‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 27 sur 238 · PRESENTEE. PRESSE · texte numérisé non relu

PRESENTEE. PRESSE

grossiers, maçons, charpentiers, couvrenx, barbiers, serviteurs, laboureurs et Autres mercenaires; ne peuvent faire action ne dema sallaircs et service après un an passé à compta r du }our de la Livrance de leur marchandise on vacation, o Aujourd'hui, pour tous les corps d'états en général, L'usage et la coutume admettent un an et un jour avant qu'on puisse invoquer la prescription. Cependant l'action des avoués pour le paiement de leurs frais et salaires se prescrit par deux ans seulement à compter du jour du jugement du procès ou de la conciliation des parties, ou depuis la révocation desdits avoués. (Art. 2273 du Code civ.)

— Les architectes, les entrepreneurs, ne sont déchargés de la garantie des gros ouvrages qu'ils ont dirigés ou exécutés qu'au bout de dix ans. (Voy. Architecte.)

Celui qui invoque la prescription est tenu de justifier que la possession a été de nature à pouvoir faire acquérir la prescription ; les actes de pure faculté et de simple tolérance ne sauraient servir de base à la presscription. (Art. 2232, Code civil.) — Les servitudes continues et apparentes s'acquièrent ou par titre ou par la possession trentenaire. (Voy. Servitude.)

— Pour d'autres renseignements sur la prescription, voyez Possession, et Possessoire, Action.

PRÉSENTER, v. a. — C'est vérifier, avant la pose définitive , si deux pièces ou deux objets faits pour se réunir, pour s'emboîter, etc., s'assemblent bien l'un sur l'autre, ou l'un avec l'autre, ou l'un dans l'autre. On présente, avant leur pose définitive , une porte ou une fenêtre sur l'ouverture qui doit les recevoir : une pierre , une serrure , une gâche , une charnière, etc., aux lieux et places qu'elles doivent occuper. On présente les pièces, afin de les ajuster parfaitement et de les réformer, s'il y a lieu, avant de les fixer définitivement à demeure.

PRESSE, s.f. — Machine qui sert à serrer, à presser. On nomme presse d'établi une sorte d'étau composé d'une vis en bois et d'une jumelle, ou d'un mors ou mâchoire, qui sert à saisir, à presser l'objet qu'il s'agit de tra-

vailler. Les | ut fixées au pied de

devant d'un établi ; la tête de la vi- est tra-

Fig. 1. — Presse ordinaire.

versée d'une barre de fer ronde au moyen de laquelle on serre et on desserre cette suivant le besoin. — On nomme 'presse à coller

Fig. 2. — Presse renforcée.

un outil que les menuisiers et les ébénistes utilisent pour serrer des assemblages réunis à l'aide de la colle forte. Xos figures 1 et 2

Fig. 3. — Châssis à presser, on presse longue.

montrent deux presses : l'une dite presse ordinaire, et l'autre presse renforcée; notre figure 3, un châssis à])resser, on presse longue.

PRETOIRE. — PRISOX.

PRÉTOIRE, s. m. — Ce terme, dérivé du latin prœtorium, servait à désigner chez les Romains des bâtiments divers ; on donnait ce

nom

1° A la tente du général en chef d'une armée (<TTpatY|Y£ïov), parce que dans les premiers temps de Rome le consul qui commandait en chef Tannée portait le titre de prœtor (Tite-Live, X, 33; VII, 12);

2° A l'habitation ou résidence du préteur ou gouverneur d'une province, et dans laquelle il rendait la justice (Cic, Verr., II, 4, 28; II, 3, 25) ; plus tard on étendit cette expression à tout palais de roi ou de prince , parce qu'il y rendait aussi la justice (Juv., X, 1G1) ;

3° A l'emplacement sur lequel logeaient les gardes prétoriennes ;

4° A la maison ou habitation du maître dans les splendides villas où logeaient les seigneurs romains, les nobles et les patriciens, et dans lesquelles on déployait un luxe inouï (Suét., Aug., 71; Tib., 39);

5° Enfin, au local où les magistrats rendaient la justice, et aujourd'hui à l'emplacement occupé par les juges dans nos tribunaux modernes. (Voy. Palais d*e justice.)

PRIEURÉ, s. m. — Monastère gouverné par un prieur, et qui relevait- souvent d'une abbaye administrée par un abbé. Ensemble des bâtiments composant cette communauté. — Il existait au moyen âge deux sortes de prieurés : dans l'un, le chef était élu par le suffrage universel des moines ; aussi ce chef jouissait d'une autorité égale à celle d'un abbé ; dans l'autre , le prieur était sous les ordres d'un abbé qui pouvait à son gré le changer ou même le supprimer. Beaucoup de prieurés égalèrent et quelquefois surpassèrent pour leur architecture et leurs richesses bien des Abbayes (voy. ce mot, Moxastère, et Mi i.\ \ BTIQUB, Architecture).

