VOTIF. — VOUTE
parer et l'apprêter avant de la mettre en œuvre sur la roue du potier. On dit aussi, dans le même sens, voguer.
VOTIF, IVE, ad/'. — Ce terme s'applique surtout aux édicules et aux monuments élevés en l'honneur d'une divinité qui, invoquée dans un moment difficile, est censée avoir écouté votre prière et vous avoir accordé votre demande. Il nous reste des monuments votifs de l'antiquité qui attestent cet ancien usage : ce sont des colonnes, des édicules, et surtout des autels. Ces derniers sont souvent des œuvres d'art remarquables.
VOUSSOIR, s. m. — Pierre taillée en forme de trapèze, qui est employée comme pierre d'appareil dans un" arc, une voûte ou une arcade. Dans un voussoir, on nomme douelle extérieure le côté convexe formant l'extrados de la voûte ; douelle intérieure, le côté opposé, c'est-à-dire le côté concave. Les faces latérales, cachées dans la maçonnerie, se nomment lits, tandis que les deux autres faces se nomment têtes ; l'une d'elles est souvent engagée dans la construction. Dans un arc ou dans une voûte, les voussoirs sont tantôt égaux entre eux, tantôt inégaux sur la hauteur de leur tête; dans ce dernier cas, c'est pour faciliter la liaison de l'arcade avec les autres maçonneries. Quand les voussoirs sont tous égaux en hauteur, la voûte est dite extradossèe.
Voussoir a branche. — C'est un voussoir fourchu qui fait liaison avec le pendentif d'une voûte d'arête.
Voussoir a crossette. — Voussoir qui, à son sommet, se retourne sur l'un de ses côtés pour faire liaison avec une assise de niveau.
VOUSSURE, s. f. — Surface courbe servant à raccorder deux ou plusieurs autres surfaces droites qui ne sont pas dans le même plan : portion de voûte qui raccorde un plafond avec la corniche de la pièce, ou bien encore qui raccorde des surfaces courbes réglées. — On nomme également voussure une ] ion ion de voûte comprise entre la naissance de la courbe et un point quelconque de celleci, pourvu toutefois que ce point soit situé en
DICT. D'ARCHITECTURE. — T. IV
deçà du point summum de l'arc. Du reste, on désigne aussi sous ce terme toute portion de voûte qui est moindre qu'une demi-circonférence ; l'intrados biais décoré de figures ou de dais des grands arcs qui couronnent les portes d'église , enfin chacun des compartiments longitudinaux de cet intrados.
Voussure (Arrière-). — Voussure qui est située au haut d'une baie de porte ou de croisée et dont le cintre de face est différent de celui du fond; du reste, la baie elle-même peut être rectangulaire, dans certains genres d' Arrière-voussures (voy. ce mot).
VOUTE, s. f. — Construction formée à l'aide de Voussoirs (voy. ce mot), et qui est destinée à couvrir un espace vide compris entre deux ou plusieurs murs perpendiculaires qui servent de pieds-droits à la voûte. Ces piedsdroits doivent présenter une grande solidité, parce qu'ils ont à résister à la fois à un effort horizontal, nommé poussée, et à un effort vertical. Dans une voûte ordinaire, chaque voussoir a son semblable, sauf celui du centre, placé au sommet de la voûte, qui sert à la fermer et qui pour cela se nomme clef; les deux voussoirs adjacents, c'est-à-dire ceux qui sont situés à droite ou à gauche de la clef se nomment contre-clefs, tandis que ceux qui portent directement sur les pieds-droits, c'est-àdire à la naissance de la voûte, se nomment sommiers. Dans une voûte, les voussoirs sont toujours en nombre impair, 3, 4, 5, 6, de chaque côté de la clef, ce qui fait qu'elle est composée de 7, de 11 ou de 13 voussoirs. On nomme extrados de la voûte la partie extérieure, qui est convexe, et intrados la partie intérieure, qui est concave. C'est l'intrados qui se raccorde avec les pieds-droits suivant une ligne droite, dite ligne des naissances , qui passe par le plan horizontal du mur et qu'à cause de cela on nomme plan des naissances. Dans une voûte, on nomme reins de la voûte l'espace compris entre un plan horizontal tangent au sommet de l'extrados de cette voûte et un plan vertical qui s'élèverait de la naissance de l'extrados.
