‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 26 sur 289 · Plan muqueux. — 2. Glandes de Lieberkuhn. — 3. Villosités · texte numérisé non relu

Plan muqueux. — 2. Glandes de Lieberkuhn. — 3. Villosités

rence de l’intestin, mais une partie seulement, les deux tiers, les trois quarts. Leurs extrémités se perdent insensiblement sur les parois de la muqueuse, Leur bord libre est toujours incliné du côté de l’anus, entraîné qu’il est par les matières alimentaires. Les valvules conniventes sont hérissées de villosités.

D. Glandes. — L’intestin grêle est pourvu de quatre espèces de glandes : deux glandes simples, deux glandes composées. Les glandes simples sont les glandes de Lieberkühn et les follicules clos. Les glandes composées sont les glandes de Brunner les glandes de Beyer . Les glandes simples existen dans toute l’étendue de l’intestin grêle ; quant aux

est formé'de quatre tuniques superposées, de villosités, de valvules conniventes, de glandes, de vais-

de l’intestin

1. Œsophage. — 2. Estomac. — 3. Orifice pylorique de l’estomac. — 4. Duodénum. — 5. Intestin grêle. — 6, 7, 8, 9. Gros intestin. — 6. Cæcum. — 7. ''Côlon ascendant. — 8. Côlon transverse. — 9. Côlon descendant. — 10. Rectum. — 11. Foie. — 12. Vésicule biliaire coupée. — 13. Veines sus-hépatiques adhérentes au tissu du foie. — 14. Rate. — 15. Vessie, recouverte, incomplètement par le péritoine. — A. Aorte. — B. Veine cave inférieure. — C. Diaphragme et les deux feuillets séreux qui recouvrent ses deux faces.

grêle sont, de dehors en dedans, séreuse, musculaire, celluleuse et muqueuse :

1° La couche séreuse, est formée par le 'péritoine, (voir ce mot) ;

2° La couche musculaire est formée par deux ordres de fibres : fibres circulaires et fibres longitudinales. Les premières forment un plan profond et régulièrement étendu du pylore au cæcum. Les fibres longitudinales, superposées aux autres, s’étendent du pylore au cæcum ;

3° La couche celluleuse, formée uniquement de tissu cellulaire, est située entre la couche musculaire, qui y prend des insertions, et la couche muqueuse ;

4° La couche muqueuse est celle où se fait presque uniquement l’absorption intestinale. Elle est héris-

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.. celles de Brunner siègent seulement derIUle duodénum, tandis que celles de Peyer se rencontrent uniquement à la partie inférieure de

^^olandès de Lieberkühn— Ces glandes forment 1 couche continue; elles siègent dans toute l'étendue de la muqueuse intestinale, à la surface des

Fig. 638.

Villosité intestinale,

Couche d’épithélium tapissant la surface de la villosité.

Petit plateau terminant la surface libre des cellules épithéliales.

Réseau vasculaire de la villosité.

Artériole se rendant à la villosité.

Veinule provenant de la villosité.

i. Chylifère central.

valvules conniventes et dans leurs intervalles, et à la surface des follicules clos. Ce sont des glandes en cæcum Comme celles de l’estomac, avec cette différence que celles de l’intestin grêle sont plus élargies vers le fond.

Ces glandes sont constituées par une paroi propre, mince et transparente, tapissée à l’intérieur par une couche d’épithélium nucléaire.

2c Follicules clos. — Les follicules clos de 1 intestin grêle existent partout. Ils sont profondément situés dans l’épaisseur de la muqueuse. Leur volume varie ; il en est de microscopiques, tandis que d autres ont le volume de la tête d’une grosse épingle. Ils sont recouverts de villosités et de glandes en tube.

3e Glandes de Brunner . — Glandes en grappe, occupant seulement le duodénum. Elles sont très

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muqueuse est régulièrement étalée à leur surface. Ces glandes sont constituées par un assemblage

;iFig. 639. — Glandes de Brunner.

abondantes sur la première portion du duodénum, ïûoins abondantes sur la seconde, moins encore sur la troisième, où elles disparaissent complètement. Les unes ont le volume d’une tête d’ épingle, d’auffes sont grosses comme de petits pois et très sensibles au toucher.

Glandes de Peyer. — On appelle ainsi des poupes plus ou moins considérables de vésicules closes placées dans la muqueuse de l’intestin grêle; ces glandes, appelées aussi plaques de Peyer , sont en nombre variable de 35 à 40; elles sont disposes sur le bord convexe de l’intestin grêle, dans le inquième inférieur de ce tube ; leur grand axe est ^aQS sens grand axe de l’intestin. Leur me est ovale. Elles sont plus ou moins étendues, -centimètres à 10 centimètres; tantôt elles sont vcrtes par des replis muqueux, tantôt la

Fig. 640.

Section d’une portion de l’intestin grêle sur lequel on i voit une plaque de Peyer. — 1,1. Plaque de Peyer. - 2,2. Vaisseaux lymphatiques émargeant de la plaque • de ; Peyer. — 4, 5, 6, 7. Follicules clos disséminés dans la muqueuse.

de vésicules closes. Celles-ci sont juxtaposées; !'-J. ‘

Fig. 641.

roune d’une plaque de Peyer. - 1. Tissu de la muqueuse. - 2. P Follicules3 lymphoïdes de Peyer. — 3. Villosités intestinales.

elles soulèvent légèrement la surface libre de la

Vaisseaux et nerfs. — Les artères de 1 intestin grêle viennent de la mésentérique supérieure, duodénum reçoit en outre la pancreatico-duodenale, branche de la gastro-épiploïque droite. ,

Des veines nombreuses et volumineuses naissent des artères, et constituent la grande veine mésaraïque, l’une des principales branches de 1

'tes ^katigues »

sites, forment des troncs ,sm™t Javèrsent les vaisseaux mésentériques supérieur > ganglions mésentériques, et viennent se jeter dans fe réservoir de Pecquet, origine dn canal thora-

Ü\ *1 nerfs viennent du plexus mésentérique supé-

” Té-Gros intestin. - Le gros intestin est cette • «A,, a n tnhe digestif qui s etend de lin-

Sntae ?Snu“ Aprts av?oir reçu l'intestin grêle a^ angle presque droit, le gros intestin seleve grele a angle B h foie arrivé làj ü se porte

I|gÏÏhe?îe ling delà paroi abdominale, jusqu'à

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,1a rate. Il dévie de nouveau en ce point, et descend verticalement jusqu’à la crête illiaque, au niveau de laquelle il décrit des flexuosités, en se dirigeant à droite et en dedans, puis il plonge dans l’excavation pelvienne.

L’origine du gros intestin, un peu renflée dans la

Fig. 642.

Appareil digestif de l’homme.

A. Bouche. — B. Langue. — C. Fosses nasales. — D. Voile du palais. — E. Pharynx. - F. Épiglotte. — G. Trachée. — H. Œsophage. — I. Grosse tubérosité de l’estomac. — J. Estomac ouvert à sa partie antérieure — K. Petite courbure de l’estomac. — L. Pylore. — M. Duodénum, deuxième portion.

— N. Orifice par lequel la bile et le suc pancréatique coulent dans le duodénum. — 0. Vésicule biliaire. — P. Pancréas. — Q. Intestin grêle. — R. Extrémité inférieure de l’intestin grêle. — S. Valvule iléo-cæcaie entre l'intestin grêle et le gros intestin. — T. Appendice iléo-caecal. — ü. Côlon ascendant.

— V Côlon transverse. — X. Côlon descendant. — Y. Côlon . iliaque. — Z. Rectum.

fosse iliaque droite, constitue le cæcum. La portion suivante, jusqu’au foie, porte le nom de côlon ascendant; viennent ensuite le côlon transverse et le côlon descendant. Au niveau de la fosse iliaque gauche, il constitue le côlon iliaque ou siliaque, qui prend le nom de rectum , dans le petit bassin (V. Cæcum, Côlon, Rectum).

Le gros intestin n’est point cylindrique et uni, comme l’intestin grêle; il présente sur la plus

grande partie de sa longueur trois dépressions Ion. gitudinales, entre lesquelles on voit une série très nombreuse de saillies et de dépressions. Il a une longueur de 1 mètre 65 centimètres.

Structure du gros intestin. — Le gros intestin est formé de quatre tuniques superposées; des vaisseaux et des nerfs complètent cette structure.

A. Tuniques. —Les quatre tuniques sont, en procédant de dehors en dedans : séreuse, musculaire celluleuse et muqueuse.

1° La couche séreuse est formée par le péritoine (V. ce mot).

2° La couche musculaire est formée de deux ordres de fibres, les unes longitudinales et superficielles, les autres circulaires et profondes. Les dernières forment une couche régulière dans toute l’étendue de l’intestin, si ce n’est au niveau du rectum. Les autres forment trois bandelettes, qui semblent prendre naissance au niveau de l’appendice vermiculaire du cæcum. Ces trois bandelettes divergent : l’une se porte sur la face antérieure du cæcum et du côlon ascendant, les autres sont situées de chaque côté delà face postérieure. Elles continuent leur trajet sur le côlon transverse et sur le côlon descendant. Arrivées au côlon iliaque, on peut à peine distinguer ces bandelettes, qui forment une couche uniforme au niveau du rectum. Leur longueur est beaucoup moindre que celle du gros intestin; cependant elles s’étendent d’une extrémité à l’autre de ce tube. 11 fallait, pour que l’adhérence de ces bandes à l’intestin se fît dans toute l’étendue, que celui-ci fût plissé, et c’est ce qui a lieu; il se plisse de telle sorte que, au niveau de ces bandelettes, l’intestin présenté des lignes aplaties, longitudinales, au nombre de trois, entre lesquelles se voient trois séries de bosselures et de dépressions, résulta! de ce plissement qui ne se montre pas dans les dernières portions du gros intestin.

3° La couche celluleuse analogue à celle de l’intestin grêle, réunit la musculeuse à la muqueuse.

4° La couche muqueuse est formée comme celle de l’intestin grêle. Les seules glandes que l’on y trouve sont des follicules clos, des glandes en tube et les glandes utriculaires.

Les follicules clos , analogues a ceux de l’intestin grêle, sont très variables quant à leur nombre. Ils sont plus abondants dans le côlon, et partout ils sont recouverts par les glandes en tube.

Les glandes en tube sont un peu plus volumineuses que celles de l’intestin grêle, mais elles ont la même forme. Elles sont aussi très abondantes, et présentent une structure identique.

Les glandesutriculaires sont des glandes en forme de follicules, s’ouvrant à la surface de la muqueuse par un orifice très apparent. Ces glandes existent normalement, et seulement dans le gros intestin.

B. Vaisseaux et nerfs. — Les artères du gros intestin viennent de plusieurs sources. La mésentérique supérieure fournit les artères coliques droites au cæcum, au côlon ascendant et à la moitié droite du côlon transverse. La mésentérique inférieure fournit les artères coliques gauches à la moitié gauche du côlon transverse, au côlon descendant, au côlon iliaque et à la partie supérieure du rectum.

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t ps veines du gros intestin se divisent en deux mines : celles de la moitié droite se jettent dans 1 grande veine mésaraïque, tandis que celles de la moitié gauche se jettent dans la petite veine mésa-

' vaisseaux lymphatiques ont été peu étu-

^Les nerfs arrivent au gros intestin par l’intermédiaire des artères. Le plexus mésentérique supérieur fournit à la moitié droite du gros intestin, et le plexus mésentérique inférieur à la moitié gauche.

Quelles sont les fonctions des intestins? Fonctions de l’intestin grêle. — A mesure que les matières alimentaires ont subi dans l’estomac un commencement d’élaboration et sont converties en chyme, le pylore, véritable portier, les laisse pénétrer dans la première partie de l’intestin grêle ou duodénum, où elles s’accumulent et se mélangent à la bile et au suc pancréatique, qui les rendent plus liquides, en même temps que la bile leur communique une teinte verdâtre.

Du duodénum, elles passent par les petites parties du jéjunum, puis dans l’iléon, qui les verse dans le gros intestin, où elles deviennent matières fécales.

L’intestin grêle, d’un volume variable, renferme toujours des gaz, de sorte que les matières intestinales, agitées quelquefois avec ces gaz, pendant les contractions de l’intestin, produisent un certain bruit de gargouillement connu sous le nom de borborygmes.

Les mouvements de l’intestin grêle ne sont pas douteux ; on les observe sur les intestins mis à découvert et quelquefois même à travers une paroi abdominale distendue, ou bien à travers la paroi d’une hernie ombilicale, qui n’est ordinairement recouverte que par la peau. Ces mouvements produits par les fibres lisses, sont vermiculaires, lents à se produire et lents à s’éteindre, comme tous les mouvements de ces fibres. Ce sont des mouvements, réflexes, qui ont pour centre la moelle épinière et les ganglions semi-lunaires du plexus solaire, et pour conducteurs les filets nerveux sensitifs et moteurs du grand sympathique.

Les matières intestinales ne descendent pas rapidement dans l’intestin grêle, , comme on peut s’en rendre compte sur les sujets affectés d’un anus contre nature. Elles sont, pour ainsi dire, promenées sur la muqueuse intestinale par les mouvements péristaltiques et antipéristaltiques de l’intestin, les premiers tendant à faire descendre les matières vers l’anus, les autres tendant à les faire remonter incessamment.

Ponctions du gros intestin. — Arrivées a la fin de l’iléon, où elles offrent déjà l’odeur des matières teeales, une teinte plus foncée, une consistance P us grande et un volume moindre par suite de absorption qui s’est opérée, les matières intestinales sont poussées par les contractions de l’inestin grêle vers le cæcum, où elles s’accumulent

le distendant de plus en plus. Entre l’intesn grêle et le cæcum, dans la fosse iliaque oite, il existe une ouverture limitée en haut et dn ^aP ^vres> comme une boutonnière u les extrémités, angles ou commissures, sont

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situées en avant et en arrière ; les deux bords de cette boutonnière sont visibles du côté du cæcum et de l’intestin grêle ; mais il font saillie dans le cæcum, de telle sorte que la lèvre supérieure, plus longue que l’autre, ferme pour ainsi dire l’ouverture, et recouvre une partie de la lèvre inférieure. Les deux replis qui limitent l’ouverture constituent la valvule iléo-cæcale.

Il résulte de cette disposition que la distension du cæcum par les matières fécales amène le rapprochement des deux bords de cette ouverture, par suite de la traction exercée sur les deux extrémités.

De plus, lorsque les matières fécales, remplissant le cæcum, arrivent au niveau de l’ouverture dont les lèvres sont un peu tendues, la lèvre supérieure de la valvule iléo-cæcale est appliquée de droite à gauche sur la lèvre inférieure, de manière à fermer complètement l’ouverture. Il résulte de ce mode d’occlusion que les contractions de l’intestin grêle peuvent faire pénétrer les matières intestinales dans le cæcum, quelle que soit saréplétion, mais ces matières ne peuvent plus rétrograder vers l’intestin grêle. En effet, plus la pression est énergique, plus l’occlusion est complète ; du reste, les contractions des fibres du gros intestin donnent aux matières une impulsion rétrograde vers l’intestin grêle.

