conditions pathogéniques du tremblemen sont mal connues. On a cherché à l’expliquer e^ disant qu’à l’état normal une contraction muscu laire est le résultat d’une série non interromp d’impulsions motrices ; si ces impulsions s0lBP e rares, la contraction musculaire, au lieu a ^ uniforme, est interrompue, devient saccadée tremblante (Marey). , ■

Le tremblement se rencontre dans des ,etatb ^ thologiques assez divers : A. Dans les intox ^ tions par l’alcool, le tabac, l’opium, le ca a,ol> thé, l’ergot de seigle ; B. Dans certaines lésl0jérose ganiques des centres nerveux, telles que la fc en plaques, la paralysie agitante, la paralysie^ y., rale des aliénés; C. Dans certains états dan ‘gisement général, sénilité, convalescence de

■ ffraves, inanition, excès vénériens, masturba- ^■eS Ddans les émotions violentes, etc.

Dr Léon Moynac.

TOXICOLOGIE. — Nom donné à cette partie de ja médecine légale qui traite des poisons, p. l.

TOXIQUE- — Synonyme de poison (Y. ce mot).

TRACHÉE. — La trachée est un conduit élastiaue verticalement étendu depuis la base du larynx,' auquel elle fait suite, jusqu’à la face inférieure de la troisième vertèbre dorsale, au niveau de laquelle elle donne naissance aux bronches. Elle présente la forme d’un cylindre, excepté à la face postérieure qui est aplatie; les deux tiers supérieurs sont situés sur la ligne médiane, dans la région du cœur et le tiers inférieur est contenu dans la cavité thoracique; aussi on la divise en deux portions . i° portion cervicale ; 2° portion thoracique. La portion cervicale est en rapport : en avant, avec l’isthme du corps thyroïde et le plexus veineux thyroïdien; sur les côtés, avec les lobes latéraux du corps thyroïde, et ; plus bas, avec l’artère carotide primitive; en arrière, avec l’œsophage dont elle est séparée par une couche, mince de tissu cellulaire. ' La portion thoracique est en rapport: en avant, avec la terminaison du tronc veineux brachio-céphalique; sur les côtés, avec la plèvre médiastine et les nerfs récurrents, et, en arrière, avec l’œsophage. La trachée est formée d’un nombre variable (12 à 16) d’anneaux cartilagineux incomplets qui forment ses trois quarts antérieurs et sont reliés entre eux par une membrane fibreuse; la partie postérieure est formée par une membrane musculaire. La face interne de la trachée est tapissée par une membrane muqueuse d’une couleur blanc msé, renfermant des glandes nombreuses et revêtue par un épithélium à cils vibratils. Les artères de la trachée viennent des artères thyroïdiennes, les nerfs viennent du grand sympathique et du aerf récurrent. D' Louis Thomas.

Pour pratiquer la trachéotomie, le chirurgien se place à la droite du malade, le fait coucher sur le dos, le cou et les épaules reposant sur un coussin cylindrique très dur. Puis, saisissant la trachée entre le pouce et le médius de la main gauche, l’operateur pratique une première incision médiane, d une longueur de deux à trois centimètres à partir de la base du cartilage cricoïde, et n’incisant que la peau; dans un second temps, il divise les muscles sterno-thyroïJiens, afin de ménager .le plexus veineux thyroïdien ; enfin, dans un dernier temps, il dénude la trachée, la ponctionne et l’incise en ayant soin de ne pas s’éloigner de la ligne médiane. Il glisse l’index de la main gauche sur l’incision de la trachée et introduit la canule qui est toujours double, en la guidant sur l’index gauche qu’il retire petit à petit. Au moment de l’incision de la trachée, l’air et le sang sorten1 en produisant un bruit spécial.

Aussitôt après l’opération, l’enfant sera placé dans une chambre bien aérée, spacieuse et dont l’air sera maintenu humide à l’aide d’une bouilloire qu’on laisse en permanence. On doit entourer le cou de l’enfant d’une gaze fine pliée en plusieurs doubles. On enlèvera la canule interne chaque fois qu’elle se remplira de crachats; quant à la canule externe,, à moins d’indications spéciales, on ne doit l’enlever qu’au bout de deux ou trois jours. Si les crachats deviennent gluants, on pratiquera, des pulvérisations d’eau alcaline dans la canule. On ne craindra pas de lever les enfants dès que la fièvre aura cessé, et de les promener si le temps le permet. On retirera difinitivement la canule le plus tôt possible (du cinquième au dixième jour), mais auparavant, on aura soin de faire respirer l’enfant par le larynx, en bouchant chaque jour, pendant un moment, la plaie trachéale. Enfin on aura recours à tous les moyens possibles pour alimenter l’enfant, on lui donnera du lait, du bouillon concentré, du jus de viande, du vin, etc. L’alimentation constitue la partie la plus importante du traitement consécutif. Dr Louis Thomas.

TRACHÉOTOMIE. — La trachéotomie est une opération chirurgicale qui consiste à inciser la trachée *Ur la ligne médiane du . cou, entre la base du laynx et la fourchette sternale, dans le but de faire ftrer °!e ^'a*r dans ^es poumons, lorsqu’un • !e siégeant dans le larynx s’y oppose. Elle indiquée dans le croup, lorsque l’enfant menace asphyxier, dans l’œdème de la glotte, ou pour toin Va reciierche d’un corps étranger. C’est suriné C - ,^es enfants atteints du croup qu’elle est eh an U6e* ^ans ce cas> on a d’autant plus de Wff succès qu’on la pratique plus tôt et que doit est plus âgé. D’une manière générale, on meû ?°arar a la trachéotomie dès que l’enfant est temD a dasPhyxie. On a regardé pendant longc°ûsé r r 6 au"dessous de deux ans, la diphtérie ques p ve a lu scarlatine et certaines formes toxi. niais' 0n3tne des contre-indications à l’opération, i*poL7eurs succès obtenus dans ces conditions qnandmiau médecin un devoir de la pratiquei ^fuser et ne Permettent plus aux parents de 1 enfant cette dernière chance de salut.

TRAGUS. — Nom donné par les anatomistes à une petite saillie située à la partie antérieure de la face externe du pavillon de T oreille. P. l.

TRAITEMENT. — On donne ce nom à l’ensemble des divers moyens employés pour guérir, prévenir ou atténuer une maladie. Selon le but qu’on se propose d’atteindre, le traitement est préservatif (V. ce mot), ou curatif , c’est-à-dire destiné à obtenir un guérison complète. p. L.

TRANCHÉES. — Nom sous lequel on désigne en général les coliques internes, mais particulièrement celles qui surviennent chez les femmes multipares, peu de temps après l’accouchement, et qui persistent quelquefois pendant plusieurs jours, p. l.

TRANSFUSION. — On désigne sous ce nom un opération qui a pour but de faire passer du sang des veines d’un individu dans celles d un autre individu. La transfusion, pratiquée pour la première fois par Denis en 1667, ne donna d’abord que des

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