TOKAY
Vin de Banyuls très vieux . 22 litres
Infusion de brou de noix . 1/4
— d’iris de Florence . 1/4
Esprit de framboises . 1/2
Sirop de. raisin a 33°. . . 11/4
Alcool à 83° . 1
Opérez également comme pour le Madère.
Vins mousseux. — Imitations. — La Bourgogne' et la Touraine produisent des vins mousseux, mais aucun d’eux ne présente les qualités du Champagne. -C’est dans les environs de Reims et d’Epernay que se trouvent les coteaux les plus renommés pour la production des vins de champagne. Le département delà Marne en produit, à lui seul, environ 450,000 hectolitres, sur lesquels on expédie à l’étranger de 15 à 16 millions de bouteilles. Depuis longtemps, la consommation du vin de champagne a pris, en France et à l’étranger, une telle extension, que les vins récoltés en Champagne sont loin de suffire; aussi les fabricants viennent chercher dans les pays environnants la plus grande partie du vin qui leur est nécessaire.
On fabrique aujourd’hui des vins dits de Champa gne avec les vins blancs de Lorraine, de Bourgogne, de la Côte-d’Or, de l’Anjou, etc. On se sert
meme ne piquettes ne raisins secs ou de p • ' clarifie les vins blancs, servant à la fabrir r^' °n Champagne avec du tannin, de la gélatîn du l’alun ; on les sucre, puis on les fait fermenté de bouteilles. On pratique le dégorgement comment le vin de Champagne. Ces vins sont vendXn? râlement sous le nom de Tisane. 8 ie~
Les vins mousseux de Saumur, d’Arbois de r moux, de Bergerac, etc., se préparent avec des vins de différents crus auxquels on fait subir la seconde fermentation en bouteilles, avec ou sans addition de sucre.
Depuis quelques années, certains fabricants se livrent aune imitation grossière qui consiste à mettre en bouteilles, comme de l’eau gazeuse, des vins blancs non mousseux chargés d’acide carbonique à l’aide d’appareils spéciaux.
Inutile de dire que ces vins fabriqués sont loin de présenter la qualité et la légèreté des vins de champagne. Dr Paul Labarthe*
VINS MÉDICINAUX. - L es vins médicinaux sont des médicaments officinaux liquides qui résultent de l’action dissolvante du vin sur une ou plusieurs substances organiques ou inorganiques. Pour préparer ces vins, il ne faut se servir que de vins de nature et de qualités supérieures. On emploie, suivant les indications, les vins rouges, les vins blancs ou les vins de liqueur. Les vins médicinaux peuvent se préparer par solution, par macération, par mixtion ou par les teintures alcooliques. La solu- . tion consiste à mettre dans le vin un corps complètement soluble (sel, extrait ou teinture) et à filtrer aussitôt après. C’est le procédé le plus simple et le plus rapide. La macération consiste à introduire dans le vin, contenu dans un vase, les substances grossièrement pulvérisées au préalable, à boucher le vase hermétiquement, et à laisser macérer le tout pendant 8 ou 10 jours, en ayant soin d’agiter de temps à autre, puis à passer le liquide par expression et à filtrer. Ce procédé est applicable au plus grand nombre de cas. Quant aux teintures alcooliques, elles permettent de préparer spontanément les vins médicinaux. Il suffit de verser 30 à 60 grammes de teinture par litre de vin. Mais les teintures ont l’inconvénient de ne pas représenter exactement tous les principes actifs des plantes employées, car ils ne contiennent que ceux qui sont solubles dans l’alcool. Disons, pour finir* que les vins médicinaux sont simples ou composés, suivant qu’une seule ou plusieurs substances entrent dans leur composition. "Les vins les pluS généralement employés sont à base de quinquina , de Colombo, de coca, de cacao, de lado-phosphate de chaux, etc. (V. ces mots.) P. h-
VINAIGRE. — V. [Acétique [acide J.)
VINAIGRE DE PENNÉS. — Ce vinaigre, inventé par le pharmacien aussi laborieux que modeste qul a déjà doté la thérapeutique et l’hygiène des bains . de Pennés (V. ce mot), est un produit spécial composé d’acide salicylique, d’acétale d’aluminei d’alcoolés d’eucalyptus, de lavande, de benjoin et de verveine, et d’acide acétique à 8°, associés d’apres
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une formule parfaitement conçue, de façon à com- I biner dans les meilleures proportions les proprié- | tés particulières de chacun de ces produits, propriétés que nous rappellerons en quelques mots, renvoyant pour plus de détails a l’article spécial consacré à chacun d’eux dans le Dictionnaire.
L’acide salicylique est à la fois un antiseptique puissant, un antiputride et un désinfectant très énergique. L’acétate d’alumine est antiseptique et astringent. L’eucalyptus joint à des propriétés désinfectantes et antiseptiques remarquables une odeur suave aromatique. La lavande jouit également d’une odeur forte, pénétrante et très agréable ; elle jouit de plus de vertus excitantes et résolutives. Tout le monde connaît l’odeur exquise du benjoin due à l’acide benzoïque, et aucun médecin n’ignore ses sérieuses propriétés antiseptiques. Quant à la verveine, indépendamment de son parfum recherché, elle possède des propriétés stimulantes. Enfin l’acide acétique agit comme caustique, modificateur et cicatrisant.
Le vinaigre de Pennés, d’après sa composition, est donc désinfectant, antiputride, antiseptique, stimulant, cicatrisant et hygiénique.
11 a été employé avec succès et recommandé par les professeurs elles chirurgiens des hôpitaux Richet et Yerneuil, de l’Institut, Trélat, Lefort, Marc Sée, Nieaise, Perrier, Pozzi, Gillette, Terrillon, Lucas- Championnière, de Saint-Germain, etc., comme pansement antiseptique des plaies superficielles et profondes accidentelles, des plaies d’amputations, des plaies scrofuleuses avec clapiers et foyers anfractueux; comme stimulant et cicatrisant des plaies et des ulcères atoniques; comme antiputride et désinfectant des plaies odorantes ou putrides, des plaies gangréneuses, des cancers ulcérés, dont il fait disparaître, pour ainsi dire instantanément, l’odeur horrible et repoussante pour les malades et pour ceux qui les approchent. Dans ces divers cas, il s’emploie à la dose de 1 partie de vinaigre pour 4, 6 ou 10 parties d’eau suivant les cas.
Les professeurs Laboulbène, Cornil, Grancher, Potain, Bail, les médecins des hôpitaux Landrie'ux, Martineau, Siredey, Dujardin-Beaumetz, Cadet-Gassicourt, DTIeilly, Huchard, Sevestre, Labadie-Lagrave, etc., l’ont expérimenté et prôné dans le traitement externe des maladies contagieuses et virulentes, telles que la .fièvre typhoïde, la rougeole, la scarlatine, la variole, etc., soit en pulvérisation, soit en lotions sur le corps, étendu de 5 à , 8 fois son volume d’eau selon les cas.
Labadie- Lagrave, en particulier, après l’avoir longtemps et largenient employé, alors qu’il était chargé du service spécial des varioleux à l’hôpital Saint-Louis, a écrit ceci : «Le vinaigre de Pennés a réalisé dans nos mains les brillantes espérances que sa composition chimique nous avait permis de concevoir. Employé sous forme de pulvérisation, le jet de vapeur antiseptique, dirigé sur la face et sur les téguments, facilite singulièrement le détachement des croûtes que laissent après elles les pustules varioliques, et masque l’odeur parfois si repoussante qu’exhale le corps des malades. C’est surtout dans les phases consécutives de la variole,
Principalement dans celles de la dessiccation, que Dictionnaire po?aLAxas os médecine usuelle
cette pulvérisation rend les plus grands services. A 1 action produite par tout jet de vapeur sur les croûtes, se joint en effet l’action qui s’exerce sur les surfaces sous-jacentes dont la cicatrisation est manifestement hâtée. Les malades aiment cette pulvérisation et la réclament. L’odeur du vinaigre antiseptique de Pennés est agréable et fine. Ces pulvérisations commencées de bonne heure, dès le 10e ou le 12e jour d’une variole cohérente, et surtout dirigées sur le visage des varioleux, sont répétées 4 ou 3 fois dans la journée; elles détournent les malades du grattage en calmant les démangeaisons, et effacent, en favorisant la cicatrisation, les hideux stigmates (marques gravées) que la maladie laisse si souvent après elle. »
Jules Simon, médecin de l’hôpital des Enfants, dit que « le vinaigre de Pennés étendu de deux tiers d’eau, lui a rendu de véritables services, dans la diphthérie, en attouchements dans la gorge ».
Le professeur Courty, de Montpellier, Descroisüles, Audhouy, médecins des hôpitaux, Lucas- Championnière, Ghéron, etc., ont constaté les excellents effets de ce produit chez les femmes en couche, dans les maladies puerpérales et bon nombre de maladies des femmes, en injections et lavages intra-utérins contre les lochies fétides, en irrigations vaginales contre les ulcérations du col, et surtout dans le traitement des leucorrhées (fleurs blanches), contre lesquelles on ne saurait trop le recommander.
Guibout, médecin de l’hôpital Saint-Louis, a fait un large emploi du vinaigre de Pennés contre les maladies de peau et le considère «comme un topique de grande valeur, toutes les fois qu’une dermatose ne présente aucun caractère inflammatoire, comme le prurigo, le lichen, le prurit scrotal, ou bien quand cette affection est arrivée à sa période de déclin, ayant perdu son cachet phlegmasique primitif, comme l’eczéma à sa quatrième période. » Guibout l’emploie en applications, coupé avec parties égales, doubles, triples, quadruples et môme quintuples d'eau, suivant les cas ; il imbibe de ce mélange des compresses de toile, en plusieurs doubles, qu’il applique sur les parties malades, et dont il renouvelle l’imbibition aussi souvent que cela est nécessaire.