Historique. — Bien (pic beaucoup d'auteurs aient écrit le contraire, l'usage de la
VTOUTB.
voûte remonte s une hante antiquité. Lee Égyptiens l'ont connue trëa certainement, bien qu'ils ne l'aient pas employée autant que le plafond plat pour couvrir de vastes salles; ils eu construisaient même de divers genres : la plus élémentaire se composait de deux dalles inclinées ei qui se touchaient par leur extrémité supérieure. Il en existe une de cette espèce dans le souterrain de la grande pyramide de Chéops. Nous possédons de même des voûtes cintrées : l'une à Abydos, dans le palais d'Osymandias ; une autre à Thèbes, dans le temple d'Ammon-Ra , qui était le dieu national reconnu dans cette ville depuis la onzième dynastie. Cette voûte repose sur deux pieds-droits, et les pierres qui la forment sont posées par assises horizontales et par encorbellement. Dans d'autres ruines, on retrouve non seulement la voûte , mais encore les clefs parfaitement caractérisées. Champollion et Hoskins (Travels in Etltiopia, p. 357) ont même décrit une voûte surbaissée, construite en briques crues , qui forme le plafond du tombeau d'Aménophis Ier dans la- vallée de Biban-el-Malouek, à Thèbes. Du reste, dans les monuments funéraires, l'emploi de la voûte paraît avoir eu un but religieux, car la courbe rappelle la position de la déesse du ciel, Nout, qui est censée s'étendre au-dessus du défunt. — Les Égyptiens connaissaient même l'arc en décharge, puisqu'il Deir - el - Bahari on A^oit un arc de cette nature au-dessus d'une ouverture cintrée pratiquée dans des assises horizontales. On a également trouvé à Babylone des traces incontestables de voûtes. Eich , dans son Voyage aux raines de Babylone (traduction de Raymond) , affirme avoir reconnu les vestiges d'une porte cintrée et confirme ainsi les nombreux passages de Strabon , qui parle des voûtes qu'il a observées dans des monuments babyloniens.
Les Grecs, bien que n'ayant pas fait un large emploi de la voûte, la connaissaient parfaitement; nous en avons un très bel exemple au Trésor d'Atrée. Les Grecs avaient même deux termes particuliers pour désigner les ouvrages voûtés : «J/aXlç était employé pour les voûtes ordinaires, tandis que eôÀoç
désignait les voûtes en forme de rotonde;
on nommait \ii{li^ [et voûtées,
terme que Suidas dit être le même que tyifoç. Les Romains sont , sans conteste, ceux de tous les constructeurs de l'antiquité qui ont fait le plus large emploi de la voûte, dans les théâtres, les amphithéâtres et surtout dans les thermes. Aussi bien des auteurs ont considéré les Romains comme les propagateurs, sinon comme les inventeurs de la voûte, qu'ils auraient tenue des Étrusques. Rien ne prouve que ces derniers l'aient inventée; nous savons tout juste le contraire, et cette version doit être mise di abso-
lument comme celle des auteurs de l'antiquité qui attribuaient cette invention a un certain Démocrite, qui n'était autre que le philosophe d'Abdère et qui "ne vivait que cinq siècles avant l'ère vulgaire, tandis que la voûte, nous l'avons vu précédemment, était connue, cinq ou six mille ans avant cette époque, en Babylonie et en Egypte. Du reste, Sénèque (Epist., 80), reconnaît l'erreur des écrivains de son temps qui avaient avancé que Démocrite était l'inventeur de la voûte. (Voy. Ogivale, Architecture, § III, de l'Ogive et de ses diverses formes.)
Pratique. — Les deux systèmes de voûteles plus usuellement employés sont la voûte plein cintre et la voûte surbaissée. La pierre de taille et la brique sont les meilleurs matériaux pour ce genre de construction. — Les voûtes en pierre peuvent être considérées comme formées par une série de polygones taillées en coin (voussoirs) se soutenant mutuellement les uns les autres par leur simple pression. Dans les voûtes en blocs appareillés, il faut éviter d'avoir des pierres présentant des angles aigus sujets à se rompre ; on doit aussi étudier leur construction de manière à ce que les joints montants soient perpendiculaires aux joints de lit et que tous ces divers joints soient normaux à l'intrados. Il faut encore observer dans cette construction divers principes admis par la théorie et justifiés par la pratique, et (pie nous formulerons de la manière suivante :
1° La poussée d'une voûte est d'autant moins forte que cette voûte est divisée en
VOUTE
un plus grand nombre de voussoirs, et réciproquement.
