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déterminer des accidents graves, tels que des hémorrhagies, parfois mortelles, de la cystite, des accidents fébriles et des symptômes d’intoxication urineuse. On préviendra ces accidents en injectant dans la vessie, après chaque cathétérisme, des solutions tièdes d’eau boriquée à 4 p. 100 et on les combattra, s’ils se manifestent, en administrant à 1 intérieur du sulfate de quinine ou du salicylate de soude. On pourra donner également, pour prévenir la décomposition des urines dans la vessie, du borate de soude à la dose de 4 grammes 'par jour; enfin, on soumettra les malades à un régime fortifiant. Chez les rétrécis, on cherchera à 'introduire, non plus une sonde, mais une bougie fine, qu’on laissera à demeure et le long de laquelle l’urine pourra s’écouler lentement, mais ' d.’ une façon contiguë. Si l’incontinence s’accompagnait de phénomènes inflammatoires, on aurait recours aux grands bains, aux lavements laudanisés et 'à l’opium. Enfin, s’il existait un rétrécissement absolument infranchissable, il ne faudrait pas hésiter, en casde rétention complète, à pratiquer la ponction de la vessie avec l’appareil aspirateur de Dieùlafoy. Ces ponctions se pratiquent généralement au niveau de la région hypogastrique ; elles sont absolument inoffensives et peuvent être répétées plusieurs fois. . nr Paul Labarthe.
URINEUX (empoisonnement). — On désigne sous le nom d’empoisonnement urineux un ensemble d’accidents spéciaux, s’observant chez les individus atteints de lésions des voies urinaires èt qui sont surtout caractérisés par des accès fébriles. L’empoisonnement urineux s’observe chez les malades atteints d’affections chroniques de l’appareil urinaire telles que les rétrécissements de l’urèthre, les hypertrophies de la prostate, les calculs de la vessie. Chez ces malades, les accidents ne se manifestent qu’à partir du moment où ils ne peuvent plus vider complètement leur vessie. Il en est de même dans, la cystite chronique où la stagnation de l’urine provoque l’apparition des symptômes de l’intoxication urineuse. Le plus souvent, les malades jouissent d’une période d’immunité plus ou moins longue, puis les accidents fébriles éclatent brusquement à la suite d’une intervention chirurgicale telle que l’uréfhrotomie interne, la dilatation d’un rétrécissement uréthral, quelquefois même le cathétérisme évacuateur, surtout s’il a été pratiqué maladroitement.
L’intoxication urineuse revêt des formes différentes : elle peut être aiguë ou chronique.
Forme aigue. — Cette forme présente elle-même deux types différents, caractérisés, l’un par un accès fébrile franc, l’autre par des accès répétés èt irréguliers ou par un état de fièvre presque continu avec exacerbations plus ou moins accusées. L’accès franc présente trois stades semblables à ceux qu i caractérisent l’accès de fièvre paludéenne ; le malade éprouve d’abord une sensation de malaise et de courbature, puis le frisson apparaît, quelquefois léger, le plus souvent intense, s’accompagnant de tremblement généralisé et de claquement des dents. Après une durée variable, le frisson est suivi d’un stade de chaleur, avec sécheresse de la peau, puis
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survient enfin le stade de sueur; le malade est couvert d’une sueur abondante et il éprouve une sensation de calme et de bien-être relatifs. Dans la forme bénigne, l’accès franc dure quelques heures et ne se renouvelle pas. Dans le second type de la forme aiguë, les trois stades (frisson, chaleur, sueur) sont mal proportionnés ; le frisson est généralement intense et prolongé, le stade de sueur à peine prononcé. On observe souvent des vomissements, de la diarrhée, de la congestion pulmonaire, des douleurs au niveau de la région lombaire; la langue esf sèche, la salive acide et la muqueuse buccale est souvent, le siège de muguet. On rencontre parfois des foyers de suppuration dans les muscles et dans certaines articulations (genou, épaule, etc.). Cette forme présente une durée variable, s’étendant parfois jusqu’à vingt jours; elle sé termine fréquemment par la mort.
Forme chronique. — Cette forme, tantôt consécutive à la forme aiguë, tantôt spontanée, est caractérisée p.ar un état fébrile, peu intense, mais continu ; l’intoxication urineuse se manifeste, non plus par des accès de fièvre comme dans la forme aiguë, mais par des troubles digestifs et par un état général grave. La langue est recouverte d’un enduit épais, la bouche est pâteuse, l’appétit disparaît, les malades présentent une grande répugnance pour la viande, les digestions sont difficiles etl’amaigrissement s’accentue de plus en plus. Le malade n’accuse pas de douleurs vives, mais il se plaint d’une sensation de courbature et de lassitude extrêmes; sa peau présente une teinte jaune semblable à celle, qu’on remarque chez les ictériques. Il s'affaiblit de plus en plus et tombé dans un profond marasme.
La forme chronique a une durée indéterminée et aboutit fréquemment à un dénouement fatal.
L’empoisonnement urineux est dû, pour les uns, à la pénétration de l’urine dans les vaisseaux, tandis que, pour les autres, il est produit par sa rétention consécutive à une lésion rénale (néphrite interstitielle). Nous pensons que ces deux causes ne s’excluent pas et que, dans un certain nombre de cas, elles agissent ensemble pour déterminer les symptômes de l’empoisonnement urineux.
Dans la forme aiguë, le traitement consiste à favoriser la sudation en administrant des tisanes sudorifiques (bourrache, thé, jaborandi, etc.) et en donnant du sulfate de quinine à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme par jour. S’il existe des troubles digestifs, on soumettra le malade au régime lacté. Dans la forme chronique, on évitera la stagnation de l’urine dans la vessie et surtout sa décomposition en pratiquant des injections d’eau boriquée à 2 p. 100. On soutiendra les forces, du malade et on combattra les progrès de l’intoxication urineuse par un régime tonique, par l’extrait de quinquina à la dose de 4 à 6 grammes par jour. Enfin on aura recours au traitement chirurgical toutes les fois qu’on pourra supprimer ainsi la cause de l’intoxication urineuse. Dr Paol Labarthe.