Martineau, Pozzi, Mauriac, Labarthe, l’ont appliqué au pansement des chancres simples, des chancres phagédéniques, des végétations et des plaques muqueuses, et en ont retiré de très bons effets, en l'employant pur ou coupé d’eau par moitié, par tiers ou par quart, selon les cas. Inutile d’ajouter qu’on peut l’employer de la même manière contre les morsures et piqûres venimeuses.
Beaucoup de personnes se servent de vinaigre de Pennés étendu d’eau comme dentifrice, et nombre de dames l’ utilisent pour leur toilette intime quotidienne. Rappelons enfin que le -vinaigre de Pennés est un excellent liquide pour l’embaumement des cadavres (Y. Embawnemejit).
Pour terminer, ajoutons que, au point de vue hygiénique, le vinaigre de Pennés étendu d’eau et en pulvérisation, désinfecte très rapidement et neutralise les émanations des saUes d’hôpital et des chambres de malades, et qu’on peut encore l’utili-
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ser pour assainir l’air dans les lieux d’aisances, les navires, les ateliers et toutes les salles où se trouvent réunies, pendant un certain temps, un grand nombre de personnes. Dr p.-l. saint-Antonin.
VIOL. — Médecine légale. — Et d’abord voici les articles du Gode pénal qui concernent les individus coupables de viol :
Législation. — Code pénal. — Art. 332. — Quiconque aura commis le crime de viol, sera puni des travaux forcés à temps. Si le crime a été commis sur la personne d’un enfant au-dessous de l’âge de 15 ans accomplis, le coupable subira le maximum de la peine des travaux forcés à temps.
Art. 333. — Si les coupables sont les ascendants de la personne sur laquelle a été commis l’attentat, s’ils sont de la classe de ceux qui ont autorité sur elle, s’ils sont ses instituteurs ou ses serviteurs à gages, ou serviteurs à gages des personnes cbdessus désignées, s’ils sont fonctionnaires ou si le coupable, quel qu’il soit, a été aidé dans son crime par une ou plusieurs personnes, la peine sera cellê des travaux forcés à perpétuité dans les cas prévus par l’article précédent.
Qu est ce que le viol? — Le viol est l’acte par lequel un homme abuse d’une femme avec violence, que cette femme soit vierge ou déflorée. — Par violence la loi entend non seulement l’usage de la force physique, mais aussi l’emploi des substances anesthésiques et narcotiques capables de produire momenianément la résolution musculaire et de priver la femme de ses moyens de résistance. La possession d’une femme sans son consentement, que celte possession ait lieu par ruse ou par violence, tombe sous l’application de l’article 332. Un individu qui s’introduirait clandestinement dans le lit d’une femme et se .substituerait au mari se rendrait coupable de viol. (Arrêt de la cour de cassation du 25 juin 1857.)
Le caractère distinctif du viol et de l’attentat a été posé d’une manière très nette par Tardieu :
« L’intromission complète avec ou sans défloraison, caractérise le viol ; la non intromission est propre au simple attentat. »
Cetle distinction a été admise par la plupart des tribunaux étrangers. En Angleterre et en Écosse, la loi contre le viol n’est appliquée que lorsque l’intromission a été complète; lorsque l’expertise médicale démontre que l’entrée du vagin n’a pas été forcée, le cas est considéré comme un simple attentat, quelles que soient les circonstances qui l’aient accompagné.
La législation prussienne concernant le viol est assez obscure. Le Code pénal ne parle pas même du viol proprement dit, il signale simplement « les actes impudiques ayant pour but la satisfaction du désir sexuel. » Il ne faut donc pas trop s’étonner d’entendre Casper affirmer que, sur 136 cas de viol, 99 avaient été commis sur des enfants âgés de deux ans et demi à douze ans. Il est évident que la plupart des cas doivent être rapportés à des attentats à la pudeur.
Défloration. — L’absence de l’hymen (V. Hymen), est le signe caractéristique de la défloration. Il est quelquefois important de connaître l’époque à laquelle la défloration a eu lieu, et l’examen des organes génitaux peut fournir à cet égard des données utiles. Si la défloration est récente, on trouve les bords de la déchirure hyménéale saignants et fran¬
gés, elles parties molles environnantes sont! •
d’une inflammation en général assez légère r Sllge nomènes persistent pendant un temps très' ^ Phé' bout duquel il est presque impossible de distiT’^ si la défloration est récente ou ancienne N gUep viendrons un peu plus loin sur cette question11!/6' que nous étudierons les désordres produits na i destruction de l’hymen dans les cas de viol P * a On sait que la défloration est presque tôuiom. accompagnée d’un écoulement sanguin ; on conna't également l’importance accordée dans tous 1 temps à ce signe, et les soupçons plus ou moiS justifiés auxquels son absence à donné et don ^ encore lieu. Rappelons seulement que, d’après k loi de Moïse, lorsque ce signe manquait, la jeune fille était punie de mort.
Comme le fait spirituellement remarquer le professeur lourdes, la facilité de la fraude tempérait sans doute la rigueur de la loi.
Traces de violence et affections locales pouvant se rencontrer à la suite du viol et des attentats à la pudeur. — La défloration est le signe caractéristique du viol. C’est donc sur ce point que l’expert portera tout d’abord ses investigations. Il aura à constater : 1° l’absence ou la présence' de la membrane ; 2° l’état des lambeaux et les traces de cicatrisation.
Sur 197 viols observés par Tardieu, la défloration complète a été rencontrée 155 fois et la défloration incomplète 42 fois. Cette série d’observations a démontré d’une manière manifeste l’influencé de l’âge. La défloration complète, rare chez les enfants, s’est montrée plus fréquemment à mesure qu’on approchait de l’âge de 20 ans.
Les lambeaux de l’hymen peuvent se présenter sous des aspects variables qui tiennent à l’étendue et à la forme qu’avait cette membrane avant sa déchirure. Le plus souvent la rupture s’opère de haut en bas, de manière à laisser deux lambeaux, un de chaque côté de l’entrée du vagin. Cette disposition correspondrait à la forme labiale de l’hymen. Dans d’autres circonstances, la déchirure laisserait après elle trois et même quatre lambeaux, ce qui aurait lieu lorsque l’hymen affecte la forme semilunaire ou diaphragmatique.
Les lambeaux peuvent persister des mois et même des années sans subir de rétraction notable, si l’acte qui a produit la déchirure n’est pas suivi d’un commerce sexuel régulier. Dans le cas contraire, ils disparaissent et sont remplacés par /es caroncules myrtiformes. Dans quelques cas, ils mr' ment à l’entrée du vagin une espèce de bourrelé ou de repli muqueux.
La cicatrisation de l’hymen peut fournir des indices importants en indiquant la date pins ^ moins récente du crime. La durée de cette perio de cicatrisation a donc été, à juste titre, l’objet n ^ recherches des auteurs. Devergie et Orfila ont pre^ tendu que toute trace de cicatrisation disparaissai au bout de deux ou trois jours; mais Toulmouc et Tardieu, se fondant sur des recherches plus r. centes et plus pratiques, assurent que cette cica r sation s’opère dans l’espace de huit ou dix Jour®(-e.
La déchirure de l’hymen donne lieu à une p contuse dont la constatation est facile si l’exam
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a eu lieu immédiatement après l’attentat. L’inflammation et la suppuration qui accompagnent la formation de cette plaie peuvent, dans certains cas, en retarder la cicatrisation d’une manière notable.
Chez une enfant de sept ans qui fut apportée à Hicks, à G-uy's hospital , une demi-heure après avoir subi les violences d’un garçon de 16 ans, la déchirure de l’hymen avait donné lieu à une hémorrhagie tellement abondante que la chemise de la victime était saturée de sang. Le coupable fut examiné une heure plus tard par Hicks et S. Taylor, et on ne put découvrir ni sur ses parties génitales, ni sur ses vêtements, la moindre tache de sang. S’il n’avait été pris en flagrant délit et gardé à vue depuis l’accomplissement du crime, ce fait aurait pu fournir une preuve de non culpabilité. Il est probable que, dans ce cas, l’hémorrhagie n’est survenue que quelques instants après la rupture de la membrane et lorsque le coupable avait cessé ses tentatives. Un cas analogue est cité parle docteur Sawyer.
Les autres traces de violences ou maladies que nous avons encore à signaler sont le plus souvent communes au vipl et aux attentats à la pudeur. Parmi celles-ci nous citerons l’inflammation et l’irritation vulvaires, la déformation de la vulve et les maladies vénériennes.
Inflammation de la vulve. — Dans un bon nombre de cas, et surtout chez les enfants, on voit se développer très rapidement une inflammation vulvaire assez intense. Les grandes et les petites lèvres, ainsi que l’entrée du vagin, présentent des érosions superficielles et quelquefois de véritables ecchymoses qui, dans ce cas, ne doivent pas être considérées comme la conséquence de l’inflammation, mais doivent reconnaître comme cause directe les violences exercées sur les parties.
Cette inflammation vulvaire est bientôt suivie d’un écoulement, d’un jaune verdâtre, et assez abondant pour agglutiner les lèvres de la vulve en se desséchant.