Insensiblement les matières fécales passent du cæcum dans le côlon ascendant, dans le côlon transverse et dans le côlon descendant, pour s’arrêter au côlon iliaque, où elles éprouvent un temps d’arrêt. En traversant ces diverses partie du gros intestin, les matières fécales augmentent de densité et prennent une couleur noirâtre, en même temps qu’elles se divisent en parties plus ou moins volumineuses qu’on appelle bols fécaux. Enfin; du côlon iliaque, les matières descendent dans le rectum , d’où elles sortent par un mécanisme particulier qui a reçu le nom de défécation (V. ce mot).

Quant aux transformations subies par le bol alimentaire dans les diverses parties de l’intestin, et à l’absorption des parties assimilables qu’on appelle le chyle (V. ce mot), elles ont été exposées au mot Digestion auquel nous renvoyons (V. Digestion ).

Occlusion des intestins. — Il y a occlusion intestinale toutes les fois que le cours des matières est interrompu dans l’intestin, quelle que soit la cause de l’obstruction. . .

La description de l’occlusion intestinale embrasse celle de Y étranglement interne, du volvulus, d Yiléus, de la colique de miserere, verses, indiquant chacune une variété d occlusion.

Quels sont- les symptômes, la marcbe^ minaison de l'occlusion intestinal • mala(je sion de l’intestin est quelquefois su , ^

ressent une douleur vive en un P ngrm4e ventre ; les symptômes

tûmes propres à l’occlusion, le malade se plamt d coliques et de constipation, phenomenes dont 1 gine est presque toujours méconnue.

T cvmntômes confirmes présentent la plus grande analogie avec ceux qui sont produits par les

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accidents des hernies (Y. Hernié). Il y a une constipation opiniâtre; en même temps, des nausées et des vomissements. Ceux-ci sont d’abord alimentaires ou muqueux, puis ils deviennent bilieux; enfin, ils sont formés de matières fécaloïdes, et quelquefois de matières fécales.

Du côté du ventre, il y a du ballonnement; souvent on peut voir les anses intestinales dilatées se dessiner à travers la paroi abdominale.

L’état général se ressent de ces désordres : le pouls est déprimé, quelquefois filiforme; les extrémités sont froides ; la face est grippée. La température s’abaisse. Dans les derniers jours, elle peut descendre à 35° et même au-dessous. On voit quelle analogie présentent ces symptômes avec ceux de la hernie étranglée.

, La marche des symptômes est excessivement variable, ce qui rend souvent le diagnostic de l’occlusion fort difficile ; elle est en rapport avec la cause de l’occlusion. Si celle-ci est produite par un étranglement interne très serré , les symptômes marcheront avec la même rapidité que ceux de la hernie étranglée. Si l’occlusion tient à une lésion organique de l’intestin, dont l’oblitération se fera progressivement, la marche sera très lente, et, de plus,' il y aura de temps en temps des rémissions. On comprend, par exemple, que les matières, en s’accumulant au-dessus de l’obstacle, dilatent l’intestin et forcent le rétrécissement. Dans ce cas, il y aura une sorte de débâcle , une intermittence marquée dans les symptômes. D’autres cas peuvent se présenter ; l’étude des causes les fera comprendre.

La mort est la terminaison ordinaire de l’occlusion intestinale, lorsque celle-ci est abandonnée a -elle-même. Elle survient presque toujours par péritonite. Celle-ci est déterminée soit par l’inflammation simple du péritoine, qui prend naissance au niveau du point malade, et de là s’étend au reste de la séreuse, soit par rupture de l’intestin .dilaté au-dessus du point rétréci, et épanchement . des matières dans le péritoine, soit par gangrène de la paroi de l’intestin.

Quelles sont les causes qui déterminent l’occlusion intestinale ? — Elles peuvent siéger dans la cavité de l’intestin, dans ses parois ou à l’extérieur.

1° Occlusion par causes agissant dans la cavité de l’intestin. — Les corps étrangers et les tumeurs stercorales peuvent amener l’occlusion intestinale.

a. Corps étrangers. — Les uns viennent du dehors : ce sont des fragments d’aliments incomplètement digérés, des noyaux de fruits, cerises, pêches; des billes à jouer, des pièces de monnaie ; des fourchettes, des cuillers, ou autres objets qui ont été avalés par fanfaronnade, etc. Ces corps étrangers peuvent enflammer, ulcérer l'intestin et déterminer la péritonite ; mais quelquefois ils obturent l’intestin, et les matières s’accumulent au-dessus de l’obstacle.

D’autres corps étrangers peuvent prendre naissance dans l’intestin : ce sont de vrais calculs intestinaux. Ils ont toujours pour centre de formation soit un corps dur, noyau de fruit, etc., soit une

touffe de poils ou de filaments végétaux. C’est au tour de ces corps que se déposent les sels calcaires' On appelle entérolithes ceux qui ont pour centré un noyau dur. Le nom d ’égagropiles est réservé à ceux qui se développent autour de filaments pileux ou végétaux.

b. Tumeurs stercorales. — Les matières fécales peuvent s’accumuler en un point quelconque du gros intestin et former une tumeur. On rencontre surtout les tumeurs stercorales dans le cæcum et dans le côlon iliaque. Elles peuvent se développer isolément ; mais souvent elles compliquent une autre lésion : c’est ce que l’on observe, par exemple, dans le cas où les matières s’accumulent et duré tissent au-dessus d’un obstacle situé dans la paroi intestinale ou en dehors.

2° Occlusion par causes agissant sur la paroi intestinale. — Cés causes, sont des altérations de là paroi intestinale amenant graduellement le rétrécissement, puis l’occlusion de l’intestin. Ce sont : les tumeurs malignes ou cancéreuses, les cicatrices, les polypes, l’ hypertrophie de la paroi intestinale.

a. Tumeurs malignes. — Elles envahissent toutes les tuniques de l’intestin, surtout la celluleuse et la musculeuse. Elles proéminent au dehors de l’intestin, mais surtout à l’intérieur. Comme leur développement est graduel, les symptômes d’occlusion se montrent lentement.

b. Cicatrices. --Une cicatrice de la muqueuse intestinale agit par rétraction de son tissu ; quelquefois elle s’observe après l’étranglement herniaire. Il est rare quelle détermine une ocelusion complété.

c. Polypes. — Ils s’accroissent à l’intérieur du canal intestinal jusqu’à obstruction complète.

d. Hypertrophie. — Celle-ci peut siéger dans la couche celluleuse ou dans la couche musculaire de l’intestin ; on voit quelquefois, en effet, les fibres musculaires s’hypertrophier en un point quelconque de l’intestin, sous l’influence d’une inflammation locale persistante, ou bien encore lorsque l’intestin est resté longtemps comprimé au niveau du pédicule d’une hernie.

3“ Occlusion par causes agissant a l’extérieur de l’intestin. — Ces causes sont nombreuses et déter-

minentle véritable étranglement interne. Nous allons

voir ici le calibre de l’intestin diminué soit par une torsion, soit par une invagination de sa propre propre paroi, soit par un agent constricteur, soit, enfin, par compression.

a. Torsion. — On observe quelquefois la torsion ou l’enroulement d’une anse intestinale du côlon iliaque (Trousseau). On comprend que le cours des matières soit ainsi interrompu. C’est là le volvuU '* de quelques auteurs.

b. Invagination. — L’intestin se retourne comme un doigt de gant, sur une certaine étendue ; à mesure que ce renversement a lieu, la portion retournée pénètre, à une distance variable, dans la P°r' tion d’intestin qui lui fait suite.

c. Agent constricteur. — L’intestin peut être serré, comprimé, étranglé : 1° par un diverticule de l’intestin grêle, sorte de cul-de-sac tenant à un vice de conformation et suspendu à l’intes tm^ 2° par Y appendice iléo-cæcal ; 3° par les bords

de Winslow; 4° par un ancien sac herniaire jSv- 5° par le collet d’un sac herniaire après la Iductîon en masse d’une hernie étranglée ; 6° par

Fig. 643. — Invagination intestinale; i. Portion de l’intéstin dans laquelle s’est engagé le segment intestinal 5 placé .au-dessus. — 2. Muqueuse retournée en doigt de gant. — 3. Portion ouverte pour montrer le segment supérieur invaginé. — 4. Orifice de la portion invaginée. - - S, Bout supérieur de la portion invaginée.

une ouverture accidentelle de l’épiploon ou du mésentère ; 7° par Vèviüloon enroulé comme une corde

^aneuses résultant d’une ancienne péritonite ; par des adhérences viscérales .- ‘ Compression. — Dans certains cas, une tumeur en se développant, aplatir, comprimer un *nt dutube digestif, jusqu’à empêcher la circula- Q des matières intestinales, temp I0it 5ue certaines de ces causes agissent lenétran^i 6t doiv?nt donner lieu aux symptômes d’un k Sleme»t sterne -à marche lente : telles sont et la l’altération des parois de l’intestin

constnction incomplète d’une anse.

Quelques-unes agissent rapidement : corps étrangers, constriction énergique, etc.

La cause existant, voici ce qui se passe : les matières sont retenues par l’obstacle; elles s’accumulent en dilatant considérablement le tube digestif au-dessus. Si l’occlusion est incomplète, ou si la cause de 1 occlusion peut céder, il se produit une débâcle et le malade à des garde-robes ; malheureusement les symptômes d’étranglement reparaissent et finissent par se comporter comme ceux de l’occlusion complète. Ici, en effet, une fois que l’intestin est dilaté, l’obstacle ne cédant pas, il se produit à la suite de cette distension exagérée, soit une péritonite, soit une rupture de l’intestin.

Comment reconnaître une occlusion intestinale ? — Il faut apporter la plus grande attention pour reconnaître l’existence de certaines occlusions intestinales à marche lente.

1° Lorsque les symptômes sont bien confirmés,, on ne peut les confondre qu’avec ceux de la hernie étranglée. S’il n’existe pas de tumeur apparente, il faudra chercher au pli de l’aine, au périnée, ou ailleurs, s’il ne se trouve pas une tumeur souvent presque inappréciable. On sait en effet que certaines hernies de petit volume s’étranglent dans les parois mêmes de l’abdomen, du petit bassin, etc..

2° On pourrait prendre pour une occlusion ces pseudo-étranglements et qui sont dus à une paralysie f d’une .portion des fibres musculaires de l’intestin. Cette paralysie peut succéder à une inflammation de la séreuse, ou bien elle est réflexe. Lorsque la paralysie est réflexe, elle peut reconnaître un grand nombre de causes : inflammations du testicule, de l’ovaire, calculs biliaires, diverses tumeurs de l’aine, névroses telles que hystérie, hypochondrie, etc.

3° L’occlusion intestinale étant reconnue, il faut chercher à faire le diagnostic de la cause. Or, ici gît la difficulté. Dans la plupart des cas, le chirurgien ne peut arriver à une solution. Il peut bien tirer quelques soupçons des antécédents : péritonite ancienne, etc., mais combien il faut être réservé dans les appréciations !

Disons, toutefois, qu’on reconnaîtra une occlusion par lésion organique de l’intestin, à la teinte cachectique du malade, à l’existence d’une tumeur abdominale, à des intermittences dans les troubles digestifs, enfin, à la présence du sang dans les matières fécales.

On pourra croire à l’existence d’une tumeur stercorale, si, dans Tune des fosses iliaques, on trouve une tumeur déterminant les symptômes d’un phlegmon de la fosse iliaque, en même temps que ceux de l’occlusion de l’intestin. Cette tumeur est molle, pâteuse, et se montre souvent chez les personnes constipées.

4° Peut-on reconnaître le siège de l’occlusion ? Ici encore on ne peut jamais se prononcer avec certitude. Laugier a indiqué un caractère propre à distinguer si l’étranglement siège sur le gros intestin ou sur l’intestin grêle. Dans le premier cas, il se produit rapidement un ballonnement considérable de l’abdomen, ballonnement uniforme, occupant à la fois l’ombilic et les flancs ; dans le second cas, le météorisme se développe surtout à la région ombilicale, et les trois portions du côlon, n’étant’

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pas distendues, forment autour de la partie centrale du ventre une zone souple et déprimée.

Cette lésion est extrêmement grave. Il faut donc être réservé dans le jugement qu’on portera sur une occlusion, même lorsque les symptômes marchent lentement ou que le malade se sent soulagé pendant un moment de rémission des symptômes.

Quel est le traitement de l’occlusion intestinale?

— Lorsqu’on peut arriver au diagnostic de la cause, c’est contre elle que doivent être dirigés tous les efforts du chirurgien ; si l’on ne peut réussir à la faire disparaître, on se contente du traitement palliatif.

Il est rare que le traitement médical donne quelques succès. On a employé les purgatifs, les vomitifs, les lavements d’infusion de tabac, la glace en permanence sur le ventre, l’opium à haute dose.

On est presque toujours forcé de recourir au trai- j tement chirurgical qui, il faut l’avouer, est bien rarement suivi de succès.

On a pratiqué la ponction abdominale avec un petit trocart, pour évacuer les gaz (Labric, Trousseau). On a essayé l’anastomose intestinale qui consiste à faire communiquer deux anses intestinales, celle qui est située au-dessus de l’occlusion et celle qui est située au-dessous (Maisonneuve). La gastrotomie, (Y. ce mot) dans laquelle on ouvre la cavité abdominale pour chercher à détruire la cause de l’obstruction, est rarement employée.

Aujourd’hui, on a recours à l 'entérotomie : on fait à un anus contre nature (V. Anus.)

L’étranglement interne siégeant presque toujours sur l’iléon, on fait une incision sur la partie droite de la paroi abdominale ; l’intestin se présente au fond de la plaie; on y fait une incision, en prenant bien soin de ne point laisser pénétrer les matières dans la cavité abdominale, puis on réunit les lèvres de l’incision intestinale à celles de la paroi de l’abdomen. DrJ.-A. fort.

INTOXICATION. — (V. Empoisonnement.)

INVAGINATION. — (Y. Intestins [occlusion des].)

INVERSION. (V. Transposition.)

IODE. — Chimie. — L’iode est un corps simple, solide, sous forme de lamelles d’un gris bleuâtre, d’une odeur forte caractéristique, d’une saveur âcre et désagréable. Très peu soluble dans l’eau, ce métalloïde ne s’y dissout facilement que lorsqu’on y ajoute de l’iodure de potassium ou du tannin. En revanche, il est complètement soluble dans l’alcool et dans l'éther. Des traces d’iode forment avec l’amidon une couleur bleue magnifique qu’on essaie de produire quand on veut savoir si un liquide quelconque contient ou non des particules de ce corps simple. L’iode existe en petite quantité dans les trois règnes de la nature. Les éponges, les gorgones, les mollusques parmi les animaux, les algues, les fucus, les varechs parmi les plantes marines, le cresson, la gratiole, la phellandrie parmi les plantes d’eaux douces, ne sont pas les seules substances qui en contiennent. On en trouve encore dans un bon

nombre de minéraux, dans l’atmosphère, le Saa les œufs, le lait, dans les eaux potables, les eauxfè mer et dans une foule d’eaux minérales dont ies eaux deChalles, Cranzac, Cauterels, Saint- Sauveur Barèges, Balaruc, etc.