DRIQÜE. — Nom donné par les chimistes à un acide que l’on rencontre dans l’urine normale de l’homme et en petite quantité, dans le sang. L’acide
urique se présente sous la forme de petits •
d’un rouge pâle, inodores et insipides nCristaux peu soluble dans l’eau et se déDosp ‘ Uesttrès fond du vase. Il augmente de quantité^?11 au arthritiques, chez les goutteux et chez les in?-}es soumis à une alimentation fortement a — • s
diminue chez les anémiques, les chlorotiques 1 individus débilités par une affection grave Tl S combine avec la plupart des bases pour former a urales et constitue chez le goutteux des dépôts ^ ticulaires désignés sous le nom de tophus Enfin' il existe en très grande quantité dans l’urine iÀ individus atteints de gravelle, et il est fréquem ment l’origine de la pierre dans la vessie. P L
URTICAIRE. — L’urticaire est une affection caractérisée par une éruption papuleuse, s’accompagnant d’une démangeaison intense.
Cette affection ne présente pas de siège d’élection. Sur le corps, elle affecte la forme d’éievures papuleuses, plus ou moins saillantes, abords nettement circonscrits, présentant une zone périphérique rouge rosée et une zone centrale décolorée. Les papules sont tantôt isolées, tantôt fusionnées et revêtent dans ce cas l’aspect de larges placards de forme irrégulière, atteignant jusqu’à 15 centimètres de long sur \ 0 de large (urticaire géante). Elle s'accompagne généralement d’un prurit intense. A la paume des mains et à la plante des pieds, l’élevure est peu considérable, la teinte moins rosée, mais il existe une sensation de prurit et de chaleur insupportables. L’urticaire s’observe 'aussi sur les muqueuses, dans là bouche et dans le pharynx où elle détermine des stomatites et des angines éphémères. On la rencontre aussi sur les organes génitaux.
L’urticaire est une affection essentiellement mobile, son évolution est très rapide ; elle dure généralement quelques heures, parfois quelques minutes seulement, rarement plus de deux ou trois jours. Mais elle est très sujette aux récidives, et les poussées se succèdent quelquefois rapidement pendant plusieurs mois ou plusieurs années. Cette dernière forme à laquelle on a donné le nom d'urticaire chronique, s’observe surtout chez les vieillard» atteints de lésions rénales.
Les causes de l’urticaire sont nombreuses : on les divise en externes et internes. Parmi les causes externes nous signalerons le contact des orties, Te piqûres ou le contact de certains animaux tels qa les punaises, les puces, les chenilles, les moustic»» les méduses, etc. Parmi les causes internes il faU citer l’ingestion de certains aliments: charcuterie» poissons, mollusques, crustacés, asperges, fraise»» vin blanc, café, etc. Quelques médicaments te» que le copahu, le cubèbe, la térébenthine, le ch ral, l’iodure et le bromure peuvent déterminer éruption d’urticaire. Enfin les émotions morale la colère et la frayeur peuvent donner naissance un urticaire- passager.
L’urticaire débute souvent par des signes de \ poisonnement ou d’indigestion ; elle s’accomp®p° de frissons plus ou moins violents et la temper ture varie entre 38 et 40 degrés. Elle atteint préférence les goutteux et les arthritiques.
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pans le cas d intoxication, on commencera par tomistes à une artère qui naît de l’aorte, chemine administrer un vomitif. Le traitement local con- dans l’épaisseur du ligament large et se termine siste à calmer les demangea.sons à l’aide de lotions sur les parties latérales de l’utérus en s’anastomoaU chloral à 2 pour 100, au bromure de potassium sant avec les artères vaginale et utérine. P L à 5 pour 100, à l’eau chloroformée à 2 pour 1,000,
à l’aide de poudres isolantes (oxyde de zinc, UTÉRUS.— Anatomie. — L'utérus ou matrice est poudre d’amidon, sous-nitrate de bismuth, acide un organe creux musculaire, situé chez la femme salicyli<ïue)- 0n s’abstien(:lra de prendre des bains, dans le bassin entre la ves'sie en avant et le rectum surtout des bains froids qui, chez certaines person- en arrière. Cet organe placé au-dessus du vagin neSr suffisent à provoquer une éruption d’urticaire, forme avec ce conduit un angle obtus ouvert en On a conseillé l’aconitine a la dose de 2 ou 3 gra- avant.
pules de 1/4 de milligramme par jour. Enfin on On a comparé assez justement l’utérus à une recommandera l’usage du lait et des eaux alcalines poire creuse dont la grosse extrémité serait en haut
telles que Vichy, Saint-Galmier (Badoit), etc. et la petite en bas. En effet dans sa partie inférieure,
Dr Louis Thomas. environ à l’union du tiers inférieur avec les deux
USSAT (eaux minérales d’). — Ussat est un village de l’Ariège, situé entre Foix et Tarascon, dans une | riante vallée dominée par des montagnesgranitiques complètement dénudées, qui possède des eaux minérales bicarbonatées calciques et sulfatées calciques faibles, d’une température de 38 degrés, qu’on utilise en boissons, en bains et en douches contre un certain nombre d’affections utérines (leucorrhée, aménorrhée, dysménorrhée, ulcérations du col, etc.), contre la chorée, l’hystérie et les névropathies hystériques, enfin contre les phlegmasies du tube digestif et des organes urinaires. p. l.
tiers supérieurs, l’utérus se rétrécit et forme une
UTÉRINE. — Nom donné par les anatomistes à une artère de l’utérus et à deux conduits appelés trompes qui vont de l’utérus aux ovaires.
L’artère utérine, qui naît de l’artère iliaque interne, est située entre les deux lames des ligaments larges; elle se d’abord vers le col de l’utérus, puis monte le long des bords en lui abandonnant un de rameaux.
Les trompes trompes de Fallope, membraneux, situés dans igaments larges, qui s’insèrent aux jjes supérieurs du corps de l’utérus, en arrière des ligaments ronds, puis se dirigent transversalement vers l’ovaire au niveau duquel ils se termident par un renflement évasé, à bords découpés estons, auquel on donne le nom de pavillon , jj destine à s’appliquer sur l’ovaire. Les trompes
Qt percées, dans toute leur étendue, d’un canal ^r°it qui vjent s’ouvrir dans putérus au niveau 4<fs angles supérieurs. Elles sont constituées : pJ’P.dne tuniqe musculaire formée de fibres sucirr ?• 6S longiludinales et de fibres profondes vêtu a>reS ’ Par une membrane muqueuse re- Pes ç un épithélium à cils vibratiles. Les trommix °n^ destinées h conduire les spermatozoïdes rin„°,!fires et à amener l’ovule dans la cavité uté- \V. Fécondation), P.
DTÉR°-OVARIENNE. - Nom donné par les ana-
rieur et nettement indiqué à l’intérieur où il porte des noms spéciaux. Il résulte de cette disposition qu’on a divisé l’utérus pour l’étudier en deux portions : l’une plus volumineuse et située au-dessus de la seconde s’appelle corps de l’utérus, l’autre plus petite et située au-dessous de la première prend le nom de col.
