‹ Dictionnaire populaire de médecine usuelle. tome 2Chapitre 61 sur 289 · LEV · texte numérisé non relu

LEV

LEY

libres, les deux lèvres ne sont en contact que par leur moitié postérieure.

Lé bord adhèrent se continue, du côté de la peau, avec les téguments du nez et des joues en. haut, et avec ceux du menton en bas ; du côté de la muqueuse ce bord répond au cul-de-sac formé par la réflexion de la muqueuse qui se porte sur les gencives; entre ces deux faces, il n’existe pas de limites appréciables entre les lèvres et les parties voisines.

Les extrémités se fusionnent entre elles et forment les commissures des lèvres.

Structure des lèvres. — Les lèvres sont formées par quatre couches superposées dans l’ordre suivant :

1° La peau; 2° la couche musculaire; 3® une couche cellulaire renfermant des glandes et des vaisseaux; 4° une couche muqueuse.

1° La pead ne présente à signaler que les nombreux follicules pileux dont nous avons déjà parlé.

2° La couche musculaire est essentiellement formée' par le muscle orbiculairé des lèpres, auquel viennent se joindre un grand nombre d’autres muscles qui se fixent par leur extrémité supérieure sur le squelette de la face et, par leur extrémité inférieure, sur la peau des lèvres (en traversant pour la plupart le muscle orbiculairé). Ainsi la lèvre supérieure reçoit l’insertion des muscles canin, élévateur propre, élévateur commun de Voile du nez et de la lèvre supérieure ; sur la lèvre inférieure s’implantent les fibres du carré du menton et du triangulaire des lèvres ; le grande t le petit zygomatique, ainsi que le rùorius de Santorini s’insèrent sur les commissures. Le plus grand nombre de ces muscles est en rapport avec la multiplicité des mouvements exécutés par les lèvres.

3° La couche celluleuse est formée par un tissu cellulaire très lâche qui loge de nombreuses glandules, et qui renferme les artères coronaires : ces artères, branches de la faciale, forment un cercle complet autour des lèvres. Elles sont placées sous la muqueuse et par conséquent séparées de la peau par toute l’épaisseur de la couche musculaire.

Les veines ne suivent pas le trajet des artères, car leurs principales divisions sont sous-çutanées ; munies de nombreuses valvules, elles se jettent dans les veines sous-mentale et faciale.

Les vaisseaux lymphatiques forment sur le bord libre des lèvres un réseau remarquable dont les troncs aboutissent aux ganglions sous-maxillaires; les lymphatiques qui proviennent de la partie moyenne de la lèvre inférieure se jettent dans deux petits ganglions placés sous le menton.

Les nerfs sont de deux ordres, sensitifs et moteurs : les premiers sont formés par le trijumeau et les seconds par le facial.

La couche glanduleuse, également placée dans le tissu cellulaire sous-muqueux, est formée par une foule de petites glandes du volume d’un grain de millet. Chacune d’elles s’ouvre par un petit conduit à la surface de la muqueuse. Ces glandes, dites labiales, en raison de leur situation, ont la même structure que les autres glandes salivaires.

4" La muqueuse des lèvres présente la même structure que la muqueuse buccale, elle se réfléchit

sur le rebord alvéolaire en formant un cul-de-s et, sur la ligne médiane, un léger relief nomnr frein des lèv es.

Physiologie. — Quels sont les usages des lèvres? Les lèvres servent à la prononciation , surtout à celles des voyelles dites labiales, à la préhension des aliments ; elles sont encore destinées à maintenir la salive dans la bouche.

Vices de conformation des lèvres. — Les principaux vices de conformation des lèvres sont : l’hypertrophie, l’atrésie et la division congénitale ou accidentelle.

1° Hypertrophie des lèvres. — L’hypertrophie des lèvres n’est pas chose rare. Ainsi le gonflement de la lèvre supérieure est si fréquent chez les enfants scrofuleux, qu’il a été regardé comme un indice de ce tempérament; il coïncide fréquemment avec le coryza chronique, l’impétigo, etc. Celte hypertrophie s’accompagne parfois d’un renversement très difforme.