Il est malheureusement difficile, dans beaucoup de cas, de distinguer l’inflammation et la suppuration vulvaires, suites de l’attentat à la pudeur, de la simple inflammation catarrhalé que l’on observe assez fréquemment chez les enfants. Il est encore plus difficile de la distinguer de l’inflammation hlennorrhagique. Néanmoins, il est rare que les inflammations se rapportant à des causes étrangères au viol présentent cette rapidité dans le début, ces excoriations, ce gonflement et ces douleurs vives qui sont le propre de l’inflammation par violence directe.
Le diagnostic différentiel de l’inflammation blenûorrhagique d’avec l’inflammation qui nous oc- Cupe, quoi qu’étant très difficile, a moins d’importance qu’on ne serait tenté de le croire, puisque, chez les enfants, ces affections, se rapportent toutes deux à des attentats à la pudeur.
Tardieu, dont l’autorité est d’un si grand poids eQ matière semblable, affirme que les frottements exercés sur les parties génitales d’une petite fille Par un homme sain peuvent produire une inflammation aussi intense et aussi purulente que les approches d’un individu atteint d’une affection Mennorrliagique. Il dit, cependant, de concert avec
Rieord, que dans l’inflammation non spécifique,
1 écoulement n’a en général pour siège que l’entrée du vagin, tandis que dans l’inflammation blennorrhagique il a pour siège les orifices du vagin et de l’urèthre.
L’inflammation vulvaire dont nous venons de parler manque dans beaucoup de cas. Le plus souvent, il n’exisle qu’une simple irritation de la vulve, caractérisée par du gonflement et de la rougeur. Mais les désordres inflammatoires causés par le viol peuvent quelquefois acquérir une gravité extraordinaire et même causer la mort. Colles a publié un cas dans lequel la consommation du viol, chez un enfant de huit ans, a été suivie d’une péritonite mortelle. Les traces de violences sur les parties génitales externes n’étaient pas très considérables, mais l’orifice vaginal et le vagin luimême étaient ,1e siège d’une notable inflammation. L’examen post mortem fit découvrir une lacération étendue de la paroi postérieure du vagin à son point de réunion avec l’utérus. Le coupable a avoué son crime.
Déformation de la vulve. — Les traces de violence que nous venons de décrire sont évidemment la suite d’un acte brusque et plus ou moins isolé; mais il est un autre genre de signes que le médecin est souvent appelé à constater, et qui révèlent, non pas le viol proprement dit, mais, une série d’actes attentatoires à la pudeur. Nous voulons parler de la déformation caractéristique de la vulve, signalée par Toulmouche et si bien décrite par Tardieu.
« Il est, dit cet auteur, un grand nombre de cas qui ne s’élèvent pas à moins de 74 sur observations d’attentats, dans lesquels le répétition plus ou moins fréquente des mêmes actes a déterminé une déformation lente et graduelle des parties et a laissé une empreinte tout à fait caractéristique. »
Les faits de ce genre s’observent surtout , chez des filles très jeunes. On comprend aisément: que, chez celles-ci, l’étroitesse des parties s’oppose à l’intromission complète, il se forme à l’entrée du vagin un infundibuium capable seulement de recevoir l’extrémité du membre viril. L’hymen est le plus souvent refoulé en arrière sans présenter de déchirure; mais il est quelquefois rétracté et offre alors la forme d’un bourrelet circulaire laissant béante l’ouverture du vagin.
Toutes les parties qui composent la vulve concourent à la formation de cet infundilubum dont les dimensions peuvent varier en largeur et en profondeur, suivant les circonstances qui l’ont produit.
Chez les filles d’un âge plus avancé, l’évasement de la vulve peut être considérable sans nécessiter la rupture de l’hymen. C’est ce qui explique les cas de grossesse sans défloraison. Tardieu a vu une fille de 41 ans qui avait subi les fréquentes approches d’un homme et chez laquelle ou trouvait la deformation caractéristique qui nous occupe.
Maladies vénériennes communiquées à la suite d’un attentat à la pudeur ou d un viol. — Les trois maladies vénériennes : blennorrhagie, chancre simple et syphdis peuvent se rencontrer dans Tordre de fréquence habituel. Nous avons parlé, à propos
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de l’inflammation vulvaire, des signes qui peuvent taire distinguer la blennorrhagie de l’inflammation simple. Quant à la syphilis et au chancre simple, nous pensons qu’il est inutile de retracer ici les si gnes par lesquels ils se manifestent. Nous dirons seulement que les érosions et les déchirures qu’on observe souvent à la suite du viol peuvent faciliter la contagion et diminuer la durée de l’incubation.
Signes tirés de l'inspection du linge. — Taches de sperme et de sang. — Le médecin appelé à la constatation d’un viol ne doit jamais négliger d’inspecter soigneusement le linge que portait la victime au moment de l’attentat.
On peut y trouver des taches de sang, de sperme, de mucus, etc. D’après Devergie, les taches de sperme sont presque exclusivement situées à la partie antérieure de la chemisé, tandis que les taches produites par l’écoulement sanguin se trouvent à la partie postérieure. Cela peut être vrai dans un grand nombre de cas, mais on ne saurait admettre que la présence du sperme à la partie antérieure ou postérieure de la chemise puisse avoir une grande importance.
' ^e n>uco-pus sécrété à la surface des organes sexuels de la femme peut également laisser sur le linge des taches dont la nature sera étudiée avec soin au point de vue microscopique et chimique.
Conduite d’un médecin légiste appelé à la constatation d’un viol ou d’un attentat à la pudeur. — Le médecin appelé par l’autorité judiciaire à constater un viol ou un attentat à la pudeur devra prendre quelques précautions qu’il n’est pas inutile de rappeler ici.
Les convenances exigent que l’examen ait lieu en présence d’un ou deux témoins qu’il faut autant que possible choisir parmi les parents de la personne à examiner. Il sera également utile, avant de procéder à la constatation et de questionner les parents, d’interroger la victime en particulier. La netteté des réponses, la clarté et la simplicité du récit, seront autant d’indices précieux pour le médecin légiste, surtout s’il s’agit d’une enfant. On pourra voir ensuite si son récit concorde avec celui des parents et par là reconnaître si elle obéit à de coupables suggestions. Dans tous les cas, ces questions seront faites avec prudence et circonspection et sans laisser échapper aucun indice de curiosité indiscrète.
Une importante précaution est de placer la personne dans une bonne position pour l’examen qui pourrait, en se prolongeant, devenir fatiguant pour la victime et pour l’expert. La personne sera placée sur le bord d’un lit, dans un endroit éclairé. 11 arrive souvent que la pudeur, la crainte ou la douleur rendent l’examen très difficile, mais on vient à bout de ces difficultés en procédant avec lenteur et ménagements.
Après avoir signalé les traces de violence qui peuvent exister dans .le voisinage des parties génitales, on décrira successivement les organes. Les grandes et les petites lèvres seront écartées avec soin pour découvrir l’hymen.. Si cette membrane existe, on indiquera sa forme et ses dimensions- si elle a été déchirée, on décrira l’état de ses lambeaux, ainsi que les plaies et traces de cicatrisation qu’elle aura pu laisser. On n’oubliera pas la des¬
cription détaillée des ulcérations, ecchv écoulements et autres particularités morb ri°SeS’ pourront se rencontrer sur les organes J?-! ?üi tant internes qu’externes. s Dltaux,
Si l’examen révèle au médecin des habitudes ananisme ou de débauche, il devra le constater °' soin. Chez les enfants qui s’adonnent à la mast^ bation, on trouve souvent le clitoris et les lèvres très développés et l’ensemble des LfiJ sexuelles présente un développement qui contraste avec l’âge et la constitution du sujet. Mais on com prend facilement que les constatations de ce genre doivent être faites avec circonspection et réserve
Il ne faudra pas oublier, si la chose est possible de se faire présenter la chemise que portait la victime au moment de l’attentat et celles quelle aura portées depuis. On mettra en réserve les pièces de linge qui présen teraient des taches, afin qu’il puisse être procédé ultérieurement à une analyse. ' ;
Le médecin doit s’arranger de manière à faire sa visite à une heure où il ne sera pas attendu, afin de déjouer tout préparatif capable de l’induire en erreur. Il doit éviter, autant que possible, de procéder pendant l’époque menstruelle; mais, s’il a été contraint d’agir ainsi, il devra renouveler sa visite quelques jours après.
Si la personne se refuse obstinément à tout examen, la conduite du médecin se bornera, après les observations d’usage, à prendre acte de refus.
U pourra être utile d’examiner le lieu où le crime a été commis; mais on suivra dans ce cas les indications de l’autorité judiciaire.
Examen de l’inculpé. — Dans beaucoup de cas, le médecin est requis pour procéder à l’examen de l’individu accusé de viol ou d’attentat à la pudeur.
Tantôt il faudra s’enquérir de l’état moral de l’accusé, tantôt la justice désirera connaître l’etat de ses forces physiques pour les comparer à celles de la victime. Dans d’autres cas, l’examen pourra porter sur la forme et les dimensions du membre viril. Enfin, dans quelques circonstances beaucoup plus rares, l’expert sera appelé à constater l’existence de dispositions naturelles ou morbides, telles que hernies, hypospadias, etc., invoquées par l’accusé comme cause d’impuissance.
La constatation de certains signes remarqués par la victime Sur le corps de l’inculpé pendant l’attentat peut éclairer la justice. Tardieu a observe chez deux individus accusés de viol, la présence d’une tumeur érectile et une disposition particulière des poils du pubis, signes invoqués par leurs accusatrices comme témoignage de la véraci.e de leurs dépositions.
Enfin l’examen, pour être complet, devra com prendre les traces de lutte, telles que morsures?, égratignures, contusions, ainsi que la présence maladies vénériennes. D' A. lutadd.