Le coups de l’utérus a une forme triangulaire chez la femme vierge, et est plus arrondi chez celle
1. Coupe du sacrum. — 2. Symphyse du pubis. — 3. Rectum. — 4. Utérus. — 5. Trompe utérine. — 6. Ovaire. — 7, Ligament rond. — 8. Lèvre postérieure du Col de l’utérus. —9. Cul-desac péritonéal utéro-rectal (on voit qu’il tapisse le quart supérieur de la paroi postérieure du vagin). — 10. Vagin. — 11. Cul-de-sac péritonéal utéro-vésical. — 12. Cavité vésicale. — 13. Canal de l’urèthre. — 14. Clitoris. — 13. Petites lèvres. — 16. Grandes lèvres.
qui a déjà eu des enfants. On lui considère une surface externe divisée en face antérieure, face postérieure. Deux bords latéraux, un bord supérieur ou fond, et trois angles dont deux supérieurs et un inférieur. Sa face antérieure répond à la vessie dont
rig. .1—6. Organes génitaux internes de la femme.
V-,VaSin; t? U- Corps de l’utérus. — C. Partie antérieure du col ae 1 utérus. 0. Ovaires. — T. Trompes utérines. — P. Pavillons des trompes utérines. - R. Ligaments larges. - L. Ligaments ronds.
elle est séparée par un repli du péritoine, sa face postérieure au rectum dont elle est également séparée par le péritoine qui la tapisse entièrement. Les bords latéraux laissent pénétrer dans l’organe les vaisseaux qui lui parviennent par les ligaments larges (V. ce mot). Le bord supérieur qui est. rectiligne avant toute conception et qui s’encurve au contraire ^ avec une convexité , supérieure chez la multipare, répond aux anses intestinales qui reposent sur lui et y laissent souvent < leur empreinte. Quant aux angles, les deux supérieurs donnent attache en avant aux ligaments ronds, en arrière aux ligaments de Y ovaire et entre ces deux organes aux trompes de Fallope; l’angle inférieur répond au col de l’utérus.
La cavité du corps de l’utérus est également triangulaire, mais les bords de ce triangle sont curvilignes avec convexité tournée en dedans, si bien que, chez la femme vierge, la cavité utérine est en quelque sorte réduite à un canal médian qui -se bifurque vers le tiers supérieur en deux branches se dirigeant chacune vers l’un des angles supérieurs de l’organe. On divise aussi cette cavité en face antérieure et face postérieure, toutes deux muqueuses, convexes en dedans, en trois bords, deux latéraux et un supérieur, qui ont cette forme curviligne dont nous venons de parler,et en trois angles dont les deux supérieurs aux orifices des trompes et l'angle inférieur qui sépare la cavité du corps de
celle du col forme une partie rétrécie isthme de l’utérus ou orifice interne ’ ^ °naPPeUe Le col utérin, dont la forme varie examine une femme vierge, une qui n’aSel°D qa’°û d’enfants, ou bien celle qui en a eu be ‘ quePetl
présente comme unUcè°nUpP’Se cylindre ou un bariU^
longueur de 2 à 4 cem; e Itegllllk tres les ca^o1 1
connaît au col deux surfai
IlSJlIISS) une externe et uneinS SRi&JiS^ 7 CaV1> La surface extern donne insertion au vagin *
on aPPel,e Portion intra-vaginale du col la partie de cet ' ^ fSane fiui est placée au-
dessous de cette insertion et se trouve libre, dans le vagin Quant aux deux extrémités', l’une, supérieure, sé confond avec le corps de l’utérus en se fixant à l’angle inférieur du corps de cet organe, l’autre, inférieure, se présente sous la forme d’une portion arrondie plus ou moins allongée, percée à son extrémité d’une ouverture linéaire transversale chez la vierge, et plus ou moins arrondie ou lacérée chez la multipare. On a donné à cette ouverture le nom d’orifice externe du col et à la portion arrondie de cette extrémité cervicale le nom de museau de tanche. Cette disposition transversale de l’orifice externe a fait donner le nom de lèvres aux deux parties du museau de tanche situées en avant et en arrière de cet orifice. On a ainsi une lèvre antérieure et une lèvre postérieure.
Fig. 1227. — Coupe transversale d’un utérus vierge- -r ' vite du col et arbre de vie. — C. Cavité du corps. — uséparant le corps du col. — S. Tissu propre, t
Fig. 12-28. — Corps transversal d’un utérus de femme & eu des enfants. — A. Cavité du col et arbre de vie. — * __ vité du corps. — 0. Isthme séparant le corps du S. Tissu propre.
La cavité du col est fusiforme. Elle est taP‘s{Sgt par une muqueuse et on y observe en ava en arrière de nombreux replis obliques qul Y
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d’une saillie longitudinale auxquels on a donné [e° m d 'arbre de vie ou feuille de fougère . leT“e volume de l’utérus varie selon qu’on examine 'fane d’une fille vierge ou celui d’une multipare, liez la première il a en moyenne les dimensions rivantes : Longueur 60 millimètres, largeur 38 millimètres, épaisseur 22 millimètres Chez la multipare on trouve en moyenne d’après Sappey : longueur 68 millimètres, largeur 43 millimètres, épaisseur «6 millimètres. Chez les filles vierges la longueur du col est un peu plus grande que celle du corps. C’est l’inverse qu’on observe chez les femmes qui ont déjà eu des enfants.
Le poids de l’utérus est d’environ 32 à o 42 grammes chez les vierges et de 48 à 55 grammes chez, les multipares.
Structure. - Nous avons dit. que l’utérus était un organe musculaire. Ses parois sont formées par trois couches de fibres musculaires : l’une externe où les fibres v longitudinales dominent, l’autre interne où l’on observe surtout des fibres circulaires et une troisième, moyenne, où les faisceaux musculaires affectent une disposition sinueuse qui permet aux divers faisceaux d’entourer les orifices des vaisseaux qui parcourent les parois utérines et de constituer ainsi autour de ces vaisseaux de véritables sphincters. Cette disposition est fort importante et fait comprendre comment la contraction des fibres musculaires utérines peut, en oblitérant les canaux vasculaires, empêcher à un moment donné des hémorrhagies fort graves.
La surface externe de l’utérus est recouverte en partie par le péritoine ; sa face interne ou cavité est tapissée par une membrane muqueuse qui s’exfolie en partie à chaque menstruation et qui forme pendant là grossesse la caduque ou troisième membrane, la plus externe de 1’cbiz/(V. ces mots.)