L’hypertrophie ne porte pas à la fois sur tous les éléments constituants des lèvres ; tantôt elle atteint la muqueuse, tantôt le tissu cellulaire sous muqueux, plus communément peut-être les réseaux lymphatiques profonds. On la combattra par un traitement antiscrofuleux, par des applications de liquides astringents. Paillard a réséqué avec succès une tranche de la lèvre hypertrophiée.

2° Atrésie des lèvres. — L’atrésie ou rétrécissement de l’orifice buccal peut être congénitale, elle est fort rare et coexiste souvent avec d’autres vices de conformation incompatibles avec la vie; mais il est moins rare d’observer une atrésie accidentelle et consécutive à des plaies ou à des ulcérations avec perte de substances des lèvres, à des stomatites gangreneuses, etc. Les cicatrices sont libres ou adhérentes aux mâchoires. Il en résulte une difformité repoussante, une grande gêne de la mastication, de la parole, l’écoulement continuel de la salive.

3° Division congénitale ou accidentelle des lèvres. — (V. Bec-'ie-Hè'-re .)

Furoncles et anthrax des lèvres. — Les furoncleset anthrax des levres présentent comme ceux de la face, une gravité spéciale, en raison de la phlébite faciale dont ils ont été parfois le point de départ.

Ces furoncles se présentent sous l’aspect ordinaire aux tumeurs de cette nature ; mais viennentils à se compliquer de phlébite, la face se gonfle* le tissu cellulaire de l’orbite s’œdématie ; et si 1 inflammation gagne les sinus de la dure-mère, par *a voie de la veine ophthalmique, il survient du délire» un état comateux, et le malade succombe à lapblebite, à l'infection purulente ou à des troubles cérébraux.

Ces furoncles seront ouverts de bonne heure pf une incision assez profonde pour permettre l’éb' mination facile des bourbillons, puis on recouvrira les parties malades de cataplasmes et de glace. Cancroïdes des lèvres. — (V. Cancroïde.) Gerçures des lèvres. — (V. Gerçures.)

Dr Léon Moynac.

LÈVRES (grandes). — Anatomie. — Les grandes le-”

LEY

LÈV

es font partie des organes génitaux externes de là J me. Ce sont deux replis placés de chaque côté * \s.rulve. Elles s’étendent en haut jusqu’au mont de Vénus dans lequel elles se perdent et se réunissent en bas pour constituer ce qu’on appelle la fourhette repli très mince qui est fréquemment déiré àu moment de l’accouchement, surtout chez les primipares. On désigne aussi ^quelquefois la

Fig. 747.

Vulve chez la femme. — 2,2.- Face interne des grandes lèvres,— 4. Face interne des petites lèvres — 1 Mont de Vénus — 3. Clitoris, — 5. Vestibule. — 6. Méat urinaire. — 7. Orifice de la glande vulvo vaginale, — 8. Orifice du vagin rétréci par la membrane hymen. — 9. Membrane hymen. — 10. Fourchette. -H. Anus.

réunion inférieure des grandes lèvres sous les noms de commissure inférieure de la vulve ou commissure antérieure du périnée : c’est en effet à ce endroit que commence la région à laquelle on a °naé le nom de périnée et qui s’étend delà vulve à l’anus. ,

bn^d dingue aux grandes lèvres deux faces, deux *,s ®tdeux extrémités. La face externe qui refont la CUÎSSe est cutanée> d’une coloration plus dans^ Ct reeouverle de P0üs disséminés, surtout bren ^ supérieure : on y observe les nomest m °Pl®ces 0,6 gtendes sébacées. La face interne Péri U<*UeUSe’ rosée et en contact par sa partie sutout à l'p, avec tes petites lèvres dont nous parlerons cutané heure Le bord libre ou bord antérieur est c0uveptcrme tece externe et, comme elle, repèrent endn te bord postérieur ou bord

culier à au* Pai'ties profondes et en parti

grande^ v branche ischio-pubienne. La peau des te cuis«e e» se continue en dehors avec celle de s°ns le n'n jUant, Un sdl°n profond qu’on désigne tés, nous de gônito-crural Quant aux extrémitennissent n°aS (*‘t <lue tes deux inférieures se pour fermer l’orifice vulvaire en bas, et

que les deux supérieures se perdent dans le mont de Vénus, se rapprochant néanmoins suffisamment au dessus du clitoris pour constituer la commissure supérieure de la vulve et la limiter ainsi de ce côté.