2° La poussée est d'autant plus forte que la voûte est moins élevée, de sorte que la voûte plein cintre et la voûte surbaissée exercent des poussées beaucoup plus considérables que les. voûtes en ogive ou en tierspoint ; aussi ces dernières peuvent être supportées par des pieds-droits d'une moindre épaisseur que ceux à donner aux premières.
3° Les voûtes dont l'épaisseur va en diminuant de la naissance à la clef offrent moins de poussée que celles dont l'épaisseur est uniforme.
4° Les voûtes extradossées en ligne droite, c'est-à-dire celles dont les reins sont entièrement remplis, ont, à courbure égale, moins de poussée que les voûtes faites de toute autre manière.
5° Toute voûte plein cintre, pour se soutenir, doit avoir une épaisseur minima et uniforme d'un dix-huitième de son diamètre.
Ces principes fondamentaux posés, nous déterminerons quelle est l'épaisseur qu'il convient de donner aux voûtes à leur naissance, ainsi que la forme de leur extrados.
Épaisseur des voûtes. — L'expérience permet de déterminer assez facilement l'épaisseur à
i -eur des voûtes (1er trace I.
donner à une voûte à son sommet. Il y a diverses méthodes ; nous en donnerons les trois principales.
La première consiste à mener une droite horizontale AB et à la couper par la perpendiculaire CD. Du point 0, comme centre, avec le rayon OH, on décrit l'arc HEK. Sur le sommet de cet arc on porte une hauteur III). qui est l'épaisseur de la voûte (épais-
seur variable déterminée par le tableau que nous donnons un peu plus .bas). On porte ensuite le quart du rayon de 0 en 0, et du point C, comme centre, avec le rayon CD, on décrit l'arc ADB, qui est la courbe demandée. La deuxième méthode consiste à tracer la
Kg. 2.
■ Épaisseur îles voûtes (2e tracé).
courbe BAC, ou l'intrados de la voûte. On détermine l'épaisseur à donner à la clef. Soit A cette épaisseur. On divise ensuite le rayon AO en six parties égales et l'on porte une de ces parties au-dessous du point 0, et avec ED, comme rayon, on décrit le demicercle HDK, qui est la courbe demandée.
Dans la troisième méthode, après avoir tracé les deux droites AB, CO, on porte sur
Fig. 3. — Epaisseur des voûtes (3e tracé).
cette dernière un certain nombre de divisions E, E, E, égales entre elles et à l'épaisseur de la clef. Par ces points E on fait passer des horizontales indéfinies; puis, au point de leur intersection avec la courbe de l'intrados, on mène des lignes indéfinies H, H, II, H, et aux points d'intersection de celles-ci et des horizontales E on fait passer une courbe, qui fournit l'extrados demandé.
VOUTE
Noos allons établir ici ixn tableau des épaisseurs qu'il convient de donner aux reins et au pieds-droite des voûtes plein cintre el des routes surbaissées au tiei I es chiffres, établis d'après les indications de l'ingénieur Perronet, correspondent aux proportions qui existent dans la plupart des voûtes construi- □ matériaux d'une dureté moyenne.
TABLEAU DBS ÉPAISSEURS A DOKKEIl AIX TOUTES PLEIN CINTIIE ET BUBBAISStBS KT A LBUB8 PIEDB- DBOITS.
Épaisseur
■ ar «les pieds-droite,
.le voûte.
de la Toute
leur hauteur étant :
In
aux
a lu
ni.
naissances.
clef.
h.nu
Quels que soient les matériaux employés pour la construction des voûtes, on commence par poser les cintres représentant exactement la courbe de la voûte (voy. Cintre), à moins que celle-ci ne soit construite sur pâté ou forme. (Voy. Pâté et Viaduc.)
De la construction des voûtes. — La construction des voûtes comprend quatre opérations distinctes : 1° l'établissement des cintres ou des pâtés ; 2° l'exécution de la maçonnerie sur les cintres ; 3° le décintrement ; 4° les travaux complémentaires qui ne sont exécutés qu'après le Décintrement (voy. ce mot). — Les voûtes de maçonnerie sont de trois sortes : 1° les voûtes en pierre de taille; 2° les voûtes en petits matériaux ; 3° les voûtes légères en briques, poteries creuses, etc. Pour tout ce qui se rattache à ces trois genres de voûtes,
suivrons en partie, mais en les analysant pour |i-- abréger, les travaux de Ifonge
eux de Dejardins (Routine de Vitab ment de» voûtes), donnes dans Claudel et Laroque ( Pratique <t< /'"il de bâtir).