Effets. — Quant aux effets locaux de l’iode, ce sont ceux d’un irritant et cathérétique. Appliqué surla peau, il colore l’épiderme en jaune, le brûle, le dessèche, le fait tomber au bout de trois ou quatre jours en desquamaiton furfuracée. Si l’on continue la même application, la rougeur s’étend au derme, ! se complique d’un léger gonflement, accompagné de l’apparition de phlyctènes qui se vident, se dessèchent à leur tour, pour se détacher ensuite par larges lambeaux. Un contact plus prolongé du médicament produirait une eschare d’une étendu variable et d’une certaine gravité. Aussi n’emploie-t-on jamais l’iode à l’état de pureté, on le prescrit toujours en solution plus ou moins concentrée suivant les besoins de la médication. Étendu d’une grande quantité d’eau, il est purement révulsif. Dissous dans peu de véhicule, c’est un cathérétique substitutif, un antiseptique capable de neutraliser les matières purulentes à odeur infecte. Mais ce n’est pas tout, il est facilement absorbé et détermine en même temps des effets généraux semblables à ceux qu’il produit lorsqu’il est pris par les voies digestives.

En effet, ingéré aux faibles doses de 5 à 10 centigrammes, dans un verre d’eau iodurée (iodure de potassium 10 à 20 cent.), l’iode laisse un goût amer à la bouche, y détermine un afflux de salive, pénètre dans l’estomac où il favorisera sécrétion du sue gastrique, l’appétit et la digestion ; puis, il est rapidement absorbé, passe dans la circulation générale, la régularise pour s’éliminer ensuite très vite parla plupart de nos produits excrétés : l’urine, la sueur, le lait principalement. C’est un médicament d’épargne, un modérateur de la nutrition qui agit sur la crase du sang, en chasse au dehors les éléments acrimonieux sous forme de papules ou de pustules. C’est en d’autres termes un de nos meilleurs dépuratifs, puisque, administré pendant longtemps, 3 diminue la lymphe et redonne au liquide sanguin les propriétés qualitatives qui lui manquent pour remettre l’économie dans les voies normales.

Usages. — Delà, l’utilité incontestable etincontestée de ce médicament contre le goitre, la scrofule, la syphilis, les engorgements ganglionnaires, les affections arthritiques. Sans doute, l’iode ne guérit pas toutes les hypertrophies de la glande thyroïde, parc® qu’on en observe beaucoup, surtout à Paris , qul sont dues à une dégénérescence cancéreuse, tuberculeuse, osseuse, cartilagineuse ou kysteuse de cet organe, plutôt qu’à une véritable tumeur goitreuse- Il n’est pas étonnant que l’iode se montre itûpu1®'. sant contre ces cas, tandis qu’il réussit à merved|e dans les localités où le goitre existe à l’état ende': mique.

Chatin a cherché à se rendre compte de ce fait,® il a trouvé que deux des plus grandes infirmités.^ l’homme, l’une du corps (le goitre), l’autre del‘n' telligence (le crétinisme) étaient dues au mao.tP d’iode dans l’air et les eaux ; en conséquence, 11 ordonné d’y suppléer par un régime dans lequel i boissons et les aliments iodés entreraient pour

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art et il a opposé de la sorte contre le goitre laTge itement préventif et curatif d’une efficacité ^if^Mais en cas d’insuccès, il ne faudrait pas tenir là, se contenter toujours de prescrire l’iode intérieur ou en applications topiques, il faudrait ■ 'ter la pratique hardie de Luton, de Reims, qui ** à faire des injections sous-cutanées de teinc0D d’iode dans le parenchyme même delà tumeur Vitreuse sans avoir à redouter les légères inflammations qui pourraient s’ensuivre.

Dans ces dernières années, l’iode a 'pris une si o-rande importance en thérapeutique qu’il est peu 1 médicaments dont les variétés de prescriptions soient aussi multipliées. En effet, ce métalloïde se donne à l’intérieur en boissons, potions, sirop simple sirop iodo-tannique, ou mieux encore en sirop composé dans lequel l’iode est dissous dans le sirop antiscorbutique, de raifort ( sirop de raifort iodé de Grimault ), de quinquina ou d’écorce d’orange amère. Ces préparations sirupeuses reçoivent .de l’iode (iode 1 gr. pour 600 gr. sirop) une action dépurative manifeste et prennent sous son impulsion des propriétés altérantes souverainement actives. L’huile iodée employée dans les mêmes cas morbides et aux mêmes doses que l’huile de foie de morue n’a pas encore obtenu l’approbation de la majorité des praticiens; aussi est-elle bien plus rarement utilisée, quoiqu’il soit permis de croire, dès aujourd’hui, qu’elle est destinée à rendre de précieux services dans une foule de cachexies variées.

Les tablettes et le pain iodés masquent l’amer tume de l’iode sous une forme agréable à prendre qui, il faut l’avouer, ne doit pas être dénuée d’une certaine valeur thérapeutique. L’alimentation iodée convient admirablement bien aux personnes d’un tempérament délicat, elles prennent le médicament sans aucune répugnance et alors que les formes pharmaceutiques ordinaires les en avaient complètement dégoûtées. D’ailleurs ce médicament ne se prescrit jamais seul, à cause de son défaut de solubilité; il se combine ordinairement daiis les for mules avec l’iodure de potassium dans les proportions d’une partie du premier pour deux du second; ea pareil cas l’eau iodurée le dissout et le rend facile à prendre, sinon il faudrait le faire dissoudre préalablement dans quelques gouttes d’alcool ou d’éther.

A. l’extérieur, l’iode se prescrit en solution résoluljve, cathérétique ou caustique suivant les proportions plus ou moins grandes de celui-ci par rapport au véhicule. Il se prescrit également en collyre contre les ophthalmies chroniques, en injections contre les leucorrhées, en lotions, bains, liniments, Pnmmades, contre les manifestations de la scrofule . et surtout contre le mal de Pott, les engorgements ganglionnaires , les abcès froids , les arthrites ^ roniques, les tumeurs blanches. Le coton iodé ® Prépare en introduisant le tout sans le tasr dans un flacon à large ouverture bouché à auifrï’ 0ü chauffer pendant plusieurs heures „ . fu-marie après avoir d’abord laissé le flacon qûJ1°Uv®rt pour donner issue à l’air dilaté. ^ LorsteiniP°Kéra^on est terminée, le coton a pris une urun foncé. C’est un bon moyen, en appbea- Dictionnaire populaire de Médecine usuelle.

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tions topiques, contre les engorgements scrofuleux, les arthrites chroniques. Il faut renouveler le pansement dès que le coton a repris sa blancheur naturelle par suite de l’évaporation de l’iode. Enfin les fumigations iodées se p atiquent en plaçant de l’iode dans une soucoupe maintenue à une haute température, des vapeurs violettes s’en dégagent et le malade peut inspirer un air fortement imprégné de ces vapeurs.

Teinture d’iode. — La teinture d’iode du Codex formée d’une partie d’iode qu’on fait dissoudre dans 12 parties d’alcool à 90 degrés est celle qui a été préconisée par Velpeau et dont on se sert presque toujours à moins d’indications particulières. Mais il est des cas où il peut être bon d’employer une solution iodée plus caustique que la teinture alcoolique officinale. Alors on a le choix entre les deux formules suivantes : celle de Lugol formée de

Iode. . . . 30 grammes.

Iodure de potassium . 30 —

Eau distillée. . . . • • • 6Û “

et celle de Boinet, encore plus concentrée que la précédente, renfermant

Iode . . . . 20 grammes.

Iodure de potassium ......... 20 —

Eau distillée ............. 36 —

cette dernière est utile en applications sur les lupus tous les deux ou trois jours. ,

On emploie la teinture d’iode principalement en badigeonnages, en injections, ou à l’intérieur.

Les badigeonnages se font à l’aide d’un pinceau de charpie trempé dans la teinture d’iode pure, et constituent un traitement efficace des plaies sanieuses ou diphthériques, des engorgements ganglionnaires, des tumeurs indolentes, des goitres, des kystes séreux et sébacés. Les hypertrophies des amygdales, les granulations et les ulcérations du col de l’utérüs, les vaginites aiguës et granuleuses, les arthrites chroniques, les eczémas scrofuleux situés derrière les oreilles, les impétigos de la face, les gingivites scorbutiques, sont avantageusement modifiées par des attouchements répétés de teinture d’iode pure deux fois par jour ou chaque un, deux, trois jours seulement, suivant les cas. Enfin dans le premier et le deuxième degré de la phthisie pulmonaire, des badigeonnages sur les sommets de la

poitrine, aidés de médicaments appropries, peuvent

être utiles à la ure ou à l’amélioration de cette terrible maladie. En résumé, ü n’est pas un seul point de la surface cutanée qui ne puisse etre avantageusement touché par la teinture diode; ses applications même sur les tempes, le paupières rendent tous les jours les Plus^ands services dans le traitement de diverses ophthalmies et notamment dans celui des kératites ulcéreuses

°Vandlsqueeies badigeonnages se font avec de la teiotaîè <£e pure, on se sert pour les injections de cette même teinture étendue d’eau. Velpeau, qui a noDularisé le premier les avantages mcomparamJc a» r'Pttp méthode sur toutes les autres, recommandait pour les injections iodées le mélange dune manda p alcoolique pour deux ou trois

PL d'eau. Telle es. la solution qu'tm envoie

IQD

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encore tous les jours en injections dans les cavités séreuses et kystiques. Elle a la propriété de modifier la vitalité de la membrane sécrétante et la nature du produit sécrété, ce qui la rend souverainmeent efficace dans le traitement de l’hydrocèle, des kystes de l’ovaire, des hydropisies des bourses muqueuses articulaires et tendineuses (ganglions, hydarthoses, bygromas) , des pleurésies purulentes, de l’ascite produite par péritonite simple chronique, des abcès froids et par congestion, des trajets fistuleux et des kystes divers. Il suffit quelquefois d’une seule injection pour en obtenir la guérison définitive.

La teinture d’iode peut se donner aussi à l’intérieur, mais il faut avoir le soin de ne la prescrire que diluée dans une grande quantité de véhicule et au moment des repas, afin d’éviter son action caustique sur les parois stomacales. Le moyen le plus commode de s’en servir consiste à la faire prendre dans une infusion de café ou dans un vin d’Espagne, à la dose de 2 à 30 gouttes répétées trois fois par jour, contre le rhumatisme, la goutte et les vomissements incoercibles; 20 gouttes de cette teinture alcoolique contiennent 5 centigrammes d’iode.

On peut encore préparer avec la teinture d’iode des potions, des pilules, des lavements, des gargarismes, des lotions, des bains, des pommades, mais toutes ces préparations sont rarément usitées et énéralement remplacées par l’emploi de l’iodure e potassium. Luton, de Reims, a pratiqué des injections hypodermiques 'de teinture d’iode dans le parenchyme des tumeurs que les badigeonnages n’avaient pu diminuer de volume, et il a obtenu dans quelques cas des résultats surprenants. Il en est de même des inhalations par le nez des vapeurs qui se dégagent d’un flacon à large ouverture contenant de la teinture d’iode. Ces inhalations, de la durée d’une heure environ et fréquemment renouvelées, en chauffant simplement le flacon dans le creux de la main, ont suffi pour guérir des coryzas chroniques d’une ténacité extrême.

Dr Marc. Camboülives.

IOD OFORME. — Chimie. — L’iodoforme ne diffère chimiquement du chloroforme qu’en ce que trois atomes d’iode remplacent trois atomes de chlore dans le produit que nous allons étudier. C’est un corps solide, d’une belle couleur jaune citrine, d’une saveur douce sucrée, d’une odeur aromatique un peu analogue à celle du safran. Il cristallise en paillettes nacrées, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, l’éther, le chloroforme, les huiles grasses et plusieurs essences.

Effets. — Ce composé faiblement volatil, n’exerce pas d’action locale irritante, comme la plupart des préparations iodiques, et pourtant il renferme les neuf dixièmes de son poids d’iode. Il est facilement absorbé par la voie cutanée, rempli le rôle d’anesthésique local et de résolutif lorsqu’on le prescrit en frictions sur la peau ; il est cicatrisant au contraire, et en même temps anodin, lorsqu’on s’en sert en applications topiques sur les plaies blafardes ou les ulcérations variées. Pris à l’intérieur, l’iodoforme ne produit pas non plus d’irritation bien sensible ; quoique insoluble dans l’eau, il est

dissous dans le suc gastrique, est absorbé et agit à peu près de même que l'iode en nature. Son éfi mination s’opère par la plupart de nos conduits excréteurs, comme cela s’observe du reste p0ur tous les composés iodiques.

Usages. — De ces diverses considérations, ilS’ea suit que l’iodoforme se prescrit avec avantage contre le goitre, la scrofule, la syphilis, les engorgements glandulaires. Mais son usage externe mérite beaucoup plus d’attirer l’attention des praticiens car il rend tous les jours des services non seulement comme anesthésique local dans les névralgies, les fissures à l’anus, les tumeurs douloureuses, mais 'encore comme cicatrisant des surfaces ulcérées dans les ulcérations syphilitiques, les chancres mous ou phagédéniques, les plaies de mauvaises nature, les ulcères variqueux ou les dartres squammeuses rebelles. Il n’est pas rare d’observer, à la suite de pansements faits avec ce produit, que des ulcères considérés jusqu’alors comme incurables ne prennent sous son influence une bonne impulsion et ne guérissent d’une manière rapide.

Découvert par Sérullas et introduit dans la . thérapeutique par Bouchardat en 1836, l’iodoforme très riche en iode, a donné de si beaux résultats entre les mains de Righini, Humbert, Morétin, Glower, Gubler, Besnier, Féréol, Paul Labarthe, etc., qu’actuellement il n’est presque pas de médecins qui n’en aient fait des essais avantageux. Il se prescrit à' l’intérieur aux faibles doses de 5 à 10 centigrammes par jour et l’on ne doit pas même dépasser ces proportions de crainte qu’il ne survienne des accidents ; en effet, il est un fait d’observation bien constaté, c’est que ce composé, volatil et insoluble, devient toxique à doses plus faibles que l’iode et détermine la mort dans un espace de temps plus court. 11 peut s’administrer indifféremment en poudre, pilules, pastilles, perles ou huile qu’on fait prendre comme l’huile iodée ou l’huile de foie de morue. La poudre cristalline, finement porphyrisée, est la préparation la plus communément mise en usage en applications locales sur les plaies ulcérées et les chancres simples ; les pommades,, les liminents et les suppositoires, quoique utiles dans certains cas particuliers, sont loin de présenter la même importance. Cependant la pommade, en onctions ou pansements a une action réelle et mérite comme telle d’être souvent prescrite.

Dr Marc. Camboülives.

IODURE. — Nom donné par les chimistes à la combinaison définie de l’iode avec un autre corps. Parmi les principaux iodures, nous citerons : 1’*°' dure .d amidon, l’iodure d'ammonium, Yiodure de baryum, l’iodure de calcium, Yiodure de chlorure mercureux, Yiodure d’éthyle, Yiodure de fer, leS iodures de mercure, Yiodure double de mercure et de potassium, Yiodure de plomb, Yiodure de potassium , Yiodure de soufre, Yiodure de zinc (V. ces mots).

Dr M. C.

IODURE D’AMIDON. — Ce sel est en poudre noire, très fine, avec laquelle on prépare un sirop quelquefois utilisé contre la scrofule et l’albuminurie. Dr M. c.