Les grandes lèvres, qui entourent l’orifice vulvaire, sont plus ou moins épaisses et plus ou moins prononcées selon les individus et leurs habitudes. Ainsi chez les femmes grasses les grandes lèvres participent à l’embonpoint général ; chez celles qui ont eu des enfants elles sont plus allongées. Chez la jeune fille vierge et chez les femm.es grasses, les grandes lèvres sont presque toujours accolées l’une contre l’autre fermant ainsi l’orifice vulvaire. Au contraire, chez les femmes maigres, chez celles qui ont eu plusieurs enfants, enfin chez celles qui se livrent fréquemment au coït, les grandes levres sont flasques, molles, écartées l’une de l’autre et la vulve est ainsi constamment entr’ouverte.

La grande lèvre est constituée par la peau, dou¬

Fig. 748. — Glande vulvo-vaginale.

(La pièce est vue de trois quarts, pour montrer la glande en entier. ) A, A. Section faite à la grande lèvre et aux nymphes pour montrer le canal excréteur et son orifice. — B. La glande. — C. Conduit excréteur. — C. Stylet engagé dans l’orifice du conduit excréteur — D. Son extrémité glanduleuse. — E. Son extrémité vulvaire et sop orifice. — F. Bulbe du vagin. — G. Branche ascendante de l’ischion.

blée d’un tissu cellulo-adipeux, où se trouvent les follicules pileux qui s’ouvrent à 1 extérieur, puis de fibres musculaires, de fibres élastiques et enfin on y observe le canal d’excrétion d’une glande située plus profondément, qui est connue sous le nom de glande vulvo-vaginale. Des artères, des veines et des nerfs parcourent l’épaisseur de la grande lèvre ainsi que des vaisseaux lymphatiques assez abondants qui vont abouLir aux ganglions de laine; il en résulte que les inflammations, les abcès de la grande, lèvre ont souvent un retentissement dans le sillon de l’aine ou l’on observe l’inflammation, et quelquefois la supuration des ganglions de cette région.

Vices de conformation. — Les vices de conformation des grandes lèvres sont rarement isolés. On constate en effet le plus souvent d’autres malfor-

mations des diverses parties qui constituent la vulve aussi cette partie de la tératologie sera-t-elle étudiée plus complètement a ce dernier mot.

Toutefois nous devons signaler ici comme plus propre aux grandes et aux petites lèvres une anomalie qui n’est pas absolument rare. C’est une soudure des deux grandes ou des deux petites lèvres ne laissant entre elles qu’une petite ouverture par où passent le sang des règles et l’urine. En général chez les jeunes enfants il est assez facile d’opérer le décollement avec le : manche d’un scalpel, mais si l’on éprouve quelque résistance il faudra recourir au bistouri. On aura soin après l’opération de maintenir à demeure, pendant quelque temps, un tampon imbibé d’une solution phéniquée pour empêcher que les parties séparées ne contractent entre elles de nouvelles adhérences.

Les grandes lèvres sont le siège de diverses maladies que nous allons étudier séparément.

Abcès. — D’abord il est fréquent d’observer sur la face externe des grandes lèvres, de petits abcès qui prennent naissance dans les follicules sébacés

Fig. 749. — Abcès de la grande lèvre.

très nombreux dans cette région. Des lotions et applications émollientes suivies, en temps voulu, de l’emploi du bistouri, sont les moyens que l’on doit mettre en usage là comme partout ailleurs, en pareil cas.

Hernie. — On peut observer également dans la grande lèvre une hernie analogue à celle du scrotum chez l’homme. En effet, l’intestin après avoir parcouru le canal inguinal suit le ligament rond et vient avec lui aboutir dans l’épaisseur de la grande lèvre. Il est rare que cette hernie se développe brusquement; le plus habituellement, la hernie inguinale est connue et, quand se produit dans la grande lèvre la tumeur formée par la descente de l’intestin, on a, outre les moyens de diagnostic ordinaires, les commémoratifs fournis par la malade elle-même. On trouvera au mot Hernie la descrip¬

tion du mode de réduction ou des moyens conten tifs en usage pour remédier à cet accident.