Le col est recouvert extérieurement pour la partie qui est intra-vaginaie par une muqueuse semblable à la muqueuse vaginale, et la cavité est recouverte également d’une muqueuse qui ne devient jamais caduque. On peut apercevoir à la loupe sur cette muqueuse, dans le fond dès sillons de l'arbre de vie, les orifices de nombreuses glandes qui viennent déverser à la surface interne de cet organe un mucus plus ou moins abondant.
Anomalies. — Les anomalies de l'utérus sont nombreuses; les principales sont : l’absence totale, e dédoublement et le cloisonnement.
Physiologie. — L’utérus est l’organe essentiellement destiné à recevoir l’œuf, fécondé, à le conser- !<*> à favoriser son développement et finalement à expulser quand le temps normal est arrivé. Pour e.a 1 utérus a été doué de certaines propriétés qui J?1 -Permettent d’accomplir le rôle dont la nature la chargé.
l’^m .01’gane n’a qu’une sensibilité très obtuse, à en i ■ Vacuité, comme on peut s’en rendre compte c P aÇant un fer rouge sur le col de la matrice, ^-dans un grand, nombre de cas est à peine Par la femme. Le corps de l’organe ne “ Pas non plus. d'o ùé d’une sensibilité bien dé-
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veloppée, et cependant quand on introduit un hystéromètre dans la matrice il est rare qu’on ne développe pas une certaine douleur surtout au au moment ou la sonde utérine franchit l’orifice interne. Quelquefois même ce simple sondage dé-
Fig. 1229. - Fig. 1230.
Fig. 1229. — Utérus de femme vierge, vu par sa face antérieure. — M. Portion vaginale du col. — U. Isthme Utérin séparant le col du corps. — P. Corps de l’utérus.— T. Trompes utérines ou de Faildpe. — V. Vagin.
Fig. 1230. — Utérus d'une femme qui a eu des enfants. — M. Museau de tanche. — 0. Isthme utérin séparant lë corps du col. — T, T. Trompes utérines ou de Fallope. —V. Vagin.
termine chez des femmes nerveuses des crises plus ou moins violentes. Mais quand l’utérus est malade, il devient très sensible et les douleurs ressenties dans la métrite en sont une preuve évidente. Cet organe peut également être le point de départ de douleurs névralgiques ou rhumatismales très intenses. Pendant la grossesse, la sensibilité de l’organe, augmente certainement, puisque chez quelques femmes les simples mouvements du fœtus sont très douloureux, mais cependant la sensibilité n’est que très rarement exagérée. Quand elle le devient, c’est qu’il s’ajoute à la grossesse un certain degré de métrite, et il n’est pas rare de voir alors l'avortement être la conséquence de cet état morbide.'
L’utérus est irritable, et c’est à cette propriété qu’il doit de se contracter quand on le palpe un peu fortement à travers la paroi abdominale ou quand on l’excite par la présence d’un corps étranger mis en contact du col utérin ou mieux encore introduit dans le col. Il semble que le point le plus ■ irritable est l’orifice interne ou isthme de l’utérus, et c’est sur cette propriété que sont basées une grande partie des méthodes employées pour provoquer l’accouchement avant le terme, quand besoin esL . ’ :
Cet organe est extensible; cela ressort de la différence qu’il présente dans son volume dans l’état de vacuité et pendant la grossesse. Mais il ne faut pas croire qu’il s’amincit en se distendant, car il n’est pas rare de trouver aux parois utérines, au terme de l’accouchement, une épaisseur au moins aussi grande ,que celle qu’elles présentent à l’état de vacuité.
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Mais la propriété la plus importante de l’utérus c’est la contractilité. De même que les autres organes creux, le cœur, la vessie, l’estomac, l’intestin, l’utérus met en jeu ses fibres musculaires et cet organe se resserre sur les corps contenus dans sa cavité. Les contractions de l’utérus sont intermittentes et irrégulières. Elles ne sont pas rythmées comme celle du cœur. De plus, elles ne sont pas toujours semblables les unes aux autres. 11 peut y en avoir deux ou plusieurs successivement assez faibles suivies elles-mêmes par une autre très violente. Les contractions utérines existent même sur l’utérus en état de vacuité, on s’en rend très bien compte chez certaines femmes au moment de leurs règles; elles sont même, à ce moment, fort douloureuses (V. Dysménorrhée ). Mais c’est surtout pendant la grossesse et Y accouchement que l’utérus se contracte le plus manifestement (V. ces mots).
L’excitabilité, chez quelques femmes, détermine facilement des contractions utérines (V. Avortement). Chez d’autres, l’utérus est, au contraire, si peu sensible, que l’on aies plus grandes difficultés à déterminer des contractions, alors qu’il est nécessaire de provoquér l’accouchement avant terme.
Une autre propriété de l’utérus, distincte de la contractilité , c’est la rètractilitè. C’est grâce à cette propriété, que l’utérus reste toujours appliqué contre les corps contenus dans son intérieur, comme l’œuf; et c’est encore à la rètractilitè que cet organe doit de pouvoir revenir sur lui-même après 1 accouchement : mouvement très important, car c’est grâce à lui que sont évitées les hémorrhagies qui arriveraient infailliblement sans cela après l’accouchement et la délivrance. Mais cette rètractilitè ne se produit que si l’utérus est encore susceptible de se contracter; c'est pourquoi, dans les hémorrhagies post partum , on dit que l’utérus est inerte, et pour le faire rétracter, on emploie tous les moyens connus pour solliciter sa contractilité. Je n’insiste pas d’avantage (V. Accouchement, Avortement, Délivrance, etc.).
Inflammation de l’utérus. — (Y. Mètrite )
Déplacements de l’utérus. - L’utérus peut être devie de sa situation normale et se trouver soit en ha.ut, soit sur le côté de l’excavation pelvienne, soit rejete en bas contre l’orifice vulvaire, ou saillant meme hors de cet orifice.
L’élévation de l’utérus est un phénomène extrêmement rare, et cette disposition est, ou bien congénitale et due à la brièveté des ligaments suspenseurs de l’organe, ou bien acquise et produite par la présence de tumeurs abdominales ou pelviennes qui s’insinuent au-dessous de l’utérus et repoussent cet organe vers le détroit supérieur. Ceci s’observe fréquemment dans les kystes ovariques, les tumeurs fibreuses utérines, l’hématocèle rétro-utérine et les grossesses extra-utérines qui se développent dans le cul-de-sac recto-utérin, etc.