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IODURE D’AMMONIUM. — Ce sel paraît être lus actif que les iodures alcalins, il me semble eriter la préférence sur ces derniers dans les cas ^ syphilis grave, lorsqu’il faut agir d’une manière énergique; U se prescrit a peu près aux mêmes doses en solution ou en pommade. Dr M. G.

IODURE DE BARYUM. — L’iodure de baryum cristallisable, soluble dans l’eau, est un agent toxique qui a été employé en pommade par Biett et Lugol contre les engorgements scrofuleux à la dose de 10 centigrammes pour 10 grammes d’axonge. Ce sel est aujourd’hui à peu près complètement inusité. Dr M. G.

IODURE DE CALCIUM. — L’iodure de calcium est un sel calcaire blanc, très soluble, à peu près inusité. D’après Rabuteau, à la dose de 10 à 50 centigrammes en solution aqueuse, au commencement du repas, ce médicament mériterait d’être employé contre la phthisie et les affections scrofuleuses ou rachitiques. D. M. G.

IODURE DE CHLORURE MERCUREUX. — L’iodure de chlorure mercureux, ou chloro-iodure de mercure , est un sel qui a été découvert par Boutigny, et qui est employé sous forme de pommade contre un certain nombre de maladies de peau, couperose, eczéma, acné chronique. Notre collaborateur, Félix Rochard, qui la expérimenté pendant de longues années, sur un vaste échelle, en a retiré d’excellents effets. . Dr m. g.

IODURE D’ÉTHYLE. — L’iodure d’éthyle ou éther iodhydrique, est un liquide incolore, d’odeur éthérée, peu stable, qui a été conseillé et administré avec succès en inhalations, dans l’asthme et la bronchite chronique, par le professeur Germain Sée. Dr M. G.

IODURE DE FER. — L’iodure de fer est un sel cristallin, fusible, volatil, déliquescent, d’une couleur vert brunâtre, d’une saveur atramentaire et d’une solubilité très grande, dans l’eau ; il se décompose facilement au contact de l’air atmosphérique en iode qui s’évapore et en oxyde de fer qui reste. Sa dissolution de couleur verte s’altère aussi avee la plus grande rapidité, de telle sorte qu’on ' De peut prescrire pour les usages médicaux ni le Sel> ni la solution aqueuse. Ce n’était pourtant pas une raison pour se priver d’un produit qui, savam- Doent combiné, pouvait rendre les plus signalés services.

la^fiQ- ^es ed?orts ont été tentés pour assurer m 'tu ^ de ce précieux agent; mais aucune e üode ne réussit plus complètement que celle Poposee par l’ingénieux pharmacien Blancard et

card — - r— par le Codex. Les pilules de Blan-

SOnt donc ^contestablement la meilleure Préparation à l’iodure de fer.

ne ,u^e de fer réunit les propriétés des ferrugialtérant * ^di^ues, il est à la fois tonique et cure r\è i>USSï est"^ fréquemment prescrit dans la débilités a.m?n°rrhée, de la dysménorrhée, des generales, dans les diathèses tubercu-

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leuse, scrofuleuse ou syphilitique , sans menace d’hémorrhagie ; dans les cas contraires (les ménorrhagies chez, les chlorotiques et les hémoptysies chez les phthisiques sont toujours à craindre), son emploi doit être surveillé, mais on n’a jamais observé d’accidents sérieux que chez les personnes douées d’un tempérament hémophilique prononcé.

Toujours est-il que l’iodure de fer, donné dans les conditions que je viens de mentionner, est un médicament facilement supporté par l’estomac et promptement absorbé ; il augmente le nombre des globules rouges du sang, active la circulation, calme les désordres nerveux, et, donné pendant une longue période de temps avec des intervalles de repos, il modifie à la longue la mauvaise constitution des individus d’une manière durable. Son action sur les globules rouges est due au fer (chloroanémie); son action sur la transformation de la constitution diathésique du sujet tient de l’iode (scrofule, tuberculose, syphilis).

L’iodure de fer peut s’employer sous forme de sirop ou de pilules, mais c’est aux pilules que l’on a presque toujours recours et les pilules de Blancard (Y. Blancard ) sont la préparation la plus généralement prescrite par le corps médical.

D' Marc. Camboulives.

IODURE DE MERCURE. — Combiné avec l'iode le mercure forme deux composés très usités èn médecine : le protoiodure de mercure et le biiodure de mercure qui sont employés tous les deux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, dans le traitement des affections syphilitiques et scrofuleusés. Le premier à la dose de 2 à 10 centigrammes par jour; le second à celle de 5 à 20 milligrammes dans le même espace de temps.

Protoiodure de mercure. — Le protoiodure de mercure est un composé pulvérulent d’un jaune verdâtre, insoluble dans l’eau et l’alcool, soluble dans l’éther, volatil, très peu stable puisqu’il se décompose à la lumière du jour et qu’il doit être mis dans des flacons de verre complètement opaques pour conserver ses propriétés.

A forte dose, c’est un poison irritant dont il faut se méfier; il détermine rapidement, comme le calomel, la stomatite mercurielle et la salivation. Mais on peut éviter ces accidents en prescrivant des doses faibles, quoique suffisantes pour produire des effets curatifs. Il jouit alors des vertus altérantes des composés hydrargyriques. Ricord l’a surtout mis en honneur dans le traitement de la syphilis.

On le prescrit d’ordinaire en pilules de 5 centigrammes qu’on donne de 1 à 2 par jour. Cependant cette dose est généralement trop forte ; il vaut mieux, d’après Gubler, ordonner des pilules de 1 centigramme qu’on fait prendre au nombre de 2 à 8 au plus dans les vingt-quatre heures. Les résultats thérapeutiques sont les mêmes : deux suffisent aux enfants, quatre à six sont nécessaires pour les adultes.

C’est un bon médicament mais qui, pour etre bien supporté par l’estomac, doit être associé à la thridace ou à l’opium.

Biiodure de mercure. — Le biiodure de mercure est remarquable par sa couleur d’un rouge écarlate des plus brillants. Il est volatil, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’étber et quelques acides.

Ses propriétés sont à peu près les mêmes que celles du protoiodure, mais elles sont deux fois plus énergiques. On le prescrit sans danger en pii- Iules à la dose de 1 à 2 milligrammes répétée plusieurs fois par jour. Il agit alors comme altérant à la manière des autres préparations mercurielles. Ce sel est aussi souvent employé à l’extérieur sous iorme de pommade (biiodure 1, axonge 10) pour réprimer et cicatriser les chairs fougueuses du lupus, pour guérir les syphilides et les scrofulides soit pustuleuses, soit tuberculeuses, pour faire disparaître les affections squameuses sèches rebelles et l’acnée sébacée concrète. Cette pommade d’un beau rouge est beaucoup plus active que celle au protoiodure, elle doit être employée sur des surfaces moins étendues. Dr Marc. Camboulives.

IODURE DOUBLE DE MERCURE ET DE POTAS¬ SIUM. — L’iodure double de mercure et de potassium, appelé indifféremment iodydrargyrate de ; potassium , biiodure de mercure ioduré, se présente sous la forme de longues aiguilles de couleur jaune. Introduit dans la thérapeutique par Puche, qui l’a administré avec succès dans les affections syphilitiques tertiaires compliqués d’accidents secondaires, ce composé est très souvent prescrit avec: avantage par les syphiligraphes, Gibert, Ricord, Fournier, Diday, Rollet, Julien, Martin, Delhomme, Vidal, Guibout, Labarthe, etc., dans le cas de syphilis invétérée, toutes les fois qu’un traitement mixte est nécessaire. Il se prescrit en sirop ou en pilules. Beaucoup de personnes ne peuvent pas supporter le sirop, à cause de son goût désagréable ; elles doivent alors avoir recours aux Pilules dépuratives du D1 Labarthe, h base de biiodure de mercure ioduré et d’extrait de quinquina. Ces pilules, petites, insipides grâce à leur enrobage spécial, sont très facilement supportées parles estomacs les plus délicats.

Dr Marc. Camboulives.

IODURE DE PLOMB. — L’iodure de plomb est un sél d’une belle couleur jaune, presque insoluble dans l’eau, rarement utilisé à l’intérieur sous forme de pilules à la dose de 10 à 50 centigrammes, presque toujours prescrit en pommade contre les engorgements scrofuleux. Ce médicament a joui d’une vogue qu’il ne méritait pas et qu’il commence à perdre ; il n’est pourtant pas tout à fait inerte comme on a bien voulu le dire, quoique son absorption soit imparfaite et lente à se produire. J’en ai obtenu de très bons résultats en pommade à la dose de 1 gramme pour 10 grammes d’axonge; mêlé à l’iodure de potassium son action résolutive est encore plus prononcée. Dr h. c.

IODURE DE POTASSIUM. — Chimie. — L’iodure de potassium est un sel blanc, cristallisable en cubes, déliquescent à l’air, très soluble dans l’eau et dans l’alcool, d’une saveur âcre et amère désagréable.

Effets. — Appliqué sur la peau, il y a produit Une vive cuisson suivie d’une éruption acnéiforme p0u. vant se transformer en eschare si le contact du médi' cament se prolonge au delà de certaines limites. La pommade n’offre pas les mêmes inconvénients Elle exerce une action résolutive sur les tumeurs glandulaires en même. temps qu’une partie de l’iode est absorbée et agit à la manière des iodures pris à l’intérieur. , . -

Ce médicament, en effet, introduit dans le tube digestif par la voie gastro-intestinale, laisse dans la bouche un goût salé et amer que quelques personnes délicates ne peuvent supporter; il produit la salivation, pénètre dans l’estomac, augmente la sécrétion du suc gastrique, facilite l’appétit, la digestion, détermine une légère tendance à la diarrhée ; puis il est rapidement absorbé, passe dans la circulation générale et est enfin éliminé par la plupart de nos canaux excréteurs.

Dans le torrent circulatoire, l’iodure de potassium produit des phénomènes importants; il est bon de les faire connaître avec d’autant plus de précision qu’ils ont été diversement appréciés par les observateurs. Pour Rilliet, Barthez et quelques autres, ce sel alcalin accélère le mouvement de dénutrition, fait maigrir, diminue le volume de toutes les glandes, de tous les tissus, et produit en un mot, même à faibles doses, la cachexie iodique ou l’iodisme constitutionnel.

Cette opinion émisé par des hommes recommandables souleva une vive discussion au sein de l’Académie de médecine. On ne put complètement nier le fait, mais on reconnût que le cas était rare, qu’il n’avait été observé que dans certaines localités où le goitre règne à l’état endémique.

Généralement, les choses se passent d’une toute autre manière à la suite de l’administration de l’iodure de potassium. Dès le début, le malade présente un peu de congestion à la tête, du coryza, du larmoiement, l’oedème des paupières, de la céphalalgie frontale, avec des élancements assez douloureux dans' les yeux et dans les oreilles, du picotement dans les fosses nasales. Quelquefois, mais toujours plus tard, surviennent les éblouissements, le délire, les convulsions, le tremblement des membres pouvant simuler une sorte d’ivresse appelée par Lugol ivresse iodique. Du côté de la peau apparaît une éruption, caractérisée par des papules ou des pustules qui peuvent se développer sur tout le corps et qui se montrent principalement à la face ou au cuir chevelu. Ces symptômes s’accompagnent d’une amélioration dans la constitution du sang, d’une action modératrice sur le mouvement de désassimilation.

Usages. — Les individus soumis à l’iodure de pQ" tassium prennent de l’embonpoint au lieu de mai' grir. Sans doute les sujetslymphatiques, scrofuleuî> chez lesquels l’iode a une action curative vraiment remarquable, paraissent diminuer de volume, Parce que sous son influence la bouffissure de la face; des mains et de tout le corps tendent à disparaîtrez la lymphe en excès chez eux s’élimine par la sa*J vation, les écoulements nasaux, les flux oculaire ou les éruptions cutanées. Son action est vraimen

praarouable sur les hypertrophies des glandes, r.

re 'elles s0ient de nature scrofuleuse ou goitreuse, d

^îors la lymphe quelles renferment en trop grande s uaulité s’élimine par ces divers émonctoires, et p Vengorgement disparaît pour laisser a la glande j es dimensions normales. Nous observons des effets i semblables à la troisième période de la syphilis, p lorsque le malade est atteint de tumeurs gommeu- i ses d’exostoses, de périostoses, etc. : l’iodure de s

potassium donné à hautes doses résout ces sortes 1

de gonflements, en éliminant de l’économie le virus < syphilitique, cette sorte de lymphe infectante dont i la pénétration a parcouru tous les replis de l’or- < ganisme. 1

En définitive, l’iodure de potassium est un depu- ; ratif par excellence, il fait disparaître de notre ■ économie l’excès des humeurs de quelque nature qu’elles puissent être. C’est en outre un tonique reconstituant, puisqu’il a la propriété de reconstituer la composition du sang, de lui enlever les éléments morbides qui s’opposent à la rénovation de nos tissus.

Les premiers symptômes produits par la prescription de l’iodure de potassium sont admis par tous les observateurs, il faut même qu’ils se produisent pour avoir une action véritablement dépurative ; mais alors pour quelques-uns (Rilliet, Barthez) ce sel altérant augmentera les oxydations, l’amaigrissement, l’appétit, les palpitations nerveuses ; pour le plus grand nombre (Wallace, Trousseau, Ricord, Rabuteau), ce sera un médicament d’épargne, il ralentira les combustions, augmentera l’appétit et l’embonpoint, diminuera le volume exagéré des glandes en éliminant au dehors la trop grande quantité de lymphe.

Le seul inconvénient qu’il pourra avoir, ce sera d’empêcher ou du moins d’entraver la montée du lait chez les nouvelles accouchées et d’occasionner une légère tendance aux hémorrhagies utérines, pulmonaires,, etc.

Cependant, ces derniers phénomènes sont loin d’être constants, attendu qu’on a cherché à tirer parti de l’élimination de l’iodure de potassium par les glandes mammaires. Lebreton ' et Peligot ont fait prendre ce médicament à la dose quotidienne de 10 grammes à des vaches, des juments, des chèvres, dont le contenu maximum de leur lait en iodure a été de 25 centigrammes par litre ; ils ont Prescrit ce lait médicamenteux aux personnes délicates. Les résultats obtenus laissent beaucoup à désirer, d’abord parce qu’il faut absorber une très grande quantité de lait pour prendre une dose suffisante d’iodure et, en second lieu, parce qu’on ne sait jamais exactement la proportion de principe actif que l’on vient d’ingérer; mieux vaut faire ssoudre dans du lait ordinaire la quantité d’iodure tains’ ^6S 6^etS en seront beaucoup plus cer-

rne'n18 contredit l’iodure de potassium constitue la lam T6 des Réparations iodiques, c’est celle à varUi ' 5 on.a recours le plus souvent a des doses 50 r»6*- su*vant les diverses indications. Ainsi cas ftnJ?raffimes a ^ grammes suffisent, dans les de u lnaires pour combattre les manifestations scrofule, du goître, de la chloro-aménie, du

rhumatisme articulaire, de la phthisie et des maladies de la peau. Mais dans les périodes graves de la syphilis constitutionnelle, dans les intoxications plombiques et mercurielles, on peut forcer la dose jusqu’à 4 et 5 grammès par jour sans le moindre inconvénient. J’ajouterai même que l’iodure de potassium est un médicament héroïque pour réprimer non seulement les accidents tertiaires de la syphilis avec exostoses et douleurs ostéocopes, mais encore pour triompher des accidents secondaires rebelles, marqués par des tumeurs gommeuses et des ulcérations variées ; dans ce dernier cas, il doit s’employer concurremment avec le mercure. Les pilules dépur atives du Dv Labarthe au biiodure de mercure et à l’iodure de potassium, combinés a l’extrait de quinquina, constituent une excellente préparation.