PRIMAIRE (École). — Voy. École.

PRIMITIFS (Monuments). — Voy. Celtiques, Monuments.

PRISMATIQUES (Moulures). — Mou-

lures qui affectent la forme prismatique et qu'on voit fréquemment dans les archivoltes de l'époque romane. — Ou désigne également sous ce terme les moulures qui caractérisent le style ogival tertiaire, bien que les formes de ces moulures ne soient nullement prismatiques. — Les Anglais donnent à ces mêmes moulures une dénomination qui n'est guère plus juste, mais qui cependant paraît plus justifiée par la sveltesse de forme de ces moulures : ils les nomment reed-like mouldings (moulures semblables à des roseaux ).

PRISME, s. m. — Solide formé par plusieurs plans parallèles et terminés de tous côtés par des plans polygonaux égaux et parallèles. Les prismes affectent de nombreuses formes : ils sont triangulaires, quadrangulaires, à base pentagonale, hexagonale, octogonale, etc. Us sont droits, si leurs arêtes sont perpendiculaires au plan de la base ; ils sont obliques dans le cas contraire. Nous n'entrerons pas dans l'examen des propriétés géométriques des prismes, nous dirons seulement que leur volume s'obtient par la multiplication du plan de base par la ligne de hauteur moyenne, et nous observerons aussi que le prisme nommé Parallélépipède (voy. cemot) est d'un emploi constant dans les constructions, puisque c'est cette forme que revêtent le plus fréquemment les pierres, les briques et les autres matériaux destinés à être juxtaposés.

PRISON, s./. — Établissement dans lequel on renferme les accusés (inculpés et prévenus) et les détenus ou condamnés. Les prisons sont, en général, des édifices entourés de murs et renfermant des cours et un grand nombre de constructions affectées à divers services, comme nous allons le voir dans le cours de cet article.

Historique. — Dès l'origine des sociétés, il devint nécessaire de créer des lois, et par suite des prisons, pour soustraire les honnêtes gens aux méfaits des malfaiteurs. Dans l'antiquité, il y avait les prisons publiques (8e<7- (iwir,pi'ov, oïxr)ixa, xapxotpov, carcer), et les prisons privées (crgatstula) , destinées à punir

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les esclaves on k détenir les hommes libres ;i raison de leurs dettes (nexi additi, adjudicali). Le carcer était divisé en trois él Celui du bas (carcer inferior, Yopyupa), était un cachot Bombre et voûté dans lequel on ne pénétrait que par une ouverture, une sorte d'œil, oTrai'ov, pratiquée an eentre de la voûte ; ce cachot ne servait pas de prison, mais de lieu d'exécution : on y jetait le condamné à mort pour y subir sa sentence. On nommait également cet étage tullianum, lautumiœ, robitr ou robus. (Varron, Lin g. /al., V, 32; V, 151; Sallust., Cal, 55; Festus, s.v. Tullianum, Laulumias et Robur; Tite-Live, XXXVIII, 59; Tac. Annal, IV, 29.)

L'étage du milieu (carcer inferior) se trouvait immédiatement au-dessus du carcer inferior ou cachot, que les Romains nommaient robur; il ne possédait aussi qu'une seule ouverture dans son plafond. Il ne servait que de lieu de détention ; on y enfermait ceux qui étaient condamnés aux fers (custodia arda, vincula). Suivant le rang ou le genre de condamnation encourue par le malfaiteur, il portait des chaînes (catenœ) (Val. Max., VI, 3, 5) ou des entraves (pedicœ, compedes) (Tite-Live,

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Fig. 1. — Prison d'Ancus Martius, à Rome.

XXXII, 2G) ; enfin certains prisonniers portaient au cou et aux pieds des chaînes en fer (nerva) (Festus, s. v. Kervum), ou des lanières ou courroies de cuir (boue) (Tite-Live, VIII, 28) ; on leur mettait aussi des menottes {manicce) (Cod. Theod, de Cust., IX, 2).