Les déplacements latéradx de l’utérus, sont comme dans le cas précédent, symptomatiques d un état pathologique particulier qu’il est assez souvent difficile de reconnaître. Quant au traitement de ces deux modes de déplacements (verticaux et latéraux), on comprend facilement qu’il sera celui-là même de la cause qui a produit la dévia¬
tion c’est-à-dire du kyste de la tumeur de ivtocele, etc... > ^ihe^
Les déplacements en bas de la matrir divisés en trois espèces, selon le deeré J?1 été cette modification de rapports. Il v alv»/, • me<ie la descente et la chute qui s'appliquent^?6^ mierou la perte des rapports normaux ' r J*6' étant descendu dans l’excavation pelvienne*» .s que son colest en contact avec le plancher? bassin. Dans le deuxième degré, le col utérin ? hernie à la vulve et enfin dans le troisième ou ch u! de 1 utérus, cet organe est plus ou moins sort hors des organes génitaux externes et une plus n moins grande partie de lui-même pend entre W cuisses delà femme.
L’abaissement de la matrice est souvent le ré sultat d’un effort plus ou moins violent ou d’une chute ou d’une commotion extérieure quelconquemais il faut encore admettre une certaine prédisposition antérieure. Si les ligaments suspenseurs de l’organe avaient conservé leur intégrité et leur résistance, si les tissus environnants ne s’étaient pas ramollis pour des raisons diverses, si le plancher du bassin, le périnée, l’orifice vulvaire n’avaient pas eux-mêmes subi des distensions ou des déchirures plus ou moins étendues, la chute de la matrice ne se serait probablement pas produite sous l’influence du seul effort muscul
Fig. 1231.
Descente ou prolapsus de l’utérus, avec allongement de la portion vaginale du col de l’utérus faisant saillie au dehors.
dire que le déplacement de la matrice par en bas n’arrive que chez des femmes à chairs flasques dont les ligaments ont été distendus outre mesure et même rompus à la suite d’accouchements irequents et qui présentent en outre des déchirures plus ou moins profondes du périnée.
L’abaissement de la matrice peut se faire brusquement ou graduellement. Il peut arriver qu chez des femmes disposées à cet accident, «n
use extérieure produise immédiatement la sortie jo la matrice hors de la vulve. Mais celte forme de rabaissement est presque toujours précédée du premier degré que nous avons indiqué. Dans des cas plus nombreux, on peut en quelque sorte suivre les divers degrés de l’abaissement et constater d’ange en année une aggravation de cet état jusqu’à ce que la chute soit complète.
Le traitement variera naturellement selon le degré d’abaissement et aussi selon l’état d’intégrité de la vulve et du périnée. Quand ces derniers sont intacts, on peut tenter de maintenir l’utérus simplement abaissé ou même faisant légèrement hernie à la vulve, avec des pessaires appropriés. Parmi les plus simples nous citerons une simple éponge fine imbibée d’un liquide antiseptique et légèrement astringent, que la femme retire tous les soirs en se couchant. On peut. employer de même un tampon de ouate recouvert de glycérine. Puis viennent les pessaires en anneau, en gimblette, ou en 8 de chiffre, soit en caoutchouc, soit en aluminium. Tous ces appareils prennent leur point d’appui sur le plancher et les parties latérales du bassin. Mais quand le périnée a été largement déchiré, il faut des pessaires plus volumineux qui s’appuyent ou sur les branches ischo-pubiennes ou sur un coussin périnéal maintenu lui-même en place par une ceinture pelvienne ; mais ces moyens contentifs sont difficiles à maintenir en place, gênent la marche et les malades demandent un soulagement plus efficace. On pratique alors une sorte de périnëorhaphie plus étendue, nommée épisioraphie. Dans cette opération, outre que l’on reconstitue le périnée lacéré, on provoque la soudure des trois quarts inférieurs des grandes lèvres. On peut encore obtenir une diminution du calibre du vagin en provoquant la réunion après avivement des parois latérales de ce conduit. C’est ce qu’on appelle le cloisonnement du vagin.
Déviations de l’utérus. — L’utérus peut encore subir diverses modifications de position. Ainsi, on peut voir cet organe s’incliner davantage en avant, son fond tombant en quelque sorte sur la symphyse pubienne, ou au contraire en arrière, le fond de l’organe se mettant en rapport avec le rectum et le col venant s’appuyer derrière la symphyse pubienne. On a donné à la première de ces déviations le nom de antéversion, à la seconde celui de rétroversion. C’ utérus peut encore s’incliner vers l’un des côtés du bassin et constituer un troisième ge'nre de déviation,, la latéroversion. Il n’est pas rare d’observer ce dernier déplacement concurremment avec | un des deux autres. De ces divers déplacements les deux premiers, l’antéversion et la rétroversion Slmples ou compliquées de latéroversion, sontbeauc°uPplus fréquents que les latéroversions simples. u
L’antéversion qui n’est que l’exagération de mclinaison normale de l’utérus est la plus ob- 6rvée des deux déviations. Il est assez difficile û indiquer les causes de ces déplacements et tout înt ,ant entrer en ligne de compte le poids des
festins, la constipation habituelle, la présence j fibrome dans la paroi antérieure de l’organe, brièveté des ligaments utéro-sacrés, l’esprit ne Dictionnaire populaire de médecine usuelle.
se déclare pas complètement satisfait. Mais il est rare que cette déviation produise des troubles bien considérables; souvent les femmes se plaignent d’envies fréquentes d’uriner et de points douloureux situés sur les côtés dans les régions iliaques. De plus ces diverses sensations pénibles disparaîtraient par le décubitus dorsal.
La rétroversion, dont les causes ne sont guère plus connues, entraîne avec elle des troubles plus prononcés, parmi lesquels il faut citer la difficulté dans la miction produite par la pression qu’exerce le col sur le canal de l’urèthre en arrière de la symphyse pubienne, la sensation d’un poids en arrière sur le rectum, déterminant de fréquentes et inutiles envies d’aller à la garde-robe, les douleurs éprouvées par le cahot des voitures et par le seul fait de s’asseoir sur un meuble un peu dur. Dans ces deux cas les femmes éprouvent la sensation d’un poids qui serait poussé en haut dans le bassin. Le repos au lit chez ces femmes n’amène aucun soulagement des douleurs qu’elles accusent de tous côtés.
Dans les latéroversions, les phénomènes nerveux dominent, à moins que cette situation ne vienne s’ajouter à l’une des deux autres déviations dont je viens de parler et dont on retrouve alors les divers symptômes.