VIOLETTE. — Nom donné par les botanistes » une plante annuelle bien connue, de la familm u Violacées, très commune dans les bois, les haie , les buissons, où elle croît naturellement et qn° cultive dans les jardins. La principale espèce utibs en médecine est la violette odorante , dont les neu desséchées servent à préparer une infusion et
sirop employés comme béchiques et adoucissants dans le traitement des rhumes et des bronchites légères. p. l.
VIPÈRE. — On désigne vulgairement sous ce nom la plupart des serpents venimeux dont on rencontre, en France, deux espèces : la petite vipère et la vipère aspic ou vipère commune. Les vipères présentent une tête aplatie, de forme triangulaire; leur corps, d’une longueur de 30 à 70 centimètres, est couvert d’écailles imbriquées, d’une couleur grisâtre; leur dos est marqué d’une ligne irrégulière plus ou moins noire. Elles sont munies, au niveau de la mâchoire supérieure, de deux dents en forme de crochets, creusées d’une rainure par où s’écoule le virus contenu dans une petite poche située à la base des dents. La vipère, très commune en France, se rencontre surtoüt dans les endroits secs et boisés; elle se tient généralement cachée pendant le jour, sous les pierres ou dans les buissons.
La morsure des vipères détermine de la rougeur, du gonflement, et donne lieu à une petite plaie, parfois très douloureuse, laissant écouler une sérosité roussâtre; elle s’accompagne d’accidents généraux caractérisés par de la dyspnée, de l’angoisse, des nausées, des vomissements, du ralentissement du pouls, des syncopes et parfois du délire et des convulsions. Dans nombre de cas, ces accidents se terminent par la guérison, surtout si on a recours, aussitôt après la morsure, à un traitement approprié (V. Plaies empoisonnées ) . p. L.
VIREUX. — Qualificatif appliqué aux substances médicamenteuses qui ont une odeur nauséabonde.
VIRULENT. — Qualificatif employé pour désigner les affections produites par l’introduction d’un virus dans l’économie. p. L.
VIRUS. — On donne le nom de virus à des produits morbides qui peuvent se transmettre, par inoculation, de l’individu infecté à un autre, et qui reproduisent, chez ce dernier, la maladie du premier. D’après les recherches de Davaine, Villemain, Chauveau, Pasteur, etc., les éléments actifs des virus seraient des parasites spéciaux appelés microbes (V. ce mot). P- L-
VISCÈRE. — Nom donné par les anatomistes aux organes contenus dans les cavités thoracique et abdominale. Ce sont les poumons, le cœur, le foie, l’estomac, les intestins, les reins, etc. L étude des viscères constitue la splanchnologie. P. L.
VISION. — Nom donné par les physiologistes à l’action de voir, c’est-à-dire à l’exercice actif du sens de la vue (V. Vue). L-
VISUEL. — On désigne en physiologie : 1° sous le nom d’angle visuel, l’angle sous lequel nous voyons un objet, en supposant que cet objet ne soit regardé qu’avec un seul œil.
2° Sous le nom de champ visuel, la partie de l’espace qu’embrasse l’œil lorsqu’il regarde un point
fixe. Lorsqu’on regarde un objet, la vision du point fixé est de beaucoup plus nette que celle des parties situées dans le voisinage.
3° Sous le nom d’acuité visuelle le degré de sensibilité de la rétine ou la mesure de l’angle sous lequel nous apercevons un objet situé à une distance déterminée, comparé à celui sous lequel l’aperçoit une rétine normale. P. L.
VITAL. — On désigne sous le nom de force ou de principe vital une prétendue force particulière, indépendante de l'organisme, et qui présiderait à toutes les fonctions de l’économie. p. L.
VITALISME. — Mot employé pour désigner, en philosophie, une doctrine qui fait dépendre tous les actes de l’économie d’une force indépendante de l’organisme appelée force vitale. Cette prétendue force vitale, considérée indépendamment de la matière organisée et vivante, n’est qu’une pure abstraction. La force vitale est inséparable de la matière organisée et n’est autre chose que la résultante des propriétés inhérentes à cette matière organisée. P. L-
VITELLUS. — On donne ce nom à la partie de l’œuf qui ponstitue le jaune (V. Œuf). p. L.
VITILIGO.— On désigne sous ce nom une affection cutanée caractérisée par des taches blanches, régulières ou irrégulières, de dimensions très variables et entourées d’une zone brunâtre due à une accumulation de pigment. Les taches sont d’abord isolées, puis elles se réunissent et finissent par former de larges surfaces décolorées. Cette affection peut siéger sur toutes les parties du corps ; mais on la rencontre plus souvent sur le dos des mains et sur le tronc. Le vitiligo est une maladie de l’âge adulte; il est dû à un trouble de l’innervation.
Le traitement consiste à décolorer la zone pigmentée qui entoure ies taches blanches de vitiligo. On se sert dans ce but de pommades irritantes, telles que les pommades au sublimé, à l’acide borique, à la vératrine, et de lotions au savon de potasse. Besnier a employé avec succès des injections, sous-cutanées de pilocarpine. P. L.
VITRÉ (corps). — (V. Corps vitré.)
VITRIOL. — Nom. général sous lequel on désignait autrefois un certain nombre de sulfates, tels que le sulfate de cuivre {vitriol bleu); le sulfate de zinc {vitriol blanc); le sulfate de fer {vitriol vert. On donne aussi quelquefois le nom de vitriol à 1 acide sulfurique du commerce. P- L-
VITTEL (eaux minérales de). — Vittel est une petite ville des Vosges qui possède des eaux minérales sulfatées, bicarbonatées mixtes, calciques et magnésiennes utilisées contre les affections des voies urinaires et du foie. p. L-
VOCALES (cordes). — (V. Larynx.)
VOIE. — Nom donné par les anatomiste à un en-
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semble de conduits ou de canaux que parcourt, dans l’économie, une substance quelconque, liquide ou solide; telles sont: les voies biliaires, urinaires, digestives, etc. On donne aussi le nom de voies respiratoires à l’ensemble formé par la trachée et les bronches. p. l.
VOILE DU PALAIS. - (V. Palais .)
VOIX. - La voix est un son produit par le fonctionnement de plusieurs organes dits organes de la voix ou de la phonation.
Opinions sur la formation de la voix. — Il faut arriver jusqu'au XVIIIe siècle pour avoir des notions exactes sur le mécanisme de la voix. Jusqu’à cette époque, en effet, l’appareil vocal était considéré comme un instrument à vent du genre des flûtes.
Cest ainsi que Galien croyait que l’ouverture de la glotte représentait l’embouchure de ces instruments, et la trachée le tuyau.
Au XVIe siècle, Fabrice d’Aquapendente s’aperçoit que dans la flûte de Galien, l’air arrivait du tuyau à 1 embouchure; aussi considère -t-il le pharynx comme le véritable tuyau.
Vient alurs Dodart (1700) qui compare le passage de lair sur la glotte, au passage d’un vent impétueux dans le papier entr’ouvert qui joint un châssis mal collé avec l’ouverture de la fenêtre. Pour lui, les vibrations sont dues au frottement de l’air qui s’échappe avec violence entre les deux lèvres.
Quarante ans après, Ferrein démontre expérimentalement ce qu’avait annoncé Dodart. En effet, sur un larynx de chien, rapprochant les lèvres de la glotte et soufflant fortement dans la trachée, Ferrein obtient un son éclatant et reconnaît, ainsi, que ce sont les cordes vocales qui déterminent les vibrations.
Nous ne parlerons pas des théories aujourd’hui abandonnées de ses successeurs, qui comparent le larynx à un cor de chasse (Cuvier, Dutrochet), à un hautbois (Magendie), à l’appeau des oiseleurs (Savart), à une pratique (Malgaigne).
Aujourd'hui, on admet sans conteste que c’est dans le larynx que se produit le son. Tout le monde sait que dans l’opération de la trachéotomie qui consiste a faire une ouverture à la trachée audessous du larynx, la voix est abolie. Il suffit de fermer cette ouverture pour que l’air, passant dans le larynx, la voix se reproduise.
L’expérimentation montre que, seules, les cordes vocales sont nécessaires à la production du son •
1 épiglotte, les bandes ventriculaires (cordes vocales supérieures), les ventricules peuvent être enlevés sans que l’animal perde la faculté d’émettre un son.
. Les cordes vocales résonnent par leurs propres vibrations qui se communiquent par l'air à la caisse de renforcement constituée par le thorax.
Conditions de production de la voix. — Pour que la voix se produise, il faut : 1° que le courant d’air expiré ait une pression suffisante ; 2° que les cordes vocales soient tendues, et 3° que l’oritice glottique soit suffisamment fermé. Hors ces conditions, les cordes ne vibrent pas; on n’obtiendra que le chuchotement.
1” Pression d’air. — Pour que l’air nn; entrer en vibration les cordes vocales il f ? faire moment où il traverse la glotte, il soit s qu’au une pression supérieure à celle d’un volnm?^18 à de 160 millimètres pour les sons de moyenLl^ teur et de 200 millimètres pour les sons élevé.
Un courant d’air inspiré peut aussi avoir résultat de faire vibrer la glotte et de produire ï voix; mais cest une anomalie, qui détermina fatigue extrême de l’appareil de phonation Une
2° Occlusion de la glotte. - La voix n’est na possible quand les cordes vocales sont écartées V tout au moins ne peut-on émettre que queW notes sourdes et dans le ton le plus grave. 4
H est nécessaire que le diamètre de la'glotte ne dépasse pas une certaine limite évaluée, par Korh à 2 millimètres au plus. P ,a
Si l’occlusion de la glotte est trop complète elle empêche l’air de s’échapper en dehors, par conséquent elle supprime la mise en vibration des rubans vocaux. Inversement si la glotte est trop large, il y a aphonie, car l’air ne peut plus acquérir la tension nécessaire pour mettre les cordes en mouvevemenl, il s’échappe alors sans les faire vibrer.