Enfin l'étage supérieur, situé au-dessus du rez-de-chaussée, Fait qu'à l'emprisonne-

ment des coupables qui n'avaient commis que di • délits peu graves n'entraînant que l'eraprisonnement ordinaire (custodia communis), ■à-dire que le prisonnier n'était ni aux

Fig. 2. — Ancien type «le prison (», », préaux; h, b, courettes).

fers, ni dans un cachot noir (neque arcta, neaue obscurci custodia). (Tacite, Hisl, I, 88.) On voyait parfaitement ces trois divisions dans la prison d'Herculanum au moment des fouilles. Xotre figure 1 montre les deux et inférieurs d'une prison construite à Rome par Ancus et Servais au pied du Capitole, près du forum romain. Les triumviri capitales étaient chargés de la surveillance des prisons de Rome ; ils avaient sous leurs ordres les commentarienses et un grand nombre de st i ci publici. (Tite-Live, XXXII, 20; Val. Max., V, 4, 7, et VI, 1, 10.)

Fig. 3. — Prison (type de Haï

Pendant le moyen âge, les châteaux forts, les forteresses, les abbayes et les beffrois possédaient des prisons ; on en retrouvait aussi dans certaine? tours et donjons. Il y en avait de plusieurs sortes : c'étaient tantôt des cellules et des cachots, tantôt des culs

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de basse-fosse : on nommait ces derniers oubliettes, mais nous devons dire que celles-ci étaient extrêmement rares, ou du moins on en connaît aujourd'hui fort peu. Dans tous les genres de prison qui précèdent, on s'occupait fort peu du bien-être des prisonniers ; ils

étaient traités en véritables parias, et les premières notions de salubrité indispensable à la vie de gens constamment enfermés étaient totalement négligées. Ce n'est guère qu'au xvie siècle que Henri II autorisa les magistrats à veiller à ce que les prisonniers fussent

Fig. 4. — Plan de la prison de la rue de la Sant,}, à Paris. '• . — 1 et 2, quartier îles condamnés ; 3, quartier des prévenus ; 4, bâtiments d'administration et dépendances,

traités humainement, parce que ce prince considérait que de son temps les prisons, « qui ont été faites pour la garde des prisonniers, leur apportaient plus grande peine qu'ils n'avaient méritée. » Mais le bon vouloir du roi ne fut pas suffisant pour améliorer le sort des prisonniers, puisque en 1560 une ordonnance

dut interdire l'usage des cachots souterrains parce que les prisonniers y mouraient en grand nombre. Au xvnr siècle, de grands philanthropes, parmi lesquels nous citerons Howard, Beccaria et Bentham, firent de très grands efforts pour obtenir des réformes importantes dans les prisons ; mais ce n'est guère qu'à no-

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bre époque que, pendant cea dernières années même, (m esl parvenu à apporter des améliorations sensibles, el que les règles de l'hygiène et de la salubrité onl été parfaitement appli- - clans la construction et l'am aa ment des prisons. Un des modèles les plus parfaits du genre est le type créé par notre confrère .M. Emile Vaudremer; membre de l'Institut. Notre figure -1 montre un ancien type de prison : en a, a, sont quatre préaux : en l>. I>. deux courettes de chaque côté du bâtiment d'administration et en ayant du bâtimeni des condamnés. Notre figure 3 montre un type de prison dans le genre de MazaB :en avant se trouvent les bâtiments d'administration, derrière lesquels sont des bâtiments pour les condamnés

cellules rayonnant autour d'un point central, ce qui a fait donner a ce genre de prison le aamà&syatèmecellulairerayonîumt.TSi donner une analyse d'une ''tude autogra] de notre confrère, analyse qui mettra en lumière tous les points importants qu'il bien connaître et ton- les problèmes que doit résoudre l'établissement d'une prison modèle 1 . Maison d'arrêt et de correction.

maison a été construite à Paris, rue de la Santé (14' arrondissement), d'après un programme de l'administration préfectorale, lequel programme imposait à l'architecte d'un établissement mixte devant contenir 1,000 détenus hommes, '-t former deux quartiers bien distincts : celui des prévenus (■"

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Fig. 5. — Façade générale de la prison.

avec le régime de l'isolement ; celui des condamnés (500), avec le régime en commun pendant le jour et l'isolement pendant la nuit. L'application en France du système cellulaire rayonnant, qui prit naissance à Philadelphie, est basée sur l'isolement absolu des détenus (fig. 3). Ce système a donné lieu à des critiques fondées, et l'administration a dû renoncer pour les réclusions de longue durée à ce mode d'incarcération. Aujourd'hui il n'est plus appliqué que pour les détentions préventives et la mise au secret.

Un autre système, dit M. E. Vaudremer, celui d'Auburn, également installé aux États-Unis, a pour base le travail en commun , mais sous la loi du silence pendant la durée du travail et les heures de repos.

