‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 270 sur 289 · YAR · texte numérisé non relu

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la variole s’observe à tous les âges, elle est cependant plus fréquente chez l’adulte que chez l’enfant, ce qui s’explique par la vaccination à laquelle les enfants sont généralement soumis après leur naissance. C’est une affection contagieuse; tantôt la contagion est directe et transmise par un malade atteint de variole aux personnes qui l’entourent; tantôt elle est indirecte et se produit souvent loin du foyer d’origine. C’est ainsi que les croûtes, divisées en fines parcelles, peuvent se conserver longtemps dans les vêtements, dans la chambre des malades, ou, grâce à leur légèreté, être entraînées par l’atmosphère à de grandes distances. La variole règne parfois à l’état épidémique; elle frappe en peu de temps tous les individus susceptibles de la contracter, puis finit par disparaître, faute d’aliment. Une première atteinte confère généralement l’immunité.

La variole revêt deux formes principales, différent par leurs symptômes, leur marche et leur terminaison : la forme discrète et la forme confluente. Nous décrirons simultanément ces deux formes sous le nom de variole vraie, puis noijs étudierons la variole hémorrhagique.

Variole vraie. — Dans la forme discrète, les pustules sont séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine, tandis que dans la forme confluente, l’éruption est si généralisée qu’il n’existe plus trace de peau saine entre les pustules, la première se termine généralement par la guérison, tandis que la seconde aboutit presque toujours à une terminaison funeste.

On décrit dans l’évolution de la variole quatre périodes : l’invasion, l'éruption, la suppuration et la dessiccation.

1° Invasion. — Cette période est précédée d’une période d’incubation qui dure, en moyenne, une dizaine de jours. Dès le soir du premier jour, le thermomètre s’élève jusqu’à 40 et 41 degrés; les adultes éprouvent un ou plusieurs frissons souvent remplacés chez les enfants par des convulsions. Ils se plaignent de céphalalgie et surtout de douleurs au niveau delà région lombaire f rachialgie). On observe fréquemment des nausées, des vomissements et de la constipation. A cette époque se rattache une éruption spéciale, passagère, désignée sous le nom de rash. Le rash apparaît vers le deuxième jour, il ressemble parfois à l’éruption de la rougeole ( rash morhilleux), mais il présente plus sou.vent l’aspect de la scarlatine et consiste en Jar- |es plaques framboisées siégeant surtout au niveau des régions du pli de l’aine [rash scarlatiniforme ). °ans la forme confluente, les symptômes du début s°nt les mêmes. Cette période présente une durée Moyenne de trois jours.

2“ Eruption. — L’éruption apparaît généralement Vers la fin du troisième jour; à ce; moment, les symptômes de la première période disparaissent, a défervescence se fait brusquement et le malade éprouve une, sensation de bien-être. L’éruption ebute par la face et envahit rapidement le reste du orps ; elle présente d’abord l’aspect de petits boue ns,r°uges, légèrement acuminés, se transformant U \^smules puis en pustules qui contiennent un quide séreux. Les pustules, sauf celles du visage,

présentent une dépression centrale désignée sous le nom d’ombilication ; elles envahissent les muqueuses (bouche, pharynx et larynx), on en trouve même sur la conjonctive. Dans la forme confluente, les symptômes de la première période au lieu de disparaître, augmentent d’intensité: la fièvre persiste et certains malades sont déjà atteints de délire. Le visage est le siège d’une rougeur diffuse, semblable à celle de l’érysipèle ; les pustules se confondent et soulèvent l’épiderme.

3° Suppuration. — A la face, le contenu des pustules se transforme en pus, la suppuration ne commence sur le tronc que vingt-quatre heures après. On constate en même temps une élévation de la température qui dépasse quelquefois celle du début, mais cette fièvre qui commence vers le huitième jour, dure généralement peu. Dans la forme confluente, les pustules sont confondues, l’épiderme est soulevé par une nappe de pus qui s’écoule constamment, souille les draps du malade et répand une odeur fétide. On observe une abondante salivation, les mains et les pieds présentent un gonflement considérable, les paupières tuméfiées sont agglutinées par le pus que sécrète.la conjonctive, les ulcérations du pharynx déterminent une dysphagie telle, que le malade peut à peine satisfaire la soif qui le tourmente, la laryngite et la bronchite donnent lieu à une dyspnée intense et, le plus souvent, le malade succombe en proie à d’intolérables souffrances. Dans les cas favorables, la fièvre de suppuration cesse du douzième au quinzième jour.