Voûtes en jinrii île taille. — Quand les vous- Boirs -ont taillés d'après les calibres, on procède à leur pose. On commence par établir la division des voussoirs, conformément à l'épure, à chacune des extrémités du cintre, en marquant les points de division sur les couchis, soit par de petites encoches, soit en implantant des pointes ; puis, lors de la pose de chaque rang de voussoirs, on trace sur le couchis, au moyen de règles, la ligne d'arasé supérieure, en donnant des points intermédiaires avec des nivelettes, ou en tendant une ligne aux points marqués aux extrémités du cintre. On doit rigoureusement appliquer le principe de la non-continuité des joints, ainsi que les autres principes que nous avons énoncés précédemment. — Afin de diriger tous les plans des joints normalement à l'intrados, on se sert d'une ou de plusieurs fausses équerres levées sur l'épure de la voûte, et dont l'un des i fait une partie de la longueur de l'arc de l'intrados, et l'autre une normale à cet arc. — Si l'intrados est tracé à plusieurs centres, il faut changer ces fausses équerres chaque fois qu'on passe d'un arc à l'autre. — Pour la pose des voussoirs, on doit interposer dans chacun des joints un lit de mortier d'une épaisseur uniforme d'un centimètre et demi pour les voûtes de grande dimension, et d'au moins huit millimètres pour les petites voûtes. Du reste, cette épaisseur des joints varie avec la nature des matériaux, et nous ne parlons ici que des pierres de taille. Cette même épaisseur varie aussi en raison de la forme des voûtes. On comprend, en effet, que, pour éviter autant que possible le tassement au décintrement, les voûtes en arc de cercle doivent avoir des joints d'autant plus fins que leur flèche est moindre. Bien des praticiens conseillent avec raison de ne point employer de mortier p fur liaisonner les voussoirs des voûtes : mais dans ce cas il faut que les voûtes soient très bien appareillées. Quant aux coulis de plâtre, on ne peut les admettre que pour les voûtes
VOUTE
de peu d'ouverture et dont les pierres sont taillées avec beaucoup de précision. — Ou peut aussi, sans trop d'inconvénients , mettre des cales dans les joints des voûtes dont le lit de pierre est de niveau , cela facilite leur remplissage de mortier. Dans ce cas, voici comment on procède : une fois les cales en place, on abreuve les. joints, on les garnit en dessous d'étoupe, de filasse, ce qu'on nomme filasser le joint; puis on remplit ce joint avec un coulis de mortier fin, d'abord très clair, auquel on en ajoute de plus épais au fur et à mesure que s'élève le remplissage du joint ; la partie supérieure de celui-ci est même garnie avec du mortier assez ferme pour lui permettre d'absorber une partie de l'excédent d'eau du coulis inférieur, qu'on peut encore dessécher, du reste, en pratiquant quelques saignées dans les joints garnis de niasse. On doit éviter d'employer des coulis de plâtre. En coulant ou en posant le mortier des joints, il faut avoir soin de n'en pas laisser sous les douelles des voussoirs, quand on les pose sur les cintres, car l'arête de tête de ces voussoirs, ou arête supérieure, s'appliquerait sur le cintre, tandis que l'arête inférieure en serait séparée par l'interposition de ce mortier ; d'où il pourrait résulter un déversement qui pourrait nuire à la solidité de l'ouvrage. En outre, ce déversement, quelque léger qu'il fût, produirait à l'intrados de la voûte des balèvres d'un fâcheux effet et qu'il faudrait retailler après le décintrement. — Le poseur doit affermir chaque voussoir, au fur et à mesure de leur pose, au moyen d'une dame en bois en fonnc de maillet , afin de ne pas faire d'écornures aux voussoirs; il doit également a] i] iorter tous ses soins à remplir, au moyen d'éclats de pierre dure enfoncés à bain de mortier, les vides qui pourraient exister entrer les lits et les joints par suite de défauts dans les voussoirs; il doit s'assurer, en un mot, que tous les joints sont parfaitement coulés ou fichés. — Les deux côtés ou reins de la voûte doivent être montés en même temps, afin que leur poussée se fasse équilibre sur le cintre et ne le détruise pas; ensuite cela permet au mortier de prendre une consistance égale et en même temps il-- deux côtés, de sorte que si
au décintrement il se produit un tassement, il s'effectue d'une manière uniforme. C'est pour le même motif qu'il convient de ne poser un cours de voussoirs que quand le précédent ou l'inférieur est entièrement posé.