11 ,est encore indispensable que la glotte interaryténoïdienne, nommée aussi glotte postérieure ou respiratoire, soit fermée, car autrement l’air s’échappant par cette ouverture, le chanteur ne pourrait pas soutenir le son autant que le permettrait le volume d’air accumulé dans les poumons.
3° Tension des cordes. — On connaît l’expérience de Longet, qui, sectionnant les nerfs se rendant aux muscles thyro-cricoïdiens, entendit la voix devenir subitement rauque. Abaissant le bord inférieur du cartilage thyroïde pour allonger les cordes et suppléer ainsi à l’action du muscle paralysé, il obtint de nouveau le caractère normal de la voix.
Emission de la voix. — Au moment de la phonation, la glotte qui est largement ouverte pour faciliter l’acte respiratoire, diminue de largeur ; les cordes vocales se mettent légèrement en contact par leurs bords libres en même temps qu’elles se tendent et s’allongent pour prendre la position convenable qui correspond au son qu’on veut émettre.
Lors de l’émission des sons, les cordes s’écartent brusquement l’une de l’autre et entrent en vibration sous l’influence du courant d’air expiré à travers la glotte. C’est ce qu’on nomme le coup de glotte.
Les vibrations de ces cordes font entrer en vibration l’air contenu dans toutes les voies aériennes.
Qualités de la voix. — On retrouve dans la vois les trois qualités que nous avons étudiées dans le son : intensité, hauteur , timbre.
Intensité. — L’intensité de la voix résulte uniquement de l’amplitude des vibratioas des cordes vocales et par conséquent est sous la dépendance immédiate de la force du courant d’air expiré, c est-à-dire de l'élément moteur, le poumon.
L’intensité du son est renforcée par les vibrations des masses d’air contenues dans les cavités, sus et sous-glottiques et des parois de ces cavités. C’est la raison qui fait qu’une voix est d’autant plus forte que la poitrine est large et spacieuse.
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Hauteur, — La hauteur de la voix dépend du nombre de vibrations des cordes et de l’air du tuyau sonore. Plus les vibrations sont rapides, plus le son est aigu.
La force du courant d’air expiré peut faire augmenter la hauteur du son. C’est ainsi que Lehfeldt et Liscovius avaient constaté qu’en forçant le courant d’air, on pouvait faire monter le son d’une quinte, la tension des cordes restant la même. Muller est arrivé au même résultat par ses expériences.
De ce qui précède on peut conclure qu’un même son peut être produit, soit en soufflant doucement, avec une tension donnée des cordes vocales ou en soufflant avec force avec une tension moindre des rubans vocaux.
Cette variation de son par augmentation de pression de l’air se produit plus facilement dans le registre de tète que dans celui de poitrine.
Les chanteurs savent bien profiter de la tension passive des cordes par l’augmentation de pression de l’air expiré. En effet, quand les ténors sont arrivés aux limites extrêmes de leur voix par la contraction maximum des muscles, ils modifient la pression respiratoire, et obtiennent ainsi quelques nouvelles notes; de même, les basses émettent quelques sons plus bas que ne le permettrait la contraction des muscles s’ils n’avaient soin de diminuer la pression de l’air expiré.
Étendue. — L’ensemble de tous les sons que l’on peut émettre constitue l’étendue de la voix.
Les sons émis par la voix humaine comprennent un peu plus de trois octaves. Ils vont du fa[ et même du ufx du violoncelle au sol 4. Mais la voix de' chaque chanteur ne peut parcourir toute cette étendue de l’échelle musicale. Un larynx pris sur un cadavre convenablement préparé peut fournipune série de quinze notes par simple modification de la tension de ses cordes; si l’on dispose l’expérience de certaine façon, on arrive même à lui faire donner deux ordres de sons bien nets différents de timbre et de hauteur, les uns anchés, les autres flûtés.
On divise ordinairement les voix, en voix de basse, de baryton et de ténor pour l’homme; en voix de contralto, de mezzo-soprano et de soprano pour la femme.
La voix de basse va du /a, au ré3.
La voix de baryton va du lax au /a3.
La voix de ténor va du ut2 au las.
La voix de contralto va du sol2 au fat.
La voix de mezzo-soprano va du si2 au lak.
La voix de soprano va du ut3 au dos.
Les voix ordinaires des chanteurs embrassent donc un peu moins de deux octaves ; cependant par l’exercice, on peut atteindre deux octaves et demie.
Tous les auteurs n’adoptent pas cette classification des voix qui, comme le fait remarquer Faure, devrait plutôt se faire d’après le timbre et non d’après l’étendue, car on peut être en possession d’une voix dont le timbre soit celui de ténor, bien qu’on ne puisse dépasser sans effort le sol ou le fa de poitrine. C’est donc sur le timbre et surtout la tessiture qu’on doit baser la classification des voix.
La tessiture estja partie du clavier vocal sur laquelle le chanteur se trouve le plus à l’aise.
Les limites de la voix peuvent encore être reculées pour certains chanteurs doués de qualités extraordinaires. Ainsi la voix de basse de Gaspard Forsler, maître de chapelle Danois, comprenait 3 octaves pleines, du la-1 au las. La Catalani commandait à 3 octaves et demie.
Certaines voix de basse ont pu rendre le /a-,, et même donner des notes plus graves. C’est ainsi que les frères Fischer, qui vivaient au XVI' siècle, à la cour de Bavière, et un nommé Grasser, cité par Praetorius, donnaient lé /a-2, c’est-à-dire l’octave grave de la note limite précédemment indiquée.
D autres artistes ont dépassé de beaucoup la limite supérieure du dot assignée d’ordinaire aux voix de soprano : ainsi, la plus jeune des sœurs Sessi, parcourait avec sa voix de contralto 3 octaves et demie, de Vut3 au/cr5. La Patti et Nilson ont aussi donné cette note très élevée, dans l’air de la Reine de là nuit dans la Flûte enchantée.
Le célèbre castrat Farinelli possédait aussi 3 oc« tave et demie, du lax au rét.
D’après Mozart, Lucrézia Ajugari, dite la Bastardella, qui chantait à Parme, en 1770, avait également une voix d’une étendue de 3 octaves et demie. Elle descendait jusqu’au so/2 et rendait l'ute, qui serait la note la plus élevée donnée par le larynx humain. Cette artiste exécutait des trilles sur le rê3. On rapporte qu’une certaine dame Becker, qui chantait à Saint-Pétersbourg en 1823, était aussi capable de donner Vut3.
A notre connaissance, là voix la plus étendue appartiendrait à un de nos confrères, ancien élève des conservatoires de Lyon et de Paris, le docteur V... qui, dans les recherches faites sur le mécanisme de la voix, a donné le so Zt et le sol3 comme limites extrêmes, c’est-à-dire 4 octaves pleines ; sa voix de poitrine va du solt au ré4 et sa voix de tête, du ré 4 au sol5.
Timbre. — Jusqu’à présent, nous ne connaissons que le son glottique, c’est-à-dire celui qui est pror duit par la vibration des cordes vocales, celui que nous entendrions, si nous supprimions les cavités de résonnance sus-glottiques. Cette voix primitive va donc traverser ces cavités, où nous allons assister aux transformations qu’elle va subir avant d’arriver à nos oreilles où elle constituera alors la voix normale, après qu’elle aura acquis la troisième qualité du son, c’est-à-dire le timbre.
Le timbre est dù à la présence d 'harmoniques qui naissent avec le son fondamental ; ces harmonique résultent des parties accessoires de l’instrurnent, telles que la paroi du tuyau d’orgue, le bois du violon ou de la flûte.
Les harmoniques sont renforcés dans les cavités sus-laryngiennes : ventricules du larynx, pharynx, bouche, fosses nasales. Ces cavités ne font que l’office de résonnateurs.
Ce sont les variations de configuration données aux cavités pharyngienne, buccale et nasale, les mouvements de la langue, des lèvres et du voile du palais qui donnent naissance aux voyelles et aux consonnes (Voir l’article Parole ).
Contrairement aux autres cavités, les fosses na-
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sales ne résonnent pas à chaque çioment de l’émission. Elles s’ouvrent pour renforcer certains sons et se ferment pour d’autres. C’est l’application du voile du palais contre la paroi postérieure du pharynx qui gouverne la marche du courant d’air. Comme les cavités nasales ne sont pas contractiles, elles renforcent toujours les mêmes sons, chez le même individu, ce sont les consonnes nasales.
La voix dépend donc de la disposition de ces cavités sus-laryngiennes. Si elles sont disposées pour renforcer les harmoniques de l’accord parfait, la voix sera harmonieuse; si, au contraire, ces résonnateurs renforcent les dissonantes, la voix sera dure.
Registres de la voix. — Ordinairement l’émission des sons graves et des sons aigus ne se fait pas de la même façon chez le chanteur. De plus, cessons ne produisent pas la même sensation sur l'oreille dans les deux cas ; ainsi, dans les sons graves, la voix est pleine, s’accompagne d’une résonnance des parois thoraciques : c’est la voix de 'poitrine; au contraire, dans les sons élevés, la voix est plus perçante et la résonnance se fait surtout dans les parties sus-glottiques du tuyau sonore, d’où son nom : voix de tête ou voix de fausset.
