‹ Dictionnaire raisonné d'architecture et des sciences et arts qui s'y rattachent (volume 2)Chapitre 71 sur 238 · ICI · texte numérisé non relu

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occuperons en premier lien des éléments qui constituent la forme et en second lien dos éléments décoratifs.

I. De lu structure de la construction. — En général, les constructions romanes présentent des arcs cintrés; la courbe la plus usuelle est le plein cintre; quelquefois le cintre est sur- Tiaussé, quelquefois il est .surbaissé. Ces mêmes constructions sont voûtées en voûtes cylindriques ou en berceau, et en voûtes dureté, qui, du reste, ne sont formées que par la pénétration de deux voûtes cylindriques sous un angle variable. Ces voûtes remplacent les anciennes charpentes qui recouvraient les monuments de style latin. Les voûtes en berceau sont renforcées par des arcs-doubleaux. Dans beaucoup d'églises de l'est, du centre et du midi de la France, il s'élève sur la croix des églises des coupoles sur pendentifs, tandis que les absides sont couvertes par des voûtes en culde-four ou demi-coupoles. Pour donner de la légèreté à ces voûtes, elles sont souvent construites en poteries creuses. (Voy. Poterie. ) Pour maintenir ces voûtes et s'opposer à leur poussée, on est obligé d'avoir des murs épais, renforcés encore par des parties saillantes de forts contreforts, qu'on nomme bandes lombardes et dont le sommet atteint la corniche de couronnement de l'édifice , qui est soutenue souvent par des modillons ou corbeaux ; ces bandes se retraitent et diminuent de saillie par une légère inclinaison au fur et à mesure qu'elles s'élèvent. On voit donc que, dans les constructions romanes, toute la force de résistance réside dans de gros murs renforcés par les bandes lombardes dont nous venons de parler, ou par des contreforts quadrangulaires ou cylindriques. Quand ceux-ci sont à l'angle d'une construction, ils prennent parfois la proportion d'une demi-tour. Quant aux piliers intérieurs, ils affectent diverses formes : ils sont carrés, de forme hexagonale ; ils sont cruciformes et portent une colonnette dans les quatre angles formés par les branches de la croix ; quelquefois même des colonnes sont placées aux extrémités de chaque branche, ce qui forme un pilier entouré de huit colonnes : cette disposition se retrouve à la cathédrale de Bayeux, à Saint-Etienne de

Caen, à Saint-Georges de Bocherville, etc.

Le pilier est remplacé souvent par la colonne, qui affecte également des formes vari • ; les fûts sont simples , fuselés , en balustre, coni- . brisés, croisés, entrelacés, annelés, noués, etc., et souvent diversement décorés, nous le verrons bientôt.

L'appareil employé pour la construction

Fig. C. — Chapiteau cubique simple.

des murs était tantôt un grand appareil, surtout dans les pays qui possédaient de beaux matériaux et qui avaient conservé les traditions romaines, comme dans le midi de la France ; mais les assises ne sont pas réglées, c'< dire sont d'inégale hauteur. Dans l'Ouest, au contraire, on trouve l'appareil en épi (opus spicatum), c'est-à-dire des murs dont les moellons assez irré°ruliers sont inclinés

Fig. T. — Chapiteau cubique bilobé et orné.

dans une assise de droite à gauche, et dans la suivante inversement ; mais cet appareillage est beaucoup moins régulier que celui des Romains. Dans d'autres monuments on trouve l'appareil réticulé (opus reficulafum) , l'appareil oblique des Pastouraux (voy. ce mot). En Auvergne, comme on y possède des pierres de diverses couleurs, on dispose les pastouraux de manière à produire une sorte de Marqueterie (voy. ce mot et Exgrexurk).

IL Éléments décoratifs. — Les éléments décoratifs de l'architecture romane sont sim-

ROMANE (architecture).

pies et assez variés. En général , les corniches sont Élites d'une seule moulure très simple composée d'un filet, d'une gorge et d'un boudin. Cette moulure est supportée par de petits corbeaux ou forts modillons , tantôt unis , tantôt décorés de feuilles d'eau ou de têtes d'hommes ou d'animaux; souvent ces figures

Fig. 8.

Chapiteau cubique.

sont très grotesques et très mal dessinées , principalement dans l'architecture rhénane.

Les fenêtres sont simples ou géminées; ces dernières sont couronnées d'une arcade cintrée, et les deux ouvertures englobées sous cette arcade sont en mitre ou en fronton. Quand les deux ouvertures placées sous la grande arcade sont cintrées comme elle, le

Fig. 9. — Étoiles et perles.

tympan est plein ou percé d'un oculus, d'une rose ou d'un trèfle ou d'un quatre-fcuillcs, comme, du reste, la grande rose "ou œil-debœuf qui se trouve au sommet des pignons des façades. Vers la fin du xi° siècle, la rose est décorée de contre-lobes ou de contrearcatures.

Les'murs intérieurs et extérieurs sont décorés de Xattf.s, cTEntbblacb, d' Imbrications (voy. ces mots) et de contrc-imbrica-

DICT. D'ARCHITECTURE. — T. IV

tions. Les fûts eux-mêmes des colonnes sont décorés de même; ils sont, en outre, striés, étoiles ,rubannès , rudentès , losanges , décorés de glands, de pointes de diamant, etc. On en peut voir des exemples à la cathédrale de Bourges, à celles d'Autun et du Puy, à l'église de Saint- Trophime d'Arles, etc.

TCtes plates.

Quant aux chapiteaux, ils comportent une variété infinie, mais les deux types spéciaux et primitifs de l'architecture romane sont les

Fig. 11. — Billettes décorant une archivolte (Saint-Martin

d'Angers).

chapiteaux cubiques, simples ou diversement décorés. Nos figures G, 7 et 8 en montrent divers spécimens.

Les bases des colonnes sont une imitation grossière, une dégénérescence de la base romaine, surtout de la base attique; elles se composent de câbles, de tores, de filets, de scoties, disposés souvent sans goût et sans discernement. Les moulures sont tantôt lissi is et tantôt décorées de sculptures qui repré-

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