4° Dessiccation. — Dans la forme discrète, les pustules desséchées se recouvrent de croûtes qui durcissent peu à peu et laissent en tombant des cicatrices blanchâtres, déprimées, souvent indélébiles. Dans la forme confluente, les croûtes se pré-sentent sous l’aspect de larges écailles et donnent lieu à de vastes cicatrices qui déforment le visage.

Dès que la fièvre a disparu, l’appétit revient, les forces renaissent et l’état général s’améliore rapidement.

Variole hémorrhagique. — Cette forme est caractérisée par des hémorrhagies multiples qui apparaissent tantôt avant l’éruption, tantôt pendant la période éruptive. Elle s’annonce par des symptômes plus accusés que ceux de la variole vraie, le malade présente de l’agitation et une dyspnée intense, puis on voit apparaître de larges ecchymoses sur le visage, sur le cou, aux plis de l’aine, sur la conjonctive, etc. Le malade a des saignements de nez, crache du sang et rend des urines sanguinolentes, et la mort survient généralement vers le quatrième ou le cinquième jour. La variole hémorrhagique désignée quelquefois sous le nom de variole noire, s’observe surtout dans certaines épidémies.

Parmi les complications les plus fréquentes, nous signalerons le délire et la dyspnée qui se manifestent parfois dès le début avec une intensité très grande, la laryngite résultant des lésions du larynx, certaines phlegmasies (péricardite, endocardite, néphrite, adénite, orchite, phlegmons, etc.). Les pustules de la cornée peuvent donner lieu à des ulcérés qui, dans certains cas, entraînent une cécité corn-

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plète. Enfin, pendant la période de suppuration, la mort peut survenir, dans la variole confluente, par suite de la suppression des fonctions de la peau.

La variole discrète guérit dans l’immense majorité des cas, la variole, confluente guérit rarement, et la variole hémorrhagique se termine presque toujours par la mort.

Traitement. — La variole étant une affection contagieuse, les malades devront être isolés; on choisira une chambre spacieuse et bien aérée. Au début on donnera, pour favoriser l’éruption, des sudorifiques et surtout de l’acétate d’ammoniaque ou mieux le jaborandi du Dr Coutinho; on combattra la constipation par des laxatifs légers et la rachialgie par des frictions avec un liniment calmant. On a proposé un grand nombre de moyens dans le but d’éviter la formation de cicatrices au visage, c’est ainsi qu’on a conseillé de faire des applications d’onguent napolitain, d’emplâtre de Vigo, de collodion, d’ouvrir les pustules avec une aiguille et de les cautériser ; tous ces moyens sont infidèles. Hébra recommande d’appliquer sur' le visage des compresses imbibées d’eau froide. On doit surveiller avec soin l’éruption des muqueuses et en particulier celles de la cornée. On lavera fréquemment les yeux afin d’éviter la stagnation du pus, et on ouvrira de bonne heure les pustules de la cornée avec une aiguille à cataracte. On donnera contre la salivation des gargarismes au chlorate de potasse, au borate de soude, ou à l’eau de Vichy. Pendant la période de suppuration, on pratiquera des lotions désinfectantes avec de l’eau additionnée de chloral, d’acide phénique, de phénol Bobœuf, de coaltar saponiné Le Beuf, de salicol Dusaule ou de vinaigre de Pennes. Dans les varioles graves, avec tendance à l’adynamie, on , donnera des toniques. On combattra les accidents nerveux à l’aide de l’opium à la dose de 0,05 à 0,40 centigrammes ou de l’hydrate de chloral (2 à 4 grammes). Enfin, à la période de dessiccation, on pourra hâter la chute des croûtes par des bains savonneux et par des onctions avec de la vaseline. Pendant la convalescence, on s’efforcera de réparer par une alimentation substantielle les altérations profondes qu’entraîne la variole.

D.r A.-L. Labarthe père.

VARIOLEUX. — Nom donné à l’individu atteint de variole (V. ce mot). p L

VARIOLOÏDE. — On désigne sous ce nom toute variole qui ne suppure pas. Les symptômes d’invasion et d’éruption sont les mêmes que ceux de la variole, mais ils sont généralement moins intenses. Dans certains cas, l’éruption est peu abondante, on ne trouve qu’une dizaine de boutons sur le corps; dans d’autres cas, elle est presque confluente- elle présente au début la même marche que dans là vaiole, mais vers le troisième ou le quatrième jour les boutons s’affaissent et se dessèchent rapidement* en donnant lieu à une petite croûte brunâtre qui laisse, après sa chute, une cicatrice pigmentée laquelle ne tarde pas à disparaître.

