‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 70 sur 238 · ROM AXE (ABCHITECT1 HE · texte numérisé non relu

ROM AXE (ABCHITECT1 HE

mille (voy. Française, Architecture, t. II. ]). :5I7), la BOciété Bembla comme sortir d'une léthargie et se transforma; on Be mit à bâtir de tous Les côtés dos édifices religieux d'autant que la plupart des églises antérieures au xc siècle, étant en bois, avaient été ruinées on incendiées par les barbares. Le mouvement se fit surtout sentir en Italie, en France et dans une partie de l'Allemagne. Il existait (•(•pendant avant le Xe siècle des monu-

Fig. 4. — Chapiteau et base de la colonne de l'atrium.

ments qui rappelaient ceux de la décadence romaine , et qu'on considère comme les précurseurs ou même les premiers types de l'architecture romane : tel est, par exemple, le portail de l'atrium kde l'église de Lorsh, qui aurait été construit en 882 ou même 880 ; nos figures de 1 à 5 montrent le plan, l'élévation et des détails de ce portique. D'où est parti le mouvement qui a répandu l'architecture romane dans une très grande partie de l'Europe? Il est bien difficile de déterminer avec certitude un pays plutôt qu'un autre, mais on peut avan-

cer cependant, avec quelque apparenoi raison, que le point de départ du nouveau suie est parti de l'Italie, s'est rapidement

propagé en Fiance et en Allemagne, et de là introduit en Angleterre En effet, au cle , les moines s'occupaient seuk de 1

et d'arts; la population laïque était occupée

à guerroyer, a Be défendre contre de nou invasions barbares toujours redoutables, tandis que les moines dans leurs couvents avaient toute la tranquillité désirable pour s'occuper d'architecture. Dès le Xe siècle, la Lombardie était un centre artistique très remarquable, et l'architecture romano-byzantine s'y développa d'une manière si puissante qu'on lui donna improprement le nom de style lombard. ( V( y. I ,o.\i barde, A rchitçcture.) — Les moines n'étaient pas seuls à créer des plans et à diriger les travaux de construction, ils n'auraient pu suffire à la tâche; il existait aussi des corporations laïques sous le titre d'associ des francs-maçons , et dont le compagnon de nos jours pourrait donner uue idée. La franc-maçonnerie, qui existait déjà au x cle, précéda les corporations des arts et me; qui ne furent organisées définitivement, avec

Fig. 5. — Frise de l'architrave du portique de l'atrium de Lorsh.

statuts et règlements, les unes qu'au XIIe siècle, d'autres seulcmeut au xme et au XTV* siècle. Nous venons de dire que le compai. nage moderne peut donner une idée de l'association des francs-maçons : en effet, la division des compagnons en passants et étrangers , leur hiérarchie en aspirants , compagnons et maîtres, en affiliés reçus et initiés; leurs sobriquets emblématiques et leurs usag - : l'embauchage, le levage d'acquits, le topage et la conduite; leurs cérémonies, leurs fêtes patronales, leurs cannes enrubannées et

ROMANE (architecture).

fleuries nous offrent, comme le font remarquer Renouvier et Ricard (1), non seulement les traditions du moyen âge, mais encore des coutumes particulières aux francs-maçons. C'est même à cette vaste corporation qu'on doit une certaine homogénéité du style roman dans les divers pays où il s'est produit ; car, comme l'observe avec raison Hope (Hist. de l'arch., p. 146), les corporations italiennes dont les services n'étaient plus nécessaires dans les pays qui les avaient vues naître portèrent leurs regards vers d'autres contrées pour leur demander l'emploi de leur talent, devenu désormais inutile chez eux. Un certain nombre d'entre elles se réunirent, se constituèrent en une seule et grande association ou confrérie, afin d'offrir leurs services partout où de nouvelles constructions les réclameraient, « quelque rude, d'ailleurs, que fût le climat, quelque reculé que fût le pays » où il faudrait construire. Cet auteur ajoute, ce qui fait bien comprendre l'esprit du corps :

Mais à ces corporations, qui ne prétendaient plus exercer leur industrie dans un seul État, mais bien dans tous les États qui les appelleraient, en dépit des distances et des obstacles, il fallait un monopole qui s'étendît en quelque sorte sur toute la chrétienté ; elles demandaient autorité , protection, privilège exclusif, prohibition signifiée à tous ceux qui ne leur appartenaient pas, même aux citoyens des pays où ces étrangers accouraient avec l'intention avouée d'arracher l'occupation aux mains nationales et de s'en emparer seuls ; or aucun souverain temporel n'aurait pu leur donner un tel pouvoir hors de ses frontières, ou n'aurait voulu le leur donner dans ses États. Ils ne pouvaient l'obtenir que du pape, et seulement dans les diverses parties de l'Europe qui reconnaissaient la suprématie religieuse du chef de l'Église latine. Les maçons pouvaient donc être considérés comme une seconde troupe d'ouvriers travaillant dans l'intérêt du pape, aussi bien que les missionnaires qui les avaient précédés pour leur préparer en quelque sorte la besogne; aussi obtinrent-ils tous les pouvoirs désirés, probablement aussitôt que Char-

(I) Des Maîtres de pierres et autres artistes gothiques de Montpellier, par J. Renouviei et Ad. Ricard, broch. in- 4", Montpellier, 1844.

lemagne, en incorporant le nord de l'Italie dans son empire, eut mis fin au royaume de Lombardie et aux craintes qu'il inspirait aux pontifes romains. Les diplômes et les bulles papales confirmèrent aux corporations les privilèges qu'elles avaient obtenus de leurs souverains nationaux dans leur patrie , et en outre leur garantirent, par tous les pays qu'elles visitaient dans le but de l'association et qui reconnaissaient la foi catholique, apostolique et romaine, le droit de relever directemeut et uniquement du pape et l'entier affranchissement de toutes lois et statuts locaux, édits royaux, règlements municipaux, concernant soit les corvées, soit toute autre imposition obligatoire pour les habitants du pays; elles eurent le pouvoir non seulement de fixer elles-mêmes le taux des salaires , mais de régler exclusivement, dans leurs chapitres généraux, tout ce qui appartenait à leur gouvernement intérieur; défense fut faite à tout artiste qui n'était pas admis dans la société d'établir aucune espèce de concurrence contre elle , et à tout souverain de soutenir ses sujets dans une telle rébellion contre l'Église , et il fut expressément enjoint à tous de respecter ces lettres de créance et d'obéir à ces ordres sous peine d'excommunication.

Il n'y a rien d'étonnant qu'avec des conditions et des privilèges aussi exorbitants la corporation des francs-maçons ait prospéré, et que le style romano-byzantin possède une grande unité dans les divers pays où il a été importé.

Les seules différences qu'on constate d'une localité à une autre proviennent soit des matériaux, soit d'un goût prédominant de la corporation au moment où elle construisait. Ainsi il est incontestable que le goût arabe de Cordoue a exercé une influence sur les artistes qui ont travaillé dans le Languedoc et dans la Provence , et même en Auvergne ; dans la cathédrale du Puy on voit une porte décorée d'inscriptions en caractères arabes. Pour nous, les arcades en contre-lobes de l'architecture romane du midi de la France sont des réminiscences de celles qu'on retrouve dans les plus anciens et dans les plus beaux monuments de style arabe qu'on voit à Séville et à Cordoue.

Caractères distixctifs de l'architecture ROMANE. — Nous allons passer en revue les principaux éléments architectoniques qui caractérisent le style roman ; nous nous

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