Certains sons peuvent être émis en voix de tête et de poitrine elles chanteurs habilespeuvent passer graduellement par transitions imperceptibles d’un registre à l’autre; c’est ce qui a fait qu’on a quelquefois donné le nom de voix mixte à ces sons intermédiaires.
Chez l’homme, la voix de fausset ne se produit que dans des conditions spéciales et presque uniquement dans le chant; au contraire, chez la femme, la presque totalité de la voix appartient au registre de tête.
Certains chanteurs très exercés peuvent, sans reprendre haleine, émettre quelques notes successivement en voix de poitrine, et en voix de tête. Ordinairement les ténors prennent les voix de fausset au-dessus du la 4.
On a attribué tantôt la voix de tête aux vibrations des cordes vocales supérieures, tantôt au son passant par les fosses nasales, tantôt à une tension des cordes.
. On a encore dit que la voix de tête se caractérisait par des modifications de hauteur et de timbre. Au moment où elle se produisait la glotte se relâchait et s’élargissait, puis les cordes venaient se mettre en contact dans leur quart ou leur tiers postérieur, en obturant complètement, à ce niveau, l’ouverture glotlique et empêchant ainsi les vibrations de cette portion de rubans vocaux. Ainsi la glotte ne vibrerait que dans sa partie antérieure. En même temps, il se produirait une suppression des caisses de résonnance et des harmoniques qu’elles renforcent. Le voile du palais se relèverait pour fermer l'entrée des fosses nasales, la bouche s’arrondirait et les joues se tendraient pour vibrer.
Telle était la théorie qui était acceptée parla plupart des auteurs, il y a encore peu de temps. Mais aujourd'hui, grâce à de nouvelles recherches expérimentales et laryngoscopiques, il faut lui préférer la théorie de MüUer en la modifiant légèrement. Ainsi on doit admettre que dans la voix de poitrine
les sons se produisent par la vibration de la partligamenteuse et de la muqueuse des cordes tantf1'6 que dans la voix de fausset, seule la muqueuse de* rubans vocaux entre en vibration. s
Etendue des registres.— Les registres de poitrine et de tête sont superposés dans les parties extrêmes de leur étendue, mais ils se dépassent mutuellement; le registre de poitrine s’étendant surtout du côté des sons graves et le registre de tête du côté des sons aigus. Chez l’homme, le registre de tête ne dépasse guère le registre de poitrine que d’un intervalle variant d’une tierce à une quarte, quelquefois même à une quinte ou à une sixte.
Parmi les exceptions, on cite Lablache, Géraldi et Levasseur qui, quoique basses-tailles, avaient un registre de tête très étendu.
Chez la femme, au contraire, la voix de poitrine ne s’étend qu’à environ une quarte au-dessous du registre de tête. Ainsi la presque totalité de la voix de la femme appartient au registre de tête.
La voix de poitrine de la femme va du do3 au sols et même quelquefois jusqu’au do4; mais il n’est pas sage d’aller jusqu’à ces dernières notes, car le passage du registre de poitrine à celui de tête n’est plus aussi facile à franchir dans le chant.
Faure conseille aux femmes de n’user des ressources de la voix de poitrine qu’avec les plus grands ménagements. C’est, dit-il, une arme à deux tranchants, aussi dangereuse que difficile à manier. A l’appui de son dire, il avance qu’une de nos plus sympathiques cantatrices, qui a tenu si brillamment le premier rang sur une de nos principales scènes lyriques, grisée par le succès que lui assurait l’emploi de sa voix de poitrine, a de beaucoup abrégé sa carrière théâtrale pour n’avoir pas su se garder d’en dépasser les limites naturelles.
De la respiration. — La respiration se compose de deux temps qui se succèdent d’une façon régulière et rythmique. Le premier temps est appelé inspiration et le second expiration.
Dans l'inspiration, le thorax se dilate, le poumon seremplit d’air; dans l’expiration, le thorax s’affaisse, le poumon se vide d’air. Les vésicules pulmonaires dilatées reviennent sur elles-mêmes par leur élasticité et par la pression de l’air extérieur, en vertu desquelles se rétablit, dans les parties mises en action, l’état de repos que l’inspiration avait modifié.
On distingue plusieurs modes de respiration : R. abdominale, R. claviculaire, R. latérale.
Dans la respiration abdominale, c’est le diaphragme qui est le principal agent. Par sa contraction, il refoule en bas et en avant les viscères abdominaux. La cage thoracique, immobilisée, présente alors son plus grand développement.
Dans la respiration claviculaire, le diaphragme ne fonctionne pas ; l’abdomen est rétracté. La dilatation du thorax s’opère dans ses parties supérieures. La plus grande élévation porte sur la clavicule et les premières côtes; l’épaule et le crâne participent aussi à ce mouvement des côtes supérieures.
Dans la respiration latérale, ce sont les parties
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latérales inférieures de la poitrine et supérieures de l’abdomen qui enlrent en action. Le thorax se dilate surtout dans le sens latéral; le diaphragme fonctionne peu et le sommet du thorax reste immobile. Cette respiration peut ne se faire qu'avec un seul poumon, lorsqu’on est assis, accoudé fortement d’un côté.
La durée de l’expiration est en rapport avec la quantité d’air contenu dans le poumon, et avec les moyens employés pour l’en chasser.
L’orateur doit faire une expiration assez longue pour que la phrase exprimant sa pensée puisse être prononcée sans interruption des sons qui la composent. Aussi ne faut-il pas qu’il prenne sur les premières paroles de la phrase la plus grande partie de l’air accumulé dans ses poumons.
Mais pendant le chant, l’expiration doit être continue et douce, il faut pouvoir la prolonger et la modifier à son gré et au gré du compositeur. Pour atteindre ce but, il faut donc produire des sons avec une quantité d’air aussi minime que possible pour que l’air des poumons suffise à une expiration très longue.
L’inspiration se fait dans l’intervalle de deux phrases. Elle doit être aussi courte que possible, et l’air doit pénétrer dans le larynx sans bruit et sans difficulté. Dans le cas contraire, un sifflement se produit: c’est le hoquet dramatique.
Lorsque l'acte respiratoire se fait d’une façon anormale, quand on veut, par exemple, augmenter la durée de l’expiration, il survient de la fatigue due à la lutté vocale entre les. muscles inspirateurs et ex pirateurs.
Cette lutte vocale est nulle ou presque nulle au thorax, dans la respiration abdominale ou diaphragmatique, car seul le diaphragme fonctionne sans que les parois thoraciques éprouvent de la fatigue.
La respiration claviculaire exigeant la mise en jeu de nombreux muscles pour déplacer la clavicule, l’omoplate, les vertèbres et les côtes supérieures, il se produit rapidement de la fatigue du thorax, (lu gonflement des veines du cou, un renversement delà tête en arrière, ce qui détermine une expiration précipitée et insuffisante, une haleine courte, d’où une inspiration bruyante ou hoquet dramatique, et enfin une fatigue du larynx avec voix voilée et chevrotante.
La respiration latérale exige ( aussi l’emploi d’un grand nombre de muscles, moins toutefois que dans la respiration claviculaire.
Respiration normale. — C’est a tort que l’on a voulu attribuer le type abdominal à l’enfance, le type claviculaire à la femme et le type latéral à l’homme.
La respiration ordinaire de l’homme est abdominale, comme on peut l’observer facilement chez l’homme qui porte des vêtements ne le gênant pas. Mais il n’en est pas de même chez la femme, dont les mouvements diaphragmatiques sont modifiés par l’usage du corset et par l’état puerpéral. C’est ce qui fait que la femme fait presque exclusivement usage de la respiration claviculaire très défavorable pour l’artiste.
Mais elle peut, par la volonté et l’habitude, modifier ce type respiratoire et employer le type abdo- Dictionnaire populaire de Médecine usuelle
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minai, qui seul donne à la capacité thoracique sa plus grande amplitude.
C’était ce mode de respiration qui était en honneur dans l’ancienne école italienne des Rubini et des Porpora, où les voix se conservaient beaucoup plus longtemps que dans nos écoles modernes, où la respiration claviculaire est non seulement tolérée, mais encore parfois conseillée.
Exercices de la voix. — La voix qui n’a pas été assouplie par les exercices est souvent rude, inégale, mal assurée et peu étendue. De plus, elle n’est presque jamais posée dans les limites naturelles de ses notes de poitrine. Par suite d'habitudes défectueuses que le sujet contracte en chantant sans méthode fixe, la voix de poitrine est placée au-dessus de son niveau normal, ce qui trompe les maîtres inexpérimentés et leur fait ranger, par exemple, les barytons parmi les ténors, erreur qui a toujours des conséquences très graves.
Pose de la voix. — Pour chanter, il faut savoir poser sa voix, c’est-à-dire faire accorder les mouvements de la respiration avec l’émission du son et une bonne disposition de la cavité buccale, de façon que le son ait toute la puissance dont il est susceptible en même temps que l’air s’écoule librement à travers l’orifice buccal.
L’artiste devra donc savoir régler ses mouvements respiratoires, fermer sa glotte avant l’émission du son pour empêcher une déperdition initiale de l’air inspiré avant la production du son. Le coup de glotte ne sera pas exagéré, ce qui entraînerait la perte de souplesse de la voix, et la cavité buccale sera disposée de façon telle, que l’air s’écoule sans résonner dans les fosses nasales, pour produire un timbre nasillard; il faudra donc éviter l’abaissement du voile du palais et le redressement de la langue.
11 faut aussi éviter de faire retentir la voix avec force dans le gosier, car l’on dit alors qu’on chante de la gorge. Le redressement de la langue et lé gonflement des amygdales produisent aussi le timbre yuttural.
Tenir un son consiste à conserver le même degré de tension aux cordes vocales pendant foute la durée de l’émission du son.