Qu’on se serve de l’iodure de potassium en petites portions ou à doses élevées (la dose moyenne étant de 1 à 2 grammes par jour), ce médicament peut se donner en solution aqueuse dans de l’eau, du thé, du café, une tisane dépurative quelconque, dans une potion ou dans un sirop.

De l’avis de la généralité des médecins, parmi lesquels nous nous contenterons dé citer Blache, Guersant, Piorry, Trousseau, Nélaton, Vidai, Ricord, Fournier, Gubler, Labarthe, le meilleur excipient de ce précieux remède, est le sirop d’écorce d’oranges amères bien préparé, et, la préparation la plus justement estimée, celle dont l’usage est, on peut le dire, le plus généralement répandu, est le sirop d’écorce d'oranges amères de Laroze à l'iodure de potassium (V. Laroze [sirop de].)

A l’extérieur, on mêle une partie d’iodure de potassium avec huit parties d’acétate d’ammoniaque ; on place 50 à 60 grammes de ce mélange dans une cravate que l’on fait tenir autour du cou pour opérer la résolution des goîtres. On en fait aussi des pommades, des glycérés qu’on emploie en frictions sur les tumeurs glandulaires. L’iodure de potassium se dissout très bien dans la glycérine,

■ mais comme il est insoluble dans l’axonge, il est

■ bon de le faire fondre dans quelques gouttes d’eau ; avant de le mêler à ce corps gras.

> Dr Marc. Cambodlives.

t IODURE DE SOUFRE. — Il se présente sous la t forme d’une masse brune, cristalline, et a été em- - ployé jadis par Biett en pilules à la dose de 5 à 20 i centigrammes ou en pommade à la dose de 1 s gramme pour 20 grammes d’axonge dans le traiteî ment de quelques affections cutanées et particulièe rement contre certaines dartres rebelles. Dr M. G.

e IODURE DE ZINC. — C’est un sel soluble et délie quescent avec lequel on prépare une pommade ■- contre les tumeurs de nature scrofuleuse. D' m. G.

a IPÉCACUANHA. — On désigne sous le nom d’ià pécacuanha , ou par abréviation ipéca, plusieurs » racines provenant de l’Amérique méridionale. Elles si appartiennent à la famille des rubiacées et sont js fournies par trois espèces différentes ; 1 ipéca an-

1S NELÉ, l’iPÉCA STRIÉ, et l’iPÉCA ONDULÉ. ,

u 1° L’ipéca gris annelé ou ipéca officinal est dû a

la céphélide ipécacuanha, petite plante herbacée du Brésil dont les racines longues de 8 à 10 centimètres, de la grosseur d’un tuyau de

ection de fruit montrant les graines.

séparés par autant de sillons inégaux. L’écorce est la seule partie de la racine employée en médecine. Respirée en masse, elle a une odeur irritante et nauséeuse, sa saveur est âcre

>tT Sarrau»

Fig 646.

Ipécacuanha annelé.

et amère. Cette variété est la meilleure, c’est ellequi devrait être réellement officinale. Mais elle est plus rare et elle est souvent mêlée dans le commerce avec l’ipéca annelé brun et l’ipéca annelé rouge plus communs, de qualité inférieure et d’un prix moins élevé.

2° L’ipéca strié ou ipéca noir provient de la psychotrie émétique, qui croît au Pérou et dans la Nou¬

velle-Grenade ; ses racines sont plus grosses, m0; cassantes, marquées de stries longitudinales d’DS brun foncé ; leur odeur est très faible, leur saveT nullement amère. Elles contiennent m0ir moins de matière vomitive ( èmètivl !

que l’ipéca annelé. ‘

L’ipéca ondulé ou ipéca blanc est fourni par la richardsonie scabre, petite plante des environs de Rio-jaI neiro dont les racines tortueuses, ondu' lées, présentent une partie saillante d’un côté correspondant à une partie rentrante du côté opposé. Ces racines sont riches en amidon; elles ont une odeur de moisi et une saveur farineuse moins âcre que celles de la première espèce; elles renferment trois fois moins de parties vomitives, ce qui les rend d’une valeur médicinale trois fois moindre.

Il est encore un grand nombre d’autres racines provenant de diverses plantes de la famille des rubiacées, des violariées, des asclépiadées, des euphorbiacées qui ont été désignées sous le nom de faux ipécas et qui doivent être complètement mises de côté. Du reste, on ne doit s’en tenir qu’à l 'ipéca annelé officinal, c’est le seul usité aujourd’hui et le plus efficace par la grande quantité d’ émétine (16 p. 100) qu’il renferme dans sa composition. 11 contient liagrame de en outre ^extrait vomitif, de-l’ex- — Ci L’une trait non vomitif, de la gomme, de l’amidon, du ligneux, de la cire et une matière grasse odorante (Pelletier).

L [émétine est un alcaloïde faible , pulvérulent; inaltérable à l’air, d’une amertume désagréable, d’une belle couleur blanche lorsqu’elle est pure, peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, le chloroforme, mais pas du tout dans l’éther, les huiles. Chez l’homme, 6 à 10 centigrammes provoquent des vomissements répétés et une tendance invincible au sommeil avec perte de la sensibilité, affaiblissement constant de la motricité, .pouvant être suivi de mort pour si peu qu’on ait dépassé les doses. Aussi l’émétine est-elle si rare mente ni ployée; on préfère avec raison à ce produit encore mal défini, dangereux et dispendieux, les préparations pharmaceutiques dont la racine d’ipéca est la base. Comme les autres alcaloïdes, l’émétine se combine avec les acides pour former des sels dont le sulfate d’émétine est le plus connu.

Il y avait déjà longtemps que la racine d’ipécaétait employée au Brésil, lorsque Pison en signala, vers 1672, les propriétés anti-dysentériques. Sa publication n’attira aucunement l’attention du monde médical. En vain, un médecin français, nommé Legras, qui avait fait trois fois le voyage d Amérique essaya-t-il d’introduire cette plante dans la thérapeutique européenne, ses essais restèrent infructueux. Il devait être donné, quatorze ans pluS tard, à un médecin hollandais qui exerçait à Paris, Adrien Helvétius, de retirer des effets merveille11* de cette substance. C’était à l’époque où le famé11*

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- ,p de Talbot, le quinquina, avait valu à son I r6fpnteur les faveurs du roi de France et une for- ÏÏne considérable. Sous l’empire de cette idée lucrative autant qu'honorifique, un négociant frannommé Grenier, rapporta du Brésil 70 kiloïrammes d’ipéca. Mais ne sachant comment en SL- narti, il en confia l’expérim.entation à un médecin en renom, le docteur Helvétius. Celui-ci ivssaya d’abord à l’HÔtel-Dieu, puis dans la clienîple bourgeoise et enfin sur le Dauphin lui-même guérit d’un flux de sang. Il n’en fallut pas davantage pour lui faire .accorder par Louis XIV une récompense de mille louis et le privilège exclusif de la vente de son remède dont on ignorait la nature, malgré les écrits de Pison. Mais Grenier, indigné de la .conduite d’Helvétius qui gardait pour lui seul honneurs et profits, divulgua le secret de son indigne associé et l’ipéca entra désormais dans le domaine public. Depuis lors Baglivi, Spielman, Bretonneau, Trousseau, Gubler ont étudié à fond cette substance médicamenteuse et nous en ont fail connaître les heureux effets dans un grand nombre de maladies.

Effets. — Appliquée sur les muqueuses ou sur la peau dénudée, la poudre d’ipéca produit une irritation locale très manifeste. Sur la muqueuse oculaire d’un chien, Bretonneau a vu qu’une pincée de cette poudre pouvait y : déterminer une inflammation capable d’amener la perforation de la cornée. Sur la surface cutanée , elle y développe une action révulsive tellement intense qu’on a proposé une pommade préparée avec cette poudre pour remplacer l’huile de eroton. Respirée à l’état de poussière, la poudre d’ipéca provoque de la dyspnée, de la suffocation, quelquefois même de véritables accès d’asthme , les ouvriers qui la préparent doivent tâcher de se prémunir contre ses émanations dangereuses.

Ingérée dans l’estomac, la poudre d’ipéca produit des effets variables suivant les doses et le mode d’administration.

A doses élevées, cette poudre peut être vomitive ou purgative. Elle est vomitive lorsqu’on la prescrit de 1 à 2 grammes en quatre paquets que l’on fait avaler au malade l’ùn après l’autre, de dix en dix minutes, préalablement délayée dans un peu d’eau sucrée. Les deux premiers paquets suffisent si les vomissements ont été assez abondants ; dans le cas contraire, on passe au troisième et au quatrième.

Il arrive parfois que le remède irrite tellement les voies gastro -intestinales qu’il survient en ' s des vomissements nerveux et des selles

îs. Mais telle ne doit pas être la véritable Manière de procéder lorsqu’on veut obtenir avec la poudre d’ipéca des effets seulement purgatifs : on prépare alors une infusion de 4 à 5 grammes de poudre pour 250 grammes d’eau, et l’on fait prendre celte tisane filtrée, par quarts de verre dans les ouze heures, qu’elle ait été ou non édulcorée avec u S1^p gomme ou du sirop de fleurs d’oranger. L on a dans ce cas fine sorte d’ipéca en lavage LnjL2?-*gî'amiIles Par litre d’eau) utile comme” dan,3 la fiastrLte et la dysenterie, par la - Pnete qu il a de susbstituer une irritation in¬

flammatoire de courte durée à une irritation inflammatoire organique.

A faibles doses, de 6 à 30 centigrammes par exemple, la poudre d’ipéca, pourvu qu’eHe soit distribuée par petites proportions, ne produit pas généralement de dérangement marqué sur les voies digestives, elles est promptement absorbée et passe dans la circulation générale où elle fait l’office de contro-stimulant, en diminuant le nombre et l’énergie des battements du cœur, en ralentissant les mouvements respiratoires , en abaissant la température, en paralysant les nerfs sensitifs et en amoindrissant les facultés contractiles des nerfs moteurs. Puis, elle est éliminée en partie par les reins dont elle augmente, faiblement il est vrai, la sécrétion urinaire, en partie par la peau qu’elle pousse à la sueur, et en grande partie par la muqueuse bronchique dont elle modifie la nature des sécrétions et facilite l’expectoration des mucosités qu’elle contient.

~ es. — Les usages thérapeutiques de l’ipéca étant fondés sur ses propriétés physiologiques, on conçoit que ce médicament puisse être utilisé, suivant les cas, comme vomitif, purgatif, contro-stimulant, expectorant ou anti-hémorrhagique.

1° L’ipéca est sans contredit l?un des meilleurs vomitifs que l’on connaisse. Il se prescrit habituellement au début de presque toutes les maladies encore mal déterminées et caractérisées par l’enduit saburral de la langue, des refroidissements, de la courbature, de l’inappétence, de la céphalalgie, de l’embarras gastrique ; ou bien encore il est très efficace contre un bon nombre de maladies confirmées, telles que le croup, l’angine couenneuse, la bronchite aiguë, la grippe, la coque-

2° Ses effets purgatifs et substitutifs ont été employés de tout temps avec succès contre les dysenteries, les diarrhées, les cholérines et la plupart des flux intestinaux. Les résultats en ont été si satisfaisants que les auteurs anciens ont décoré la racine du Brésil du nom de racine anti-dysenterique. .

3° Puisque la poudre d’ipéca ahsorbee diminue la fièvre, la chaleur, le stimulus morbide, fine faut pas s’étonner qu’on l’emploie avec avantage, comme hyposthénisante, dans la pneumonie et -les états phlegmasiques, à la dose de 2 grammes pour 200 grammes d’eau bouillante : on a alors un infuse qui sert de véhicule précieux dans les potions co ntr o-stimulantes , il seconde énergiquement les effets expectorants et anti-fébriles du kermes, de ta digitale, etc., c’est-à-dire du remède principal. La tolérance s’établit vite, la sueur se déclaré, la fièvre tombe et le processus inflammatoire ne tarde pas à se résoudre. , -

4° Les propriétés expectorantes de 1 ipéca mentent aussi de fixer notre attention, car s il rend .les mucosités plus fluides, il en rend par cela meme le rejet pffis facile, d’où résulte son emploi frequent et très judicieux contre les catarrhes pulmonaires, les bronchites chroniques, les .toux rebelles, les quintes de coqueluche, les accès d asthme.

5° Enfin, on ne peut disconvenir que 1 ipéca ne soit un remède efficace contre les hémorrhagies,

160 IRI

bien supérieur en cela à la digitale et au tartre stibié.

La racine d’ipéca se prescrit le plus souvent en poudre, sirop, tablettes, infusion ou lavements, rarement en extrait, en teinture et en vin. La poudre se donne, comme vomitive, à la dose de \ à 2 grammes en trois ou quatre paquets, associée ou non à 5 centigrammes de tartre stibié ; elle se donne en lavage comme purgative, en faisant prendre par quarts de verre dans le courant de la journée une infusion faite avec 1 0 à 20 grammes de cette poudre pour un litre d’eau; les doses expectorantes doivent être dix fois moindres. Le sirop est le vomitif par excellence des petits enfants qui viennent de naître jusqu’à l’âge de 4 à 6 ans ; on leur en fait prendre de une cuillerée à café à deux cuillerées à bouche. Il arrive même un moment où le sirop n’est pas assez fort et où il est nécessaire d’y faire ajouter 5 à 15 et 30 centigrammes de poudre pour lui donner une vertu vomitive suffisante. Ce sirop (vomitif) et le sirop de chicorée (purgatif) sont si journellement employés qu’on peut dire que ce sont les deux seuls médicaments sine quà non de la médecine infantile. A partir de l’âge de 6 à 9 ans jusqu’à 16 et 18 on donne la poudre par prises, délayée dans un peu d’eau sucrée, à la dose de 20 centigrammes à 1 gramme, que l’on fait suivre de quelques gorgées deau tiède pour favoriser le vomissement.

Quant aux autres préparations, quoique souvent utiles , elles n’offrent pas autant d’importance. Ainsi par exemple, les tablettes prises au nombre de 4 à 12 par jour constituent un remède populaire | contre les diarrhées, les glaires, les toux opiniâtres ; celles de Daubenton, ou d’ipéca au chocolat, étant quatre fois plus actives, se prescrivent aux enfants comme vomitives à la dose de 3 ou 4 par jour. L’infusion, la décoction de 10 à 2.0 grammes par litre d’eau, se prennent par quarts de verre dans le courant de la journée contre les embarras gastriques, la dysenterie, les hémoptysies graves ; la même infusion d’ipéca décantée et filtrée sert, à la dose de 150 grammes, comme véhicule de potions contro-stimulantes. Les lavements agissent particulièrement sur le rectum et sont un remède efficace contre la dysenterie, les flux, les hémorrhagies intestinales. Nous avons en outre la teinture, l’extrait et le vin qui présentent quelques indications particulières. Le vin surtout est une très bonne préparation dont les Anglais font un usage très fréquent. Dr Marc. Cambouliyes.