La partie la plus délicate de l'exécution d'une voûte est sa fermeture ; elle doit être faite de manière à limiter autant que possible le tassement lors du décintrement. Cette opération se pratique de plusieurs manières, qui reposent toutes sur le même principe.
Voici le procédé généralement suivi. Quand il ne reste plus à poser que les clefs et les contreclefs, on commence par fermer la voûte à ses extrémités et dans l'intervalle, si la longueur de la voûte l'exige ; on pose d'abord les contre - clefs , puis on relève le vide qu'elles laissent entre elles , et on taille la clef à la demande de ce vide ; on enduit les faces des contre-clefs d'une couche de mortier épais, mais gras et onctueux ; enfin on pose la clef, qu'on enfonce à coups de maillet jusqu'à ce que le mortier souffle de toutes parts et que la pierre porte sur le cintre. — Il existe encore deux autres modes de fermer une voûte en pierre de taille qui méritent d'être rapportés ; les voici : le premier consiste, après avoir recouvert les contre-clefs d'un conclus de mortier, à suspendre la clef taillée à la demande du vide et à la laisser tomber à sa place eu la dirigeant convenablement. La suspension de la pierre s'obtient au moyen de la Louve (voy. ce mot) et de la chevrette. Avant d'entamer cette opération, on a soin d'enlever auparavant le couchis, au-dessous du rang que doit occuper la clef. Chacune des pièces qui composent ce rang peut descendre un peu au-dessous de l'intrados, et l'on doit même opérer de manière à obtenir ce résultat, afin qu'une petite retaille faite à la clef seule puisse rendre unie toute la surface de l'intrados. En employant ce dernier système de fermeture, les voûtes sont mieux bandées, et même il en résulte aussitôt un commencement de décintrement, c'est-àdire que l'on reconnaît, à n'en pas douter, que la pression sur le cintre a sensiblement diminué. Cette manière d'opérer est sans contredit la meilleure, mais elle exige beau-
VOUTK.
ooup de précision pour Bon exécution, 1 1 application n'est paa toujours possible. — La seconde méthode, dont il nous reste à parler, consiste a poser à sec Les conta ei la clef, en les espaçant de manière à i ver l'épaissear des joints; puis dans ces in-
iH
Kg, 4. — Garnissage des reins d'une voûte en briques] de champ.
terstices on fiche du mortier d'une consistance convenable. Quelquefois on chasse dans ces joints réservés des éclats de tuile bien droits et bien cuits. Ce procédé néanmoins ne vaut pas le précédent ; cependant , dans certains cas, il peut être employé à cause de sa simplicité.
Voûtes en petits matériaux. — Pour les voûtes en moellons soit de pierres calcaires, soit de meulières ou autres matériaux, le
Fig. 5. — Voûte en tuiles plates (plan).
mode d'exécution est à peu de chose près le même que pour celles en pierres de taille : on doit donc appliquer les mêmes principes. Quand la voûte est faite de petits matériaux régulièrement taillés, comme par exemple des moellons piqués, il faut également tracer
sur le cintre [es joints longitudinaux de chaque cours de poussoirs. — Avec de \ matériaux qui ne sont pas régulièrement taillés, il faut, autant que possible, placer
l'intrados leur épaisseur la plus faible, et, dans bons les cas, enfoncer, à grands c de hachette, à l'extrados et entre les queues
Fig. 6. — Voûte en tuiles platée à rebords (élévation).
de ces matériaux, des éclats de pierre dure en forme de coins. Ceux-ci sont destinés à serrer chaque moellon et à. bander la voûte comme si les pierres étaient régulièrement taillées. Du reste, il ne faut jamais perdre de vue que dans ces sortes de voûtes toute la solidité réside dans la cohésion de la maçonnerie. L'emploi du ciment dans la construction d en petits matériaux a généralisé celles-ci d'une manière considérable; le ciment leur a permis de rivaliser en quelque sorte avantageusement avec les grandes voûtes en pierre de taille. En effet, les constructions de voûtes en ciment et petits matériaux sont égales, sinon supérieures, au point de vue de la double économie du temps et de la dépense. Le constructeur a su apprécier ces avantages.
Fig. 7. — Brique à 3 canaux.
C'est ce qui fait que dans ces dernières années nous avons vu se généraliser d'une manière si prompte la construction des voûtes en ciment et en petits matériaux.
