‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 174 sur 238 · T ROSS Y · texte numérisé non relu

T ROSS Y

TROTTOIR

1 ; Virg., JEmid., XI, 5, 11.) Ce furent les consuls Domitius iEnobarbus et Fabius qui les premiers (121 av. J.-C.) imaginèrent de couronner les trophées avec des monceaux d'armes des vaincus ; ils créèrent donc le premier modèle des bas-reliefs qu'on voit aujourd'hui figurés sur les arcs de triomphe.

TROSSY. — Voy. Saint-Leu.

TROTTOIR, s. m. — Chemin plus élevé que la rue ou la chaussée qu'il borde et qui sert à la marche des piétons. Dans les villes, les trottoirs régnent le long des maisons, des quais, ainsi que de chaque côté des larges avenues et des parapets de pont. — L'usage des trottoirs remonte sans aucun doute à une très haute antiquité, mais les plus anciens qu'il

Fig. 1. — Trottoirs à Tompéi.

nous a été permis de voir, tels qu'ils existaient au moment même de leur service, se trouvent à 1 1 ' Tculanum et à Pompéi (fig. 1). Ils sont assez étroits, ils ne mesurent guère que O'",70 à 0m,80 de largeur; mais ils sont élevés d'environ 0m,22 à o'",l':» au-dessus du sol de la rue; cette hauteur, qui paraît considérable, ;érée même, était cependant indispensable à cause du peu de largeur des rues , et par suite de la chaussée, qui lors des grands orages est un véritable ruisseau, si les trottoirs avaient eu moins de hauteur, les rez-de-chaussée des mai- Bons auraient été entièrement inondés. Les trottoirs de Pompéi sont comme les nôtres;

ils sont pavés et les bordures sont faites de blocs longs, et entre lesquels, mais dans les larges voies seulement, et sur les places et carrefours, on voit des pierres arrondies faisant saillie, nommées umlones. A quoi servaient ces pierres saillantes ? Il est bien difficile de pouvoir l'affirmer; nous discutons, du reste, cette question au terme Ujibo, où nous renvoyons le lecteur.

Les trottoirs de nos villes sont plus bas que ceux de Pompéi et d'Herculanum ; ils ne mesurent ordinairement que 0m,17 de hauteur et comportent beaucoup plus de largeur, parce qu'en général nos rues ont plus de largeur que celles de ces villes anciennes. On les construit en bitume, en dalles de lave de Vol vie ou de granit, ou en briques posées sur champ et en épi. Les bordures sont faites de diverses sortes de roche : à Paris, elles sont en granit, et elles posent sur un massif de maçonnerie hydraulique, afin d'empêcher les infiltrations des ruisseaux, qui passent au pied des bordures, de détériorer la maçonnerie. Souvent les ruisseaux sont entaillés dans la pierre elle-même , comme le montre notre figure 2, dans laquelle on voit le bitume, la pierre du trottoir creusée en caniveau,

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Fig. 2. — Trottoir.

enfin les pavés formant la surface de la chaussée. Dans la construction des trottoirs, on commence par poser la bordure ; puis on prépare , par un déblai ou un remblai, Maire, la forme proprement dite des trottoirs. Comme ceux-ci ont une pente pour permettre l'écoulement des eaux, cette pente se dirige tout naturellement des façades des maisons sur le bord du trottoir, qui déverse ainsi les eaux pluviales ou de lavage dans le ruisseau. L'aire des trottoirs, nous venons de le dire, se fait avec des matériaux très divers. A Paris, dans Les rues très fréquentées, sur les ponts, on utilise le granit; sur les grands boulevards,

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oùlegranil sérail inapplicable à cause di prix ei oonsl ituerait, du reste, an vrai dai pour la circulation, on utilise le bitume.

Quand on emploie le grès, l'aire se construit avec des pavés <le cette matière; on les pose en réseau, Vopuareticulatum des anciens. Quand on emploie la brique, on la pose de champ et en épi, en la noyant dans du mortier hydraulique ; ce genre d'aire n'est employé que dans certaines villes du midi de la France, et même aujourd'hui on commence à délaisser la brique pour faire des trottoirs en béton.

Jurisprudence. — Tout ce qui est relatif à la jurisprudence administrative des trottoirs se trouve consigné dans l'ordonnance du 8 août 18^9, dans les lois du 7 juin 18-15, et dans un arrêté préfectoral en date du 15 avril 1846. Ces divers documents, dont nous allons donner les articles utiles, s'occupent de la construction et de l'entretien des trottoirs, de leur bordure, de la répartition des frais, etc. Des arrêtés préfectoraux, pris à diverses époques, n'ont fait que confirmer ces ordonnances, sans y apporter des changements notables.

ORDONNANCE DE POLICE POUR LA SURETE ET LA LIBERTÉ DE LA CIRCULATION SUR LA VOIE PU- BLIQUE (8 AOUT 1829).

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