IRIDECTOMIE. — Comme l’indique son nom, l'iridectomie est une opération qui consiste à exciser un lambeau d’iris.

L’iridectomie est de toutes les opérations de la chirurgie oculaire celle qui se pratique le plus fréquemment, ses indications sont multiples. L’iridectomie est certainement une des opérations les plus utiles, et en même temps une des plus inoffensives. L’application qui en a été faite en particulier à la cure du glaucome est une des plus belles découvertes de la chirurgie moderne.

Nombre d’affections oculaires laissent, surtout lorsqu’elles ont été mal soignées, des taches indé¬

lébiles sur la cornée. Ces taches portent le nom d taies, A'albugos, de leucômes. Lorsqu’elles sont centrales, elles empêchent , absolument l’exercice de la vision. Fait-on une brèche à l’iris en dehors de la tache, on crée une nouvelle pupille, une pupiue artificielle; c’est là l’iridectomie optique , qui, non seulement crée un nouveau passage aux rayons lumineux, mais encore exerce sur le leucôme cornéen une action éclaircissante des plus manifestés Cette pupille doit être de préférence pratiquée en bas et en dedans ; car si on la faisait en haut, elle risquerait fort d’être masquée par la paupière supérieure, et le but ne serait pas atteint.

Lorsque l’iris a été enflammé [iritis], si le malade

- [Fig. 648.

Iridectomie. — (Section du lambeau de l’iris).

n’a pas été immédiatement soigné, il se forme des adhérences entre la capsule cristallinienne et la face postérieure de l’iris ( synéchie postérieure). La pupille se ferme. L’iris est constamment troublé au niveau de ses adhérences à la région ciliaire, et s’enflamme. Les rechutes sont fréquentes. Non seulement le malade souffre beaucoup, mais encore il est exposé à perdre son œil {irido-cy dites, — iridochoroidites, — glaucome secondaire, etc.). Une iridectomie est pratiquée ; tous les phénomènes inflammatoires cessent comme par enchantemént. C’est ce que l’on appelle Y iridectomie antiphlogistique dont les applications sont innombrables. Dans l’exemple, choisi, elle a un double but, car elle est en même temps optique. g

Dans les cas où, à la suite d’une perforation de la cornée, il s’est fait une adhérence de l’iris à la cornée ( leucôme adhérent, synéchie antérieure ) les tiraillements incessants de l’iris emprisonne peuvent amener des récidives d’iritis et descomplications fort graves (irido-choroïdites suppuratives). L’iridectomie est faite, et tout danger disparaît. Il suffit de libérer l’iris en un point quel* conque de sa circonférence; le but est atteint.

En 1855, Græfe avait remarqué que l’iridectomie abaissait la tension inlra-oculaire. De là à l’employer contre le glaucome il n’y avait qu’un pas.

Je ferai remarquer de suite que dans le glaucome aigu et dans certaines formes de glaucome chronique inflammatoire, cette opération donne des résultats merveilleux. Le succès est beaucoup plu® aléatoire dans le glaucome chronique simple, et surtout dans le glaucome hémorrhagique ; ici l’h1' dectomie doit céder le pas à la sclérotomie (V- ce mot). ,

Comment agit l’iridectomie dans le glaucome-^ 'L’opinion la plus recente c’est qu’elle dégage les voies de filtration de l’œil, et qu’elle crée niveau des canaux excréteurs une sorte de soupap

de sûreté. Si la soupape vient à cesser son fonctionnement, on ouvre la cicatrice à; nouveau et l’on rétablit la filtration des liquides intra-oculaires. Cette théorie découle naturellement de celle qui considère le glaucome comme étant la conséquence d’un défaut d’excrétion.

Les partisans de l’hypersécrétion pensent que l’iridectomie agit en diminuant la surface de sécrétion. Je ne le pense pas, car j’ai vu de toutes petites iridectomies enrayant instantanément des glaucomes suraigus, et la guérison persiste depuis sept ou huit ans au moins. D’autres considèrent encore l'iridectomie comme agissant à la façon de l’élongation des nerfs.

Les propriétés éclaircissantes , de l’iridectomie sont surtout démontrées dans la guérison pour ainsi dire instantanée de la kératite interstitielle, (j’en ai vu et cité de nombreux exemples dans des travaux antérieurs) et dans certaines formes de pannus granuleux ayant .résisté: jusque-là à tous les traitements. Enfin l’iridectomie a été pendant de longues années un des temps obligatoires de l’opération de la cataracte. La plupart des chirurgiens reviennent à l’opération sans iridectomie, singulièrement facilitée pa,r l’emploi du chlorydrate de cocaïne. Pour ma part, depuis plus d’un an j’ai abandonné l’iridectomie dans l’opération de la cataracte, et je dois avouer que les; résultats obtenus sont en tous points parfaits.

L’iridectomie date de 1780. Mais en réalité elle a été tellement perfectionnée par Desmarres père, et ses indications ont été si nettement précisées par lui, qu’à mon humble avis on peut le considérer comme le père de l’iridectomie, quoique Wenzel et Beer l’eussent pratiquée avant lui.

Desmarres employait le contenu lancéolaire. De-

Fig. 649.

Iridectomie (Procédé de Desmarres).

environ, presque tous les opératei est Te couteau de Græfe dont le manie lec ta. e’ m^me dans les chambres antéri

les plus étroites.

oici comment l’on procède :

bienfi véPh>°Sîat étant mis en Place> et l’œil le chiTOrsaienalflde !a pince .à Sriffes e« * « cornée et dl ? f Une P°nctlon a l’union , Pénètre ^ sc,lerotique avec le couteau de G toucher ni à lachambre antérieure, la traverse fait une ermtimS m a la caPsule cristallini ment opTT'TTTT en un Point diamé ^ementsde VS -he lacoraée Par des petits douceur et limit'Viant’ faits très internent el

delong.Sil4“f?itahnS1 UDarC de 6à 7 millilï

Places droites et teri?ie’ 11 le saisit avec des p res et le sectionne à l’aide de deux,

NKAnus P0PüI^ nu Médecine dsüelle.

de ciseaux^. 6S0). Sil’iris reste en place, ille saisit a i aide de pinces courbes introduites avec beaucoup de précaution dans la chambre antérieure. Pendant ce dernier temps de l’opération, au lieu de confier

Fig. 650.

Iridectomie faite à la partie supérieure comme opération préalable à celle de la cataracte (section de l’iris),

la pince à fixation à l’aide, je continue à fixer l’œil, et c’est l’aide qui sectionne l’iris saisi par moi. Les extrémités du sphincter sectionné sont rentrées avec une petite spatule.

Je considère l’iridectomie comme inoffensive. Je n’ai jamais observé personnellement d’accidents consécutifs. Toutes les précautions antiseptiques

Fig. 551.

Iridectomie. — (Les pinces saisissant une portion de l’iris).

doivent être néanmoins prises avec le plws grand soin. Je donne la préférence à la solution boriquée à 3 p. 100. Dans le cas où l’iris est complètement adhérent, on le détache en l’arrachant avec les pinces {fig. 651). Sila plaie faite àla cornée est trop.petite pour permettre l’introduction des pinces, on amène l’iris au dehors à l’aide d’un petit crochet mousse.

Dr A. Dehenne,

Professeur libre de clinique ophthatmologique.

IRIDOTOMIE. — L’iridotomie ou iritomie est antérieure à l’iridectomie. Mais les perfectionnements qui y ont été apportés dans ces dernières années permettent de la considérer comme une opération d’origine récente, quoique Cheselden l’ait exécutée pour la première fois en 1728.

Elle consiste à faire une section dans le tissu de l’iris. Cette opération rencontre son application la plus fréquente dans les cataractes secondaires avec occlusion pupillaire totale. L’iridectomie expose à des tractions dangereuses ; la préhension de l’iris est rendue du reste extrêmement difficile par l’absence même du cristallin. L’iridotomie, au contraire,

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permet de sectionner d’un seul coup l’iris et les exsudats rétro-iridiens sans le moindre tiraillement exercé sur les attaches ciliaires de l'iris, et la section de l’iris étant pratiquée perpendiculairement à la traction de ses fibres, l’écartement de la nouvelle pupille se fait tout naturellement.

Supposons une opération de cataracte avec iridectomie de l’œil gauche. Il s’est fait de l’iritis, des exsudats ont encombré le champ pupillaire, et la pupille elle-même a été peu a peu attirée tout entière vers la cicatrice, de telle sorte que l’iris forme un diaphragme complet, sans ouverture pupillaire, la traction s’opérant de haut en bas. Il s’agit de faire une nouvelle pupille.

A l’aide d’un couteau lancéolaire à arrêt, on pénétré dans la cornée à 2 millimètres du bord cornéen externe, en dirigeant l'instrument perpendiculairement au diamètre horizontal, et on trouvera hardiment du même coup la chambré antérieure et la cloison membraneuse qui la sépare du corps vitré.

Cela fait, lé contenu lancéolaire est. retiré rapidement; on évite ainsi l’écoulement complet de l’humeur aqueuse.

Les pinces-ciseaux sont alors introduites fermées dans la chambre antérieure; on les entr’ouvre légèrement de façon à faire passer une des branches dans l’ouverture iridiennë pratiquée par le couteau lancéolaire, tandis que l’autre branche est maintenue au-devant de l’iris.

Lorsque l’on a embrassé entre les deux branches toute l’étendue de la membrane à Sectionner, on les rapproche d’un seul coup, et une pupille noire est ainsi constituée. Au lieu de ponctionner en même temps avec le couteau lancéolaire la cornée et l’iris, on peut se contenter de ponctionner la cornée, et l’on passe alors en arrière de l’iris avec des pinces-ciseaux dont l’une des extrémités est pointue, tandis que celle des- ’tinée à rester dans la chambre antérieure est moussue.

Telle est l’application la plus fréquente de l’iritomie, que l’on appelle alors Yiritomie ordinaire pour la distinguer de Yiritomie optique, que quelques chirurgiens ont employés dans les cataractes zonulaires congénitales. La présence du cristallin rend cettè opération très difficile et fort dangereuse.

Je lui préfère de beaucoup l’iridectomie. Il va de soi que dans les cas où l’on pratique ce genre d’iritomie, la ponction de la cornée est fuite en un point diamétralement opposé à celui où l’on sectionnera l’iris.

Theselden (1728) incisait l’iris avec une aiguille falciforme, après avoir ponctionné la cornée. Heuermann (1756) incisait à la fois la cornée et 1 iris avec un couteau lancéolaire.

Bowmann proposa, en 1872, d’introduire, à travers une ouverture de la cornée pratiquée avec un couteau droit, un autre couteau à extrémité mousse qui, arrivé derrière l’iris, était dirigé de façon à tourner son tranchant en avant, ce qui permettait de sectionner alors l’iris contre la surface postérieure de la cornée.

Tous ces procédés exposaient à des tractions dangereuses. L’introduction des pince-ciseaux dans la chirurgie oculaire a rendu plus facile et presque j

inoffensive cette opération, que tous les oculistes pratiquent aujourd’hui d’une façon courante.

D' A. Dehenne.

IRIS DE FLORENCE. — Nom donné par les bolanistes à une plante de la famille des iridées, très commune en Italie et en Provence, où on la cultive en grand. Ses fleurs sont blanches à veines

Fig. 652.

Iris de Florence. — Fleur et coupe longitudinale.

bleuâtres, d’une odeur suave, avec des bractées vertes et charnues. Son rhizome, rampant, horizontal ou un peu oblique, charnu; blanc, marqué supérieurement de cicatrices provenant des points d’insertion des feuilles, et présentant inférieurement des racines fibreuses, est doué, à l’état frais,

Fig. 653.

Iris de Florence (rhizome).

d’une saveur âcre et amère et de propriétés purge* tives,. et desséché, dégage une odeur remarquai) de violette due à une huile volatile spéciale. j Le rhizome est la seule partie de la plante qu (V utilise. En médecine on s’en sert pour fabriqua* des pois à cautère et des hochets de dentition p° les petits enfants. Les marchands de vins arom^ tisent les vins avec la macération alcoolique de racine d’iris, pour leur donner le goût du vin Bordeaux. Enfin, les parfumeurs utilisent la pou ^ d’iris comme parfum, dans un grand nombre cosmétiques. Dr Paul labartb®'

IRIS. — Anatomie. — L’iris est une musculaire et vasculaire placée verticalement dessous du cristallin, percée à son centre de 1°“ QÜ ture pupillaire, communément appelée pup\L prunelle . L’iris est chargé de régler la quantité

mi¬

rai

rayons lumineux qui doivent pénétrer dans le fond & l’œil, à la rétine (Y. Pupille).

La face antérieure un peu convexe forme la paroi postérieure de la chambre antérieure. Elle est diversement colorée suivant les sujets, tantôt noire, tantôt bleue, tantôt verte. On voit quelquefois sur

Fig. 651. — Coupe antéro-postérieure de l’œil.-

3. Coupe de l’iris. — 1. Sclérotique divisée, dont les lambeaux sont écartés. — 2. Coupe antéro-postérieure du cristallin. — 4. Canal de Schlemm. — 5. Procès ciliaires choroïdiens. — 6,6. Vasa vorticosa de la choroïde. — 7. Muscle ciliaire. — 8 Nerfs ciliaires — 9. Rétine. —10. Corps vitré. — 11. Cristallin.

cette face de petites taches noires qui sont formées par l’accumulation de quelques cellules de pigment. La face postérieure, un peu concave, est recou-

lamelle très mince qu’on appelle membrane pupillaire. Découverte par Waehendorf, en 1740, cette membrane se détruit au 7e mois de la vie intrautérine pour former la pupille.

Les veines de l’iris se jettent dans les veines choroïdiennes.

Les nerfs de l’iris viennent des nerfs ciliaires.

Anomalies de l’iris. — Quelquefois on a vu l’absence complète ou presque complète de l’iris, anomalie qu’il faut rapporter à un arrêt de développement. Dans ce cas là, la cornée n’est souvent qu’incomplètement. développée. Cette particularité congénitale est héréditaire dans quelques familles; elle se complique d 'emblyopie et de troubles de Y accommodation, qui sont dus à un arrêt de développement du muscle ciliaire.

Le coloboma (Y. ce mot) est un arrêt circonscrit survenu dans l’accroissement de l’iris. La pupille peut être plus ou moins échancrée, et le coloboma peut représenter une poire, un trou de serrure, ou un simple feston.; 11 se voit en général sur les deux yeux à la fois.

La corectopie est le déplacement congénital de la pupille.

La polycrie ou multiplicité des pupilles est une affection congénitale assez rare. Lorsque la pupille anormale est voisine du bord ciliaire, elle peut provenir d’une dialyse congénitale du bord périphérique de l’iris. La présence de plusieurs pupilles ne trouble généralement pas la vue.

La persistance de la membrane pupillaire est aussi très rare, ainsi que nous l’avons dit plus haut à l’alinéa consacré à l’anatomie de l’iris.