Voûtes légères en briques. — Le gonflement du plâtre, lors de sa prise, est dans certains
VOUTE
cas d'un grand secours pour la construction des voûtes, et permet, comme le ciment, d'employer, pour l'édification de ces sortes d'ouvrages, des matériaux dont la forme paraît peu propice ; d'ailleurs, la solidité des voûtes
Fig. 8
construites de cette manière réside plutôt dans la force expansive du plâtre que dans l'arrangement et la disposition des matériaux. Cpendant il faut tenir un certain compte
Tig. 9. — Brique à 8 cauaux sur 2 rangs.
de cette dernière considération ; car, avec des matériaux semblables, le plus ou moins de légèreté qu'à solidité égale on peut donner aux voûtes dépend d'un emploi judicieux
Fig. 10. — Brique à 9 canaux sur 3 rangs.
qu'on fait de ces mêmes matériaux. Ainsi on peut construire des voûtes très solides avec un seul rang de briques ordinaires poà plat ou en épi, ou avec deux rangs
Fig. 11. — Brique à croisillons.
de briques disposées de même et à joints croisés pour chaque rang. Une chape en plâtre et des dosserets en plâtras, établis sur les reins des voûtes en petits matériaux, leur assurent toute la résistance nécessaire dans les cas ordinaires. Notre figure 4 montre la coupe d'une voûte de ce dernier genre.
— Anciennement, pour la construction des voûtes légères, on employait des briques à rebords semblables aux tuiles antiques employées en couverture ; on obtenait avec ce genre de briques une résistance considéra-
- Voûte annulaire eu descente.
ble, qui permettait de donner très peu de flèche à la voûte, comme le montrent nos figures 5 et 6. On a renoncé avec raison, à ce mode compliqué de construction ; car, dans les pays où le plâtre est bon, les simples briques ordinaires sont suffisantes pour faire d'excellentes voûtes ; dans les pays , au contraire , où le plâtre est mauvais, on emploie le ciment ou le mortier de chaux. — On construit également des voûtes légères en poteries ; mais
Fig. 13. — Voûte en eul-ile-four (vousaolra horizontaux).
ce dernier genre de construction, qui très anciennement a été fort employé, est aujourd'hui presque délaissé, car aux anciennes poteries on a substitué de nos jours des briques creuses à 8, 4 , 6 , 8 et 9 trous ou canaux ; on a même fabriqué des briques à croisillons. (Voy. nos figures de 7 à 11.) Nous terminerons ce que
IKK
vnrri:.
nous avons à dire but les coûtée en briquée i n parlant d'un mode de construction assez curieux. Au moyeu de briques et de briquettes, et eu employant un liant à prise très prompte, comme le plâtre ou le ciment, on peut établir certaines routes sans faire usage de cintres. Pour cela, il suffit de construire les voûtes par zones obliques et se déchargeant
Fig. 14. — Voûte en cul-de-four (voussoirs parallèles).
vers le centre de la partie de voûte antérieurement construite. En disposant les briques en façon d'épi au lieu de les placer parallèlement, on peut non seulement construire des voûtes légères sans cintres, mais on a sur le procédé précédent l'avantage de faire avancer la voûte sur toute sa longueur à la fois. Ce dernier système permet aussi de conduire
Fig. 15. — Coupe d'une voûte d'arête.
la voûte suivant une section diagonale, d'un pied-droit à l'autre. Ajoutons cependant que cette manière de construire les voûtes sans cintres entraîne un surcroît de main-d'œuvre ; mais la suppression des cintres, surtout quand les maçons sont exercés à ce genre de travail, procure une économie notable ; c'est pourquoi on l'applique avec beaucoup d'avantage aux voûtes de cave construites en moellons.
On conçoit, d'ailleurs, que cette manière d'opérer, même en employant des mortiers et des matériaux ordinaires, permet d'aï considérablement les cintre-, puisqm
Fig. 1G. — Plan d'une yoûte d'arête.
zone oblique, aussitôt établie, est fermée par sa clef, et par cette fermeture immédiate la voûte s'équilibre successivement petit à p de sorte qu'on a peu à craindre les fissures qui se produisent assez communément par la compression des joints.
