‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 221 sur 238 · VOITURE. — VOLEE · texte numérisé non relu

VOITURE. — VOLEE

la voie publique sur le verso de la feuille, aux deux extrémités du plan.

Art. 97. — Les plans doivent être fournis en double expédition, indépendamment de la minute, et envoyés roulés. — Celle-cf doit contenir de plus que les expéditions le tracé graphique et les cotes de toutes les opérations géométriques qui ont servi à lever le plan , ainsi que les longueurs des façades.

Art. 98. — Le préfet a fixé pour la confection des plans d'alignement un tarif établi comme il suit (Arrêté du 24 février 1857) :

Levé. Rapport. Expédition.

Pour les plans, pour 100 mè- f,.. c. fr. c. fr. Ci très de longueur 12,00 5,00 3,00

Pour l'intérieur des propriétés , pour 1 00 mètres superficiels, terrains bâtis 3,50 1,50 0,30

Terrains mixtes , cours et

constructions 2,00 1,00 0,20

Terrains vagues.. 0,70 0,30 0,05

Dans le cas où les plans seraient inexacts ou n'auraient pas été dressés conformément à leurs prescriptions , les maires ne doivent pas les recevoir.

Les autres articles du paragraphe 3 s'occupent de la remise des plans aux maires et des études des projets d'alignement. L'article 101 recommande à ceux qui étudient ces projets de ne pas s'attacher à un parallélisme rigoureux et s'efforce de conserver les constructions établies en vertu d'autorisations récentes, ainsi que celles qui bien qu'en retraite n'offrent pas de graves inconvénients. Il est dit dans ce même article qu'on doit prendre l'élargissement des voies du côté où il cause le moins de dommage aux propriétaires riverains ; enfin de ménager les édifices publics ainsi que les monuments qui présentent un intérêt sous le rapport de l'art et de l'histoire. — Après enquête, le préfet statue définitivement sur l'alignement arrêté, et, dès qu'un projet est approuvé, les alignements qu'il comporte sont indiqués sur la minute et sur les deux expéditions, tant par une ligne noire <|ue par des lettres et des cotes qui servent à les bien préciser.

Le tracé des alignements est payé au géomètre qui en a été chargé, savoir :

Pour la minute, par 100 mètres de longueur. 1 fr.00

Pour l'expédition o 75

Pour la légende par plan 1 00

Le § 4 étudie les conséquences de l'approbation des plans d'alignement ; le § 5, les effets de la délivrance de l'alignement, ainsi que des acquisitions et cessions de terrains ; le § G traite de la réparation des bâtiments non alignés ; le § 7, de la poursuite et de la répression des contraventions ; le § 8 , de la démolition; le § 9, des questions préjudicielles, et le § 10, de la prescription.

Comme on le voit par ce rapide aperçu, les questions de voirie ont une grande importance pour les communes, pour les propriétaires et pour les constructeurs.

VOITURE, s./. — Ce terme, dérivé du latin vectura (action de transporter), sert à désigner un véhicule à deux ou quatre roues qui opère le transport des matériaux dans un chantier. Ce terme est aussi synonyme de Voie (voy. ce mot) : ainsi on dit également, une voie de plâtre, de chaux, de sable ou de terre, ou une voiture de plâtre, de chaux, de sable ou de terre; cela dépend, du reste, des localités.

VOLCANIQUE, aâj. — Qui appartient aux volcans. Dans l'industrie des constructions, on emploie des produits volcaniques, tels que la pierre ponce pour poncer, et les pouzzolanes pour fabriquer des mortiers.

VULCANISATION. — Voy. Vulcanisation.

VOLÉE, s.f. — Hauteur à laquelle on élève le mouton d'une machine à battre les pieux. Suivant la force de ceux-ci et le plus ou moins de densité du terrain dans lequel on enfonce les pieux, les moutons ont une volée de 8 et ,4 mètres. On désigne sous le même terme une série d'un certain nombre de coups de mouton sur la tête d'un pieu. — On dit (prune chaussée a été battue à deux et trois volées, lorsqu'un certain nombre d'ouvriers terrassiers, rangés sur une même ligne, ont battu à la Batte (voy. ce mot) cette chaussée deux et trois fois.

Volée d'eSOALIBB. — Partie d'un escalier qui se projette en ligne droite sur le plan de

volet.

vou ÈEE.

ce( escalier. Ce moi se prend aussi comme synonyme de révolution. (Voy. Bsoalœb.)