Le diagnostic de ces déplacements doit se faire par le toucher vaginal combiné avec le palper abdominal et même le toucher rectal.
Le traitement de ces déviations, on peut le dire, est difficile et souvent même inefficace. Dans l’antéversion, on peut se contenter d’une ceinture hypogastrique qui repousse le fond de la matrice dans le milieu du bassin et qui surtout soulève le paquet intestinal, soulageant aussi l’utérus du poids qu’il supporterait sans cela. On peut y ajouter des tampons de ouate glycérinés placés en arrière du col et destinés à ramener celui-ci en avant, ou encore, certains pessaires en forme d’anneaux avec une courbe postérieure particulière et qui remplissent le même but.
Dans les rétroversions on doit toujours tâcher de les réduire sans violence. Cela peut se faire soit avec le doigt aidé de la sonde utérine ou d’un ballon à air placé en arrière dans le rectum. Dans les cas où l’utérus a contracté des adhérences, il faut bien se garder de les détruire, mais il faut laisser l’utérus dans la place qu’il occupe et se contenter de traiter les symptômes qui sont le plus généralement des phénomènes nerveux ou congestifs. J’ai eu personnellement à me louer de l’emploi du cautère actuel dans de semblables circonstances. ....
Flexions de l’utérus. — Elles sont caractérisées par ce fait que l’utérus au lieu de conserver un axe longitudinal à peu près rectiligne, se courbe sur lui-même soit en avant, soit en arrière, soit sur le côté. Nous aurons alors une anléflexion, une rètroflexion, ou une latéroflexion. Ces états qui compliquent souvent les déplacements que nous avons étudiés plus haut, ont à peu près les mêmes symptômes de douleurs nerveuses, de troubles généraux et locaux. Leur diagnostic se fait également à l’aide des recherches combinées du
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toucher vaginal et rectal, du palper abdominal et de la sonde utérine. Le traitement en est très difficile et souvent toutes les tentatives demeurent stériles. On doit toujours chercher à redresser l’utérus fléchi ; mais si la flexion est d’ancienne date, le tissu utérin a subi, au point même de la flexion, des transformations organiques qui s’opposent au redressement. il ne faut pas oublier non plus les adhérences que l’utérus a pu contracter extérieurement dans cette situation vicieuse. Enfin les déplacements comme l’antéversion, la rétro ou la latéroversion, de même que les déviations comme les an té, rétro ou la latéroflexion, sont souvent d’origine. congénitale, ce qui explique suffisamment 1 inanité des efforts tentés pour remédier à ces états.
Inversion ou renversement de l’utérus. — L’inversion utérine est un changement de situation
Fig. 1232.
Inversion ou renversement de l’utérus.
tout particulier dont nous ferons de suite comprendre le mécanisme en employant cette comparaison vulgaire, à savoir que l’utérus se retourne comme un bonnet de coton. La surface interne de sa cavité devient la surface externe de la tumeur qui occupe le vagin ou qui fait saillie entre les cuisses. Cette tumeur se présente comme «ne masse rouge, tomenteuse, saignante, allongée dans le sens longitudinal et sensible au moindre contact.
Cette inversion se produit généralement à la suite de l’accouchement et peut être le résultat de manœuvres intempestives pour extraire le placenta Elle peut également arriver après l’accouchement et la délivrance, sans qu’on puisse accuser Ips efforts de tractions opérés pour obtenir l’arrière-faix. C’est alors une inversion spontanée graduelle qui se produit et celle-ci est d’autant pius grave qu’on n’en soupçonne pas toujours l’existence. On sent alors dans le vagin', une tumeur hé mîsphériqùe, sensible au contact du doigt, saignant de toutes parts, et qui empêche d’arriver au col utérin. La femme éprouve en outre des symptômes généraux comme : hémorrhagie abondante, lipothymies, malaise inexprimable dans le bas-ventre vo
missement, tenesme violent, sueur* tv tômes d’étranglement, etc. Ir°ides, sy^
En face d’une inversion immédiate il r jours tenter la réduction que l’on’ - tou' facilement avec un taxis prolongé pj^ere assez réduction devient de plus en plus î ï t,ard’ la suite du gonflement de la tumeur de par mahon et surtout de la rétraction du cn^®' vers lequel il faut la faire passer. Le col tra' détermine ainsi un véritable étranglement ré dant on a pu réduire des inversions datant de rT sieurs jours, de plusieurs mois, de plusienrV U‘ nées. C’est donc toujours par là qu’il fL commet cer. Outre les mains, certains auteurs se sonïïl trouvés de l'emploi de pessai res en caoutchouc dam le cas ou 1 inversion incomplète n’était pas sorfie du vagin. Enfin, si ces divers moyens échouent î ne reste qu’à faire l’ablation de l’utérus; et, po’uI cela,. le meilleur procédé est l’emploi d’une ligature élastique au point le plus rétréci, de la tumeur à celui, par conséquent, qui répond à l’orifice interne du col. La masse utérine se sphacèle, et tombe au bout de quelques jours.
Hypertrophie du col de l’utérus. — L’utérus, par ses destinées, est un organe essentiellement favorable à l’hypertrophie. On comprend facilement que la matrice qui doit pendant neuf mois se dilater, sans s’amincir, pour contenir le produit de la conception, doit avoir en elle une puissance particulière de prolifération d’éléments anatomiques nouveaux. Malheureusement cette disposition favorise également certaines maladies par suite d’une distribution. irrégulière de ce pouvoir hypertrophique. C’est ainsi qu’on observe quelquefois des utérus dont la partie la plus basse ou le col a des dimensions disproportionnées avec le reste du volume de l’organe.
L’hypertrophie peut n’envahir que la portion intra-vaginale ou la portion sus-vaginale de l’utérus où s’adresser aux deux à la fois. L’hypertrophie du col peut être congénitale et souvent dans ce cas elle favorise la stérilité, ou bien encore elle est acquise, résulte du défaut d’involution de la matrice, après un ou plusieurs accouchements, ou succède à la métrite.
Les femmes atteintes de cette maladie accusent des symptômes analogues à ceux de l’abaissement
de la matrice, savoir : plénitude du vagin, sensation de quelque chose qui s’appuie sur le plancher., périnéal, ou qui tend à traverser la vulve, écoulements muqueux, etc.
Quand l’hypertrophie siège à la portion intra-vaginale, le plus simple est d’exciser une portion du col, soit avec le bistouri, soit avec l’un des écraseurs de Chassaignac ou de Maisonneuve.