La pression de l’air devra être égale pendant toute la durée de l’émission, on maintiendra ainsi le son à une même intensité, car il n’y aura pas de variations dans l’amplitude des vibrations.
Quand la tension est inégale ou incomplète, ou produit des sons chevrotants.
Pour mesurer le degré de chevrotement, on fait chanter la note que donne un diapason placé sur une caisse résonnante. La voix est bonne lorsque les deux sons se confondent; dans le cas contraire, ces sons se distinguent nettement.
Intonation. — L’intonation est la hauteur moyenne de la voix parlée, c’est-à-dire la note habituelle sur laquelle on parle. Elle ne dépend pas du timbre, puisque plusieurs personnes peuvent avoir la même intonation sans avoir le même timbre de voix.
Elle est plus élevée chez l’enfant que chez l'adulte, chez la femme que chez l’homme.
Si, en parlant, nous employons de préférence
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une même note, il n’en est pas moins vrai, à moins que la voix ne soit monotone, que dans le cours de la conversation nous parcourons une échelle de deux à trois notes. Les méridionaux, les orateurs, les tragédiens, changent de ton, quelquefois même dans l’étendue d’une octave ; mais ils ont recours de préférence à une note qui vient plus fréquente quand ils parlent naturellement sans chercher à varier leur langage : c’est cette note qui définit l'intonation normale.
L’intonation normale n’existe qu’en voix de poitrine même chez la femme, à quelques exceptions près. C’est ainsi que Mme Degrandi, de l’Opéra-Comique, qui a une voix de soprano s’étendant du sih à/a3 en voix de poitrine et atteint le mïs de tête, parle en /ab3.
A part cette exception, les basses semblent parler sur le mia comme îsnardon, de l’Opéra-Comique, dont la voix de poitrine va du fa%Y au /aÿ3 et la voix dé tête au ut 4 ; les barytons sur le mi2, comme Soulaeroix dont la voix de poitrine s’étend du /at au siz et la voix de tête au mi 4; ou sur le ja2 ou le s°k, comme Fugère qui a une voix de poitrine allant du so!1 au sols et un registre de tête atteignant le m\ ; et les ténors sur le sol2, comme Motu liérat, qui possède un registre de poitrine allant du ré2 au sis et un fausset atteignant le mik ; ou comme Degenne, dont la voix de poitrine va du ré2 à 1V4, et le fausset au m?4; ou sur le Zab4, comme Herbert, qui possède un registre de poitrine allant du ut2 à 1W4, et de tête allant au mik\ ou encore sur le la2 ainsi que Uarnolt, dont la voix de poitrine va du fa1 au Za3.
L’intonation normale n’est donc, pas la note située à égale distance musicale des sons le plus grave et le plus aigu.
Beaucoup de personnes, lorsqu’elles parlent en public, élèvent l'intonation habituelle pour donner plus de retentissement à la voix; on n’augmente pas la puissance du son en augmentant sa hauteur; mais on contribue ainsi à donner aux organes une fatigue nuisible à l’émission de la voix : la voix se casse ou s’enroue.
Il faut savoir conserver son intonation normale. C est ainsi que Talma, dans les coulisses, avant d entrer en scène, se faisait donner le diapason convenable en s’adressant au premier venu auquel il disait : « Monsieur, voudriez-vous me dire l’heure qu’il est? » A sa réponse faite sur le ton naturel, Talma ajoutait : « Merci, monsieur », et le grand tragédien, en entrant en scène, disait ses premières paroles sur le ton dont il venait de prononcer le « merci, monsieur».
Voix blanche. — Voix sombrée. — Lorsque l’émission de la voix est analogue à celle qui exige la production des voyelles a, e, i, on dit que le timbre est clair et la voix blanche. Lorsque, au contraire, elle est analogue à celle qui prédomine dans la production des voyelles o et ou, on appelle la voix et le timbre sombres. Dans le premier cas, les cavités sus-laryngiennes sont disposées de façon à renforcer seulement les harmoniques élevés, tandis que dans le second, elle ne renforcent, que les harmoniques graves.
Dans le timbre clair, le larynx s’ouvre presque
à l’orifice buccal postérieur, le pharynx est alo très raccourci; dans le timbre sombré, le larynx e] situé aussi bas que possible, la trachée est raccour cie, le pharynx est très allongé et la bouche presque fermée est arrondie. ^
Le Français parle et' chante surtout en timbre clair, l’Italien en timbre sombré. Cette différence est due à ce que la langue italienne contient de nombreux mots qui ne peuvent se bien prononcer qu’avec la voix sombrée.
Conditions qui modifient la voix. — Divers éléments modifient l’étendue de la voix : l'âge, le sexe et le tempérament.
Jusqu’à l’âge de la puberté, le larynx reste petit • mais à ce moment, les apophyses vocales des cartilages aryténoïdes se forment, le diamètre antéro-postérieur du larynx augmente chez les garçons, la pomme d’Adam 'devient saillante, les cordes augmentent de volume et de largeur, les cartilages eux-mèmes s’épaississent, la glotte augmente et la voix mue.
Celte transformation peut durer de quelques semaines à un an. Pendant ce temps, la voix est rauque et couverte.
La voix peut baisser d’une octave et même d’une octave et demie chez l’homme.
On ne peut cependant pas dire que l’enfant qui avait une voix de soprano ou d’alto aura une voix de ténor ou de basse, car on a vu des voix de 'Soprano se transformer en basse à ce moment.
On raconte que Lablache, pendant sa jeunesse, était habitué à chanter le dimanche à l’église. Une épidémie étant survenue, un grand nombre d’enfants ne purent assister au chant; Lablache, qui avait une belle voix de soprano, fut prié de ch an ter l’alto, ce qui nécessita beaucoup d’efforts de sa part. L’après-midi, il fut étonné de ne plus pouvoir donner un bon son ; il crut que sa voix était altérée pour longtemps. Quel ne fut pas son étonnement quand, le lendemain, èn essayant de chanter de nouveau, il s’aperçut que sa voix était changée en cette voix de basse qui a été tant et si justement admirée.
La mue n’abaisse la voix que d’une à deux notes chez la jeune fille, car le larynx ne prend qu’un développement peu accentué en longueur; les changements se font surtout dans le sens de la largeur.
Chez les jeunes filles la mue se termine vers dixhuit ans; chez les garçons, elle se prolonge jusqu’à dix-neuf et vingt ans.
Si la mue se fait généralement en une seule fois, il est des cas où l’on voit, peu avant la puberté, la voix devenir rauque en même temps que le larynx est endolori. Ces mêmes phénomènes peuvent se reproduire deux, trois, et même quatre ou cinq fois. Alors arrive la mue véritable avec le dévelopment des autres organes de lajeune fille.
D’autres fois, la mue est tardive. Il arrive qu’une personne qui, lors de la puberté, a pris une voix de ténor, par exemple, ressent à nouveau quelques troubles laryngés; en même temps elle s’aperçoit qu’elle a perdu les notes aiguës et gagné en revanche quelques notes graves, et que de ténor elle est devenue baryton : c’est la première mue. Plus tard,
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chez cette même personne, une deuxième mue peut se produire et faire descendre la voix de baryton à celle de basse. Les cordes ont subi un nouvel accroissement.
Vers le moment de l’époque critique, il se produit une nouvelle mue chez la femme; la voix baisse et prend un timbre plus grave.
Ces changements de la voix a l’âge de la ménopause ne s’opèrent pas tout d’un coup et viennent quelquefois très tard, surtout si la voix est continuellement exercée.
Quand arrive la sénilité, la voix perd son intensité, par suite de la diminution de la force d’expiration pulmonaire. De plus, les cordes se tendent moins bien, les articulations ont de la tendance à s’ankyloser; la voix perd ses notes aiguës.
La taille de l’individu n’a pas d’influence sur le larynx.
C’est à l’époque du développement des parties génitales que le larynx prend son développement.
Chez les personnes où ces organes n’existent pas ou sont de petites dimensions, ou même chez celles dont le développement ne se fait que tardivement, la voix est plutôt celle d’une femme que celle d’un homme.
La castration pratiquée avant la puberté conserve à l’eunuque la voix aiguë qu’il avait dans l’adolescence; c’est à peine si cette voix se change en mezzo-soprano.
Frappée de la mélodie de la voix des eunuques, l’Église romaine les a employés longtemps à chanter les louanges de Dieu et a ainsi contribué à perpétuer cette infâme fabrication (Koch). Les munco avaient la voix de femme avec sa mélodie, la hauteur des voix d’enfants et une puissante étendue de la voix par l’agrandissement des résonnateurs. Comme il n’était pas permis aux femmes de chanter à l’église, et qu’il fallait une liaison entre les voix d’enfants et d’adultes, dont le timbre paraît si éloigné, on avait recours aux castrats pour compléter la perfection du chœur si célèbre de la chapelle Sixtine. Au XVIIIe siècle, le pape Clément XIV abolit l’usage de la castration chez l’homme dans le but de faire des soprani et défendit à ces derniers de chanter dans les églises, et il ne les admit plus aux ordres sacrés. Mais ce ne fut que grâce à l'intervention énergique des Français en Italie que l’on parvint à abolir cet usage si dégradant. En 1870, la Sixtine était composée d’une trentaine d’hommes; le soprano était chanté par six eunuques et par des voix de fausset. Les soprani, comme le fait remarquer Franz Witt, ont leurs beaux sons entre le /a4 et le dos, que les voix de fausset ne peuvent atteindre ; le meilleur soprano était l’eunuque Mustapha, âgé alors de 53 ans, dont la voix montait jusqu’au mis.