VOLET, s. m. — Fermeture intérieure on extérieure des croisées ou des portes-croisées. Dans les devanl ares de boni iques, les soni extérieurs; ils sont, bu contraire, intérieurs pour les croisées d'appartements. — Il exista des volets d'une seule feuille, ei des volets à deux et trois feuilles. Ces derniers sont dits volets brisés; ils sont simplement emboîtés, ou faits d'assemblages et à petits cadres; ils se plient ordinairement sur les dosserets des baies et se rabattent et se doublent sur l'embrasure desdites baies. — L'usage des volets était très répandu pendant le moyen âge ; les petites baies étaient fermées par des volets à une seule feuille, à un seul vantail posé en Abatant (voy. ce mot). Quand les croisées atteignaient une certaine dimension , elles étaient fermées par deux volets superposés, toujours placés en abatant : c'étaient des volets doubles. Le vantail supérieur était suspendu à l'aide de pentures qui étaient traversées par des tiges de gonds posés horizontalement ; le vantail inférieur, par une tige de fer rond qui était maintenue dans deux tourillons ; enfin des barres de fer méplat terminées par un crochet maintenaient le vantail plus ou moins soulevé. Beaucoup de meurtrières et de créneaux de fortifications étaient fermés par des abatants de ce genre.

On nomme également volet une espèce de pigeonnier dont l'ouverture se ferme par un petit ais en abatant. On donne le même nom aux ailerons ou petites planches qui font tourner la roue d'uu moulin à eau.

VOLICE, s.f. — On nomme 2)lanche volice, sapin frisé, ou simplement volice, une planche mince qu'on emploie au lieu et place de lattes.

VOLIÈRE, s. f. — Construction légère fermée de toutes parts au moyen de grillages en fil de fer à mailles plus ou moins fines , et dans laquelle on tient captifs des oiseaux, soit pour l'agrément d'un amateur ou d'un

collectionneur, soit pour les ('-lever et li graisser : telle- sont les rolièrea di coins. — Les Romains ont construit deg volières sur une grande échelle et avec beaucoup de luxe. (ColumelL, VIII, 1 ; Varro, /.'. R., III, '■).) Les plus remarquables se trouvaient dans les environs de Rome, du:

Latium et la Sabine. Primitivement on les nommait oiselleries (atriaria 1. 1 Varro, ut supra; Cic., ad Quint. /rat., III. 1.) En grec, on les nommait orniihon (ôfmOwv), ce qui correspond à notre terme de volière. — Les Romains n'élevaient des oiseaux que dans un but de spéculation; c'est vers le vu' siècle de Rome, à l'époque de la guerre des pirates (Pline, X, 20 ; Varro, R. R., III, 6), qu'on éleva depaons et des grives; il paraît même que certaines volières rapportaient annuellement à leurs propriétaires plus de soixante mille sesterces. (Varro, ib., 3; Pline, ib.) On élevait surtout des pigeons. Les pigeons sam - (saxatiles), qui vivaient sur des tours éle ou sur les combles des édifices {colon f sont à cause de cela nommés colombes (coin nibœ). Les pigeons domestiques vivaient dans les cours des maisons. En général, les pigeons vivaient dans le péristère ou pèrislèrolrophe, espèce de bâtiment circulaire couvert en coupole. — Les volières à paons étaient formées d'une grande cour ombragée , close par de hautes murailles ; sur trois des côtés se trouvaient des portiques, et sur le quatrième deux chambres (cellœ) , dont l'une servait au gardien, et l'autre à abriter les volatiles. Les volières d'agrément ou de plaisance furent imaginées par un chevalier romain, Lœnius Strabon, qui construisit la première dans le péristyle d'une maison qu'il possédait à Brindes. (Varro, ib., 5.) Lucius Lucullus, qui avait de si beaux viviers, possédait aussi de superbes volières. Térentius VaiTO, l'auteur du Traité d'agriculture (de Re rustica) , en avait une superbe au pied de la ville de Casinum, dont il nous a conservé une longue description. Son plan formait un grand parallélogramme do 21m,35 de longueur sur 14m,25 de largeur, lequel était terminé par un hémicycle de près de s mètres de diamètre. Varro décrit ensuite la

VOLIGE

VOLUTE

colonnade, Yarea, les portiques - volières , le pavillon circulaire, les piscines, le petit ruisseau qui fournit de l'eau claire et limpide à ses merles et à ses rossignols, le bassin circulaire et central avec un îlot dans son milieu. Il ajoute même : « Dans la coupole du pavillon, pendant le jour on voit l'étoile de Lucifer, et sur le soir l'étoile Hespérus. Ces étoiles se meuvent aux naissances de la voûte hémisphérique de manière à marquer les heures. Au milieu de cet hémisphère j'ai fait tracer une rose des huit vents. — Une tige portant à sa partie inférieure une aiguille et à sa partie supérieure une girouette, établie au-dessus du dôme, indique intérieurement de quel côté souffle le vent. » On voit que rien ne manquait à la volière de Varro.