Varices. — Il est assez fréquent, surtout pendant la grossesse, d’observer à la vulve et dans l’épaisseur des grandes lèvres, une dilatation exagérée, de véri. tables varices des veines nombreuses qui parcourent cet organe. Des varices qui sont principalement causées par la gêne apportée au retour du sang vers les gros troncs vasculaires de l’abdomen, par la présence du globe utérin gravide et la pression exercée par les parties fœtales, et plus particulièrement la tête de l’enfant au moment de son engagement dans la filière pelvienne, disparaissent presque toujours après l’accouchement sans avoir déterminé d’autre inconvénient qu’une certaine tension des parties atteintes, de l’œdème dans le tissu cellulaire et un sentiment de chaleur accompagné d’un prurit désagréable aux femmes qui sont sujettes à ces varices. Ce prurit même est à proprement parler la véritable cause de quelques accidents observés.

Ainsi, on a vu des femmes, excitées par une démangeaison tellement intense, se gratter au point de s’écorcher et d’amener la rupture d’une de ces veines superficielles. Cette rupture, comme celle qui pourrait être déterminée par une chute, un coup sur cette région, peut occasionner une hémorrhagie assez grave pour que la mort en soit la conséquence, non pas qu’il n’y ait aucun remède à y apporter (V. Varices), mais cet accident peut arriver loin de tout secours ou pendant le sommeil, comme cela a été observé une fois à l’hôpital de là Maternité, la malade ayant probablement gratté vigoureusement et d’une manière inconsciente la région occupée par les varices.

Pendant l’accouchement, au moment du passage de la tête fœtale, ces varices peuvent également se rompre, mais deux cas peuvent se présenter : ou bien la rupture comprend à la fois la veine variqueüse et la peau qui la recouvre et l’on a alors une hémorrhagie externe à laquelle il est d’autant plus facile de remédier que la cause qui rendait pendant la grossesse ces hémorrhagies si graves, la pression exercée par l’enfant sur les gros troncs vasculaires supérieurs, n’existe plus, ou bien la veine est seule rompue et il se produit un épanchement sanguin dans l’épaisseur de Ja grande lèvre qu’on a désigné sous le nom de Thrombus.

Thrombus. — Cette tumeur sanguine , véritable hématose, peut également se produire en dehors de l’existence antérieure de veines variqueuses.

On l’observe assez fréquemment après l’accouchement, mais elle peut être le résultat d’une violence extérieure, d’une chute ou d’un coup violent sur cette région. La grande lèvre se présente alors sous la forme d’une tumeur plus ou moins volumineuse selon l’étendue de l’épanchement, d’une couleur rouge lie de vin, peu douloureuse, et l’on sent profondément un noyau dur plus ou moins consi- j dérable. Il est rare que ces tumeurs soient l’origin® d’accidents graves. En général, et sous l’influence d’applications résolutives, l’eau blanche, par exemple, la tumeur diminue peu à peu de volume, 1» tension générale cesse graduellement, la coloration rouge foncée cède peu à peu et la résorption s’oper

LÈV

LEY

un temps assez court. Cependant j’ai vu des cas ® la peau s’est mortifiée et s’est gangrenée, lais- 0 t échapper des caillots sanguins assez volumineux mettant à jour une poche plus ou moins profonde dont la réparation a demandé un temps ez long, l’excavation ainsi formée ne s’étant comblée que par la présence de bourgeons charnus venant du fond de la plaie. J’ai également observé auelques femmes qui, par suite de sphacèle, ont ainsi perdu une portion assez étendue d’une grande lèvre. Dans d’autres cas les thrombus peuvent supurer et l’on est en présence d’un véritable abcès plus ou moins volumineux qu’il faut traiter comme tel, et qu’on doit ouvrir en son temps.

Œdème simple. — L’œdème simple de la grande lèvre est fréquemment observé chez les femmes enceintes. Quand l’infiltration est très prononcée, les grandes lèvres deviennent extrêmement volumineuses, grosses, charnues comme le poing, et la malade, ne peut plus rapprocher les cuisses. La marche lui devient impossible, toute la région vulvaire subit une inflammation superficielle que l’on ne peut calmer qu’avec des lotions émollientes fréquentes et de grands cataplasmes appliqués sur les parties atteintes. On est même obligé quelquefois de faire quelques scarifications avec la lancette dans la grande lèvre pour donner issue à la sérosité. Mais il faut être assez sobre de ce procédé pour ne pas déterminer une mortification trop étendue des tissus. Quelques jours après l’accouchement l’œdème disparaît sans traitement spécial.