Lorsque la castration est faite après la puberté, elle n’a plus d’influence sur la voix. On a vu des prêtres catholiques et des religieux, tels qu’Origène et ses sectateurs, guidés par des idées fausses, en ce sens que leur chasteté n’était plus volontaire après leur castration, se faire la castration pour être sûrs de ne pas succomber à la tentation ; mais comme ils avaient atteint l’âge mûr, ils pouvaient
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chanter comme avant leur opération ; leur voix n’avait subi aucune altération.
Chez les Skoptzy (secte russe, fondée vers 1757, par Iwanow), opérés jeunes, la voix reste celle d’un enfant, par suite de l’arrêt du développement du arynx; elle devient seulement plus forte en raison de l’agrandissement des cavités thoracique, buccale et nasale. Mais si l’opération n’est pratiquée qu’apres la puberté, la voix est alors peu modifiée; elle n est qu’affaiblie, parfois rauque; quand elle conserve sa pureté naturelle, elle n’est jamais comparable à celle d’un jeune castrat.
La femme à laquelle on ôte les ovaires avant la puberté, dans le but de tarir la source des désirs ou de combattre une maladie, subit des métamorphoses inverses à celle de l’eunuque : la voix perd la douceur de son timbre.
Il est évident que pour atteindre par la castration le but que l’on se propose, il faut pratiquer l’opération sur les deux organes à la fois et complètement sur chacun d’eux. En effet, les monorchides, comme le dictateur Sylla, les cryptorchides, les femmes à un seul ovaire, ne présentent rien d’anormal dans la voix.
D’un autre côté, les excès d’incontinence ont une influence notable sur l’appareil vocal.
Hippocrate avait observé qu’un usage prématuré ou trop fréquent du coït avait une influence sur les chanteurs.
Il est de notoriété publique que les fortes bassestailles ne conservent la gravité de leur basse, que par l’assujettissement à la continence. C’est pour cela que les Romains infibulaient leurs chanteurs.
La voix ou plutôt le timbre peut encore être modifié quand les résonnateurs prennent une forme vicieuse: c’est ce qui arrive à la suite de l’arrachement d’une dent, d’une incisive principalement, à la suite d’un rhume qui obstrue les cavités nasales, à la suite du gonflement de l’amygdale ou consécutivement à l’extirpation de ce dernier organe.
Le comte de Fédrigotti s’étant fait extirper les ■ deux tiers de chacune de ses amygdales pour rendre plus claire et plus éténdue sa voix de baryton, perdit quatre notes de tête et gagna deux notes de voix de poitrine.
La voix est encore modifiée dans les cas de perforation de la voûte palatine, de bec-de-lièvre, de perte de la langue. Cependant on peut remédier en partie à quelques-uns de ces inconvénients.
Conseils hygiéniques aux chanteurs, orateurs, prédicateurs, etc. — Respiration. — Nous avons étudié la respiration et montré quelle était son importance dans l’art du chant.
L’inspiration doit être calme et profonde; on évite ainsi l'essoufflement, on fait une ample provision d’air, on ne produit pas le hoquet dramatique; mais on obtient une respiration régulière et prolongée qui permet de soutenir facilement le son.
Dans la méthode de chant du Conservatoire, on lit que : « Quand on respire pour parler ou pour renouveler simplement l’air des poumons, le premier mouvement est celui de l’inspiration. Alors le ventre se gonfle et sa partie supérieure s’avance un peu; au contraire, dans l’action de respirer pour chanter, en inspirant il faut aplatir le ventre et le
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faire remonter avec promptitude, en gonflant et avançant la poitrine*. Cette méthode qui a été adoptée par un grand nombre de professeurs, comme nous avons pu nous en assurer, a été la cause de la perte de bien des voix. En effet, comment aplatir le ventre, sans empêcher l’abaissement normal du diaphragme.
11 ne faut pas cesser de combattre cette idée fausse, qui a causé déjà trop de désastres. Que de jeunes artistes ont dû, quelques années après leur Sortie du Conservatoire, renoncer au théâtre par suite du mauvais enseignement du mode respiratoire, qui a rendu leur voix chevrotante quand il ne l’a pas rendue plus gravement malade.
C’est au type abdominal et à lui seul qu’il faut avoir recours pour ne pas fatiguer le thorax.
L’artiste tiendra le corps droit, effacera les épaules et avancera la poitrine. En lisant ou en chantant, il placera le texte au point visuel, à peu près à la hauteur de la portion supérieure de la poitrine, afin qu’il ne se courbe pas.
Pour s’exercer à la respiration abdominale, il faut jeter en avant le creux de l’estomac et le rétracter vivement ; puis, quand l’élève a bien saisi ce mouvement, il fait une expiration courte en rétractant le creux de l’estomac, puis une inspiration en projetant en avant la paroi abdominale. On fait alternativement ces deux mouvements d’inspiration et d’expiration par le nez, la bouche étant fermée, puis parla bouche largement ouverte.
Pour régler l’expiration, Garcia conseille de mettre une bougie devant la bouche pendant l’expiration qui ne doit pas faire vaciller la flamme.
Nous insistons beaucoup sur la manière de respirer; car nombreux sont les artistes qui ne savent pas se servir de leurs poumons pour donner à la voix l’intensité nécessaire. Ils cherchent à employer un mode respiratoire qui, non seulement est pénible pour eux et pour le public, mais encore fatigue et casse même leur voix. 11 suffit de remarquer certains artistes dont on voit la partie supérieure de la poitrine se soulever d’une façon démesurée, pour se rendre compte du mauvais effet que produit la respiration claviculaire qui ne tarde pas à produire le hoquet dramatique, l’essoufflement et la congestion de la tête et du cou, et, par suite, l’impossibilité de chanter, de lire à haute voix, etc.
Aussi est-il important d’éviter ce mode respiratoire, ou si malheureusement on en fait déjà usage, faut-il apprendre à corriger cette habitude qui ne peut qu’être très préjudiciable à l’artiste.
Pour remédier à ce défaut, Mandl conseille de croiser dans une position assise, sur le dos de la chaise, les bras aussi haut que possible pour empêcher la mobilité des épaules. On peut encore serrer les coudes entre les bras d’un fauteuil ou presser solidement contre le thorax les bras fléchis sur les avant-bras, les coudes portés en arrière.
On conseillera encore les exercices développant les muscles thoraciques, tels que la gymnastique, l’escrime et la natation.
On ne devient ni artiste, ni orateur, si on n’est pas maiire de sa voix, si on ne sait pas l’assouplir et la rendre apte à produire les effets voulus.
La respiration doit se faire sans que le public
soupçonne que c’est le besoin seul qui force à n dre une inspiration. Aussi l’artiste doit-il sa?1-' approvisionner ses poumons d’air et régler sa res°1,r ration, sans cela il est court d’haleine. Mais il P*' faut pas tomber dans l’excès contraire et ne fa,ne que de longues inspiralions.
Intonation. — La meilleure intonation pour parler en public est l’intonation habituelle. Il est dangereux de choisir une intonation trop basse ou trop élevée; on n’obtient pas ainsi une voix plus intense, on ne parle pas sur un ton plus solennel. La voix devient criarde et fatigante pour l’auditoire ; elle perd sa pureté primitive et elle est difficile à saisir; malgré les efforts de l’orateur elle tend sans cesse à s’assourdir.
La voix de médium est la voix que l’on doit employer. C’est celle qui fatigue le moins.
Il faut éviter de commencer le débit oratoire sur un ton élevé pour diminuer ensuite la voix, car à la fin les mots deviennent indistincts.
11 faut se tenir dans un juste milieu : « Les tons moyens de la voix, disait Quintilien, sont préférables, sauf à les animer ou à les modérer selon le besoin. »
Il ne faut pas forcer la voix, ajoute-t-il, car alors on l’étouffe; l’effort la rend moins claire, elle paraît étranglée ; le bruit qu’elle produit était désigné, chez les Grecs, par un nom qui rappelle « le cri des coqs encore incapables de chanter. »
L’orateur doit varier les effets, les intonations de la voix, lui donner des inflexions variables avec les sentiments qu’il exprime et surtout éviter la monotonie, qui non seulement est un véritable supplice pour les auditeurs, mais détermine encore l’épuisement de la voix.
Disposition des résonnateurs. — Les chanteurs et les Orateurs doivent s’exercer à accorder leurs harmoniques aux sons glottiques. Les artistes ne feront pas de grimaces ou de contorsions de la bouche en émettant certaines notes, surtout les notes aiguës.
Ce sont des trucs que les professeurs ont généralement enseigné à leurs élèves afin de donner aux cavités une forme convenable pour la résonnance du son, afin de remédier à un petit vice de conformation du voile du palais, de la langue ou des lèvres.
Bennati raconte que chaque fois que la comtesse M... ehan'ait le doa, elle déviait la bouche à gauche. En examinant une fois la bouche pendant la production de ce son élevé, il trouva que l’espèce de rigole que la langue formait chaque fois dans les sons élevés de tête, au lieu d’occuper le milieu de la langue, se trouvait déplacée vers le côté de cet organe. Est-ce cetle raison qui donne la même physionomie à une sociétaire du Français ainsi qu’à une jeune artiste de l’Opéra-Comique? On les dirait atteintes de paralysie faciale.
Il n’est pas toujours possible de remédier à ces défauts. En effet, on sait que le Français ne peut prononcer l‘A allemand, et celni-ci les sons nasaux de notre langue; les Allemands et les Français n’apprennent que très difficilement à s’approprier la prononciation anglaise, et cependant les organes vocaux sont les mêmes dans ces différentes nations.