Blessures de l'iris. — Toutes les blessures de l’iris se compliquent facilement d’un épanchement de sang dans la chambre antérieure. Il est rare que l’iris soit bléssé isolément ; lé plus souvent le cristallin est

verte d’une couche de cellules pigmentaires dont la réunion constitue ce que les anciens appelaient membrane uvée. Cette face est en rapport avec le cristallin. Il n’existe point de cavité entre l’iris et le cristallin ; il n’y a point de chambre postérieure.

La pupille n’occupe pas exactement le centre de l’iris ; elle est placée un peu en dedans et en haut.

La grande circonférence de l’iris s’insère ca✠sur la sclérotique même , à 1 millimètre et demi en arrière de la cornée.

Le tissu propre de l’iris est formé de fibres de tissu cellulaire et de fibres musculaires mélangées. Les fibres musculaires appartienuent aux muscles de la vie organique. Les upes sont circulaires et contractent la pu- Pble; on les appelle sphincter pupillaire ,e* autres sont radiées et s’étendent de la pupille a grande circonférence de l’iris ; on les appelle, uns leur ensemble, dilatateur pupillaire. ell 6S ar^res nombreuses se rencontrent dans l’iris; desS •i°Qt fournies en partie par la terminaison cmaires courtes postérieures et les ciliaires art^-l6iU j6S‘i??e.s artères se portent du grand cercle entre 6 ii ' 5 *iris a la pupille, en s’anastomosant l’iris rn iP°Ur former le petit cercle artériel de ‘ 'JÛez le fetus la pupille est fermée par une

Fig. 655. — Circulation de l’iris;

1. Pupille. -2,2. Artères ciliaires longues : arrivées ^ « de la grande circonférence de l’iris ces arteres se divisent en deux branches, l’une ascendante, . 1 autre descendante , ce? branches s’anastomosent avec les divismnç cihaires courtes^ forment ainsi le grand cercle artériel de 1 ms. — 4, 5. Artères ciliaires courtes. - 9. Petit cercle artenelde lin*.

touché en même temps. Les blessures de l’iris sont peu dangereuses par elles-mêmes; elles ne le deviennent que lorsque le traumatisme a dépassé la

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grande circonférence et a entamé la région ciliaire. Lorsque le cristallin a été blessé en même temps, il se fait une cataracte traumatique, et les masses corticales gonflées, amenant une réaction du côté de l’iris, sont certainement plus dangereuses que la blessure même de l’iris.

A la suite d’une contusion, il peut se faire une rupture du bord périphérique de l’iris; cette rupture porte le nom d 'iridody alise.

Un traumatisme violent peut amener un renversement du bord pupillaire qui, dans certains cas, simule à s’y méprendre une iridectomie.

Corps étrangers de l’iris. — Les corps étrangers de l’iris sont rares. Il faut se hâter de les enlever, car ils peuvent facilement provoquer une inflammation suppurative. On ne peut les enlever qu’en excisant la portion d’iris dans laquelle ils s’étaient enclavés.

Hernie de l’iris. — La hernie dé l’iris est la complication la plus fréquente de toute perforation de la cornée, que celte perforation soit traumatique ou spontanée. Dans ce cas, à mon avis, il n’y a pas deux conduites à suivre. Il faut tout d’abord exciser la partie herniée et instiller quelques gouttes d’un collyre à l’ésérine afin d’éviter la cicatrice staphylomateuse. Quelques jours après, lorsque la plaie cornéenne est bien cicatrisée, il n’y a pas d’inconvénient à remplacer l’ésérine par l’atropine, afin d’éviter l’iritis qui peuvent surgir comme complication du traumatisme. A la suite d’une perforation avec hernie de l’iris, il reste un leucome adhérent qui nécessite presque toujours une iridectomie. Lorsque l’adhérence irido-cornéenne est pédiculée, la syné- ! cholomie peut remplacer l’iridectomie. Le but essentiel à poursuivre est d’empêcher les tiraillements incessants exercés par l’adhérence sur les . attaches de l’iris, et par leur intermédiaire sur la région ciliaire.

La hernie de l’iris est une complication fréquente de l’ophthalmie des nouveaux-nés, et de la kératite à hypopion (kératite des moissonneurs). L’ésérine est un des meilleurs moyens préventifs à employer contre la perforation de la cornée, et par conséquent contre la hernie de l’iris.

Kystes, tumeurs. — Les kystes de l’iris sont très rares. Græfe a rapporté l’histoire d’une petite tumeur qui ressemblait parfaitement à un kyste sébacé et renfermant un nombre considérable de poils courts et forts.

Les kystes de l’iris se présentent généralement sous la forme de petites tumeurs semi-transparentes qui gagnent peu à peu en volume. Le mode d’accroissement de ces tumeurs est très variable ; on les a vu s’étendre très rapidement en volume, et, dans d’autres cas, suivre dans ce progrès une marche très lente et assez souvent interrompue (Wecker).

La configuration de ces kystes peut aussi varier, mais presque tous sont lenticulaires ou pyriformes. Leur coloration dépend beaucoup de l’épaisseur de leur paroi et varie entre le jaune clair, et toutes les nuances que peut présenter le tissu de l’iris.

La plupart des kystes observés se sont développés après une lésion directe de l’iris ou des annexes de l’œil.

On a encore voulu attribuer les kystes de l’iris à la présence d’un cysticerque emprisonné dans la trame de cette membrane.

Comme traitement, il faut exciser la partie de l’iris dans laquelle siège le kyste.

Les rtœoi ou tumeurs 'pigmentées de l'iris sont aussi très rares.

Parmi les tumeurs de l’iris, il faut citer les condylômés, les tubercules et les lipomes dont Mooren a cité un cas.

Les télangiectasies de l’iris constituent une des plus rares affections de l’œil.

Il en est de même du cancer qui se localise sur l’iris. Le plus souvent le mal a son point de départ dans la choroïde. Parmi les différentes formes de cancer, c’est la mélanose qui se rencontre le plus souvent. Le malade succombe à une propagation du mal à la cavité crânienne.

L’énucléation hâtive de l’œil est le seul remède.

Dr a. Dehenné.

IRITIS. — On donné communément ce nom à l’inflammation de l’iris.

Cette affection, en général bénigne si elle est immédiatement soignée, devient excessivement grave lorsqu’elle n’a pas été traitée dès le début, et surtout lorsqu’elle a été mal traitée. C’est cette dernière considération qui rend si sérieux le pronostic de l’iritis. Je persiste à considérer comme bénigne l’iritis, quelle que soit sa forme, si un traitement rationnel a été institué dans les premières vingt- quatre ou quarante-huit heures, au maximum. J’insiste sur ce- point, car je le considère, comme beaucoup plus important que toutes les classifications plus ou moins savantes de l’iritis qui ont été faites jusqu’à ce jour.

Malheureusement , l’iritis est presque toujours négligée. L’œil devient rouge; le malade, son entourage, le médecin lui-même disent coup d'air; un collyre, astringent quelconque, une eau pour les yeux sont ordonnés, sans que l’on se soit donné la peine de faire un diagnostic. Le patient continue à souffrir ; des adhérences se forment, comme nous le verrons dans un instant, les complications surgissent, l’œil devient dur, etc., et ce n’est souvent qu’au prix d’une opération (iridectomie ou iridorrhésie) qu’un peu de vision est rendue au malade. Quelques gouttes d’atropine instillées en temps opportun l’eussent certainement mis à l’abri d’une- . semblable éventualité.

Quelles sont les causes de l’iritis? — Deux grandes causes peuvent être reconnues à l’iritis ; elles dominent toute son histoire. Ce sont la syphilis et le rhumatisme; la première dans la proportion de 60 à 65 pour 100, la seconde de 30 à 35. Le 5 pour 100 restant appartient au traumatisme, qu’il soit accidentel ou opératoire.

On peut donc décrire les iritis en deux grandes classes : syphilitiques et rhumatismales.

L’iritis peut être simple , plastique, séreuse, quelle que soit sa pathogénie.

Aucune de ces formes n’est, de préférence, l’apanage de la syphilis ou du rhumatisme. Chacune de ces diathèses peut envahir l’iris sous un de ces trois modes, qui ne diffèrent pas autant entre eux

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-, „ courrait le croire au premier abord. Ce sont fi* Priantes d’une même modalité pathologique. d6!Jpun caractère ne permet de distinguer à pre- - vue l’iritis syphilitique de l’iritis rhumatis- IQie.re T -interrogatoire attentif du sujet, ses antécé-

S0Û état actuel en disent plus long que la hp’rche des signes pathognomoniques qui n’exist nas même pour l’iritis séreuse, dont quelques teurs ont voulu faire la manifestation exclusive dPla diathèse arthritique. .

Ouels sont les symptômes et la marche de 1 îri- . ,__En général, l’affection survient brusquement. T’fpil devient douloureux spontanément et à la pression ; il s’injecte, surtout au niveau du bord de la rornée. Cette injection përikératique marche dans tous les sens. La pupille se rétrécit, et le patient accuse une vive sensibilité à la lumière. Le tissu de l’iris change de couleur et devient grisâtre. L humeur aqueuse louchit très rapidement, les douleurs s’irradient au pourtour de l’orbite et suivent le trajet des filets de la 5e paire, au sommet de la tête, dans la mâchoire, et jusqu’à l’occiput. Cette irradiation des douleurs, jointe à la contraction pupillaire, n’appartient guère qu’à l’iritis, et permet de la distinguer de suite de la conjonctivite simple et du glaucôme, indépendamment de tous les autres symptômes que nous venons de mentionner. Dès le début, si l’on instille quelques gouttes d’un collyre de sulfate neutre d’atropine au 1/300% la pupille se dilate, avec peine toutefois, *et se montre uniformé- I ment ronde. Si âu contraire on a attendu quelques jours, l’instillation de l’atropine, la pupille reste irrégulière, se dilate de ci de là, en affectant les formes les plus variées. Cette irrégularité de la pupille est due aux exsudais qui se sont formés au niveau du bord pupillaire et qui le font adhérer à la cristalloïde antérieure. Ces exsudats portent le nom de synéchies postérieures , et constituent un des véritables dangers de l’iritis. Si l’atropine peut encore déchirer ces adhérences, tout rentre dans l’ordre, sauf quelques pointillés qui restent sur la cristalloïde et qui disparaissent à la longue. Mais quelques jours encore, et l’atropine n’a plus d’action sur ces synéchies; de là une menace perpétuelle pour l’œil, à cause des tiraillements incessants exercés sur l’iris.

bien plus, le cercle péripupillaire tout entier peut se souder à la cristalloïde antérieure, et la pupille se ferme complètement. Toute communication est interrompue entre la chambre antérieure et la chambre postérieure. L’iris projeté en avant vient fermer lés voies de filtration antérieures de l’œil, situées au niveau du limbe cornéo-sclérotical ; des aceidents glaucomateux se déclarent, et si le chirurgien n’intervient pas rapidement en pratiquant d abord une sclérotomie, puis, plus tard, une iridectomie ou une iridorrhexis, l’œil est perdu à tout Jamais. Telles sont les conséquences habituelles de iritis simple, lorsqu’elle a été abandonnée à elletoeme. A plus forte raison ces accidents sont-ils à craindre, lorsque l’on a affaire à la forme plastique, marche est plus rapide. L’iris s’infiltre d’exbonnehe plasti<*ueS) et *es synéchies se forment de

A- la surface terne grisâtre de l’iris on voit quel-

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quefois de petites nodules jaunâtres comparables, comme aspect, aux gommes syphilitiques ; çà et là des vaisseaux gonflés, tortueux, témoignent de l’embarras circulatoire profond. L’apparition dans le parenchyme de l’iris de ces petites tumeurs jaunâtres peut faire pencher en faveur de la spécificité de l’affection.

Cette discussion, entre l’iritis syphilitique et rhumatismale n’a, du reste, surtout au début de l’affection qu’une importance secondaire. L’essentiel est de constater qu’il y a de l’iritis, et surtout de la soigner rapidement et énergiquement. Le procédé est moins savant, mais il est certainement beaucoup plus pratique, et c’est à ce point de vue que nous devons toujours nous placer.

Quel doit être le traitement de l’iritis ? — D’abord il faut prescrire le sulfate d’atropine à hautes doses, suivant la formule :

Sulfate neutre d’atropine. . .

Eau distillée .........

10 centigrammes, 20 grammes.

et en faire instiller 5 gouttes de sept à huit fois dans la journée. .

Ilne faut l’associer à aucun collyre métallique, et se garder avec le plus grand soin du nitrate d’argent et du sulfate de zinc, employés chaque jour intempestivement. On donne ainsi une nouvelle poussée à l’iritis, et on retarde ainsi les bons effets de l’atropine. ..

Les lotions fréquentes d’eau chaude sur 1 œil malade, les dérivatifs à la tempe ou derrière l’oreille (vésicatoires volants) aident à la résolution de l’affection. \ ,

En cas d’exacerbation de la douleur, quatre sangsues à la tempe sont tout indiquées.

Le collyre à l’atropine peut et doit être continue longtemps, jusqu’à cessation absolue des phénomènes inflammatoires. Très rarement il amène de l’irritation de la conjonctive sous forme de granu-, lations et d’érythème palpébral (1 fois sur 3000 environ). Dans ce cas, on le remplace par le collyre à la duboisine à la même dose. Il est bon d’associer à l’atropine le chlorhydrate de cocaïne (à 5 p. 100), qui à l’immense avantage de calmer les douleurs, joint celui de faire baisser la tension intra-oculaire, et de remplacer la paracentèse, utile dans les cas

d’hypertonie avec dilatation pupillaire. ,

Lorsqu’en effet l’œil est très enflamme et très dur, le collyre à l’atropine ne pénètre pas dans la chambre antérieure, la pupille reste contractée, et si l’on n’abaisse pas immédiatement la tension, les synéchies se forment, et il se déclare des accidents glaucomateux. La paracentèse était indiquée e pareil cas ; aujourd’hui, avant de la P^a‘fi ’ cocaïne peut être employée, et le plus souvent avec

SUDans l’iritis aiguë, le traitement local joue le principal rôle; le traitement general est surtout utile pour prévenir les récidives. , ,

Aux rhumatisants la teinture, de colchique a la dose de 1 ffr 50 par jour convient parfaitement.

fcîéA^^^cUDfle5aDcylaœdesc^

médicament diflluent par excellence, et prédisposant aux hémorrhagies intra-oculaires. Pour ma part, je ne le conseille pas.

Aux syphilitiques, les pilules dêpuratives du DT Labarthe au biiodure de mercure ioduré. Si l’iritis a une tendance plastique, remplacer les pilules par les frictions mercurielles à 4 grammes par jour au pourtour des articulations, et par l’iodure de potassium, à la dose de 2, 3 et 4 grammes quotidiennement.

Dans les cas graves on a conseillé les injections sous-cutanées de peptonate de mercure; chaque injection devra contenir de 5 à 10 milligrammes de sublimé. Lorsqué l’iritis est guérie, mais qu’il ^este des mouches volantes, les injections sous-cutanées de nitrate de pilocarpine (2 centigrammes par gramme d’eau distillée) sont indiquées. Elles doivent; être pratiquées, le malade étant complètement à jeun, de préférence le malin.

L’iritis parenchymateuse semble être un degré plus élevé de Yiritis simple.