Des divers gexres de voûtes. — Oo divise ordinairement les voûtes en deux grandes classes : les voûtes simples et les voûtes composées. Appartiennent à la première
Fig. 17. — Voûte d'arête sur plan irrêguHer.
division, toutes les voûtes engendrées par la révolution d'un arc quelconque, soit celles qui sont engendrées par le mouvement de progression d'une ligne continue, constante ou variable, suivant une direction donnée. — Dans la deuxième division, on classe toutes les voûtes formées par la combinaison de deux ou plusieurs voûtes simples. Parmi celles-ci on range : la plate-bande
VOUTE
appareillée en coins, ou la voûte en plate-bande, dont la génératrice est une droite et dont la face d'intrados ou douelle est lisse; la voûte en plein cintre, dont la section normale à l'axe est un demi-cercle ; la voûte en arc de cercle, dont la section est un arc de cercle plus petit que la demi-circonférence ; la voûte en ellipse, en anse de panier, en parabole, à chaînette, dont la section normale est une des courbes mentionnées. — On nomme :
•^\ Voûte surhaussée ou surmontée, la voûte
Fig. 18. — Voûte d'arête sur plan irrègulier et rampante.
dont la génératrice est un arc de cercle plus grand que la demi-circonférence : un arc surhaussé ou surmonté d'une façon très sensible, c'est Y arc en fer à cheval, Y arc ogival en lancette, etc. ;
Voûte surbaissée, la voûte dont la génératrice est, au contraire, moindre que la demicirconférence ;
Voûte en ogive, celle dont la génératrice
Fig, 1!). — Voûte triangulaire.
est formée de deux arcs de cercle qui se coupent sous un angle plus ou moins aigu : il y a la voûte en ogive, en tiers-point, en lancette, etc. ;
Voûte rampante, la voûte dont la génératrice est une courbe ayant ses naissances
à des niveaux différents ; cette génératrice peut avoir plusieurs centres : dans les théâtres et dans les amphithéâtres de l'antiquité, beaucoup d'escaliers étaient supportés ou couverts par des voûtes rampantes.
Fig. 20. — Voûte d'arête pratiquée dans un mur.
Les diverses voûtes que nous venons de mentionner peuvent être : en berceau, quand leur directrice est une ligne droite ; annulaires, quand leur directrice est une courbe. Les voûtes en berceau et annulaires sont des
Fig. 21. — Voûte d'arête sur le noyau.
voûtes cylindriques établies suivant un plan curviligne. On les nomme descentes, quand la directrice est inclinée à l'horizon. Elles sont biaises, quand la trace horizontale des plans de tête coupe obliquement la, trace également horizontale d'un plan vertical
YO.l'Ti:.
anl par [a directrice. — La voûte annulaire proprement dite a won intrados formé par une demi-circonférence tournant autour
d'un axe \ tri ioal situé dans -mi plan ; on la
nomme aussi berceau tournant, ou voûte sur le noyau, parce qu'elle tourne autour d'un cylindre ou noyau. La vis de Saint-Gilles est
Fig. 22. — Coupe d'une voûte eu arc de cloître.
une voûte annulaire en descente. La génératrice de la voûte annulaire peut être aussi une demi-ellipse; dans ce cas, la voûte annulaire est elliptique. Dans les voûtes annulaires, si la génératrice n'est pas constante, mais qu'elle change proportionnellement au chemin parcouru, la voûte n'est plus annulaire, mais elle est dite voûte conoïde. La
Fig. 23. — Plan d'une voûte en arc de cloître.
voûte dont la surface intérieure imite oelle d'un tronc de cône est dite voûte conique; on la nomme également voûte en canonnière et trompe. — On nomme en général calottes, ou voûtes en cul-de-four, les voûtes de révolution , quand l'arc qui les engendre est circulaire; qu'il soit plus grand ou plus petit que le demi-cercle, on nomme ces voûtes calottes sphèriques, dômes, coupoles, ou voûtes
sphéricités. Ces routes peuvent être en culde-four et en pendentif par voussoin horizontaux ffijr. 18), ou bien en cul-de-four et en pendentif, mais par voussoirs parallèles (fig,
Enfin ou désigne bous le nom de voûtes elliptiques celles qui sont engendrées par une courbe elliptique. Ces voûtes ont la forme d'un demi -ellipsoïde.
Voûtes composées. — Parmi celles-ci. la plus
Kg. 24. — Voûte en arc de cloître but plan irrégulier.
simple est la voûte d'arête; elle est formée par l'intersection de deux ou plusieurs berceaux de même hauteur, mais dont les ai sont saillantes ; tandis que les voûtes en arc de cloître, qui sont également formées par l'intersection de deux ou plusieurs berceaux de même hauteur, ont, au contraire, leurs arêtes rentrantes. Les voûtes d'arête ou en arc de cloître peuvent être droites ou ram-
Fig. 25.