La varioloïde, généralement bénigne, peut être grave ; elle revêt parfois la forme hémorrhagique

Le traitèment de la varioloïde se mnfn„A de la variole. ^ avec celui

VARIQUEUX. — Qualificatif employé p0Ur a- • gner ce qui a rapport aux varices (V jr?' Varices ). 1 Ulcere et

VARUS. - Mot employé pour désigner nn/ riété de pied-bot (V. Pied-bot ). ^ pUIJe Va-

VASGULAIRE (système). - On donne le nom a système vasculaire à l’ensemble des vaisseaux s vaut à la circulation sanguine ou lymphatiqUeTf comprenant les artères, les veines, les capillaires ! les lymphatiques. PL ”

VASA-VAS0RUM. — Nom donné par les anato mistes aux petits vaisseaux qui se distribuent dans les parois mêmes des artères et des veines. P L

VASELINE. — Nom donné par les chimistes à une substance qui s’extrait par la distillation du pétrole. La vaseline se présente sous l’aspect d’une substance demi-solide, très onctueuse, jaunâtre, inodore et insipide, inaltérable à l’air et à la lumière. Elle jouit de propriétés précieuses qui l’ont fait utiliser en thérapeutique : elle adoucit et assouplit la peau, guérit les engelures et les démangeaisons, on s’en sert aussi dans le traitement des plaies et des brûlures. Comme elle ne rancit pas, on a conseillé de la substituer à l’axonge dans la préparation des pommades et des onguents, cependant les pommades préparées avec de la vaseline sont moins favorables à l’absorption des médicaments qui y sont incorporés que celles à l’axonge. On doit pourtant la préférer à tout autre excipient, à cause de son inaltérabilité, lorsqu’il s’agit de pommades destinées à être appliquées sur les muqueuses; On trouve dans le. commerce trois variétés

de vaseline : la rouge, la blonde et la blanche; cette dernière, décolorée par des procédés spéciaux, est la seule employée en pharmacie. P. L-

VASO-MOTEUR. — Nom donné par les anatomistes aux branches nerveuses du grand sympathique qui se distribuent dans la tunique musculaire des vaisseaux sanguins. Ils règlent la circulation du sang et président à la contraction et à la dilatation des artères, etc. P- L-

VEAU (viande de). — Le veau fournit à l’alimentation seule des Parisiens plus de 12 millions o kilogrammes de viande par an, c’est assez dire so importance au point de vue alimentaire.

D’après Moleschott, 100 parties de viande devea privée de graisse et des portions tendineuses re

fermeraient :

Eau . 73,35

Musculine et analogue . 14,36

Albuminoïdes solubles et hémalines. 2,27

Matières gélatissant par coction . . 5,01

Graisse. . . . 2,56

Matières extractives . 2,25

La quantité de matières azotées et albuminoï^ contenues dans 100 parties de chair musculaire.

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veau serait donc de 16,63, elle est un peu moins nourrissante que la viande de bœuf.

A quel âge la viande de veau est-elle la meilleure ? A un mois, d’après Tessier, de l’Institut, de six semaines à trois, mois d’après la généralité. Avant un mois, la viande n’est pas encore de la viande, ce n’est pas même de la gélatine.

« Le bon veau, dit l 'Instruction du Conseil de santé des armées du 17 septembre 1884, se reconnaît à la blancheur en quelque sorte nacrée et à la densité de la chair, qui est à la fois ferme et élastique, qui tranche un peu sur le blanc des muscles, et à l’apparence de sa moelle qui est consistante avec un reflet légèrement rosé. Quand l’animal a moins de six semaines, la chair doit être rejetée; on la reconnaît à sa mollesse, à son humidité, au peu d’adhérence.des cartilages avec les extrémités osseuses et à la liquidité sanguinolente de la moelle. »

La valeur de la viande de veau s’estime d’après les portions du corps qui la fournissent. A Paris, cette viande est divisée en trois catégories:

Le cuissot, comprenant Ventre-deux, qui est le plus estimé, la rouelle, le cul de veau, et le quasi, le rognon, la longe, placée entre le cuissot et le carré couvert et correspondant à la culotte de bœuf, le carré couvert, comprenant l’ensemble des côtelettes, sont les morceaux de la première catégorie.

L’épaule ou paleron , la poitrine, divisée en gros bout et petits tendrons, les côtelettes ou côtes découvertes, sont les morceaux inférieurs qui rentrent dans la deuxième catégorie. ' .

Enfin le collier ou collet , les basses côtes et les jarrets , constituent ce qu’on appelle les bas morceaux ou les morceaux de la troisième catégorie.

Quant aux ris, au foie, à la cervelle, à la tête , à la fraise et aux pieds, ils sont vendus à part, en dehors de toute catégorie.