Quant à Yiritis séreuse ou kératite ponctuée , elle s’associe fréquemment à l’une des deux précédentes. Quelquefois cependant elle évolue seule. Dans ce cas, les exsudats plastiques sont extrêmement rares, et l’on découvre sur la face postérieure de la cornée un fin pointillé, dont l’assemblage affecte une forme triangulaire, et qui est déposé à la surface de la membrane de Descemet. Des petits amas, formés de débris d’épithélium, de molécules graisseuses et de fibrine coagulée flottent quelquefois librement dans l’humeur aqueuse.

Si la tension intra-oculaire s’élevait, il faudrait instiller la cocaïne, et si ce médicament ne .suffisait pas, on devrait sans hésitation pratiquer une sclérotomie ou tout au moins une paracentèse.

Quelquefois l’iritis séreuse est la première manifestation d’une ophthalmie sympathique; dans ce cas, le globe oculaire devra être éhuclë du côté opposé. i> a,

IRRIGATEUR. — Nom donné à des instruments à jet continu, employés en médecine et en chirurgie pour projeter des liquides dans le vagin, la vessie, les fosses nasales, etc., ou sur des plaies. Il y a des irrigateurs de formes diverses, parmi lesquels nous citerons :

1° L ’irrigateur du D1 Aiguisier [fig. 656), d’ailleurs bien connu, qui trouve son emploi dans les injections et dans les lavements; la disposition du robinet qui permet de régler la force du jet le rend bien supérieur à tous lés instruments employés pour cet usage.

Pour se servir de cët appareil, il faut :

1° ouvrir la partie supérieure du cylindre qui est à charnière ; 2° verser le liquide, après avoir eu soin de fermer le robinet comme il est disposé dans là figure 656 ; 3° tourner la clef à droite ; 4* ouvrir le robinet. Pour ne pas détériorer l’instrument, il est recommandé de ne jamais y mettre

Fig. 656. — Irrigateur du Dr Aiguisier.

2° L'appareil à irrigation des plaies [fig. 657) qui sert à projeter les liquides dans le lavage des plaies.

Il se compose d’un récipient en verre sur le?uel est fixé un bouchon en caoutchouc traversé dafls son milieu par un tube plongeant dans le liquide‘ i: Sur les deux côtés du bouchon, sont disposés deÇ | tubes, dont l’un est muni d’une canule en me '

Fig. 657. — Appareil à irrigation des plaies.

. mr laquelle s’échappe le liquide. L autre à*0T ptaime soufflerie qui fait l’office de pompe tube e® tp pt foulante ; un robinet placé à l’extrepremier tube sert à régler la force du ■ P dernier peut acquérir une très grande force Klrue le robinet est complètement ouvert yVirrigateur vésical (fig. 658), qui sert a faire le

Fig, 658.

lrrigatpur vésical.

lavage de la vessie. Cet apareil se compose d’un 1 tube en caoutchouc de lm50 de long, dont une

extrémité est fixée à l’embouchure du réservoir, et

dont l’autre est munie d’une canule disposée pour pouvoir s’ajuster sur la sonde à double courant. L permet de graduer l’introduction du liquide dans la vessie, en donnant plus ou moins d’élévation au réservoir. p>

IRRIGATION. — L’irrigation est une méthode

thérapeutique qui consiste à introduire dans unê

cavité naturelle, ou bien à faire couler sur une plaie ou un membre cohgestionné ou contusionné, de l’eau froide ou un liquide médicamenteux.

On prescrit les irrigations continues dans les maladies du vagin et dè l’utérus, dans les maladies de la vessie; on les recommande aussi dans bon nombre d’affections de la bouche, des fosses nasales, des oreilles, des yeux, etc.

Dans les cas de contusions, de plaies, de fractures, il n’est pas de moyen résolutif plus puissent que les irrigations. Elles ont l’avantage de maintenir un refroidissement régulier et constant. La personne qui a reçu un coup, une forte contusion, éprouve tout de suite, sur le point lésé, une vive douleur ; les tissus se gonflent, la peau rougit, la chaleur est excessive. Cet état inflammatoire dépendrait alarmant si on n’y mettait un terme. Les négations utilisées à temps calment la douleur, enlèvent l’excès de calorique, diminuent la tuméfaction à tel point que les tissus enflammés se crispent, se resserrent et se flétrissent, la température s’abaisse, la peau pâlit et se ride, la sensibilité s’émousse. C’est le moment de suspene leau froide, de continuer quelques heures avec 1 eau tiède pour ne pas faire subir au malade

un changement trop brusque de température et de cesser ensuite pour s’adresser à un autre traitement.

En moyenne, la durée des irrigations doit se prolonger de 1 à 4 ou 5 jours. Continuées trop longtemps, elles refroidiraient trop les extrémités, feraient affluer la masse du sang vers le centre et pourraient occasionner des inflammations encéphaliques, cardiaques ou pulmonaires fort graves. Supprimées trop tôt , elles n’empêcheraient pas l’inflammation locale de se développer et il pourrait survenir consécutivement, la gangrène, la pourriture d’hôpital, l’érysipèle traumatique, le phlegmon diffus, le tétanos, l’infection putride, en un mot toutes les complications des plaies et des. fractures, sans parler des cicatrisations irrégulières et des consolidations vicieuses qui en seraient encore la conséquence. Car les irrigations bien dirigées ne sont pas seulement utiles contre les méningites, les hémorrhagies puerpérales et les hernies étranglées, elles rendent surtout les plus grands services dans les plaies par

arrachement, dans les fractures comminutives

avec solution de continuité, en préservant souvent le malade de l’amputation du membre ,

dans les plaies, contuses, les plaies de tete

profondes, les meurtrissures étendues, en le ^ prévenant contre les dangereuses complications que je viens de mentionner.

Dr Marc Camboclives.

IRRITABILITÉ. — Nom donné par les physiologistes à la propriété spéciale qu’ont tous les élé- | ments anatomiques vivants et, par suite, .tous nos ’ tissus et nos organes, de .réagir d’une manière spéciale à chacun d’eux, lorsqu’ils sont excites par certains agents extérieurs. p- L-

IRRITANT. — Qualificatif donné, d’une manière générale, à tout agent doué de la propriété. d’exciter nos tissus et nos organes au delà des limites normales et, par suite, de changer le rhythme habituel de leurs fonctions, et de produire de 1 inflammation, de la chaleur et de la douleur. f .

On divise les irritants en : irritants mécaniques, (piqûres, coupures, etc.); irritants chimiques (acides, alcalis, etc.) ; irritants spécifiques (virus, venins, poisons, etc.). p* L-

IRRITATION. — L’irritation est le résultat de l’action exercée par les irritants sur nos tissus ou nos organes.

ISCHÉMIE. - On donne ce nom, en médecme, a l’arrêt de la circulation arterieüe, et a ganes dans lesquels la circulation ne P ^

soit par suite de la compression mécanique d

tronc artériel, soit par suite d embolie.

ISCHIAÎIQUE.— Nom donné par les anatomistes à îne artère et à une veine de la région fessmre.

• naît

ou hypogastrique, des.

ISG

ISG

cend presque verticalement en avant du plexus sacré ; sort du bassin par la partie inférieure de la grande échancrure sciatique, entre le muscle pyramidal et le petit ligament sacro-sciatique, entre l'artère honteuse interne qui est en dedans et le grand nerf sciatique qui est en dehors ; se divise

Fig. 659.

Muscles, vaisseaux et nerfs de la région postérieure de la fesse.

13. Artère ischiatique. — 1, 1\ Muscle grand fessier divisé au niveau de ses insertions supérieures et inférieures. — 2. Muscle moyen fessier, profondément échancré afin de montrer le petit fessier qui lui est sous-jacent et les vaisseaux et nerfs fessiers qu’il recouvre. — 3. Muscle petit fessier. — 4. . Grand trochanter. —5, Muscle pyramidal. — 6. Muscle obturateur interne avec les deux jumeaux qui lui sont accolés. — 7. Muscle carré crural. — 8. Aponévrose fémorale. — 9. Tendon commun des muscles biceps et demi-tendineux. — 10. Muscle demitendineux. — 11. Muscle droit interne. — 12. Artère fessière accompagnée du nerf fessier. — 14. Grand nerf sciatique. — 15. Petit nerf sciatique.

en rameaux transversaux et en rameaux verticaux destinés aux muscles de la couche profonde de la fesse; enfin, elle envoie sur le nerf sciatique un long rameau très grêle, qui l’accompagne jusqu’au centre de la région postérieure de la cuisse.

Les veines ischiatiques présentent la même direction que les artères ischiatiques correspondantes et sont au nombre de 2 pour chaque artère, p. l.

ISCHIO-CAVERNEUX.— Nom donné par les anatomistes à un muscle de la partie latérale du périnée, pair, allongé et aplati, qui va de la tubérosité et de la branche ascendante de l’ischion à la racine du corps caverneux correspondant à laquelle il s’insère, en même temps qu’il envoie quelques fibres jusqu’au ligament suspenseur de la verge. Les deux muscles ischio-caverneux s’entre-croisent en dedans, entre le corps caverneux et le canal de l’urèthre. Les muscles ischio-caverneux concourent à l’é¬

rection de la verge , en comprimant contrP branches ascendantes de l’ischion la racine d

Fig. 660. — Périnée chez l’homme.

4, 4'. Muscle ischio-caverneux. — 1. Corps spongieux. — 2 , 2', Corps caverneux.— 3. Muscle bulbo-caverneux. — 5. Raphé périnéal. — 6. Aponévrose moyenne dont on a enlevé la partie postérieure afin de laisser voir les fibres antérieures du muscle releveur de l’anus. — 7. Muscle transversal superficiel. — 8. Tubérosité de l’ischion. — 9. Anus. — 10. Face inférieure du releveur de l’anus.— 11. Coccyx.— 12. Muscle grand fessier.—; 13. Parties molles et aponévrose périnéale superficielle déjetée en dehors.

corps caverneux gorgés de sang, et en chassant le sang dans le corps de la verge déjà turgescente.

ISCHIO-CLITORIDIEN. — Nom donné par les anatomistes à un petit muscle pair qui est, chezl® femme, l’homologue du muscle ischio-caverneux

chez l’homme, et présente les mêmes dispositions par rapport aux racines des corps caverneux du clitoris, P. L.

ISCHIO-COCCYGIEN. — Nom donné par les ana¬

tomistes à un petit muscle de la région ano-coccy* gienne, pair, aplati, rayonné, situé entre le mus<ue releveur de l’anus et le muscle pyramidal, qui s e' tend de l’épine sciatique de l’os iliaque au coccyx qu’il maintient solidement dans sa position u°r* male, en se contractant. L. p.

ISCHION. Nom donné par les anatomiste ^ la portion inférieure et postérieure de l’os iliaque (V. Iliaque). P. L.

ISCHIOPHAGE. — Nom donné par les téralol°'

gistes à un genre de monstres doubles, dans leqrie les deux individus presque complets sont réuu1

ISO

a u région hypogastrique ou pelvienne, ont un ûaD, :Je c0nunun, les tôles tournées du même cote, oül£int deux des membres inférieurs sont soudes 'un seul, comme dans la figure 661, faite d’apres

Fig. 661. — Monstre ischiophage.

une photographie du professeur Depaul. Chez ce monstre, le pied commun avait six orteils et un des composants était atteint de bec-de-lièvre, p. l.

ISCHURIE. — Synonyme de rétention d’urine (V. Urine). P- L

ISOLEMENT. - Hygiène publique. — L’isolement e>t un moyen hygiénique destiné a séparer les inu. vidas malades des individus sains, pour prévenir l’extension des maladies contagieuses des premiers aux seconds.

Aujourd’hui que, grâce à de nombreux et remarquables travaux, nous sommes parfaitement éclairés sur la pathogénie des affections contagieuses, la nécessité de l’isolement comme mesure prophylactique est démontrée d’une façon péremptoire et définitive.

Quailes sont les maladies dont l’isolement dans -es hôpitaux est nécessaire? — A cette question Posée .ni congrès international d'hygiene, tenu à Pans, en 1878, Fauvel et Vallin ont répondu au nom de la Commission spéciale dont ils étaient lapüortéurs : lu les fièvres éruptives, la variole, la scarlatine et la rougeole ; — ü° la diphthérie; — 3° le typhus pétéchial et le'typhns récurrent, dans les Pays o.i ces deux fièvres sont endemo-épidémiques;

4° les affections puerpérales transmissibles; — a Certaines épidémies accidentelles, choléra, etc. A ces cinq groupes, il laut, connue le veut Proust,

ISO 169

enjoindre un sixième, comprenant la morve, le farcin, la rage et le charbon.

Quels sont les différents modes d’isolement? L’isolement peut èlre individuel ou culL-dif.

Isolement individuel. — L’isolement individuel est celui dans lequel on donneà chaque malade un local spécial. Praticable facilement lorsqu’il s’agit de malades soignés chez eux, il présente de grés grandes difficultés d exécution lorsqu’on veut l’établir dans les hôpitaux. Aussi ne faut-il le réclamer, que dans les cas d’absolue nécessité qui sont, d’après le professeur Proust : 1° les cas accidentels et toujours rares d’une maladie grave et transmissible comme la diphlhérie, la morve, la rage et le charbon •— 2° les cas où il y a coïncidence, chez un môme sujet, de deux maladies transmissibles: la scarlatine et la diphthérie, par exemple; - 3° les cas où une maladie suspecte, probablement transmissible, est à son début, où le diagnostic est en-

coré incertain, . et où on est indécis sur le choix du service ou de l’hôpital dans lequel doit etre transporté le malade; — 4° enfin, les cas de septicémie

F. - L’isolement collectifpeut être pratiqué : 1° dans une salle distincte d un hopi tal • 2" hors de l’enceinte des hôpitaux généraux.

L'isolement, collectif dans une salle distincte dun hôpital général, c’est-à-dire dans une salle separee du reste de l’hôpital, d’individus affectes de la même maladie contagieuse, est d’une application facile, mais on l’a accusé : 1° d’amener une aggr vation de la maladie ; z° de créer des foyers pouvant donner naissance à des épidémies.

La première objection n’est pas applicable a^ fièvre typhoïde, à la variole, à la rougeole, a la scarlatine, et même à la diphthérie, ainsi que cela résulté des recherches de Murchison, Colin, Isambert Vidal, Brouardel, etc. ; leurs statistiques demontient en effet que l'isolement collectif n aggrave en rien les dangers individuels courus par chaque malade. Mais, en revanche, elle est absolumenÜondee,ence. qui concerne les accidents des plaies chirurgicales, érysipèle, septicémie, etc., et la fièvre puerpera .

Quant à là seconde objection, à savoir que l isolement collectif crée des loyers qu, peuvent donner naissance à des épidémies, se répandant dan le voisinage de .hôpital, vota J“

et Vallin : « Tout prouve, disent ces deux hy0ie nistes éminents, que la diffusion des gemies sur tout des germes üe fièvres erupt.ves est difficile, qu’elle ne se fait guère par l’intermediaire direct de Pair : une distance de 15 à 30 métrés est, eu gene rai, un abri suffisant, pourvu que m les i person , ni les choses ne franchissent la zone > doit entourer tout centre disolemen. ■ moins optimiste, et se basant relevés par lui dans £e^|al^1(iratiqUer l’isolement est d’avis que Ion ne doit Pa f . V, miiieu d’un

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