Les prisons civiles comprennent les maisons

préventives et celles de force ou de correction.

Les prisons préventives sont dénommà'anit lorsqu'elles relèvent du tribunal de police correctionnelle, et maisons de justice quand elles sont affectées à la détention des prévenus relevant de la cour d'assises. Les maisons d'arrêt renferment les prévenus et les condamnés correctionnels jusqu'à ce qu'ils soient dirigés sur le lieu de détention qui leur est assigné. Les maisons de justice reçoivent les accusés jugés par les cours d'assises et ceux qui se sont pourvus eu appel ou en cassation, en attendant leur transfèrement. Les maisons de correction servent à la détention des individus condamnés en vertu d'un jugement à un empri-

(1) Cette étude a été adressée, vers 1868 ou 1869, par notre éminent confrère à la direction des travaux d'architecture de la ville de Paris ; elle est fort peu connue, nous en devons communication à M. Vaudremer

lui-même.

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sonnement de plus d'un an. Ces établissements reçoivent également les condamnés à la réclusion, les forçats âgés de plus de soixante-dix ans et les femmes condamnées aux travaux forcés. Ces diverses prisons peuvent être réunies dans un même établissement, mais chaque catégorie de détenus doit être séparée et occuper un quartier distinct.

L'ensemble des bâtiments de la prison de la rue de la Santé forme quatre parties bien distinctes : 1° l'administration et les dépendances ; 2" le quartier des prévenus ; 3° le bâtiment de l'infirmerie des condamnés ; -4° le quartier des condamnés.

Notre figure 4 montre le plan général de cette prison, dans lequel on voit immédiatement les quatre divisions que nous venons d'énumérer ; la figure 5 est la façade générale ;

Fig. 6. — Porte d'entrée, rue deli Santé (détail).

les figures 6 et 7, la porte d'entrée en élévation et la coupe à plus grande échelle ; la figure 8, la façade sur la cour d'entrée ; la figure i) montre une portion des bâtiments de l'infirmerie, dont la figure 10 montre une coupe, tandis que la figure 11 fait voir la coupe transversale sur la chapelle.

Bâtiments ffadminisl ration et dépendances. — Ces bâtiments, en bordure sur la rue, sont desservis par deux cour- placées à droite et à m' et en communication directe avec la cour d'entrée. Elles sont destinées, l'une au service des cuisines et îles magasins, et l'autre à celui des corps de garde et des dépôts. Dans la cour d'entrée se trouvent d'un côté le gui-

chet, une salle d'attente pour les visiteurs, les escaliers des logements et le passage à la cour de service , etc., etc.

Le premier étage des bâtiments des cuisines et du corps de garde est affecté à des logements de divers employés; celui du bâtiment d'administration, au logement du directeur, à la lingerie, etc.

Quartier des prévenus. — Il est établi suivant le système cellulaire rayonnant de Phi-

Fig. 7. — Coupe de la porte d'entrée (détail).

ladelphie, il se compose de quatre corps de bâtiment rayonnant autour d'un bâtiment central; ils contiennent cinq cents cellules, et chacun d'eux est formé d'une longue galerie, montant de fond, à droite et à gauche de laquelle se trouvent un rez-de-chaussée et deux étages de cellules: celles de ces deux étages sont desservies par des balcons avec balustrades en fer. — Toutes les cellules des prévenus sont semblables, à l'exception de vingt qui sont d'une dimension double ; chaque cellule simple est de 8m,60 de longueur sur 2 mètres de largeur et 3 mètres de hauteur; chacune est éclairée sur les cours par une croisée vitrée dont la partie supérieure ne s'ouvre

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qu'à une distance réglementaire. La porte est munie d'un guichet pour le passage des aliments et autres objets, et d'un judas pour la surveillance intérieure de La cellule. La cellule possède un lit. 'Mi fer fixé au mur, et dont la partie mobile peut se relever le long du mur pendant le jour. L'appareil d'éclairage est placé dans le mur sur le côté de la porte. — Le chauffage a lieu au moyen d'une bouche de chaleur placée au milieu de la paroi latérale du mur. Chaque cellule comporte un siège d'aisances, et c'est par l'orifice du siège que s'effectue la ventilation.

Le prisonnier est mis en communication avec le gardien de la galerie de surveillance

au moyen d'un Bignal, qu'il peut mettre en mouvement en appuyant but un bouton j près du lit.

Bâtiment de Tinfirmerie. Ce bâtiment joint le quartier des condamnés à celui prévenus; l'étage supérieur est occupé parles Balles de l'infirmerie, qui contiennent quarante lits, plus services spéciaux, tels que

tisanerie, pharmacie, laboratoire, cabinet du médecin, salle de visites, salle des morts, cabinets, etc.