Kyste. — On observe également quelquefois dans l’épaisseur de la grande lèvre une tumeur kystique , qui peut être comparée à l’hydrocèle de l’homme. Le kyste siège alors dans une sorte de poche qu’on trouve dans l’épaisseur de cet organe et qu’on a comparé à la tunique vaginale. Mais ces sortes de kystes sont très rares, et ceux qu’on est appelé à soigner siègent plus fréquemment dans l'épaisseur do la glande vulvo-vaginale,oudans son canal excréeur sans provoquer de douleurs. Je me rappelle une jeune femme que j’accouchai lors de son premier en ant et qui fut très étonnée quand je lui appris ®s:enœ d’un kyste de ce genre siégeant dans la s ode lèvre gauche. Elle n’avait jamais rien seraT^ eut att‘r® son attention sur ce côté. Il le d‘ °U'|0urs feoile par un examen sérieux de faire ne n!^n0St*c ces kystes de la grande lèvre qu’on de n? Pas confondre avec un abcès, les signes raient ammation faisant défaut, et qui ne saurédnHUvr11.011 plus être Pris Pour une hernie, la commp 111 ^ de cetle dernière, la sonorité, et les cas. 7î„oratifs ne permettant pas l’erreur dans ce rir " ce 6 slI11Pfo. ponction suffit rarement pour guétemns a£enrv de k7ste fio* se reproduit peu ’ cas d’nmr i °Perati°n. Il est préférable dans ~~

obtenir p nr •g,eme?t la Poche et de chercher à

diffeonn*!!811'11,6 * adhésion des parois après un baavec le nff6 ^ la fointure d’iode ou la cautérisation Pins assuré6 <largent’ °Q Peut encore pour être quer chance de récidive prati-

opérations Pnpl°Q-de la Poche kystique. Ces diverses Yité. présentent en général aucune gra-

Êléphantiasis. —

OiCTXONNAIRE

L élépJianliasis vulvaire, malaroruuiHB de Médecine usuelle

die assez rare dans notre pays, s’observe plus communément aux grandes lèvres que sur les autres parties de la vulve. L’éléphantiasis constitue une tumeur tantôt pédiculisée, tantôt sessile qui dans certains cas peut prendre de grandes dimensions. On cite une jeune fille de 47 ans chez laquelle les deux lèvres atteintes de cette maladie pendaient jusqu’au milieu des cuisses présentant un volume plus

Fig. 7S0.

Éléphantiasis des grandes lèvres observé chez la femme d’un fellah, du Caire. Chaque lèvre avait le volume d’une tête d’enfant (Larrey). .

considérable que celui de la tête d’un homme. Ces tumeurs ont une marche lente progressive et ne provoquent aucune douleur si ce n’est celle produite par leur poids et la gêne qu’elles apportent dans les divers mouvements. Le diagnostic en est facile, car la peau qui recouvre ces tumeurs présente un épaississement considérable, avec des nor dosités et des érosions superficielles.

Le traitement qui. consistera dans l’administration des reconstituants de toutes espèces, des antiscrofuleux ou antisyphilitiques devra eh outre consister dans l’ablation de la tumeur si la chose est possible, c’est-à-dire si la base d’implantation n’est pas trop considérable. Aussi, devra-t-on, si la tumeur n’est pas pédiculée, chercher à diminuer son point d’attache par un lien constricteur progressivement resserré afin de diminuer la surface de section. Le bistouri, les caustiques, l’écraseur linéaire, l’anse galvanique ou le thermo-cautère, seront les moyens qu’on devra mettre en usage en pareil cas.

Lipomes, fibromes, myomes, enchondromes.

Ces diverses tumeurs s’observent également dans la grande lèvre, mais elles ne reçoivent de ce siège de développement aucune indication spéciale qui nous autorise à en parler ici d’une manière particulière.

Je ne dirai rien non plus ici du cancer, du lupus ou estluomène de la vulve qui trouveront leur description à ce dernier mot. De même pour l’eczéma et le prurit vulvaires (V. ces mots).

Dr A. DE SOYRE.

Page 1