La viande de veau, tendre et recherchée à cause de la délicatesse de son goût, txercç une action laxative qu’il est quelquefois opportun, d’utiliser. Elle se mange rôtie, grillée, hachée, en ragoûts, et accommodée à une foule de sauces. La viande rôtie °u grillée est celle qui se digère le mieux. Le foie et le rognon sont très nutritifs, mais durs à digérer pour certains estomacs. La cervelle, riche en phosphore, est très digestible, ainsi que les ris. Quant à . tete et aux pieds, composés presque exclusivement de gélatine, ils sont d’une valeur alimentaire nulle

Dr Paul Labarthe.

VÉGÉTATIONS. — On donne le nom de végéta- ^ons à des productions morbides qui se présentent °us 1 aspect de tumeurs vasculaires, d’un volume nnable et d’une teinte plus ou moins rouge. Elles ^rent regardées pendant longtemps, comme des anifestations syphilitiques, mais l’expérience a montré que, dans le plus grand nombre des cas, es prennent naissance en dehors de cette diablen6* ®^es.Peuvent se développer à la suite de la cha DOrr^a°‘e’ vulvite, de la vaginite, d’un

obSppre °u, de Pâques muqueuses, mais on les ja .ve fréquemment chez des sujets qui n’ont Philh'S î)résenté d’affections vénériennes ni sydéveln*UeS’ *es vo^ méme assez souvent se PPer, soit chez des petites Allés atteintes de

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leucorrhée, soit chez des petits garçons atteints de nalamte ou de phimosis, sans avoir jamais eu de rapports sexuels.

Les végétations siègent de préférence sur la muqueuse des organes génito-urinaires; on les rencontre sur le gland et le prépuce, et dans le silon balano-préputial chez l’homme; sur les grandes et les petites lèvres, dans le vagin, sur le col de 1 utérus et a la partie interne des cuisses chez la femme; au niveau du méat urinaire, dans l’urèthre, sur le périnée, à l’anus et à l’ombilic, chez les deux sexes. On a observé quelques cas de végétations au niveau du mamelon et sur la langue.

Les végétations sont produites par une irritation des muqueuses qui peut résulter du pus blennorrhagique, de la sécrétion des plaques muqueuses, du pus d’un chancre ou de toute autre cause d’irritation locale, principalement l’accumulation de smegma entre le prépuce et le gland, chez les indit vidus, plus nombreux qu’on ne pense, qui ne fonjamais de toilette. génitale; cependant cette irritation à elle seule ne suffit pas; ces productions morbides exigent, pour se développer, une sorte de prédisposition spéciale de l’organisme. Parmi les causes prédisposantes, on a cité le tempérament lymphatique et la diathèse herpétique. La grossesse exerce une influence incontestable sur le développement des végétations qui, souvent, se flétrissent et disparaissent rapidement quelques jours après l’accouchement.

Les végétations sont caractérisées par l’hypertrophie des papilles de l’épiderme.

Elles forment de petites tumeurs très vasculaires, tantôt rosées, tantôt jaunâtres, plus souvent d’un çouge assez vif. Elles sont sessiles ou pédiculisées ; elles se présentent sous l’aspect de petites granulations, coniques, parfois isolées et peu nombreuses, parfois, au contraire, réunies et formant un ou plusieurs amas. Leur volume varie généralement de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’une petite noix, dans quelques cas cependant elles atteignent des dimensions beaucoup plus considérables. J’ai vu pendant la guerre de 1870-71, dans le service des vénériens, militaires auquel j’étais attaché, un zouave dont le gland représentait absolument un chou-fleur mesurant un petit diamètre de 11 et un grand de 13 centimètres. Leur surface est grenue, fendillée et leur forme variable les a fait comparer à des crêtes de coq, à des chouxfleurs, etc., dénominations vulgaires qui donnent une idée assez exacte de leurs différentes formes.

Ces excroissances charnues le plus souvent indolentes, ne présentent aucun danger, mais elles constituent généralement par leur siège ou parleur volume une difformité gênante. Elles ne sont pas contagieuses.

Le traitement des végétations est essentiellement local. Il consiste à les détruire a l’aide de certaines poudres, telles que le calomel, l’alun, l’acide salycilique, etc. Je me trouve très bien d’appliquer un mélange, en parties égales, de sabine et d’aluri calciné. Demarquay conseille de pratiquer plusieurs fois par jour des badigeonnages avec une solution de tartre stibié, 8 grammes, et eau distillée, 60 gr. Dans un grand nombre de cas, on s’est servi avec

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