Quurlii i des condamnés. — Les bâtimi de ce quartier sont disposés autour de deux cours ou préaux, Ils contiennent au rez-dechaussée les ateliers, promenoirs, chauffoirs et

Fig. 8. — Fa';ade sur la cour (Feutrée.

réfectoires pour la vie en commun ; au-dessus sont situés les dortoirs cellulaires. Dans les tourelles d'angle sont placés des escaliers qui pourtournent les loges ou guérites des gardiens. Il y a deux étages de loges : celles du bas sont disposées de façon à rendre possible la surveillance directe et simultanée des salles, ateliers, préaux couverts et découverts, escaliers, et aussi des cabinets d'aisances placés à chaque palier derrière ces loges ; celles du haut, semblablement disposées, sont affectées à la surveillance des dortoirs cellulaires et des lavabos. Les dortoirs des condamnés, d'un principe analogue aux galeries du quartier des prévenus , forment de longues salles montant de fond et desservant à droite et à gauche deux étages de cellules éclairées sur les cours

et sur les chemins de ronde. Le rang supérieur est muni de balcons. Le chauffage et la ventilation s'opèrent par appel de la galerie de surveillance dans chacune des cellules au moyen d'une imposte ouverte au-dessus des portes.

Toute la prison, y compris les bâtiments d'administration , jusqu'à l'extrémité du quartier des condamnés, est chauffée et ventilée parmi appareil unique. Yoici, du reste, comment nous avons déjà rendu compte de ce chauffage , que nous avons étudié , dans un de nos ouvrages (1) :

Le mode de chauffage adopté est l'eau et la va-

(1) Page 218 de notre Traité complet, théorique et pratique, du chaujjage et de la ventilation des habitations

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peur combinées. Cinq générateurs à vapeur, situés dans une grande salle sous les préaux de l'infirmerie , distribuent la vapeur dans cinquante vases chauffeurs de circulation, soixante-quatorze cylindres de chauffage d'air, vingt-deux poêles et dixsept appareils à vapeur directe. La vapeur sortant des générateurs est à une pression de 4 atmosphères et possède une température de 144°. La plus grande distance à parcourir pour arriver à l'appareil le plus éloigné est de 180 mètres. Ce trajet s'effectue dans des tuyaux recouverts d'enduit, pour éviter une trop grande déperdition de la chaleur; aussi la vapeur arrivant dans les vases condensateurs a-t-elle encore 125", et, une fois dans les serpentins de ces vases, elle se condense en abandonnant une partie de sa chaleur à l'eau de circulation. Après sa condensation, l'eau arrive presque refroidie à la bâche d'alimentation des générateurs.

La ventilation s'opère sur tous les points de l'édifice par l'aspiration ou l'appel en contre-bas sollicité d'une manière continue vers un foyer d'appel. Dans le quartier cellulaire des prévenus, la ventilation s'effectue (nous l'avons déjà dit) par le pot de siège placé dans chaque cellule. Chaque pot aboutit dans une galerie renfermant des appareils diviseurs, et l'air vicié et les odeurs sont constamment appelés au centre de l'édifice, dans une

Fig. 9. — Portion ilu bâtiment de l'Infirmerie.

vaste cheminée d'appel qui a 36 mètres d'élévation et dont la section uniforme est de 5m,72 (2"',79 de diamètre) .

Par l'ensemble de ces dispositions, le service du

particulières et >/■ publia, 1 vol. in-8° de 262 p.

avec 250 fig. intercal. dans le texte, Paris, 1875.

chauffage et de la ventilation est placé sous la main d'un seul chauffeur, assisté en hiver de deux ou trois aides, si le froid est très intense. — Le chauffage est presque égal sur tous les points , sauf sur

Fig. 10. — Coupe transversale sur l'infirmerie et les bains.

les plus éloignés, où la température n'est inférieure que de 3" à 4°, et, après la mise en train, qui dure au moins trente à quarante minutes, le chauffage fonctionne rapidement. — La ventilation est de 15

^rf^>

liv. il. — Coupe transversale sur la chapelle.

à 20 mètres cubes par heure et par individu, soit 15 à 20,000 mètres cubes à évacuer par heure, puisque la prison renferme 1,000 détenus.

Comme nos lecteurs peuvent en juger par ce qui précède, la prison de la rue de la Santé se trouve dans d'excellentes conditions au point de vue de l'hygiène et de la salubrité. Du ras-

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