Tumeurs fibreuses de l’utérus. — Les tumeur» fibreuses de l’utérus ont reçu les noms de fibreux , fibromes , myomes, etc., qui indiquent à m fois leur nature, leur constitution histologique et les liens qui les rattachent à l’utérus sur lequel elle5prennent naissance. Elles se présentent généralement sous la forme de masses arrondies, d’une consistance ferme, résistante, et constituées par défibrés tellement serrées les unes contre les autre» et enchevêtrées, qu’elles font entendre un i>rU1
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particulier sous le scalpel qui les divise. Elles sont en général peu vasculaires, si ce n’est dans leur surface extérieure quand elle est formée par la muqueuse utérine.
On les observe à tout âge, chez les jeunes filles vierges comme chez les femmes multipares.
On a divisé les fibromes en fibreux interstitiels sous-muqueux et sous-péritonéaux selon la partie du muscle utérin qu’ils occupent. Mais il ne faut pas oublier, que même ceux qui ont de la tendance à se développer du côté de la cavité utérine ou du côté du péritoine, sont recouverts d’une couche plus ou moins mince de tissu musculaire utérin. On pourrait donc dire que tous les corps fibreux sont interstitiels, mais que quelques-uns ont de la tendance à se développer davantage vers la cavité utérine ou vers le péritoine. Ces deux formes se pédiculisent quelquefois et donnent ainsi naissance à des polypes qui ne diffèrent donc des corps fibreux qu’en ce que ces derniers sont plus ou moins volumineux mais cessiles, c’est-a-dire avec une large base d’implantation, tandis que les polypes, tout en augmentant plus ou moins de volume, voient peu à peu la partie par laquelle ils sont fixés à la matrice se rétrécir et former alors un véritable pédicule. Les corps fibreux peuvent être uniques ou multiples; ils peuvent acquérir un volume considérable. On en a signalé pesant 39, 50, 62 et 74 livres.
Les fibromes utérins peuvent se développer sur tous les points du muscle utérin, mais c’est principalement le fond et la paroi postérieure de l’organe qui paraissent le plus fréquemment atteints.
Leur présence modifie une partie des rapports de l’utérus avec les organes voisins. Ainsi la matrice, par le poids qu’elle atteint, est presque toujours abaissée au début. Plus tard, si le fibrome est obligé pour se développer de remonter, comme dans la grossesse, au-dessus du détroit supérieur, n entraînera l’organe tout entier avec lui et celuici paraîtra plus élevé. Quand la tumeur a pris son point d’attache sur le segment inférieur de a matrice, elle peut se développer longtemps ans Lexcavation, et l’on a vu des cas où elle qccu- Pa|t si bien cette excavation que l’on pouvait à peiné passer le doigt entre cette tumeur et les pa- ' 018 , bassin pour chercher le col utérin re- P usse en haut. Si, dans ces conditions, la femme
Vlent enceinte, on comprend toute l’angoisse de
ccQücheurpQuj. ie moment de la délivrance. L’ex. cas16006 in,?ntre cependant que dans la plupart des des* SOus.^n^uence des contractions utérines et nie ^re,ss*ons en divers sens que subit cette tus u,r’. *e fibrome remonte au-dessus du détroit tanérieUr et Permet même un accouchement spon-
femm ^ ^ut de la formation des fibromes, les Plus atf ’ 6n général* voient leurs règles devenir caract' dantes’ s accompagner de douleurs d’un caiuotereiexpulsif’ et souvent elles chassent des gies ls Plus ou moins nombreux. Ces ménorrha- Penda6 r^en^ pas a ^re suivies de métrorrhagies lemenu i esPaces intermenstruels, puis des écou- ■lueux S . ,UCOrrhéïques dénaturés diverses, mu- Plenierii aireux> sanguinolents, purulents ou simaqueux. J’ai vu souvent certains de ces
écoulements présenter une couleur marron foncé comme celle du chocolat, et dans d’autres cas, n’avoir que l’apparence de l’eau presque transparente comme celles de la cavité amniotique. Ces derniers écoulements sont fréquents après la ménopause.
Les douleurs hypogastriques irradient souvent
*7Jie„s/T e; d? cmé des reins’ puis '«“"«"t
SJ joindre des douleurs produites par la compression des grosses branches nerveuses, comme le nerf sciatique, l’obturateur et les nerfs sacrés II laut y ajouter des envies fréquentes d’uriner dans quelques cas, et dans d’autres une difficulté plus ou moins grande de satisfaire à la miction, enfin la constipation, quelquefois suivie de diarrhée co- Iiquative.
L existence des hémorrhagies, la constatation d une tumeur dure, solide, résistante, non fluctuante; le rejet de l’utérus vers l’un des côtés du bassin,la vacuité de la matrice certifiée par l’hystéromètre l’existence parfois observée du souffle utérin, et la date même du début des accidents et de la présence depuis longtemps constatée d’une tumeur pelvienne, permettra dans le plus grand nombre des cas d’établir solidement le diagnostic.
Les corps fibreux disparaissent rarement spontanément, quoiqu’on ait pu en observer quelques-uns. qui, à la suite d’une véritable inflammation, se sont
ramollis, putréfiés et se sont dissociés peu à peu. D’autres ont paru suivre une marche rétrograde, soit après une grossesse, soit après la ménopause et, sans disparaître complètement, ont semblé s’atrophier graduellement. Enfin quelques-uns ont été envahis par une dégénérescence calcaire et se sont
en quelque sorte pétrifiés en restant stationnaires ;
mais le plus souvent il n’en est pas ainsi, et, pendant toute la vie sexuelle de la femme, le corps fibreux s’accroît et détermine par sa présence des accidents auxquels il faut savoir opposer un traitement convenable.
Contre les hémorrhagies et métrorrhagies on conseillera le repos au lit, et les injections souscutanées d’ergotine si l’écoulement sanguin devient très abondant. En outre on fera des injections aussi chaudes que la femme pourra les supporter en augmentant graduellement le degré de chaleur. Or recommandera d’éviter toutes les cau¬
ses qui peuvent entraîner la congestion des organes du bassin. Il faudra combattre la constipation, éviter les marches trop rapides, lès secousses de la voiture et les trépidations du chemin de fer. On fera bien de recommander le port d’une ceinture abdominale pour immobiliser autant que possible l’utérus et ses productions fibreuses, car on a vu quelquefois à la suite d’une chute, par exemple, se développer des péritonites partielles. Mais il faudra réagir contre la dépression à laquelle l’économie est soumise par le fait de ces hémorrhagies répétées. Le séjour à la campagne, une alimentation fortifiante, une médication tonique, les ferrugineux, le quinquina, devront être largement utilisés.