VOLIGE, s. f. — Planche mince en bois de peuplier, employée pour l'établissement des couvertures en ardoises. Si la volige est en chêne ou en sapin, on la nomme plutôt feuillet. (Voy. Bois.) Les voliges n'ont guère que 0m,011 à 0m,015 d'épaisseur sur environ 0m,21 de largeur.

VOLIGEAGE, s. m. — Aire formée à l'aide de voliges clouées sur des chevrons, et sur laquelle on fixe des ardoises ; c'est une sorte de plancher qui supporte la couverture en ardoises. Dans le voligeage dit jointif, les vuligcs se touchent, se joignent presque; il y a à peine un centimètre d'espacement entre chaque volige.

VOLUME, VOLUMEN. — Terme d'antiquités. Se dit de livres qui étaient faits de feuilles de papyrus ou de parchemin enroulées autour d'un bâtonnet arrondi de buis, de cèdre ou d'ivoire. Beaucoup de ces derniers bâtonnets ont été pris pour des fragment^ de flûte. — On donnait à ce bâtonnet, ainsi qu'à ses deux extrémités terminées en bouton, le nom & ombilic,

VOLUTE, s. f. — Ce terme, dans un Bens général, est employé pour désigner un enroulement forme de plusieurs circonvolutions.

Beaucoup de fers de rampes, de grilles, sont tournés en volute ; dans un escalier à limon, la partie de celui-ci qui forme un enroulement sur la marche palière se nomme également volute. C'est au centre de celle-ci que se place le pilastre qui sert de point de dé-

Volute du chapiteau du portique tétrastyle de l'Erectliéiou.

part à la rampe. Quand ce pilastre est remplacé par un travail de ferronnerie qui suit en élévation le plan d'une volute, ce travail prend également le nom de volute. Mais on désigne aussi et principalement sous ce terme des

Fig. 2. — Môme volute tracée selon la méthode de OoMmanni.

membres d'architecture enroulés en hélice qui décorent les chapiteaux ioniques, corinthiens et composites. Le centre de cet enroulement se nomme mil de la volute; sa cannelure se nomme canal, et le bord saillant, jifrl. Il existe divers moyens de tracer la volute.

VOLUTE

Voici à ce rajel oe que dit notre uegretté confrère, Lesueur, membre de l'Institut (1) :

La divisii a de la rolute en neuf, huit et demi» on huit parties bui sa Lauteur, est tout à fait indépendante de sa grandeur réelle comparativement au diamètre, et le choix parmi les diverses manières de tracer sa spirale est très important . en

ce qu'il modifie sensiblement la proportion du chapiteau.

Ainsi la volute se divise :

Selon l'école attique, en 9 parties;

Selon .Muébiclès et Homogènes . en 8 parti)

demie ;

Selon l'école ionienne et Vitruve, en 8 parties. La méthode de Palladio pour tracer la spirale

Fig. 3. — Volute du chapiteau du Mausolée.

s'applique au chapiteau ionique de Vitruve et en général à ceux de l'école ionienne. Toutefois Goldmanni (2) propose une autre méthode consistant à placer les centres en dehors de la Cathète (voy. ce mot) , dans la moitié de l'espace de l'œil ; ce qui est, en effet, conforme à ce passage de Vitruve : « Il faudra , en traçant la volute , aller par le centre de chacun de ses quatre quartiers , en les diminuant dans la moitié de l'espace de l'œil (3). »

(1) Pages 411 et 412 de son Histoire et théorie de l'architecture, 1 vol. grand in-80 Jésus de 527 pages avec de nombreuses figures dans le texte, Paris, 1879.

(2) Auteur d'un traité d'architecture en allemand cité par Perrault. (Note de M. Lesueitr.)

(3) Livre III, chap. III.

Les volutes de l'école attique se tracent par une méthode fort analogue à celle de Goldmanni, ainsi qu'on peut le voir par les figures ci-jointes. — La volute athénienne étant divisée en neuf parties et celle de Goldmanni en huit parties et demie (1), la différence entre les deux volutes est dans la hauteur de l'œil. Mais , bien que celui de la première soit

(1) La volute de Goldmanni, faite d'après Vitruve. se divise en huit parties, mais son opération s'applique également à la volute antique , divisée en huit parties et demie , moyennant une légère modification. Le premier centre, placé sur la cathète, a été reporté d'une demipartie eu arrière , comme dans l'antique, afin de donner une demi-partie de plus en hauteur à la volute et par conséquent à l'abaque. (.VWe de M. Lesueur.)