Voûte en arc de cloître sur plan irrégulier
et rampante.
pantes, sur plan régulier ou irrégulier, rectangulaire ou triangulaire, ou de diverses autres formes. Xos figures montrent de nombreux types. — Nos figures 15 et 16 font voir l'élévation et la coupe d'une voûte d'arête sur plan carré; nos figures 17, 18 et
19, le plan de voûtes d'arête sur plans irréguliers (trapézoïdal et triangulaire) ; notre figure
20, une voûte d'arête pratiquée dans uu
VOUTE
mur épais pour y donner un passage; notre figure 21, une voûte d'arête sur le noyau : c'est une succession de voûtes d'arête à plans trapézoïdaux séparés par des arcs-doubleaux.
Fig. 26. — Voûte eu arc de cloître (perspective).
Nos figures 22 et 23 montrent une coupe et un plan d'une voûte en arc de cloître ; nos figures 2-1 et 25, deux plans à base trapézoïdale de voûtes en arc de cloître ; notre figure 26, la perspective d'une voûte en arc de cloître; notre figure 27, une voûte octogonale à nervures. Cette forme était souvent appliquée au moyen âge pour couvrir les trésors
17, \ oûte octogonale à nervures.
dos c-Iiscs. ainsi que les vastes cuisines; un tuyau de cheminée placé dans l'œil de la voûte servait pour la ventilation et pour donner une issue aux fumées qui se dégageaient des fourneaux de cuisine.
Notre figure 28 fait voir le plan d'une
voûte à nervures avec quatre clefs pendantes ; notre figure 29, une autre voûte, également à nervures, qui comporte tous les divers organes de la voûte ogivale , c'est-à-dire qu'elle possède cinq clefs, des arcs-doubleaux, des formerets, des liernes, des tiercerons et des croisées d'ogives. Enfin notre figure 30 est la perspective d'une voûte à nervures comprise entre deux murs et un arc formeret ; on y retrouve en élévation, sauf les clefs, les
Fig. 28. — Voûte à nervures avec 4 clefs pendantes.
mêmes éléments que nous avons vus en plan dans la précédente figure.
On nomme lunette, ou voûte à lunette, une ouverture pratiquée dans une voûte pour le passage d'une autre de hauteur moindre (voy. Lu
Fig. 29.
nette) ; pendentifs, ou voûtes en pendentifs, les voûtes en dôme, supportées par des sortes de niches en cul-de-four (voy. Pendentif) ; enfin on nomme voûte en limaçon une voûte sphérique, ronde ou ovale, surmontée ou surbaissée, dont les assises sont conduites en spirale, en
VOUTE
hélice, depuis 1rs coussinets jusqu'à sa fermeture; voûtes en niche, des demi-voûtes Bphériques on ellipsoïdales construites dans l'épaisseur d'un unir, ou à l'extrémité de deux
Fig. 3U. — Structure de la voûte ogivale, ou à nervures.
murs parallèles et recouverte d'une voûte de même forme que la niche : dans ce cas, on la nomme aussi voûte en cul-de-four ; voûte en tas-de-charge , une voûte sphérique dont les joints de lits sont partie en coupe du côté de
Fig. 31. — Voûte décorée de compartiments.
la douelle et partie de niveau du côté de l'extrados. (Voy. Tas-de-charge , Dôme, Coupole, etc.)
Ornementation des voûtes. — Quelle que soit la forme des voûtes, elles sont susceptibles de recevoir une ornementation plus ou
moins riche, suivanl le milieu qu'elles appelées à décorer. En effet, h oôté des décorasimples, telles que moulures formant des panneaux et des caissons (fi»-. 31 et 82), nous trouvons des décorations les plus brillantes, surtout si nous étudions l< mente des voûtes des architectures arabe, mauresque et persan . I sont partout de
Fig. 32. — Voûte revêtue en bois.
petites coupoles décorées de sortes de stalactites, de verres, de cristaux, de petites coupoles très accidentées nommées médias
Fig. 33. — Plafond dune voûte.
naranjas; ou bien encore des compartiments formés avec le secours de faïences aux brillantes colorations, car nous devons bien reconnaître que l'art oriental possède une puissance décorative supérieure à celle de l'art occidental, Rien ne peut égaler en richesse l'intérieur de
VOUTER.