On a essayé d’obtenir la rétrocession de ces tumeurs par l’emploi des injections d’ergotine, pratiquées dans la paroi abdominale ou portées dans l’épaisseur même du muscle utérin. Ce procédé-
n’a réussi que bien rarement, de plus, il n’a pas toujours été exempt de dangers, et j’ai vu des abcès se former dans l’utérus qui ont mis plusieurs fois la vie des femmes en danger.
Le traitement des corps fibreux consiste dans leur ablation. Quand, après avoir administré pendant un certain temps le seigle ergoté ou l’ergotinine, on a quelque raison de croire que la tumeur fibreuse fait une saillie plus prononcée dans la cavité utérine avec tendance à se pédiculiser, on peut en pratiquer l’énucléation.
On a dans ces derniers temps proposé une opération plus radicale. C’est d’enlever l’utérus en bloc avec les tumeurs qui ont pris naissance dans l’épaisseur de ses parois. Les chirurgiens de nos jours, très confiants dans leur habileté indiscutable et dans les pansements antiseptiques, ne reculent plus devant rien, et si l’on songe que les cas de mort imputables aux seules tumeurs fibreuses de l’utérus sont assez rares, on comprendra qu’on doit hésiter avant de conseiller l’hystérotomie.
Polypes de l’utérus. — On distingue deux sortes de polypës : 1° les polypes fibreux qui sont de tous les plus nombreux ; 2° les polypes muqueux qui s’observent encore assez souvent.
Les polypes fibreux sont constitués d’une manière générale par une masse fibreuse plus ou moins volumineuse, présentant dans quelques cas une texture serrée, ferme; dans d’autres cas, ils sont ramollis au centre et deviennent kystiques.
La masse principale qui peut être tout entière contenue dans l’utérus, ou engagée dans le col, ou tombée dans le vagin, ou encore quelquefois saillante hors de la vulve, est toujours reliée à l’utérus par un pédicule plus ou moins long selon ces différents cas.
Nous avons vu que ces polypes ne sont autres que des tumeurs fibreuses originaires de la FiS- 1233- couche musculaire.
Polype du col de l’utérus, en battant Les femmes qui de cloche. sont atteintes de po¬
lypes utérins commencent par éprouver tous les symptômes des tumeurs fibreuses : augmentation du volume de l’utérus, sensation de pesanteur dans le bas-ventre, règles beaucoup plus abondantes et de plus longue durée, petites perles fréquentes dans l’intervalle des époques menstruelles, écoulements blancs albumineux, muqueux, muco-purulents ou simple¬
ment
douleurs
aqueux entre les pertes sanguines <v urs dans le ventre, contractions
surtout au moment des règles. En même tpui SlVes> observe souvent des vomissements, de °n pepsie et surtout de l’anémie occasionnée pertes abondantes et répétées. Des troubles ne ■ se développent et chez certaines femmes pas rare d'observer de véritables crises hystéria ^ qui disparaissent brusquement du reste avec V blation des polypes. a~
Le seul traitement des polypes est l’ablation et l’ablation est la plus bénigne des opérations si l’on prend quelques précautions et qu’on emploie les moyens antiseptiques en usage aujourd’hui
On peut enlever les polypes soit avec de grands ciseaux, soit avec le bistouri, soit avec un écraseur. Quand les polypes sont trop gros, et qu’ils, occupent une telle partie de l’excavation du bassin qu’on ne peut y faire manœuvrer les instruments, on les enlève par fractionnement.
Lès polypes muqueux siègent de préférence sur la muqueuse du col ou au pourtour de l’orifice interne. Il est rare qu’ils prennent un très grand développement, quoique on en ait vu faire saillie hors de la vulve. Ils se présentent alors sous un aspect rouge et frangé qui rappelle assez bien lai crête de coq. Restés sur le col, ils affectent plutôt une disposition arrondie en battant de cloche. Ce genre de polype entraîne surtout des pertes plus ou moins abondantes et fréquentes, et des écoulements leucorrhéïques ainsi que des accidents nerveux.
L’ablation de ces polypes doit toujours se faire. Elle s’obtient en général en les saisissant simplement avec une pince. Mais leur arrachement donne presque toujours lieu à un écoulement sanguin' assez abondant, et il est bon de cautériser au fer
rouge la surface d’implantation.
Ulcérations et ulcères de l’utérus. — Une des maladies qu’on rencontre le plus fréquemment est sans contredit l’ulcération du col utérin. Courty dit avoir rencontré cette affection 425 .fois .sar -1,563 maladies utérines. Bennet l’a trouvé 237 1 oissur 300 malades de la matrice. On voit par ces deux statistiques, que la maladie qui nous occupe es une des plus communes. # .
Les causes d?s ulcérations sont variables, ma le plus grand nombre dépend soit d’une fatigue l’organe à la suite d’accouchements répétés et su tout d’avortements mal soignés, d’excès vénerie > d’une métrite chronique ou d’une maladie diat que comme la scrofule, la syphilis, le cancer.
Mais les ulcérations ne présentent pas ^e ,inajS, aspect suivant la cause qui leur a donne n ^ sance. Ainsi les ulcérations qui proviennen la métrite, du catarrhe utérin, et fi11 oQ. gQUS observer chez les jeunes filles, se présentent ^ forme d’un anneau plus ou moins étendu, rouge vif qui entoure l’orifice externe. Les de cet anneau sont assez réguliers et je ^
contré assez fréquemment dans les atres!e^ricol utérin. Au contraire, les ulcérations qul . flne vent de la grossesse ou d’une métrite an veDt n’ont pas la même régularité de forme, et s gur elles ne siègent que sur une des lèvres- du n >
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périodicité est moins régulière, les pertes se rapprochent davantage et leur durée est plus longue, la fin de l’écoulement surtout demande un plus long temps. Dans l’intervalle, il y a un écoulement leucorrhéique plus ou moins abondant, épais, filant, tachant le linge sur lequel il laisse des traces de couleur jaune, jaune verdâtre ou blanc grisâtre.
Si dans quelques cas fort peu nombreux, les granulations simples du col et les érosions peuvent se guérir spontanément, il n’en saurait être de même des ulcérations constituées. Au contraire, abandonnées à elles-mêmes, celles-ci ont une tendance marquée à augmenter de dimension et à devenir fongueuses. Il faut donc, aussitôt qu’on s’est assuré de leur présence, les soumettre à un . traitement modificateur.