VOLUTE

plus bas que l'autre d'un quart de partie, l'opération faite dans la moitié supérieure de l'œil de celleci ne se trouve pas moins au droit de celle de Goldmanni , parce qu'elle occupe le milieu de l'œil et non sa partie supérieure. Il en résulte que les

Fig. 4. — Chapiteau ionique au temple de Minerve Poliade.

points A, B, C, D, E, sont identiquement placés dans les deux volutes. — Quant à l'irrégularité de l'opération dans la volute antique, elle est produite par l'abaissement du quatrième centre , afin d'abaisser le point F pour donner plus d'espace aux

Fig. 5. — Coussinet (gulvinar) du chapiteau ionique.

nombreuses moulures qui compliquent cette volute exceptionnelle.

Sans rien changer aux proportions d'ensemble, on peut, ainsi que nous l'indiquons dans notre figure 2, supprimer le tore orné d'entrelacs, afin de

Fig. 6.

l'ini 'lu chapiteau ionique ligure 4.

donner ù Pove et au collier de perles l'ampleur qu'ils ont dans les autres chapiteaux de la même école. Mais, en simplifiant le chapiteau du temple de Pandrose, dont les proportions d'ensemble sont excellentes, il faut avoir grand soin de conserver le

listel flexible qui relie si gracieusement les deux volutes. Sa suppression, dans plusieurs productions de l'école ionienne , est un signe certain de décadence.

La volute du chapiteau du Mausolée (fig. 3) ,

Fis

— Volute du temple de la Victoire aptère.

qui se divise en huit parties , se trace par une méthode fort semblable à celle de Palladio, mais plus parfaite en ce qu'elle permet d'éviter les angles curvilignes que produit la méthode du collaborateur de Daniel Barbara. — Cette méthode a pour résultat de rapprocher les volutes l'une de l'autre plus que ne le fait la méthode athénienne.

Fig. S. — Volute du temple sur les bords de l'Ilissus.

C'est un inconvénient, quand les volutes sont grandes.

Dans le chapiteau ionique, on voit tantôt quatre et tantôt fruit volutes. L'œil des vo-

70M 1 1:. 70QUBR.

latee esl toujours circulaire; cependant, an temple de Minerve Poliade (voy. notre fig. 1 1, l'une des volutes parait avoir un œil elliptique, parce qu'au-dessus de la colonne d'angle la pointe se répète en retour sur la face latérale suivant la diagonale, de sorte que de ce côté, au lieu de voir un coussinet (fig. ■>), on aperçoit une nouvelle face de deux volutes, et l'une d'elles, celle de droite, paraît elliptique.

Fig. 9. — Volute de l'intérieur des Propylées.

Notre figure 6 montre le plan de ce chapiteau; nos figures 7, 8 et 9 , le tracé de trois autres volutes dont les légendes indiquent la provenance. Les chapiteaux corinthiens ont jusqu'à seize volutes, huit aux angles au-dessous du tailloir et huit plus petites au centre du sommet de la corbeille : celles-ci se nomment plutôt Hélices (voy. ce mot). Vitruve (IV, 1, 12) les nomme hélices minores. — Le chapiteau composite ne comporte que huit volutes. (Voy. Ordres d'architecture.)

VOMIE, v. a. — Dans les fontaines, les chéneaux, quand une figure, un masque, jettent de l'eau avec force par la bouche, on dit que cette figure, ce masque, vomissent de l'eau.

VOMITOIRE, VOMITORIUM. — Dans les théâtres, les amphithéâtres et les cirques de l'antiquité, on désignait sous ce terme des portes basses qui donnaient accès des couloirs aux gradins de la cavea. Les vomitoria Be

trouvaient au pourtour de celle-ci, en fao esoalii ilce) qui conduisaient d'une pré-

cinction à one autre. (Macrob., Sot., VI. t.)

romitoires correspondaient a

ouloirs intérieurs de l'édifice, soit, dam escaliers d — rvant le monument et communiquant à l'extérieur de celui-ci. Cette disposition permettait à la foule de s'écouler sur tous les points à la fois, ce qui empêchait

Fig. 1. — Vomitoire du Colisée.

combrement. Le Colisée, qui pouvait contenir

90,000 spectateurs, possédait assez de vomitoires et d'escaliers pour permettre à la foule de s'écouler sans embarras en moins de dix ou quinze minutes. — Xotre figure 1 montre un vomitoire de cet amphithéâtre : on voit que' les accoudoirs des gradins sont décorés de chiens ; notre figure 2 montre un autre genre

Fig. 2. — Détail d'un vomitoiri ' avec son ajustement avec des cwieriW.

d'accoudoir d'un vomitoire de ce même monument : le devant des gradins est pourvu de canceïïi ou garde-corps. (Voy. AJtPBŒTHÉAtre, Théâtre et Romaixe, Archikc!

VOQUER, v. a. — Terme de potier. I malaxer la terre entre ses mains pour la pré-

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